Considéré comme un système ultime de protection d’un compte en ligne, l’authentification à double-facteur a pourtant été contournée par un groupe de hackers. Voici leur méthode.
Censé être robuste et imparable face aux tentatives de piratage, le système de double-authentification des comptes Google a pourtant été contourné par des hackers. Rappelons que la double-authentification, autrement appelée authentification à deux facteurs, ou encore validation en deux étapes chez Google, repose sur la classique saisie d’un identifiant et d’un mot de passe associée à un code à usage unique reçu le plus souvent par SMS pour accéder au compte. Un blindage supplémentaire qui semble impossible à contourner puisque seul l’utilisateur peut recevoir le code temporaire. Et pourtant, Amnesty International a relevé que plus d’un millier de comptes Gmail et Yahoo, protégés de cette façon ont été piratés.
Pour pouvoir accéder aux comptes protégés par ce système, la technique employée par les hackers ne requiert pas de connaissances en informatique pointues ou l’exploitation de vicieux malwares. Il s’agit d’une méthode phishing très élaborée dans laquelle un millier d’utilisateurs sont tombés. L’idée consiste à récupérer le code de double-authentification à usage unique et de l’utiliser avant son délai d’expiration.
Une méthode de phishing élaborée
Le groupe de pirates a donc convaincu ses cibles en envoyant un e-mail, suffisamment bien conçu pour que les victimes cliquent sur un lien renvoyant vers une fausse page d’identification. À partir de ce moment, l’utilisateur devait saisir ses identifiants et taper également son code. C’est alors que le hacker pouvait faire une demande de récupération de mot de passe et utiliser le code reçu pour accéder au compte et se l'accaparer. Il faut noter que ce phishing élaboré a été réalisé de façon très ciblée en visant précisément des journalistes ou des activistes au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord. On peut supposer que le groupe de pirates est lié à un État. Dans le cas de Google, par exemple, rappelons qu’il existe deux autres procédés d’identifications que le code à chiffre reçu par SMS. Il est possible d’opter pour un système de validation par notification, ou encore en enregistrant l’ordinateur ou le mobile comme appareil autorisé.
Le passage à la nouvelle formule du Levothyrox ne semble pas avoir provoqué d'augmentation des "problèmes de santé graves" mais s'est malgré tout traduit par une "augmentation notable" des consultations médicales chez les patients, a annoncé jeudi le ministère de la Santé.
Les résultats d'une vaste étude portant sur plus de deux millions de patients utilisant le Levothyrox "ne mettent pas en évidence d'augmentation de problèmes de santé graves" en lien avec la prise de la nouvelle formule de ce médicament pour les troubles de la thyroïde, affirme le ministère dans un communiqué.
L'étude, présentée au ministère dans la matinée, a analysé le nombre de décès, d'hospitalisations et d'arrêts de travail d'au moins sept jours, ainsi que la consommation de médicaments entre avril et juin 2017 (juste après l'arrivée de la nouvelle formule) en les comparant à la période d'avril à juin 2016 (lorsque l'ancienne formule était encore délivrée).
Cette analyse, menée par l'Agence du médicament (ANSM), fait suite à la vague de déclarations d'effets indésirables inexpliqués qui avait suivi l'introduction par le laboratoire Merck, au printemps 2017, d'une nouvelle version de ce médicament, modifiant certains de ses excipients et destinée à apporter davantage de stabilité au produit.
Ces données montrent en revanche une "augmentation notable" (360.000 consultations supplémentaires) des consultations parmi les personnes ayant utilisé le Levothyrox nouvelle formule en 2017, ajoute le ministère.
"Elle a tout particulièrement concerné les recours auprès de médecins généralistes et d'endocrinologues et s'est concentrée sur la période d'août à octobre 2017."
Cette étude représente "de gros moyens pour peu de résultats", a déploré dans un communiqué l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT), présente au comité de suivi au ministère.
RELIRE. Lévothyrox: une Azuréenne dépose plainte pour mise en danger de la vie d'autrui
Un déclin des ventes de la nouvelle formule
Certes, elle montre que "le passage à la nouvelle formule n'a pas déclenché une vague de décès", mais "nul ne l'avait jamais prétendu", argumente-t-elle, expliquant qu'une dizaine de décès supplémentaires par rapport au nombre de décès prévisibles "ne seraient pas statistiquement significatifs mais bien réels pour autant".
L'association affirme aussi que à la fin de la période analysée (fin 2017), plus de 15% des patients intégrés dans l'étude avaient abandonné la nouvelle formule du Levothyrox pour l'une des alternatives disponibles, ce qui n'a pas été pris en compte par les auteurs.
Le nombre de patients qui optent pour un autre traitement que le Levothyrox a continué à augmenter en 2018, montrent également les chiffres de ventes dans les pharmacies, également présentés jeudi.
Le Levothyrox nouvelle formule, qui détenait encore près de 90% de parts du marché français fin 2017 a décliné à 82% au premier trimestre 2018 puis 80% au deuxième trimestre, au profit principalement du médicament commercialisé par Sanofi-Aventis, la L-Thyroxin Henning (17% du marché).
RELIRE. Levothyrox: des patients alertent sur les effets indésirables de la nouvelle formule du médicament
Deux laboratoires mobilisés
"S'ils l'ont fait, c'est parce qu'ils n'étaient pas satisfaits avec la nouvelle formule", estime l'AFMT.
Des analyses réalisées par l'ANSM sur de nouveaux lots de médicaments "confirment la bonne qualité de la nouvelle formule du Levothyrox", ajoute le ministère.
Des conclusions contestées par l'AFMT, qui estime que face à l'ampleur de la crise constituée par ces effets indésirables inexpliqués, l'absence d'anomalies retrouvées dans les analyses "ne peut en aucune façon permettre de garantir la qualité" du médicament.
L'association a présenté au cours du comité les résultats des analyses menées par un chercheur du CNRS "qui a trouvé des différences structurelles significatives entre les comprimés" de l'ancienne formule et ceux de la nouvelle.
Après avoir déjugé en octobre son chercheur, qui avait mené ces travaux de sa propre initiative, le CNRS "a mobilisé deux de ses laboratoires pour vérifier et préciser les résultats obtenus", affirme l'AFMT.
« Dans les faits, la vie privée se réduit comme peau de chagrin, il faut en avoir conscience » selon Alexandre Lazarègue, avocat spécialiste du droit numérique. « Et le droit concernant les données personnelles n’en est qu’aux prémices, les problématiques ne vont que se multiplier. »
Il est « impossible de protéger à 100 % » les données personnelles sur internet, constate Alexandre Lazarègue, avocat spécialiste du droit numérique, alors que Facebook est secoué par de nouvelles révélations sur l’accès d’autres géants du web aux informations privées collectées par la plateforme.
Serait-il possible de mieux protéger les données personnelles sur internet ?
Du point de vue de la sécurité informatique, même si le RGPD (Règlement général de protection des données, entré en vigueur au niveau européen en mai dernier) par exemple impose des obligations en termes d’architecture de réseau pour mieux protéger les données stockées, tout le monde sait qu’en réalité il est impossible de protéger à 100 % d’un piratage ou d’une perte de données.
Ceux qui transmettent leurs données aux plateformes et grandes entreprises doivent avoir pleinement conscience qu’il n’existe aucune assurance totale de ne pas voir demain ces données perdues.
Du point de vue du droit, les entreprises font en sorte qu’il est très difficile à chacun d’assumer pleinement ses droits, les contrats sont tellement déséquilibrés que le consentement est dans les faits imposé. Et leur puissance économique est telle que les sanctions uniquement économiques, même quand il s’agit de 4 % du chiffre d’affaires mondial comme le prévoit le RGPD a un faible impact au final, quand on se souvient que Facebook par exemple gagne 500 000 dollars toutes les 7 minutes.
Le RGPD est toutefois venu donner plus de droits aux utilisateurs de grandes plateformes, voit-on une évolution des usages depuis son entrée en vigueur ?
En tant qu’avocat, j’ai pu constater un intérêt des citoyens quant à la question de la protection de leurs données personnelles, qui s’est matérialisé notamment par une multiplication des recours auprès de la CNIL (Commission nationale informatique et libertés, NDLR), en particulier en ce qui concerne le droit à l’oubli. Il y a globalement une prise de conscience que les données sont précieuses et ne peuvent être vendues.
Mais dans le même temps, après six mois d’exercice du RGPD, on constate qu’il y a de quoi l’améliorer. S’il s’applique tant aux petites qu’aux grandes entreprises, on voit que dans les faits il est très contraignant pour les petites alors que les plus grosses peuvent trouver le moyen de s’y soustraire.
La philosophie du règlement permet normalement une relation immédiate entre utilisateurs et entreprises, avec la possibilité du choix laissé dans l’usage des données mais dans les faits, on en est très loin et il y a encore beaucoup à améliorer en la matière pour que ce soit effectif.
Quelles sont les limites du RGPD dont profitent les grandes plateformes du net selon vous ?
La problématique est dans l’exercice réel des droits, du fait du déséquilibre existant entre utilisateurs et fournisseurs de service. Le RGPD octroie des droits mais en réalité les utilisateurs sont pris au piège de ces plateformes qui, de fait, imposent le consentement.
Dès lors que l’utilisateur consent à donner accès à ses données, même s’il en a le droit, dans les faits il n’a pas la possibilité de vérifier comment elles sont utilisées ni qui y a accès et souvent il n’a pas conscience d’avoir accordé un accès aussi large, parce que personne ne lit les dizaines de pages de conditions d’utilisation.
Pourtant il faut que les individus aient conscience de leur responsabilité et qu’ils comprennent que ces données qu’ils publient, même en privé, elles sont diffusées pour l’éternité, quand bien même il y a le droit à l’oubli.Mais dans le contexte de révolution numérique il est difficile d’échapper à ces services, qui pourtant se basent sur le traitement des données. Vouloir y échapper ce serait désormais se mettre en marge de la société.
Cette application web de galerie photos, codée en PHP/MySQL, s’adresse aux particuliers, aux pros de la photographie et aux organisations. Je vais vous présenter ses différentes fonctionnalités de manière illustrée. Ainsi, vous pourrez vous faire une idée de son fonctionnement.
On retrouve la liste des différents albums, avec une première photo d’illustration – comme sur Google Photos. Si on adore le rangement, on peut même créer des sous-albums de sous-albums : la profondeur est illimitée. Par ailleurs, une même photo peut être associée à plusieurs albums.
