En juin dernier, une pétition demandait le retour des "vrais" biscuits Figolu. Sur Twitter, l'usine a annoncé leur commercialisation.
"Nous avons décidé, à l'occasion de ce printemps un peu singulier, de relancer Figolu en France". Dans un message vidéo publié sur Twitter mardi 21 avril, le directeur général commercial France de Mondelez (qui détient la biscuiterie LU) Mathias Dosne a annoncé le retour du fameux biscuit sablé, fourré à la pâte de figue.
Commercialisé en 1961, le traditionnel paquet avait ensuite été remplacé en 2015 par une boîte de cinq barres individuelles portant le même nom. Il était de plus en plus difficile de trouver un magasin qui les vendait, et les internautes soupçonnaient que la recette traditionnelle avait été changée.
En juin 2019, une pétition qui souhaitait le retour de ces biscuits LU avait réuni plus de 10.000 signatures. Les inconditionnels du biscuit à la figue demandaient "le retour des véritables Figolu dans les rayons". Sur les réseaux sociaux, l'engouement était visible avec les hashtags #teamfigolu et #rendeznouslesfigolu.
Parmi les fans inconditionnels, la journaliste Fabienne Sintes, qui avait porté le message. C'est à elle que Mathias Dosne a annoncé sur Twitter le retour du "vrai" Figolu.
Désormais, quand je vais au supermarché, je me sens comme Rambo en mission
Laurent Sagalovitsch — 20 avril 2020 à 11h58
[BLOG You Will Never Hate Alone] Par les temps qui courent, sortir faire ses courses représente l'un des plus grands défis jamais posé à l'être humain.
Depuis le début du confinement, c'est à moi que revient l'honneur de ravitailler la maison. Je me serais bien défilé, mon sens du sacrifice étant des plus limités, mais devant la menace de me voir confier l'ensemble des tâches ménagères, repassage compris, je n'ai guère eu d'autre choix que d'accepter. À moi les courses, le chariot à roulettes, la liste de commissions –PQ, pâtes, pois chiches.
À moi aussi, le foulard sur la gueule, le bonnet jusqu'aux oreilles, la peur à chaque pas, la méfiance tout le temps quand il m'arrive de croiser sur ma route l'un de ces malotrus qui s'en viennent à ma rencontre d'un pas léger, sans même prendre la peine de dévier d'un centimètre sa trajectoire, ce qui m'oblige à crapahuter de voiture en voiture comme un canard poursuivi par un aigle.
Avant de sortir, il me faut avant tout veiller à ne rien oublier –c'est l'uniforme qui fait le soldat, et non le contraire: bien nettoyer mes mains; bien penser à ne jamais, sous aucun prétexte, en aucune circonstance, les porter à mon visage; bien se moucher afin d'éviter de le faire quand je me retrouverai au cœur des ténèbres; bien ajuster mon masque-foulard-écharpe-bandana-peau de phoque, derrière lequel j'étouffe et que j'enlève aussitôt –je ne suis pas un chien à qui on oblige de porter une muselière; bien embrasser la mezouzah au cas où; bien penser à ne pas toucher la rampe de l'escalier, ni la minuterie, ni la poignée de la porte, ni rien qui ne soit pas essentiel à ma progression en terrain ennemi; enfin bien embrasser ma compagne, qui risque de me retrouver quelques heures plus tard entubé jusqu'au cerveau.
C'est prudemment que je m'aventure hors de l'immeuble. Il est tôt, à peine 8 heures du matin. Les rues sont calmes, le ciel laiteux. Je lance un regard périphérique; aucun connard à l'horizon, je peux y aller. Une dernière prière et me voilà dans les rues de ma ville.
Aux aguets, le regard perçant, le pas vif et rapide, dans la peau d'un résistant qui s'en va délivrer un courrier importantissime à son chef de section, le chariot accroché à mes basques, je vais téméraire et intrépide: rien ne me détourne de mon objectif, à savoir le supermarché du coin de la rue, où m'attend l'une des missions les plus périlleuses de mon existence.
Surtout être efficace. Ne pas se disperser. Ne pas tergiverser. Remplir son chariot au fur et à mesure sans se laisser distraire, ni par les promotions qui me sautent au visage, ni par les toujours possibles ruptures de stock. Rester concentré de bout en bout. Prendre la tangente au premier crétin qui oserait se rapprocher trop près de moi. Bien rester attentif, l'ennemi étant partout. Notamment au rayon légumes secs, où la loi du plus fort règne: je garde un souvenir amer de l'une de mes dernières expéditions, quand au moment même où je m'apprêtais à me saisir de la dernière conserve de haricots blancs –la dernière!–, j'ai été supplanté à l'ultime seconde par une main sortie de nulle part.
Mon chariot se remplit d'une manière mécanique. Je n'ai plus le temps de considérer les étiquettes, le prix, la provenance, le pourcentage de fibres ou la quantité de sucre; je vois, je prends. Net et précis. Je n'ai pas fait mon service militaire pour rien, j'ai l'âme d'un guerrier.
Je connais le chemin par cœur: d'abord les fruits et légumes, ensuite les pâtes, le riz, le boulgour, le quinoa, le couscous, les sauces pour mieux les accompagner; un détour rapide par les produits hygiéniques, PQ et essuie-tout à la douzaine; sur ma droite, les conserves, les sardines, les boîtes de thon, les cœurs d'artichauts; tout au bout de l'allée, les tablettes de chocolat, les gâteaux, la farine; enfin, la dernière ligne droite avec les surgelés, le pain, les produits frais, avant de me présenter aux caisses.
De la précision dans les gestes. Ne pas tergiverser. Ne pas réfléchir. Ne pas s'attarder. La mort est partout présente. Elle peut surgir au détour d'un pot de cornichons qu'on aura pris trop de temps à considérer, s'exposant au risque de croiser un client qui masque baissé, visière relevée, téléphone dans la main, bouche grande ouverte, postillonne quelques paroles à je-ne-sais-qui resté loin de la ligne de démarcation.
Crevure. Mériterait que je le dénonce à la Kommandantur.
Soudain, au moment de payer, quand je sors ma carte de crédit de mon portefeuille, le désir, l'envie, le besoin quasi irrépressible de me gratter le nez, la paroi extérieure, presque à hauteur de la paupière gauche, à la naissance de ma cloison nasale. Ne pas en tenir compte. Faire comme si j'avais rêvé. Austerlitz. Verdun. Omaha Beach! Gloire au soldat inconnu! L'étendard sanglant est levé! La tentation qui devient de plus en plus grande. Le picotement de la peau atrocement excitée. Respirer un grand coup. Fermer les yeux. Visionner le virus, le ventilateur, le cercueil, mon chat orphelin, ma femme remariée, ma belle-mère béate de soulagement.
Triompher de l'envie de se gratouiller le nez, la plus belle victoire de l'être humain par temps de pandémie.
Quand je finis par rentrer à la maison, avant même d'ouvrir la porte, je me déshabille entièrement. C'est totalement nu que je pénètre dans l'appartement, apportant avec moi les fruits de mon labeur: un chariot assez rempli pour tenir quelques jours. César revenant de Gaule n'avait pas plus fière allure. J'ai triomphé. Je suis immortel. C'est avec la conscience du devoir accompli que je peux me laver les mains, avant de filer sous la douche.
Entre ici Jean Moulin...
Des discours du chef de l'État il reste souvent une formule choc, reprise jusqu'à plus soif par les médias. Le mois dernier, c'est un « quoi qu'il en coûte » inhabituel dans sa bouche qui avait défrayé la chronique.
La chose peut se comprendre, l'intéressé s'étant surtout signalé, jusque-là, par son peu d'empressement à dépenser « un pognon de dingue » ! Ce qui se comprend moins, c'est la façon dont il a été rendu compte de ce revirement : ce sont des « quoiqu'il en coûte » qui ont fleuri un peu partout, sur les sites de distinguées radios d'abord (Europe 1, RTL, France Info, France Inter, voire (horresco referens !) France Culture, ensuite de la presse écrite (Le Figaro, Le Point... et je ne prétendrai pas que votre journal préféré ait toujours été, dans cette affaire, blanc comme un comprimé de chloroquine !).
Il s'en trouvera pour se récrier : un ou deux mots, pas de quoi fouetter un chat ! Eh bien, si, parce que le sens est loin d'être le même. Quand M. Macron annonce que « Quoi qu'il en coûte, la priorité de la nation est notre santé », il réaffirme que rien n'est plus important que cette dernière : ça coûtera donc ce que ça coûtera ! Soudez les deux mots (quoiqu'il en coûte), et notre président, en ex-banquier qui se respecte, n'est pas loin de déplorer – en tout cas il lui en coûte ! – que le sanitaire doive ainsi prendre le pas sur l'économique. Le penser, pourquoi pas ? Mais l'avouer au pays, ce serait une faute politique majeure.
