C'était il y a 12 ans : un groupe clandestin, Untergunther, achevait les réparations, secrètes, de l'horloge du Panthéon de Paris, menées pendant un an. Depuis, discrètement, en usant des souterrains parisiens pour se déplacer, ils continuent de restaurer le patrimoine de la capitale.
“On va devoir accéder au site tous les jours… et à toute heure. L’atelier sur place sera permanent. Donc il va falloir le rendre invisible”, avait prévenu Lanso, un des membres d’Untergunther, un groupe clandestin de restauration du patrimoine. En 2005 et pendant un an, ces spécialistes de l'infiltration ont investi les coulisses du Panthéon, installant leurs quartiers au sommet du bâtiment, sous les meurtrières de la galerie circulaire située à la base du dôme. Leur objectif ? Réparer l'horloge Wagner du XIXe siècle, sabotée au cours des années 1960 par un employé à l'évidence lassé de devoir remonter régulièrement le mécanisme, et laissée depuis à l'abandon. Il leur faudra un an de travaux. Après quoi, pour s'assurer que l'horloge sera entretenue, ils préviennent l'administrateur du Panthéon. Celui-ci tombe des nues : qui sont ces gens qui ont pu se balader pendant près d'un an, à n'importe quel moment du jour et de la nuit, dans ce prestigieux monument, sans que personne ne les remarque ? A la stupéfaction cède vite un certain intérêt, qui ne sera pas partagé par l'administration du Centre des Monuments Nationaux (CMN), peu enthousiaste à l'idée qu'une telle affaire s'ébruite et mette en avant des lacunes en matière de sécurité : entre octobre 2006 et mai 2007, le CMN dépose plusieurs plaintes contre le groupe Untergunther.
Mise à jour du 09/12/2018 : 12 ans après l'affaire, le CMN a finalement achevé la restauration de l'horloge. Peu rancunière, l'institution a même fait appel à Jean-Baptiste Viot, des Untergunther, pour participer aux travaux. L'horloge Wagner est donc à nouveau fonctionnelle ! Un récit à découvrir ici ...
TROIS-RIVIÈRES — Vous vous intéressez à vos ancêtres? Vous vous passionnez peut-être d’histoire ou de sociologie? Vous êtes enseignant et vous cherchez de nouveaux moyens de mettre un peu de piquant dans vos cours? Des chercheurs de l’UQTR, de l’UQAC, de l’Université de Montréal et de l’Université Laval viennent de mettre en ligne un nouveau portail, dont une partie est accessible au grand public et l’autre, réservée exclusivement aux scientifiques, qui permet d’en apprendre plus que jamais sur les générations passées du Québec.
Appelé Infrastructure intégrée des microdonnées historiques de la population du Québec (XVIIe - XXe siècles) ou IMPQ, ce nouveau portail regroupe des ensembles de données issues du dépouillement des recensements nominatifs canadiens et des registres d’état civil du Québec. [L’adresse pour le trouver est]( https://impq.cieq.ca).
Ce qu’il y a de différent, par rapport aux simples données généalogiques, c’est que ce portail fait converger une foule de données extrêmement intéressantes, que ce soit pour les chercheurs, amateurs ou professionnels, en histoire, en sociologie et autres domaines connexes.
On trouve en effet bien plus que le nom des parents, époux, enfants, frères, sœurs, cousins et cousines, mais également leur lieu de naissance, le métier que la personne pratiquait, son salaire, les études qu’elle a faites, à quel âge elle allait à l’école, la ou les langues qu’elle parlait, si elle avait des domestiques à son service de même que le nom de ces derniers, les endroits où elle a habité de même que sa religion.
Comme le fait valoir Claude Bellavance professeur en études québécoises à l’UQTR et membre régulier du Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ), qui a contribué à ce projet, la base de données ne fait pas état seulement de personnes ou familles illustres, mais de tout le monde qui a été recensé.
« D’après des collègues, au Canada anglais, à peu près rien n’existe de ce genre-là »
— Claude Bellavance
«Si vous prenez les anciens journaux, la littérature et autres sources, généralement, ce sont les gens connus dont on parle», souligne-t-il. Cette fois-ci, on pourra s’intéresser aux gens en général. «C’est d’aller chercher l’histoire de tout le monde à partir du petit peu de traces laissées par les gens ordinaires. Peu de sources permettent cela», explique le chercheur qui entend s’intéresser également aux anciens rôles d’évaluation.
Il faut vraiment visionner la vidéo de neuf minutes, sur la page d’accueil, afin d’apprendre à naviguer sur le portail et en tirer le meilleur profit.
Le portail donne accès, en tout, à quelque 12 millions de mentions d’individus enregistrés entre 1621 et 1914.
«On compte quelque 300 millions de liens familiaux», précise le professeur Bellavance. Un jumelage des recensements du Canada permet de suivre les personnes durant cette période. Les internautes qui désirent s’inscrire peuvent importer des fichiers Excel et émettre des commentaires aux administrateurs du portail.
La section réservée aux scientifiques donne également accès aux données de l’état civil qui, elles, ne sont pas publiques en ligne. C’est l’équipe de l’IMPQ qui évaluera à qui cet accès peut être accordé.
Les données accessibles sur ce portail couvrent les villes de Québec et Trois-Rivières ainsi que le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Gaspésie et la Côte-Nord. Le portail contient plus de 180 000 fiches de ménages de recensement.
Le projet de l’UQTR est déjà reconnu au niveau international, indique le professeur Bellavance. «D’après des collègues, au Canada anglais, à peu près rien n’existe de ce genre-là», dit-il.
Dans ce projet qui implique plusieurs universités, l’UQTR a pris la responsabilité de la section recensement. Les mariages ont été faits par Chicoutimi à l’aide du projet BALSAC pour tout le Québec depuis le XVIIe siècle.
Notons que le portail ne tient pas encore compte des gens de la région de Shawinigan. Une partie de la Rive-Sud, au Centre-du-Québec (Victoriaville et Drummondville, Saint-Grégoire, Pierreville, Warwick), sera faite et à Trois-Rivières, le territoire couvert va de Baie-Jolie à Cap-de-la-Madeleine.
«Pour les Trifluviens, c’est drôlement intéressant parce qu’on a entré toutes les familles, tous les individus qui ont vécu à Trois-Rivières depuis 1851 jusqu’à 1911» (jusqu’en 1921 dès 2019), précise le professeur Bellavance.
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Avec la Freebox Delta, le FAI fait le pari de vendre à ses abonnés une box haut de gamme intégrant tout un package de services. Un changement de stratégie complet qui pourrait lui permettre de retrouver de la valeur.
Quand Orange table sur la diversification de ses activités avec Orange Bank, Free opte pour un positionnement bien différent : se présenter à la fois comme un fournisseur d’accès à internet, de matériel et de services. « Nous ne sommes plus un simple opérateur télécom », nous a lâché comme un cri du cœur le directeur général d’Iliad Alexis Bidinot à l’issue de la présentation de la Freebox Delta.
