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 La revue de web de Kat

Vous êtes descendant de Charlemagne, votre voisin aussi

Tue 7 Jan 2020 - 10:07

Nous avons tous un père et une mère biologiques. Eux, à leur tour, ont eu les leurs, de sorte que nous avons tous deux grands-pères et deux grands-mères. Si l’on revient en arrière : huit arrière-grands-parents, 16 arrière-arrière-grands-parents, etc. Si 30 ans séparent chaque génération de la précédente, nous aurions pu arriver à avoir environ 16 000 ascendants au début du XVIIe siècle, environ 16 millions au début XIVe siècle et environ 16 milliards à l’aube du XIe siècle, il y a environ 1 000 ans.

Vous aurez compris qu’à ce stade, c’est tout simplement impossible : il n’y a jamais eu autant d’humains vivant au même moment.

En effet, et sans revenir trop en arrière, le nombre réel de nos ascendants est très inférieur à celui qui est calculé à travers ces opérations. La raison est simple : nombreux sont nos ancêtres à appartenir à plusieurs lignées généalogiques. Plus les ascendants se rapprochent dans le temps, plus cela devient improbable, mais plus nous reculons, plus le probabilité augmente.

Au début du XIVe siècle, on comptait 450 millions de personnes dans le monde (environ 70 millions en Europe) il est donc possible de retomber sur les chiffres théoriques calculés au début de l’article : nos 16 millions d’ancêtres auraient pu vivre à cette époque en même temps.

Mais si l’on retourne au XIe siècle, on estime que seulement 400 millions vivaient sur Terre, environ 50 millions en Europe. Le calcul théorique des 16 milliards d’ancêtres devient donc faux.
Doit-on vraiment utiliser l’image d’un « arbre » généalogique ?

Nous parlons, en général, d’arbre généalogique, car nous visualisons notre lignée comme un arbre qui se ramifie progressivement vers l’arrière. Mais la réalité est très différente. Quelques branches se rejoignent à partir de générations peu lointaines, et si nous remontons à une époque plus éloignée, il est inutile de parler de branches. Les lignées généalogiques structurent une espèce d’enchevêtrement ou, si vous préférez, un filet aux multiples nœuds.

D’autre part, de nombreuses lignées ne laissent aucune descendance. Au fur et à mesure que nous remontons dans le temps, le filet devient de plus en plus étroit : on calcule qu’à l’aube du Néolithique, il y a environ 12 000 ans, moins de 4 millions de personnes vivaient dans le monde, environ 60 millions à l’époque homérique, et un milliard au début du XIXe siècle.

Adam Rutherford raconte, dans son livre ADN : quand les gènes racontent l’histoire de notre espèce, que tous ceux qui ont une ascendance européenne viennent, d’une manière ou d’une autre, de Charlemagne. Par conséquent, nous appartenons tous à une lignée royale ! Ce n’est pas une blague, même si cela est complètement hors-sujet. Ceux qui ont un ancêtre européen descendent non seulement de Charlemagne, mais proviennent également de tous les Européens de son époque – autour de l’an 800 – qui ont laissé une descendance et sont arrivés jusqu’au XXIe siècle.

Il est inutile de remonter si loin pour déterminer le moment où se rejoignent nos descendances généalogiques. Tous les Européens partagent un ancêtre commun qui aurait vécu il y a environ 600 ans. Et si les mêmes calculs qui ont permis d’obtenir ces chiffres se font pour toute l’humanité, on estime que tous les êtres humains partagent un ancêtre commun qui a vécu il y a 3 400 ans. Car, même si c’est difficile à croire, on ne connaît aucune population qui serait restée entièrement isolée pendant ces derniers siècles.

Ce genre de choses est assez déconcertant. Pensez-y, si vous avez déposé un échantillon de salive dans un tube pour le faire analyser par une entreprise de généalogie génétique et que l’on vous a annoncé que votre lignée rejoignait des ascendants de tribus guerrières de steppes russes, de braves Vikings qui semèrent le chaos et la destruction en Europe, et d’Égyptiens qui construisirent les pyramides. Il est très probable que vous ayez cette ascendance.

Comme moi.

Généalogie
https://theconversation.com/vous-etes-descendant-de-charlemagne-votre-voisin-aussi-127927

Les tests génétiques, une menace pour l'armée américaine selon le Pentagone - Capital.fr

Wed 1 Jan 2020 - 20:44

Une note interne du Pentagone avertit les soldats américains des dangers des tests génétiques. Les données des militaires pourraient fuiter et être utilisées par des gouvernements hostiles aux États-Unis.

“Donner des informations détaillées sur son patrimoine génétique à des sociétés privées peut avoir de graves conséquences pour les forces militaires”, avertit une note interne du Pentagone dévoilée par le site Yahoo News. Les plus hauts gradés de l’armée américaine estiment que les données génétiques collectées par des entreprises comme 23 And Me, ne sont pas régulées et pourraient être revendues ou fuiter vers des gouvernements hostiles aux États-Unis.

Si le Pentagone ne détaille pas plus précisément les menaces sur la diffusion de ces données génétiques, certains scénarios possibles sont décrits dans cette note interne. Des agences d’espionnage étrangères pourraient avoir accès à des données compromettantes sur un officier américain comme une maladie héréditaire par exemple et le faire chanter pour qu’il soit obligé de donner des informations clefs à l’ennemi. Une inquiétude fondée. En février 2019, l’entreprise FamilyTreeDNA a révélé qu’elle laissait régulièrement le FBI fouiller dans ses banques de données de ses clients afin de résoudre plus facilement des crimes. Les clients FamilyTreeDNA n’avaient jamais donner leur accord pour que leurs données soient partagées.

Les hauts gradés de l’US Army affirment également que les kits pour analyser son patrimoine génétique peuvent donner des résultats imprécis sur des prédispositions à certaines maladies. Ces données erronées pourraient engendrer de faux diagnostics sur la condition médicale d’un militaire et peut-être freiner sa carrière. Certains officiers appellent même à une loi visant à mieux réguler ces entreprises de tests génétiques pour éviter de futures fuites et de mieux protéger la vie privée des citoyens américains.

génétique Vie-privée
https://www.capital.fr/economie-politique/les-tests-genetiques-une-menace-pour-larmee-americaine-selon-le-pentagone-1358711

Léa Nature, l'utopie verte... grandeur nature - Capital.fr

Wed 25 Dec 2019 - 07:44

A La Rochelle, le siège du numéro 2 des produits bio en France s’est transformé en un lieu de vie unique, ouvert à tous.

En talons et tenue de ville, Emmanuelle Juliot évolue à son aise dans l’enclos du poulailler. En cette matinée d’été ensoleillée, l’assistante de direction ne trouve rien d’incongru à tenter de faire poser une poule pour notre photographe ou, au moins, de l’empêcher de se réfugier dans les haies ! C’est que la collaboratrice du groupe Léa Nature mène en réalité une double vie : depuis trois ans, en plus de son job de super assistante, c’est elle qui veille au bon fonctionnement des jardins de la biodiversité : 2,2 hectares de potager, verger, mare, ruches et poulailler, situés à un saut de puce du siège social de l’entreprise. Au beau milieu de la zone d’activité de Périgny, dans l’agglomération de La Rochelle, ces jardins incarnent toute la raison d’être du BiO’Pôle de Léa, tel qu’il a été voulu par Charles Kloboukoff, président fondateur du numéro 2 du bio en France : un lieu social, public et écologique.

Social, parce que destiné avant tout aux salariés du groupe, qui y participent notamment à des ateliers de jardinage. Public, parce que largement ouvert à l’accueil des scolaires et du grand public, mais aussi aux associations environnementales comme Graines de troc, qui entretient l’espace ou la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qui vient y proposer des animations. Et écologique, parce que les jardins sont gérés dans le plus pur esprit "bio", sans pesticides ni engrais, et selon les principes de la permaculture, c'est-à-dire en limitant le plus possible l’intervention humaine. Implanté en 2016 sur la friche de l’ancienne usine de l’équipementier automobile Delphi, le BiO’Pôle ne se limite pas à ses jardins, loin s’en faut. Avec ses 7.600 mètres carrés de bâtiments éco-conçus, il se veut un lieu de vie à part entière : sa cantine, La Canopée, accueille des salariés des entreprises voisines et son snack bio, L’Organic Café, sert les fruits et légumes du jardin. Le pôle abrite également un amphithéâtre et des salles de réunion à louer, une boutique proposant l’intégralité de la gamme Léa Nature, un institut de beauté, ainsi qu’un vaste complexe sportif.
A un saut de puce du siège social de Léa Nature, le BiO’Pôle regroupe des jardins, une cantine bio, un amphithéâtre, des salles de réunion, une boutique, un institut de beauté et un complexe sportif. - © Florence Levillain / Signatures pour Management.

"Les gens dans le coin parlent même du village Léa Nature, raconte, pas peu fier, Charles Kloboukoff, qui voit ainsi se réaliser un rêve de vingt ans. Dès les débuts de l’entreprise, j’avais en tête de créer un espace de rencontres, un lieu pédagogique pour faire la promotion d’une démarche bio et holistique." Mais la crise de 2008 l’avait obligé à mettre en sourdine ce projet "utopique et irréaliste", sur la conception duquel les salariés du groupe avaient été encouragés à réfléchir, au sein de différents groupes de travail. Il aura finalement fallu 14 millions d’euros d’investissement, apportés pour une moitié par l’entreprise et, pour l’autre, par le PDG lui-même sur ses fonds personnels, pour que l'idée voit le jour.

Ancien acheteur chez Intermarché, Charles Kloboukoff n’en est pas à son premier défi. En 1993, l’année de ses 30 ans, il décide de monter sa propre entreprise consacrée aux plantes et à leurs bienfaits, une passion héritée de sa famille. A Pantin, dans la banlieue nord de Paris, il crée Léa Nature pour vendre des produits de phytothérapie et des compléments alimentaires, redonnant vie à une herboristerie oubliée depuis longtemps. Trois ans plus tard, en quête d’une meilleure qualité de vie pour sa famille, il déménage sa société et huit de ses vingt salariés à La Rochelle, avec le soutien du maire de l’époque Michel Crépeau, très sensible aux questions d’environnement. La gamme Léa Nature s’étend rapidement aux tisanes puis, dès les années 2000, aux cosmétiques bio, pour lesquels une ligne de production est installée à La Rochelle. Enfin la filière alimentaire se développe, avec des acquisitions d’ateliers de production un peu partout en France.

Dès ses débuts, Charles Kloboukoff s’est fixé un objectif commercial alors à contre-courant : il veut rendre le bio "accessible à tous" et, par conséquent, faire entrer ses produits dans les grandes surfaces et pas seulement dans les magasins spécialisés. Un pari gagnant : son groupe réalise aujourd'hui un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros, exploite 14 sites de production (tisanes, cosmétiques, conserveries, jus de fruit…) et emploie 1.500 personnes, dont 700 sur le site de La Rochelle. Et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : un plan d’investissement de 100 millions d’euros lancé en 2017 doit l’armer pour affronter l’arrivée de plus gros acteurs sur un marché du bio en pleine explosion, avec entre autres le lancement, dans les prochaines semaines, d’une nouvelle unité de production de cosmétiques.

C’est à l’heure du déjeuner que se révèle l’ampleur de l’entreprise. Dans le restaurant, tout en bois et baies vitrées ouvertes sur le jardin, l’animation bat son plein : une "vingtaine d’entreprises ont signé un accord pour que leurs collaborateurs puissent y accéder", précise Raphaël Allouch, directeur général délégué aux affaires financières, juridiques et sociales, chargé du BiO’pôle. Le restaurant, confié à l’entreprise morbihannaise Ansamble, répond à un cahier des charges strict : il doit servir 60% de produits bio à près de 300 convives et proposer chaque midi un repas bio complet à moins de 5 euros. A la fin du repas, le tri est de mise pour chaque plateau, les déchets organiques allant directement nourrir les poules ou rejoindre le compost au jardin.

Quand les uns profitent de la cantine, d’autres préfèrent transpirer à la salle de sport. "Au départ, nous voulions un terrain extérieur et de quoi accueillir les cours de yoga et de Pilates qui étaient déjà dispensés dans l’entreprise, explique Raphaël Allouch. Le projet a changé de dimension quand nous avons été approchés par des gens qui cherchaient un endroit pour implanter un club de sport." Marché conclu : sur 5.000 mètres carrés, les salariés peuvent sculpter leur musculature, jouer au squash, au football à cinq ou encore au padel, ce nouveau sport de raquette à la mode venu d’Espagne.

Si le restaurant d’entreprise et le club de sport ont été confiés à des prestataires, le BiO’pôle a aussi permis la création de nouveaux métiers au sein même de l’entreprise, soucieuse de conserver la gestion de son bébé : professionnels de la vente et de la restauration pour le magasin Léa Nature et l’Organic Café, de l’esthétique pour l’institut de beauté et même spécialistes de l’événementiel, avec une équipe de trois personnes. "Tout le BiO’Pôle, restaurant et complexe sportif compris, est privatisable pour accueillir des séminaires d’entreprise, des formations, des lancements de produits ou des soirées professionnelles, explique Clément Davy, le chef de projet événements, épaulé dans sa mission par un régisseur technique et un hôte d’accueil. Cela nous installe comme un véritable acteur de la vie locale, d’autant qu’il y a peu de salles de cette capacité dans la région rochelaise." Emblématique du lieu, le jardin s’insère dans l’éventail d’activités proposées. Il est par exemple possible d’organiser à la demande des ateliers de formation à la permaculture.

