Afficher/masquer le menu ChroniKat
  • Mots-clefs
  • Chronica
  • Agora
    ► Play Videos
  • Rechercher
  • RSS Feed
  • Connexion
page 42 / 97

 La revue de web de Kat

Opté Precision Skincare System : une baguette magique pour le maquillage

Sat 12 Jan 2019 - 18:43

Procter & Gamble a dévoilé au CES une imprimante thermique à jet d'encre pour le visage qui applique un sérum maquillant avec précision sur les taches de rousseur ou de soleil ainsi que les grains de beauté.

Le maquillage du futur se passera peut-être de pinceaux et autres éponges de fond de teint. C’est en tout cas la vision que porte Procter & Gamble avec son concept de baguette électronique de maquillage. Présenté au Consumer Electronics Show 2019, l’Opté Precision Skincare System ressemble dans son design à un épilateur ou un rasoir électrique. Lorsqu’on le passe sur le visage, il va scanner la peau et corriger l'hyperpigmentation en appliquant du sérum maquillant pour cacher les taches de rousseur, de soleil et les grains de beauté.

L’appareil renferme un concentré de technologie. Tout d’abord, des lumières LED bleues balaient la peau et augmentent les contrastes pour détecter les taches décolorées qui ne sont pas encore visibles. Cet éclairage permet à la caméra intégrée de capter jusqu'à trois fois plus de pigmentation que l'œil humain, assure Procter & Gamble. Cette dernière filme la peau à 200 images par seconde.

120 buses, chacune plus fine qu'un cheveu humain

Ensuite, un algorithme traite ces informations pour déterminer la taille, la forme et l'intensité de chaque tache cutanée. Pour finir, une micro-imprimante à jet d'encre thermique munie de 120 buses, chacune plus fine qu'un cheveu humain, dépose 1.000 gouttelettes de picolitre de sérum optimisant (un milliardième de litre) sur chaque tache cutanée pour obtenir une couverture précise.

Le sérum maquillant se compose de trois ingrédients : des pigments minéraux, des ingrédients éclaircissants pour la peau et des hydratants. L’idée du système est d’éviter d’avoir à se recouvrir tout le visage de crème ou de maquillage alors que seules quelques zones très localisées en ont besoin. Procter & Gamble explique avoir passé plusieurs années au développement de cet appareil pour lequel il détient 40 brevets. Sa commercialisation n’est pas encore d’actualité.

maquillage technologie
https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/technologie-opte-precision-skincare-system-baguette-magique-maquillage-74604/

Les données que récolte Google, document complet – Framablog

Sat 12 Jan 2019 - 09:28

Google compte un pourcentage important de la population mondiale parmi ses clients directs, avec de multiples produits en tête de leurs marchés mondiaux et de nombreux produits qui dépassent le milliard d’utilisateurs actifs par mois. Ces produits sont en mesure de recueillir des données sur les utilisateurs au moyen d’une variété de techniques qui peuvent être difficiles à comprendre pour un utilisateur moyen. Une grande partie de la collecte de données de Google a lieu lorsque l’utilisateur n’utilise aucun de ses produits directement. L’ampleur d’une telle collecte est considérable, en particulier sur les appareils mobiles Android. Et bien que ces informations soient généralement recueillies sans identifier un utilisateur unique, Google a la possibilité d’utiliser les données recueillies auprès d’autres sources pour désanonymiser une telle collecte.

Google TF Vie-privée
https://framablog.org/2019/01/12/les-donnees-que-recolte-google-document-complet/

Les gilets jaunes sont les enfants naturels d’Emmanuel Macron | Le Huffington Post

Sat 12 Jan 2019 - 08:55

Doit-on s'étonner que le candidat auteur de "Révolution" ait provoqué la révolte des gilets jaunes après un an et demi de mandat?

Lors de sa campagne Emmanuel Macron s'est appuyé sur "la société civile", sollicitant les contributions des citoyens via les réseaux sociaux ou sur le terrain lors de la "grande marche". Horizontalité, expression directe, occupation de l'espace public: les gilets jaunes défient Emmanuel Macron avec ses propres méthodes.

Une fois élu, le chef de l'Etat a poursuivi dans son évitement des corps intermédiaires ces survivances du vieux monde. À commencer par les syndicats. Le dimanche 6 janvier 2019 sur France Inter, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger expliquait "Je n'ai eu aucun contact avec le président de la République depuis le 10 décembre (...) Si ce gouvernement considère qu'il aura la réponse seul, il se met le doigt dans l'œil." Le mercredi 9 janvier, le président du MEDEF Geoffroy Roux de Bézieux renchérissait sur RTL: "-Vous avez eu un contact avec Emmanuel Macron? –Pas plus que Laurent Berger (...) Je préfère appeler les syndicalistes, au moins ça fait avancer les choses..." Dès lors, pourquoi les gilets jaunes perdraient-ils du temps dans les syndicats ou les partis politiques?

Pourquoi les gilets jaunes perdraient-ils du temps dans les syndicats ou les partis politiques ou respecteraient-ils les médias traditionnels que le Président boude?

Le Président évite aussi les entretiens dans les médias "traditionnels", leur préférant des allocutions comme celle du 10 décembre avec ses annonces en direction des gilets jaunes, puis ses vœux aux Français le 31 au soir. Ainsi, depuis le premier samedi de mobilisation des gilets jaunes, le Président de la République n'a-t-il accordé qu'une seule véritable interview, le 14 novembre au 20 heures de TF1 de Gilles Bouleau. Et encore, les conditions et le cadre avaient été fixés par l'Elysée -en direct du porte-avion Charles De Gaulle. Son autre "entretien", avec Michel Drucker sur France 2, tenait lui du publi-reportage avec les militaires français au Tchad. Là, l'échange avait été enregistré. Dès lors, pourquoi les gilets jaunes respecteraient-ils les médias traditionnels que le Président boude?

De 2014 à 2016, lorsqu'il était secrétaire général adjoint de l'Elysée puis ministre de l'Economie, Emmanuel Macron s'est progressivement émancipé de François Hollande, celui qui l'avait fait Prince. Tantôt innovant, tantôt moqueur, tantôt provocateur, tantôt insolent mais toujours disruptif... Dès lors, pourquoi les gilets jaunes respecteraient-ils une fonction qu'Emmanuel Macron a contribué à égratigner?

L'émergence des gilets jaunes est un effet mécanique du big-bang macronien. En constituant une grande force centrale, Emmanuel Macron a tracé ce qu'Alain Minc nomme "le cercle de la raison" libéral et pro-européen, englobant une partie de la social-démocratie et du centre-droit ouverts à la mondialisation. Emmanuel Macron a repris à son compte la recette d'Alain Juppé: "il faudra peut-être songer un jour à couper les deux bouts de l'omelette pour que les gens raisonnables gouvernent ensemble et laissent des côtés les deux extrêmes de droite et de gauche, qui n'ont rien compris au monde."[2] Mais le cœur de l'omelette n'est pas si large. Et ses deux bords vraiment pas marginaux.[3]

L'émergence des gilets jaunes est un effet mécanique du big-bang macronien. Emmanuel Macron est leur Docteur Frankenstein.

Les gilets jaunes sont les deux bords de l'omelette qui se rebiffent. Rejetées hors d'un supposé "cercle de la raison", des radicalités de droite et de gauche sont venues se greffer sur ce mouvement apolitique. Et si elles ne sont pas alliées, elles ont un adversaire commun en la personne du chef de l'Etat. Voilà comment l'insoumis François Ruffin en vient à faire l'éloge du complotiste pro-Alain Soral Etienne Chouard, et l'intellectuel d'extrême-gauche Eric Hazan[4] à déclarer: "le fait que l'extrême-droite soit présente dans cette violence en défrise pas mal. Mais moi ça ne me gêne pas (...) Parce que les ennemis de mes ennemis ne sont pas vraiment des amis, mais un peu quand même."[5] Aujourd'hui, la frange violente des gilets jaunes s'exprime dans une double-haine de l'Etat: contre l'impôt et contre les forces de l'ordre, avec un anti-élitisme commun.

Emmanuel Macron est le Docteur Frankenstein des gilets jaunes. À verticaliser et à recentraliser l'action publique, il a concentré sur sa personne et sa fonction toutes les critiques montées des ronds-points. Son constat de l'usure de la classe et des pratiques politiques étaient tellement justes que les gilets jaunes l'ont pris au mot: chiche! À disruptif, disruptif et demi!

[1] Révolution, Emmanuel Macron, éditions XO, 2017

[2] Dans Le Point du 4 janvier 2015

[3] Au premier tour de la présidentielle de 2017, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou, Nathalie Artaud et François Asselineau ont totalisé 48,23% des voix.

[4] Fondateur des éditions La Fabrique et éditeur de L'insurrection qui vient

[5] Entretien à Mediapart le 7 décembre 2018

gilets-jaunes
https://www.huffingtonpost.fr/frederic-metezeau/les-gilets-jaunes-les-enfants-naturels-d-emmanuel-macron_a_23640363/

Macron hopes debate can quell French unrest. So did Louis XVI | Article [AMP] | Reuters

Sat 12 Jan 2019 - 08:24

PARIS/FLAGY, France (Reuters) - In 1789, Louis XVI summoned France's aristocracy, clergy and citizens to discuss ways to plug the crown's dismal finances and quell popular discontent over a sclerotic feudal society.

It marked the start of the French Revolution. Within months he was powerless and four years later beheaded by guillotine.

Two centuries on, President Emmanuel Macron, often criticized for a monarchical manner, is also calling a national debate to mollify "yellow vest" protesters whose nine week uprising has set Paris ablaze and shaken his administration.

He will launch the three-month "grand debat" initiative on Jan. 15. As during the rule of the ill-fated king, the French are already writing complaints in "grievance books" opened up by mayors of 5,000 communes.

The debate will focus on four themes -- taxes, green energy, institutional reform and citizenship. Discussions will be held on the internet and in town halls. But officials have already said changing the course of Macron's reforms aimed at liberalizing the economy will be off limits.

"The debates are not an opportunity for people to offload all their frustrations, nor are we questioning what we've done in the past 18 months," government spokesman Benjamin Griveaux told BFM TV. "We're not replaying the election."

By limiting the terms, Macron risks making the same mistake that doomed the monarchy, historian Stephane Sirot of University of Cergy-Pontoise told Le Parisien newspaper.

"Emmanuel Macron is like Louis XVI who ... receives the grievance books but doesn't understand anything from them."

DUST IN THE WIND

In Flagy, 100 kilometers south of Paris, the village mayor has been receiving written grievances from local "yellow vests" like Agosthino Bareto. The 65-year-old garage owner is convinced the government will frame the debate to suit itself.

"All that we've been saying is like dust thrown into the wind," Bareto said. "We're not being listened to."

Flagy's mayor, Jacques Drouhin, is sympathetic toward such frustrations. He says he will refuse to hold a town hall debate as long as Macron plans to press on with reforms regardless.

"That's not what our citizens are asking for," Drouhin said. "That's enough. It's now down to our leaders to listen to what's been said in the grievance books."

Weak participation would undermine the exercise. An Elabe opinion poll on Wednesday showed only 40 percent of citizens intend to take part in the debate.

France is bracing for more street protests and possible riots when winter sales kick off this Saturday. Yet even as the demonstrations rumble on, it remains unclear whether the "yellow vests" will emerge as a political force or fizzle away, undone by their own internal differences.

The leader of Italy's anti-establishment 5-Star Movement, Luigi di Maio, this week publicly backed the French protesters, offering his party's internet platform for direct democracy -- known as "Rousseau" after a leading thinker of the French Enlightenment -- to help the "yellow vests" define a program.

While leaderless, the "yellow vests" mirror movements like Spain's Indignados and Italy's 5-Star, which have sought to upend Europe's traditional political system.

"I am more worried now about the 'yellow vest' protests in France (than Italy)," Karen Ward, chief market strategist for EMEA at JP Morgan Asset Management, told an media briefing.

REFERENDUM?

The "yellow vests" take their name from the high-visibility jackets they wear at road barricades and on the street. Their rage stems from a squeeze on household incomes and a belief that Macron, a former investment banker regarded as close to big business, is indifferent to their hardships.

Macron will take heart from a sharp fall in public support for the protesters over the past month. He promises to use the debates to channel their anger and shape new policy via a more participatory democracy.

The "yellow vests" are demanding the right to call referendums through mass petitions. Senior cabinet ministers have not rejected the idea -- Prime Minister Edouard Philippe called citizen-initiated referendums a "useful tool in a democracy" -- but said their use should be limited.

More likely is an idea touted within the ruling party and government for the national debate to be followed by a referendum with several questions, rather than a thumbs up or thumbs down vote.

"The government is aware of the risks of making any vote a vote about Macron and not the issues," said Antonio Barroso, deputy director of research at risk advisory firm Teneo. "So you solve that by asking multiple questions."