J'en entends d'ici pester contre une langue par trop subtile, mais ne siérait-il pas plutôt de louer sa précision ? Un espace oublié (une espace oubliée, ce nom étant féminin en typographie), et la face du discours s'en trouve changée ! Raison de plus pour tirer sur cette bonne vieille ficelle : la soudure n'est requise que si est possible le remplacement par bien que. On est fondé à écrire « Quoiqu'il ait parlé longtemps, on a bu ses paroles », puisqu'on peut dire « Bien qu'il ait parlé longtemps... ». En revanche, « Bien qu'il dise, on reste sceptique » ne se pouvant (Bien qu'il dise quoi ?), c'est « Quoi qu'il dise » (quelles que soient les choses qu'il dise) qu'il faut écrire.
Le hic, c'est que la substitution de bien que était ici moins inconcevable qu'ambiguë. Mieux aurait valu parler comme Gérald Darmanin : « Quand la maison brûle, on ne compte pas les litres d'eau pour éteindre l'incendie » !
Un confinement prolongé des personnes âgées après le 11 mai, en Ehpad comme à domicile, ne sera "pas tenable", a estimé vendredi 17 avril le président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), réclamant des adaptations, notamment dans les Ehpad.
"Des gens vont mourir d'autres choses que du coronavirus: du confinement, de l'isolement et de la solitude", a déclaré Pascal Champvert au cours d'une conférence de presse téléphonique.
Dans son allocution lundi, le président de la République a assuré que les personnes "les plus vulnérables", notamment les "personnes âgées", seraient invitées à rester chez elle après le 11 mai, date théorique de sortie du confinement.
S'interrogeant sur "l'âge à partir duquel on est concerné", M. Champvert a regretté une mesure "aux relents âgistes" (discrimination par l'âge) et de nature "à faire peur aux personnes âgées".
Saisi sur l'isolement des résidents d'Ehpad à cause du coronavirus, le Comité d'éthique (CCNE) avait estimé début avril qu'un confinement renforcé des aînés devait être temporaire et leur laisser la possibilité, même limitée, de circuler.
"Il faut que l'État tire les conséquences de l'avis du Comité consultatif national d'éthique", a demandé M. Champvert.
"Le seul moyen de réussir le confinement prolongé dans les Ehpad et de le rendre supportable pour les gens, c'est de l'adapter fortement".
Plusieurs mesures pourraient être appliquées rapidement, selon l'AD-PA: une présence renforcée de psychologues dans les services de soin à domicile et en Ehpad, un retour des bénévoles pour des interventions variées, et le recours aux "balcons, terrasses, parcs et jardins, présents dans la plupart des établissements".
"Il faut que les personnes âgées puissent sortir au moins un peu, comme les Français ont le droit de sortir autour de chez eux au moins une heure", a-t-il plaidé.
En outre, l'ouverture des rencontres avec les familles est "essentielle", a souligné M. Champvert, pour qui les "restrictions de visites n'ont pas lieu d'être, notamment pour les personnes avec des troubles du comportement".
"Il faut que les familles puissent rencontrer les résidents. Bien sûr pas dans leur chambre, dans une pièce à part, sur rendez-vous et avec toutes les mesures de sécurité. Mais les familles doivent rencontrer leurs parents", a-t-il insisté.
Les premières images de Dune, l'adaptation cinématographique de Denis Villeneuve, viennent d'être dévoilées. Que nous disent-elles sur l'approche du réalisateur par rapport à l’œuvre originale ?
La saga Dune a profondément marqué l’imaginaire de la science-fiction depuis sa première parution en 1965. Mais le récit écrit par Frank Herbert n’a jamais réussi à se frayer un chemin définitif sur grand ou petit écran, tant et si bien que ce chef d’œuvre n’est pas aussi présent qu’il le devrait dans la pop culture. Pourtant, le potentiel est bien là pour imprégner les esprits d’un public bien plus large. Voilà qui pourrait changer, car Denis Villeneuve est aux commandes d’une adaptation cinématographique qui, sur le papier, a déjà de la saveur. De premières images viennent d’être publiées par Vanity Fair et confirment cette première impression.
Difficile de ne pas retrouver, dans ces extraits, le type de plans et de décors auxquels Denis Villeneuve nous a déjà habitués dans Premier contact puis dans Blade Runner 2049. Il y a quelque chose de grandiose, d’épique, dans cette esthétique pourtant si éthérée. L’approche est idéale pour porter à l’écran Dune et sa planète centrale, Arrakis. Recouverte de sable, cette terre aride représente un enjeu économique de premier plan dans la Guilde spatiale : sur Arrakis, des vers géants sécrètent l’Épice, un ingrédient essentiel d’un produit permettant de prolonger la vie — ce qui permet une conquête spatiale démesurée. La multitude de mondes de la Guide spatiale est régie par un Empereur et par une noblesse, divisée en maison. Paul, le personnage interprété par Timothée Chalamet, est membre de la Maison Atréïdes. Après un piège tendu par les rivaux, la Maison Harkonnen, il est présumé mort et se réfugie chez les Fremen, le peuple autochtone d’Arrakis.
Pas la peine d’en dire davantage : le récit de Dune est complexe, riche et se vit davantage qu’il se raconte. Cela étant, il est possible, sans même spoiler aux curieux et curieuses, de trouver dans les images du film de Denis Villeneuve des détails marquants, qui montrent que les ambitions comme les subtilités de Dune sont respectées… et que vous devez absolument vous intéresser à cette œuvre à venir.
Sous la plume de Frank Herbert, la planète Arrakis n’est pas qu’un élément de décor. Ce n’est pas un simple cadre comme si elle n’était que le socle des aventures des personnages. Arrakis est un écosystème total, complet, fourmillant : elle est Dune, elle est les personnages, leurs histoires, au sein d’un maillage complexe. On sent, page après page, que les Fremen sont les « extraterrestres » sur cette planète, mais qu’ils ont finalement trouvé leur place dans cet écosystème : ils n’ont pas cherché à le posséder, à le maîtriser, mais plutôt à le comprendre autant que possible et à s’y adapter. Ils n’avaient de toute façon pas le choix : c’était s’adapter ou rien face à une nature aussi puissante. En revanche, les nobles et soldats de l’Empire, lorsqu’ils débarquent sur la planète, adoptent une stratégie conquérante… loin d’être la meilleure, donc, face aux dunes imposantes, mystérieuses, d’Arrakis.
« Ce qui pour moi marque immédiatement dans les quelques images diffusées, c’est que Villeneuve semble avoir compris une idée centrale du roman qui est l’interaction fondamentale entre l’Homme et son environnement », commente pour Numerama l’auteur du blog L’Épaule d’Orion, spécialisé en littérature de science-fiction, et auteur d’une analyse sur le genre littéraire du chef-d’œuvre.
L’image sur laquelle on voit toute la Maison des Atréides est le premier indice, selon lui, de la profonde compréhension par Denis Villeneuve de cette interaction centrale. « Ils viennent d’arriver sur Arrakis, la posture est martiale, rigide et arrogante. »
Même constat pour la photo où Oscar Isaac prend les traits du Duc Leto, « engoncé dans une armure inadaptée dont on devine déjà qu’elle ne le protégera pas ». Une description valable aussi pour Gurney Halleck, lieutement de la Maison Atréides. Ces images représentent le premier versant de l’interaction écologique fondamentale de Dune : l’inadaptation de ces humains à un environnement naturel qu’ils ne maitrisent pas, qu’ils vont chercher à maîtriser par la force.
Les autres photographies révèlent des personnages qui épousent l’autre aspect de l’interaction : l’adaptation absolue. « À l’inverse, le corps animal de Duncan Idaho exprime la transformation nécessaire, le moment du choix, l’adaptation en cours, nous décrit L’Épaule d’Orion. Puis, les portraits de Chani et Liet montrent les deux femmes inscrites dans leur environnement. Elles appartiennent à Arrakis et Arrakis leur appartient. » Ces personnages semblent en effet se fondre dans le paysage de la planète, comme s’ils faisaient profondément partie de cet écosystème.
Par les choix esthétiques, dans les mouvements, les couleurs ocres ou métalliques, les costumes, les environnements naturels dominants par leur amplitude, Denis Villeneuve prouve en seulement quelques images qu’il a su saisir et représenter l’élément philosophique, écologique, spirituel le plus fondamental de l’œuvre immense — et si difficile à adapter — de Dune. Même ses choix personnels, qui s’éloignent en apparence des matériaux originels, font honneur au message de Frank Herbert.
C’est ce que tient à nous préciser l’auteur de L’Épaule d’Orion au sujet d’un changement que les fans de la saga n’ont pas pu manquer : Liet Kynes est devenu une femme. Mais est-ce que cela n’aurait pas, finalement, encore plus de sens dans le cadre de cette adaptation ? « Denis Villeneuve a fait ce choix magnifique de faire jouer Liet par une femme. Cela me semble pleinement justifié par le rôle transformatif de ce planétologue qui a compris l’écologie et la culture d’Arrakis, et engage avec le peuple Fremen sa mutation sur des générations. Pour ma part, j’ai toujours imaginé que Liet Kynes était une femme », confie le blogueur.