Au-delà des événements à caractère professionnel, le festival Notes en Vert, qui accueillait, quelques jours après notre visite, le chanteur de reggae Alpha Blondy, ou la Conférence environnement, qui invitait cette année le climatologue Jean Jouzel, font partie des grands rendez-vous annuels qui rythment la vie de Léa Nature. Aujourd'hui, c’est vers la boutique que convergent tous les visiteurs, attirés par le grand déstockage organisé quatre fois par an. A la fois show-room et magasin d’usine, l’endroit propose l’intégralité des 1.500 produits des 16 marques que Léa Nature compte aujourd’hui à son portefeuille, dont I love bio, dernière-née destinée aux millennials, mais aussi un "bar à douche", où les clients se pressent pour remplir leurs flacons de gel douche ou de shampoing.

Dans l’effervescence de la braderie, on en oublierait presque que, de l’autre côté de la route, au siège de l’entreprise, des salariés planchent pour donner naissance aux futures gammes de produits : experts en aromathérapie, nez, ingénieurs agronomes, spécialistes du marketing et de la production ou encore pros de l’emballage, l’un des chantiers prioritaires de l’entreprise pour réduire son impact environnemental. Charles Kloboukoff en est convaincu : "Le BiO’Pôle sera un outil formidable pour attirer à nous de futures générations de salariés en quête de sens dans leur vie professionnelle."

bio entreprise
https://www.capital.fr/entreprises-marches/lea-nature-lutopie-verte-grandeur-nature-1358459

Quatre candidats pour un siège, dont un Pirate - Le Temps

Wed 25 Dec 2019 - 06:27

Quatre candidats pour un siège, dont un Pirate

Le Parti pirate se lance dans la course à l’élection complémentaire au Conseil d’Etat de Vaud. Son candidat, Jean-Marc Vandel, mise sur la protection des données et des mesures écologiques contraignantes

Les prochaines élections dans le canton de Vaud se disputeront entre quatre candidats aux profils antagonistes. Parmi eux, Jean-Marc Vandel. Membre du Parti pirate depuis dix ans, il a annoncé sa candidature jeudi 19 décembre au premier étage du restaurant Lucha Libre, à Lausanne. Cet homme de 51 ans a été choisi par ses camarades pour briguer le siège du Conseil d’Etat laissé vacant par la libérale-radicale Jacqueline de Quattro, élue en octobre dernier au Conseil national. Le Parti libéral-radical a choisi Christelle Luisier pour la remplacer, considérée depuis comme la favorite pour lui succéder sans encombre à ce poste. Mais c’était sans compter les prises de position des petits partis.
Des pas de danse à ceux de la politique

A quelques jours de la date limite du dépôt des listes, fixée ce lundi 23 décembre, le mouvement Grève du climat Vaud a ainsi tiré au sort son représentant anonyme, le 11 décembre, une candidature soutenue par les Jeunes Verts vaudois. Guillaume Morand, dit «Toto Morand», le candidat du Parti de rien, est de retour. Et le Parti pirate vaudois (PPVD) fait son entrée sur la scène politique vaudoise. «Face à une élection tacite, je préfère le débat d’idées», résume Jean-Marc Vandel, qui estime avoir toutes ses chances dans cette élection. «C’est aussi l’occasion de faire connaître nos valeurs: liberté, intégrité et laïcité, poursuit Emmanuelle Germond, présidente de l’assemblée pirate. Nous l’avons choisi pour ses qualités de leadership et d’humanisme.»

Le Genevois a étudié l’informatique à l’EPFL. «J’ai été sergent-major technique de l’armée, puis j’ai travaillé dans une entreprise familiale sur les tout premiers routeurs basés sur Linux, avant de m’occuper de la gestion de paiements électroniques», commence-t-il. En 1994, il fonde avec des amis une association qui promeut le tango argentin à Lausanne et dans ses environs. Une passion qu’il continue d’exercer en tant que professeur de danse à l’Université de Lausanne. En 2005, dans un bal estival de Morges, le candidat se découvre un talent pour l’animation de soirées et devient DJ Jean-Marc. Aux platines, il enchaîne les morceaux de néo-tango.

Il est aujourd’hui directeur technique d’Open Net, une société qui accompagne la transformation numérique des petites et moyennes entreprises romandes en utilisant des logiciels open source – quand le code source d’un logiciel est accessible à tous et gratuit. Un domaine qu’il défend dans son programme. «Nous ne devons pas être les esclaves des nouvelles technologies et devons nous battre contre l’Etat fouineur et la reconnaissance faciale», déclare-t-il. Le PPVD rassemble actuellement des signatures pour un référendum contre la gestion privée, par UBS et La Poste, des passeports numériques suisses. «Nous devons encourager l’intégrité des individus numériques et l’utilisation de logiciels libres au sein des administrations», poursuit-il.
Pour des transports gratuits et plus de transparence

Un autre axe de bataille du Parti pirate est la déclaration de l’urgence climatique assortie d’«effets contraignants; sinon, cela reste du bla-bla, dit-il. Notre objectif: que le canton de Vaud atteigne la neutralité carbone en 2030.» Pour ce faire, Jean-Marc Vandel reconnaît avoir «beaucoup d’espoir dans la fusion thermonucléaire» et propose la gratuité des transports publics, la défense des circuits courts, ainsi que la consommation de produits locaux. «Il est indispensable de soutenir les artisans et les entrepreneurs, car il faut une économie saine pour mettre en place un programme social généreux», estime-t-il. Jean-Marc Vandel souhaite également convertir les peines de prison-amende légères en travail d’intérêt général pour aider à la réintégration des petits délinquants. «Ce sera plus utile à la société et ainsi, ils ne seront pas entraînés par plus délinquant qu’eux en prison.»

Le Parti pirate défend la transparence totale dans les processus démocratiques «pour que chacun puisse faire des choix éclairés». Le budget de campagne est de 10 000 francs. «Nous serons là où on ne nous attend pas, assure-t-il. Nous espérons, comme nous l’avons fait pour les élections fédérales, une alliance avec les Vert’libéraux vaudois.» Ces derniers se prononceront sur ce point à la sortie de leur assemblée générale de janvier prochain, soit un mois avant l’élection qui aura lieu le 9 février.

logiciel-libre Parti-Pirate Suisse
https://www.letemps.ch/suisse/quatre-candidats-un-siege-dont-un-pirate

Dans quel ordre doit-on regarder Star Wars ? - Pop culture - Numerama

Mon 9 Dec 2019 - 20:45

En décembre, Star Wars est de retour. C'est le moment de se refaire tous les films avant de savourer le nouvel opus. Faut-il suivre l'ordre de sortie au cinéma ou la chronologie de l'histoire ? Peut-être aucun des deux : découvrez l'ordre à la Machette et notre analyse pour y inclure tous les autres films Star Wars, de la nouvelle trilogie à Rogue One.

Si vous n’avez jamais vu Star Wars et ne savez absolument rien de ce qui s’y passe et des relations entre les différents personnages, mais que vous souhaitez découvrir cette saga cinématographique, nous vous conseillons d’arrêter la lecture et de suivre simplement l’ordre de visionnage suivant : IV, V, II, III, VI, VII, VIII. Oui, les numéros sont dans le désordre. Et oui, il en manque.

Si vous connaissez déjà Star Wars et souhaitez avoir nos explications, ou que vous voulez que l’on vous démontre pourquoi cet ordre est pertinent, nous vous invitons à poursuivre la lecture.

cinéma StarWars
https://www.numerama.com/pop-culture/578374-dans-quel-ordre-regarder-star-wars.html#utm_medium=distibuted&utm_source=rss&utm_campaign=578374

Comment créer un groupe de destinataires dans Gmail

Mon 9 Dec 2019 - 15:31

Envois groupés dans Gmail
09/12/2019

Curieusement depuis l’interface utilisateur de la messagerie Gmail, il n’est pas possible de créer des groupes de destinataires pour pouvoir envoyer le même mail à plusieurs personnes. Cela oblige à ajouter un à un tous les destinataires auxquels on souhaite expédier ledit message.

Cependant, en passant par l’application Google Contacts, il va être possible de contourner cette limitation.

Évidemment, il n’est pas question d’utiliser Gmail pour faire des mailings de masse, et de toute façon si vous vous risquez à cet exercice, Google aurait tôt fait d’invoquer les limites qu’il a imposées dans l’utilisation de sa messagerie pour suspendre ou désactiver votre compte Gmail.

Voici la procédure pour créer des groupes de dentinaires à exploiter dans Gmail

Depuis l’application Contacts de Google, sélectionnez une ou plusieurs personnes parmi vos contacts en cochant les noms.

Dans la barre d’outils en haut de l’écran, cliquez sur l’icône Gérer les libellés. Sous le terme libellé qui est employé partout dans les applications Google, il faut comprendre groupes.
Dans le menu qui s’affiche, choisissez + Créer un libellé, donnez-lui un nom, puis pour finir, cliquez sur le bouton Enregistrer. À noter qu’il est aussi possible de créer un libellé ou de copier un contact dans un libellé en effectuant une recherche selon des critères communs (entreprise, pays de résidence…) à des contacts. Il est aussi possible en sélectionnant un contact de l’ajouter à un libellé existant.
Le libellé est alors affiché à gauche de la fenêtre dans la section Libellés. C’est à ce niveau de l’interface utilisateur, qu’il est possible d’éditer un libellé, d’ajouter ou de supprimer des destinataires, de le supprimer, etc.
Maintenant, pour utiliser le groupe de destinataires dans la messagerie Gmail pour leur envoyer le même message, après avoir cliqué sur Nouveau message, il suffit de taper les premières du libellé pour le voir s’afficher dans le champ À. La liste des destinataires du mail est affichée. Vous avez toujours le possibilité d’y ajouter des personnes ou d’en retirer avant d’envoyer le mail.

Il faut savoir que si un contact dispose de plusieurs adresses mail dans Google Contacts qui sont indiquées sur sa fiche, c’est l’adresse mail principale qui va être utilisée.

La procédure n’est pas très compliquée, mais à l’instar de la messagerie Outlook, il serait quand même plus facile de pouvoir effectuer la manipulation depuis Gmail afin de pouvoir envoyer des lettres d’informations et des petits mailings ciblés à un groupe de personnes.

Gmail
https://www.ballajack.com/envois-groupes-gmail

Limitations et contraintes à connaître quand on utilise Gmail

Mon 9 Dec 2019 - 15:31

Les limites journalières pour l’envoi de mails sur Gmail
08/09/2014

Gmail est le système de messagerie de type Webmail conçu et développé par Google.

Certaines limites dans son fonctionnement sont toutefois à prendre en compte.

Par exemple, la taille maximale d’un fichier attaché en pièce jointe à un mail est de 25 Mo alors que l’espace de sauvegarde mis gratuitement à disposition par Google est de 15 Go.

De la même manière, Google limite aussi le nombre de mails que vous pouvez chaque jour envoyer depuis votre compte Gmail.

Si ce quota journalier est dépassé, Google peut temporairement désactiver votre compte Gmail sans vous en avertir et vous devrez patienter 24 heures avant de retrouver l’accès à votre compte de messagerie Gmail.

illustration-gmail
Les limites de Gmail pour l’envoi de mail

Gmail n’est pas prévu pour envoyer des mails en masse afin de réaliser des campagnes de mailings. Si vous prévoyez d’utiliser Gmail pour expédier un mail à un grand nombre de personnes, prenez connaissance des règles énumérées ci-dessous pour éviter de vous faire suspendre votre compte Gmail par Google.

Règle numéro 1 : Chaque jour, vous ne pouvez envoyer des mails qu’à un maximum de 500 destinataires. Si vous dépassez cette limite d’envoi, votre compte Gmail pourra être suspendu. Il est important de comprendre que cette limite s’applique au nombre de destinataires et non pas au nombre de messages. Ainsi, il est possible d’expédier 10 mails à 50 personnes ou 1 même mail à un maximum de 500 personnes.

Règle numéro 2 : Si vous accédez à Gmail avec un client de messagerie qui utilise les protocoles POP ou IMAP, comme le font les applications Microsoft Outlook ou Apple Mail, vous ne pouvez envoyer un mail qu’à un maximum de 100 destinataires à la fois. Si cette limite est dépassée, votre compte Gmail pourrait être désactivé pour une journée.

Règle numéro 3 : Avant de répondre à un mail, vérifiez bien l’adresse mail des différents destinataires, avant de cliquer sur le bouton Envoyer. En effet, si votre réponse à un mail contient des adresses de messagerie inexistantes ou qui ont été supprimées (la limite semble être fixée à 25 erreurs), Gmail va rencontrer des erreurs d’envoi qui pourrait engendrer la suspension de votre compte Gmail.

Règle numéro 4 : Vous pouvez associer plusieurs adresses mail à votre compte Gmail et envoyer des mails avec n’importe laquelle d’entre elles. Cependant, en envoyant un mail depuis une adresse différente que l’adresse Gmail principale, c’est sur celle-ci que s’appliquent les différentes restrictions.

Règle numéro 5 : Si vous envoyez des mails par l’intermédiaire de scripts (par exemple Google Script), pour les comptes gratuits, la limite journalière d’envoi est fixée à 100 destinataires.

Pour en finir avec les conditions d’utilisation de Gmail, il faut savoir aussi que Google peut supprimer votre compte Gmail de façon permanente si vous n’accédez pas à votre compte de messagerie durant une période de neuf mois consécutifs.

Gmail
https://www.ballajack.com/limite-journaliere-envoi-mail-gmail

Le FBI tire la sonnette d'alarme sur les risques de sécurité auxquels peuvent faire face les téléviseurs connectés et prodigue quelques conseils

Mon 9 Dec 2019 - 09:30

Vous avez sans doute vu défiler des annonces du Black Friday vous invitant à acheter des produits de toute sorte. Si vous vous êtes résolu à acheter une (nouvelle) smart TV, le FBI voudrait que vous sachiez un certain nombre de choses.