Il est également possible de sélectionner plusieurs photos et d’appliquer des modifications de masse. Par exemple, changer le nom du photographe, ajouter des tags pour retrouver les photos plus facilement, ajouter celles-ci à un album, définir les coordonnées GPS de chaque photo…
On peut repérer nos photos d’une façon chronologique (c’est justement l’une des fonctionnalités que j’apprécie sur Google Photos). C’est parfois le plus simple lorsqu’on doit retrouver un visuel.
Il est possible de créer des groupes et des utilisateurs. On peut affecter à chacun un niveau de confidentialité, permettant de voir tel ou tel album uniquement. Les administrateurs et les webmasters sont les seuls à pouvoir gérer les photos et les groupes. Pour moi, la gestion des permissions de base dans Piwigo constitue le point faible du service. En effet, il n’y a pas de gestion poussée des rôles utilisateurs. Peut-être qu’une extension pourrait remédier à ce problème.
Une fonction que j’adore sur Piwigo – elle n’existe pas sur Google Photos : on peut afficher une carte du monde et visualiser tous les points de géolocalisation, qui représentent nos photos. C’est hyper sympa, on se rend compte du chemin parcouru et des régions visitées. Cette option n’est pas présente dans l’installation de base, il vous faudra un plugin.
On peut aussi visionner nos photos en plein écran sous forme de diaporama. C’est plutôt sympa.
Les visiteurs peuvent écrire des commentaires sous nos photos, les noter et recevoir une notification par mail lorsqu’on ajoute de nouvelles photos.
Pour vous faciliter la vie, Piwigo récupère toutes les méta-data de vos images : le temps d’ouverture de votre objectif au moment de la prise de la photo, la marque de l’appareil photo, etc.
Une API existe et vous permet de faire plein de choses. Par exemple, vous pouvez potentiellement synchroniser un dossier provenant d’ailleurs avec Piwigo, ou publier des photos depuis le célèbre logiciel Lightroom. Les possibilités sont infinies.
es développeurs adorent partager des projets comme celui-ci et y apporter leur contribution. Piwigo possède pas moins de 350 extensions… il y a de quoi faire ! Si vous souhaitez les découvrir, c’est par ici.
Si je vous ai déjà convaincu, tant mieux ! Mais si vous êtes encore hésitants, je peux vous dire que pas mal de monde l’utilisent déjà : entreprises et particuliers. Arles, la célèbre ville de la photo, utilise ce système qui existe depuis 2002. Pas mal d’années de développement, donc…
Si vous êtes intéressé, vous pouvez suivre ce petit tutoriel qui vous aidera à installer le système. Si vous avez la moindre question, les commentaires sont là pour ça !
Avec la décision de Microsoft de passer à Chromium pour son navigateur Edge, Firefox de Mozilla reste le seul navigateur majeur à conserver son propre moteur alternatif. Dans un monde dominé par Google, Firefox peut-il rester compétitif ?
La semaine dernière, Microsoft a annoncé qu'il jetait l'éponge sur son effort de développement EdgeHTML et passait au moteur open source Chromium. C'est une grande victoire pour Google, qui maintient cette base de code et l'utilise comme noyau de Google Chrome. C'est sans doute une grande victoire pour les entreprises clientes de Microsoft, qui peuvent désormais compter sur un navigateur conforme aux standards et fonctionnant avec toutes leurs applications Web modernes.
Vous savez qui ne figurait pas parmi les gagnants ? Mozilla, créateur du navigateur Firefox.
Un web pensé uniquement pour Google, comme à l'ère IE
Dans un billet sombre et pessimiste sur le blog de Mozilla, le PDG Chris Beard a critiqué la décision de Microsoft, même s'il a reconnu qu'elle "peut avoir un sens" d'un point de vue business, tout en représentant une menace existentielle pour l'association Mozilla :
"Nous sommes en concurrence avec Google, non pas parce que c'est une bonne opportunité commerciale. Nous sommes en concurrence avec Google parce que la santé d'Internet et de la vie en ligne dépendent de la concurrence et du choix. Elles dépendent de la capacité des consommateurs à décider que nous voulons quelque chose de mieux et à agir.
[...]
Si un produit comme Chromium dispose d'une suffisamment grande part de marché, il devient alors plus facile pour les développeurs web et les entreprises de décider de ne pas se préoccuper que leurs services et sites fonctionnent avec autre chose que Chromium. C'est ce qui s'est passé lorsque Microsoft avait le monopole des navigateurs au début des années 2000, avant la sortie de Firefox. Et cela pourrait se reproduire."
Malheureusement, la relation de Mozilla avec Google est.... Disons que c'est compliqué. Oui, Firefox est en concurrence avec Google sur le marché des navigateurs, mais Google paie aussi littéralement pour la survie de Mozilla.
Il y a deux semaines, Mozilla a publié son rapport annuel, dont ses comptes pour 2017. Dans ce rapport, il reconnaît que "[a]ujourd'hui, la majorité des revenus de Mozilla Corporation provient de partenariats mondiaux de recherche pour le navigateur, y compris l'accord négocié avec Google en 2017 à la suite de la résiliation par Mozilla de son accord de recherche avec Yahoo/Oath....".
Firefox sous perfusion de Google
En fait, plus de 89% des 562 millions de dollars de revenus de Mozilla Corporation en 2017 provenaient des redevances sur les moteurs de recherche, et presque toutes ces recettes semblent provenir de Google. (Yandex est le moteur de recherche par défaut de Firefox en Russie et Baidu est le moteur par défaut en Chine. Google est activé par défaut aux États-Unis et dans d'autres marchés développés.)
C'est ce qui ressort de la rubrique "Concentration du risque" de l'état financier de Mozilla 2017 (PDF), ce qui est révélateur de la situation de l'éditeur indépendant.
Les contrats actuels avec les moteurs de recherche arrivent à échéance en novembre 2020, dans moins de deux ans. Si Google décide de mettre fin à ce partenariat rémunéré de recherche ou de modifier ses termes de manière significative, l'impact financier serait dévastateur pour Mozilla.
Avec 514 millions de dollars en numéraire et 421 millions de dollars en dépenses annuelles, il ne pourrait fonctionner que pendant une quinzaine de mois environ sans devoir conclure un autre contrat de recherche.
Malheureusement pour Mozilla, la plupart des forces du marché qui ont contraint Microsoft Edge à abandonner son moteur de navigation indépendant s'appliquent également à Firefox.
Malgré d'excellentes critiques, le navigateur Firefox Quantum, sorti fin 2017, n'a pas été en mesure de voler une part significative de l'utilisation des plateformes de bureau. Selon la source, Firefox continue de stagner sous les 10% de l'utilisation globale des navigateurs.
Dans les derniers chiffres du US Government Digital Analytics Program, par exemple, Firefox représentait exactement 8% du trafic des PC et Mac Windows, contre 8,44% pour Microsoft Edge et 7,9% pour Safari. Cette comparaison est encore pire qu'il n'y paraît, car Edge ne peut même pas être installé sur des appareils fonctionnant sous MacOS ou des versions de Windows autres que Windows 10, et la version de bureau de Safari fonctionne uniquement sur Mac.
Dernière alternative à la monoculture Google
Si vous regardez seulement les systèmes d'exploitation mobiles, Firefox est tout bonnement invisible avec tout juste 0,5% du trafic web tel que mesuré par DAP, soit légèrement moins que le navigateur Silk d'Amazon. Une partie du problème pourrait être que Google traite Firefox comme un citoyen de seconde catégorie, comme l'a rapporté Chris Duckett de ZDNet en juillet 2018 :
"Nous nous efforçons d'offrir une expérience de recherche exceptionnelle sur l'ensemble des navigateurs, et nous continuons de travailler à l'améliorer pour tous les utilisateurs" déclarait un porte-parole de Google à ZDNet.
"Firefox utilise le moteur Gecko, ce qui nous oblige à faire des tests approfondis sur toutes nos fonctionnalités pour assurer la compatibilité, car il est différent de WebKit (qui est utilisé par Chrome, Safari, UC, Opera). Nous l'avons fait pour le bureau Firefox, mais nous n'avons pas fait le même niveau de test pour mobile."
C'est le même problème que celui cité par les ingénieurs de Microsoft pour expliquer l'abandon de EdgeHTML. J'ai entendu dire que l'écrasante majorité du temps et de l'énergie consacrée par les développeurs d'EdgeHTML au cours des trois dernières années l'a été à résoudre des problèmes de compatibilité avec des sites qui ne fonctionnaient pas correctement car testés uniquement sur des navigateurs WebKit et Chromium.
Mozilla peut-il prendre en charge les coûts techniques de maintenance du seul moteur de rendu et de la seule base de code de navigateur qui ne soit pas basée sur WebKit ou Blink (le fork de WebKit pour Chromium de Google) ?
La nature brutale de la concurrence dans le monde technologique moderne suggère que la mission de Mozilla de fournir une alternative à la monoculture Google est admirable et probablement vouée à l'échec. La grande question est de savoir si Google continuera à payer des royalties pour maintenir Mozilla à flot après 2020. Cela pourrait se produire, comme une assurance contre une éventuelle action antitrust.
Les «gilets jaunes» ont détourné la fonction des carrefours giratoires, transformant ces connecteurs froids de l'ère automobile en lieux de vie éphémères.
Le rond-point français, place to be de cette fin d’année 2018? D’abord lieu des blocages filtrants des véhicules qui l’empruntent puis, à mesure que le mouvement des «gilets jaunes» s’est structuré et installé dans la durée, point de rassemblement et même mini-Zad agrémentée de palettes, de vieux canapés et de barbecues sauvages, le carrefour giratoire dont la France a produit des milliers d’exemplaires à la fin du XXe siècle accède depuis quelques semaines à un nouveau stade de reconnaissance. Ne manquent plus que les bières de microbrasserie locale et le foodcourt pour en faire une friche éphémère de métropole dynamique.
Plus sérieusement, qui aurait imaginé il y a encore un mois un tel retournement de hype? Avouons-le: personne. Alors que les blocages se multipliaient sur des dizaines de ronds-points situés à la sortie des autoroutes, à l’entrée des petites villes, devant un McDo, à côté du Leclerc, près du Auchan ou à l’orée d’un lotissement pavillonnaire, l’éloignement des producteurs d’information et de savoir, décrit généralement de manière métaphorique, a pris cette fois-ci un sens territorial très concret.