Free vend du matériel à ses abonnés
Le FAI inaugure plusieurs pratiques avec son nouveau boîtier haut de gamme. A commencer par proposer aux abonnés de devenir propriétaires de leur matériel. Ce sera le cas pour le disque dur du Freebox Server qui est amovible mais aussi du Freebox Player, vendu au prix de 480 euros au comptant ou à raison de 10 euros par mois durant quatre ans.
Et on saluera la prise de risque et l’investissement considérable que cela représente d’avoir conçu en interne avec une équipe resserrée d'une cinquantaine de personnes ce produit qui présente, en plus, la particularité d'avoir été assemblé en France.
Free offre, en outre, dans son forfait à 49,99 euros par mois un pack sécurité comprenant une caméra de sécurité domestique, un détecteur d’ouverture et un détecteur de mouvements. « On va vous laisser accessibles plusieurs milliers d’euros d’équipements. Et ce n’est pas une image, à produire cela nous coûte 1000 euros voire beaucoup plus», a résumé hier Xavier Niel lors du 01live.
Des services offerts
La promesse de Free est claire : vous simplifier la vie en intégrant un maximum d’équipements disparates. Une centralisation qui représente aussi une économie pour l’utilisateur. « Si vous décidez de reconstituer tous les équipements que nous avons mis par vous-même, vous en ressortirez avec une facture de plus de 2400 euros pour des objets hétéroclites, éparpillés aux quatre coins de la maison et non intégrés les uns aux autres », a détaillé le directeur général d’Iliad Thomas Reynaud lors de la conférence de presse.
Free se distingue, en outre, de tous ses concurrents en incluant dans son forfait des services comme Netflix et TV by Canal qui sont proposés d'ordinaire en option payante. Et pas question de tabler sur une production maison de contenus comme SFR. Free reste sur un modèle de partenariats lui permettant d'englober encore l'offre presse LeKiosk, ou encore son hub domotique compatible avec les produits Somfy et Philips Hue.
Reprendre pied face aux GAFAM
Ce changement de cap est une bonne nouvelle pour Eric Denoyer, ancien patron de SFR et fondateur de la solution Smart Home Otodo. « C’est un positionnement qui n’est plus purement télécom. Free devient distributeur de services. Cela va lui permettre de sortir de la guerre des prix intestine que se livrent les opérateurs et de retrouver de la valeur », analyse-t-il. « C’est aussi le meilleur moyen de reprendre pied face aux GAFAM. Il était temps qu’un opérateur français propose un assistant vocal intégré », conclu-t-il.
La Freebox Delta ne devrait toucher qu’un public limité de technophiles ayant les moyens. Mais Free mise probablement sur cette box innovante pour servir de produit d’appel et attirer une plus vaste audience vers ses autres box plus abordables, à commencer par la Freebox One. De quoi renouer avec la croissance de son chiffre d'affaires et doper le nombre d'abonnés fixes en berne depuis le début de l'année 2018. Free va aussi continuer à enrichir son offre dans les mois et les années à venir, comme l'a laissé hier entendre Xavier Niel. Certains services n'auraient en effet pas été prêts à temps pour la présentation. C'est donc un pari ambitieux et à long terme que vient de lancer Free avec sa Freebox Delta.
La technologie ne cesse d’évoluer pour nous rendre la vie toujours « plus facile », plus efficace et, souvent, plus sédentaire. Tout cela a un impact sur notre corps et, en particulier, sur nos os.
La perte de solidité osseuse est l’un des risques liés à la sédentarité les moins évoqués. Pourtant, c’est sans doute l’un des plus importants. En effet, une femme sur trois et un homme sur cinq risque d’être un jour victime de fractures liées à l’ostéoporose. Il existe notamment une relation directe entre le manque d’œstrogènes après la ménopause et le développement de l’ostéoporose.
Nos sociétés sont plus sédentaires que jamais. L’utilisation de moyens de transport motorisés, de vélos à assistance électrique, ou le fait de commander notre épicerie hebdomadaire en ligne et de se la faire confortablement livrer à domicile sont autant d’obstacles au maintien d’une activité physique. Les enfants, en particulier, sont moins actifs – les jeux vidéo remplacent les jeux en plein air à un moment crucial de leur développement, alors que l’exercice (surtout les sauts) peut, en six mois, optimiser les gains de solidité osseuse jusqu’à 5,5 %.
La recherche démontre que ce que l’on appelle les « souvenirs épigénétiques » pourraient peut-être se transmettre de génération en génération. Ce qui signifie que notre mode de vie actuel pourrait influencer l’expression des gènes des générations futures. Si ces tendances sédentaires se poursuivent, les humains risquent de devenir plus fragiles et plus dépendants. Ils auraient de ce fait besoin d’un soutien accru de la part de services de santé déjà surchargés.
Notre squelette joue plusieurs rôles : il soutient notre corps, fournit des points d’attache pour les muscles, les tendons et les ligaments qui lui permettent de bouger, et stocke des minéraux comme le calcium et le phosphore. Cependant, lorsque les forces et les exigences externes qui s’exercent sur notre corps disparaissent, nos muscles se dégradent, et nos os deviennent plus légers, moins denses et moins « utiles », ce qui augmente le risque d’ostéoporose et de fracture.
Passer un mois au lit peut par exemple se traduire par une perte d’environ 3 % de l’os cortical de la jambe. Lors d’une mission typique de 120 à 180 jours dans l’espace, les os des astronautes peuvent perdre plus de 10 % de leur solidité. Ceci est dû à l’absence de charge sur leur squelette dans un environnement en microgravité.
Les recherches que nous menons révèlent que, chez les adultes d’âge mûr, la sédentarité est impliquée dans le risque de réduction de la solidité osseuse. La réduction de l’activité physique qui survient après la retraite et le fait de rester assis durant des périodes prolongées, en sont les principaux facteurs responsables, car ils éliminent les stimuli fonctionnels reçus par les os. C’est également le cas lorsque nous laissons la robotique et les machines prendre en charge les tâches que nous avions l’habitude de faire par nous-mêmes.
Lorsque l’os est « chargé », c’est-à-dire soumis à diverses forces, il réagit en devenant plus fort. Ceci a été attesté par de nombreuses études portant sur les conséquences d’exercices physiques. Autres preuves : des recherches ont démontré que la résistance osseuse d’athlètes pratiquant des sports « d’impact » – tels que le football, le hockey et la course – est de 20 à 30 % supérieure à celle de non-athlètes.
L’analyse d’os anciens, vieux de centaines ou de milliers d’années, suggère non seulement que notre squelette est aujourd’hui plus fragile que celui de nos ancêtres, mais aussi que ces différences sont devenues plus prononcées à partir du moment où les humains ont commencé à cultiver leur nourriture, en domestiquant animaux et plantes.
Avant cette époque, les humains se nourrissaient de plantes sauvages et chassaient les animaux. Ils étaient beaucoup plus actifs que leurs descendants fermiers, mangeaient de la viande plus maigre et passaient le plus clair de leur temps « en mouvement ». Des recherches ont démontré que leur masse osseuse était alors environ 20 % plus importante. Des coupes transversales ont révélé que l’avènement de l’agriculture a également eu pour conséquences une diminution de la taille de l’os de la jambe et des changements dans sa forme. Ces modifications sont le reflet des changements de charge sur le squelette qui ont résulté de la transformation des activités des individus.