Les smart TV ressemblent aux téléviseurs ordinaires, mais disposent de la possibilité de se connecter à Internet. Plusieurs vont se tourner vers la télévision connectée pour avoir accès à des services de streaming comme Netflix, Hulu, Amazon Prime Video et d’autres. Mais, comme tout ce qui se connecte à Internet, les vulnérabilités des smart TV sont donc ouvertes aux hackers. De plus, de nombreuses smart TV sont équipées d'une caméra et d'un microphone. Pourtant, comme pour la plupart des autres appareils connectés à Internet, les fabricants ne mettent souvent pas la sécurité en priorité.

C’est l'un des points sur lesquels le bureau du FBI à Portland a publié un avertissement sur son site Web.

« Un certain nombre de téléviseurs récents ont également des caméras intégrées. Dans certains cas, les caméras sont utilisées pour la reconnaissance faciale afin que le téléviseur sache qui est en train de regarder les programmes pour adapter le contenu et réaliser des propositions. Certains de ses appareils permettent également de réaliser des appels vidéo.

« Outre le risque que votre fabricant de télévision et les développeurs d'applications vous écoutent et vous regardent, la télévision peut également être une passerelle pour que les pirates pénètrent dans votre maison. Un cyberacteur malveillant peut ne pas être en mesure d'accéder directement à votre ordinateur verrouillé, mais il est possible que votre téléviseur non sécurisé lui permette d'accéder facilement à la porte dérobée via votre routeur.

« Les pirates peuvent également prendre le contrôle de votre téléviseur non sécurisé. Au bas du spectre des risques, ils peuvent changer de chaîne, jouer avec le volume et montrer à vos enfants des vidéos inappropriées. Dans le pire des cas, ils peuvent allumer la caméra et le microphone de votre téléviseur et vous espionner ».

Les attaques actives et les exploits contre les téléviseurs connectés sont rares, mais pas inconnus. Étant donné que chaque téléviseur intelligent connecté est livré avec le logiciel de son fabricant et est à la merci de son programme de correctifs de sécurité irrégulier et souvent peu fiable, certains appareils sont plus vulnérables que d’autres. Plus tôt cette année, des hackers ont montré qu’il était possible de détourner la Google Chromecast et de diffuser des vidéos au hasard à des milliers de victimes.

En fait, certains des plus grands exploits ciblant les télévisions connectées de ces dernières années ont été développés par la CIA, mais ont été volés. Les fichiers ont ensuite été publiés en ligne par WikiLeaks.

Cependant, même si l’avertissement du FBI répond à de véritables craintes, l’un des problèmes les plus importants qui devraient en susciter autant, sinon davantage, est le nombre de données de suivi collectées sur les propriétaires de téléviseurs intelligents.

Le Washington Post, plus tôt cette année, a constaté que certains des fabricants de téléviseurs intelligents les plus populaires, y compris Samsung et LG, collectent des tonnes d'informations sur ce que les utilisateurs regardent afin d'aider les annonceurs à mieux cibler leurs publicités et à suggérer des contenus à suivre, par exemple. Le problème de la retransmission télévisée est devenu si problématique il y a quelques années que le fabricant de téléviseurs intelligents Vizio a dû payer une amende de 2,2 millions de dollars après avoir été surpris en train de collecter secrètement les données de visionnage. Plus tôt cette année, un recours collectif séparé lié à la poursuite de Vizio a été autorisé malgré la demande de l'entreprise.

Les téléviseurs et la technologie occupent une place importante dans nos vies et ne sont pas près de disparaître. Aussi, le FBI a fait une série de recommandations pour vous aider à mieux protéger votre famille :

Sachez exactement quelles sont les fonctionnalités de votre téléviseur et comment les contrôler. Effectuez une recherche Internet de base avec votre numéro de modèle et les mots « microphone », « caméra » et « confidentialité ».
Ne dépendez pas des paramètres de sécurité par défaut. Modifiez les mots de passe si vous le pouvez. Sachez, si possible, désactiver les microphones, les appareils photo et la collecte des informations personnelles. Si vous ne pouvez pas les désactiver, déterminez si vous êtes prêt à prendre le risque d’acheter ce modèle ou d’utiliser ce service.
Si vous ne pouvez pas éteindre une caméra, mais souhaitez le faire, un simple morceau de ruban noir sur l’œil de la caméra est une option de retour aux sources.
Vérifiez la capacité du fabricant à mettre à jour votre appareil avec des correctifs de sécurité. Peuvent-ils le faire ? L'ont-ils fait dans le passé ?
Vérifiez la politique de confidentialité du fabricant de téléviseurs et les services de streaming que vous utilisez. Confirmez quelles données ils collectent, comment ils les stockent et ce qu’ils en font.

Source : FBI

enceintes-connectées Vie-privée
https://www.developpez.com/actu/286023/Le-FBI-tire-la-sonnette-d-alarme-sur-les-risques-de-securite-auxquels-peuvent-faire-face-les-televiseurs-connectes-et-prodigue-quelques-conseils/

FBI recommends that you keep your IoT devices on a separate network | ZDNet

Sun 8 Dec 2019 - 11:37

The FBI says owners of IoT (Internet of Things) devices should isolate this equipment on a separate WiFi network, different from the one they're using for their primary devices, such as laptops, desktops, or smartphones.

"Your fridge and your laptop should not be on the same network," the FBI's Portland office said in a weekly tech advice column. "Keep your most private, sensitive data on a separate system from your other IoT devices," it added.

The same advice -- to keep devices on a separate WiFi network or LAN -- has been shared in the past by multiple IT and security experts [1, 2, 3, 4].

The reasoning behind it is simple. By keeping all the IoT equipment on a separate network, any compromise of a "smart" device will not grant an attacker a direct route to a user's primary devices -- where most of their data is stored. Jumping across the two networks would require considerable effort from the attacker.

However, placing primary devices and IoT devices on separate networks might not sound that easy for non-technical users. The simplest way is to use two routers.

The smarter way is to use "micro-segmentation," a feature found in the firmware of most WiFi routers, which allows router admins to create virtual networks (VLANs). VLANs will behave as different networks; even they effectively run on the same router. A good tutorial on how you can create VLANs on your routers is available here.

While isolating IoT devices on their own network is the best course of action for both home users and companies alike, this wasn't the FBI's only advice on dealing with IoT devices. See below:

Change the device's factory settings from the default password. A simple Internet search should tell you how—and if you can't find the information, consider moving on to another product.
Passwords should be as long as possible and unique for IoT devices.
Many connected devices are supported by mobile apps on your phone. These apps could be running in the background and using default permissions that you never realized you approved. Know what kind of personal information those apps are collecting and say "no" to privilege requests that don't make sense.
Make sure all your devices are updated regularly. If automatic updates are available for software, hardware, and operating systems, turn them on.

Last week, the same FBI branch office in Portland also gave out similarly good advice on dealing with smart TVs by recommending that device owners put a piece of black tape over their smart TV's camera lens.

The FBI claimed that hackers who take over one of today's fully-featured smart television sets would be able to spy on device owners through the built-in cameras.

While this is prudent advice, it is worth mentioning that there have not been any known cases of this happening -- with hackers taking over a smart TV and spying on its owner.

enceintes-connectées Vie-privée
https://www.zdnet.com/article/fbi-recommends-that-you-keep-your-iot-devices-on-a-separate-network/

La honte, je ne sais jamais où et quand mettre les virgules | Slate.fr

Fri 6 Dec 2019 - 13:21

La virgule est une imposteuse de la pire espèce, une intrigante et une capricieuse, une comploteuse et une usurpatrice qui se plaît à embrouiller l'esprit des auteurs.

J’ai beau être l’écrivain le plus doué de ma génération, le blogueur le plus accompli de la place de Paris, une éminence intellectuelle à l’aura incomparable dont les œuvres complètes sont disséquées dans les plus prestigieuses universités de la planète, une sorte de phare au génie intemporel courtisé par les grands de ce monde, quand arrive l’heure de ponctuer mes écrits, au moment où il me faut décider où je dois apposer une virgule parmi le savant embrouillamini de mes phrases, je suis aussi embarrassé qu’un «gilet jaune» interrogé sur la nature exacte de ses revendications.

Je n’ai aucun respect pour la virgule et elle me le rend bien. Parfois je peux aligner une phrase longue comme un discours de Fidel Castro sans jamais avoir recours à ses services, ivre de ma propre prose au point de la laisser prospérer, libre de toute ponctuation. Et d’autres fois, subissant leur charme insidieux, je les distribue à tout-va avec une générosité telle que quiconque me lirait penserait être confronté à un auteur frappé de dyslexie, atteint d’un hoquet incurable.

Je ne ponctue pas, je bégaye des virgules que je dispose au gré de mon humeur, sans aucun respect pour leurs règles d’usage, règles probablement apprises un jour mais aussitôt oubliées, reléguées dans le caniveau de mon esprit, règles si complexes à appliquer que lorsque pris de remords, j’essaye de comprendre leur fonctionnement par l’étude d’un quelconque livre de grammaire, j’abandonne au bout de deux paragraphes, sourd à ces explications dont je ne comprends ni le sens, ni la portée.

Pour moi, une virgule se met quand elle se met, là où mon intuition me dit de la fixer, au milieu d’un attroupement d’adjectifs, au détour d’un adverbe, dans l’anarchie de verbes qui se répondent et s’entrecroisent. Est-ce donc de ma faute si mon intuition, neuf fois sur dix, me trompe et m’abuse, m’obligeant à clore le premier mouvement d’une phrase là où je devrais la laisser respirer et vagabonder toute à son aise tandis qu’elle me condamne à un laxisme coupable au moment où, tout au contraire, je devrais marquer les adjectifs à la culotte et sanctionner un malheureux verbe d’un coup de faux ferme et résolu?

La virgule est une imposteuse de la pire espèce, une intrigante et une capricieuse, une comploteuse et une usurpatrice, une bébé star venue au monde juste pour compliquer à outrance la vie d’un honnête auteur comme moi, obligé de passer des heures à lire à haute voix sa propre prose afin de déterminer l’endroit exact où apposer sa seigneurie, elle qui quand elle se retrouve là où elle ne devrait pas être, se met à brailler si fort que n’importe quel lecteur la remarque et appelle aussitôt le standard de l’Académie française pour me dénoncer.

La virgule est une grand-mère grincheuse qui met son grain de sel là où on ne lui a rien demandé. Quand on l’oublie, elle crie au sacrilège, à l’abandon, au déclassement, et lorsqu’on la sollicite de trop, elle se vexe, se renfrogne et se plaint d’être mal logée. «Sortez-moi de là, bourreau de virgule», s’exclame-t-elle si d’aventure on en abuse de trop, quand pour une raison quelconque, un oubli ou un étourdissement passager, l’envie nous prend de corseter de près un paragraphe particulier. Mais si jamais à ce même paragraphe on donne congé en la laissant vivre sa vie à sa guise, voilà qu’au bout de deux minutes à peine, elle vient frapper au carreau de la grammaire ainsi malmenée et vitupère: «Et moi alors, je compte pour du beurre peut-être?».
Savez-vous que toutes les fois où je donne à ma bien-aimée –professeure de français dans la vie civile, tortionnaire sans scrupules dans le privé– une de mes chroniques à corriger, par sa faute –la faute de la virgule s’entend– je tremble de peur et manque de m’évanouir. Je vois son regard qui se fronce à la première virgule mal employée, et quand elle en rencontre une deuxième puis une troisième… bien vite une dixième, ses soupirs se font si lourds que je me renfonce dans l’épaisseur de mon canapé au point de vouloir disparaître tout à fait.

Peine perdue!

Arrive toujours un moment où ses soupirs deviennent des grommellements, ses grommellements des petits cris d’exaspération, avant d’exploser en un tonitruant: «Non mais dis-moi la vérité, tu as décidé de te foutre de ma gueule ce soir, c’est ça?! Ce n’est pas possible d’être à ce point nul en ponctuation. Tu prends des cours du soir pour t’emmêler autant avec les virgules? Tu sais qu’avec une grammaire pareille, tu pourrais facilement prétendre au poste de porte-parole des “gilets jaunes”?». La vache.

Penaud je file sans demander, mon reste et ma, chronique, pourtant, superbe, demeure vierge de toute correction au point où quand je l’envoie au secrétaire de rédaction lequel n’a pas son pareil pour traquer les fautes de ponctuation surtout quand elles n’existent que dans son imaginaire détraqué à l’image de son aversion pour les erreurs de syntaxe sans oublier les lourdeurs de style il n’y comprend goûte et me, convoque, derechef, pour, me passer un, savon, un drôle de, savon.

Oui un drôle, de savon!

écrire
http://www.slate.fr/story/173142/honte-placer-virgules

Le faux combat de l'écriture inclusive | Slate.fr

Thu 5 Dec 2019 - 19:30

Bérengère Viennot — 5 décembre 2019 à 8h06
[TRIBUNE] Cessez de faire la guerre à la langue, elle ne vous a rien fait.

Attachez vos ceintures, sortez les flingues, affûtez les couteaux: je vais vous parler d'écriture inclusive. Si vous êtes déjà sur le qui-vive rien qu'à l'idée, c'est que vous êtes membre (comme moi) du Landerneau intellectuel qui se déchire sur le point médian et autres accords de proximité et féminisation de noms de métiers.

À Slate, les consignes sont claires: après un essai de double flexion (les traducteurs et les traductrices...) et un consensus toujours d'actualité sur l'accord de proximité (...sont de plus en plus mécontentes...), le point médian a fait une entrée fracassante et non négociable (...de la décision du rédacteur en chef, prise après consultation des éditrices et au grand dam d'un certain nombre de pigistes agacé·es).