Les romans de Dune peignent un futur si lointain que plus rien de ce que l’on connaît n’existe vraiment tel que notre monde le conçoit. Des modes de vie, des accessoires technologiques, des sciences font bien écho à des éléments que l’on connaît, mais s’éloignent parfois aussi tellement de nos référentiels qu’il se dégage parfois de Dune des ingrédients proches de la Fantasy… mais qui appartiennent malgré tout à la SF. C’est là toute la beauté de la fresque futurologique de Frank Herbert, cette part d’incompréhension, de légende, dans un avenir si éloigné.
Comme nous l’explique L’Épaule d’Orion, le contexte du premier tome de Dune se caractérise par deux aspects : « Il y a une véritable régression historique due au Jihad Butlérien qui a fait disparaitre l’informatique et les machines pensantes. D’un autre côté, la technologie est devenue invisible à notre œil, car extrêmement avancée, mais elle est bien présente. » Ainsi, les lecteurs et lectrices de Dune imaginent les technologies décrites comme des choses à l’apparence vieillotte, mais au fonctionnement parfois plus puissant que des technologies issues de futurs par exemple cyberpunk. Sur cette étrange évolution technologique, le blogueur SF porte à notre attention une phrase écrite dans l’ouvrage : « Le Jihad Butlérien [épisode historique de régression technologique dans l’univers de Dune] a forcé l’esprit humain à se développer. »
Comme la fable écologique, cet aspect technologique « fondamental » de Dune semble avoir, lui aussi, été parfaitement épousé par Denis Villeneuve si l’on regarde les premières images. Par exemple, le distille : il s’agit de la tenue portée les Fremen, et qui recycle tous les fluides corporels pour les convertir en eau potable (sans cela, la survie serait impossible sur l’aride planète Arrakis). Cette technologie, aussi primaire qu’ultra-avancée, est représentée dans les images par un costume paradoxal : cela pourrait tout aussi bien être quelques vieux bouts de tissus et de métal condensés en un semblant de vêtement, mais tout est si bien agencé, en plus d’être adapté à l’environnement, que l’on voit bien qu’il s’agit d’une technologie futuriste, peu familière.
On a hâte.
Alors que plusieurs villes françaises veulent imposer à leurs habitants de porter un masque lors de leurs sorties pour limiter la propagation de Covid-19, une nouvelle étude vient encore semer le doute sur sa véritable utilité. Des chercheurs sud-coréens ont mené des tests avec différents types de masques (masque en coton et masque chirurgical classique - on ne parle pas ici des masques N95 avec très haut niveau de filtration) et demandé à quatre patients de tousser sans et avec le masque. La charge virale a ensuite été mesurée à l'intérieur et à l'extérieur du masque. Résultat : « Ni les masques chirurgicaux ni les masques en coton ne filtrent efficacement le SRAS-CoV-2 lors de la toux des patients infectés », rapportent les auteurs.
Le problème réside dans la taille des particules capables de transporter le coronavirus SARS-CoV-2. Celles du SARS-CoV de l'épidémie de 2003 ont été estimées entre 0,08 et 0,14 μm. Or, de précédentes études ont montré que les particules de 0,04 à 0,2 µm peuvent pénétrer les masques chirurgicaux. L'expérience ne reflète cependant pas la capacité des masques à limiter la transmission du virus. « Il est possible qu'ils limitent quand même la distance de dissémination des gouttelettes », notent les auteurs. Si les masques ont bien une action antiprojection, ils protègent mal le porteur sain des microparticules aéroportées émises par une personne malade car celles-ci sont trop fines, rappellent d'ailleurs la plupart des infectiologues.
Cette dérogation temporaire permet d'établir l'acte notarié sur support électronique si une ou l'ensemble des parties ne peuvent être représentées.
IMMOBILIER - L’acte de vente d’un logement neuf ou ancien pourra être signé à distance au moyen de la signature électronique recueillie par le notaire sur tout le territoire, en vertu d’une dérogation qui durera jusqu’à un mois après la fin de l’urgence sanitaire, selon un décret paru au Journal officiel.
Ce décret du 3 avril publié samedi au J.O. permet aux notaires d’”établir un acte notarié sur support électronique lorsqu’une ou toutes les parties ou toute autre personne concourant à l’acte ne sont ni présentes ni représentées”.
“Ce décret permet de déroger de façon temporaire à l’exigence de la présence physique chez le notaire pour la réalisation des actes notariés”, précisent dimanche le ministère de la Justice et celui de la Cohésion des territoires dans un communiqué.
Cela concerne “les ventes dans le neuf comme dans l’ancien” et ce “jusqu’à l’expiration d’un délai d’un mois à compter de la date de cessation de l’état d’urgence sanitaire”, indique ainsi le gouvernement.
L’objectif est d’assurer “la continuité de l’activité notariale, notamment les achats immobiliers des Français, tout en sécurisant le caractère authentique des actes dans le respect des consignes sanitaires de distanciation sociale” en vigueur pour maitriser l’épidémie de Covid-19, conclut-il.
On en voit fleurir un peu partout de temps en temps, le plus souvent de façon éphémère. Mais à Telluride (Colorado), c’est une véritable institution : la freebox (littéralement « boîte gratuite »). Elle remonte aux années 1970 (née le 12 mars 1976, elle fêtera bientôt son anniversaire), et fait partie d’un héritage hippie-baba cool toujours bien présent dans la petite sœur d’Aspen, où (presque) tout le monde roule à vélo et mange vegan.
Le principe est simple : quand les habitants ne veulent plus d’un objet, d’un livre ou d’un vêtement, ils le déposent dans cette espèce de grande étagère en bois, située à l’angle de North Pine street et de Colorado avenue (la rue principale). Là, tout le monde peut venir se servir, des nécessiteux aux touristes. Ils sont encouragés à y mettre quelque chose en retour, pour favoriser l’échange. Ce système évite aux Américains d’organiser leurs (encore plus célèbres) ventes de garage. On peut y dénicher de véritables trésors : un écran plat y a déjà été déposé et la meilleure période reste la fin de la saison de ski, où les vacanciers laisseraient des équipements complets ! Qui sait, vous trouverez peut-être la chemise à fleurs de Tom Cruise, dans « Cocktail« ! (Il y a ses quartiers, comme Oprah Winfrey, Oliver Stone ou Sylvester Stallone, et a mis son chalet en vente pour 59 millions de dollars).

On y a débarqué en juillet, lors de notre roadtrip 2014. On s’est retrouvés tout couillons devant cette boîte gratuite ! On a bien rigolé avec nos homologues de box, venus en famille ou en couple chercher un petit souvenir. Il y avait des trucs pas mal. Rien qui plaisait à JP (c’est con, toutes ses fringues étaient dans la valise perdue et il en aurait bien eu besoin), mais Delphine a dégoté un jean super grunge et un chemisier à pois tout neuf, qui portait encore une étiquette. Elle le remet avec émotion.
La freebox, ouverte 24 heures sur 24, a son groupe Facebook (3000 likes). Elle est régulièrement menacée : son sort revient souvent sur la table au conseil municipal. Certains la prenant parfois pour une décharge, évacuer coûte cher à la collectivité. D’où une charte de bonne utilisation, qui tient en cinq commandements :
Une économie du partage qui dure depuis plus de 40 ans, bien avant la 2.0 qui envahit le net.
D’autres free boxes existent aux États-Unis (Crestone au Colorado, Isla Vista en Californie) et au Canada. On a déjà eu l’occasion de voir un système similaire : une bibliothèque commune, en plein désert, elle aussi dans une boîte, à quelques kilomètres de Chiricahua National Monument (Arizona). Un système très souvent utilisé aux États-Unis.
Vous connaissez d’autres initiatives de ce type aux États-Unis ou ailleurs ?
La mise en avant systématique de la figure du «soignant-héros», dans l’émission cagnotte de France 2 masque la réalité : le manque de moyens des hôpitaux en grave difficulté.
Nous ne voulons pas de héros !
Tribune. Le 24 mars, France 2 organisait «une grande soirée de solidarité et d’appel aux dons». Le but : rendre hommage aux personnels hospitaliers et encourager chaque Français à verser de l’argent pour «soutenir les hôpitaux et l’ensemble des personnels soignants». Au premier regard, rien de bien polémique. Il s’agissait pourtant d’une cagnotte organisée par la sixième puissance mondiale pour sauver son hôpital.
Toute cette bonne humeur forcée et cet étalage de générosité nous racontaient la fiction d’une France unie, sans conflit ni critique, où personne n’est responsable de rien. Cette émission excluait en effet toute possibilité de relier le drame en cours à des choix de politiques budgétaires et fiscales de ce gouvernement et des précédents. Pas un mot sur les mois de contestation des personnels hospitaliers. Pas un mot sur leur combat pour défendre un hôpital public de qualité garantissant l’égalité d’accès aux soins. Pas un mot sur l’expression de leur souffrance au travail et sur la répression violente de certaines de leurs manifestations.