La science suggère également que la résistance mécanique osseuse des bras des femmes préhistoriques du Néolithique (environ 6000 – 2200 avant notre ère), de l’Âge du bronze (environ 2200 – 800 avant notre ère) et de l’Âge du fer (environ 800 avant notre ère – fin du premier siècle de notre ère) était environ 5 à 10 % plus élevée que celle des athlètes féminines modernes, ce qui indique une importante utilisation de leurs bras durant des activités spécifiques. Ce constat suggère que les êtres humains modernes ne sont pas à l’optimum de leur potentiel de résistance osseuse.
Des exercices simples et des modifications de style de vie destinés à mimer les activités d’un chasseur-cueilleur permettent de renforcer les os. Les exercices fractionnés et les sports nécessitant des sprints rapides, comme le football, peuvent y aider, tout comme l’haltérophilie. Mais il n’est pas forcément nécessaire de se rendre à la salle de sport pour y parvenir.
Des modifications d’habitudes simples peuvent faire l’affaire : l’utilisation d’un sac à dos durant les promenades ou le shopping peut par exemple augmenter la charge sur la colonne vertébrale. Faites vos courses vous-même le plus souvent possible, portez vos sacs à provisions afin de charger les muscles de vos bras et de votre dos – ainsi que, indirectement, vos jambes (et donc tous les os connexes).
Si vous avez un chien, marchez avec lui plus souvent et sur de plus longues distances. Garez votre voiture plus loin de votre travail ou du centre commercial, marchez régulièrement durant vos pauses, au travail et à la maison, organisez des randonnées ou pratiquez la marche « sociale », en famille et entre amis. Essayez d’utiliser les escaliers plutôt que les escalators ou les ascenseurs, et tâchez de monter les marches deux à deux, pour faire travailler vos grands glutéaux et vos quadriceps tout en chargeant les os situés à l’articulation de vos hanches.
Jardiner régulièrement, entretenir un potager ou un jardin communautaire peut procurer des avantages similaires, tout comme la pratique vigoureuse des travaux ménagers. Et si vous avez un poêle à bois, le fait de couper vos propres bûches imite en quelque sorte la façon dont nos ancêtres préparaient les carcasses des animaux qu’ils tuaient, ainsi que les matériaux de construction qu’ils utilisaient pour leurs abris.
Ces petits changements peuvent aider à renforcer la solidité des os, ce qui est d’une importance vitale. En effet, on estimait en 2010 que 158 millions de personnes âgées de 50 ans et plus présentaient un risque élevé de fracture ostéoporotique. Ce chiffre devrait doubler d’ici à 2040. Si l’allongement de l’espérance de vie peut expliquer partiellement cette situation, une composante importante du problème réside dans des habitudes de vie défavorables à la solidité et à la bonne santé des os.
La contestation actuelle du pouvoir est unique. Sans leaders, incontrôlable, elle porte en germe la remise en cause violente des institutions.
La crise à laquelle Emmanuel Macron est confrontée a-t-elle un équivalent sous la Ve République? Depuis la mi-novembre, les «gilets jaunes» ont mis la France en ébullition. Parti d'une contestation de la hausse des taxes sur les carburants, et spécialement le gasoil, qui entamait encore le pouvoir d'achat des populations modestes les plus éloignées des services publics et des centres de consommation (les grandes surfaces), le mouvement s'est rapidement emparé d'une palette de revendications hétéroclites. Et parfois contradictoires. Il n'en demeure pas moins qu'il reflète un malaise profond sur lequel tous les partis d'opposition tentent de surfer et de capitaliser.
La contestation des «gilets jaunes» de 2018 peut-elle être rapprochée du mouvement de 1995 contre la réforme des régimes spéciaux de retraite? C'était un 15 novembre! Le Premier ministre, Alain Juppé, présente alors un plan de rigueur qui concerne la Sécurité sociale, les retraites, les dépenses de l'assurance maladie, les tarifs hospitaliers et les allocations familiales. Globalement, la presse voit plutôt ces réformes d'un oeil favorable. Les syndicats, hormis la CFDT, ne l'entendent pas de cette oreille.
Trois semaines de grève dans les transports, plusieurs journées de manifestations massives, dont une rassemblant, selon les estimations, de un à deux millions de personnes dans toute la France, ont finalement raison d'une partie de la réforme. Juppé lâche du lest: le volet touchant les régimes spéciaux est abandonné. Le reste sera adopté par ordonnance. Les «gilets jaunes» ont-ils une filiation avec 1995? Pas vraiment. Il y a vingt-trois ans, Jacques Chirac avait été élu président de la République sur le thème central de la «fracture sociale», six mois avant le plan Juppé et le changement de cap radical qui privilégiait la lutte contre les déficits.
Macron est-il passé de la constance à l'entêtement?
Rien de cela en 2017. Macron n'a pas été élu sur la fracture sociale mais sur un souhait implicite de régénération politique. Ce souhait a provoqué une explosion du cadre politique ancien dont la matérialisation la plus probante a été l'élimination au premier tour de la présidentielle des représentants des deux formations qui ont alterné au pouvoir depuis le début de la Ve République: François Fillon pour Les Républicains et Benoît Hamon pour le Parti socialiste. A contrario, le second tour du scrutin a opposé un candidat «de gauche et de droite» qui n'avait jamais fait de politique avant d'être appelé au gouvernement par François Hollande et une candidate, championne d'une extrême droite qui n'est jamais retournée aux affaires depuis la chute du régime de Vichy.
Mieux encore, le chef de l'État applique à la lettre le programme sur lequel le candidat Macron a été élu. Pas de revirement, pas de changement de cap. L'opinion lui a même reconnu cette constance pendant plus d'une année, lui laissant le «bénéfice du doute» devant les résultats qui se faisaient attendre. Et c'est précisément cette constance, analysée maintenant par cette même opinion comme de l'acharnement ou de l'entêtement, qui lui est reprochée et qui nourrit un rejet confinant parfois à la haine viscérale et irrationnelle.
La protestation de 1995 avait un cadre bien défini et des chefs de file qui l'étaient tout autant. La contestation des «gilets jaunes» avait un point de départ précis attaché au pouvoir d'achat qui s'est noyé dans un flot revendicatif de mesures antagonistes culminant autour de la démission de Macron et de la dissolution de l'Assemblée nationale. Et après trois semaines de lutte où l'on parle beaucoup moins du blocage des ronds-points ou des zones commerciales et beaucoup plus des violences inouïes et incontrôlées qui ont émaillé la manifestation du 1er décembre, à l'Arc de triomphe et dans le quartier des Champs-Élysées, à Paris, les «gilets jaunes» n'ont toujours pas de leaders reconnus, de porte-paroles acceptés par tout le mouvement.
Nous n’aurons jamais vu un règlement européen être accepté aussi rapidement par les gouvernements européens (en moins de 3 mois !), et ce malgré les inquiétudes exprimées par divers États1. Macron les a manifestement convaincu que, les élections européennes approchant, ils pourraient maintenir leur pouvoir en agitant l’inaltérable prétexte terroriste. En résulte une censure et une surveillance généralisée de l’Internet.