À mon sens, la féminisation des noms de métiers ne fait pas partie de l'écriture inclusive. En effet, dans «écriture», il y a (roulement de tambour) «écrit», or la féminisation des noms de métiers dans la langue française est un phénomène avant tout oral. C'est d'ailleurs bien pour cela qu'elle gagne du terrain, et à raison.

Cette évolution de la langue est le reflet d'une évolution sociétale; de plus en plus de métiers autrefois (presque) exclusivement masculins se sont ouverts aux femmes, et on assiste à une normalisation de l'égalité des fonctions dans le monde professionnel. C'est une nouveauté dont la langue se fait l'interprète: d'abord un phénomène se produit, puis naît un vocabulaire qui le désigne.

Il existe de plus en plus de femmes cheffes d'orchestre, magistrates ou, euh, entraîneuses... Quoi de plus logique que la langue suive le mouvement? Et on n'a pas eu besoin d'attendre l'autorisation de l'Académie française dont, il faut bien l'admettre, la plupart des gens se tamponnent le coquillard dans leurs communications verbales quotidiennes. Cette transformation, n'en déplaise aux immortels, est d'abord passée par l'oral, comme tout ce qui touche l'évolution de la langue.

Rappelons qu'avant l'invention de l'imprimerie (et même un bon moment après), la langue écrite (et ses éventuelles règles) était réservée à une minorité (principalement religieuse) et qu'elle concernait à peine la grande majorité de ceux qui la parlaient.

Les règles de grammaire et de syntaxe françaises sont un phénomène extrêmement récent, ce qui rend d'autant plus amusants les individus qui s'y accrochent comme des moules à leur bouchot pour justifier d'un éventuel retour à d'anciennes lois sages et forcément meilleures (c'était mieux avant).

L'être humain a environ quatre millions d'années. Les premières grammaires imprimées remontent au XVIe siècle de notre ère, soit un tantinet plus tardivement. Entre les deux, un bon paquet d'Homo sapiens (ou erectus, ou neanderthalensis, ou autres) ont dû joyeusement écorner les participes passés sans que ça les empêche de dormir ou de chasser le mammouth.

L'accord de proximité fait l'objet de moult débats entre linguistes de toutes chapelles quant à son usage en ancien français et français moderne et quant à sa potentielle légitimité dans le français d'aujourd'hui en fonction de son histoire réelle ou supposée –débats qui concernent les linguistes historiens et que je ne suis pas qualifiée pour trancher.

L'accord de proximité est à mi-chemin entre la féminisation des noms de métiers, avant tout orale, et le point médian, exclusivement écrit: il est réalisable dans le discours (mon père et ma mère sont mortes et enterrées; vous me mettrez un maquereau et une limande, bien grosses!), mais force est de constater que son usage n'est pas encore bien courant dans la vie de tous les jours.

Qu'il soit enraciné ou non dans l'histoire, l'accord de proximité présente le grand avantage d'être assez facilement escamotable quand on ne veut pas le pratiquer, puisqu'il suffit d'inverser les termes pour clore le débat sans trop dénaturer le propos.

Mais le point médian. Aaaah, le point médian.

Signe typographique uniquement réservé à l'écrit (mais si, regardez: lisez à voix haute «les rapports dont les infirmierères sont les auteurices ont été déclamés par des acteurices» devant d'autres francophones et filmez leurs réactions), le point médian est censé rétablir l'égalité entre les hommes et les femmes dans un monde lexical intoxiqué par la domination masculine.

Ce raisonnement, qui confond genre grammatical et sexe, implique que comme les êtres humains, les mots ont un sexe et que celui-ci est un reflet de la domination sociale exercée par les hommes sur les femmes dans notre société: il s'agit d'une anthropomorphisation de la syntaxe.

«Les mots tuent, c'est vrai, au même titre que les armes: s'il n'y a pas un être humain pour appuyer sur la détente, ils ne servent à rien et n'ont aucun effet.»

Les mots ont un sens, une force, un pouvoir: celui de détruire ou de déshumaniser, de créer, de rendre heureux ou malheureux, mais jamais hors de tout contexte. Les mots qui détruisent, que ce soit les insultes d'un mari maltraitant, d'un parent indigne ou d'un gardien de prison sadique, les mots qui construisent, que ce soit les mots d'amour d'une mère, d'un amant, d'une sœur ou les encouragements d'un professeur qui marqueront à vie, les mots qui jugent, dans un tribunal ou pendant le dîner familial à Noël, tous ces mots n'ont que la valeur qu'on leur donne.

Les mots tuent, c'est vrai, au même titre que les armes: s'il n'y a pas un être humain pour appuyer sur la détente, ils ne servent à rien et n'ont aucun effet.

Quant à l'écriture, comme l'explique Yuval Noah Harari dans Sapiens, il s'agit d'«une méthode de stockage de l'information à travers des signes matériels», c'est-à-dire que ce n'est que le moyen de représenter une réalité, un instrument au service du réel.

On m'opposera que certains mots sont sexistes («pute»), racistes («nègre»), homophobes («pédale»). Mais quand c'est un groupe féministe qui l'utilise (Ni putes, ni soumises), un Noir qui le revendique (Nègre je suis, nègre je resterai), un homosexuel qui se l'approprie (Pédale!), alors il en va tout autrement. De mots proscrits, ils deviennent des revendications acceptables, des appropriations positives qui visent à corriger un déséquilibre social en défaveur d'une minorité opprimée.

Parce qu'en réalité, ce ne sont pas les mots qui sont sexistes (ou racistes, ou homophobes), ce sont ceux qui les disent et les contextualisent. Les mots sont des outils et rien d'autre: avec des mots comme avec un marteau, on peut enfoncer un clou et construire quelque chose ou bien détruire quelqu'un en lui défonçant le crâne. Qui, dans ce dernier cas, aurait l'idée saugrenue d'accabler le marteau?

À l'image de l'artisan qui bichonne ses outils de travail, je suis une amoureuse fanatique des mots. J'ai mes préférés, parce qu'ils sont pratiques, qu'ils sonnent bien ou qu'ils m'aident à façonner des textes que je trouve beaux ou bien tournés. Il y en a que je n'aime pas du tout, souvent de façon très subjective, parce que je les trouve laids, mal fichus ou pas pratiques du tout, ou bien parce qu'ils déboulent dans une phrase comme un cheveu sur la soupe.

Mais je ne les accuse de rien: chaque fois que je les utilise, c'est moi qui parle, pas eux. Je m'en sers, je les manipule, je les tords parfois dans tous les sens; ce sont mes jouets, ma glaise, ma chose.

Si je décide d'écrire une phrase raciste ou diffamatoire ou révisionniste ou que sais-je encore, c'est moi qui devrai en assumer les conséquences, pas les auteurs du Grand Robert. Si j'écris une phrase très moche ou mal construite, il m'en sera fait le reproche à moi, pas aux outils dont je me serai servie. Je m'attache à ne jamais confondre le message avec le messager…

Les mots ne sont pas sexistes, ils sont vides tant qu'on ne les remplit pas de sens, et le recours au point médian ne va pas modifier la réalité de ceux qui le prônent et l'utilisent.

Le but du point médian est d'englober une certaine réalité dans un mot, mais si cette réalité existe déjà, il n'est pas besoin de tordre le mot et de défigurer un texte pour la rendre. Comme disait je ne sais qui (Guitry? Le pape?), «quand je dis les hommes, j'embrasse toutes les femmes». Blague à part, dans une société (on l'espère) de moins en moins sexiste, les mots et les structures qui existent déjà désignent la réalité telle qu'elle est.

Pour un Français en 1960, le mot «couple», c'était un homme et une femme, point final. En 2019, le mot couple désigne «deux personnes; un homme et une femme ou deux hommes ou deux femmes qui s'aiment» et personne n'a besoin de le préciser, parce que la part d'implicite est évidente pour tout le monde. La signification a évolué avec la société sans qu'on ait eu besoin de changer le vocabulaire.

De même, si autrefois «les dirigeants du monde occidental» ne faisait référence qu'à des hommes, la même proposition désigne aujourd'hui un groupe composé d'hommes et de femmes, et ce n'est pas nier cette réalité que de ne pas l'expliciter grammaticalement.

L'usage et le débat autour du point médian, phénomène élitiste s'il en est, concernent principalement ceux qui entretiennent un rapport quotidien à l'écrit en tant qu'outil professionnel: profs, journalistes, traducteurs, sociologues et autres intellectuels. Les infirmières, les réparateurs de bicyclette, les charcutières, les masseurs ayurvédiques et les plumassières (je vous avais dit que j'affectionnais certains mots plus que d'autres) peuvent s'y intéresser sans pour autant se sentir concernés dans leur vie quotidienne et sans en faire un cheval de bataille.

Vouloir l'imposer sous prétexte de changer la réalité est un geste politique réservé à un cercle assez fermé qui, s'il me fait parfois sourire malgré mon agacement, car il crée des textes tellement illisibles qu'il en décrédibilise souvent ses auteurs, déclenche souvent un léger frisson d'angoisse.

«Mettre la langue sur le banc des accusés et non les personnes qui agissent de façon discriminatoire, c'est se tromper de combat.»

Comme on l'a vu, c'est la réalité qui influence la langue, pas l'inverse. La normalisation du français par des instances supérieures, qu'elles soient formelles (l'Académie française) ou autoproclamées (les partisans du point médian), ça ne fonctionne pas. Ces instances ne peuvent qu'entériner les changements, pas les imposer, et c'est heureux.

Les seules occurrences où les règles sont mises au point de manière théorique pour être ensuite imposées dans l'usage, au forceps et de manière non organique, c'est dans le cadre (excusez-moi du peu) de régimes autoritaires ou qui ont des velléités de le devenir.

La novlangue de 1984 en est la parfaite illustration et elle a l'avantage d'être notoire, mais ce n'est pas qu'une fiction. Transformer les mots pour transformer la réalité est une démarche dangereuse, une entreprise qui à ma connaissance n'a jamais été sans arrière-pensée politique radicale. Réformer la langue pour transformer la réalité, c'est créer une réalité sémantique alternative virtuelle en souhaitant qu'elle se concrétise. Aïe.

Mais si c'est pour la bonne cause?, m'oppose-t-on. Certes, vouloir plus d'égalité entre les sexes est une bonne cause pour tout un tas de gens, mais d'une part, on n'est jamais sûr de rester du côté du manche quand on impose sa volonté sur une base doctrinaire, le retour de bâton peut être particulièrement violent, et d'autre part, il ne faut pas oublier que tout débat autour de la forme a tendance à éclipser le fond.

Lutter contre les discriminations est une bonne cause; mettre la langue sur le banc des accusés comme si c'était elle la coupable et non les personnes qui agissent de façon discriminatoire, c'est se tromper de combat.

Enfin, le dernier argument que j'opposerai à ce point médian qui m'agace tant (et, comble d'ironie, que l'on me reproche si souvent d'utiliser dans mes articles pour Slate alors qu'il est ajouté après coup à mon corps défendant), c'est celui qui m'est le plus cher, et le plus douloureux, celui que j'oppose à ma rédaction (je crie dans le désert mais il me reste du souffle): c'est une mutilation.

Tous les textes que j'écris et que je traduis –articles, livres, mails, SMS et sommations de vider le lave-vaisselle– sont composés avec un amour des mots que je ne trahis jamais.

Mon style n'est évidemment pas du goût de tout le monde, normal, mais je jure que jamais je n'écris au petit bonheur la chance. Tout est calibré, en fonction du moment, du lecteur, de l'âge de la capitaine, de l'équilibre des phrases, de la vitesse du vent, de la rythmique générale, de la musicalité de l'ensemble. Tantôt j'y mets des mots obscurs, tantôt j'y mets des mots abscons.

Et c'est toujours une œuvre d'art à mon humble niveau d'amatrice, toujours un hommage que je rends à ma langue que j'aime avec passion et qui me procure depuis l'enfance un plaisir infini. «Une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore», disait Flaubert.

Un point médian, un seul, et c'est toute la phrase qui se casse la figure. Des doublons en veux-tu en voilà, et c'est tout un paragraphe qui morfle. Le tout mélangé, et le texte perd son âme. C'est une forme de censure de l'esprit, d'atteinte à l'intégrité de l'esthétique de la pensée. En gros: c'est moche. Et ça, c'est tellement dur à avaler.

écrire écriture-inclusive
http://www.slate.fr/story/184881/langue-francaise-tribune-ecriture-inclusive-faux-combat-point-median

Généalogie : la numérisation des documents d’état civil est-elle libre ?

Wed 4 Dec 2019 - 14:01

Oui... à condition de protéger certaines données personnelles, a répondu le ministère de la Culture à la question écrite du sénateur Jean-Louis Masson (NI, Moselle). Décryptage de la réponse de la Rue de Valois.

Le parlementaire de Moselle Jean-Louis Masson s’interroge sur les conséquences de cette passion française pour la généalogie, plusieurs associations de généalogistes amateurs proposant aux communes « de numériser leurs documents d’état civil afin de permettre l’accès du plus grand nombre à ces documents ». Cette numérisation est-elle conforme au droit ? Le ministère de la Culture souligne tout d’abord que les actes de naissance et de mariage sont communicables à tous au terme de 75 ans. Quant aux actes de décès, ils le sont immédiatement, sauf si l’accès est -limité par le procureur de la République. « Les documents librement communicables peuvent être consultés par les généalogistes amateurs dans les institutions qui les conservent : mairies, greffes ou services départementaux d’archives, ajoute la Rue de Valois. La communication s’opère, au choix du demandeur, par consultation gratuite sur place ou par délivrance d’une copie.

Préserver les originaux… et les données personnelles

Et rien ne s’oppose à ce que l’usager « reproduise lui-même les documents avec son propre matériel. Ces opérations de reproduction ne doivent cependant pas être autorisées si elles présentent un risque pour la conservation des registres originaux », précise le ministère, et « la reproduction doit se faire […] en prenant le plus grand soin des documents ».