(Reporting by Richard Lough in Paris and Emilie Delwarde in Flagy; Additional reporting by Michel Rose in Paris and Julien Ponthus in London; Writing by Richard Lough; Editing by Luke Baker and Peter Graff)

gilets-jaunes
https://mobile.reuters.com/article/amp/idUSKCN1P51H1

L'Education nationale confirme la création d'un CAPES d'informatique pour 2020

Tue 8 Jan 2019 - 13:20

Le ministère de l'Éducation nationale vient de confirmer la création d'un CAPES d'informatique dont la mise en place est prévue pour 2020.

"Enfin !" Scandent ceux qui se battent depuis plusieurs années déjà pour une modernisation de l'éducation nationale et des cycles de formation proposée aux étudiants, le ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Jean-Michel Blanquer a finalement annoncé la création, pour 2020, d'un CAPES d'informatique.

Jean Michel Blanquer

Alors que le gouvernement se lance depuis quelques années dans une modernisation de son fonctionnement et le développement du numérique en France, rien n'était encore proposé au sein de l'Éducation nationale pour intégrer pleinement le numérique dans les cycles de formation des élèves et étudiants.

Interrogé au micro de France Culture, le ministre a précisé "Nous allons créer un CAPES informatique qui verra le jour dès 2020 et dans quelques années nous créerons certainement une agrégation d'informatique. Nous consacrons ainsi le numérique dans le système", ajoutant qu'il s'agit "d'une nouvelle extrêmement importante, car avec cette création, nous créons un cercle vertueux de l’enseignement numérique."

Selon les premières estimations, 1500 postes seraient nécessaires, couverts dans un premier temps par "des professeurs qui suivent des formations continues".

Le ministre poursuit : " A partir du moment où l’on crée un CAPES, on crée quelque chose qui va structurer le futur. Ce qui est très important c’est qu’avec cette ouverture, nous consacrons le numérique dans un sens non superficiel" ajoutant "Aujourd’hui on parle trop du numérique en restant à la surface des choses alors même que nous avons besoin d'élèves qui développent leur sens logique grâce à la programmation, d'élèves qui relient les savoirs numériques aux autres savoirs grâce à leurs approfondissements numériques et l’approfondissement de leur culture générale dans d’autres domaines".

enseignement informatique TF
https://www.generation-nt.com/education-nationale-creation-capes-informatique-2020-actualite-1960865.html

Génétique : les journalistes de franceinfo se soumettent à un test ADN

Mon 7 Jan 2019 - 19:37

Tandis que certaines startups proposent de connaître les origines géographiques de ses ancêtres à l'aide de kits ADN, sept de nos journalistes ont accepté de s'y soumettre eux aussi pour en apprendre davantage sur leur lignée.

"Je suis brun et pas très grand, je me vois plutôt d'Europe du Sud", suppose Julien Pain, rédacteur en chef à franceinfo. Adrien Rohard, l'un de ses collègues, pense venir d'Europe de l'Est. "Rohard c'est un peu râpeux, on est plus sur la Hongrie, sur l'Allemagne", indique-t-il. Comme eux deux, cinq autres salariés de francinfo ont fait analyser leur ADN pour connaître leurs origines. Un mois et demi après avoir envoyé des échantillons d'ADN, les résultats sont parvenus.
Tous partagent au moins une origine en commun

Le journaliste Rody Anglesi se dit 100% antillais. Le test révèle qu'il a des origines africaines, dont 85,3% provenant du Yorubaland, la région culturelle du peuple Yoruba, qui couvre les pays actuels du Nigeria, du Togo et du Bénin. Djamel Mazi, né de deux parents algériens, est à sa grande surprise, selon le test majoritairement européen, à 54,1%, et nord-africain a "seulement 11,4%". Lisa Beaujour, née d'une mère italienne et d'un père français, compte bien 57,5% d'origines d'Europe du Sud, mais également un tiers d'origines britanniques, alors qu'elle ne connait aucun ancêtre provenant de cette région. Julien Pain, quant à lui, est le plus français du groupe, avec 54,3% d'origines françaises.

Pauline Ringenbach, de son côté, est née d'une mère d'origine juive d'Espagne et d'un père alsacien. Avec 27,4% d'origines espagnoles, près d'un tiers d'origines italiennes et un autre tiers d'origines britanniques, elle est très métissée. Adrien Rohard, dont les parents sont français et la grand-mère italienne, se découvre des origines espagnoles, italiennes, allemandes, écossaises et irlandaises. En revanche, nulle trace d'origines françaises. Enfin, Linh-Lan Dao, née de parents vietnamiens, apprend grâce au test qu'elle est à 74,2% originaire du sud de la Chine. Au final, chaque journaliste avait au moins une origine en commun avec un autre membre du groupe. Rudy et Adrien partagent en outre un ancêtre paternel ayant vécu 2 500 ans avant Jésus-Christ. Julien Pain est le seul à avoir de "l'ADN français".

Généalogie génétique
https://www.francetvinfo.fr/sciences/histoire/genetique-les-journalistes-de-franceinfo-se-soumettent-a-un-test-adn_3133687.html#xtor=AL-54-[video]

"Les familles ont raison d'avoir peur...": écœurée, elle dénonce son ex-quotidien d'infirmière en Ehpad dans un livre choc - Var-Matin

Sun 6 Jan 2019 - 10:48

Entre personnels en colère et résidents d'Ehpad en souffrance, Mathilde Basset signe "J'ai rendu mon uniforme". L'insurrection d'une jeune infirmière qui ne veut plus travailler en maison de retrait.

Son ouvrage à paraître chez un éditeur monégasque (parution 23 janvier, 253 pages, éditions du Rocher) tombe à point nommé.

D'un côté, l'intersyndicale du secteur de l'aide aux personnes âgées menace de nouvelles grèves face aux flagrants manques de moyens. De l'autre, un rapport des Petits Frères des pauvres fait état des témoignages poignants de résidents d'Ehpad qui regrettent le "peu de dialogue avec les soignants" et révèlent un sentiment de "tristesse et d'abandon"...

Au milieu, Mathilde Basset, jeune infirmière du sud-est qui, après sa lettre "cri d'alarme" - et très médiatisée - à la ministre de la Santé en décembre 2017, signe un livre-témoignage sans fioritures sur son ex-quotidien d'infirmière en maisons de retraite.

"Ex", car elle a décidé de "rendre sa blouse". Écœurée par le décalage entre sa formation et la réalité d'un système qu'elle ne veut plus cautionner. Système dont 63% des infirmiers déclarent souffrir de dépression, épuisement ou mal-être (enquête 2018 de l'Ordre national des infirmiers)... Rencontre.

N'avez-vous pas signé un livre que toutes les familles devraient lire?
"Je crois car cela permettrait aux enfants dont les parents sont - ou vont être - en maison de retraite, de prendre conscience de l'état d'urgence des Ehpad, du manque de moyens et de personnel. Se rendre compte que s'ils constatent des dysfonctionnements, ce n'est pas la faute des aides-soignantes qui accomplissent leur travail dans des conditions loin de ce qu'elles souhaiteraient..."

Quelle alternative leur proposez-vous?
"Le maintien à domicile est envisageable par la mise en place d'aides et la création d'un dossier auprès de la MDPH départementale. Il existe également des structures pour des personnes moins dépendantes qui bénéficient d'aide à domicile pour la toilette, le ménage, les repas, etc. Il y a les appartements thérapeutiques où les personnes vivent à leur rythme avec intervention d'aides-soignantes et infirmières..."

N'est-ce pas aussi une mise en garde adressée aux étudiantes infirmières?
"Oui. A mon sens la formation théorique est très juste et riche, mais au quotidien en Ehpad, on se retrouve à faire le minimum de ce que l'on a appris. On va au plus pressé avec de moins en moins d'humanité et de capacités relationnelles..."

Au point, vous l'écrivez, de "frôler quotidiennement la faute grave et d'exposer au danger", ce qui ne rassure personne...
"Oui, le but est aussi de produire un électrochoc! Au-delà de mes désillusions, ce livre est un cri d'alerte et une insurrection. Il n'est pas plus mal que les familles soient au courant... Elles ont bien raison d'avoir peur car nous-mêmes en tant que soignantes nous avons peur. Il est donc temps de réagir, ouvrir les yeux, au plus haut niveau et de prendre soin des soignants afin qu'eux-mêmes prennent soin au mieux des aînés... Remercier, soigner, accompagner ceux qui ont travaillé toute leur vie pour construire la société dans laquelle nous vivons, sans les abandonner dans des mouroirs, comme des encombrants..."

Vous citez le cas de Marlène, infirmière à qui l'on reproche d'être "trop consciencieuse et avenante"...
"C'est ce que la direction de l'établissement lui a dit... Parce qu'elle prenait trop de temps à échanger avec les familles et les résidents. On nous demande d'être un petit roquet agressif et plein de nerfs pour faire ce métier. Elle, était dans la bienveillance et l'humain... Elle est infirmière libérale depuis."

Quelle a été la réponse de la ministre à votre lettre sur votre travail dans une "usine d'abattage qui broie l'humanité des vies qu'elle abrite"?
"Agnès Buzyn aurait déclaré dans un reportage que cela lui avait inspiré des "pistes de réflexions", mais de mon côté, néant..."

Vous parlez de 1.600 euros par mois pour une responsabilité qui peut aller jusqu'à 99 personnes âgées. Y a-t-il un juste prix pour cela?
"Non je ne crois pas... Si on y laisse notre santé ça n'a pas d'intérêt. Ce n'est pas une histoire de salaire mais de reconnaissance de la part de l'encadrement et de respect de l'humain. On ne fait pas ce métier pour aller à l'abattoir avec sans cesse des dépassements horaires impayés. C'est horrible de devoir se dépêcher ou refuser du temps à des anciens qui n'ont pas nos facultés de déplacements ou de réaction, juste parce que la situation nous impose d'assumer les tâches à la chaîne sans penser…"

Quelle est votre position sur le débat de la fin de vie appliqué à ce milieu?
"Il faut laisser le choix jusqu'au bout. J'ai été confronté à un cas en particulier et ce n'est jamais simple... Je ne suis pas pour l'acharnement thérapeutique mais de notre côté, on ne donne à aucun moment la mort! Priorité est donnée à la famille, après information, de la suite des soins. Simplement avec leur accord, on peut injecter des anxiolytiques sédatifs, etc., dont on sait très bien que cela calme mais peut aussi impliquer pour des personnes âgées en grande faiblesse des conséquences funestes..."

Derrière ce livre, y a-t-il une ambition de devenir porte-parole d'une corporation?
"Non! Quand on m'a proposé d'écrire ce livre avec une carte blanche, je l'ai pris comme une expérience. Lorsqu'il est parti à l'impression, je me suis dit que la boucle était bouclée. J'avais pu faire de cette expérience qui s'était révélée négative une belle pirouette tout en ralliant un secteur d'activité qui me plaît."

Aujourd'hui vous sentez-vous à votre place?
"Oui. Je suis salariée CDI en psychiatrie dans un cadre associatif extra-hospitalier en Ardèche. Un cadre qui me convient parfaitement avec des soins individuels qui sont axés sur le relationnel, des entretiens... La dimension de temporalité n'est pas la même en psychiatrie qu'en soins généraux. Depuis que j'ai quitté la grosse entreprise du "faire vieillir en collectivité", où les résidents et leur famille ne sont plus considérés comme des personnes mais comme un flux dans une logique financière, je suis de nouveau en harmonie avec mes convictions."

Ehpad
https://www.varmatin.com/sante/les-familles-ont-raison-davoir-peur-ecoeuree-elle-denonce-son-ex-quotidien-dinfirmiere-en-ehpad-dans-un-livre-choc-289172?t=NmQ5YjFmNzU2ODM5MTcwNGFkM2Y1MmU0YmVlZjM3NThfMTU0Njc2Nzg1NjgyMF8yODkxNzI%3D&tp=viewpay

Le 31 décembre 1993, le monde découvrait l'un des films les plus drôles de l'histoire | Slate.fr

Mon 31 Dec 2018 - 11:28

Ovni mi-télévisuel, mi-cinématographique, la «Classe américaine» est devenue un succès intemporel grâce à quelques adeptes de détournements, de mashups et de la connerie absurde en général.

flim
http://www.slate.fr/story/171606/cinema-classe-americaine-film-culte-25-ans

J’Accuse…! Why Jeanne Calment’s 122-year old longevity record may be fake

Sun 30 Dec 2018 - 16:53

Jeanne Calment ne détiendrait pas le record mondial de longévité : sa fille aurait pris sa place en 1934 pour des raisons de fiscalité successorale !

For many gerontologists, Jeanne Calment is almost what Joan of Arc is for the French. A symbol, a legend, a saint. The longevity record of Jeanne of Arles, set at 122 years and 164 days, is known to every true aging fighter. Since Jeanne set it in 1997 nobody managed to break it or even get close — the second place barely exceeds 119 years, and the third stands at 117. Of those contenders who stand any chance — i.e. those who are presently alive — the oldest ones are just 115 years old. Given that after age 100 the annual probability of dying is about 1/2, the chances of a centenarian living to 122 are incredibly small.