Le Conseil de l’Union européenne vient donc d’acter, à l’instant et sans le moindre débat sérieux, un projet de loi qui obligera tous les acteurs du Web à se soumettre aux outils de surveillance et de censure automatisés fournis par Facebook et Google2, tout en permettant à la police d’exiger le retrait en une heure des contenus qu’elle jugera « terroriste », sans l’autorisation d’un juge.
Deux mesures aussi délirantes qu’inédites, qui conduiront à soumettre tout l’écosystème numérique européen à une poignée de géants que l’Union prétend cyniquement vouloir combattre (lire notre analyse), tout en risquant de remettre en cause la confidentialité de nos correspondances3… Et tout ça alors que ni la Commission européenne ni les gouvernements n’ont jamais réussi à démontrer en quoi cette loi serait utile pour lutter contre le terrorisme4.
Le débat sur ce texte se poursuivra maintenant devant le Parlement européen. Celui-ci votera mercredi prochain, le 12 décembre, un premier « rapport sur la lutte anti-terroriste » qui, sans avoir l’effet d’une loi, promeut peu ou prou les mêmes mesures absurdes que celles prévues dans le « règlement de censure anti-terroriste », que le Parlement examinera dans les semaines suivantes.
Ce premier vote de mercredi sera l’occasion pour chaque député européen de révéler sa position face au projet totalitaire d’Emmanuel Macron, et ils devront en rendre compte alors que s’amorce la campagne électorale pour les élections européennes de 2019.
Le service de cartographie Qwant Maps fait ses débuts dans une version alpha. Un chantier en cours pour y reproduire notamment la politique de respect de la vie privée de Qwant.
Qwant avait annoncé l'arrivée prochaine de plusieurs services, dont un service de cartographie en ligne qui se dévoile aujourd'hui dans une version alpha. Pour Qwant Maps, il s'agit donc pour le moment d'une version préliminaire ne donnant qu'un aperçu du produit avant sa finalisation.
Les itinéraires ne sont pas encore de la partie. Par contre, on retrouve la recherche avec un champ dédié et la gestion de favoris avec des points d'intérêts qui peuvent être partagés. Le service est basé sur les données cartographiques de la communauté OpenStreetMap.
Dans les conditions d'utilisation de Qwant Maps, on peut également lire que (prochainement) le service pourra " afficher des éléments issus de bases de données fournies par ses partenaires, tels que par exemple des fiches d'informations sur les professionnels, descriptions, avis de consommateurs, adresses, horaires d’ouverture ou encore numéros de téléphone. "
Français et européen, Qwant a le respect de la vie privée comme credo. Son moteur de recherche n'utilise pas de cookies et il n'y a pas de pistage de l'utilisateur. Même les adresses IP passent par du hachage. Le modèle d'affaires est basé sur de la publicité contextuelle (pas opposition à ciblée) et de l'affiliation.
Ce respect de la vie privée, Qwant Maps doit donc le reproduire, ce qui représente un défi. Un service de cartographie devient pertinent avec de la personnalisation, et notamment pour retrouver les recherches précédentes.
Vice-président Advocacy chez Qwant, Tristan Nitot a expliqué lors de la dernière édition du " Capitole du Libre " que les développements pour Qwant Maps sont faits avec du logiciel libre (gage de transparence), et il a souligné la technologie Masq qui permettra de la personnalisation côté clients.
Les données de personnalisation seront ainsi stockées sur le smartphone ou ordinateur de l'utilisateur, et avec une synchronisation entre les deux de façon chiffrée. Il s'agira d'afficher un calque sur une carte générique disposant de points d'intérêts issus de recherches précédentes avec stockage en local. En somme, la personnalisation de la carte sera faite sur l'appareil.
Les maires ruraux profitent de leur proximité avec les habitants pour être des relais avec le gouvernement. Plus de 10 000 petites communes vont ainsi ouvrir leurs portes samedi 8 décembre.
Quatre maires dans quatre mairies ont tous décidé d'ouvrir leurs portes samedi 8 décembre et de recueillir les doléances de leurs citoyens. À Fercé-sur-Sarthe (Sarthe), une commune de 600 habitants, Dominique Dhumeaux, le maire, est l'un des premiers à avoir décidé d'ouvrir sa mairie, en tant que vice-président de l'Association des maires ruraux de France. Son quotidien d'élu est rythmé par les revendications des "gilets jaunes". En Gironde, à Blasimon, les habitants sont aussi invités à s'exprimer samedi au secrétariat de la mairie.
Des doléances transmises au gouvernement
L'objectif est de tenter d'ouvrir le dialogue entre une partie de la population et l'État. À Blasimon, cette initiative est plutôt bien accueillie et certains savent déjà ce qu'ils vont dire. Une femme souhaite écrire un mot en soutien aux "gilets jaunes", faute de pouvoir les soutenir sur le terrain. Sur un rond-point, les "gilets jaunes" approuvent également la démarche, qui n'est pas vécue comme une concurrence. Toutes les doléances et propositions reçues samedi seront compilées par l'Association des maires ruraux de France qui les transmettra ensuite au gouvernement.
Pour profiter du panorama qu'offre Douarnenez (Finistère), il faut le faire avant que la nuit ne tombe. Car passé 23 heures, la commune a choisi de débrancher son éclairage public et les habitants ont dû s'adapter au noir complet dans les quartiers résidentiels. Stéphane Castel a ainsi choisi d'installer une lampe dans son jardin à l'entrée de sa maison pour que son enfant puisse rentrer plus facilement. 40% de la ville est aujourd'hui concerné par l'extinction nocturne.
30% d'économies
L'idée vient de David Dorman, responsable des services techniques de la ville, pour pallier la baisse des dotations de l'État. En un an, la facture d'électricité a déjà baissé de 40 000 euros. Une somme que la municipalité a choisi de réinvestir pour renouveler son parc électrique, à commencer par le remplacement des ampoules sodium. Dans le centre commerçant, la luminosité a été réduite grâce à des transformateurs nouvelle génération. Le coût de l'investissement est de 90 000 euros. La lumière est ainsi beaucoup plus douce et 30% d'économies à la clef. Les habitants sont partagés sur la question, certains craignent pour leur sécurité. Plus d'une vingtaine de communes bretonnes ont choisi de pratiquer l'extinction nocturne de l'éclairage public.
Votée par la Parlement Européen le 6 février 2018, la loi signant la fin du géoblocage dans le e-commerce a été entrée en vigueur ce lundi 3 décembre. À partir de cette date, les e-commerçants ne peuvent plus rediriger les internautes vers un site dédié à leur pays de résidence pour les empêcher de bénéficier de prix avantageux pratiqués au-delà de leurs frontière.
Vous avez repéré ce smartphone à un prix plus avantageux sur Amazon Espagne que sur Amazon France ? Désormais, vous pouvez le commander sur la plateforme hispanique si vous le souhaitez. Vous êtes Italien et souhaitez faire héberger votre site internet chez un prestataire en Allemagne ? Là aussi c’est possible.