Comment réaliser un reportage sur un rond-point depuis Paris? Quelle ligne de RER faut-il prendre? Où faut-il sortir pour trouver un rond-point? La presse locale, la «PQR» comme la nomment les spécialistes de l’information, aura réussi dans ces premiers moments ce que les grands organes de presse nationaux d’information générale et d’opinion ne pouvaient matériellement assurer: une couverture au plus près du terrain, rond-point par rond-point, d’un mouvement social inédit par sa forme et sa localisation.
Les #giletsjaunes s'installent à nouveau et s'organisent ce mercredi 12 décembre (vidéo tournée à midi) au rond-point de La Méridienne (base Intermarché), à #béziers via @midilibre #article3 pic.twitter.com/lGdKmet4Bc
— Antonia Jimenez (@ajimenezmidili1) 12 décembre 2018
À un rond point à proximité de La Souterraine (Creuse), les #Giletsjaunes ont carrément bâti une cabane il y a 3 semaines. Ils s'y relaient et y dorment. pic.twitter.com/4nfgbbFuH2
— Paul Conge (@paulcng) 9 décembre 2018
J’ai réalisé en évoquant le sujet autour de moi à quel point la figure du rond-point souffrait d’une image négative: laideur architecturale, kitsch décoratif ou art contemporain conceptuel et pompier, détournement de fonds par des entreprises de BTP locales aidées par des élus corrompus, gaspillage d’argent public par un État bureaucratique et notoirement inefficace. Avant de se retrouver au carrefour des luttes, le rond-point français a longtemps été à la convergences des accusations. La droite lui reproche son coût et son inefficacité alors que la gauche méprise son esthétique et le mode de vie qui l’accompagne.
«Du rond-point au giratoire»
Me pencher sur les origines du rond-point m’a très logiquement amené à contacter le spécialiste de cette forme urbaine, l’architecte Éric Alonzo. En 2005, il a publié une riche histoire de cette «figure routière» de la modernité automobile, dont les racines plongent paradoxalement dans l’art paysager classique: Du rond-point au giratoire (éditions Parenthèses, maison d'édition chez laquelle il a également publié récemment L'Architecture de la voie. Histoire et théories).
Lorsqu’il décroche son téléphone, l’auteur, qui enseigne à l’École d’architecture de la ville et des territoires (Paris Est) où il codirige le post-master en urbanisme, vient de terminer sa conversation avec un autre journaliste et m’explique que son statut de Monsieur Rond-Point lui vaut d’être périodiquement sollicité par tous ceux que les ronds-points agacent dans les médias. Éric Alonzo a conscience de la faible cote de popularité de son objet d’étude au sein de la population française: «Quelqu’un m’a envoyé la photo d’un tag pris à Dijon sur lequel on pouvait lire: “Les ronds-points servent enfin à quelque chose”».
Au-delà de l’intérêt soudain que suscite le rond-point, le mode opératoire des «gilets jaunes» ne l’a pas surpris.
«Il y a tout d’abord une raison fonctionnelle à la présence des “gilets jaunes” sur les ronds-points. C’est un mouvement composé de gens mobilisés contre la taxe carbone, dont le territoire est celui du réseau automobile: ils ont donc fait avec ce qu’ils avaient sous la main. Or tout un réseau routier récent s’est organisé autour de nouvelles routes, de rocades, de déviations, qui ont la particularité d’être connectées entre elles par des giratoires. Dans ces zones périurbaines et périphériques, cette campagne habitée, les ronds-points sont les lieux de concentration du flux. Si on souhaite couper le robinet, c’est donc là qu’il faut être, puisque le rond-point est un très bon point d’obstruction du réseau. En zone rurale, la plupart des petites routes ou des chemins qui croisaient des routes plus importantes à plusieurs endroits ont été soit supprimés soit détournés pour être raccordés aux giratoires.»
Voilà pour l’explication technique. C’est probablement cette fonction de concentration des flux qui explique qu’en certains espaces très urbanisés, le barrage de péage d’autoroute ou de zone d'activité soit plus prisé que le filtrage au rond-point. C’est le cas dans les Bouches-du-Rhône, avec le cas emblématique du péage de la Barque près d’Aix-en-Provence (qui a été évacué mercredi 12 décembre) ou, en Seine-et-Marne, avec le parc logistique de Châtres depuis l'entrée duquel des «gilets jaunes» ont bloqué des camions.
Place publique
Mais ça n’est pas tout. Avec son occupation par ses riverains affublés de «gilets jaunes», le rond-point français est en train de renouer avec un statut dont une certaine approche de la ville moderne l’avait privé: celui de place publique. Pour comprendre cette mutation, il faut comme le fait Éric Alonzo dans son livre revenir sur les étapes qui ont abouti à la généralisation du carrefour giratoire à la française.
On peut schématiquement distinguer deux familles de ronds-points.
La première famille rassemble des lieux conçus avant le règne de la voiture: les ronds-points aménagés dès le XVIIIe siècle à Paris comme la place de l'Étoile, alors en lisière de la ville. «Ces ronds-points sont ensuite urbanisés, confortés et parachevés par Haussmann, explique Éric Alonzo, et ils prennent alors une dimension de place-carrefour très affirmée. Enfin, au début du XXe siècle, le sens giratoire est instauré afin d’organiser la circulation dans ces ronds-points historiques.» Le public voit donc ces ronds-points autant sinon plus comme des places que comme des carrefours empruntés par les voitures. L'origine de ces ronds-points remonte à la tradition classique du jardin à la française et ils ont donc bénéficié d'une conception attentive à leur harmonie dans le paysage. Une arche, une statue, une obélisque ou autre monument qui trône sur l’ilôt central permet d’identifier la place-rond-point et lui confère une forte charge symbolique(1).
Paris, France pic.twitter.com/2CgXOsE9yC
— Travel Vida (@TravelVida) 7 décembre 2018
À l’inverse, le rond-point récent, le «giratoire», est l’héritier de l’ère automobile et de la culture technique des ingénieurs de la circulation, qui se préoccupent essentiellement de fluidification du trafic et de prévention des accidents. À la fin des années 1960, une équipe pionnière de la Direction départementale de l’Équipement (DEE) de l’Essonne a testé sur des sites pilote le carrefour giratoire avec priorité à l’anneau. Les essais se développent ensuite dans trois départements: l’Essonne donc, le Finistère et les Bouches-du-Rhône, expliquant que la région parisienne, la Bretagne et le Midi soient devenus des terres de ronds-points. En 1983, date historique, un décret modifie le code de la route et donne une définition stricte du «carrefour à sens giratoire». Surtout, le décret généralise la priorité à l’anneau, qui jusqu'ici entrait en conflit ouvert avec la règle de la priorité à droite.
À dire vrai, mis à part dans les préfectures, personne n'emploie le terme de «giratoire», bien qu'il s'agisse de la désignation exacte.
#8decembre point de situation à 10h00 dans le département de la #Manche
A84 - échangeur 37
Valognes - giratoire Inter Marché
Avranches - sur le marché
Carentan - giratoire de Mercedes
Les Pieux - giratoire D650/D23
Saint-Lô - plage verte
Coutances - giratoire des pommiers pic.twitter.com/gpHNNO0S7E
— Préfet de la Manche (@Prefecture50) 8 décembre 2018
Le giratoire est devenu le «connecteur universel» des zones périphériques
Au début des années 1980 démarre alors une période faste du rond-point, qui culmine dans les années 1990, décennie de l’explosion du nombre de giratoires sur le sol français. Un colloque international, «Giratoires 92 », est même organisé à Nantes en 1992, la France se faisant la championne de cette solution de circulation. Émerge alors un urbanisme dont le réseau de carrefours giratoires devient un «système de balises qui jalonnent l’étendue du territoire», écrit Éric Alonzo. Dans ces nouveaux paysages routiers, les giratoires sont à la fois les «tables d’orientation», les distributeurs et les «connecteurs universels» de la ville.
C’est la «ville franchisée» étudiée par ailleurs par l’architecte-urbaniste David Mangin dans son ouvrage du même nom. Dans cette ville contemporaine, l'ilôt de faubourg d'une centaine de mètres de largeur est remplacé par le secteur de périphérie d'un kilomètre conçu à l'échelle de l'automobile. Le nouveau paysage se développe à partir de l'après-guerre avec la généralisation de l'automobile et la construction des premières autoroutes interurbaines, jusqu'à l'urbanisme commercial et tertiaire qui redessine le paysage français tout au long des années 1980 et 1990 (après la première vague d'hypermarchés généralistes des années 1970 débarquent les Ikea, McDonald's, Decathlon, Formule 1, les parcs de loisirs et d'activité...) sans oublier le succès des lotissements pavillonnaires.
«Toute une ville a été fabriquée selon ces ingrédients-là, analyse Éric Alonzo, qui sont devenus les lieux de vie des gens. Le territoire des “gilets jaunes”, c'est d’abord celui du réseau automobile, il n'est donc pas suprenant qu'ils n'aient pas investi les places de village. Pourtant, dans le périurbain pavillonnaire, il reste des centre-bourg mais ils sont souvent moins fréquentés que les nouveaux lieux de centralité que sont les supermarchés et leur galerie marchande.»
Maria #giletjaune à #Montpellier veut désormais la destitution d’@EmmanuelMacron Son discours suivi en direct depuis le rond-point du grand M n’a pas convaincu pic.twitter.com/Hz6JFrJ0IT
— Midi Libre (@Midilibre) 10 décembre 2018
Derrière cette «gilet jaune» interviewée dans cette vidéo de Midi Libre, on aperçoit un panneau cligonant annonçant un restaurant McDonald's.
La vie périphérique est régulièrement associée à un déficit d’urbanité pour ne pas dire à une aliénation. S’en prendre au mode de vie pavillonnaire calqué sur l'automobile et le centre commercial est devenu un poncif du commentaire sociopolitique. Si la géographie des «gilets jaunes» commence à se préciser, impliquant le rural et les périphéries des villes petites et moyennes ainsi que les très grandes couronnes des métropoles, en revanche rien ne confirme pour le moment que les occupants des giratoires vivent majoritairement en pavillon plutôt que dans du logement collectif.