Des besoins connus depuis des années
Le lendemain de cette émission infantilisante, le Président intervenait à la télévision, laissant enfin espérer des mesures concrètes. Pourtant, dans ce discours à la mise en scène et à la rhétorique martiales, rien d’autre que des propos vagues et abstraits, alors que les besoins sont largement connus, depuis des années. Le Président a préféré défendre une «union nationale» dont il serait le seul dépositaire. Ses mises en garde contre «celles et ceux qui voudraient fracturer le pays» visaient implicitement toutes celles et ceux qui se permettent de critiquer son action ou tout simplement de rappeler les origines politiques de cette crise. Tous ceux-là deviennent des déserteurs, des mutins, les casseurs de l’esprit républicain.
La mise en avant systématique de la figure du «soignant-héros», dans cette émission cagnotte de France 2 comme dans la communication de l’exécutif, participe de cette rhétorique de l’union. Qui aurait envie de critiquer les soignants qui se sacrifient dans les hôpitaux ? Il faut effectivement avoir des qualités hors du commun pour accepter de travailler jour et nuit, au cœur de cette crise, pour des salaires horaires trop faibles, sans toujours toutes les protections indispensables (les masques bien sûr, mais aussi les surblouses, les charlottes, les surchaussures, etc.) La réalité, c’est que les personnels hospitaliers n’ont pas le choix : ils sont obligés de se comporter en héros. Ce rôle leur a été imposé. Pas seulement à cause du Covid-19. Mais aussi parce que ce nouveau virus vient percuter de plein fouet un hôpital en grave difficulté. Le discours de l’héroïsme sert ainsi à masquer le manque de moyens. Voire à le justifier. Si un système collectif résiste grâce aux sacrifices immenses de quelques-uns, à quoi bon l’améliorer ?
Dans ce contexte de crise, les plus jeunes comme les plus âgés, des étudiants aux retraités, sont envoyés «au front» sans armes ni munitions, pour reprendre la métaphore guerrière prisée par l’exécutif. Les personnels hospitaliers s’épuisent, physiquement et moralement, et risquent leur vie pour sauver la nôtre. Déjà plusieurs sont morts ou en réanimation. Nous ne voulons pas de héros qui portent à bout de bras l’hôpital, au prix de ces sacrifices inhumains.
Ne pas lâcher
Ce qui se joue avec la figure du héros apparaît alors plus nettement : même s’il s’agit de nous faire croire qu’il n’est question que d’émotions et de sentiments, on discerne en réalité un projet politique. Car le héros, c’est un demi-dieu, un personnage exceptionnel. Autrement dit, c’est promouvoir la puissance solitaire de l’individu plutôt que la réussite du collectif. Or l’hôpital n’a pas tant besoin de surhommes ou de surfemmes que d’avoir les moyens de fonctionner dignement. Les sacrifices d’aujourd’hui auraient pu être en grande partie évités si les personnels hospitaliers avaient été écoutés et si d’autres choix politiques avaient été faits.
D’autres crises, sociales, économiques, climatiques, succéderont à celle que nous vivons, qui n’est qu’une première alerte, terrible. A chacune d’entre elle, faudra-t-il accepter le chantage à l’union de ceux-là mêmes qui refusent de prendre les mesures qui permettent d’éviter ou au moins d’atténuer les crises et leurs conséquences sociales ? Nous ne pouvons pas à chaque fois congeler la vie politique et démocratique. Malgré la gravité de la situation, malgré le confinement, le débat sur l’avenir de nos services publics, de la santé mais aussi de la recherche, de l’éducation, est essentiel.
L’expression de désaccords n’est pas une sécession morale. C’est maintenant qu’il faut se battre pour le monde que nous voulons, ne pas lâcher, parce que si nous attendons poliment l’autorisation de parler, il sera trop tard. Et le jour d’après sera exactement le même que le jour d’avant.
Signataires : Julien Taieb, médecin à l’hôpital Européen Georges-Pompidou, Sonia Salimon, professeure de lettres, Melissa Hadoux, psychologue clinicienne, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Antoine Hardy, enseignant à SciencesPo, Hugo Huon, infirmier à l’hôpital de Lariboisière, Tamara Ben Ari, chercheuse à l’Inrae, mOlivier Berné, chercheur au CNRS, Christophe Le Tallec, aide-soignant, Baki Youssoufou, chef d’entreprise, Yacine Ait Kaci, président de la Fondation ELYX, Marie-Hélène Metzger, médecin de santé publique, AP-HP, Mélanie Teyssier, cadre de santé, membres du collectif ConfinésMobilisés, qui a lancé le 24 mars la pétition #JeNeSuisPasUnHéros : https://confinesmobilises.wesign.it/fr
Lorsque l’on cherche un programme de vidéoconférence, on pense directement au logiciel estonien Skype. Lancé en 2003, Skype est désormais l’outil d’appels audio et vidéo le plus populaire au niveau mondial. Que ce soit avec un ordinateur fixe ou portable, une tablette ou un Smartphone il est possible de contacter de n’importe où un autre utilisateur de Skype. Tout ce dont vous avez besoin pour lancer un appel vidéo est une caméra et un microphone ainsi que le logiciel gratuit Skype avec une bonne connexion Internet.
Cependant il existe désormais plusieurs logiciels gratuits pour la téléphonie IP (téléphonie sur IP, également connu sous le nom de voix sur IP ou « VoIP » (de l’anglais Voice over IP). Comme pour Skype ces programmes peuvent être utilisés pour réaliser une communication avec d’autres utilisateurs via une vidéo transmission. De plus, la majorité des alternatives à Skype sont gratuites et quelques-unes sont sur certains points meilleurs que le leader du marché notamment au sujet des mesures pour la protection des données et de la politique de confidentialité. Quels sont les programmes vraiment utiles et innovants ? Dans cet article nous allons vous présenter une vue d’ensemble des forces et des faiblesses des 14 meilleures alternatives à Skype
C’est sur la place Louis-Blanc, en bas du cours Lafayette, que les militants de la liste "Oxygène Toulon", du candidat aux élections municipales Olivier Lesage, ont distribué des tracts aux Toulonnais samedi 7 mars.

À leurs côtés, un petit arbre n’attendait qu’une chose: être planté.
"Mais regardez: en ville, il n’y a aucun endroit où on peut. Pas un mètre carré de terre ici", regrette Olivier Lesage qui a finalement trouvé un coin idéal et ensoleillé sur la corniche Escartefigue.
"Et aménager les berges..."
"C’est pourquoi, nous voulons créer 50 hectares de verdure dans la ville. Nous voulons également installer une trame verte entre le Pont-du-Las, le cœur de ville et Saint-Jean-du-Var. C’est possible", ajoute-t-il.
Pour les membres de la liste "Oxygène Toulon", 100% écologiste et animaliste, "il serait facile d’aménager les berges de l’Eygoutier et du Las. Il faut impérativement refaire entrer la nature dans Toulon. Davantage de végétaux, c’est tout bénéfice à tous les niveaux", a-t-il conclu, rappelant la réunion publique de sa liste, le 10 mars, à la salle Franck-Arnal de La Rode.

Combien de députés votent réellement nos lois ?
Organisation mondiale de la santé a publié sur son site Internet un "guide de production locale des solutions hydroalcooliques". Autrement dit, il s'agit d'une recette pour produire à partir de certains ingrédients des produits aussi efficaces que ceux présents dans le commerce.
La liste des ingrédients de la recette de l'OMS peut paraître complétement inaccessible. Pourtant, vous pouvez vous fournir facilement les composants. L'éthanol 96 % équivaut à de l'alcool pour spiritueux que l'on peut trouver en magasin. Le peroxyde d'hydrogène n'est autre que de l'eau oxygénée, disponible en pharmacie. Le glycérol, ou glycérine, se trouve aussi chez le pharmacien.
Ensuite, la recette est assez simple. Dans un récipient gradué bien propre, mesurez 833 millilitres d'alcool. Mélangez-y 42 millilitres d'eau oxygénée. Ajoutez à cela 15 millilitres de glycérine. Complétez avec de l'eau jusqu'à obtenir un litre de solution. Après avoir mélangé, votre gel hydroalcoolique maison est prêt.
« une langue est un dialecte avec une armée et une marine » Max Weinreich (1945),
Prenez un moment et pensez à la langue que vous parlez le plus souvent et le mieux. Puis réfléchissez au(x) pays ou aux régions du monde où cette langue revêt le plus d’importance, en quantité et en qualité. Votre manière de parler est-elle identique à celle que l’on vous a appris à l’école, ou que vous utilisez dans vos réunions au travail, dans vos documents écrits ? Dans certains cas, il y aura une grande proximité (si vous êtes, par exemple, Parisien ou Londonien, ou si vous travaillez dans des cercles réduits), mais des différences significatives se révèlent dès que notre regard se tourne vers des pays ou des continents voisins.
L’Allemagne fournit à ce titre un exemple intéressant. Jusqu’au 19e siècle, il n’existait pas un « allemand » unifié, mais plutôt des dizaines de dialectes qui cohabitaient ; ceux du sud, tels que le bavarois, se démarquant tant de ceux du nord tels que l’ostphalien à Hanovre, qu’ils pouvaient conduire à une situation d’inintelligibilité mutuelle.