Quelques restrictions et spécificités
Toutefois, la loi antigéoblocage en vigueur dans toute l’Union Européenne est soumise à quelques spécificités. « Seule la redirection automatique est interdite. Les e-marchands peuvent demander aux consommateurs l’autorisation de les rediriger« , précise Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Les e-commerçants peuvent également choisir de livrer ou non l’objet en dehors des frontières que celles de l’implantation de leur plateforme.
L'April se joint à 43 associations pour signer une lettre ouverte rédigée à l'initiative de La Quadrature du Net, afin d'interpeller le président de la République et lui demander de renoncer à son projet de règlement européen de censure sécuritaire, dont il est le principal promoteur.
Les gouvernements européens se réuniront le jeudi 6 décembre 2018 pour décider de leur position sur ce texte. Ce règlement instrumentalise la crainte terroriste pour museler tout Internet, mais ne servira à rien d’autre qu’à renforcer Google et Facebook notamment et à remettre en cause la confidentialité de nos communications.
Un texte qui aura un écho particulier pour toute personne qui suit la liberticide directive droit d'auteur. L'objet du texte est différent, mais la solution affichée est très similaire : imposer aux acteurs de l'Internet, hébergeurs en tête, une surveillance des informations et contenus des personnes qui utilisent leurs services et les en rendre responsables.
Vous pourrez retrouver la liste des signataires sur le site de La Quadrature du Net, ainsi que leurs textes d'analyse sur ce dossier.
Opposition au projet de règlement européen de censure antiterroriste
Monsieur le Président,
Au nom de la lutte contre la radicalisation terroriste en ligne, vous défendez un projet de règlement >européen imposant de nouvelles obligations à l’ensemble des acteurs de l’Internet : hébergeurs de site, de blog >et de vidéo, forum et réseaux sociaux, sites de presse, fournisseurs de mail et de messagerie, etc.
Alors que la Commission européenne et votre gouvernement ne démontrent de façon étayée ni l’efficacité ni la nécessité de ces obligations pour lutter contre le terrorisme, vous souhaitez imposer aux acteurs d’Internet d’agir sur des contenus dont la dangerosité n’aura été évaluée par aucun juge et ce dans des délais extrêmement courts.
Ces obligations sont porteuses de graves dangers pour l’ensemble de l’écosystème numérique européen. En effet, les moyens économiques, humains et techniques requis pour exécuter les obligations envisagées sont tout simplement hors de portée de la quasi-totalité des acteurs : très peu sont ceux qui seront en mesure de répondre 24h/24h, 7j/7 et en moins d’une heure aux demandes de retrait de contenu provenant de n’importe quelle autorité d’un État membre de l’Union. De la même manière, les mesures de surveillance et de censure automatisées que les autorités nationales pourraient imposer en vertu du texte seront totalement impraticables.
Ainsi, pour se plier à ces nouvelles contraintes, les acteurs économiques de petites et moyennes tailles ne pourront que sous-traiter l’exécution des demandes de retrait et la censure automatisée aux quelques grandes entreprises qui, en raison de leur puissance financière, seront capables de les prendre en charge, Google et Facebook en tête, cette sous-traitance étant porteuse d’une dépendance économique et technique gravement préjudiciable à l’économie numérique européenne.
Quant aux acteurs associatifs et collaboratifs à buts non lucratifs, ils n’auront d’autres choix que de cesser leurs activités.
Ce règlement appauvrira donc radicalement la diversité numérique européenne et soumettra ce qu’il en reste à une poignée d’entreprises qui sont déjà en situation de quasi-monopole et dont il faudrait au contraire remettre en cause l’hégémonie.
Enfin, ce règlement conduirait à une surveillance généralisée de nos échanges en ligne et une censure privée et automatisée de l’information, parfaitement contraires au projet humaniste que vous entendez porter au niveau européen.
Nous, acteurs de cet écosystème et défenseurs des libertés fondamentales, vous demandons de renoncer à ce projet.
Alors que la Commission européenne et votre gouvernement ne démontrent de façon étayée ni l’efficacité ni la nécessité de ces obligations pour lutter contre le terrorisme, vous souhaitez imposer aux acteurs d’Internet d’agir sur des contenus dont la dangerosité n’aura été évaluée par aucun juge et ce dans des délais extrêmement courts.Ces obligations sont porteuses de graves dangers pour l’ensemble de l’écosystème numérique européen. En effet, les moyens économiques, humains et techniques requis pour exécuter les obligations envisagées sont tout simplement hors de portée de la quasi-totalité des acteurs : très peu sont ceux qui seront en mesure de répondre 24h/24h, 7j/7 et en moins d’une heure aux demandes de retrait de contenu provenant de n’importe quelle autorité d’un État membre de l’Union. De la même manière, les mesures de surveillance et de censure automatisées que les autorités nationales pourraient imposer en vertu du texte seront totalement impraticables.
Ainsi, pour se plier à ces nouvelles contraintes, les acteurs économiques de petites et moyennes tailles ne pourront que sous-traiter l’exécution des demandes de retrait et la censure automatisée aux quelques grandes entreprises qui, en raison de leur puissance financière, seront capables de les prendre en charge, Google et Facebook en tête, cette sous-traitance étant porteuse d’une dépendance économique et technique gravement préjudiciable à l’économie numérique européenne.
Quant aux acteurs associatifs et collaboratifs à buts non lucratifs, ils n’auront d’autres choix que de cesser leurs activités.
Ce règlement appauvrira donc radicalement la diversité numérique européenne et soumettra ce qu’il en reste à une poignée d’entreprises qui sont déjà en situation de quasi-monopole et dont il faudrait au contraire remettre en cause l’hégémonie.
Enfin, ce règlement conduirait à une surveillance généralisée de nos échanges en ligne et une censure privée et automatisée de l’information, parfaitement contraires au projet humaniste que vous entendez porter au niveau européen.
Nous, acteurs de cet écosystème et défenseurs des libertés fondamentales, vous demandons de renoncer à ce projet.
La justice a commencé lundi 3 décembre à aborder le volet civil de ce dossier exceptionnel à Villeurbanne, près de Lyon.
"C'est un dossier exceptionnel car il regroupe 4.113 personnes et c'est un dossier exceptionnel par les questions posées", a lancé au début de sa plaidoirie l'avocat des plaignants, Me Christophe Lèguevaques, du barreau de Toulouse.
Cette action collective, lancée le 24 octobre 2017, vise à faire reconnaître un "défaut d'information" de la part du fabricant allemand du traitement Merck, dont le siège français est à Lyon. Et aussi un "préjudice d'angoisse" des plaignants, qui réclament chacun une indemnité de 10.000 euros.
"J'accuse Merck de savoir que le changement de formule allait avoir des conséquences néfastes, de faire peu de cas des malades et de privilégier les intérêts financiers de ses actionnaires sur les malades", a plaidé Me Lèguevaques.
"Exception d'incompétence"
L'audience, organisée dans un centre de congrès à Villeurbanne (Rhône) en raison du très grand nombre de requérants, a commencé par une "exception d'incompétence" soulevée par un des avocats de Merck, Me Jacques-Antoine Robert.