La réutilisation des informations publiques obtenues est libre et gratuite. « Néanmoins, lorsque les documents reproduits comportent des données à caractère personnel, c’est-à-dire relatives à des personnes vivantes, leur traitement par les usagers et les associations généalogiques est soumis au réglement européen » de protection des données. Ainsi, « la plus grande vigilance s’impose s’agissant du traitement des actes d’état civil de personnes potentiellement vivantes, prévient le ministère. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a interdit toute mise en ligne, par des opérateurs de généalogie, de fichiers-images et d’indexations nominatives d’actes de moins de 120 ans ou relatifs à des personnes nées depuis moins de 120 ans. »

Références

Réponse à Jean-Louis Masson, n° 7946, JO Sénat du 18 avril 2019

Généalogie RGPD Vie-privée
http://www.courrierdesmaires.fr/82937/genealogie-la-numerisation-des-documents-detat-civil-est-elle-libre/

Et si les anarchistes avaient raison? | Ricochet

Mon 2 Dec 2019 - 09:57

Accablé par les canicules d’un été marqué par des records de chaleur (encore !), je me suis dit que la civilisation humaine allait lentement mais surement disparaitre . Le chef suprême des Nations unies n’en pense pas moins.

« No Future », me suis-je dit en me rappelant la maxime des anarcho-punks des années 1970 et 1980. Nous avions donc raison, me suis-je aussi dit, même si la planète sera finalement détruite par la surconsommation et la surproduction industrielle, et non par un hiver nucléaire.

Idées anarchistes au XIXe siècle

Ce ne sera pas la première fois que les anarchistes auront eu raison avant (presque) tout le monde. Quiconque s’intéresse sérieusement à leur histoire découvre qu’au XIXe siècle, des anarchistes se mobilisaient contre le service militaire et la peine de mort, contre le travail des enfants et les punitions corporelles dans les écoles, contre la barbarie des corridas, mais aussi pour le végétarisme, pour des bibliothèques publiques et l’école mixte et gratuite pour tout le monde, pour une journée de travail salarié limitée à 8 heures, pour le droit des femmes à disposer de leur corps. L’anarchiste Emma Goldman a connu la prison pour avoir diffusé de l’information au sujet de la contraception, un geste illégal à l’époque.

Bien des États libéraux et républicains ont adopté plusieurs de ces principes, un siècle après avoir emprisonné, exilé et même assassiné tant d’anarchistes qui les défendaient.

Des anarchistes défendaient et pratiquaient « l’amour libre », soit la libre association amoureuse et sexuelle en tout temps résiliable. Cela paraissait scandaleux et pathologique pour les libéraux et les républicains d’alors. Aux États-Unis, l’anarchiste Moses Harman a été condamné aux travaux forcés pour obscénité et immoralité, après avoir dénoncé le viol conjugal, dans son journal Lucifer, The Light-Bearer (Lucifer, Le Porteur de Lumière) alors que la loi imposait le « devoir conjugal ». Notons qu’au Canada, ce n’est qu’en 1983 que la loi condamne un viol dans le cadre d’un mariage, et en 1990 en France. Des anarchistes dénonçaient la criminalisation de la prostitution, mais aussi la pathologisation et la criminalisation de l’homosexualité, considérée alors à la fois comme une maladie et un crime par les libéraux et les républicains.

Évidemment, l’ensemble des anarchistes ne défendaient pas toutes ces causes, qui étaient aussi défendues par quelques personnes qui n’étaient pas anarchistes. Mais bien des libéraux et des républicains modérés considéraient alors l’anarchisme comme une doctrine irrationnelle et immorale, et même contraire à la nature humaine, justement parce que des anarchistes défendaient ces causes. Or la plupart d’entre elles n’apparaissent plus aujourd’hui si scandaleuses. En fait, bien des États libéraux et républicains ont adopté plusieurs de ces principes, un siècle après avoir emprisonné, exilé et même assassiné tant d’anarchistes qui les défendaient.

Anarchistes des années 1970 et 2000

Des anarchistes proposaient déjà ce qui est maintenant repris par les institutions officielles, entre autres la reconnaissance que nous vivons sur des terres autochtones volées et non cédées, la mise à disposition de toilettes non genrées, ou encore le dumpster diving.

Il est plus difficile de savoir quelles idées ou pratiques des anarchistes d’aujourd’hui seront adoptées dans 50 ou 100 ans par les libéraux et les républicains. Si la civilisation humaine existe encore, évidemment. Au tout début des années 2000, cela dit, des anarchistes proposaient déjà ce qui est maintenant repris par les institutions officielles, entre autres la reconnaissance que nous vivons sur des terres autochtones volées et non cédées, la mise à disposition de toilettes non genrées (qu’on retrouve maintenant dans des universités et des cégeps), ou encore le déchétarisme, la récupération de nourriture encore comestible mais pourtant jetée dans les poubelles (dumpster diving). Les anarchistes étaient contre la criminalisation du cannabis bien avant que le Parti libéral du Canada décide de sa légalisation dans le cadre d’un monopole d’État. Les anarchistes d’aujourd’hui sont aussi pour un logement pour toutes et tous, pour l’abolition des prisons et des frontières, pour la fin du capitalisme...

Ici encore ces idées et ces pratiques sont aussi portées par quelques individus qui ne sont pas anarchistes, et l’ensemble des anarchistes ne les ont pas en partage. Mais elles sont cohérentes avec la philosophie anarchiste, soit de proposer l’autonomie individuelle et collective, ce qui signifie des organisations politiques et sociales libertaires, égalitaires, solidaires et sécuritaires, et donc sans chef et sans hiérarchie.

Anarchisme et climat

Des anarchistes ont aussi entendu et pris au sérieux, dès les années 1950 et 1960, les scientifiques qui annonçaient que la surproduction industrielle allait détruire la planète. Ainsi pouvait-on lire dans le journal Anarchy, ces propos de l’anarchiste Murray Bookchin :

Mais l’histoire n’offre aucun précédent comparable, en ampleur et en gravité, aux ravages causés par l’homme — ni aux revanches prises par la nature — depuis le début de la Révolution industrielle […]. Comme l’impérialisme, c’est à l’échelle du globe que s’étend aujourd’hui la destruction de l’environnement. […] Le parasitisme de l’être humain moderne ne se limite pas à perturber l’atmosphère, le climat, les ressources hydriques, le sol et la faune d’une région ; il corrompt pratiquement tous les cycles fondamentaux de la nature et menace la stabilité de l’environnement à l’échelle planétaire .

Il écrivait cela en 1965. Soit 6 ans avant la naissance de Justin Trudeau et 12 ans avant celle d’Emmanuel Macron.

Il précisait aussi que « la quantité de dioxyde de carbone que dégage chaque année l’utilisation des combustibles fossiles (pétrole et charbon) » et qu'elle « va donner naissance à des perturbations atmosphériques de plus en plus dangereuses et risque, à terme, de provoquer la fonte des calottes glaciaires des pôles et la submersion de vastes étendues de terre ».

En 1965… Il n’y a aucune satisfaction à déclarer « On vous l’avait dit! », puisqu’il importe peu d’avoir eu raison avant tout le monde, si le monde va disparaitre.

Il n’en reste pas moins que la civilisation humaine aurait plus de chance de survivre s’il y avait plus de punks et moins d’actionnaires de grandes compagnies, s’il y avait plus d’anarchistes et moins de propriétaires de voitures, s’il y avait plus de squats et moins d’aéroports… Mais peut-être que cette civilisation ne mérite que de s’effondrer, comme le pensent d’ailleurs bien des punks!

anarchisme Cassandre environnement prémonition
https://ricochet.media/fr/2375/et-si-les-anarchistes-avaient-raison-

Connaissez-vous les pages Wikipédia les plus étonnantes ? - Pop culture - Numerama

Sat 30 Nov 2019 - 21:05

Vous connaissez Wikipédia, mais certains articles étonnants sont probablement passés sous vos radars. Numerama vous invite à explorer des pans méconnus de l'encyclopédie en ligne.

C’est à la mi-2018 que la version française de Wikipédia a franchi le cap des 2 millions d’articles, avec Xcacau Corona, une formation géologique sur la planète Vénus. Depuis, l’encyclopédie en ligne a accueilli près de 160 000 nouvelles entrées, selon le compteur visible sur la page d’accueil du site. C’est considérable : d’ailleurs, même en lisant un article par heure, il faudrait environ 250 ans pour venir à bout de tout de tous les sujets proposés… en supposant que ce nombre reste figé.

Wikipédia
https://www.numerama.com/pop-culture/575081-connaissez-vous-ces-articles-etonnants-de-wikipedia.html#utm_medium=distibuted&utm_source=rss&utm_campaign=575081

En Écosse, la conception du nationalisme n'a rien à voir avec la nôtre | Slate.fr

Fri 29 Nov 2019 - 11:09

Le 2 novembre 2019, une mer bleue et blanche prenait possession de George Square, la grande place de l'hôtel de ville, à Glasgow. Ce jour-là, un rassemblement organisé par The National, le seul quotidien écossais ouvertement en faveur de l'indépendance de l'Écosse, a attiré près de 20.000 personnes, brandissant des drapeaux écossais, mais pas seulement: il y avait aussi des drapeaux de l'Union européenne et de pays membres, des drapeaux kurdes, des drapeaux anglais… Autant de gens d'origines diverses, qui se retrouvent dans l'idée que l'Écosse doit avoir un nouveau référendum sur l'indépendance, et vite.

Pour ces militant·es et sympathisant·es, il s'agit de prendre la sortie de secours que représente une Écosse indépendante, pour quitter un Royaume-Uni qui risque de se renfermer sur lui-même et qui voit, avec le Brexit, une explosion des valeurs excluantes. Dans leur esprit, ce n'est pas leur indépendantisme qui menace le Royaume-Uni: c'est le Royaume-Uni –et surtout l'Angleterre– qui a changé de visage et qui pousse l'Écosse vers la sortie.

Un groupe de manifestant·es anti-indépendance, en plus petit nombre, a également répondu à l'appel. Pour répliquer à leurs Union Jacks et aux mégaphones qui livrent Rule Britannia, un chant nationaliste britannique, des membres du groupe English-Scots for Yes, qui rassemble les Écossais d'origine anglaise et militant en faveur de l'indépendance, entonnent Flower of Scotland, l'hymne écossais, notamment chanté au rugby.

Ce face-à-face symbolise l'état du débat sur le futur de l'Écosse: peut-on combattre un nationalisme avec un autre nationalisme? Tous les pro-Brexit et anti-indépendance ne sont pas des nationalistes anglais·es, certes. Mais il est clair que le Brexit est made in England. L'Angleterre représente 84% de la population britannique et a voté à plus de 53% pour quitter l'UE, tandis que 62% des Écossais·es (soit 8% de la population) ont voté contre.

Est écossais qui vit en Écosse

En Écosse, le nationalisme a toutefois un tout autre visage, malgré les déclarations de leaders unionistes comme Jo Swinson, la cheffe du parti libéral-démocrate, elle-même écossaise: il s'agit du nationalisme civique, porté notamment par le Scottish national party (SNP), au pouvoir en Écosse depuis maintenant douze ans. Pour s'en convaincre, rien de tel qu'un tour sur le Twitter indépendantiste, qui se précipite toujours pour souhaiter la bienvenue aux «nouveaux Écossais» et les remercier d'avoir choisi leur pays pour y faire leur vie.

Le Brexit donne au SNP une opportunité parfaite de se présenter, avec son discours pro-européen et ouvertement pro-immigration, comme le seul barrage crédible face à un Brexit orchestré par le parti conservateur à base de nouvelles barrières entre le Royaume-Uni et le reste du continent européen, de nouvelles contraintes pour les citoyen·nes européen·nes qui ont choisi d'y vivre, et de l'idée que l'immigration est avant tout un problème qu'il faut résoudre en la réduisant le plus possible.

Le concept est résumé par la première ministre écossaise Nicola Sturgeon, dans son discours à l'occasion de l'ouverture de la nouvelle session du Parlement écossais en 2016, à quelques jours seulement du référendum sur le Brexit: «Nous sommes les petits-enfants et arrière-petits-enfants des milliers d'Irlandais venus travailler dans nos chantiers navals et nos usines. Nous sommes les 80.000 Polonais, 8.000 Lituaniens, 7.000 Français, Espagnols et Allemands, et ceux venus de tant d'autres de pays plus lointains, que nous sommes si privilégiés d'avoir parmi nous. Nous sommes plus d'un demi-million de personnes nées en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, qui ont choisi de vivre en Écosse. Nous sommes les milliers d'Européens qui étudient dans nos universités. Nous sommes les médecins et les infirmiers du monde entier qui travaillent pour notre santé. Que nous soyons d'ici depuis des générations ou que nous soyons de nouveaux Écossais d'Europe, d'Inde, du Pakistan, d'Afrique ou d'ailleurs, nous sommes tout cela et plus encore.»

Si vous avez choisi de venir vivre ici, alors vous êtes autant écossais que moi, qui suis née et ai grandi ici.
Jeane Freeman, ministre écossaise de la Santé

Est écossais qui vit en Écosse: c'est la raison pour laquelle au SNP, on considère que la population d'Écosse doit pouvoir déterminer le futur du pays. D'ailleurs, le livre blanc pour l'indépendance, qui en 2013 détaillait pas à pas ce à quoi devrait ressembler une Écosse indépendante, commence par ces mots: «Nous, le peuple d'Écosse, qui vivons ici.» Et cela ne changera pas lors du prochain référendum, selon la ministre écossaise de la Santé Jeane Freeman, venue assister au rassemblement de Glasgow. «Si vous avez choisi de venir vivre ici, alors vous êtes autant un citoyen écossais que moi, qui suis née et ai grandi ici. Vous avez le droit de vous occuper ce qui se passe en Écosse. Restez, votez, et aidez-nous à obtenir l'indépendance.»