Ce n’est qu’en 1871, lorsque l’état-nation de l’Empire allemand fut créé, que la variante écrite « Standarddeutsch » fut imposée dans les institutions administratives et éducatives. Hanovre, lieu dont les dialectes fournirent les fondements de la phonologie du haut allemand, appartenait au royaume de Prusse. Ainsi, jusqu’à récemment, les enfants bavarois parlant les variétés les plus marquées de leurs dialectes sans connaissance préalable de l’allemand standard apprenaient une variété de langue distincte à l’école et devaient alterner entre ces dernières selon la situation.
Mais pourquoi n’appelons-nous pas toutes ces variétés des « langues » ? Quelle est la différence fondamentale entre une langue et un dialecte ? L’exploration scientifique de cette question controversée et sans doute irrésolue à ce jour est conduite par la dialectologie, un champ spécifique de la (socio)linguistique. Définir « langue » et « dialecte » de manière abstraite n’est pas une tâche aisée, comme nous allons le voir. Le sujet est important, en particulier dans le contexte européen actuel où les échanges tendus au sujet de langues et d’identités nationales se multiplient.
D’un point de vue formel en linguistique, on pourrait considérer qu’un dialecte est l’une des subdivisions d’une langue donnée qui diffère de cette dernière à plusieurs niveaux objectifs. L’étude de cas du russe nous aide à voir cela plus clairement. Le russe standard se fonde sur un dialecte parlé à Moscou, qui divise l’ouest du pays entre les dialectes du nord et du sud. Au nord, il y a au moins cinq groupes de dialectes principaux correspondant à des lieux : Vladimir, Vlatka, Novgorod, Olonets et Arkhangelsk. Ils partagent un certain nombre de différences vis-à-vis du russe standard.
En termes de phonologie (l’étude des sons d’une langue), les dialectes du nord n’affaiblissent ni ne réduisent la voyelle/o/dans les syllabes inaccentuées, tandis que le russe standard la combine avec une voyelle/a/, produisant un/ə/faible. Par exemple, много « très », « beaucoup de », se prononce « mno-gueu » à Moscou et « mno-go » au nord.
Sur le plan morphologique (la structure de mots individuels), les dialectes du nord changent les articles définis en suffixes, ainsi « le livre » se dit « ta kniga » en russe standard et « knigata » au nord.
Au niveau du lexique (les mots individuels), les variantes du nord ont des mots qui leur sont propres, tels que баской « beau » et ухват ou орать, « labourer » au lieu des mots standards красивый et вспахивать.
Enfin, d’un point de vue syntaxique (l’ordre des mots, parfois selon leur forme), certaines variétés au nord-est utilisent le cas nominatif au lieu de l’accusatif pour exprimer un object direct après un verbe à l’infinitif. Par exemple, pour exprimer la proposition « Nous devons acheter un bateau », ces variétés donneront nádo lódka(Nom) kupít’ au lieu de lódku(Acc) dans les variétés sud.
Ce raisonnement nous conduirait à considérer qu’une langue est une collection de dialectes mutuellement intelligibles. Mais comme nous l’avons vu pour l’allemand, des variétés qui diffèrent fortement peuvent causer des difficultés de compréhension et de communication. A l’inverse, on dit souvent que les locuteurs du danois, du suédois et du norvégien peuvent se comprendre relativement bien s’ils font l’effort nécessaire, or nous considérons leurs variétés comme des langues individuelles correspondant à des états-nations spécifiques. Les dialectes scandinaves sont sujets à un continuum géographique où plus la distance est grande, plus les variétés sont différentes, de manière similaire au continuum des langues romanes occidentales comprenant l’italien, le français, le catalan, le castillan et le portugais.
La distinction entre langue et dialecte est peut-être mieux comprise en tant que notion sociale et politique plutôt que purement linguistique. En ce sens, une langue serait un ensemble de dialectes, gouverné par des continuums géographiques et sociaux, et sujets à des évènements socio-politiques hissant l’un de ces dialectes au sommet de la pyramide via des processus de standardisation. Afin d’illustrer ceci, prenons l’exemple de la Chine.
On a tout d’abord le mandarin, qui est la langue standard, officielle, enseignée à l’école est parlée à la télévision et dans les autres médias. Le mandarin a historiquement été sélectionné comme norme, codifié par des grammaires et des dictionnaires, accepté par une majorité ou une minorité socialement puissante de la communauté, et élaboré pour les besoins de la nation, par exemple dans des contextes administratifs, diplomatiques et éducatifs. Ceci fait du mandarin un dialecte hiérarchiquement supérieur, un acrolecte. A l’autre bout du spectre, il y a le toisanais, qui fut parlé tout d’abord par les ouvriers ferroviaires de Guandong, et qui aujourd’hui n’est ni médiatisé, ni pratiqué à l’écrit. Il s’agit d’un basilecte. Entre les deux, le cantonais est un mesolecte : il est écrit et pratiqué dans des journaux et des médias locaux parce qu’il est parlé par un grand nombre de personnes en Chine, mais les locuteurs du cantonais doivent tout de même connaître le mandarin dans des contextes officiels.
Il est donc difficile de distinguer langue et dialecte, mais pas impossible si l’on ancre notre analyse dans des situations concrètes et des études approfondies de variétés spécifiques.
Il faut cependant noter l’arbitraire de ces hiérarchies. D’un point de vue linguistique, il est absurde de dire qu’une variété est « plus pure », « meilleure » ou « plus belle » qu’une autre, comme on le dit parfois à l’école pour dissuader les élèves de pratiquer leurs dialectes locaux.
On pourrait tout à fait imaginer un monde où le scots est la langue standard et la variété la plus prestigieuse de Grande-Bretagne, tandis que l’anglais d’Écosse serait restreint aux registres familiers et moralement dévalués. Comme le dit le linguiste Max Weinreich (1945), « une langue est un dialecte avec une armée et une marine » (« a language is a dialect with an army and a navy »). Ce dicton s’avère peut-être un peu exagéré ; mais le fait que les hiérarchies entre une langue standard et des dialectes dépendent fondamentalement de constructions socio-politiques, comme c’est le cas pour d’autres aspects de l’identité nationale, est une notion importante à garder à l’esprit dans n’importe quelle discussion sérieuse traitant de l’identité sociale ou nationale appliquée à la politique.
Les relations entre les USA et la Chine vont et viennent au gré des semaines et alors que l'on pensait les négociations au beau fixe avec une levée prochaine de l'embargo visant Huawei, voilà que les USA évoquent de nouvelles sanctions, encore plus lourdes.
Les efforts de Huawei pour se détacher de Google de façon définitive prennent un nouveau sens depuis quelques jours et l'annonce de probables nouvelles sanctions encore plus strictes émanant de la part des USA.
Depuis l'été dernier, les USA ont prononcé un embargo sur la marque chinoise, accusée d'utiliser ses dispositifs de télécommunications pour organiser un espionnage au profit de Pékin, et ce, à travers le monde. En conséquence, certaines sociétés américaines n'ont plus l'autorisation de collaborer avec la marque, et si certaines sanctions ont été levées, la plus importante concerne Google et l'intégration des services mobiles du groupe américain dans les smartphones de Huawei.
Huawei P30 Pro_35
Face à la situation, Huawei a réagi et développe ses propres alternatives, décidé à s'émanciper du bon vouloir américain pour continuer à développer ses parts de marché... Mais les USA pourraient aller beaucoup plus loin pour stopper net la marque sur le terrain du smartphone.
Dans des propositions de nouvelles sanctions, il est évoqué un amendement qui permettrait aux USA de contraindre Huawei à ne plus se fournir de composants ou services quand ces derniers intègrent plus de 10 de propriétés intellectuelles américaines.
Mais la mesure pourrait aller encore plus loin : les USA pourraient tout simplement contraindre les sociétés qui exploitent du matériel américain ou des licences américaines à ne plus collaborer du tout avec Huawei, sous peine de se voir retirer les licences d'exploitation ou le matériel en question.
Huawei P30 Pro_37
Le problème est donc le suivant : même si Huawei dispose de ses propres SoC, la marque ne les produit pas elle-même et c'est le fondeur TSMC qui s'en charge à Taïwan. Or, TSMC utilise en grande majorité du matériel américain dans ses processus de fabrication, et aucune chaine de production ne mise sur du matériel 100% chinois...
En clair, les USA pourraient trouver là un moyen de pression permettant de priver Huawei du moindre composant électronique et assécher ainsi sa production de smartphone.
Il est actuellement très difficile de penser que les USA pourraient aller jusque là dans sa guerre commerciale avec la Chine, qui par ailleurs pourrait appliquer des conditions similaires dans une foule d'autres domaines. Cette alternative pourrait d'ailleurs déclencher une véritable cascade de mesures protectionnistes à travers le monde entier et ce ne sont certainement pas les meilleurs leviers à pousser d'un point de vue diplomatique ou économique, mais comme toujours avec les USA, il est avant tout question d'intimidation.