Celui-ci a estimé que l'affaire devait être renvoyée devant le tribunal de grande instance, seul habilité à se prononcer sur les préjudices corporels, réfutant le "préjudice moral pur", plaidé par la partie adverse devant le tribunal d'instance.
"Depuis le début, nous disons que le sujet ce n'est pas le médicament mais l'information autour du médicament", a rétorqué Me Lèguevaques.
L'affaire fait par ailleurs l'objet, au pénal, d'une information judiciaire contre X instruite par le pôle santé du TGI de Marseille.
plan de communication "extrêmement large"
Mise sur le marché au printemps 2017, une nouvelle formule du Levothyrox, prescrit contre l'hypothyroïdie et fabriqué par le laboratoire Merck Serono, filiale du groupe allemand, a été incriminée par quelque 31.000 patients victimes d'effets secondaires (fatigue, maux de tête, insomnies, vertiges, etc.).
Le laboratoire, qui plaide lundi après-midi et compte réclamer des expertises médicales, affirme qu'un plan de communication "extrêmement large" consistant en l'envoi de "300.000 communications par courrier, fax et mail, auprès de 100.000 professionnels de santé" avait été engagé au moment du lancement en France de la nouvelle formule.
"On ne peut pas globaliser l'approche", a assuré à la presse le directeur juridique de Merck, Florent Bensadoun, ajoutant que ce dossier comportait "beaucoup d'émotion".
"Je ne veux plus entendre parler de Merck"
Dans la salle, quelque 200 plaignants, en majorité des femmes, assistent à l'audience.
"Tout allait bien entre 1991 et 2017" pour Véronique Caute, 48 ans, patiente venue du Lot-et-Garonne, qui a ressenti avec le Levothyrox nouvelle formule des "maux de tête constants, des crampes, de la forte fatigue", ainsi qu'une rapide prise de poids.
"J'ai besoin qu'on nous reconnaisse comme victimes", a estimé cette conseillère en insertion professionnelle, qui souhaite "aller jusqu'au bout de la procédure".
Le récit de Corinne Lefranc, comptable de 52 ans, est quasi similaire: "une grosse fatigue et de la déprime" subitement au printemps 2017.
Après s'être procuré dans un premier temps l'ancienne formule à l'étranger, Mme Lefranc a changé de médicament, Merck n'étant désormais plus en situation de monopole en France. "Je ne veux plus entendre parler de Merck", a-t-elle dit.
Au total, trois millions de patients prennent ce médicament en France (premier marché mondial) et 2,5 millions de malades utilisent la nouvelle formule, selon Merck.
44 associations de défense des libertés, professionnels, hébergeurs et FAI associatifs demandent à Emmanuel Macron de renoncer à son projet de règlement européen de censure sécuritaire, dont il est le principal promoteur.
Les gouvernements européens se réuniront le 6 décembre pour décider de leur position sur ce texte. Ce règlement instrumentalise la crainte terroriste pour museler tout Internet, mais ne servira à rien d’autre qu’à renforcer Google et Facebook (relire notre analyse) et à remettre en cause la confidentialité de nos communications (relire notre analyse).
La lettre en PDF ou ci-dessous :
Monsieur le Président,
Au nom de la lutte contre la radicalisation terroriste en ligne, vous défendez un projet de règlement européen imposant de nouvelles obligations à l’ensemble des acteurs de l’Internet : hébergeurs de site, de blog et de vidéo, forum et réseaux sociaux, sites de presse, fournisseurs de mail et de messagerie, etc.
Alors que la Commission européenne et votre gouvernement ne démontrent de façon étayée ni l’efficacité ni la nécessité de ces obligations pour lutter contre le terrorisme, vous souhaitez imposer aux acteurs d’Internet d’agir sur des contenus dont la dangerosité n’aura été évaluée par aucun juge et ce dans des délais extrêmement courts.
Ces obligations sont porteuses de graves dangers pour l’ensemble de l’écosystème numérique européen. En effet, les moyens économiques, humains et techniques requis pour exécuter les obligations envisagées sont tout simplement hors de portée de la quasi-totalité des acteurs : très peu sont ceux qui seront en mesure de répondre 24h/24h, 7j/7 et en moins d’une heure aux demandes de retrait de contenu provenant de n’importe quelle autorité d’un État membre de l’Union. De la même manière, les mesures de surveillance et de censure automatisées que les autorités nationales pourraient imposer en vertu du texte seront totalement impraticables.
Ainsi, pour se plier à ces nouvelles contraintes, les acteurs économiques de petites et moyennes tailles ne pourront que sous-traiter l’exécution des demandes de retrait et la censure automatisée aux quelques grandes entreprises qui, en raison de leur puissance financière, seront capables de les prendre en charge, Google et Facebook en tête, cette sous-traitance étant porteuse d’une dépendance économique et technique gravement préjudiciable à l’économie numérique européenne.
Quant aux acteurs associatifs et collaboratifs à buts non lucratifs, ils n’auront d’autres choix que de cesser leurs activités.
Ce règlement appauvrira donc radicalement la diversité numérique européenne et soumettra ce qu’il en reste à une poignée d’entreprises qui sont déjà en situation de quasi-monopole et dont il faudrait au contraire remettre en cause l’hégémonie.
Enfin, ce règlement conduirait à une surveillance généralisée de nos échanges en ligne et une censure privée et automatisée de l’information, parfaitement contraires au projet humaniste que vous entendez porter au niveau européen.
Nous, acteurs de cet écosystème et défenseurs des libertés fondamentales, vous demandons de renoncer à ce projet.
Signataires :
Alsace Réseau Neutre
April
Aquilenet
Bee Home
Le CECIL
Devloprog
Digital Courage
FAImaison
FDN
FFDN
Framasoft
Franciliens
Globenet
Hadoly
Hoga
Human Rights Watch
Illyse
Iloth
IndieHosters
La mère Zaclys
Labomedia
Lautrenet
Marsnet
Mediapart
Nebulae
Observatoire des Libertés et du Numérique
Open Rights Group
Outils libres
Ouvaton
Panoptykon
Paquerettes
Parinux
Picasoft
ProtonMail
Rézine
Statewatch
Syndicat de la magistrature
Syndicat national des journalistes
Creis – Terminal
Toile-Libre
Vhost
Wikimedia France
Witness
XnetLes salles du Palais de Justice de Lyon sont littéralement trop petites pour accueillir la première audience du procès du Levothyrox ce lundi 3 décembre. 4113 plaignants accusent le laboratoire allemand Merk d'un "défaut d'information" sur la nouvelle formule du médicament, qui a selon eux causé de nombreux effets indésirables.
Face au nombre important de plaignants, la salle "Double Mixte" située à Villeurbanne a été réquisitionnée. Elle accueille d'ordinaire des événements festifs comme des concerts, des festivals ou encore des congrès ou des concours.
Le 24 octobre, le groupe allemand avait été assigné dans le cadre d'une action collective pour "défaut d'information" et "préjudice d'angoisse". En cause, une vague de critiques qui ont émergé au mois d'août 2017, à propos des effets secondaires indésirables de la nouvelle formule du médicament prescrit à 3 millions de Français souffrant d'hypothyroïdie.