But in gerontological circles nobody doubts the authenticity of Jeanne’s record. On the contrary, she is referred to as the “most validated centenarian”. Indeed, her documents are impeccable: she was born and lived her entire life in one place — the city of Arles in the south of France — and, coming from a well-known bourgeois family, Jeanne appears in many official sources. However, impeccable documents are no guarantee against fraud, as those documents could be used by someone else, someone younger. For example, your daughter.
Enter Yvonne

Jeanne did have a daughter. Yvonne Marie Nicolle Calment was born in 1898, when her mother was almost 23, and died, according to official documents, in 1934 on the day of her 36th birthday. Curiously, her death certificate was issued on the basis of testimony of a sole witness, a 71-year-old unemployed woman (i.e. not a doctor or nurse) who “saw her dead”:

And here’s the thing: in those rare photos of young Yvonne that survived — old Jeanne inexplicably ordered to burn all her family photos when the city of Arles asked her to provide them for the city’s archives — it is Yvonne who has the closest resemblance to the woman who lived to the year 1997. Moreover, the photo of young Yvonne had become widely known as a photo of Jeanne, labeled so in various sources, even ones as respectable as the prime authority on supercentenarians, Gerontology Research Group (from 2007 to 2018), or Wikipedia:

Let’s take a closer look at this photo. Here it is in decent resolution and colorized for your viewing pleasure by this algorithm:

Below is a close-up of the face from the original photo:

Does this photo really look like a photo of someone taken in Victorian 1897, when Jeanne was 22, as Wikipedia claims? Or does it seem more appropriate for the Flapper style of the “Roaring 1920s”? I am no expert, but an expert I respect — Alexander Vasiliev, the host of Russian TV show “Fashion Verdict” — believes the latter option much more likely:

“The dress is likely from around 1845, while the headpiece and hairstyle are 1930. Most likely the photo was taken in 1926–1930 in a vintage Arlesian Provence national costume.”

Interestingly, since 1903 Arles holds an annual national costume festival:

Maybe the photo in question is that of young Yvonne attending it. Given that in 1903 Jeanne would have been 28 and long married, I doubt that she would be participating, considering the nature of the festival:

“ The Fête du Costume (Costume Festival) started in 1903, instigated by Frédéric Mistral (a famous French writer from the South of France) when he created the Festo Vierginenco (Festival of Virgins).

Young girls were invited to wear the dress and hair ribbon as a symbol of their passage into adulthood (up to the age of 15 they could only wear the “Mireille” costume).”

There is a curious aside related to the creator of the above festival, the champion of all things Occitan, Frédéric Mistral. When asked in one interview whether she had ever met him, Jeanne replied, “Yes! Yes, he was a friend of my father… um, he was a friend of my husband.” This wasn’t the only time when Jeanne seemed to confuse her husband and father in her recollections.

In any case, the hairstyle in the photo in question does look like those from the 1920s. Here is the Queen Mother, for example, in 1927:

Finally, and this should settle the debate conclusively, in one of Jeanne’s biographies, the photo with a bow hat is signed as “Yvonne, daughter of Jeanne”, and above it is a photo of young Jeanne, which is more consistent with the Victorian spirit of the late XIX century:

A few more photos of young Jeanne have survived (colorized by me):

Here is Jeanne with her husband (Yvonne’s father):
The Smoking Gun?

Let us now look at mother and daughter in a more advanced age. Thankfully, one photo of them together had survived:

In my opinion, there can be no doubt that Yvonne is on the left and Jeanne on the right. Here are photos of Jeanne in chronological order:

I think that even the dress in the photos below is the same (the photo on the left is from Jeanne’s identification document):

But the “bow hat girl” is clearly Yvonne:

And if you compare the photos of young and adult Yvonne to the photos of the elderly and old Jeanne, the similarity is undeniable:

Spitting image:

By the way, is that a single earring in Yvonne’s right ear? What a rebel.
The Key Photo

To my mind, the photo above holds the key to the mystery. Is this Jeanne or Yvonne? Just like in Highlander, there could be only one. If Yvonne really died in 1934, at age 36, there is no way she could have looked that old.

Let’s start our analysis from afar. Here are two interesting photos. One is of young Jeanne and the other one is of young Yvonne trying to recreate Jeanne’s photo. Apparently, Yvonne liked to mimic her mother from quite an early age:

We can see a clear difference in the chin and lower jaw. Yvonne also has a longer and thicker neck, with a more pronounced jugular notch. Here is a close-up:

Let’s now compare the photos of young Yvonne to the mystery photo. The chin, the lower jaw, the neck, the jugular notch are all similar:

The circled parts look outright identical:

Now, how about when compared to Jeanne?

To me the person in the middle has a wider, rounder face than Jeanne in the rightmost photo. Her neck is longer and wider, and her jugular notch is more pronounced. Her nose is also considerably bigger.

Below is an added photo of old “Jeanne” together with two confirmed photos of young Yvonne on the left:

When you see the four photos together, there is little doubt that the mystery photo is of the same person — Yvonne. I think it is pretty obvious:

By the way, the shape of the nose of the old woman is more like the shape of the nose of Yvonne’s father, rather than that of the young Jeanne:

Old Jeanne just doesn’t look like her young self — her nose, jaw, and chin are subtly different:

We have to concede, though, that Yvonne’s parents also look similar to each other, which is not surprising since they were second cousins.
The Motive

Why would Yvonne decide to impersonate her mother? One quite plausible motive is to avoid paying inheritance tax — in 1934 estate taxes reached as high as 38%. The family was quite wealthy, so paying sizable sums in estate taxes was probably still fresh in their minds, as Jeanne’s father passed away only a few years before, in 1931, and her mother in 1924.

In France, inheritance laws are quite peculiar even today, and they were considerably more so in the 1930s. Even inheritance between spouses was taxed; this rule was only abolished in 2007. Moreover, the surviving husband had the same rights to the property of his deceased wife (or even to her half of their joint property), as her children and even cousins! Therefore, if it were Jeanne who died in 1934, the financial impact on her family could have been quite severe — her husband would have to pay considerable tax on his large store. Moreover, he already did so just recently, as his own mother passed away in 1931, and she most likely was the original heiress to the store.

The scale of the Calment family shop can be appreciated from the photo below. It was no fruit stand. It was a large multistory building that Fernand Calment, Jeanne’s future husband, inherited from his parents, and which he managed from an early age — his father died in 1886, when Fernand was only 18 years old. He not only worked in this building, he also lived there with his mother. Jeanne moved in with them after the wedding.

Jeanne’s husband himself can be seen in front of his shop’s storefront in the 1907 photo (back row, in a light jacket, marked by the right arrow):

Here’s what a son of the longest-serving employee (marked by the second arrow in the photo above) had to say about the Calment store:

My poor father, Marius Maxence, who worked at this store for 7 years before World War I and 20 years after, was the oldest employee at the time of closing the store. After 27 years of faithful service (and a medal of labor), he was forced to change his profession.

…

The Calment store had a very large area between Antonefle Place, rue Gambetta, rue St Estève and rue Jean Granaud. The side of Rue Gambetta was reserved for selling fabrics of all kinds. With large shelves up to the ceiling and stairs to access the various shelves.

…

I remember in the 1930s I came to my father’s shop (I lived only a hundred meters from the bridge). I played with Frédy Billot, a grandson of Yvonne Calment and Colonel Billot. We had a difference of several months, and we hid behind jars or behind furniture.

…

The Calment family was well-known in Arles. You could even say that it was a bourgeois family who knew how to live, including Colonel Billot and his wife Yvonne Calment.

The line in bold caught my attention. Could a small boy remember how well Yvonne Calment “knew how to live” if she had officially died in 1934, when he was only 7 or 8 years old? Or maybe he and some other friends of the family knew that Yvonne didn’t die but took on her mother’s identity, and the line in bold is a sort of an “insider’s wink” to those in the know who remained alive in 1997 when this letter was written. It appeared in the local Arles Bulletin and it doesn’t look like it was written for outsiders.

Incidentally, it is interesting that Yvonne is absent from the 1931 census. Her parents are there, as well as her husband and son, everyone lives together, even the servants are mentioned, but Yvonne is not:

“A recopying error”, suggest authenticity validators of Jeanne’s longevity claims. Well, maybe. But could it be that real Jeanne was already dead by 1931? So maybe Yvonne passed herself for her mother to the census takers, in the process confusing them so much that they initially put her down under her grandmother’s name, Mary (see above)? And maybe 3 years later, Yvonne decided to officially legitimize her “death” and chose her birthday, January 19, as the date of death. This would be well in character for the naughty and daring lover of hunting and fencing. But let’s not venture too far into conjecture land, let’s just enumerate other inconsistencies.
Van Gogh

One of such inconsistencies has to do with Van Gogh, of whom old Jeanne had a very unflattering opinion, calling him ugly, rude, smelling of alcohol, and a “visitor of brothels”. Ostensibly, Jeanne met him in their family store in 1888 and even sold him, by various accounts, canvases, paints, or pencils. In some sources, the owner of the store is Jeanne’s father, while in others — her uncle. But Jeanne’s parents did not own a store; her father was a fourth-generation shipbuilder, and a very successful one at that. The Calment store was originally owned by Jeanne’s twice removed uncle (and the father of her future husband), but in 1888 — the year when Van Gogh came to Arles for a 15-month stay — he was already dead for 2 years.

In any case, I can hardly imagine a 13-year-old girl from a rich bourgeois family working behind the counter in 1888. I doubt that Jeanne or Yvonne worked a single day in their lives. By the way, according to the validators, at this age Jeanne was supposed to attend a Catholic boarding school (Benet private boarding school) — it would be interesting to confirm this fact in the school’s archive, and to also find out the students’ daily routine.

In another interview in 1989, Jeanne claimed that it was her husband who introduced her to Van Gogh. Apparently, Van Gogh came to the shop to buy canvases, and Jeanne’s husband told him: “Mr. Van Gogh, this is my wife!” Considering that in 1888 Jeanne was only 13 years old, this sounds quite odd. But her future husband (and Yvonne’s father) did, most likely, work at the store around that time. In 1888 he was 20 years old and it is quite logical to suppose that he took over the family business after his father’s death. Perhaps he sometimes told the story of meeting Van Gogh to his wife and daughter, and at some point Jeanne began to attribute this meeting to herself.
The Worst Insurance Deal Ever

It was in the very house where the Calment family store was located until 1937 that “Jeanne” used her apartment for the “worst insurance deal ever” in 1965 — pledging to transfer it upon her death to André-François Raffray in exchange for a lifetime monthly pension of 2500 francs. For the next 30 years Raffray paid out more than twice the value of the apartment and did not even get to enjoy it, as he succumbed to cancer before Jeanne’s death. Payments to Jeanne, however, continued.

Amazingly, this case is described in Jean-Pierre Daniel’s book Insurance and Its Secrets as a scam known in the narrow circles of insurers. Here is what he writes:

Everyone remembers that Jeanne Calment officially died at the age of 122, on August 4, 1997. At that time, it was said that this lady had a life annuity, and this is true. This annuity was paid by a large French company, which wasn’t very pleased with such exceptional longevity. Moreover, the company was well aware that it is paying not Jeanne Calment, but her daughter. In fact, after the death of the true Jeanne Calment, her daughter, who at that time was herself far from a child, took the identity of her mother in order to continue receiving payments. The insurance company has discovered identity theft, but with consent from — or on at the request of? — the authorities did not make it public because the “elder of the French” became a legend.

The “took the identity of her mother in order to continue receiving payments” part is clearly a mistake, since Jeanne made this deal only in 1965, 31 years after the death of her daughter/mother. It is also not entirely clear how Raffray’s annuity obligation got transferred to an insurance company, although it is quite possible that he decided to hedge his risks and bought a special longevity insurance policy on Jeanne’s life — one which paid out monthly installments until her death.
Curiouser and curiouser

Another interesting circumstance is that after Yvonne’s death in 1934, her husband, who was 43 at that time, never remarried, but continued living with his “mother-in-law” and his son in the same house until his death. Initially, Frederick and his son lived in adjacent apartments with Jeanne and hey husband, they lived In fact, judging by after his son had married and moved out, Frederick Billot moved in with Jeanne This certainly doesn’t prove anything, but it is what one would expect if Yvonne truly did not die and simply began to impersonate her mother.

In 1942, Jeanne’s husband (Yvonne’s father) died from cherry poisoning. In early 1963 Jeanne’s son-in-law (Yvonne’s husband) died, and her grandson (Yvonne’s son) died in a car accident a few months after. After that, Jeanne led a rather quiet if not reclusive life. Even on her 100th birthday, she refused the offer of the Arles Mayor to arrange for a public celebration of this very rare occasion. The mayor recalled some very curious details:

“When I learned that someone from Arles turns 100 years old,” Jacques said, “by tradition, I had to go to her house, inviting her family and bringing a gift. I was refused, politely, but firmly. Mme. Calment wanted no ceremony: no drums, no trumpets, no presents, no cake. She was assured that no one would know about her centennial. Only then did Jeanne agreed to come to the city hall herself. I waited for Jeanne for a long time in the reception area until it became clear that one of the sitting women, who hardly looked eighty, was the hero of the day.