Celles qui n'ont pas adopté le nom de leur mari se le voient fréquemment imposé par les impôts, la CAF, la Sécu ou les banques. L'usage continue de prévaloir sur la loi.
Aucune loi n'a jamais contraint les femmes à prendre le nom de leur époux, mais l'administration française fait de la résistance.
En octobre dernier, le gouvernement annonçait mettre fin à une règle jugée «obsolète», qui donnait priorité au nom de l'époux sur l'avis d'imposition –même lorsque l'épouse ne l'avait pas choisi comme nom d'usage.
L'année 2020 sera donc la première à voir (officiellement, puisque certains services le faisaient déjà) les deux noms d'un couple marié figurer sur ces documents.
Or, cette ancienne règle du code général des impôts n'est pas supprimée en vertu de sa nature ouvertement discriminante vis-à-vis des femmes, mais parce qu'elle n'est «plus adaptée à la situation de la loi […] du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe».
En France, aucune loi n'a jamais contraint les femmes à prendre le nom de leur époux. L'usage est seulement coutumier, et personne ne perd son nom en prenant celui de la personne épousée, mais gagne un nom d'usage. Les hommes, eux, ont dû attendre 2011 pour qu'un décret leur permette de «substituer» leur nom à celui de leur épouse (en 2012, après un parcours du combattant, un homme a obtenu gain de cause pour la première fois).
En 2002, Ségolène Royal, alors ministre de la Famille, met fin à la prééminence du nom du mari. La réforme, entrée en vigueur trois ans plus tard, fait remplacer dans la loi le «nom patronymique» par le «nom de famille» et permet enfin aux femmes mariées de donner leur nom à leurs enfants.
En théorie donc, la suprématie «légale» du patronyme masculin n'est plus qu'un mauvais souvenir, mais en pratique? Sans surprise, c'est le patriarcat qui gagne.
Solveig, qui s'est mariée en 2016 en conservant son nom, a fait les frais des pratiques périmées typiques de l'administration française: «À partir du moment où j'ai envoyé le certificat de mariage à la CAF pour mettre à jour mon dossier, ils ont carrément rayé mon nom pour mettre celui de mon mari. Je ne recevais plus de courrier à mon nom, mais au sien. J'avais eu quelqu'un au téléphone qui m'avait répondu: “C'est automatique, c'est comme ça.”»
Trois ans plus tard, c'est la Sécurité sociale qui s'y met: «Je suis dans la salle d'attente de mon médecin traitant, avec qui j'ai pris rendez-vous sur Doctolib, et là, on vient m'appeler, mais par le nom de mon mari.»
Solveig a pourtant pris rendez-vous avec son nom de naissance. «Il s'est avéré qu'en connectant ma carte Vitale, j'étais désormais au nom de mon mari! Il faudrait que je change de carte, mais ça me met tellement en rage de devoir faire ces démarches alors que je n'ai jamais rien demandé… Même si ça faciliterait grandement les choses, puisque nous avons des enfants que nous avons choisi d'appeler avec le nom de leur père.»
Elle ne croit pas si bien dire. Géraldine, qui travaillait à la CPAM en 2016, confirme: «Je pouvais pas donner d'information sur ses enfants à une mère qui ne portait pas le même nom qu'eux, il fallait obligatoirement qu'elle présente le livret de famille.»
Pire: «Je ne compte plus les fois où une femme amenait le RIB d'un compte joint, mais comme le nom de l'homme y figure toujours en premier, on ne pouvait pas accepter le RIB sans attestation sur l'honneur de ce dernier.»
Et les galères continuent même après un divorce: «C'était laborieux, pour les femmes divorcées ayant pris le nom de leur mari, de refaire une carte Vitale à leur nom de naissance, puisqu'elles devaient ramener l'intégralité du jugement du divorce, qui fait je ne sais pas combien de pages. Si elles ne fournissaient qu'une copie simple, elles recevaient une nouvelle carte Vitale… au nom de leur ex.»
Marine a épousé Gwendal en mai 2016 et a préféré conserver son nom de famille. «L'année d'après, nous avons donc déclaré notre mariage aux impôts, raconte Gwendal. Comme ma déclaration était très simple, alors que ma femme doit déclarer du foncier, elle s'est mise en première déclarante et moi en deuxième. Mais ma femme touchant deux fois plus que moi à l'époque, je pense que par sexisme, ils ont considéré que c'était forcément moi le déclarant 1. Donc ils ont interverti les déclarants –mais pas les déclarations, évidemment.»
Une erreur pas tout à fait banale et qui entraîne une réaction en chaîne: «En 2018, ma femme étant enceinte, on s'inscrit à la CAF. On se rend compte qu'elle fait la même inversion, parce qu'elle se base en réalité sur les impôts.»
Et ça se complique: «De plus, finissant ma thèse, on doit déclarer que je suis au chômage. Sauf qu'à cause de l'inversion, la CAF va considérer que je ne touche plus les revenus qui correspondent en réalité à ceux de ma femme. Comme on ne veut pas se faire accuser de fraude, on prévient donc la CAF, qui dit ne pouvoir rien faire.»
C'est donc avec les Finances publiques que Gwendal et Marine ont dû batailler, pendant «pas mal de temps», pour que tout rentre dans l'ordre. Contactée, la DGFIP indique qu'il «suffit de faire la demande auprès de son service de rattachement pour que par exemple les avis/déclarations soient envoyés aux deux noms dans un couple marié ou pacsé» et concède «que sur le traitement global de près de 38 millions de foyers fiscaux, quelques erreurs soient à signaler concernant le traitement de ce type de demandes».
Intéressant de constater que ces erreurs ne fonctionnent que dans un sens, toujours le même
Géraldine, l'ancienne employée de la CPAM, confirme que si la case «nom de jeune fille» continue de figurer sur les formulaires à remplir et les dossiers des bénéficiaires, l'équivalent masculin n'existe tout simplement pas.
Des formulaires obsolètes qui énervent Charlie, mariée en 2019 avec un homme qui a pris son nom: «Régulièrement, on doit inscrire le “nom de jeune fille” de mon mari ou alors on tombe sur des formulaires où on ne peut même pas renseigner son nom de naissance… Donc soit on barre la première mention, soit on rajoute la seconde, mais à chaque fois, on se demande si on va encore devoir faire des démarches supplémentaires pour que les noms ne soient pas inversés, ou que son nom d'usage à lui soit respecté.»
Depuis leur mariage, Charlie et son époux ont dû se montrer pédagogues face à nombre d'employé·es peu habitué·es à ce cas de figure: «Une fois, on nous a inscrit comme un couple d'hommes –en plus j'ai un prénom mixte, donc ça n'aide pas. Et quand on leur fait remarquer l'erreur, la réponse c'est très souvent “on ne savait pas que c'était possible”.»
Exemple chez le notaire, en juillet dernier: «Ils ont cru à une erreur de notre part, donc au lieu de revérifier ou de nous demander, ils ont inversé les noms de famille sur le compromis de vente. Puis ils ont osé nous dire qu'ils ignoraient que c'était légal pour le mari de prendre le nom de famille de son épouse, alors que la loi a bientôt dix ans…»
«Dans notre ancienne banque, quand on a voulu faire le changement de nom d'usage pour mon mari, ils ne connaissaient pas la procédure. Alors que logiquement, ça devrait être la même que celle d'une femme qui prend le nom de son époux…», raconte encore Charlie.
Et en changeant d'établissement, rebelote. «Déjà, à l'inscription, la conseillère ne trouvait pas comment lui mettre mon nom en nom d'usage dans le logiciel. Ensuite, à cause d'un prélèvement refusé à mon mari en raison de son changement de nom, on s'est retrouvés avec mon compte personnel à son nom de naissance, et inversement !»
Après trois tentatives de contact via l'espace client de la Banque populaire restées sans réponse, Charlie finit par obtenir gain de cause. «Il a fallu que des virements sur mon compte personnel soient refusés à cause du RIB qui a été mis au nom de mon mari pour que tout ça soit traité sérieusement. La banque n'a jamais cherché à se justifier ou s'excuser. La seule “raison” qu'on nous a donnée, c'est que “c'est pas courant”.»
Catherine, 76 ans, a commencé sa vie professionnelle en 1960, à la BNCI (ancêtre de la BNP). Mariée à 17 ans, à cette époque, elle n'a pas le droit d'ouvrir un compte en banque ni travailler sans l'autorisation de son mari.
Car si la loi du 18 février 1938 a déjà supprimé l'incapacité juridique de la femme mariée et son devoir d'obéissance inscrits dans le code civil (code Napoléon) depuis 1804, il faut attendre le 13 juillet 1965 pour que la réforme des régimes matrimoniaux consacre l'autonomie financière de ces femmes, qui jusqu'alors ne pouvaient signer un chèque, acheter une maison en leur nom propre ou signer un contrat de travail sans l'accord de leur mari.
Cela fait donc cinquante-cinq ans seulement que toutes les Françaises disposent de leurs propres bien et ne sont plus, dans la loi, traitées en éternelles mineures, passant de l'autorité du père à celle du mari.