Si ce deuxième référendum a lieu (l'Écosse doit, en principe, attendre le feu vert de Londres pour qu'il soit légal), les ressortissant·es européen·nes auront, comme en 2014, le droit d'y participer, au même titre que les Britanniques qui habitent en Écosse. C'est le cas pour toutes les élections concernant uniquement cette nation de 5 millions d'habitant·es, celles relatives aux municipalités et au Parlement écossais.

Le Parlement écossais, à Édimbourg, est même en train de débattre d'un projet de loi pour donner le droit de vote à toutes les personnes légalement résidentes en Écosse, peu importe leur nationalité. À Westminster, en Angleterre, les opinions sont diamétralement opposées: en juin 2015, l'immense majorité des député·es britanniques avaient refusé d'étendre le droit de vote pour le référendum sur l'appartenance à l'UE aux ressortissant·es européen·nes, en estimant que leurs intérêts divergeraient nécessairement de ceux des Britanniques. Les 56 député·es SNP de l'époque avaient unanimement voté pour.

Un discours écossais plus apaisé

Cela veut-il dire que la population écossaise est significativement plus ouverte que celle d'Angleterre? Pas tout à fait, selon les autrices et l'auteur de No problem here: understanding racism in Scotland, qui mettent en garde contre ce que les critiques décrivent comme un prétendu exceptionnalisme écossais. En Écosse aussi, une personne non-blanche aura moins de chances de décrocher un travail qu'une personne blanche, et le racisme anti-Irlandais a encore la peau dure.

Selon les chiffres officiels, 1.744 offenses à caractère raciste ont été répertoriées sur la période 2017-2018, contre plus de 4.500 il y a dix ans. À titre de comparaison, en Angleterre, on est passé de 40.000 entre 2009 et 2010 à plus de 103.000 entre 2018 et 2019. Même ramenés à la population de chacune des deux nations (sachant que l'Écosse compte globalement dix fois moins d'habitant·es que l'Angleterre), ces chiffres montrent près de six fois plus d'injures à caractère raciste par habitant·e en Angleterre qu'en Écosse. Et alors que l'Écosse a vu ses chiffres divisés par trois, ceux de l'Angleterre ont plus que doublé.

Est-ce grâce à un discours politique plus apaisé côté écossais? Selon l'universitaire Maureen McBride, co-autrice de No problem here, «il y a beaucoup d'éléments positifs dans la manière dont le gouvernement écossais actuel parle d'immigration. La rhétorique est ici plus accueillante envers les migrants, mais je pense que l'Écosse a, comme ailleurs, des problématiques profondément enracinées qu'elle ne traite pas correctement. Ce n'est pas que nous ne sommes pas une nation progressiste, c'est plutôt que c'est un discours un peu simpliste».

Les arguments en faveur de l'immigration sont solides, puissants et indéniables.
Jackson Carlaw, leader intérimaire du parti conservateur écossais

Les discours du Parlement écossais sur l'immigration, moins électrisés que ceux au Parlement britannique, ne sont pas uniquement du fait du SNP. Même dans les rangs du parti conservateur écossais, l'ouverture à l'immigration fait consensus. Jackson Carlaw, l'actuel leader intérimaire du parti, a ainsi déclaré: «L'idée selon laquelle l'immigration est au cœur des pressions sur nos services publics et notre vie publique est un fantasme, qui plus est malveillant et illusoire. Je veux être très clair, je le dis personnellement et au nom de tous les conservateurs écossais: l'immigration, d'où qu'elle vienne, est nécessaire et désirable. Les arguments en faveur de l'immigration sont solides, puissants et indéniables.» Qui aurait pu s'attendre, à l'heure du populisme triomphant, à entendre cela de la bouche du leader écossais du parti de Boris Johnson?

L'avantage principal de ce discours est qu'il est favorablement accueilli par celles et ceux qui sont directement concerné·es: les immigré·es, en particulier européen·nes. D'après une étude de l'Université Robert Gordon d'Aberdeen, les ressortissant·es européen·nes en Écosse souffrent d'une anxiété liée au Brexit et son lot de frustrations, d'un sentiment d'exclusion et d'incertitude.

Toutefois, la rhétorique de l'ouverture les a rassuré·es et séduit·es, selon Piotr Teodorowski, qui a contribué à l'étude. «Comme toutes les régions d'Écosse ont voté “Remain”, il y a ce sentiment que les Européens et les Écossais sont dans le même bateau. De plus, l'identité écossaise est perçue comme étant plus tolérante: ceux qui ont connu l'Angleterre post-Brexit, avec l'augmentation des crimes à motifs racistes, avant de venir en Écosse, disent se sentir plus à l'aise ici pour parler leur langue maternelle en public, par exemple.»

Quid de l'anglicité?

Si l'identité écossaise a pu se définir de cette manière, c'est aussi parce que contrairement à l'Angleterre, de loin la plus grande nation du Royaume-Uni, l'Écosse dispose d'un endroit pour en débattre depuis maintenant vingt ans: le Parlement écossais, à Édimbourg. En plus d'avoir agi de manière décisive dans des domaines divers comme la santé, l'agriculture, les droits LGBT+ ou l'éducation, il a permis une expression de l'Écosse de manière institutionnelle.

Le travailliste Donald Dewar, le tout premier Premier ministre de l'Écosse subitement décédé en 2000, avait dit, lors de l'ouverture du Parlement écossais en juillet 1999: «Il s'agit de plus que notre politique et nos lois. Il s'agit de notre identité et de comment nous nous comportons.» Au contraire, en Angleterre, il n'y a pas de Parlement concernant la nation, ni de parti grand public, comme le SNP ou Plaid Cymru au Pays de Galles, pour défendre l'anglicité –une notion aujourd'hui souvent liée à l'extrême droite, même si certain·es à gauche essaient de se la réapproprier.

Le nationalisme écossais, qui continue de dominer la politique écossaise même après douze ans au pouvoir, pourrait-il avoir pour effet inattendu de forcer l'Angleterre à se définir? L'identité anglaise n'est plus, dans l'imaginaire collectif, vraiment distincte de l'identité britannique. Alors que les régions anglaises les plus défavorisées réclament que leur voix soit elle aussi entendue, le Royaume-Uni tel qu'on le connait aujourd'hui pourrait changer de forme dans les prochaines années.

indépendance nationalisme Écosse
http://www.slate.fr/story/184701/nationalisme-ecossais-ecosse-angleterre-royaume-uni-brexit-identite-nationale

Hold-up sur les données de santé. Patients et soignants unissons-nous – Framablog

Fri 29 Nov 2019 - 08:29

L’Association Interhop.org est une initiative de professionnels de santé spécialisés dans l’usage et la gestion des données de santé, ainsi que la recherche en machine learning dans de multiples domaines médicaux. Aujourd’hui, en leur donnant la parole sur ce blog, nous publions à la fois une alerte et une présentation de leur initiative.

En effet, promouvant un usage éthique, solidaire et intelligent des données de santé, Interhop s’interroge au sujet du récent projet Health Data Hub annoncé par le gouvernement français pour le 1er décembre prochain. Devons-nous sacrifier le bon usage des données de santé sur l’autel de la « valorisation » et sous l’œil bienveillant de Microsoft ? Tout comme dans l’Éducation Nationale des milliers d’enseignants tentent chaque jour de ne pas laisser le cerveaux de nos enfants en proie au logiciels fermés et addictifs, il nous appartient à tous de ne pas laisser nos données de santé à la merci de la recherche de la rentabilité au mépris de l’éthique et de la science.

Hold-up sur les données de santé, patients et soignants unissons-nous Par Interhop.org

La plateforme nationale des données de santé ou Health Data Hub, pour les plus américains d’entre nous, doit voir le jour d’ici la fin de l’année. Il s’agit d’un projet qui, selon le Ministère de la Santé, vise à « favoriser l’utilisation et de multiplier les possibilités d’exploitation des données de santé » en créant notamment « une plateforme technologique de mise à disposition des données de santé ».

Or, à la lecture du rapport d’étude qui en détermine les contours, le projet n’est pas sans rappeler de mauvais souvenirs. Vous rappelez-vous, par exemple, du contexte conduisant à la création de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) en 1978 en France ? L’affaire a éclaté en mars 1974, dans les pages du journal Le Monde. Il s’agissait de la tentative plus ou moins contrecarrée du projet SAFARI (Système Automatisé pour les Fichiers Administratifs et le Répertoire des Individus) visant à créer une banque de données de tous les citoyens français en interconnectant les bases de plusieurs institutions grâce à un numéro unique d’identification du citoyen : le numéro de Sécurité Sociale.

Ce scandale n’était pourtant pas inédit, et il ne fut pas le dernier… À travers l’histoire, toutes les tentatives montrent que la centralisation des données correspond à la fois à un besoin de gouvernement et de rentabilité tout en entamant toujours un peu plus le respect de nos vies privées et la liberté. L’histoire de la CNIL est jalonnée d’exemples. Quant aux motifs, ils relèvent toujours d’une très mauvaise habitude, celle de (faire) croire que la centralisation d’un maximum d’informations permet de les valoriser au mieux, par la « magie » de l’informatique, et donc d’être source de « progrès » grâce aux « entreprises innovantes ».

Concernant le « Health Data Hub », il s’agit d’un point d’accès unique à l’ensemble du Système National des Données de Santé (SNDS) issu de la solidarité nationale (cabinets de médecins généralistes, pharmacies, hôpitaux, Dossier Médical Partagé, registres divers et variés…). L’évènement semble si important qu’il a même été annoncé par le Président Macron en mars 2018. Par ailleurs, il est important de pointer que le SNDS avait été épinglé pour l´obsolescence de son système de chiffrement en 2017 par la CNIL.

De plus, l’infrastructure technique du Health Data Hub est dépendante de Microsoft Azure. Et ce point à lui seul soulève de grandes problématiques d’ordre éthique et réglementaire.

Alors que le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) protège les citoyens européens d’un envoi de leurs données en dehors du territoire européen, la loi Américaine (Cloud Act) permet de contraindre tout fournisseur de service américain à transférer aux autorités les données qu’il héberge, que celles-ci soient stockées aux États-Unis ou à l’étranger.

Entre les deux textes, lequel aura le dernier mot ?

Les citoyens et patients français sont donc soumis à un risque fort de rupture du secret professionnel. La symbolique est vertigineuse puisque l’on parle d’un reniement du millénaire serment d’Hippocrate.

Le risque sanitaire d’une telle démarche est énorme. Les patients acceptent de se faire soigner dans les hôpitaux français et ils ont confiance dans ce système. La perte de confiance est difficilement réparable et risque d’être désastreuse en terme de santé publique.

C’est sous couvert de l’expertise et du « progrès » que le pouvoir choisit le Health Data Hub, solution centralisatrice, alors même que des solutions fédérées peuvent d’ores et déjà mutualiser les données de santé des citoyens Français et permettre des recherches de pointe. Bien que les hôpitaux français et leurs chercheurs œuvrent dans les règles de l’art depuis des années, il apparaît subitement que les données de santé ne sauraient être mieux valorisées que sous l’égide d’un système central, rassemblant un maximum de données, surveillant les flux et dont la gestion ne saurait être mieux maîtrisée qu’avec l’aide d’un géant de l’informatique : Microsoft.

Il est à noter que d’une part, il n’a jamais été démontré que le développement d’un bon algorithme (méthode générale pour résoudre un type de problèmes) nécessite une grande quantité de données, et que d’autre part, on attend toujours les essais cliniques qui démontreraient les bénéfices d’une application sur la santé des patients.

Pour aller plus loin, le réseau d’éducation populaire Framasoft, créé en 2001 et consacré principalement au développement de logiciels libres, veut montrer qu’il est possible d’impacter le monde en faisant et en décentralisant. C’est cette voie qu’il faut suivre.

La loi pour une République numérique fournit un cadre légal parfait pour initier des collaborations et du partage. La diffusion libre du savoir s’inscrit totalement dans la mission de service publique des hôpitaux telle qu’imaginée il y a des décennies par le Conseil National de la Résistance, puis par Ambroise Croizat lors de la création de la Sécurité Sociale.

On ne s’étonne pas que le site Médiapart ait alerté le 22 novembre dernier sur les conditions de l’exploitation des données de santé. Il est rappelé à juste titre que si la CNIL s’inquiète ouvertement à ce sujet, c’est surtout quant à la finalité de l’exploitation des données. Or, la récente Loi Santé a fait disparaître le motif d’intérêt scientifique pour ne garder que celui de l’intérêt général…

Quant à la confidentialité des données, confier cette responsabilité à une entreprise américaine semble être une grande erreur tant la ré-identification d’une personne sur la base du recoupement de données médicales anonymisées est en réalité plutôt simple, comme le montre un article récent dans Nature.

Ainsi, aujourd’hui en France se développe toute une stratégie visant à valoriser les données publiques de santé, en permettant à des entreprises (non seulement des start-up du secteur médical, mais aussi des assureurs, par exemple) d’y avoir accès, dans la droite ligne d’une idéologie de la privatisation des communs. En plus, dans le cas de Microsoft, il s’agit de les héberger, et de conditionner les technologies employées. Quant aux promesses scientifiques, elles disparaissent derrière des boîtes noires d’algorithmes plus ou moins fiables ou, disons plutôt, derrière les discours qui sous le « noble » prétexte de guérir le cancer, cherchent en fait à lever des fonds.

Quelles sont les alternatives ?

Le monde médical et hospitalier est loin de plier entièrement sous le poids des injonctions.