Jeanne’s uncanny good physical condition also amazed many professional gerontologists who investigated her phenomenon. Particularly surprising was her ability to stand and walk under her own power at the age of 113:

Moreover, at 114 years old, her height was 150 cm, which is only 2 cm less than her stated height in adulthood:

Considering that usually after age 40 our height begins to decline and, on average, by age 80 women experience a 6 cm decrease, such height preservation in Jeanne’s case is quite unprecedented:

Interestingly, Yvonne seems to have been taller than Jeanne:

By the way, on Jeanne’s ID card above, the color of her eyes is listed as “black,” although old Jeanne’s color is clearly different:

Finally, at age 118, for a 6-month period Jeanne has been undergoing various cognitive tests, in which she showed results comparable to those of 80–90-year-olds.

At times, Jeanne’s inconsistencies could be quite telling. She would sometimes refer to her husband as “my father”, or say that her mother’s last name “Gilles” comes from her grandmother, although Jeanne did not have a grandmother with such last name. One of the most revealing things Jeanne said was that as a child she was taken to school by their maid, Marthe Fousson. However, according to a 1911 census, Marthe Fousson was 10 years younger than Jeanne, so the only person she could have accompanied to school was Yvonne, with whom she lived according to the same census.

Of course, each particular incorrect memory or biographical discrepancy could be a coincidence. But taken together, their collective weight is quite compelling to try to find answers to some of these questions, and dig a little deeper into the biography of this intriguing woman. Hopefully, the international gerontological community would support this idea rather than consider it a sacrilege.

In conclusion, I would like to point out that the evidence on which this article is based is the work of Nikolai Zak, while the idea that ​​a more detailed study of Jeanne’s biography is warranted belongs to a famous Russian gerontologist Valery Novoselov. For those who are interested in delving deeper into this topic, I recommend getting acquainted with the primary sources from Nikolai (article in Russian, slides in Russian), as well as reading the English-language interview on this topic with V.M. Novoselov.

Finally, a kind request: if you come across any new evidence for or against any claims expressed here, please share it. You can do so in the comments or via PM.
PS: More evidence has come to light recently. For example, old and young Jeanne’s ears are different. I’ve written a full update here.

longévité
https://medium.com/@yurideigin/jaccuse-why-122-year-longevity-record-may-be-fake-af87fc0c3133

Freebox Delta : prise de tête avec l'agrégation ADSL/4G

Fri 28 Dec 2018 - 10:53

La Freebox Delta n'a visiblement pas fini de faire parler d'elle... Outre son tarif largement critiqué tout comme la communication malhabile de Free lors de sa présentation, la box affiche des problèmes dans l'agrégation ADSL/4G.

La Freebox Delta propose une fonctionnalité à même de séduire une grande partie des utilisateurs. Il s'agit de la première box à intégrer directement une box 4G proposant de l'agrégation ADSL/4G automatique.

En clair, si un utilisateur se trouve dans une zone couverte uniquement en ADSL mais que sa connexion est moins performante que le débit qu'il peut obtenir via le réseau 4G, la box combine automatiquement les deux technologies pour doper sa bande passante, on peut ainsi passer de 20 à 200 Mbit/s sans avoir la fibre. Voilà pour la théorie, malheureusement dans la pratique, la Freebox Delta pénalise plutôt les utilisateurs...

Dans la pratique, Free impose quelques limites : 250 Go en 4G si le réseau sature, et pas de diffusion en 4G pour la TV ou Netflix...

Mais les problèmes vont bien au-delà... Il apparait ainsi que les utilisateurs qui ont opté pour l'agrégation subissent en réalité des déconnexions intempestives. Chaque déconnexion implique la désactivation manuelle de la 4G pour permettre de récupérer un accès à Internet.

Chez les utilisateurs qui n'ont pas de déconnexion, le gain de débit n'est pas présent. Certains indiquent ainsi ne pas avoir constaté d'évolution de leur débit via l'agrégation alors qu'ils profitent d'une connexion en 4G sur leur smartphone 3 à 4 fois supérieure en débit.

Ce qu'il faut savoir, c'est que Free ne compte pas permettre la bascule totale vers la 4G et que le recours à la 4G n'intervient que pour appuyer l'ADSL quand ce dernier se retrouve surchargé. Tant qu'un pic n'est pas enregistré au niveau des connexions ADSL du DSLAM, le relais vers la 4G n'est pas activé... En clair, certains utilisateurs pourraient ne jamais profiter de l'agrégation 4G si Free conserve ce mode de fonctionnement, ce qui a de quoi nous faire un peu plus grincer des dents face à une annonce pleine de promesses finalement à nouveau non tenues.

Free freebox-delta
https://www.generation-nt.com/freebox-delta-prise-tete-agregation-adsl-4g-actualite-1960684.html

Freebox Delta : quelques ratés au démarrage

Thu 27 Dec 2018 - 18:29

Quelques jours après avoir reçu leur nouvelle Freebox, des utilisateurs commencent déjà à signaler quelques dysfonctionnements.

Il fallait s'y attendre. L'arrivée effective de la nouvelle Freebox s'accompagne de quelques bugs que les premiers utilisateurs signalent à l'opérateur : des petits défauts de jeunesse qui, espérons-le, seront rapidement corrigés, mais qui engendrent bien évidemment des déceptions.

Parmi les problèmes identifiés, plusieurs concerne le fameux boitier Player Devialet. Certains utilisateurs se plaignent ainsi d'un défaut constaté sur le bouton d'activation des microphones intégrés, qui se bloque sans raison, parfois après une seule utilisation, interdisant l'emploi de l'assistant vocal. Probablement un faux contact, comme le supposent quelques spécialistes. Par ailleurs, le lecteur multimédia intégré au Player ne gérerait pas tous les formats attendus : les fichiers UHD ne seraient pas acceptés, tout comme les supports de stockage formatés en ExFat, un système de fichiers pourtant compatibles Windows et macOS... D'autres utilisateurs signalent aussi des blocages de les télécommandes, des plantages de la télévision lors d’un changement rapide de chaînes ou encore l'impossibilité de programmer un enregistrement. Des petits soucis logiciels qui devraient trouver prochainement une solution via une mise à jour.

D'autres soucis concernent le boîtier Server, et plus particulièrement la fameuse fonction d'agrégation DSL/4G. Largement mise en avant par l'opérateur lors de la présentation de la Freebox Delta, cette technique est censée associer le DSL classique (ADSL ou VDSL) à la 4G pour augmenter le débit (jusqu'à 200 Mbit/s en descendant, en théorie) dans certaines zones (et avec une limite de 250 Go de données consommées par mois en 4G). Las, de nombreux utilisateurs se plaignent de déconnexions intempestives et aléatoires qui les obligent à désactiver la 4G pour retrouver un accès à Internet en DSL. Certains soulignent en outre que l'agrégation n'apportent rien en termes de débit, même quand la connexion en 4G est excellente. Fâcheux, et sans doute moins facile à résoudre que les problèmes purement logiciels...

Encore une fois, tous ces petits défauts de jeunesse devraient être réglés assez rapidement - il est d'ailleurs possible de suivre l'état des remontées d'utilisateurs sur une page dédiée. Mais ils entachent un lancement tardif et douloureux, marqué par quelques erreurs de communication déjà soulignés par l'association UFC-Que Choisir, qui avait demandé à Free de revoir la présentation de ses offres (voir actualité).

Free freebox-delta
https://www.commentcamarche.net/news/5872205-freebox-delta-quelques-rates-au-demarrage

La double protection de Google et Yahoo! déjouée par des hackers

Wed 26 Dec 2018 - 16:02

Considéré comme un système ultime de protection d’un compte en ligne, l’authentification à double-facteur a pourtant été contournée par un groupe de hackers. Voici leur méthode.

Censé être robuste et imparable face aux tentatives de piratage, le système de double-authentification des comptes Google a pourtant été contourné par des hackers. Rappelons que la double-authentification, autrement appelée authentification à deux facteurs, ou encore validation en deux étapes chez Google, repose sur la classique saisie d’un identifiant et d’un mot de passe associée à un code à usage unique reçu le plus souvent par SMS pour accéder au compte. Un blindage supplémentaire qui semble impossible à contourner puisque seul l’utilisateur peut recevoir le code temporaire. Et pourtant, Amnesty International a relevé que plus d’un millier de comptes Gmail et Yahoo, protégés de cette façon ont été piratés.

Pour pouvoir accéder aux comptes protégés par ce système, la technique employée par les hackers ne requiert pas de connaissances en informatique pointues ou l’exploitation de vicieux malwares. Il s’agit d’une méthode phishing très élaborée dans laquelle un millier d’utilisateurs sont tombés. L’idée consiste à récupérer le code de double-authentification à usage unique et de l’utiliser avant son délai d’expiration.
Une méthode de phishing élaborée

Le groupe de pirates a donc convaincu ses cibles en envoyant un e-mail, suffisamment bien conçu pour que les victimes cliquent sur un lien renvoyant vers une fausse page d’identification. À partir de ce moment, l’utilisateur devait saisir ses identifiants et taper également son code. C’est alors que le hacker pouvait faire une demande de récupération de mot de passe et utiliser le code reçu pour accéder au compte et se l'accaparer. Il faut noter que ce phishing élaboré a été réalisé de façon très ciblée en visant précisément des journalistes ou des activistes au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord. On peut supposer que le groupe de pirates est lié à un État. Dans le cas de Google, par exemple, rappelons qu’il existe deux autres procédés d’identifications que le code à chiffre reçu par SMS. Il est possible d’opter pour un système de validation par notification, ou encore en enregistrant l’ordinateur ou le mobile comme appareil autorisé.

Gmail mail phishing TF
https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/securite-double-protection-google-yahoo-dejouee-hackers-74454/

Pas de hausse des "problèmes graves" avec la nouvelle formule du Levothyrox selon le Ministère de la Santé - Var-Matin

Thu 20 Dec 2018 - 22:28

Le passage à la nouvelle formule du Levothyrox ne semble pas avoir provoqué d'augmentation des "problèmes de santé graves" mais s'est malgré tout traduit par une "augmentation notable" des consultations médicales chez les patients, a annoncé jeudi le ministère de la Santé.

Les résultats d'une vaste étude portant sur plus de deux millions de patients utilisant le Levothyrox "ne mettent pas en évidence d'augmentation de problèmes de santé graves" en lien avec la prise de la nouvelle formule de ce médicament pour les troubles de la thyroïde, affirme le ministère dans un communiqué.

L'étude, présentée au ministère dans la matinée, a analysé le nombre de décès, d'hospitalisations et d'arrêts de travail d'au moins sept jours, ainsi que la consommation de médicaments entre avril et juin 2017 (juste après l'arrivée de la nouvelle formule) en les comparant à la période d'avril à juin 2016 (lorsque l'ancienne formule était encore délivrée).

Cette analyse, menée par l'Agence du médicament (ANSM), fait suite à la vague de déclarations d'effets indésirables inexpliqués qui avait suivi l'introduction par le laboratoire Merck, au printemps 2017, d'une nouvelle version de ce médicament, modifiant certains de ses excipients et destinée à apporter davantage de stabilité au produit.

Ces données montrent en revanche une "augmentation notable" (360.000 consultations supplémentaires) des consultations parmi les personnes ayant utilisé le Levothyrox nouvelle formule en 2017, ajoute le ministère.

"Elle a tout particulièrement concerné les recours auprès de médecins généralistes et d'endocrinologues et s'est concentrée sur la période d'août à octobre 2017."

Cette étude représente "de gros moyens pour peu de résultats", a déploré dans un communiqué l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT), présente au comité de suivi au ministère.

RELIRE. Lévothyrox: une Azuréenne dépose plainte pour mise en danger de la vie d'autrui

Un déclin des ventes de la nouvelle formule

Certes, elle montre que "le passage à la nouvelle formule n'a pas déclenché une vague de décès", mais "nul ne l'avait jamais prétendu", argumente-t-elle, expliquant qu'une dizaine de décès supplémentaires par rapport au nombre de décès prévisibles "ne seraient pas statistiquement significatifs mais bien réels pour autant".

L'association affirme aussi que à la fin de la période analysée (fin 2017), plus de 15% des patients intégrés dans l'étude avaient abandonné la nouvelle formule du Levothyrox pour l'une des alternatives disponibles, ce qui n'a pas été pris en compte par les auteurs.

Le nombre de patients qui optent pour un autre traitement que le Levothyrox a continué à augmenter en 2018, montrent également les chiffres de ventes dans les pharmacies, également présentés jeudi.

Le Levothyrox nouvelle formule, qui détenait encore près de 90% de parts du marché français fin 2017 a décliné à 82% au premier trimestre 2018 puis 80% au deuxième trimestre, au profit principalement du médicament commercialisé par Sanofi-Aventis, la L-Thyroxin Henning (17% du marché).