Quoiqu’il en soit, l’isolement et l’atomisation renvoyées par la vie périphérique dans le paysage culturel français jure avec les images de sociabilité bon enfant qui ont émergé sur les fameux ilôts infranchissables transformés en lieux d’urbanisme éphémère. Même impression de réappropriation de non-lieux(2) avec les images filmées sur l'asphalte des voies d’accès aux péages, qui évoquent festivals et kermesses populaires. On ne sait pas comment finira toute cette histoire, mais si un jour un monument commémore la révolte des «gilets jaunes», il ne fait guère de doute qu’il s’agira d’un rond-point –bon courage pour décider quelle œuvre devra figurer sur la pastille centrale. La symbolique est forte: la périphérie remise au centre de gravité de la vie sociale et politique française grâce à un outil qui, jusque-là, se distinguait par sa fonction de passage plutôt que de rencontre.
Alors que le rond-point accède enfin à une forme de conscience de place, peut-être est-ce le moment de paraphraser Karl Marx, dont on cite souvent l’aphorisme: «Donnez-moi le moulin à vent, je vous donnerai le Moyen Âge». Auquel on ajoute, en fonction des thèmes et des époques: «Donnez-moi la machine à vapeur, je vous donnerai l’ère industrielle». Ou encore: «Donnez-moi l’ordinateur, je vous donnerai la mondialisation». Et pourquoi pas, depuis le 17 novembre 2018: «Donnez-moi le carrefour giratoire d’entrée de ville, l’étalement urbain et la crise climatique, je vous donnerai les “gilets jaunes” et la révolte des ronds-points».
1 — En clair: un «rond-point» est un espace circulaire vers lequel convergent de nombreuses voies. La «giration» renvoie quant à elle au mouvement de rotation autour de l'ilôt central. Tous les ronds-points sont aujourd'hui à sens giratoire. Pour compliquer le tout, la confusion fréquente entre «rond-point» et «carrefour giratoire» s'explique par le fait que les ronds-points-carrefours parisiens sont une exception; la priorité à droite y est conservée alors que sur un giratoire classique, les véhicules déjà engagés dans l'anneau sont prioritaires. Retourner à l'article
2 — Éric Alonzo cite dans son ouvrage un texte de Marc Augé, l'ethnologue à l'origine de l'expression de «non-lieu», consacré aux ronds-points. Contre toute attente, Augé ne considère pas le rond-point comme un non-lieu. Retourner à l'article
Les étymologies fantasmées en disent beaucoup sur ce que pense la personne qui les imagine. C'est le cas de Lorànt Deutsch, mais on peut aussi en rire avec Isidore de Séville.
Après avoir sévi pendant des années en histoire, Lorànt Deutsch a sorti un livre sur la langue française, Romanesque. Après avoir bien ri et vanné mes amis linguistes («bien fait pour vous, chacun son tour»), j’ai quand même regardé un peu ce qu’il y disait.
Et je suis notamment tombé sur cette pépite: selon Lorànt Deustch, le mot «femme» viendrait du latin femina, lui-même dérivé du latin fellare, sucer –il s’empresse de préciser «pas au sens trivial», mais en lien avec la tétée du nourrisson.
Et l’auteur de conclure que du coup, ce mot n’est pas du tout approprié quand on veut défendre la libération de la femme, et qu’il vaudrait mieux utiliser «dame», dérivée de domina, la maîtresse, et donc parler de «damisme» et non de féminisme.
Bon, des linguistes et des spécialistes de la langue française diront mieux que moi que cette étymologie est absolument délirante. Et qu’elle est regrettable, car, bien menée, l’étymologie est une vraie science très utile pour mieux comprendre les mots.
Ce qui est intéressant, d’un point de vue d’historien, c’est que cette passion pour l’étymologie est, pour le coup, partagée par les hommes du Moyen Âge.
Au VIIe siècle, un auteur espagnol, Isidore, évêque de Séville, rédige un très gros livre intitulé Les Étymologies. Il s’agit d’un traité sur le sens des mots via leur étymologie.
Pour Isidore, remonter à la racine permet de mieux comprendre un mot: en grec, etymon veut dire «authentique», et à l’époque, l'étymologie est pensée comme une véritable démarche scientifique.
Isidore entreprend de retracer l’histoire de près de 100.000 mots –à titre de comparaison, le Petit Robert en contient environ 60.000.
Le résultat est l’un des plus gros succès de librairie de tous les temps: plus de mille manuscrits conservés pendant toute la période médiévale, et des éditions imprimées dès les premiers temps de la nouvelle technique.
Précisons d’emblée que, dans ce livre, Isidore fait souvent preuve d’esprit critique: il est tout à fait capable de critiquer une étymologie jugée trop fragile, et ne rate jamais une occasion de s’en prendre aux superstitions païennes de son époque.
Il faut également bien rappeler qu’Isidore n’invente pas tout: au contraire, il puise dans plus de 150 sources antiques et tardo-antiques, recopiant souvent des étymologies que l'on trouvait déjà chez Virgile, Servius, Ovide, Eusèbe de Césarée, etc.
Dans les milliers d’étymologies qu’Isidore propose, plusieurs sont tout à fait correctes et encore reconnues comme valides aujourd’hui.
Le problème, c'est que la méthode d'Isidore est souvent très fragile: il rapproche des mots, sur la base d’une homonymie plus ou moins précise, et pouf, ça donne une étymologie.
Par exemple, «Saxons» viendrait de saxum, le rocher. Les Saxons étant un peuple dur, on les a appelés comme un caillou. Si à ce stade vos sourcils se froncent d’eux-mêmes, pas de panique, c’est normal.
Son passage sur les animaux (livre XII) est le plus drôle. On y apprend que le renard, vulpes, est appelé ainsi car il est agile (volubilis) sur ses pieds (pedes). Vous combinez les deux mots, et ça donne –avec un peu de bonne volonté, mais faites un effort ou on ne va pas s’en sortir!– vulpes.
Plus tordu: la fourmi, en latin formica –comme le revêtement, voilà voilà. Le mot dériverait de fert micas, «elle porte des graines»...
Allez, je sens que vous en voulez encore. Un peu en vrac, vous apprendrez que l’agneau vient de agnoscere, reconnaître, car le petit agneau reconnaît toujours sa mère; que le chien, canis, tire son nom du bruit (canor) qu’il fait en aboyant; que le mot «crocodile» est issu de «crocus», autrement dit le safran, qui lui donne sa couleur –oui, pour Isidore, les crocodiles sont jaunes, c’est comme ça.
La plupart des étymologies viennent du latin et du grec, mais Isidore est tout à fait conscient qu’il existe d’autres langues. «Tigre» viendrait ainsi d’un mot perse voulant dire «flèche», car l’animal est aussi rapide qu’une flèche. On croise également des animaux fantastiques, perçus comme bien réels à l’époque: le griffon vient de la combinaison de grus, la grue, et pedes, les pieds, car c’est un animal avec des plumes et des pattes.
Ces étymologies ne sont pas que délirantes –ou plutôt, même ces délires en disent long sur l’auteur et sa vision du monde. On voit par exemple qu'Isidore relie très souvent l’étymologie d’un nom d’animal au comportement de cet animal: la vipère est «née par la force» (vi parere), car les bébés vipères déchirent le ventre de leur mère en naissant, et qu’avant, la maman vipère a mangé le papa vipère. La façon dont il pense les mots renvoie à la façon dont il pense le monde animal.
Ses étymologies en disent également long sur le monde dans lequel Isidore vit. On apprend par exemple que Vénus, la déesse de l’amour, tire son nom du latin vis, la force, «car aucune vierge ne cesse de l’être si ce n’est par la force».
D’ailleurs, «homme», en latin vir, vient également de vis, toujours la force, «car en lui il y a une plus grande force qu’en la femme ou car il traite sa femme par la force». L’homme est violent, la femme est violentée. Hop, derrière une étymologie discrète, une culture du viol banalement constatée et donc renforcée.
Pour le dire autrement, les étymologies d'Isidore, aussi farfelues soient-elles, ne sont pas neutres: elles révèlent des choses et elles justifient des comportements. Ainsi choisit-il de faire dériver loup, lupus, d’un mot grec voulant dire «enragé, sauvage, violent»: le loup est forcément une bête féroce, que l'on doit craindre et exterminer, car il porte la violence dans son nom.
De même, quand Deutsch dit –à tort, répétons-le– que femme vient de fellare, sucer, c’est une façon de renvoyer la femme à un rôle maternel et sexuel. Car même s’il exclut ce sens trivial, reste que tout le monde l’a en tête. Le loup est enragé; la femme suce et donne à téter. Les deux, malgré leurs efforts, ne pourront jamais vraiment échapper à leur nature, inscrite au cœur des mots qui servent à les désigner.
Les étymologies fantasmées en disent ainsi beaucoup sur ce que pense celui qui les imagine. Elles sont assez dangereuses, car elles proposent des codes génétiques des mots, comme si on ne pouvait pas changer le sens d’un terme: ce qui compte, c’est son origine. D’où il vient. Ses racines, quoi. Et l'on devine à quel point cette obsession pour les racines linguistiques peut rejoindre un fantasme des racines historiques.
Laissons le mot de la fin à Isidore: racine, radix, viendrait de eradere, «arracher, couper». On ne saurait mieux dire… À vos bêches, camarades!
Le texte européen le plus liberticide de cette décennie est en approche
Hors un certain nombre de pays qui se sont opposés à ce texte, le Conseil de l’Union européenne vient d’acter un projet de loi au parfum pour le moins désagréable pour ce qui concerne les libertés publiques. Poussé par la gouvernance actuelle française, ce texte – peu médiatisé – pourrait s’avérer l’un des coups les plus violents jamais portés à la liberté d’expression dans les pays « démocratiques » de l’Union européenne. Le débat autour de ce texte va maintenant se poursuivre au parlement européen.
Il convient de préciser que le 12 décembre 2018 un premier rapport sur la lutte antiterroriste a été adopté à une très large majorité : sur 661 votants, 474 ont voté en faveur de ce dernier tel qu’il a été amendé, 112 voix contre, 75 votants se sont abstenus. Cette adoption était prévisible. Il faut toutefois noter qu’elle s’est déroulée dans un contexte très particulier : au lendemain du terrible drame de Strasbourg à proximité du marché de Noël. Ce rapport sur « les observations et les recommandations de la commission spéciale sur le terrorisme » est dans la même ligne. Ce rapport désormais adopté est un marchepied qui vient appuyer le texte à venir, texte qui recommandera entre autres mesures la sous-traitance de la censure aux géants de l’Internet.