"Quand je me couche, j'ai des tremblements, la nuit, des insomnies, la journée, des douleurs osseuses et articulaires. J'ai l'impression de devenir dépressive malgré moi, je ne sors même plus de chez moi pour aller à la boîte aux lettres", avait confié une des patientes sous Levothyrox au HuffPost.
Outre cette action civile à Lyon, l'affaire fait l'objet de plusieurs procédures, dont une information judiciaire contre X instruite par le pôle santé du TGI de Marseille.
Me Christophe Lèguevaques, l'avocat toulousain qui a assigné le laboratoire, réclame une indemnité forfaitaire de 10.000 euros pour chacun des plaignants.
Mi-juin l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT) avait estimé, sur la base d'analyses qu'elle avait commanditées, que cette nouvelle formule comportait des anomalies dans sa composition, pouvant expliquer ces effets secondaires. Mais début juillet, l'Agence du Médicament (ANSM), sur la foi de nouvelles analyses, a "confirmé la bonne qualité de la nouvelle formule" du Levothyrox.
Merck a annoncé cet été qu'il prévoyait de lancer la nouvelle formule dans 21 pays de l'UE à partir de 2019.
Si vous possédez une adresse de courrier électronique @hotmail.fr, @hotmail.com, @outlook.com, etc. sachez que certains internautes ne peuvent pas vous envoyer de mails. Pourquoi ? Parce que Microsoft, l’entreprise qui gère votre boite mail, refuse les mails provenant de « petits » réseaux par peur du spam. […]
Internet a été conçu pour être un réseau décentralisé. C’est une de ses forces et une des raisons de la diversité de ses contenus. Les « règles de circulation » sur Internet sont donc pensées pour permettre cette diversité d’acteurs. Malheureusement, aujourd’hui quelques grosses multinationales (les GAFAM notamment) gèrent une partie significative des services en ligne, il y a donc un risque pour que ces grosses entreprises tentent d’imposer leurs propres règles au détriment des petits. Le cas de Microsoft qui refuse les mails provenant de petits réseaux en est une illustration parfaite : en durcissant ses règles de tri du spam depuis une position de pouvoir (nombreuses boites mail gérées), Microsoft tente de faire passer en force des règles qui ne font pas consensus.
L’idée que beaucoup d’hommes élèveraient à leur insu des enfants qui ne sont pas génétiquement les leurs a tout d’une légende urbaine, et ce, depuis un bon paquet de temps.
C’est un motif récurrent des séries et des talk-shows: le brave père de famille qui, après un test génétique, apprend que le ou les enfants qu’il élève depuis des années ne sont en réalité pas les siens. En général, la nouvelle relève de la colossale catastrophe et d’un ressort tragique tout aussi gigantesque.
De fait, le phénomène est très présent dans l’imaginaire collectif, et pour cause: d’un point de vue masculin, biologiquement parlant, c’est passablement affreux d’investir du temps, de l’énergie et des ressources pour s’assurer la survie de gènes qui ne sont pas les vôtres. Et le pire, c’est que ce risque semble tout à fait avéré. Chez des espèces monogames autres que la nôtre –des oiseaux, par exemple–, un enfant sur dix a été engendré lors d’une «copulation extérieure au couple». Une stratégie reproductive qui, théoriquement parlant, serait particulièrement bénéfique aux femelles. Quand on y ajoute la prévalence de l’adultère féminin au sein de notre espèce –entre 5 et 27% des individus âgés de moins de 30 ans– l’angoisse d’avoir été fait cocu au point d’élever les rejetons du facteur n’a visiblement rien d’exagérée.
Sauf que sans doute que si, selon une synthèse de trois spécialistes de la question parue le 11 avril dans la revue Trends in Ecology & Evolution. En effet, s’il est courant d’estimer la proportion des paternités mal attribuées entre 10 et 30% des familles –un chiffre que les associations masculinistes ne manquent pas, évidemment, de véhiculer–, Maarten H.D. Larmuseau, Koen Matthijs et Tom Wenseleers, de l’Université catholique néerlandophone de Louvain, arguent que la fourchette se situerait bien plus probablement autour des 1 à 2%. On passerait donc, en gros, d’un père «floué» sur dix à un sur cinquante. Une paille.
Généalogie du chromosome Y
Qui plus est, la proportion resterait relativement stable même en remontant le cours de notre histoire, soit avant la massification de l’usage de la contraception scientifiquement élaborée. Une affirmation rendue possible par les progrès de la génétique des populations, qui passe notamment au crible la généalogie du chromosome Y.
Responsable de l’androgénisation du fœtus, ce bout d’information génétique ne se transmet que du père au fils et demeure quasiment identique lors de la formation des gamètes des deux sexes. Au travers des générations, il est donc (scientifiquement parlant) facile de remonter sa trace et d’étudier les éventuelles «incartades» dont il a pu être victime. C’est, par exemple, de cette manière qu’après la découverte du squelette de Richard III les scientifiques avaient été capables de dévoiler une infidélité royale survenue quelque part sur la grande route génétique reliant le tyran boiteux et bossu à l’actuelle reine d’Angleterre.
Mais, à l’échelle de l’humanité, et ce, depuis au moins un demi-millénaire, l’infidélité féminine (féconde) serait un phénomène pour le moins exceptionnel:
«La faiblesse des taux de cocuage observés dans les populations humaines passées et contemporaines contestent clairement l’idée, bien connue, voulant que les femmes aient l’habitude de “faire leur marché” de bons gènes, résume Larmuseau, et s’engagent dans des copulations extérieures au couple afin d’obtenir des bénéfices génétiques pour leurs enfants.»
En d’autres termes, pour les femmes, les avantages potentiels de l’infidélité seraient surpassés par ses coûts –violence conjugale, divorce, moindre investissement de la part du conjoint «social» et/ou de son cercle familial. Ce qui expliquerait pourquoi, sur des centaines de générations et des millions d’individus, le phénomène demeure, en réalité, bien plus rare qu’on pourrait le penser.
Petit résumé des thématiques abordées dans les épisodes précédents dans le texte mais aussi dans les commentaires :
épisode 1 : la pub biaisée des sociétés de généalogie génétique.
épisode 2 : les dérives de racisme et de fichage sous prétexte d'étude sociologique et de santé.
épisode 3 : les universités américaines travaillent sur un outil probabilistique de répartition géographique et des résultats sur la longévité, la fertilité, les schémas de migration et, dans certains cas, des caractéristiques faciales.
épisode 4 : le mythe des enfants adultérins démonté.
épisode 5 : le cas particulier de Hans Jonathan, antillais en Islande en 1802, le portrait robot ADN (couleur de peau, présence/absence de taches de rousseur, présence d'alopécie), les dérives racistes.
épisode 6 : les résolutions de cold cases à partir des fichiers d'ADN récréatif, les dérives de fichage, les dérives des assurances.
épisode 7 : comparaison des séquençage complet, emprunte FNAEG et test récréatif. Dérives de revente des données à des fins médicales, incident de cybersécurité, le fichage d'état en Estonie.