RELIRE. Levothyrox: des patients alertent sur les effets indésirables de la nouvelle formule du médicament

Deux laboratoires mobilisés

"S'ils l'ont fait, c'est parce qu'ils n'étaient pas satisfaits avec la nouvelle formule", estime l'AFMT.

Des analyses réalisées par l'ANSM sur de nouveaux lots de médicaments "confirment la bonne qualité de la nouvelle formule du Levothyrox", ajoute le ministère.

Des conclusions contestées par l'AFMT, qui estime que face à l'ampleur de la crise constituée par ces effets indésirables inexpliqués, l'absence d'anomalies retrouvées dans les analyses "ne peut en aucune façon permettre de garantir la qualité" du médicament.

L'association a présenté au cours du comité les résultats des analyses menées par un chercheur du CNRS "qui a trouvé des différences structurelles significatives entre les comprimés" de l'ancienne formule et ceux de la nouvelle.

Après avoir déjugé en octobre son chercheur, qui avait mené ces travaux de sa propre initiative, le CNRS "a mobilisé deux de ses laboratoires pour vérifier et préciser les résultats obtenus", affirme l'AFMT.

lévothyrox
https://www.varmatin.com/sante/pas-de-hausse-des-problemes-graves-avec-la-nouvelle-formule-du-levothyrox-selon-le-ministere-de-la-sante-285473

Internet. Il est « impossible de protéger à 100 % » nos données personnelles

Thu 20 Dec 2018 - 19:33

« Dans les faits, la vie privée se réduit comme peau de chagrin, il faut en avoir conscience » selon Alexandre Lazarègue, avocat spécialiste du droit numérique. « Et le droit concernant les données personnelles n’en est qu’aux prémices, les problématiques ne vont que se multiplier. »

Il est « impossible de protéger à 100 % » les données personnelles sur internet, constate Alexandre Lazarègue, avocat spécialiste du droit numérique, alors que Facebook est secoué par de nouvelles révélations sur l’accès d’autres géants du web aux informations privées collectées par la plateforme.

Serait-il possible de mieux protéger les données personnelles sur internet ?

Du point de vue de la sécurité informatique, même si le RGPD (Règlement général de protection des données, entré en vigueur au niveau européen en mai dernier) par exemple impose des obligations en termes d’architecture de réseau pour mieux protéger les données stockées, tout le monde sait qu’en réalité il est impossible de protéger à 100 % d’un piratage ou d’une perte de données.

Ceux qui transmettent leurs données aux plateformes et grandes entreprises doivent avoir pleinement conscience qu’il n’existe aucune assurance totale de ne pas voir demain ces données perdues.

Du point de vue du droit, les entreprises font en sorte qu’il est très difficile à chacun d’assumer pleinement ses droits, les contrats sont tellement déséquilibrés que le consentement est dans les faits imposé. Et leur puissance économique est telle que les sanctions uniquement économiques, même quand il s’agit de 4 % du chiffre d’affaires mondial comme le prévoit le RGPD a un faible impact au final, quand on se souvient que Facebook par exemple gagne 500 000 dollars toutes les 7 minutes.

Le RGPD est toutefois venu donner plus de droits aux utilisateurs de grandes plateformes, voit-on une évolution des usages depuis son entrée en vigueur ?

En tant qu’avocat, j’ai pu constater un intérêt des citoyens quant à la question de la protection de leurs données personnelles, qui s’est matérialisé notamment par une multiplication des recours auprès de la CNIL (Commission nationale informatique et libertés, NDLR), en particulier en ce qui concerne le droit à l’oubli. Il y a globalement une prise de conscience que les données sont précieuses et ne peuvent être vendues.

Mais dans le même temps, après six mois d’exercice du RGPD, on constate qu’il y a de quoi l’améliorer. S’il s’applique tant aux petites qu’aux grandes entreprises, on voit que dans les faits il est très contraignant pour les petites alors que les plus grosses peuvent trouver le moyen de s’y soustraire.

La philosophie du règlement permet normalement une relation immédiate entre utilisateurs et entreprises, avec la possibilité du choix laissé dans l’usage des données mais dans les faits, on en est très loin et il y a encore beaucoup à améliorer en la matière pour que ce soit effectif.

Quelles sont les limites du RGPD dont profitent les grandes plateformes du net selon vous ?

La problématique est dans l’exercice réel des droits, du fait du déséquilibre existant entre utilisateurs et fournisseurs de service. Le RGPD octroie des droits mais en réalité les utilisateurs sont pris au piège de ces plateformes qui, de fait, imposent le consentement.

Dès lors que l’utilisateur consent à donner accès à ses données, même s’il en a le droit, dans les faits il n’a pas la possibilité de vérifier comment elles sont utilisées ni qui y a accès et souvent il n’a pas conscience d’avoir accordé un accès aussi large, parce que personne ne lit les dizaines de pages de conditions d’utilisation.

Pourtant il faut que les individus aient conscience de leur responsabilité et qu’ils comprennent que ces données qu’ils publient, même en privé, elles sont diffusées pour l’éternité, quand bien même il y a le droit à l’oubli.Mais dans le contexte de révolution numérique il est difficile d’échapper à ces services, qui pourtant se basent sur le traitement des données. Vouloir y échapper ce serait désormais se mettre en marge de la société.

RGPD TF Vie-privée
https://www.ouest-france.fr/high-tech/internet/internet-il-est-impossible-de-proteger-100-nos-donnees-personnelles-6142678

Piwigo, l'alternative gratuite à Google Photos qui protège votre vie privée - Les Enovateurs

Mon 17 Dec 2018 - 12:44

Piwigo : Gérez votre collection de photos

Cette application web de galerie photos, codée en PHP/MySQL, s’adresse aux particuliers, aux pros de la photographie et aux organisations. Je vais vous présenter ses différentes fonctionnalités de manière illustrée. Ainsi, vous pourrez vous faire une idée de son fonctionnement.

On retrouve la liste des différents albums, avec une première photo d’illustration – comme sur Google Photos. Si on adore le rangement, on peut même créer des sous-albums de sous-albums : la profondeur est illimitée. Par ailleurs, une même photo peut être associée à plusieurs albums.

Gestion par lot

Il est également possible de sélectionner plusieurs photos et d’appliquer des modifications de masse. Par exemple, changer le nom du photographe, ajouter des tags pour retrouver les photos plus facilement, ajouter celles-ci à un album, définir les coordonnées GPS de chaque photo…

Naviguez par date

On peut repérer nos photos d’une façon chronologique (c’est justement l’une des fonctionnalités que j’apprécie sur Google Photos). C’est parfois le plus simple lorsqu’on doit retrouver un visuel.

Gérez les permissions

Il est possible de créer des groupes et des utilisateurs. On peut affecter à chacun un niveau de confidentialité, permettant de voir tel ou tel album uniquement. Les administrateurs et les webmasters sont les seuls à pouvoir gérer les photos et les groupes. Pour moi, la gestion des permissions de base dans Piwigo constitue le point faible du service. En effet, il n’y a pas de gestion poussée des rôles utilisateurs. Peut-être qu’une extension pourrait remédier à ce problème.

Géolocalisez vos photos sur une carte

Une fonction que j’adore sur Piwigo – elle n’existe pas sur Google Photos : on peut afficher une carte du monde et visualiser tous les points de géolocalisation, qui représentent nos photos. C’est hyper sympa, on se rend compte du chemin parcouru et des régions visitées. Cette option n’est pas présente dans l’installation de base, il vous faudra un plugin.

Diaporama plein écran

On peut aussi visionner nos photos en plein écran sous forme de diaporama. C’est plutôt sympa.

Animez votre galerie avec des visiteurs

Les visiteurs peuvent écrire des commentaires sous nos photos, les noter et recevoir une notification par mail lorsqu’on ajoute de nouvelles photos.

Les méta-data de vos photos

Pour vous faciliter la vie, Piwigo récupère toutes les méta-data de vos images : le temps d’ouverture de votre objectif au moment de la prise de la photo, la marque de l’appareil photo, etc.

Une API pour les développeurs

Une API existe et vous permet de faire plein de choses. Par exemple, vous pouvez potentiellement synchroniser un dossier provenant d’ailleurs avec Piwigo, ou publier des photos depuis le célèbre logiciel Lightroom. Les possibilités sont infinies.

Thèmes et Plugins

es développeurs adorent partager des projets comme celui-ci et y apporter leur contribution. Piwigo possède pas moins de 350 extensions… il y a de quoi faire ! Si vous souhaitez les découvrir, c’est par ici.

Téléchargement et installation

Si je vous ai déjà convaincu, tant mieux ! Mais si vous êtes encore hésitants, je peux vous dire que pas mal de monde l’utilisent déjà : entreprises et particuliers. Arles, la célèbre ville de la photo, utilise ce système qui existe depuis 2002. Pas mal d’années de développement, donc…

Si vous êtes intéressé, vous pouvez suivre ce petit tutoriel qui vous aidera à installer le système. Si vous avez la moindre question, les commentaires sont là pour ça !

libre photos Piwigo TF
https://les-enovateurs.com/piwigo-alternative-google-photos/

Firefox peut-il survivre dans un monde Google ? - ZDNet

Mon 17 Dec 2018 - 12:38

Avec la décision de Microsoft de passer à Chromium pour son navigateur Edge, Firefox de Mozilla reste le seul navigateur majeur à conserver son propre moteur alternatif. Dans un monde dominé par Google, Firefox peut-il rester compétitif ?

La semaine dernière, Microsoft a annoncé qu'il jetait l'éponge sur son effort de développement EdgeHTML et passait au moteur open source Chromium. C'est une grande victoire pour Google, qui maintient cette base de code et l'utilise comme noyau de Google Chrome. C'est sans doute une grande victoire pour les entreprises clientes de Microsoft, qui peuvent désormais compter sur un navigateur conforme aux standards et fonctionnant avec toutes leurs applications Web modernes.

Vous savez qui ne figurait pas parmi les gagnants ? Mozilla, créateur du navigateur Firefox.
Un web pensé uniquement pour Google, comme à l'ère IE

Dans un billet sombre et pessimiste sur le blog de Mozilla, le PDG Chris Beard a critiqué la décision de Microsoft, même s'il a reconnu qu'elle "peut avoir un sens" d'un point de vue business, tout en représentant une menace existentielle pour l'association Mozilla :

"Nous sommes en concurrence avec Google, non pas parce que c'est une bonne opportunité commerciale. Nous sommes en concurrence avec Google parce que la santé d'Internet et de la vie en ligne dépendent de la concurrence et du choix. Elles dépendent de la capacité des consommateurs à décider que nous voulons quelque chose de mieux et à agir.

[...]

Si un produit comme Chromium dispose d'une suffisamment grande part de marché, il devient alors plus facile pour les développeurs web et les entreprises de décider de ne pas se préoccuper que leurs services et sites fonctionnent avec autre chose que Chromium. C'est ce qui s'est passé lorsque Microsoft avait le monopole des navigateurs au début des années 2000, avant la sortie de Firefox. Et cela pourrait se reproduire."

Malheureusement, la relation de Mozilla avec Google est.... Disons que c'est compliqué. Oui, Firefox est en concurrence avec Google sur le marché des navigateurs, mais Google paie aussi littéralement pour la survie de Mozilla.

Il y a deux semaines, Mozilla a publié son rapport annuel, dont ses comptes pour 2017. Dans ce rapport, il reconnaît que "[a]ujourd'hui, la majorité des revenus de Mozilla Corporation provient de partenariats mondiaux de recherche pour le navigateur, y compris l'accord négocié avec Google en 2017 à la suite de la résiliation par Mozilla de son accord de recherche avec Yahoo/Oath....".
Firefox sous perfusion de Google

En fait, plus de 89% des 562 millions de dollars de revenus de Mozilla Corporation en 2017 provenaient des redevances sur les moteurs de recherche, et presque toutes ces recettes semblent provenir de Google. (Yandex est le moteur de recherche par défaut de Firefox en Russie et Baidu est le moteur par défaut en Chine. Google est activé par défaut aux États-Unis et dans d'autres marchés développés.)

C'est ce qui ressort de la rubrique "Concentration du risque" de l'état financier de Mozilla 2017 (PDF), ce qui est révélateur de la situation de l'éditeur indépendant.

Les contrats actuels avec les moteurs de recherche arrivent à échéance en novembre 2020, dans moins de deux ans. Si Google décide de mettre fin à ce partenariat rémunéré de recherche ou de modifier ses termes de manière significative, l'impact financier serait dévastateur pour Mozilla.

Avec 514 millions de dollars en numéraire et 421 millions de dollars en dépenses annuelles, il ne pourrait fonctionner que pendant une quinzaine de mois environ sans devoir conclure un autre contrat de recherche.

Malheureusement pour Mozilla, la plupart des forces du marché qui ont contraint Microsoft Edge à abandonner son moteur de navigation indépendant s'appliquent également à Firefox.

Malgré d'excellentes critiques, le navigateur Firefox Quantum, sorti fin 2017, n'a pas été en mesure de voler une part significative de l'utilisation des plateformes de bureau. Selon la source, Firefox continue de stagner sous les 10% de l'utilisation globale des navigateurs.