Usant toujours de la même argumentation – a priori- louable : la lutte contre le terrorisme, ce texte – que vous retrouverez sous l’intitulé : « Règlement du Parlement Européen et du Conseil relatif à la prévention de la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne » obligera tous les acteurs du Web à se soumettre aux outils de surveillance et de censure automatisés fournis par Facebook et Google. Quand la Quadrature du Net qui soulève le problème s’interroge : « Une loi européenne pour censurer les mouvements sociaux sur Internet ? » La réponse apparaît tristement contenue dans la question au regard des éléments exposés ci-après et des mouvements sociaux qui se déroulent en France depuis quelques semaines.
Nonobstant un projet réalisé dans un timing empêchant tout débat public, ces alliances contre-nature associant des géants du Net à des États dans l’exercice de la censure sont préoccupantes.
Pourquoi est-ce une dérive dangereuse ?
Si le règlement européen franchit ici un nouveau cap, c’est qu’au-delà d’une exigence de retrait dans l’heure sous peine de sanctions financières des prestataires, ce projet de loi prévoit d’intégrer également des « mesures proactives ».
Il s’agit donc d’avoir recours à de la censure automatique préventive ! Pour faire simple, cette censure serait alors paramétrée par les autorités concernées et les géants du web.
Voici ci-dessous quelques extraits de ce que propose ce projet de règlement en terme de mesures proactives (article 6). Un règlement que je vous encourage à lire attentivement et dans son ensemble (Bruxelles,le 7 décembre 2018 : Règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la prévention de la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne).
Les fournisseurs de services d’hébergement prennent, selon le risque et le niveau d’exposition aux contenus à caractère terroriste, des mesures proactives pour protéger leurs services contre la diffusion de contenus à caractère terroriste. Ces mesures sont efficaces et proportionnées, compte tenu du risque et du niveau d’exposition aux contenus à caractère terroriste, des droits fondamentaux des utilisateurs et de l’importance fondamentale de la liberté d’expression et d’information dans une société ouverte et démocratique.
Lorsqu’elle a été informée conformément à l’article 4, paragraphe 9, l’autorité compétente* visée à l’article 17, paragraphe 1, point (c), demande au fournisseur de services d’hébergement de soumettre, dans les trois mois suivant la réception de la demande, et ensuite au moins une fois par an, un rapport sur les mesures proactives spécifiques qu’il a prises, y compris au moyen d’outils automatisés.
Lorsque il est évoqué la notion « d’autorité compétentes » qui seront habilitées à superviser ces mesures proactives elles sont « précisées » dans le point (37) :
« (37) Aux fins du présent règlement, les États membres devraient désigner des autorités compétentes. L’obligation de désigner des autorités compétentes n’impose pas nécessairement la création de nouvelles autorités ; il peut en effet s’agir d’organismes existants chargés des fonctions prévues par le présent règlement. Celui-ci exige la désignation d’autorités compétentes chargées d’émettre les injonctions de suppression et les signalements et de superviser les mesures proactives, ainsi que d’imposer des sanctions. Il appartient aux États membres de décider du nombre d’autorités qu’ils souhaitent désigner pour remplir ces tâches ».
Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, quand le ministre de l’Intérieur dénonce « les séditieux » parmi les gilets jaunes, on peut s’inquiéter fortement sur l’usage futur et dévoyé qui pourrait être fait par la gouvernance actuelle (et d’autres) d’une telle loi.
Les mots ont un sens, et les mots ne sont pas innocents ! Ils le sont d’autant moins lorsque l’on est aux responsabilités. Je rappelle donc qu’une sédition « est une forme d’émeute face à un pouvoir ou une autorité établie, dont le but ne serait pas uniquement de renverser les détenteurs d’une puissance, mais de rompre définitivement tout lien avec ce système ».
La problématique est que de « sédition » à « criminel » puis à « terroriste » il n’y a qu’un pas qui pourrait être vite franchi pour justifier une censure totalement outrancière en cas de mouvement social contestataire s’exprimant demain sur Internet.
Aussi, et au regard du type de qualificatif qui a été utilisé lors du mouvement de contestation sociale massif qui se déroule actuellement en France, que ce qualificatif soit supposé désigner quelques individus ou un collectif est en définitive peu important… Le mot a été lâché ! Il laisse sous-entendre que sous une telle loi un mouvement de contestation du type des « gilets jaunes » – en France comme ailleurs – pourrait être traité comme un mouvement potentiellement séditieux et de fait être censuré au plus tôt par les autorités et leurs nouveaux alliés de la censure.
Cela entraînerait ipso facto (par exemple) une impossibilité d’usage du Net pour l’organisation de rassemblements. Que ces rassemblements soient pacifiques ou non, ils pourraient être rapidement mis « dans le même panier » ! Le couperet de la censure pourrait alors s’abattre de façon généralisée et préventive pour “tuer dans l’œuf” ce type de mouvement contestataire. Il sera nécessaire et suffisant de s’appuyer sur les comportements de quelques illuminés réellement dangereux… pour brandir le terme sédition et co-actionner la censure algorithmique adaptée ! Pour le bien de la sécurité nationale, évidemment…
« Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple ». (Bertolt Brecht)
L’alimentation a contribué à l’évolution des êtres humains, ainsi de la cuisson de la viande qui semble avoir joué un rôle décisif dans le développement de notre espèce ou encore de l’existence de cette mutation génétique qui serait à l’origine de notre capacité à pouvoir digérer le lactose et donc boire du lait.
Les êtres humains ont ainsi avancé par essais et erreurs pour élaborer leurs menus : la nourriture doit être inoffensive, impliquer une dimension de partage avec le groupe et provoquer un plaisir gustatif, comme le soulignent les travaux de la psycho-anthropologue Danielle Rapoport, spécialiste de l’évolution des modes de vie.
Les différentes crises sanitaires – du lait aux salmonelles aux graines germées tueuses, en passant par les lasagnes à la viande de cheval – qui ont jalonné ces dernières décennies ont conduit à une prise de conscience globale des consommateurs.
Cela entraîne une redéfinition progressive du cadre alimentaire du mangeur : valorisation du local, du bio et de l’éthique, quête de naturalité, attrait pour le flexitarisme, rejet de l’industrie agroalimentaire et importance du bien-être animal.
La consommation des « buveurs d’eau » n’échappe pas à cette tendance, comme le révèle une étude conduite à l’été 2017 auprès de 20 foyers. Cette enquête, dont nous rappellerons ici les principaux enseignements, avait pour but de comprendre quelles étaient les pratiques et les représentations autour de la consommation d’eau des Parisiens (Paris et sa petite couronne).
Cette initiative complète des travaux de recherche initiés dès 2015 pour traiter du lien entre valeurs et pratiques de certaines typologies de boissons sur les changements de régimes alimentaires des créatifs culturels.
Eau en bouteille, du robinet, brute ?
L’eau se consomme aujourd’hui sous de multiples formes et les innovations technologiques sont légion dans ce domaine. Le Cloud Fisher transforme par exemple le brouillard en eau potable et Ooho ! offre le précieux liquide dans une bulle composée d’une fine membrane biodégradable et consommable.
Cette variété d’usages s’accompagne de phénomènes d’« amplification sociale du risque », qui se multiplient à travers la diffusion, via les réseaux sociaux le plus souvent, d’informations parfois contradictoires concernant les bienfaits et les méfaits de différents types d’eau. L’eau en bouteille ne serait pas si pure, l’eau du robinet ne serait pas si différente de l’eau en bouteille. Et une nouvelle tendance consiste à utiliser de l’« eau brute », c’est-à-dire de l’eau de source non traitée.
Les individus sont ainsi amenés à construire leur propre réalité de ce qu’est une eau (jugée) bonne pour eux-mêmes mais également pour la planète.
Dis-moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es
L’eau s’accompagne d’un imaginaire ambivalent : elle est à la fois destructrice et purificatrice. En suivant une approche méthodologique compréhensive du discours des individus, nous avons pu identifier deux typologies majeures de représentations pouvant avoir un effet sur les pratiques des individus relatives à la consommation d’eau.
La première concerne les impacts des tendances de consommation dans la perception de l’eau. Celle-ci est considérée comme un produit à la mode : elle dispose de ses propres sommeliers, comme Martin Riese, et devient même un produit d’exception ; la marque « Eaux du globe » sélectionne et vend ainsi différentes eaux venues des quatre coins du monde. Les individus rencontrés lors de l’étude « dégustent » différemment l’eau qu’ils consomment en fonction de la marque, de la source ou encore de son lieu d’achat.
Nous avons également considéré l’impact de certaines théories alternatives, qui se présentent comme scientifiques et qui circulent sur Internet. Comme celle du Japonais Masaru Emoto qui étudie les effets (jamais confirmés à ce jour) de la pensée et des émotions sur l’eau. Ces hypothèses, très en vogue sur les réseaux sociaux, avaient retenu l’intérêt des individus rencontrés lors de notre étude.
Entre éthique et concurrence
Les préoccupations environnementales s’emparent également du marché de l’eau. Certaines enseignes, comme Biocoop, ont décidé de ne plus distribuer d’eau en bouteilles plastiques dans leurs points de vente. D’autres, comme Castalie ou Kinetico, développent une solution microfiltrée. Cette eau se présente souvent comme une solution aux enjeux environnementaux : moins de transport de bouteilles, moins de verre perdu puisque les bouteilles en verre peuvent être réutilisées.
Rappelons qu’en France l’industrie des eaux minérales produit par an 7,5 milliards de litres d’eau et génère 2,5 milliards d’euros, soit environ 3 % du chiffre d’affaires du secteur agroalimentaire. Le saviez-vous ? Il faut 3 litres d’eau et un quart de litre de pétrole pour produire un litre d’eau en bouteille, cette eau parcourant en moyenne 300 km avant d’arriver dans notre verre, et seule une bouteille sur deux étant recyclée, rappelle le site Le monde enchanté de l’eau embouteillée.
Le secteur de la restauration est tout particulièrement concerné par cette problématique de la « bonne » eau : certains restaurateurs proposent ainsi une alternative plate ou gazeuse à la bouteille plastique, également débarrassée du goût de chlore présente dans l’eau du robinet.