épisode 8 : le sondage Geneanet et sa faible représentativité, biais et paradoxes des comparaisons (avec nos contemporains uniquement, avec des échantillons non représentatifs ou en sous nombre...) La fiabilité déplorable des interprétations, le problème des naissances sous X, l'amélioration génétique, l'eugénisme.
épisode 9 : la non toute puissance de prédiction médicale, la désinformation médicale des tests, la cybersécurité, la porosité entre les bases et les enquêtes de police, le fichage d'état en Angleterre.
épisode 10 : Geneanet se lance dans la bataille, résumé des dérives médecine, assurances, employeurs, police, racisme. Cybesécurité. Récréation avec Spotify, Taille du marché de l'ADN.
épisode 11 : le problème des naissances sous X, anciens vs nouveaux (tout en ligne) généalogistes, la perte d'information forte au delà de la 6e génération, le fichage généralisé, les dérives racistes dénoncées par les universitaires, les problématiques vues par les universitaires, l'impossibilité de renouvellement des données en cas de compromission.
Dans ce nouvel opus, revenons pour cet épisode au marché de l'ADN pour particuliers, comme dit dans les commentaires de l'épisode 10, C'est un marché en expansion qui faisait 117M$ en 2017 et devrait atteindre 611M$ en 2026. Dans le même temps les couts de séquençage fondent comme neige au soleil : en 2007 il fallait 1M$ par séquençage, en 2014, il fallait 1000 $, et le PDG d'Illumina (un fabriquant de séquenceurs) pense que dans quelques années ce sera 100$, comme nous le rapporte Les Echos
Dans ce nouvel opus, revenons pour cet épisode au marché de l'ADN pour particuliers, comme dit dans les commentaires de l'épisode 10, C'est un marché en expansion qui faisait 117M$ en 2017 et devrait atteindre 611M$ en 2026. Dans le même temps les couts de séquençage fondent comme neige au soleil : en 2007 il fallait 1M$ par séquençage, en 2014, il fallait 1000 $, et le PDG d'Illumina (un fabriquant de séquenceurs) pense que dans quelques années ce sera 100$, comme nous le rapporte Les Echos
Commençons par les entreprises de "généalogie génétique"
Jusqu'à présent, la plupart des opérateurs proposaient une fois l'ADN numérisé de pouvoir procéder gratuitement à un transfert des données brutes chez un concurrent (où il fallait payer un petit supplément pour réanalyser les données et obtenir une interprétation différente !). Depuis ce 1er décembre l'un des principaux acteurs (MyHeritage) a décidé de faire payer ce transfert, ce n'est sans doute que le début d'une monétisation exacerbée. Au passage vous remarquerez que ces données brutes qui vous définissent ne sont, pour ces sociétés, pas votre propriété ! Vous trouverez une analyse complète des transferts sur le blog Genealogie-Génétique. On voit également que ces résultats sont exprimés en probabilités et sont variables dans le temps comme le montre Libération
L'autre tendance de ces entreprises est de proposer à leurs clients une réanalyse, là aussi si par le passé c'était gratuit, ça change et comme le montre ce tweet de Juloz AncestryDNA propose des options payantes pour vous "montrer" quelles caractéristiques physiques (monosourcil, taches de rousseur, calvitie) vous avez hérité de vos ancêtres... Puisque l'ADN de votre ancêtre n'est pas analysé, c'est déjà très douteux puisque ça nie la recombinaison de l'ADN, ensuite ça ne dit pas de quel ancêtre ça vient et enfin, ça ne prend pas en compte le fait ce n'est pas parce que vous avez un gène qu'il s'exprime, comme le montre Joël de Rosnay dans son intervention sur l'épigénétique !
L'article des Echos précité, nous apprend également qu'Ancestry a passé un partenariat avec GoAhead Tours pour créer des voyages sur mesure fonction des résultats ADN et que National Geographics fait de même. L'ADN semble être un vecteur commercial sans fin.
De nouvelles entreprises se lancent également à l'assaut de ce marché, et vous proposent de nouveaux "services"
La compagnie Life Epigenetics, une start-up filiale du géant de l'assurance GWG prétend avoir mis au point un test permettant de prédire la mortalité et la probabilité de contracter des maladies à partir de l'expression des gènes comme nous le présente Futura-sciences. Cependant c'est biaisé, car comme le montre cet article en anglais de Science Daily, qui relate une étude de la Genetics Society of America a partir de données d'Ancestry sur 400 millions d'individus, notre longévité est liée à notre capacité à nous lier à une personne présentant certains traits identiques. D'autre part la probabilité de contracter des maladies est utilisée aux USA par des médecins peu scrupuleux pour vendre des chirurgies préventives. A cela deux biais. Ce n'est pas parce que 100% des personnes ayant un cancer partagent le même marqueur ADN, que l'ensemble des personnes ayant ce marqueur ont un cancer, et d'autre part comme dit dans l'épisode 9 il y a confusion entre probabilité et certitude (si un test de probabilité de cancer a un résultat de 14% c'est en fait un risque relatif : s’il y a 1 chance sur 1000 de l’avoir, alors ça veut juste dire que le résultat réel est de 1,14 / 1000). Je vous invite également à voir le reportage de Complément d'Enquête intitulé "ADN pour tous : miracle ou cauchemar ? ADN : la foire aux tests", c'est édifiant ! Les taux de faux-positifs atteignent 40% d'après une étude d'Ambry Genetics. Le fait que ce soient des sociétés d'assurance qui cherchent à connaître notre longévité supposée est également une tentative de biaiser le rapport de mutualisation des risques pour augmenter les profits.
Les compagnies Nebula Genomics et Encrypgen comme le montre Dick Eastman dans deux notes de blog (1, 2), vous proposent de monétiser votre ADN en vous mettant en rapport avec des entreprises de recherche prêtes à l'acheter. En gros, elles proposent d'individualiser ce que les grosses entreprises type 23andMe font dans votre dos. Rien que pour 23andMe, leur base a été revendue à au moins trois labos Roche, Pfizer et GSK (GlaxoSmithKline) pour un montant total supérieur à 400 M$.Laissez parler les p'tis papiers.. Pour qu’ils puissent parler, ils doivent être bien conservés. Nous sommes souvent perdus face à nos archives familiales. Comment les préserver ? Comment les exploiter ? Micro-Archives a peut-être une solution pour vous.
Dans cette ferme québécoise, la traite des vaches s'effectue de façon automatique, sans intervention humaine.
Catherine Delorme
AGRICULTURE - À Saint-Alexis au Québec, les vaches du producteur laitier Pascal Thuot vagabondent en toute liberté dans un immense espace intérieur. Fini, le temps des enclos restreints dans sa ferme de la région de Lanaudière. La traite s'effectue de façon automatique, sans intervention humaine.
Quand les vaches ont besoin de vider leurs pis, elles font la queue devant l'un des robots de traite de l'éleveur. Lorsqu'un animal entre dans la petite stalle, l'ordinateur la reconnaît grâce à la puce sur son collier et sait à quel moment remonte la dernière traite.