En 1992, Catherine perd son époux, dont elle avait pris le nom. «Dans l'agence BNP où nous avions notre compte, une dame charmante lisait les avis de décès et vérifiait dans la clientèle qui était concerné. Je reçus donc, sans avoir rien demandé, un chéquier indiquant “Mme veuve Nomdemonmari”.»
Elle refuse une première fois («hors de question d'avoir perpétuellement cette douleur sous les yeux») mais la banque lui renvoie un second carnet de chèques à «Mme Bernard Nomdumari». «Finalement, après une explication assez vive, j'obtins enfin un chéquier à mon nom!»
Catherine dénonce des «blocages» qu'elle estime dus «à un manque criant de connaissance, soigneusement entretenu par des siècles de patriarcat». Pour les contourner et s'éviter des migraines, certaines femmes omettent donc de mentionner le nom de leur mari lorsqu'elles remplissent des papiers. Une astuce que plusieurs se sont vu souffler par… l'administration elle-même.
Pour sa deuxième campagne, le candidat présente ses colistiers, 100 % écologistes et animalistes dont la majorité fait ses premiers pas en politique.
"Sagesse, beauté et force": trois mots, qui, pour Olivier Lesage, résument le mieux l’état d’esprit de l’équipe qui l’accompagne dans la campagne des municipales. Jeudi soir, le chef de file de "Oxygène Toulon, liste 100 % écologiste", s’est réjoui d’être entouré par des colistiers "dynamiques, indépendants" de tous âges - la benjamine a 23 ans et la doyenne 81 ans -, de tous horizons, apportant chacun leurs compétences notamment dans le monde de l’économie, du social, de la défense, de la sécurité, de l’éducation, du handicap, de la jeunesse, de l’environnement, ou encore du tissu associatif.

"Ces citoyens qui veulent un changement à Toulon, et dont 90 % s’engagent pour la première fois en politique", partagent cette même volonté d’ancrer en terre toulonnaise, mais aussi métropolitaine, "une écologie non pas intégriste, mais moderne qui peut s’adapter à Toulon, ici, et maintenant" loin de "la politique politicienne et partisane", a précisé Olivier Lesage.
Jeudi soir, au Pont-du-Las, dans le commerce d’une de ses colistières "une des permanences éphémères", le candidat qui brigue, pour la seconde fois, le fauteuil de maire, a présenté son équipe.
Soutenus par l’Alliance Écologiste Indépendante, le Mouvement citoyen pour la protection animale et le Mouvement citoyen Réconciliations, les 59 colistiers et les deux suppléants ont, chacun, réaffirmé leur engagement écologique, mais aussi animaliste.
Signataire de la charte avec l’association L214, Olivier Lesage, et ses colistiers ont fait de "l’amélioration des conditions de vie des animaux et du respect de ses derniers", un axe fort de leur programme. Il n’est pas le seul.
Pour "entrer dans un nouvel air", Olivier Lesage qui se glisse facilement dans la peau d’un "lanceur d’alerte" cible l’amélioration du cadre de vie en faisant de la lutte contre la pollution, notamment sonore et visuelle, son cheval de bataille avec "une diminution de 60%" et en faisant le choix des modes doux - tramway et création de quarante kilomètres de pistes cyclables.-
Une politique écologique intégrée comme le souhait de "récupérer sur l’espace public près de 20 hectares pour reverdir notre ville".

Cet État de l'Ouest économise de l'argent en envoyant les fonctionnaires acheter leurs médicaments au Mexique où les prix sont moins élevés.
En 2018, l'Utah a créé un programme spécial pour les fonctionnaires ayant des frais médicaux élevés. Plutôt que de rembourser les médicaments aux prix américains exorbitants, l'État a décidé de financer le tourisme médical. Depuis 2018, dix fonctionnaires participent à cette initiative. En voyageant au Mexique pour acheter leurs médicaments, ces employés ont déjà permis d'économiser environ 225.000 dollars (soit 206.000 euros) à leur assurance publique. Non seulement l'État leur paye le voyage, mais les personnes qui participent reçoivent aussi un bonus de 500 dollars à utiliser comme bon leur semble.
Dans le cadre de cette initiative, Ann Lovell, une enseignante de 62 ans se rend régulièrement à Tijuana afin d'acheter des médicaments pour son arthrite. Son billet d'avion est payé par son assurance médicale. Elle atterrit à San Diego puis un chauffeur l'amène à Tijuana, où elle va à l'hôpital et obtient ses médicaments. Les comprimés dont elle a besoin lui coûtaient 450 dollars (413 euros) aux États-Unis, mais le prix allait passer à 2.400 dollars (2. 200 euros). Au Mexique, le prix est beaucoup plus raisonnable.
Le député qui a mis en place ce programme espère qu'un plus grand nombre de fonctionnaires s'inscriront car l'État pourrait alors beaucoup économiser. Les malades ont d'ailleurs le choix des destinations, entre le Mexique et le Canada.
Le tourisme médical n'est pas un phénomène nouveau aux États-Unis. Dans un sondage de 2016, 8% des Américain·es disaient avoir acheté des médicaments à l'étranger. Mais ce programme de l'Utah est une première. Aucun état n'avait auparavant sponsorisé officiellement ce genre de tourisme pour limiter les dépenses. «C'est malheureux que les citoyens de ce pays doivent aller à l'étranger pour obtenir des médicaments à des prix raisonnables», a déclaré le fondateur d'une association défendant un meilleur accès aux soins.
ABC News raconte aussi l'histoire d'une employée qui choisit de faire le voyage au Mexique avec son mari alors que leur assurance les aurait remboursé entièrement. En choisissant cette option, le couple dit être content de faire économiser de l'argent à leur assureur public (qui paye les prix mexicains), ainsi que de pouvoir voyager gratuitement et de gagner 500 dollars.
Les applications alimentaires se développent et de plus en plus de personnes les utilisent. Mais au fait, que valent-elles vraiment ? Les informations qu'elles transmettent aux consommateurs sont-elles fiables ? Et ces derniers deviennent-ils plus responsables ou, au contraire, sont-ils asservis par ces technologies ?
Il semble que le comportement consistant à scanner les aliments au supermarché soit rentré dans les mœurs communes. Lorsqu'on fait ses courses, il n'est pas rare de voir des personnes scanner des aliments. Même à la maison, autour d'un bon repas, certains sont de vrais Lucky Luke du « scannage ». Intuitivement, ces initiatives paraissent louables et utiles. En effet, ces applications informent le consommateur et font office de GPS dans les méandres des grandes surfaces. Néanmoins, avant de faire leurs éloges, il faut poser deux questions essentielles. L'information transmise est-elle fiable ? Le consommateur devient-il responsable ou dépendant ?
L'information la plus fiable possible serait un accord parfait entre la note délivrée par les applications et ce que la méthode scientifique a réussi à mettre en évidence grâce aux données disponibles jusqu'à présent. Sachant cela, on peut se poser quelques questions légitimes quant à la totale fiabilité de ces applications.
En effet, la majorité d'entre elles, dont la célèbre Yuka, se basent sur un outil mis au point par des chercheurs en nutrition : le nutri-score. Étant donné qu'il émane d'équipes de scientifiques, on pourrait penser que c'est un outil qui transmet une information fiable telle que nous l'avons décrite. Ce n'est pas totalement le cas. Ce score donne une note couplée d'un code couleur comprise entre A (vert) et E (rouge) pour juger de la qualité d'un aliment. Si ce code est sans doute utile pour lutter contre la surconsommation de calories, de graisses et de sucres dont est victime notre société moderne, sa capacité à lutter contre la malbouffe en général est, quant à elle, limitée.
En effet, ces 3 indicateurs sont importants mais trop peu exhaustifs pour espérer rendre compte du réel potentiel santé d'un produit. À titre d'exemple, il n'évalue pas le degré de transformation et la qualité des nutriments (lipides, glucides, protéines) contenus dans les produits alimentaires. Scan'up, quant à elle, a intégré la transformation dans ses critères grâce à la notation mise au point par l'entreprise Siga. Ensuite, on assiste parfois à une prise en compte de données plus ou moins pertinentes de la part des deux leaders (Yuka et Scan'Up) telles que le caractère bio d'un produit. La présence d'additifs controversés est un autre paramètre délicat à considérer, qui surfe entre marketing de la peur et réel questionnement à l'égard de certaines substances. Sachant tout cela, le consommateur se retrouve t-il émancipé ou asservi ?
Il n'y a aucun doute sur le fait que le consommateur s'émancipe considérablement de sa condition de non-sachant grâce à ces applications. Cela est vrai si l'application transmet l'information la plus fiable, à l'instar d'un GPS, par exemple. Ce dernier est très utile pour les personnes ne sachant pas lire une carte, de même que l'application alimentaire est utile pour une personne ne sachant pas lire une étiquette alimentaire (si on occulte le problème de la dépendance au réseau).