Depuis plusieurs années, les hôpitaux s’organisent avec la création d’Entrepôts de Données de Santé (EDS). Ceux-ci visent à collecter l’ensemble des données des dossiers des patients pour promouvoir une recherche éthique en santé. Par exemple, le projet eHop a réussi à fédérer plusieurs hôpitaux de la Région Grand Ouest (Angers, Brest, Nantes, Poitiers, Rennes, Tours). Le partage en réseau au sein des hôpitaux est au cœur de ce projet.

Par aller plus loin dans le partage, les professionnels dans les hôpitaux français reprennent l’initiative de Framasoft et l’appliquent au domaine de la santé. Ils ont donc créé Interhop.org, association loi 1901 pour promouvoir l’interopérabilité et « le libre » en santé.

Pourquoi interopérer ?

L’interopérabilité des systèmes informatisés est le moteur du partage des connaissances et des compétences ainsi que le moyen de lutter contre l’emprisonnement technologique. En santé, l’interopérabilité est gage de la reproductibilité de la recherche, du partage et de la comparaison des pratiques pour une recherche performante et transparente.

L’interopérabilité est effective grâce aux standards ouverts d’échange définis pour la santé (OMOP et FHIR)

Pourquoi décentraliser ?

Comme dans le cas des logiciels libres, la décentralisation est non seulement une alternative mais aussi un gage d’efficacité dans le machine learning (ou « apprentissage automatique »), l’objectif visé étant de rendre la machine ou l’ordinateur capable d’apporter des solutions à des problèmes compliqués, par le traitement d’une quantité astronomique d’informations.

La décentralisation associée à l’apprentissage fédéré permet de promouvoir la recherche en santé en préservant, d’une part la confidentialité des données, d’autre part la sécurité de leur stockage. Cette technique permet de faire voyager les algorithmes dans chaque centre partenaire sans mobiliser les données. La décentralisation maintient localement les compétences (ingénieurs, soignants) nécessaires à la qualification des données de santé.

Pourquoi partager ?

La solidarité, le partage et l’entraide entre les différents acteurs d’Interhop.org sont les valeurs centrales de l’association. Au même titre qu’Internet est un bien commun, le savoir en informatique médical doit être disponible et accessible à tous. Interhop.org veut promouvoir la dimension éthique particulière que reflète l’ouverture de l’innovation dans le domaine médical et veut prendre des mesures actives pour empêcher la privatisation de la médecine.

Les membres d’Interhop.org s’engagent à partager librement plateforme technique d’analyse big data, algorithmes et logiciels produits par les membres. Les standards ouverts d’échange sont les moyens exclusifs par lesquels ils travaillent et exposent leurs travaux dans le milieu de la santé. Les centres hospitaliers au sein d’Interhop.org décident de se coordonner pour faciliter et agir en synergie.

Pourquoi soigner librement ?

L’interconnexion entre le soin et la recherche est de plus en plus forte. Les technologies développées au sein des hôpitaux sont facilement disponibles pour le patient.

L’Association Interhop.org veut prévenir les risques de vassalisation aux géants du numériques en facilitant la recherche pour une santé toujours améliorée. L’expertise des centres hospitaliers sur leurs données, dans la compréhension des modèles et de l’utilisation des nouvelles technologies au chevet des patients, est très importante. Le tissu d’enseignants-chercheurs est majeur. Ainsi en promouvant le Libre, les membres d’Interhop.org s’engagent pour une santé innovante, locale, à faible coût et protectrice de l’intérêt général.

Les données de santé sont tout à la fois le bien accessible et propre à chaque patient et le patrimoine inaliénable et transparent de la collectivité. Il est important de garder la main sur les technologies employées. Cela passe par des solutions qui privilégient l’interopérabilité et le logiciel libre mais aussi le contrôle des contenus par les patients.

cloud-act communs DMP données-de-santé Microsoft RGPD Vie-privée
https://framablog.org/2019/11/29/hold-up-sur-les-donnees-de-sante-patients-et-soignants-unissons-nous/

Pour en finir avec Thanksgiving | Slate.fr

Thu 28 Nov 2019 - 16:27

Chaque année, le quatrième jeudi de novembre, les États-Unis célèbrent l'histoire réécrite par les vainqueurs.
Je suis arrivé aux États-Unis en 2006.

Julien Suaudeau — 28 novembre 2019 à 7h20

Longtemps, peu au fait des traditions locales, j'ai pris Thanksgiving pour une fête comme les autres –une injonction un peu niaise à exprimer sa gratitude envers les bienfaits que la vie nous adresse avec plus ou moins de générosité.

«What are you thankful for?», demande la formule consacrée.

«Ma famille», répond invariablement le chœur américain.

Avec mon mauvais esprit, ma hantise de la volaille gonflée aux hormones et mes préventions d'immigré athée, je me racontais que Thanksgiving était l'occasion inventée par un peuple superstitieux pour remercier haut et fort je ne sais quelle puissance supérieure au moment où, l'année tirant à sa fin, la puissance en question s'apprête à faire le tri de nos bonnes et mauvaises actions.

En bon Français, jamais content, j'estimais que j'avais été plutôt lésé dans la répartition et inventais toutes sortes d'excuses pour m'exempter de ce festival de bons sentiments.

En vain: il y a toujours, aux États-Unis, une âme compatissante pour vous inviter à partager la dinde familiale quand on apprend que vous n'avez rien de prévu ce jour-là. Seul à Thanksgiving, c'est le dernier degré sur l'échelle américaine de la désocialisation: «Ça doit être si triste d'être loin des siens quand tout le monde est réuni en famille.»

Une festivité en toc

Étaler sa reconnaissance entre la grand-mère du Massachusetts et le cousin de l'Arkansas, ça ne coûte pas plus cher et ça ne peut pas faire de mal. Sauf à l'environnement (l'empreinte carbone de ce chassé-croisé à l'échelle d'un continent est monumentale) et à l'estomac: cette dinde farcie, aux dimensions et au poids faramineux, est de loin la chose la plus indigeste qu'il m'ait été donné de manger de part et d'autre de l'Atlantique.

Si on y ajoute la sauce aux canneberges, la tarte à la citrouille et les litres de bière qu'il convient de s'enfiler devant la parade de Macy's et le match de NFL spécialement programmés à la télé en ce jeudi de tous les dangers, l'immersion culturelle en apnée devient une longue séance de torture à la fois physique et mentale: on ne sait pas si on va mourir d'ennui ou d'occlusion intestinale.

Avec mon œil d'ethnologue à qui on ne la fait pas, j'avoue qu'il m'est arrivé de me dire dans ces moments de détresse que Thanksgiving est une coquille vide de contenu spirituel, un simple prologue à la frénésie consumériste qui s'abat sur le pays quand sonnent les douze coups de minuit, signal de Black Friday.

Coincée entre Halloween et les fêtes de fin d'année, Thanksgiving s'inscrivait pour moi dans la litanie des festivités en toc, mi-religieuses, mi-patriotiques, 100% mercantiles, qui rythment l'année américaine: Saint-Valentin, Saint-Patrick, Pâques, Memorial Weekend, Independence Day, Labor Day.

Je vivais alors dans une petite ville du New Jersey, dans la banlieue de Philadelphie. Intrigué, voire médusé par l'énergie qui s'emparait du patelin à un mois de la date fatidique, je regardais mes voisins installer et défaire leurs décorations saisonnières. La précision d'horloger et le sérieux qu'ils mettaient dans les préparatifs suscitaient en moi un mélange pas très noble d'ironie, d'envie et de honte de ma propre passivité.

Cette distance inaliénable [...] est aussi un bon poste d'observation sur l'un des mythes fondateurs des États-Unis.

L'Amérique suburbaine a horreur du vide: son année est une succession de séquences, scandées à haut débit par le pilonnage publicitaire. À peine remisé le barbecue estival, on se met à penser aux sorcières et aux squelettes qu'on accrochera à la gouttière du porche à la mi-octobre. Le 1er novembre, loups-garous et zombies tout juste remontés au grenier, il est temps de déplier les guirlandes électriques destinées à illuminer les happy holidays.

Pour montrer aux yeux de tous que nous étions des immigrés de bonne volonté, et non des agents dormants du communautarisme français, ma femme et moi déposions trois pauvres citrouilles et une malheureuse courge sur nos marches. Nous accrochions une couronne de fleurs orange à notre porte, en répétant à voix basse le mantra pascalien: «Mets-toi à genoux et tu croiras».

Aujourd'hui, je dois me rendre à l'évidence. La grâce ne m'a jamais touché: mon aversion pour Thanksgiving, aussi profonde que celle que m'inspirent le Superbowl, les sports bars et les salles de gym ouvertes à 4 heures du matin, est intacte.

Treize ans, une carte verte et la citoyenneté américaine pour en arriver à ce constat d'échec: Thanksgiving, c'est le jour où je me rappelle que je suis français, éternel étranger à la vie américaine, spectateur de ses rites.

Je sais que ce sentiment d'extériorité ne me quittera jamais.

Mais cette distance inaliénable, si elle complique le quotidien et hypothèque le bonheur à long terme, est aussi un bon poste d'observation sur l'un des mythes fondateurs des États-Unis.

Une machine à inoculer le négationnisme

La fable est connue. Les pèlerins débarquent à Plymouth. Ils rendent grâce à Dieu pour sa bonté, qui leur permet de survivre dans cette contrée hostile avec l'aide des Indiens du coin, les Wampanoag. Ces derniers, après avoir enseigné la culture du maïs aux nouveaux arrivants, se joignent à eux un jour de novembre 1621, dans le cadre d'un festin appelé à devenir un modèle de solidarité interculturelle.

Malgré de récentes initiatives pédagogiques dans le sens d'une plus grande exactitude historique, ce scénario mensonger est celui que les enfants américains apprennent et reconstituent chaque année à l'école dans les jours qui précèdent la brève coupure automnale.

Ma fille devait avoir 4 ou 5 ans lorsque j'ai assisté à son premier Thanksgiving Feast: d'un côté, les pèlerins en chapeau blanc, accessoire ridicule que j'associerai jusque sur mon lit de mort à la coiffe bretonne de Bécassine; de l'autre, les Indiens en plumes et en costumes tout droit sortis de Pocahontas, version Disney.

Et que faisaient ces enfants déguisés? Ils ânonnaient This land is your land, la chanson de Woody Guthrie devenue un hymne populaire. Comme l'écrit Philip Deloria dans The New Yorker, le refrain («This land is your land, this land is my land») repose sur une rhétorique faussement inclusive, qui nécessite en réalité l'effacement historique des peuples indigènes, dans la mesure où ils ne sauraient être ni «toi» ni «moi».

Si les Amérindiens, poursuit Deloria, ont une existence constitutionnelle (notamment dans le quatorzième amendement, où il est question de leur statut non imposable, «Indians not taxed») ce n'est que pour exister en dehors de la constitution des États-Unis: les tribus indigènes constituent des entités politiques distinctes du peuple américain, des nations souveraines qui n'ont pas de poids véritable dans le système politique national.

«Native American», par conséquent, ne saurait être une définition raciale; il s'agit d'une identité politique, et Deloria a raison de rappeler que l'insistance de l'administration Trump à enfermer les peuples indigènes dans leur ethnicité traduit une volonté profonde de détricoter les traités qui gouvernent depuis le XIXe siècle les relations entre l'État fédéral et les nations amérindiennes.

Thanksgiving, de ce point de vue, est un angle mort majuscule, une machine à transmettre et inoculer le négationnisme dès le plus jeune âge. Les festivités à l'école, la dinde, le chocolat chaud devant les vieux films qu'on regarde en famille, la version Friendsgiving pour ceux qui habitent loin de leurs bases, tout cela nimbe le fait de la colonisation des Amériques et du génocide amérindien d'une aura nostalgique, liée au paradis perdu de l'enfance, dans les vapeurs de laquelle le simulacre se substitue à l'histoire.

Impérialisme d'hier, impérialisme d'aujourd'hui

Dans This Land is Their Land: The Wampanoag Indians, Plymouth Colony, and the Troubled History of Thanksgiving, l'historien David Silverman renverse les perspectives. Il propose une généalogie critique de Thanksgiving, questionnant les tenants et les aboutissants de l'alliance entre le sachem Ousamequin et le gouverneur John Carver, jusqu'à sa dissolution sanglante, en 1675, dans la guerre du roi Philip.

Si le livre de Silverman est si convaincant, c'est d'abord parce qu'il envisage l'histoire du point de vue des vaincus: dans la mythologie américaine, et plus généralement dans l'inconscient occidental, les peuples indigènes n'existaient pas avant leur rencontre avec les colons européens; les Amériques et la Caraïbe n'ont pas été colonisées, elles ont été découvertes, puis évangélisées et civilisées.

Ce travail de démystification et de réappropriation historiques s'inscrit, aux États-Unis, dans la révolution copernicienne que les sciences sociales connaissent depuis plusieurs années: le monde n'est plus envisagé uniquement à travers le regard vainqueur et privilégié de l'homme blanc.

Roxanne Dunbar-Ortiz, dans An Indigenous Peoples' History of the United States, met au jour le lien organique entre idéologie de la découverte, mythe de la destinée manifeste, prédation des terres indiennes, extermination et suprématie blanche. À l'histoire du point de vue colonisateur, il s'agit d'opposer la contre-histoire des colonisés.

S'appuyant sur le jugement de D.H. Lawrence, souvent cité de manière incomplète («The essential American soul is hard, isolate, stoic, and a killer. It has never yet melted»), l'historienne analyse la continuité historique entre l'impérialisme d'hier et l'impérialisme d'aujourd'hui sur la scène internationale, et sur la scène intérieure entre les violences passées et présentes contre les minorités (incarcération de masse, brutalités policières, racisme systémique).