Dans les derniers chiffres du US Government Digital Analytics Program, par exemple, Firefox représentait exactement 8% du trafic des PC et Mac Windows, contre 8,44% pour Microsoft Edge et 7,9% pour Safari. Cette comparaison est encore pire qu'il n'y paraît, car Edge ne peut même pas être installé sur des appareils fonctionnant sous MacOS ou des versions de Windows autres que Windows 10, et la version de bureau de Safari fonctionne uniquement sur Mac.
Dernière alternative à la monoculture Google

Si vous regardez seulement les systèmes d'exploitation mobiles, Firefox est tout bonnement invisible avec tout juste 0,5% du trafic web tel que mesuré par DAP, soit légèrement moins que le navigateur Silk d'Amazon. Une partie du problème pourrait être que Google traite Firefox comme un citoyen de seconde catégorie, comme l'a rapporté Chris Duckett de ZDNet en juillet 2018 :

"Nous nous efforçons d'offrir une expérience de recherche exceptionnelle sur l'ensemble des navigateurs, et nous continuons de travailler à l'améliorer pour tous les utilisateurs" déclarait un porte-parole de Google à ZDNet.

"Firefox utilise le moteur Gecko, ce qui nous oblige à faire des tests approfondis sur toutes nos fonctionnalités pour assurer la compatibilité, car il est différent de WebKit (qui est utilisé par Chrome, Safari, UC, Opera). Nous l'avons fait pour le bureau Firefox, mais nous n'avons pas fait le même niveau de test pour mobile."

C'est le même problème que celui cité par les ingénieurs de Microsoft pour expliquer l'abandon de EdgeHTML. J'ai entendu dire que l'écrasante majorité du temps et de l'énergie consacrée par les développeurs d'EdgeHTML au cours des trois dernières années l'a été à résoudre des problèmes de compatibilité avec des sites qui ne fonctionnaient pas correctement car testés uniquement sur des navigateurs WebKit et Chromium.

Mozilla peut-il prendre en charge les coûts techniques de maintenance du seul moteur de rendu et de la seule base de code de navigateur qui ne soit pas basée sur WebKit ou Blink (le fork de WebKit pour Chromium de Google) ?

La nature brutale de la concurrence dans le monde technologique moderne suggère que la mission de Mozilla de fournir une alternative à la monoculture Google est admirable et probablement vouée à l'échec. La grande question est de savoir si Google continuera à payer des royalties pour maintenir Mozilla à flot après 2020. Cela pourrait se produire, comme une assurance contre une éventuelle action antitrust.

Edge Firefox Google Microsoft TF
https://www.zdnet.fr/actualites/firefox-peut-il-survivre-dans-un-monde-google-39878013.htm

Avec les «gilets jaunes», le rond-point français accède à la conscience de place | Slate.fr

Fri 14 Dec 2018 - 14:57

Les «gilets jaunes» ont détourné la fonction des carrefours giratoires, transformant ces connecteurs froids de l'ère automobile en lieux de vie éphémères.

Le rond-point français, place to be de cette fin d’année 2018? D’abord lieu des blocages filtrants des véhicules qui l’empruntent puis, à mesure que le mouvement des «gilets jaunes» s’est structuré et installé dans la durée, point de rassemblement et même mini-Zad agrémentée de palettes, de vieux canapés et de barbecues sauvages, le carrefour giratoire dont la France a produit des milliers d’exemplaires à la fin du XXe siècle accède depuis quelques semaines à un nouveau stade de reconnaissance. Ne manquent plus que les bières de microbrasserie locale et le foodcourt pour en faire une friche éphémère de métropole dynamique.

Plus sérieusement, qui aurait imaginé il y a encore un mois un tel retournement de hype? Avouons-le: personne. Alors que les blocages se multipliaient sur des dizaines de ronds-points situés à la sortie des autoroutes, à l’entrée des petites villes, devant un McDo, à côté du Leclerc, près du Auchan ou à l’orée d’un lotissement pavillonnaire, l’éloignement des producteurs d’information et de savoir, décrit généralement de manière métaphorique, a pris cette fois-ci un sens territorial très concret.

Comment réaliser un reportage sur un rond-point depuis Paris? Quelle ligne de RER faut-il prendre? Où faut-il sortir pour trouver un rond-point? La presse locale, la «PQR» comme la nomment les spécialistes de l’information, aura réussi dans ces premiers moments ce que les grands organes de presse nationaux d’information générale et d’opinion ne pouvaient matériellement assurer: une couverture au plus près du terrain, rond-point par rond-point, d’un mouvement social inédit par sa forme et sa localisation.

Les #giletsjaunes s'installent à nouveau et s'organisent ce mercredi 12 décembre (vidéo tournée à midi) au rond-point de La Méridienne (base Intermarché), à #béziers via @midilibre #article3 pic.twitter.com/lGdKmet4Bc
— Antonia Jimenez (@ajimenezmidili1) 12 décembre 2018

À un rond point à proximité de La Souterraine (Creuse), les #Giletsjaunes ont carrément bâti une cabane il y a 3 semaines. Ils s'y relaient et y dorment. pic.twitter.com/4nfgbbFuH2
— Paul Conge (@paulcng) 9 décembre 2018

J’ai réalisé en évoquant le sujet autour de moi à quel point la figure du rond-point souffrait d’une image négative: laideur architecturale, kitsch décoratif ou art contemporain conceptuel et pompier, détournement de fonds par des entreprises de BTP locales aidées par des élus corrompus, gaspillage d’argent public par un État bureaucratique et notoirement inefficace. Avant de se retrouver au carrefour des luttes, le rond-point français a longtemps été à la convergences des accusations. La droite lui reproche son coût et son inefficacité alors que la gauche méprise son esthétique et le mode de vie qui l’accompagne.
«Du rond-point au giratoire»

Me pencher sur les origines du rond-point m’a très logiquement amené à contacter le spécialiste de cette forme urbaine, l’architecte Éric Alonzo. En 2005, il a publié une riche histoire de cette «figure routière» de la modernité automobile, dont les racines plongent paradoxalement dans l’art paysager classique: Du rond-point au giratoire (éditions Parenthèses, maison d'édition chez laquelle il a également publié récemment L'Architecture de la voie. Histoire et théories).

Lorsqu’il décroche son téléphone, l’auteur, qui enseigne à l’École d’architecture de la ville et des territoires (Paris Est) où il codirige le post-master en urbanisme, vient de terminer sa conversation avec un autre journaliste et m’explique que son statut de Monsieur Rond-Point lui vaut d’être périodiquement sollicité par tous ceux que les ronds-points agacent dans les médias. Éric Alonzo a conscience de la faible cote de popularité de son objet d’étude au sein de la population française: «Quelqu’un m’a envoyé la photo d’un tag pris à Dijon sur lequel on pouvait lire: “Les ronds-points servent enfin à quelque chose”».

Au-delà de l’intérêt soudain que suscite le rond-point, le mode opératoire des «gilets jaunes» ne l’a pas surpris.

«Il y a tout d’abord une raison fonctionnelle à la présence des “gilets jaunes” sur les ronds-points. C’est un mouvement composé de gens mobilisés contre la taxe carbone, dont le territoire est celui du réseau automobile: ils ont donc fait avec ce qu’ils avaient sous la main. Or tout un réseau routier récent s’est organisé autour de nouvelles routes, de rocades, de déviations, qui ont la particularité d’être connectées entre elles par des giratoires. Dans ces zones périurbaines et périphériques, cette campagne habitée, les ronds-points sont les lieux de concentration du flux. Si on souhaite couper le robinet, c’est donc là qu’il faut être, puisque le rond-point est un très bon point d’obstruction du réseau. En zone rurale, la plupart des petites routes ou des chemins qui croisaient des routes plus importantes à plusieurs endroits ont été soit supprimés soit détournés pour être raccordés aux giratoires.»

Voilà pour l’explication technique. C’est probablement cette fonction de concentration des flux qui explique qu’en certains espaces très urbanisés, le barrage de péage d’autoroute ou de zone d'activité soit plus prisé que le filtrage au rond-point. C’est le cas dans les Bouches-du-Rhône, avec le cas emblématique du péage de la Barque près d’Aix-en-Provence (qui a été évacué mercredi 12 décembre) ou, en Seine-et-Marne, avec le parc logistique de Châtres depuis l'entrée duquel des «gilets jaunes» ont bloqué des camions.

Place publique

Mais ça n’est pas tout. Avec son occupation par ses riverains affublés de «gilets jaunes», le rond-point français est en train de renouer avec un statut dont une certaine approche de la ville moderne l’avait privé: celui de place publique. Pour comprendre cette mutation, il faut comme le fait Éric Alonzo dans son livre revenir sur les étapes qui ont abouti à la généralisation du carrefour giratoire à la française.

On peut schématiquement distinguer deux familles de ronds-points.

  1. Le rond-point devenu giratoire (exemple: la place de l'Étoile à Paris)

La première famille rassemble des lieux conçus avant le règne de la voiture: les ronds-points aménagés dès le XVIIIe siècle à Paris comme la place de l'Étoile, alors en lisière de la ville. «Ces ronds-points sont ensuite urbanisés, confortés et parachevés par Haussmann, explique Éric Alonzo, et ils prennent alors une dimension de place-carrefour très affirmée. Enfin, au début du XXe siècle, le sens giratoire est instauré afin d’organiser la circulation dans ces ronds-points historiques.» Le public voit donc ces ronds-points autant sinon plus comme des places que comme des carrefours empruntés par les voitures. L'origine de ces ronds-points remonte à la tradition classique du jardin à la française et ils ont donc bénéficié d'une conception attentive à leur harmonie dans le paysage. Une arche, une statue, une obélisque ou autre monument qui trône sur l’ilôt central permet d’identifier la place-rond-point et lui confère une forte charge symbolique(1).

Paris, France pic.twitter.com/2CgXOsE9yC
— Travel Vida (@TravelVida) 7 décembre 2018
  1. Le giratoire de périphérie (exemple: «le rond-point devant l’Intermarché»)

À l’inverse, le rond-point récent, le «giratoire», est l’héritier de l’ère automobile et de la culture technique des ingénieurs de la circulation, qui se préoccupent essentiellement de fluidification du trafic et de prévention des accidents. À la fin des années 1960, une équipe pionnière de la Direction départementale de l’Équipement (DEE) de l’Essonne a testé sur des sites pilote le carrefour giratoire avec priorité à l’anneau. Les essais se développent ensuite dans trois départements: l’Essonne donc, le Finistère et les Bouches-du-Rhône, expliquant que la région parisienne, la Bretagne et le Midi soient devenus des terres de ronds-points. En 1983, date historique, un décret modifie le code de la route et donne une définition stricte du «carrefour à sens giratoire». Surtout, le décret généralise la priorité à l’anneau, qui jusqu'ici entrait en conflit ouvert avec la règle de la priorité à droite.

À dire vrai, mis à part dans les préfectures, personne n'emploie le terme de «giratoire», bien qu'il s'agisse de la désignation exacte.

#8decembre point de situation à 10h00 dans le département de la #Manche
A84 - échangeur 37
Valognes - giratoire Inter Marché
Avranches - sur le marché
Carentan - giratoire de Mercedes
Les Pieux - giratoire D650/D23
Saint-Lô - plage verte
Coutances - giratoire des pommiers pic.twitter.com/gpHNNO0S7E
— Préfet de la Manche (@Prefecture50) 8 décembre 2018

Le giratoire est devenu le «connecteur universel» des zones périphériques

Au début des années 1980 démarre alors une période faste du rond-point, qui culmine dans les années 1990, décennie de l’explosion du nombre de giratoires sur le sol français. Un colloque international, «Giratoires 92 », est même organisé à Nantes en 1992, la France se faisant la championne de cette solution de circulation. Émerge alors un urbanisme dont le réseau de carrefours giratoires devient un «système de balises qui jalonnent l’étendue du territoire», écrit Éric Alonzo. Dans ces nouveaux paysages routiers, les giratoires sont à la fois les «tables d’orientation», les distributeurs et les «connecteurs universels» de la ville.

C’est la «ville franchisée» étudiée par ailleurs par l’architecte-urbaniste David Mangin dans son ouvrage du même nom. Dans cette ville contemporaine, l'ilôt de faubourg d'une centaine de mètres de largeur est remplacé par le secteur de périphérie d'un kilomètre conçu à l'échelle de l'automobile. Le nouveau paysage se développe à partir de l'après-guerre avec la généralisation de l'automobile et la construction des premières autoroutes interurbaines, jusqu'à l'urbanisme commercial et tertiaire qui redessine le paysage français tout au long des années 1980 et 1990 (après la première vague d'hypermarchés généralistes des années 1970 débarquent les Ikea, McDonald's, Decathlon, Formule 1, les parcs de loisirs et d'activité...) sans oublier le succès des lotissements pavillonnaires.