En fonction des restaurants, cette eau est proposée gratuitement ou à un prix inférieur à celui de l’eau minérale ou de source. Mais ces nouvelles solutions de consommation se heurtent aux acteurs historiques du marché de l’eau, comme les minéraliers (Nestlé, Evian, Volvic…).
Le collectif Mineral water, natural lover a publié en décembre 2017 un manifeste – signé par 13 grands chefs français et porté par « les grands acteurs de l’eau minérale » – pour « mettre l’accent sur l’importance de la pureté et l’authenticité de l’eau » en bouteilles, visant à faire face au marché de l’eau microfiltrée qui gagnerait « de plus en plus de parts de marché ».
Il ne s’agit plus seulement de mettre en concurrence l’eau du robinet et l’eau en bouteilles, mais également la bouteille en plastique avec la bouteille en verre. Ce collectif s’oppose en pratique à ceux qui militent pour la diminution de la consommation de plastique, à l’image du mouvement Slow Food.
Reycler l’eau des sèche-linges
Face à toutes ces nouvelles « connaissances » accessibles, certains mettent en place des stratégies de transformation de l’eau en développant des pratiques de « purification » spécifiques en fonction des lieux et des occasions de consommation ; l’eau du robinet, même si elle est surveillée de très près, s’avère particulièrement visée.
Pour un même individu, cette eau du robinet sera tantôt perçue comme propre à la consommation pour la cuisine, le ménage, l’hygiène corporelle. On observe par exemple des pratiques de recyclage de l’eau des sèche-linges comme alternative à l’eau déminéralisée pour le fer à repasser.
Dans d’autres contextes, l’eau du robinet est jugée impropre. Pour les rituels de soin et de beauté, par exemple, les Parisiens préfèrent utiliser des brumisateurs, eaux jugées plus pures et mieux adaptées à ces usages. En situation de convivialité, on observe également une valorisation de la consommation de l’eau en bouteille, microfiltrée, ou de l’eau du robinet dans une bouteille en verre avec du Binchotan, c’est-à-dire du charbon actif naturel.
Consommer de l’eau est un acte plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. On ne peut pas être simplement « pour » ou « contre » la consommation d’eau du robinet, ou être un fervent défenseur de l’eau filtrée.
Chaque individu doit composer au quotidien entre l’usage qu’il va faire de l’eau, et le type d’eau pour lequel il va opter. L’objectif ? Réduire ses dissonances cognitives, c’est-à-dire l’écart entre ses valeurs et la réalité de ses pratiques quotidiennes.
C'était il y a 12 ans : un groupe clandestin, Untergunther, achevait les réparations, secrètes, de l'horloge du Panthéon de Paris, menées pendant un an. Depuis, discrètement, en usant des souterrains parisiens pour se déplacer, ils continuent de restaurer le patrimoine de la capitale.
“On va devoir accéder au site tous les jours… et à toute heure. L’atelier sur place sera permanent. Donc il va falloir le rendre invisible”, avait prévenu Lanso, un des membres d’Untergunther, un groupe clandestin de restauration du patrimoine. En 2005 et pendant un an, ces spécialistes de l'infiltration ont investi les coulisses du Panthéon, installant leurs quartiers au sommet du bâtiment, sous les meurtrières de la galerie circulaire située à la base du dôme. Leur objectif ? Réparer l'horloge Wagner du XIXe siècle, sabotée au cours des années 1960 par un employé à l'évidence lassé de devoir remonter régulièrement le mécanisme, et laissée depuis à l'abandon. Il leur faudra un an de travaux. Après quoi, pour s'assurer que l'horloge sera entretenue, ils préviennent l'administrateur du Panthéon. Celui-ci tombe des nues : qui sont ces gens qui ont pu se balader pendant près d'un an, à n'importe quel moment du jour et de la nuit, dans ce prestigieux monument, sans que personne ne les remarque ? A la stupéfaction cède vite un certain intérêt, qui ne sera pas partagé par l'administration du Centre des Monuments Nationaux (CMN), peu enthousiaste à l'idée qu'une telle affaire s'ébruite et mette en avant des lacunes en matière de sécurité : entre octobre 2006 et mai 2007, le CMN dépose plusieurs plaintes contre le groupe Untergunther.
Mise à jour du 09/12/2018 : 12 ans après l'affaire, le CMN a finalement achevé la restauration de l'horloge. Peu rancunière, l'institution a même fait appel à Jean-Baptiste Viot, des Untergunther, pour participer aux travaux. L'horloge Wagner est donc à nouveau fonctionnelle ! Un récit à découvrir ici ...
TROIS-RIVIÈRES — Vous vous intéressez à vos ancêtres? Vous vous passionnez peut-être d’histoire ou de sociologie? Vous êtes enseignant et vous cherchez de nouveaux moyens de mettre un peu de piquant dans vos cours? Des chercheurs de l’UQTR, de l’UQAC, de l’Université de Montréal et de l’Université Laval viennent de mettre en ligne un nouveau portail, dont une partie est accessible au grand public et l’autre, réservée exclusivement aux scientifiques, qui permet d’en apprendre plus que jamais sur les générations passées du Québec.
Appelé Infrastructure intégrée des microdonnées historiques de la population du Québec (XVIIe - XXe siècles) ou IMPQ, ce nouveau portail regroupe des ensembles de données issues du dépouillement des recensements nominatifs canadiens et des registres d’état civil du Québec. [L’adresse pour le trouver est]( https://impq.cieq.ca).
Ce qu’il y a de différent, par rapport aux simples données généalogiques, c’est que ce portail fait converger une foule de données extrêmement intéressantes, que ce soit pour les chercheurs, amateurs ou professionnels, en histoire, en sociologie et autres domaines connexes.
On trouve en effet bien plus que le nom des parents, époux, enfants, frères, sœurs, cousins et cousines, mais également leur lieu de naissance, le métier que la personne pratiquait, son salaire, les études qu’elle a faites, à quel âge elle allait à l’école, la ou les langues qu’elle parlait, si elle avait des domestiques à son service de même que le nom de ces derniers, les endroits où elle a habité de même que sa religion.
Comme le fait valoir Claude Bellavance professeur en études québécoises à l’UQTR et membre régulier du Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ), qui a contribué à ce projet, la base de données ne fait pas état seulement de personnes ou familles illustres, mais de tout le monde qui a été recensé.
« D’après des collègues, au Canada anglais, à peu près rien n’existe de ce genre-là »
— Claude Bellavance
«Si vous prenez les anciens journaux, la littérature et autres sources, généralement, ce sont les gens connus dont on parle», souligne-t-il. Cette fois-ci, on pourra s’intéresser aux gens en général. «C’est d’aller chercher l’histoire de tout le monde à partir du petit peu de traces laissées par les gens ordinaires. Peu de sources permettent cela», explique le chercheur qui entend s’intéresser également aux anciens rôles d’évaluation.
Il faut vraiment visionner la vidéo de neuf minutes, sur la page d’accueil, afin d’apprendre à naviguer sur le portail et en tirer le meilleur profit.
Le portail donne accès, en tout, à quelque 12 millions de mentions d’individus enregistrés entre 1621 et 1914.
«On compte quelque 300 millions de liens familiaux», précise le professeur Bellavance. Un jumelage des recensements du Canada permet de suivre les personnes durant cette période. Les internautes qui désirent s’inscrire peuvent importer des fichiers Excel et émettre des commentaires aux administrateurs du portail.
La section réservée aux scientifiques donne également accès aux données de l’état civil qui, elles, ne sont pas publiques en ligne. C’est l’équipe de l’IMPQ qui évaluera à qui cet accès peut être accordé.
Les données accessibles sur ce portail couvrent les villes de Québec et Trois-Rivières ainsi que le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Gaspésie et la Côte-Nord. Le portail contient plus de 180 000 fiches de ménages de recensement.
Le projet de l’UQTR est déjà reconnu au niveau international, indique le professeur Bellavance. «D’après des collègues, au Canada anglais, à peu près rien n’existe de ce genre-là», dit-il.
Dans ce projet qui implique plusieurs universités, l’UQTR a pris la responsabilité de la section recensement. Les mariages ont été faits par Chicoutimi à l’aide du projet BALSAC pour tout le Québec depuis le XVIIe siècle.
Notons que le portail ne tient pas encore compte des gens de la région de Shawinigan. Une partie de la Rive-Sud, au Centre-du-Québec (Victoriaville et Drummondville, Saint-Grégoire, Pierreville, Warwick), sera faite et à Trois-Rivières, le territoire couvert va de Baie-Jolie à Cap-de-la-Madeleine.
«Pour les Trifluviens, c’est drôlement intéressant parce qu’on a entré toutes les familles, tous les individus qui ont vécu à Trois-Rivières depuis 1851 jusqu’à 1911» (jusqu’en 1921 dès 2019), précise le professeur Bellavance.
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Avec la Freebox Delta, le FAI fait le pari de vendre à ses abonnés une box haut de gamme intégrant tout un package de services. Un changement de stratégie complet qui pourrait lui permettre de retrouver de la valeur.
Quand Orange table sur la diversification de ses activités avec Orange Bank, Free opte pour un positionnement bien différent : se présenter à la fois comme un fournisseur d’accès à internet, de matériel et de services. « Nous ne sommes plus un simple opérateur télécom », nous a lâché comme un cri du cœur le directeur général d’Iliad Alexis Bidinot à l’issue de la présentation de la Freebox Delta.
Free vend du matériel à ses abonnés
Le FAI inaugure plusieurs pratiques avec son nouveau boîtier haut de gamme. A commencer par proposer aux abonnés de devenir propriétaires de leur matériel. Ce sera le cas pour le disque dur du Freebox Server qui est amovible mais aussi du Freebox Player, vendu au prix de 480 euros au comptant ou à raison de 10 euros par mois durant quatre ans.
Et on saluera la prise de risque et l’investissement considérable que cela représente d’avoir conçu en interne avec une équipe resserrée d'une cinquantaine de personnes ce produit qui présente, en plus, la particularité d'avoir été assemblé en France.
Free offre, en outre, dans son forfait à 49,99 euros par mois un pack sécurité comprenant une caméra de sécurité domestique, un détecteur d’ouverture et un détecteur de mouvements. « On va vous laisser accessibles plusieurs milliers d’euros d’équipements. Et ce n’est pas une image, à produire cela nous coûte 1000 euros voire beaucoup plus», a résumé hier Xavier Niel lors du 01live.