C'est dans le langage que les rémanences de la mentalité colonisatrice sont les plus frappantes. Quand les États-Unis font la guerre sur un théâtre d'opérations en Irak ou en Afghanistan, rappelle Dunbar-Ortiz, la terminologie militaire pour désigner la zone située au-delà des lignes ennemies demeure «Injun territory» [«Injun» est une modification du mot «Indien» en référence aux Amérindiens, ndlr]. Et le nom de code choisi pour Oussama Ben Laden, pendant la préparation de l'opération des Navy SEALs qui allait se solder par sa mort? Geronimo.

La responsabilité qui nous incombe

Comment vivre ensemble, par-delà tout ce mauvais sang? Comment dire «nous» et parler d'une seule voix, consciente de l'histoire, libérée des mythologies ayant pour fonction de légitimer la version officielle? Indépendamment du problème juridique des réparations, nombreux sont les artistes indigènes à se poser ouvertement la question.

Le grand T.C. Cannon, peintre Kiowa mort à 31 ans en 1978, avait donné corps dans ses tableaux aux conflits intérieurs de l'identité amérindienne, entre tradition et modernité, sacré et profane, espaces urbains et espaces ruraux, être indigène et citoyenneté américaine. Ses tableaux figuratifs (son œuvre a aussi un versant abstrait), portraits frontaux où se fait sentir l'influence de Van Gogh, présentent le corps indigène dans l'espace américain; ils nous regardent en disant: «We are still here.»

Tommy Orange, dans son roman polyphonique There There (Ici n'est plus ici), se demande quant à lui ce qui reste des Amérindiens après le génocide, la colonisation de leurs terres, la destruction de leurs cultures, l'oubli de leurs langues et de leurs traditions. De quelle quantité de sang indigène faut-il justifier pour être considéré comme un vrai Indien?

En même temps qu'il souligne l'absurdité de la question, et l'impossibilité d'y répondre, l'auteur insiste sur la responsabilité qui nous incombe de ne plus ignorer l'histoire:

La blessure qui a été infligée quand les Blancs sont venus et ont tout pris n'a jamais guéri. Une plaie qu'on ne soigne pas s'infecte. Elle devient une nouvelle blessure comme l'histoire de ce qui est arrivé devient une autre histoire. Ces histoires que nous n'avons pas racontées pendant tout ce temps, que nous n'avons pas écoutées, voilà ce que nous devons guérir.

On ne saurait mieux dire l'urgence d'en finir avec l'innocence coupable et l'esprit d'aveuglement qui se cristallisent dans l'éternel retour de Thanksgiving.

America Indiens Thanksgiving
http://www.slate.fr/story/184653/thanksgiving-simulacre-mythe-colonisation-genocide-amerindiens

Bac, brevet, BTS… vous avez perdu un diplôme ? Ce site vous permet de le retrouver rapidement - Capital.fr

Wed 27 Nov 2019 - 08:37

Le ministère de l’Éducation nationale vient de lancer une plateforme qui permet de “retrouver” ses diplômes perdus. Explications.

Vous avez égaré un ou plusieurs de vos diplômes ? Pas de panique, le ministère de l’Éducation nationale vient de mettre en ligne une plateforme qui vous permet de récupérer plus rapidement qu’auparavant les attestations pour ces diplômes. Plus rapidement, car, pour le brevet et pour le baccalauréat, vous pouviez déjà retrouver vos diplômes perdus (ou volés) en faisant une demande d’attestation de réussite auprès de la division des examens et concours du rectorat d’académie où votre diplôme a été délivré. Cette attestation fait office de document officiel et donne les mêmes droits que l’original du diplôme.

Pour les diplômes de l’enseignement supérieur (BTS, licence, master, etc.), il fallait en faire la demande auprès de l’établissement qui les délivre (université, écoles, etc.) et qui vous fournit alors un duplicata du diplôme. Des démarches toutefois longues et compliquées. D’autant que, chaque année, ce sont “plus de 80.000 attestations de diplômes de l’Éducation nationale” qui sont demandées par des élèves ou des personnes ayant égaré leur(s) diplôme(s), rapporte le ministère.

Tous les diplômes ne sont pas encore disponibles

Désormais, grâce à la plateforme diplome.gouv.fr, finis les tracas administratifs ! Vous pouvez obtenir, en quelques clics seulement, des attestations de réussite numériques pour les diplômes suivants : le diplôme national du brevet, le certificat d’aptitude professionnelle (CAP), le brevet d’études professionnelles (BEP), le baccalauréat et le brevet de technicien supérieur (BTS). A noter que seuls les diplômes délivrés depuis 2009 sont disponibles actuellement. La base sera enrichie au fur et à mesure avec d’autres diplômes délivrés dans l’enseignement supérieur (licence, master, etc.), mais aussi dans l’enseignement agricole.

Pour retrouver un diplôme que vous auriez perdu, il vous suffit de créer un compte sur la plateforme (ou bien de vous identifier avec FranceConnect). Pour l’inscription, il faut bien évidemment indiquer les mêmes nom et prénom que sur vos diplômes. Une fois inscrit, vous pourrez “ajouter un diplôme” à votre espace personnel en renseignant l’académie d’obtention, le type de diplôme ainsi que l’année d’obtention. La plateforme génère ensuite l’attestation de réussite pour chaque diplôme demandé, que vous pourrez télécharger, exporter par mail ou bien enregistrer dans un coffre-fort en ligne, via Digiposte.

Sur cette attestation de réussite figurent votre nom, votre date et votre lieu de naissance, le type de diplôme obtenu avec la mention, l’année d’obtention du diplôme, l’académie qui le délivre, mais aussi une “clé de contrôle”. Cette dernière permet à l’établissement (entreprise, université, école, etc.) qui vous demande de fournir un ou plusieurs diplôme(s) de vérifier, directement via le site diplome.gouv.fr, si ces documents existent bien. Il vous suffit donc de communiquer la clé de contrôle à l’établissement demandeur, en l’indiquant sur votre CV par exemple. Pour chaque diplôme vous est fournie une attestation de réussite, et donc une clé de contrôle, différente.
diplome.gouv.fr

diplôme service-public
https://www.capital.fr/votre-carriere/bac-brevet-bts-vous-avez-perdu-un-diplome-ce-site-vous-permet-de-le-retrouver-rapidement-1356065

La presse française porte plainte contre Google auprès de l'Autorité de la concurrence - Var-Matin

Wed 20 Nov 2019 - 20:01

Plusieurs organisations de presse dont l'AFP ont déposé plainte contre Google auprès de l'Autorité de la concurrence, qu'elles accusent de bafouer le "droit voisin", un nouveau mécanisme censé favoriser un meilleur partage des revenus du numérique.

L'Alliance de la presse d'information générale et le Syndicat des éditeurs de la presse magazine ont déposé plainte vendredi, suivis mardi par l'Agence France-Presse (AFP), ont indiqué mercredi 20 novembre les trois organisations.

Elles avaient annoncé leur volonté de déposer plainte dès fin octobre.

Au cœur de cette querelle: le "droit voisin", un droit similaire au droit d'auteur, créé au bénéfice des éditeurs de presse et agences de presse par une directive européenne votée en début d'année.

Il doit permettre aux éditeurs de journaux et aux agences de presse de négocier avec les géants du numérique - qui captent l'essentiel des recettes publicitaires en ligne - une rémunération, pour la réutilisation de leurs contenus sur la Toile. La France est le premier membre de l'UE à l'appliquer.

RELIRE. On vous explique le principe du "droit voisin" dont vont bénéficier les agences et éditeurs de presse

abus de position dominante?

Google, qui détient un quasi-monopole sur la recherche en ligne, a refusé d'emblée toute négociation et, pour se mettre en conformité avec la loi française, a imposé de nouvelles règles, applicables depuis mi-novembre.

Les sites d'infos doivent accepter que le moteur de recherche utilise gratuitement des extraits de leurs articles dans ses résultats. Sans quoi leurs informations sont bien moins visibles dans le moteur de recherche (un simple titre et un lien), avec pour conséquence quasi-inévitable de voir le trafic vers ces sites chuter.

Un "choix mortifère" entre "la peste et le choléra" selon les termes de Jean-Michel Baylet, patron de la Dépêche du Midi et président de l'Alliance.

Avec leurs plaintes, les organisations de médias, qui dénoncent un abus de position dominante, demandent des mesures conservatoires pour que la loi puisse s'appliquer. L'Autorité de la concurrence s'était déjà saisie elle-même de cette affaire.

Google rejette les arguments des éditeurs de presse. "Google aide les internautes à trouver des contenus d'actualité auprès de nombreuses sources et les résultats sont toujours basés sur la pertinence, non sur des accords commerciaux", a souligné un porte-parole du groupe fin octobre dans une déclaration à l'AFP.

Les organisations de presse ont reçu le soutien de près de 1.500 professionnels des médias, écrivains, éditeurs, réalisateurs, musiciens ou avocats européens, signataires d'une tribune où ils appellent l'UE à "muscler les textes pour que Google ne puisse plus les détourner".

Le président Macron avait également appuyé la presse début octobre en affirmant qu'une entreprise ne peut "pas s'affranchir" de la loi en France.

En 2005, l'AFP avait porté plainte aux Etats-Unis et en France contre Google pour violation des règles de protection du copyright, avant de trouver un accord.

droit-d-auteur droit-voisin
https://www.varmatin.com/economie/la-presse-francaise-porte-plainte-contre-google-aupres-de-lautorite-de-la-concurrence-432914

Économie circulaire : privilégier la réparation pour lutter contre le gaspillage

Wed 13 Nov 2019 - 11:19

L'été dernier, la secrétaire d'État Brune Poirson a présenté en Conseil des ministres, un projet de loi pour une économie circulaire. Un texte qui prône, entre autres, la réduction des déchets. Par l'amélioration des circuits de recyclage ou par la lutte contre le gaspillage. Mais aussi par la réparation. Et, du côté de la Communauté d'agglomération Var Estérel Méditerranée (Cavem), ce sont les artisans engagés dans l'initiative Répar'Acteur qui portent le concept.

Votre sac à main ne ferme plus ? Votre télé vient de rendre l'âme ? Votre jean est déchiré ? Plutôt que de jeter les objets usés, abimés, en panne ou cassés, pourquoi ne pas plutôt choisir de les faire réparer ? Car, dans une société de plus en plus soucieuse de son empreinte écologique et de ses valeurs sociétales, l'idée redevient à la mode. La réparation s'inscrit en effet pleinement dans le cadre de l'économie circulaire. Et c'est pourquoi la Communauté d'agglomération Var Estérel Méditerranée (Cavem) a choisi de s'engager dans l'initiative Répar'Acteur.

D'abord parce que réparer un objet contribue à prolonger sa durée de vie et limite ainsi la production de déchets souvent difficiles à gérer. Ensuite parce que réparer permet généralement d'économiser des matières premières et des ressources énergétiques. Enfin parce que réparer aide au maintien et au développement des emplois locaux. De quoi faire de la réparation l'une des cibles principales du programme national de prévention des déchets.

Sur le territoire de la Cavem, ils sont déjà quelques artisans à s'être engagés. Parmi eux, Christine Leroy Valentin, de l'Atelier du cuir L'arc-en-ciel (Fréjus - 83). « Je répare des objets depuis 25 ans. C'est donc tout naturellement que je me suis inscrite dans le projet Répar'Acteur et que j'ai suivi la formation proposée par la Chambre des métiers et de l'artisanat. » Une formation qui lui a surtout apporté quelques précisions administratives. Et permis de rencontrer d'autres artisans engagés. Mais elle confie que, dans le secteur de la maroquinerie, l'idée à du mal à germer. « Nous vivons dans une société où les tendances évoluent deux fois par an. Pour rester à la mode, les clients achètent des articles neufs. » Selon elle, une seule chose les encourage à faire réparer : le côté affectif !

Par principe, les métiers de cordonnier, couturier et dépanneur électroménager sont des métiers de réparation. Un peu partout en France, des ateliers de réparation se sont récemment montés afin de prodiguer des conseils gratuits à ceux qui sont en demande. © Gellinger, Pixabay License

Par principe, les métiers de cordonnier, couturier et dépanneur électroménager sont des métiers de réparation. Un peu partout en France, des ateliers de réparation se sont récemment montés afin de prodiguer des conseils gratuits à ceux qui sont en demande. © Gellinger, Pixabay License
Vers un changement de mentalités

Pour Marc Forner, patron de FM Dépannage (Saint-Raphaël - 83), dans le secteur de l'électroménager, les choses sont différentes. « Nous reconditionnons certains appareils de façon à jeter moins. Cela ne se faisait plus. Mais aujourd'hui, lorsque cela en vaut la peine -- économiquement parlant --, nous remettons des appareils usagers en état de fonctionner. »
“

Certains s'orientent vers le marché de l'occasion

Cela fait 25 ans que Marc Forner travaille dans le secteur. Avant, il ne jetait pas moins de dix écrans de télévision par mois. Mais depuis un an et demi, il a modifié ses habitudes. Et s'est engagé dans l'initiative Répar'Acteur. « Même si certains continuent d'acheter du neuf parce qu'ils cherchent des appareils plus modernes, des appareils connectés, d'autres s'orientent vers de l'occasion », raconte-t-il. Par conscience écologique, pour certains.

Mais surtout par soucis d'économie. « Nous vendons ces appareils reconditionnés à petits prix. Environ au tiers de leur valeur à neuf. Pour un jeune couple ou pour équiper une maison de vacances, une télé à 50 euros, c'est intéressant », conclut Marc Forner. Et pour trouver un artisan Répar'Acteur près de chez vous, rien de plus simple désormais puisque la Chambre des métiers et de l'artisanat en propose un annuaire accessible sur son site Internet.

recyclage réparation économie-circulaire
https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-economie-circulaire-privilegier-reparation-lutter-gaspillage-77928/#xtor%3DRSS-8
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