«Toute une ville a été fabriquée selon ces ingrédients-là, analyse Éric Alonzo, qui sont devenus les lieux de vie des gens. Le territoire des “gilets jaunes”, c'est d’abord celui du réseau automobile, il n'est donc pas suprenant qu'ils n'aient pas investi les places de village. Pourtant, dans le périurbain pavillonnaire, il reste des centre-bourg mais ils sont souvent moins fréquentés que les nouveaux lieux de centralité que sont les supermarchés et leur galerie marchande.»

Maria #giletjaune à #Montpellier veut désormais la destitution d’@EmmanuelMacron Son discours suivi en direct depuis le rond-point du grand M n’a pas convaincu pic.twitter.com/Hz6JFrJ0IT
— Midi Libre (@Midilibre) 10 décembre 2018

Derrière cette «gilet jaune» interviewée dans cette vidéo de Midi Libre, on aperçoit un panneau cligonant annonçant un restaurant McDonald's.

La vie périphérique est régulièrement associée à un déficit d’urbanité pour ne pas dire à une aliénation. S’en prendre au mode de vie pavillonnaire calqué sur l'automobile et le centre commercial est devenu un poncif du commentaire sociopolitique. Si la géographie des «gilets jaunes» commence à se préciser, impliquant le rural et les périphéries des villes petites et moyennes ainsi que les très grandes couronnes des métropoles, en revanche rien ne confirme pour le moment que les occupants des giratoires vivent majoritairement en pavillon plutôt que dans du logement collectif.

Quoiqu’il en soit, l’isolement et l’atomisation renvoyées par la vie périphérique dans le paysage culturel français jure avec les images de sociabilité bon enfant qui ont émergé sur les fameux ilôts infranchissables transformés en lieux d’urbanisme éphémère. Même impression de réappropriation de non-lieux(2) avec les images filmées sur l'asphalte des voies d’accès aux péages, qui évoquent festivals et kermesses populaires. On ne sait pas comment finira toute cette histoire, mais si un jour un monument commémore la révolte des «gilets jaunes», il ne fait guère de doute qu’il s’agira d’un rond-point –bon courage pour décider quelle œuvre devra figurer sur la pastille centrale. La symbolique est forte: la périphérie remise au centre de gravité de la vie sociale et politique française grâce à un outil qui, jusque-là, se distinguait par sa fonction de passage plutôt que de rencontre.

Alors que le rond-point accède enfin à une forme de conscience de place, peut-être est-ce le moment de paraphraser Karl Marx, dont on cite souvent l’aphorisme: «Donnez-moi le moulin à vent, je vous donnerai le Moyen Âge». Auquel on ajoute, en fonction des thèmes et des époques: «Donnez-moi la machine à vapeur, je vous donnerai l’ère industrielle». Ou encore: «Donnez-moi l’ordinateur, je vous donnerai la mondialisation». Et pourquoi pas, depuis le 17 novembre 2018: «Donnez-moi le carrefour giratoire d’entrée de ville, l’étalement urbain et la crise climatique, je vous donnerai les “gilets jaunes” et la révolte des ronds-points».

1 — En clair: un «rond-point» est un espace circulaire vers lequel convergent de nombreuses voies. La «giration» renvoie quant à elle au mouvement de rotation autour de l'ilôt central. Tous les ronds-points sont aujourd'hui à sens giratoire. Pour compliquer le tout, la confusion fréquente entre «rond-point» et «carrefour giratoire» s'explique par le fait que les ronds-points-carrefours parisiens sont une exception; la priorité à droite y est conservée alors que sur un giratoire classique, les véhicules déjà engagés dans l'anneau sont prioritaires. Retourner à l'article

2 — Éric Alonzo cite dans son ouvrage un texte de Marc Augé, l'ethnologue à l'origine de l'expression de «non-lieu», consacré aux ronds-points. Contre toute attente, Augé ne considère pas le rond-point comme un non-lieu. Retourner à l'article

gilets-jaunes ronds-points
http://www.slate.fr/story/171150/gilets-jaunes-rond-point-francais-conscience-place

Lorànt Deutsch, une vision de la langue française à prendre avec de grosses pincettes | Slate.fr

Fri 14 Dec 2018 - 14:50

Les étymologies fantasmées en disent beaucoup sur ce que pense la personne qui les imagine. C'est le cas de Lorànt Deutsch, mais on peut aussi en rire avec Isidore de Séville.

Après avoir sévi pendant des années en histoire, Lorànt Deutsch a sorti un livre sur la langue française, Romanesque. Après avoir bien ri et vanné mes amis linguistes («bien fait pour vous, chacun son tour»), j’ai quand même regardé un peu ce qu’il y disait.

Et je suis notamment tombé sur cette pépite: selon Lorànt Deustch, le mot «femme» viendrait du latin femina, lui-même dérivé du latin fellare, sucer –il s’empresse de préciser «pas au sens trivial», mais en lien avec la tétée du nourrisson.

Et l’auteur de conclure que du coup, ce mot n’est pas du tout approprié quand on veut défendre la libération de la femme, et qu’il vaudrait mieux utiliser «dame», dérivée de domina, la maîtresse, et donc parler de «damisme» et non de féminisme.

Bon, des linguistes et des spécialistes de la langue française diront mieux que moi que cette étymologie est absolument délirante. Et qu’elle est regrettable, car, bien menée, l’étymologie est une vraie science très utile pour mieux comprendre les mots.

Ce qui est intéressant, d’un point de vue d’historien, c’est que cette passion pour l’étymologie est, pour le coup, partagée par les hommes du Moyen Âge.

L’art d’écrire un best-seller

Au VIIe siècle, un auteur espagnol, Isidore, évêque de Séville, rédige un très gros livre intitulé Les Étymologies. Il s’agit d’un traité sur le sens des mots via leur étymologie.

Pour Isidore, remonter à la racine permet de mieux comprendre un mot: en grec, etymon veut dire «authentique», et à l’époque, l'étymologie est pensée comme une véritable démarche scientifique.

Isidore entreprend de retracer l’histoire de près de 100.000 mots –à titre de comparaison, le Petit Robert en contient environ 60.000.

Le résultat est l’un des plus gros succès de librairie de tous les temps: plus de mille manuscrits conservés pendant toute la période médiévale, et des éditions imprimées dès les premiers temps de la nouvelle technique.

Précisons d’emblée que, dans ce livre, Isidore fait souvent preuve d’esprit critique: il est tout à fait capable de critiquer une étymologie jugée trop fragile, et ne rate jamais une occasion de s’en prendre aux superstitions païennes de son époque.

Il faut également bien rappeler qu’Isidore n’invente pas tout: au contraire, il puise dans plus de 150 sources antiques et tardo-antiques, recopiant souvent des étymologies que l'on trouvait déjà chez Virgile, Servius, Ovide, Eusèbe de Césarée, etc.

Dans les milliers d’étymologies qu’Isidore propose, plusieurs sont tout à fait correctes et encore reconnues comme valides aujourd’hui.

L’art de jouer sur les mots

Le problème, c'est que la méthode d'Isidore est souvent très fragile: il rapproche des mots, sur la base d’une homonymie plus ou moins précise, et pouf, ça donne une étymologie.

Par exemple, «Saxons» viendrait de saxum, le rocher. Les Saxons étant un peuple dur, on les a appelés comme un caillou. Si à ce stade vos sourcils se froncent d’eux-mêmes, pas de panique, c’est normal.

Son passage sur les animaux (livre XII) est le plus drôle. On y apprend que le renard, vulpes, est appelé ainsi car il est agile (volubilis) sur ses pieds (pedes). Vous combinez les deux mots, et ça donne –avec un peu de bonne volonté, mais faites un effort ou on ne va pas s’en sortir!– vulpes.

Plus tordu: la fourmi, en latin formica –comme le revêtement, voilà voilà. Le mot dériverait de fert micas, «elle porte des graines»...

Allez, je sens que vous en voulez encore. Un peu en vrac, vous apprendrez que l’agneau vient de agnoscere, reconnaître, car le petit agneau reconnaît toujours sa mère; que le chien, canis, tire son nom du bruit (canor) qu’il fait en aboyant; que le mot «crocodile» est issu de «crocus», autrement dit le safran, qui lui donne sa couleur –oui, pour Isidore, les crocodiles sont jaunes, c’est comme ça.

La plupart des étymologies viennent du latin et du grec, mais Isidore est tout à fait conscient qu’il existe d’autres langues. «Tigre» viendrait ainsi d’un mot perse voulant dire «flèche», car l’animal est aussi rapide qu’une flèche. On croise également des animaux fantastiques, perçus comme bien réels à l’époque: le griffon vient de la combinaison de grus, la grue, et pedes, les pieds, car c’est un animal avec des plumes et des pattes.

L'art d'imposer sa conception du monde

Ces étymologies ne sont pas que délirantes –ou plutôt, même ces délires en disent long sur l’auteur et sa vision du monde. On voit par exemple qu'Isidore relie très souvent l’étymologie d’un nom d’animal au comportement de cet animal: la vipère est «née par la force» (vi parere), car les bébés vipères déchirent le ventre de leur mère en naissant, et qu’avant, la maman vipère a mangé le papa vipère. La façon dont il pense les mots renvoie à la façon dont il pense le monde animal.

Ses étymologies en disent également long sur le monde dans lequel Isidore vit. On apprend par exemple que Vénus, la déesse de l’amour, tire son nom du latin vis, la force, «car aucune vierge ne cesse de l’être si ce n’est par la force».

D’ailleurs, «homme», en latin vir, vient également de vis, toujours la force, «car en lui il y a une plus grande force qu’en la femme ou car il traite sa femme par la force». L’homme est violent, la femme est violentée. Hop, derrière une étymologie discrète, une culture du viol banalement constatée et donc renforcée.

Pour le dire autrement, les étymologies d'Isidore, aussi farfelues soient-elles, ne sont pas neutres: elles révèlent des choses et elles justifient des comportements. Ainsi choisit-il de faire dériver loup, lupus, d’un mot grec voulant dire «enragé, sauvage, violent»: le loup est forcément une bête féroce, que l'on doit craindre et exterminer, car il porte la violence dans son nom.

De même, quand Deutsch dit –à tort, répétons-le– que femme vient de fellare, sucer, c’est une façon de renvoyer la femme à un rôle maternel et sexuel. Car même s’il exclut ce sens trivial, reste que tout le monde l’a en tête. Le loup est enragé; la femme suce et donne à téter. Les deux, malgré leurs efforts, ne pourront jamais vraiment échapper à leur nature, inscrite au cœur des mots qui servent à les désigner.

Les étymologies fantasmées en disent ainsi beaucoup sur ce que pense celui qui les imagine. Elles sont assez dangereuses, car elles proposent des codes génétiques des mots, comme si on ne pouvait pas changer le sens d’un terme: ce qui compte, c’est son origine. D’où il vient. Ses racines, quoi. Et l'on devine à quel point cette obsession pour les racines linguistiques peut rejoindre un fantasme des racines historiques.

Laissons le mot de la fin à Isidore: racine, radix, viendrait de eradere, «arracher, couper». On ne saurait mieux dire… À vos bêches, camarades!

langue
http://www.slate.fr/story/171192/histoire-lorant-deutsch-romanesque-langue-francaise-etymologie-isidore-seville

Liberté d’in-expression : quand les États de l’Union européenne souhaitent sous-traiter la censure aux géants du web !

Fri 14 Dec 2018 - 05:58

Le texte européen le plus liberticide de cette décennie est en approche

Hors un certain nombre de pays qui se sont opposés à ce texte, le Conseil de l’Union européenne vient d’acter un projet de loi au parfum pour le moins désagréable pour ce qui concerne les libertés publiques. Poussé par la gouvernance actuelle française, ce texte – peu médiatisé – pourrait s’avérer l’un des coups les plus violents jamais portés à la liberté d’expression dans les pays « démocratiques » de l’Union européenne. Le débat autour de ce texte va maintenant se poursuivre au parlement européen.

Il convient de préciser que le 12 décembre 2018 un premier rapport sur la lutte antiterroriste a été adopté à une très large majorité : sur 661 votants, 474 ont voté en faveur de ce dernier tel qu’il a été amendé, 112 voix contre, 75 votants se sont abstenus. Cette adoption était prévisible. Il faut toutefois noter qu’elle s’est déroulée dans un contexte très particulier : au lendemain du terrible drame de Strasbourg à proximité du marché de Noël. Ce rapport sur « les observations et les recommandations de la commission spéciale sur le terrorisme » est dans la même ligne. Ce rapport désormais adopté est un marchepied qui vient appuyer le texte à venir, texte qui recommandera entre autres mesures la sous-traitance de la censure aux géants de l’Internet.

De quoi s’agit-il ?

Usant toujours de la même argumentation – a priori- louable : la lutte contre le terrorisme, ce texte – que vous retrouverez sous l’intitulé : « Règlement du Parlement Européen et du Conseil relatif à la prévention de la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne » obligera tous les acteurs du Web à se soumettre aux outils de surveillance et de censure automatisés fournis par Facebook et Google. Quand la Quadrature du Net qui soulève le problème s’interroge : « Une loi européenne pour censurer les mouvements sociaux sur Internet ? » La réponse apparaît tristement contenue dans la question au regard des éléments exposés ci-après et des mouvements sociaux qui se déroulent en France depuis quelques semaines.