Des services offerts
La promesse de Free est claire : vous simplifier la vie en intégrant un maximum d’équipements disparates. Une centralisation qui représente aussi une économie pour l’utilisateur. « Si vous décidez de reconstituer tous les équipements que nous avons mis par vous-même, vous en ressortirez avec une facture de plus de 2400 euros pour des objets hétéroclites, éparpillés aux quatre coins de la maison et non intégrés les uns aux autres », a détaillé le directeur général d’Iliad Thomas Reynaud lors de la conférence de presse.
Free se distingue, en outre, de tous ses concurrents en incluant dans son forfait des services comme Netflix et TV by Canal qui sont proposés d'ordinaire en option payante. Et pas question de tabler sur une production maison de contenus comme SFR. Free reste sur un modèle de partenariats lui permettant d'englober encore l'offre presse LeKiosk, ou encore son hub domotique compatible avec les produits Somfy et Philips Hue.
Reprendre pied face aux GAFAM
Ce changement de cap est une bonne nouvelle pour Eric Denoyer, ancien patron de SFR et fondateur de la solution Smart Home Otodo. « C’est un positionnement qui n’est plus purement télécom. Free devient distributeur de services. Cela va lui permettre de sortir de la guerre des prix intestine que se livrent les opérateurs et de retrouver de la valeur », analyse-t-il. « C’est aussi le meilleur moyen de reprendre pied face aux GAFAM. Il était temps qu’un opérateur français propose un assistant vocal intégré », conclu-t-il.
La Freebox Delta ne devrait toucher qu’un public limité de technophiles ayant les moyens. Mais Free mise probablement sur cette box innovante pour servir de produit d’appel et attirer une plus vaste audience vers ses autres box plus abordables, à commencer par la Freebox One. De quoi renouer avec la croissance de son chiffre d'affaires et doper le nombre d'abonnés fixes en berne depuis le début de l'année 2018. Free va aussi continuer à enrichir son offre dans les mois et les années à venir, comme l'a laissé hier entendre Xavier Niel. Certains services n'auraient en effet pas été prêts à temps pour la présentation. C'est donc un pari ambitieux et à long terme que vient de lancer Free avec sa Freebox Delta.
La technologie ne cesse d’évoluer pour nous rendre la vie toujours « plus facile », plus efficace et, souvent, plus sédentaire. Tout cela a un impact sur notre corps et, en particulier, sur nos os.
La perte de solidité osseuse est l’un des risques liés à la sédentarité les moins évoqués. Pourtant, c’est sans doute l’un des plus importants. En effet, une femme sur trois et un homme sur cinq risque d’être un jour victime de fractures liées à l’ostéoporose. Il existe notamment une relation directe entre le manque d’œstrogènes après la ménopause et le développement de l’ostéoporose.
Nos sociétés sont plus sédentaires que jamais. L’utilisation de moyens de transport motorisés, de vélos à assistance électrique, ou le fait de commander notre épicerie hebdomadaire en ligne et de se la faire confortablement livrer à domicile sont autant d’obstacles au maintien d’une activité physique. Les enfants, en particulier, sont moins actifs – les jeux vidéo remplacent les jeux en plein air à un moment crucial de leur développement, alors que l’exercice (surtout les sauts) peut, en six mois, optimiser les gains de solidité osseuse jusqu’à 5,5 %.
La recherche démontre que ce que l’on appelle les « souvenirs épigénétiques » pourraient peut-être se transmettre de génération en génération. Ce qui signifie que notre mode de vie actuel pourrait influencer l’expression des gènes des générations futures. Si ces tendances sédentaires se poursuivent, les humains risquent de devenir plus fragiles et plus dépendants. Ils auraient de ce fait besoin d’un soutien accru de la part de services de santé déjà surchargés.
Notre squelette joue plusieurs rôles : il soutient notre corps, fournit des points d’attache pour les muscles, les tendons et les ligaments qui lui permettent de bouger, et stocke des minéraux comme le calcium et le phosphore. Cependant, lorsque les forces et les exigences externes qui s’exercent sur notre corps disparaissent, nos muscles se dégradent, et nos os deviennent plus légers, moins denses et moins « utiles », ce qui augmente le risque d’ostéoporose et de fracture.
Passer un mois au lit peut par exemple se traduire par une perte d’environ 3 % de l’os cortical de la jambe. Lors d’une mission typique de 120 à 180 jours dans l’espace, les os des astronautes peuvent perdre plus de 10 % de leur solidité. Ceci est dû à l’absence de charge sur leur squelette dans un environnement en microgravité.
Les recherches que nous menons révèlent que, chez les adultes d’âge mûr, la sédentarité est impliquée dans le risque de réduction de la solidité osseuse. La réduction de l’activité physique qui survient après la retraite et le fait de rester assis durant des périodes prolongées, en sont les principaux facteurs responsables, car ils éliminent les stimuli fonctionnels reçus par les os. C’est également le cas lorsque nous laissons la robotique et les machines prendre en charge les tâches que nous avions l’habitude de faire par nous-mêmes.
Lorsque l’os est « chargé », c’est-à-dire soumis à diverses forces, il réagit en devenant plus fort. Ceci a été attesté par de nombreuses études portant sur les conséquences d’exercices physiques. Autres preuves : des recherches ont démontré que la résistance osseuse d’athlètes pratiquant des sports « d’impact » – tels que le football, le hockey et la course – est de 20 à 30 % supérieure à celle de non-athlètes.
L’analyse d’os anciens, vieux de centaines ou de milliers d’années, suggère non seulement que notre squelette est aujourd’hui plus fragile que celui de nos ancêtres, mais aussi que ces différences sont devenues plus prononcées à partir du moment où les humains ont commencé à cultiver leur nourriture, en domestiquant animaux et plantes.
Avant cette époque, les humains se nourrissaient de plantes sauvages et chassaient les animaux. Ils étaient beaucoup plus actifs que leurs descendants fermiers, mangeaient de la viande plus maigre et passaient le plus clair de leur temps « en mouvement ». Des recherches ont démontré que leur masse osseuse était alors environ 20 % plus importante. Des coupes transversales ont révélé que l’avènement de l’agriculture a également eu pour conséquences une diminution de la taille de l’os de la jambe et des changements dans sa forme. Ces modifications sont le reflet des changements de charge sur le squelette qui ont résulté de la transformation des activités des individus.
La science suggère également que la résistance mécanique osseuse des bras des femmes préhistoriques du Néolithique (environ 6000 – 2200 avant notre ère), de l’Âge du bronze (environ 2200 – 800 avant notre ère) et de l’Âge du fer (environ 800 avant notre ère – fin du premier siècle de notre ère) était environ 5 à 10 % plus élevée que celle des athlètes féminines modernes, ce qui indique une importante utilisation de leurs bras durant des activités spécifiques. Ce constat suggère que les êtres humains modernes ne sont pas à l’optimum de leur potentiel de résistance osseuse.
Des exercices simples et des modifications de style de vie destinés à mimer les activités d’un chasseur-cueilleur permettent de renforcer les os. Les exercices fractionnés et les sports nécessitant des sprints rapides, comme le football, peuvent y aider, tout comme l’haltérophilie. Mais il n’est pas forcément nécessaire de se rendre à la salle de sport pour y parvenir.
Des modifications d’habitudes simples peuvent faire l’affaire : l’utilisation d’un sac à dos durant les promenades ou le shopping peut par exemple augmenter la charge sur la colonne vertébrale. Faites vos courses vous-même le plus souvent possible, portez vos sacs à provisions afin de charger les muscles de vos bras et de votre dos – ainsi que, indirectement, vos jambes (et donc tous les os connexes).
Si vous avez un chien, marchez avec lui plus souvent et sur de plus longues distances. Garez votre voiture plus loin de votre travail ou du centre commercial, marchez régulièrement durant vos pauses, au travail et à la maison, organisez des randonnées ou pratiquez la marche « sociale », en famille et entre amis. Essayez d’utiliser les escaliers plutôt que les escalators ou les ascenseurs, et tâchez de monter les marches deux à deux, pour faire travailler vos grands glutéaux et vos quadriceps tout en chargeant les os situés à l’articulation de vos hanches.
Jardiner régulièrement, entretenir un potager ou un jardin communautaire peut procurer des avantages similaires, tout comme la pratique vigoureuse des travaux ménagers. Et si vous avez un poêle à bois, le fait de couper vos propres bûches imite en quelque sorte la façon dont nos ancêtres préparaient les carcasses des animaux qu’ils tuaient, ainsi que les matériaux de construction qu’ils utilisaient pour leurs abris.
Ces petits changements peuvent aider à renforcer la solidité des os, ce qui est d’une importance vitale. En effet, on estimait en 2010 que 158 millions de personnes âgées de 50 ans et plus présentaient un risque élevé de fracture ostéoporotique. Ce chiffre devrait doubler d’ici à 2040. Si l’allongement de l’espérance de vie peut expliquer partiellement cette situation, une composante importante du problème réside dans des habitudes de vie défavorables à la solidité et à la bonne santé des os.
La contestation actuelle du pouvoir est unique. Sans leaders, incontrôlable, elle porte en germe la remise en cause violente des institutions.
La crise à laquelle Emmanuel Macron est confrontée a-t-elle un équivalent sous la Ve République? Depuis la mi-novembre, les «gilets jaunes» ont mis la France en ébullition. Parti d'une contestation de la hausse des taxes sur les carburants, et spécialement le gasoil, qui entamait encore le pouvoir d'achat des populations modestes les plus éloignées des services publics et des centres de consommation (les grandes surfaces), le mouvement s'est rapidement emparé d'une palette de revendications hétéroclites. Et parfois contradictoires. Il n'en demeure pas moins qu'il reflète un malaise profond sur lequel tous les partis d'opposition tentent de surfer et de capitaliser.
La contestation des «gilets jaunes» de 2018 peut-elle être rapprochée du mouvement de 1995 contre la réforme des régimes spéciaux de retraite? C'était un 15 novembre! Le Premier ministre, Alain Juppé, présente alors un plan de rigueur qui concerne la Sécurité sociale, les retraites, les dépenses de l'assurance maladie, les tarifs hospitaliers et les allocations familiales. Globalement, la presse voit plutôt ces réformes d'un oeil favorable. Les syndicats, hormis la CFDT, ne l'entendent pas de cette oreille.