Mais nous l'avons vu, ce n'est pas totalement le cas. Ces applications ne transmettent pas l'information la plus fiable. Dès lors, elles induisent, plus ou moins, le consommateur en erreur. Elles le déresponsabilisent du choix éclairé qu'il pourrait faire en se basant sur l'ensemble des données scientifiques (même s'il n'a pas forcément les compétences pour le faire, évidemment). En ce sens, elles l'asservissent plus ou moins, surtout s'il ne fait pas l'effort de comprendre comment elles fonctionnent et de constater leurs limites. Aussi, même s'il existe des grandes lignes pour savoir comment manger, à l'instar du concept de médecine personnalisée, celui de nutrition individualisée grandit.
À l'inverse, ces applications sont globalisantes et généralistes, ce qui est formidable pour la santé publique (si elles transmettent l'information la plus fiable) mais un peu moins pour l'individu. En réalité, il semble qu'aucune note ni aucun code couleur ne valent une connaissance aguerrie de ce qu'est une alimentation équilibrée couplée d'une capacité à l'adapter à sa propre vie. Cela devrait s'apprendre, à l'école, par exemple, si l'on considère que c'est le rôle de l'État que d'apprendre à ses concitoyens à prendre soin de leur santé.
Ce qu'il faut retenir
Les applications alimentaires se développement et sont de plus en plus utilisées.
L'information transmise est plus ou moins fiable selon les applications et les critères pris en compte.
Ces applications émancipent le consommateur tout en l'asservissant et en le dépossédant de sa faculté de se faire un avis éclairé.
Les États-Unis auraient enfin des preuves concrètes de l'espionnage de Huawei. Ironiquement, le géant chinois utiliserait des portes dérobées... demandées par les gouvernements pour leur propre espionnage.
Les États-Unis seraient-ils enfin prêts à apporter des preuves pour soutenir leurs accusations d’espionnage contre Huawei ? Le gouvernement de Donald Trump a exclu le constructeur de réseaux télécoms de son pays depuis presque un an. Et il incite fortement ses alliés occidentaux à faire de même.
Les USA avancent que Huawei permettrait au régime chinois d’espionner les communications qui passent par ses réseaux. L’entreprise a toujours nié une telle pratique, et demande à ce que les États-Unis fondent leurs accusations sur des preuves.
Cette guerre de communication pourrait bientôt se déplacer sur le terrain des faits. Le Wall Street Journal révèle que les représentants américains auraient des preuves concrètes des méthodes d’espionnage de Huawei. « Nous avons les preuves que Huawei à la capacité de secrètement accéder à des informations personnelles et sensibles présentes dans les systèmes qu’elle entretient et vend dans le monde entier », s’est exprimé Robert O’Brien, conseiller à la sécurité américaine. Gardées secrètes dans un premier temps, ces preuves sont partagées avec certains alliés des États-Unis depuis quelques mois.
Plus précisément, le constructeur chinois aurait installé un moyen d’emprunter des accès en théorie réservés aux forces de l’ordre pour intercepter — légalement — les communications. Huawei a, de nouveau, contredit ces accusations. Pour alimenter leurs inquiétudes, les États-Unis pointent la proximité entre le géant chinois et son gouvernement, qui lui fait un cadeau fiscal de plus de 75 milliards de dollars.
Aux États-Unis, les constructeurs d’équipements télécom doivent introduire dans leurs équipements réseau une interface, véritable porte dérobée, réservée à l’usage des forces de l’ordre. Ce backdoor se compose de plusieurs éléments, disséminés dans les tours radio, les basses couches logicielles et le système de chiffrement. L’objectif : s’assurer que l’information soit lisible par des personnes autorisées, et donc qu’elle soit dépourvue de protection. Cet espionnage légal est encadré, et donc en théorie restreint par différents protocoles et autorisations. Il faut, par exemple, que les forces de l’ordre présentent l’équivalent d’une demande de perquisition ou d’une décision de justice. Elles doivent aussi informer les opérateurs réseau, et ne peuvent normalement pas y accéder sans leur autorisation.
En France, c’est ironiquement la loi sur la sécurité des réseaux mobiles, surnommée loi anti-Huawei, qui introduit la mise en place d’une telle l’interface. Votée en juillet dernier, cette loi est censée renforcer les protections contre l’espionnage. Mais elle exige au passage l’existence de portes dérobées légales dans les réseaux, afin de permettre l’écoute ou l’interception de messages. Combinée aux outils de la loi Renseignement, cette nouvelle loi permet une surveillance poussée, comme le relève NextInpact.
C’est donc ce genre d’interface que Huawei utiliserait pour espionner, d’après les Américains. Le tout, sans que ni l’opérateur ni les agences de sécurité nationale ne soient au courant. Et d’après eux, les équipementiers concurrents, comme Nokia et Ericsson, n’auraient pas les mêmes possibilités.
Avec ces supposées preuves, les USA espèrent renforcer leur combat contre Huawei. Dès 2012, le Congrès avait identifié l’entreprise comme un risque à la sécurité du pays, mais le pays n’a jamais vraiment pu soutenir ces propos. De son côté, Huawei a convaincu de nombreux opérateurs, avec son équipement réputé pour ses prix compétitifs. Malgré ces nouvelles preuves, les États-Unis ont encore du chemin pour faire tomber leur némésis.
D’abord, les propos qu’ils avancent restent flous. Les États-Unis ne fournissent pour l’instant aucun détail technique sur la porte dérobée ni sur son éventuelle exploitation par l’entreprise chinoise. Le WSJ n’est parvenu à grappiller qu’une seule information : Huawei aurait installé ce genre de backdoor dès 2009, lors de l’installation des équipements 4G.
Ensuite, aucun opérateur n’a encore décelé de preuve d’espionnage sur son système. Donc en attendant une éventuelle publication de ces preuves, ce bras de fer se limitera toujours à parole contre parole. Même si pour soutenir leurs suspicions, les États-Unis peuvent compter sur les écarts de sécurité de Huawei dans d’autres secteurs, comme les microprocesseurs de sa filiale HiSilicon.
Du côté des pays, la position américaine ne fait pas l’unanimité. Déjà, le Royaume-Uni a décidé d’utiliser de l’équipement Huawei sur certaines parties de son infrastructure 5G. Une petite claque pour les Américains : d’après les Britanniques, cette nouvelle menace serait en réalité déjà connue et aurait été prise en compte dans l’appel d’offres.
En Allemagne, l’équation est autre : le représentant dépêché par les États-Unis aurait fourni des preuves jugées convaincantes, d’après le WSJ. En revanche, le plus gros opérateur du pays, Deutsche Telekom, a balayé les craintes : son système d’interception légale de l’information serait construit par une entreprise allemande. Donc même si Huawei construisait d’autres composants du réseau, il n’aurait d’après lui pas accès à l’interface. Le pays va bientôt voter une loi qui garantirait à Huawei l’accès au marché de la 5G, à condition que l’entreprise fournisse suffisamment de garanties de sécurité. Reste que les USA ont laissé entendre qu’accepter l’entreprise chinoise pourrait envenimer la situation diplomatique entre les deux pays.
Avec la loi « anti-Huawei », la France s’est dotée d’une législation qui impose un « régime d’autorisation préalable, fondé sur des motifs de défense et sécurité nationale », pour tous les matériels installés depuis février dernier. Le Premier ministre doit évaluer « s’il existe un risque sérieux d’atteinte aux intérêts de la défense et de la sécurité nationale » avec tel produit ou tel logiciel. Pour cela, il dispose de l’appui des services de l’État, dont l’ANSSI, qui joue un rôle de cybergarde du corps. L’ajout de preuves concrètes par les États-Unis pourrait donc définitivement faire pencher la balance contre Huawei, à l’approche des résultats des appels d’offres 5G.
Free a fait savoir que son réseau 5G utilisera des équipements Nokia, tandis qu’Orange ne mobilisera pas Huawei non plus. SFR et Bouygues Telecom n’ont pas encore pris position, mais pourraient faire appel à Huawei pour une partie de leurs équipements. La France donne particulièrement du fil à retordre au géant chinois. C’est pourquoi l’an dernier, Huawei a dépêché depuis son siège social de Shenzhen l’une de ses meilleures lobbyistes, Linda Han, au poste de vice-présidente des affaires publiques.
Dans un entretien du 12 février 2020 avec les Échos, elle défend : « Huawei respecte la loi française, que les choses soient claires. Huawei est une entreprise européenne en Europe et une entreprise française en France. Nous vendons des équipements, certes, mais toutes les données sont chez les opérateurs télécoms. Comme le dit Stéphane Richard [PDG d’Orange, NDLR], les opérateurs ont toutes les compétences pour garantir la sécurité de leurs infrastructures. » Et elle n’est pas seule, l’ambassade de Chine en France est également venue au secours de son champion national. Elle s’inquiète des restrictions contre Huawei, qu’elles soient géographiques (interdiction des équipements 5G Huawei dans les grandes villes) ou administratives (avec un délai de validité de l’autorisation plus courte que pour les concurrents). Surtout elle laisse planer la menace de représailles économiques.
Que vont décider les pouvoirs publics ? Réponse dans les semaines à venir.