Nonobstant un projet réalisé dans un timing empêchant tout débat public, ces alliances contre-nature associant des géants du Net à des États dans l’exercice de la censure sont préoccupantes.
Pourquoi est-ce une dérive dangereuse ?

Si le règlement européen franchit ici un nouveau cap, c’est qu’au-delà d’une exigence de retrait dans l’heure sous peine de sanctions financières des prestataires, ce projet de loi prévoit d’intégrer également des « mesures proactives ».

Il s’agit donc d’avoir recours à de la censure automatique préventive ! Pour faire simple, cette censure serait alors paramétrée par les autorités concernées et les géants du web.

Voici ci-dessous quelques extraits de ce que propose ce projet de règlement en terme de mesures proactives (article 6). Un règlement que je vous encourage à lire attentivement et dans son ensemble (Bruxelles,le 7 décembre 2018 : Règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la prévention de la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne).

Mesures proactives

Les fournisseurs de services d’hébergement prennent, selon le risque et le niveau d’exposition aux contenus à caractère terroriste, des mesures proactives pour protéger leurs services contre la diffusion de contenus à caractère terroriste. Ces mesures sont efficaces et proportionnées, compte tenu du risque et du niveau d’exposition aux contenus à caractère terroriste, des droits fondamentaux des utilisateurs et de l’importance fondamentale de la liberté d’expression et d’information dans une société ouverte et démocratique.

Lorsqu’elle a été informée conformément à l’article 4, paragraphe 9, l’autorité compétente* visée à l’article 17, paragraphe 1, point (c), demande au fournisseur de services d’hébergement de soumettre, dans les trois mois suivant la réception de la demande, et ensuite au moins une fois par an, un rapport sur les mesures proactives spécifiques qu’il a prises, y compris au moyen d’outils automatisés.

Lorsque il est évoqué la notion « d’autorité compétentes » qui seront habilitées à superviser ces mesures proactives elles sont « précisées » dans le point (37) :

« (37) Aux fins du présent règlement, les États membres devraient désigner des autorités compétentes. L’obligation de désigner des autorités compétentes n’impose pas nécessairement la création de nouvelles autorités ; il peut en effet s’agir d’organismes existants chargés des fonctions prévues par le présent règlement. Celui-ci exige la désignation d’autorités compétentes chargées d’émettre les injonctions de suppression et les signalements et de superviser les mesures proactives, ainsi que d’imposer des sanctions. Il appartient aux États membres de décider du nombre d’autorités qu’ils souhaitent désigner pour remplir ces tâches ».

De la contestation à la sédition… jusqu’au terrorisme : le poids des mots, le choc de la censure !

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, quand le ministre de l’Intérieur dénonce « les séditieux » parmi les gilets jaunes, on peut s’inquiéter fortement sur l’usage futur et dévoyé qui pourrait être fait par la gouvernance actuelle (et d’autres) d’une telle loi.

Les mots ont un sens, et les mots ne sont pas innocents ! Ils le sont d’autant moins lorsque l’on est aux responsabilités. Je rappelle donc qu’une sédition « est une forme d’émeute face à un pouvoir ou une autorité établie, dont le but ne serait pas uniquement de renverser les détenteurs d’une puissance, mais de rompre définitivement tout lien avec ce système ».

La problématique est que de « sédition » à « criminel » puis à « terroriste » il n’y a qu’un pas qui pourrait être vite franchi pour justifier une censure totalement outrancière en cas de mouvement social contestataire s’exprimant demain sur Internet.

Aussi, et au regard du type de qualificatif qui a été utilisé lors du mouvement de contestation sociale massif qui se déroule actuellement en France, que ce qualificatif soit supposé désigner quelques individus ou un collectif est en définitive peu important… Le mot a été lâché ! Il laisse sous-entendre que sous une telle loi un mouvement de contestation du type des « gilets jaunes » – en France comme ailleurs – pourrait être traité comme un mouvement potentiellement séditieux et de fait être censuré au plus tôt par les autorités et leurs nouveaux alliés de la censure.

Cela entraînerait ipso facto (par exemple) une impossibilité d’usage du Net pour l’organisation de rassemblements. Que ces rassemblements soient pacifiques ou non, ils pourraient être rapidement mis « dans le même panier » ! Le couperet de la censure pourrait alors s’abattre de façon généralisée et préventive pour “tuer dans l’œuf” ce type de mouvement contestataire. Il sera nécessaire et suffisant de s’appuyer sur les comportements de quelques illuminés réellement dangereux… pour brandir le terme sédition et co-actionner la censure algorithmique adaptée ! Pour le bien de la sécurité nationale, évidemment…

« Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple ». (Bertolt Brecht)

censure Europe TF
https://theconversation.com/liberte-din-expression-quand-les-etats-de-lunion-europeenne-souhaitent-sous-traiter-la-censure-aux-geants-du-web-108549

Mille et une façons de consommer l’eau

Fri 14 Dec 2018 - 05:51

L’alimentation a contribué à l’évolution des êtres humains, ainsi de la cuisson de la viande qui semble avoir joué un rôle décisif dans le développement de notre espèce ou encore de l’existence de cette mutation génétique qui serait à l’origine de notre capacité à pouvoir digérer le lactose et donc boire du lait.

Les êtres humains ont ainsi avancé par essais et erreurs pour élaborer leurs menus : la nourriture doit être inoffensive, impliquer une dimension de partage avec le groupe et provoquer un plaisir gustatif, comme le soulignent les travaux de la psycho-anthropologue Danielle Rapoport, spécialiste de l’évolution des modes de vie.

Les différentes crises sanitaires – du lait aux salmonelles aux graines germées tueuses, en passant par les lasagnes à la viande de cheval – qui ont jalonné ces dernières décennies ont conduit à une prise de conscience globale des consommateurs.

Cela entraîne une redéfinition progressive du cadre alimentaire du mangeur : valorisation du local, du bio et de l’éthique, quête de naturalité, attrait pour le flexitarisme, rejet de l’industrie agroalimentaire et importance du bien-être animal.

La consommation des « buveurs d’eau » n’échappe pas à cette tendance, comme le révèle une étude conduite à l’été 2017 auprès de 20 foyers. Cette enquête, dont nous rappellerons ici les principaux enseignements, avait pour but de comprendre quelles étaient les pratiques et les représentations autour de la consommation d’eau des Parisiens (Paris et sa petite couronne).

Cette initiative complète des travaux de recherche initiés dès 2015 pour traiter du lien entre valeurs et pratiques de certaines typologies de boissons sur les changements de régimes alimentaires des créatifs culturels.
Eau en bouteille, du robinet, brute ?

L’eau se consomme aujourd’hui sous de multiples formes et les innovations technologiques sont légion dans ce domaine. Le Cloud Fisher transforme par exemple le brouillard en eau potable et Ooho ! offre le précieux liquide dans une bulle composée d’une fine membrane biodégradable et consommable.

Cette variété d’usages s’accompagne de phénomènes d’« amplification sociale du risque », qui se multiplient à travers la diffusion, via les réseaux sociaux le plus souvent, d’informations parfois contradictoires concernant les bienfaits et les méfaits de différents types d’eau. L’eau en bouteille ne serait pas si pure, l’eau du robinet ne serait pas si différente de l’eau en bouteille. Et une nouvelle tendance consiste à utiliser de l’« eau brute », c’est-à-dire de l’eau de source non traitée.

Les individus sont ainsi amenés à construire leur propre réalité de ce qu’est une eau (jugée) bonne pour eux-mêmes mais également pour la planète.
Dis-moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es

L’eau s’accompagne d’un imaginaire ambivalent : elle est à la fois destructrice et purificatrice. En suivant une approche méthodologique compréhensive du discours des individus, nous avons pu identifier deux typologies majeures de représentations pouvant avoir un effet sur les pratiques des individus relatives à la consommation d’eau.

La première concerne les impacts des tendances de consommation dans la perception de l’eau. Celle-ci est considérée comme un produit à la mode : elle dispose de ses propres sommeliers, comme Martin Riese, et devient même un produit d’exception ; la marque « Eaux du globe » sélectionne et vend ainsi différentes eaux venues des quatre coins du monde. Les individus rencontrés lors de l’étude « dégustent » différemment l’eau qu’ils consomment en fonction de la marque, de la source ou encore de son lieu d’achat.

Nous avons également considéré l’impact de certaines théories alternatives, qui se présentent comme scientifiques et qui circulent sur Internet. Comme celle du Japonais Masaru Emoto qui étudie les effets (jamais confirmés à ce jour) de la pensée et des émotions sur l’eau. Ces hypothèses, très en vogue sur les réseaux sociaux, avaient retenu l’intérêt des individus rencontrés lors de notre étude.

Entre éthique et concurrence

Les préoccupations environnementales s’emparent également du marché de l’eau. Certaines enseignes, comme Biocoop, ont décidé de ne plus distribuer d’eau en bouteilles plastiques dans leurs points de vente. D’autres, comme Castalie ou Kinetico, développent une solution microfiltrée. Cette eau se présente souvent comme une solution aux enjeux environnementaux : moins de transport de bouteilles, moins de verre perdu puisque les bouteilles en verre peuvent être réutilisées.

Rappelons qu’en France l’industrie des eaux minérales produit par an 7,5 milliards de litres d’eau et génère 2,5 milliards d’euros, soit environ 3 % du chiffre d’affaires du secteur agroalimentaire. Le saviez-vous ? Il faut 3 litres d’eau et un quart de litre de pétrole pour produire un litre d’eau en bouteille, cette eau parcourant en moyenne 300 km avant d’arriver dans notre verre, et seule une bouteille sur deux étant recyclée, rappelle le site Le monde enchanté de l’eau embouteillée.

Le secteur de la restauration est tout particulièrement concerné par cette problématique de la « bonne » eau : certains restaurateurs proposent ainsi une alternative plate ou gazeuse à la bouteille plastique, également débarrassée du goût de chlore présente dans l’eau du robinet.

En fonction des restaurants, cette eau est proposée gratuitement ou à un prix inférieur à celui de l’eau minérale ou de source. Mais ces nouvelles solutions de consommation se heurtent aux acteurs historiques du marché de l’eau, comme les minéraliers (Nestlé, Evian, Volvic…).

Le collectif Mineral water, natural lover a publié en décembre 2017 un manifeste – signé par 13 grands chefs français et porté par « les grands acteurs de l’eau minérale » – pour « mettre l’accent sur l’importance de la pureté et l’authenticité de l’eau » en bouteilles, visant à faire face au marché de l’eau microfiltrée qui gagnerait « de plus en plus de parts de marché ».

Il ne s’agit plus seulement de mettre en concurrence l’eau du robinet et l’eau en bouteilles, mais également la bouteille en plastique avec la bouteille en verre. Ce collectif s’oppose en pratique à ceux qui militent pour la diminution de la consommation de plastique, à l’image du mouvement Slow Food.
Reycler l’eau des sèche-linges

Face à toutes ces nouvelles « connaissances » accessibles, certains mettent en place des stratégies de transformation de l’eau en développant des pratiques de « purification » spécifiques en fonction des lieux et des occasions de consommation ; l’eau du robinet, même si elle est surveillée de très près, s’avère particulièrement visée.

Pour un même individu, cette eau du robinet sera tantôt perçue comme propre à la consommation pour la cuisine, le ménage, l’hygiène corporelle. On observe par exemple des pratiques de recyclage de l’eau des sèche-linges comme alternative à l’eau déminéralisée pour le fer à repasser.

Dans d’autres contextes, l’eau du robinet est jugée impropre. Pour les rituels de soin et de beauté, par exemple, les Parisiens préfèrent utiliser des brumisateurs, eaux jugées plus pures et mieux adaptées à ces usages. En situation de convivialité, on observe également une valorisation de la consommation de l’eau en bouteille, microfiltrée, ou de l’eau du robinet dans une bouteille en verre avec du Binchotan, c’est-à-dire du charbon actif naturel.

Consommer de l’eau est un acte plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. On ne peut pas être simplement « pour » ou « contre » la consommation d’eau du robinet, ou être un fervent défenseur de l’eau filtrée.

Chaque individu doit composer au quotidien entre l’usage qu’il va faire de l’eau, et le type d’eau pour lequel il va opter. L’objectif ? Réduire ses dissonances cognitives, c’est-à-dire l’écart entre ses valeurs et la réalité de ses pratiques quotidiennes.

Eau
https://theconversation.com/mille-et-une-facons-de-consommer-leau-103173
page 42 / 97

 Tags


  • RGPD
  • Vie-privée
  • reconnaissance-faciale
  • généalogie
  • histoire
  • acadie
  • canada
  • voyages
  • america
  • bretagne
  • provence
  • var
  • Revest
  • css
  • css3
  • html
  • générateur
  • adhoc
  • langue
  • livre
  • Lévothyrox

Nuage de tags

Shaarli - The personal, minimalist, super-fast, database free, bookmarking service
by the Shaarli community - Help/documentation - Framasoft/myframa