Trois semaines de grève dans les transports, plusieurs journées de manifestations massives, dont une rassemblant, selon les estimations, de un à deux millions de personnes dans toute la France, ont finalement raison d'une partie de la réforme. Juppé lâche du lest: le volet touchant les régimes spéciaux est abandonné. Le reste sera adopté par ordonnance. Les «gilets jaunes» ont-ils une filiation avec 1995? Pas vraiment. Il y a vingt-trois ans, Jacques Chirac avait été élu président de la République sur le thème central de la «fracture sociale», six mois avant le plan Juppé et le changement de cap radical qui privilégiait la lutte contre les déficits.
Macron est-il passé de la constance à l'entêtement?
Rien de cela en 2017. Macron n'a pas été élu sur la fracture sociale mais sur un souhait implicite de régénération politique. Ce souhait a provoqué une explosion du cadre politique ancien dont la matérialisation la plus probante a été l'élimination au premier tour de la présidentielle des représentants des deux formations qui ont alterné au pouvoir depuis le début de la Ve République: François Fillon pour Les Républicains et Benoît Hamon pour le Parti socialiste. A contrario, le second tour du scrutin a opposé un candidat «de gauche et de droite» qui n'avait jamais fait de politique avant d'être appelé au gouvernement par François Hollande et une candidate, championne d'une extrême droite qui n'est jamais retournée aux affaires depuis la chute du régime de Vichy.
Mieux encore, le chef de l'État applique à la lettre le programme sur lequel le candidat Macron a été élu. Pas de revirement, pas de changement de cap. L'opinion lui a même reconnu cette constance pendant plus d'une année, lui laissant le «bénéfice du doute» devant les résultats qui se faisaient attendre. Et c'est précisément cette constance, analysée maintenant par cette même opinion comme de l'acharnement ou de l'entêtement, qui lui est reprochée et qui nourrit un rejet confinant parfois à la haine viscérale et irrationnelle.
La protestation de 1995 avait un cadre bien défini et des chefs de file qui l'étaient tout autant. La contestation des «gilets jaunes» avait un point de départ précis attaché au pouvoir d'achat qui s'est noyé dans un flot revendicatif de mesures antagonistes culminant autour de la démission de Macron et de la dissolution de l'Assemblée nationale. Et après trois semaines de lutte où l'on parle beaucoup moins du blocage des ronds-points ou des zones commerciales et beaucoup plus des violences inouïes et incontrôlées qui ont émaillé la manifestation du 1er décembre, à l'Arc de triomphe et dans le quartier des Champs-Élysées, à Paris, les «gilets jaunes» n'ont toujours pas de leaders reconnus, de porte-paroles acceptés par tout le mouvement.
Nous n’aurons jamais vu un règlement européen être accepté aussi rapidement par les gouvernements européens (en moins de 3 mois !), et ce malgré les inquiétudes exprimées par divers États1. Macron les a manifestement convaincu que, les élections européennes approchant, ils pourraient maintenir leur pouvoir en agitant l’inaltérable prétexte terroriste. En résulte une censure et une surveillance généralisée de l’Internet.
Le Conseil de l’Union européenne vient donc d’acter, à l’instant et sans le moindre débat sérieux, un projet de loi qui obligera tous les acteurs du Web à se soumettre aux outils de surveillance et de censure automatisés fournis par Facebook et Google2, tout en permettant à la police d’exiger le retrait en une heure des contenus qu’elle jugera « terroriste », sans l’autorisation d’un juge.
Deux mesures aussi délirantes qu’inédites, qui conduiront à soumettre tout l’écosystème numérique européen à une poignée de géants que l’Union prétend cyniquement vouloir combattre (lire notre analyse), tout en risquant de remettre en cause la confidentialité de nos correspondances3… Et tout ça alors que ni la Commission européenne ni les gouvernements n’ont jamais réussi à démontrer en quoi cette loi serait utile pour lutter contre le terrorisme4.
Le débat sur ce texte se poursuivra maintenant devant le Parlement européen. Celui-ci votera mercredi prochain, le 12 décembre, un premier « rapport sur la lutte anti-terroriste » qui, sans avoir l’effet d’une loi, promeut peu ou prou les mêmes mesures absurdes que celles prévues dans le « règlement de censure anti-terroriste », que le Parlement examinera dans les semaines suivantes.
Ce premier vote de mercredi sera l’occasion pour chaque député européen de révéler sa position face au projet totalitaire d’Emmanuel Macron, et ils devront en rendre compte alors que s’amorce la campagne électorale pour les élections européennes de 2019.
Le service de cartographie Qwant Maps fait ses débuts dans une version alpha. Un chantier en cours pour y reproduire notamment la politique de respect de la vie privée de Qwant.
Qwant avait annoncé l'arrivée prochaine de plusieurs services, dont un service de cartographie en ligne qui se dévoile aujourd'hui dans une version alpha. Pour Qwant Maps, il s'agit donc pour le moment d'une version préliminaire ne donnant qu'un aperçu du produit avant sa finalisation.
Les itinéraires ne sont pas encore de la partie. Par contre, on retrouve la recherche avec un champ dédié et la gestion de favoris avec des points d'intérêts qui peuvent être partagés. Le service est basé sur les données cartographiques de la communauté OpenStreetMap.
Dans les conditions d'utilisation de Qwant Maps, on peut également lire que (prochainement) le service pourra " afficher des éléments issus de bases de données fournies par ses partenaires, tels que par exemple des fiches d'informations sur les professionnels, descriptions, avis de consommateurs, adresses, horaires d’ouverture ou encore numéros de téléphone. "
Français et européen, Qwant a le respect de la vie privée comme credo. Son moteur de recherche n'utilise pas de cookies et il n'y a pas de pistage de l'utilisateur. Même les adresses IP passent par du hachage. Le modèle d'affaires est basé sur de la publicité contextuelle (pas opposition à ciblée) et de l'affiliation.
Ce respect de la vie privée, Qwant Maps doit donc le reproduire, ce qui représente un défi. Un service de cartographie devient pertinent avec de la personnalisation, et notamment pour retrouver les recherches précédentes.
Vice-président Advocacy chez Qwant, Tristan Nitot a expliqué lors de la dernière édition du " Capitole du Libre " que les développements pour Qwant Maps sont faits avec du logiciel libre (gage de transparence), et il a souligné la technologie Masq qui permettra de la personnalisation côté clients.
Les données de personnalisation seront ainsi stockées sur le smartphone ou ordinateur de l'utilisateur, et avec une synchronisation entre les deux de façon chiffrée. Il s'agira d'afficher un calque sur une carte générique disposant de points d'intérêts issus de recherches précédentes avec stockage en local. En somme, la personnalisation de la carte sera faite sur l'appareil.
Les maires ruraux profitent de leur proximité avec les habitants pour être des relais avec le gouvernement. Plus de 10 000 petites communes vont ainsi ouvrir leurs portes samedi 8 décembre.
Quatre maires dans quatre mairies ont tous décidé d'ouvrir leurs portes samedi 8 décembre et de recueillir les doléances de leurs citoyens. À Fercé-sur-Sarthe (Sarthe), une commune de 600 habitants, Dominique Dhumeaux, le maire, est l'un des premiers à avoir décidé d'ouvrir sa mairie, en tant que vice-président de l'Association des maires ruraux de France. Son quotidien d'élu est rythmé par les revendications des "gilets jaunes". En Gironde, à Blasimon, les habitants sont aussi invités à s'exprimer samedi au secrétariat de la mairie.
Des doléances transmises au gouvernement
L'objectif est de tenter d'ouvrir le dialogue entre une partie de la population et l'État. À Blasimon, cette initiative est plutôt bien accueillie et certains savent déjà ce qu'ils vont dire. Une femme souhaite écrire un mot en soutien aux "gilets jaunes", faute de pouvoir les soutenir sur le terrain. Sur un rond-point, les "gilets jaunes" approuvent également la démarche, qui n'est pas vécue comme une concurrence. Toutes les doléances et propositions reçues samedi seront compilées par l'Association des maires ruraux de France qui les transmettra ensuite au gouvernement.
Pour profiter du panorama qu'offre Douarnenez (Finistère), il faut le faire avant que la nuit ne tombe. Car passé 23 heures, la commune a choisi de débrancher son éclairage public et les habitants ont dû s'adapter au noir complet dans les quartiers résidentiels. Stéphane Castel a ainsi choisi d'installer une lampe dans son jardin à l'entrée de sa maison pour que son enfant puisse rentrer plus facilement. 40% de la ville est aujourd'hui concerné par l'extinction nocturne.
30% d'économies
L'idée vient de David Dorman, responsable des services techniques de la ville, pour pallier la baisse des dotations de l'État. En un an, la facture d'électricité a déjà baissé de 40 000 euros. Une somme que la municipalité a choisi de réinvestir pour renouveler son parc électrique, à commencer par le remplacement des ampoules sodium. Dans le centre commerçant, la luminosité a été réduite grâce à des transformateurs nouvelle génération. Le coût de l'investissement est de 90 000 euros. La lumière est ainsi beaucoup plus douce et 30% d'économies à la clef. Les habitants sont partagés sur la question, certains craignent pour leur sécurité. Plus d'une vingtaine de communes bretonnes ont choisi de pratiquer l'extinction nocturne de l'éclairage public.
Votée par la Parlement Européen le 6 février 2018, la loi signant la fin du géoblocage dans le e-commerce a été entrée en vigueur ce lundi 3 décembre. À partir de cette date, les e-commerçants ne peuvent plus rediriger les internautes vers un site dédié à leur pays de résidence pour les empêcher de bénéficier de prix avantageux pratiqués au-delà de leurs frontière.
Vous avez repéré ce smartphone à un prix plus avantageux sur Amazon Espagne que sur Amazon France ? Désormais, vous pouvez le commander sur la plateforme hispanique si vous le souhaitez. Vous êtes Italien et souhaitez faire héberger votre site internet chez un prestataire en Allemagne ? Là aussi c’est possible.
Quelques restrictions et spécificités
Toutefois, la loi antigéoblocage en vigueur dans toute l’Union Européenne est soumise à quelques spécificités. « Seule la redirection automatique est interdite. Les e-marchands peuvent demander aux consommateurs l’autorisation de les rediriger« , précise Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Les e-commerçants peuvent également choisir de livrer ou non l’objet en dehors des frontières que celles de l’implantation de leur plateforme.