Peu de gens savent ce qui se cache derrière les murs du musée des Archives nationales. Pour les Journées européennes du patrimoine, l'artiste Ami Karim ouvre un tiroir insolite de l'histoire de France.
par Elodie Palasse-Leroux
J'ai plus de souvenirs que si j'avais 1.000 ans.
gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances.
Charles Baudelaire surgit à l'esprit quand s'ouvrent les lourds battants de «l'armoire de fer». Mais Karim Zaïdi, slameur connu sous le nom de scène Ami Karim, n'éprouve aucun spleen en se remémorant ce jour de 2009 durant lequel il a fait une entrée inattendue –et littérale– dans l'histoire de France. Il est le «défricheur de rimes, détrousseur de quatrains» du chanteur Renaud, le sujet de son morceau «Pour Karim, pour Fabien» (Fabien, alias Grand Corps malade, ami et complice des débuts de Karim), sorti en 2016.
À l'approche du musée des Archives nationales, on aperçoit, au croisement des rues Rambuteau, des Archives et des Francs-Bourgeois, à la limite des IIIe et IVe arrondissements de Paris, les tourelles érigées au-dessus de la porte fortifiée de l'ex-hôtel de Clisson (désormais hôtel de Soubise), qui date de la fin du XIVe siècle. Il y a trois minutes à peine, la silhouette radicale du Centre Pompidou nous propulsait dans les années 1970. Quelques centaines de mètres plus loin, nous voilà de retour en 1371. Levez le nez: cette éruption médiévale dans le mur d'enceinte de l'hôtel de Soubise (construit, lui, entre 1705 et 1709) constitue l'unique vestige de l'architecture privée de l'époque à Paris.
Les pas de promeneurs pressés claquent sur les pavés. Rares sont ceux qui jettent un regard, au-delà de l'immense portail laissé ouvert, à l'imposant hôtel particulier qui abrite le musée des Archives nationales. Il leur aurait suffi de s'y engouffrer pour être happés par cette machine à remonter le temps. Savent-ils seulement ce qui s'y cache? «J'adore l'histoire, mais moi non plus je n'avais jamais entendu parler des Archives avant 2009», confie Ami Karim.
Il a rattrapé son retard. Sa connaissance de l'histoire des lieux ferait rougir Stéphane Bern. En 1808, un décret impérial affecte l'hôtel de Soubise aux Archives de l'Empire. Napoléon Ier y fait regrouper les documents jusque-là éparpillés dans divers dépôts parisiens.
Le musée des Archives nationales ouvre ensuite en 1867 pour offrir aux visiteurs «un abrégé des preuves de l'histoire de France» à travers les «monuments écrits de la patrie». Aujourd'hui, l'hôtel abrite un musée des documents français, depuis les Mérovingiens jusqu'au Premier Empire (1804-1814-1815), dont l'interrogatoire des Templiers en 1307 ou la révocation de l'édit de Nantes en 1685. Le musée des documents étrangers rassemble quant à lui des traités et documents diplomatiques.
L'hôtel de Soubise fait aussi office de conservatoire de «pièces à conviction et objets saisis» (attentat contre Louis XV en 1757, procès contre l'Organisation de l'armée secrète de 1959 à 1965) et d'objets historiques (l'étalon des poids et mesures ou les clefs de villes prises à l'ennemi). Sans oublier la fameuse «armoire de fer». Coffre-fort composé de deux monumentaux caissons de métal de 2,60 mètres de largeur sur 2,60 mètres de hauteur, enchâssés l'un dans l'autre, il est considéré comme un chef-d'œuvre de l'ingénierie du XVIIIe siècle.
Sa serrure est pourvue de six molettes, chacune permettant d'encoder toutes les lettres de l'alphabet, pour une infinité de combinaisons. En plus du code, elle s'ouvre au moyen de clés à quatre tours (faites d'acier massif et dépourvues de soudure). Peu de meubles ont été produits pendant la Révolution, ce qui renforce encore le caractère exceptionnel de l'armoire construite en 1790-1791. Elle conservait à l'Assemblée nationale les prototypes des étalons du système métrique, la Constitution ou les minutes des lois et décrets révolutionnaires.
Derrière ses portes se cachent l'ensemble des constitutions de la France et une variété hétéroclite de documents historiques: le journal de Louis XVI y côtoie la gazette des atours de Marie-Antoinette, les mètre et kilogramme étalon jouxtent le serment du Jeu de paume, les testaments de Louis XIV et de Napoléon Ier. «Et puis, il y a mon texte, s'étonne encore Ami Karim. Le seul document émanant d'un civil.»
En 2009, pour parer à la saturation des deux sites des Archives nationales à Paris et à Fontainebleau (ils reçoivent plus de quatre kilomètres linéaires de documents chaque année), a commencé la construction d'un nouveau bâtiment à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Il a ouvert en 2013 pour accueillir les documents post-période révolutionnaire. L'architecture a été confiée au controversé Massimiliano Fuksas, et la première pierre posée en septembre 2009 en présence du Premier ministre de l'époque, François Fillon, et du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand.
Le premier album d'Ami Karim, sorti en 2008, avait alors fait grand bruit et l'artiste venait d'achever une tournée de 150 concerts en France et en Amérique du Nord. C'est à lui qu'on propose d'écrire un texte, lu en 2009 lors de la cérémonie de la pose de la première pierre. «Pour l'occasion, ils voulaient quelque chose de moins conventionnel. J'ai grandi à Saint-Denis, ils m'ont appelé pour me demander ce que représentait pour moi l'implantation des Archives dans le 93.»
Pour Ami Karim, «fan d'histoire de France», les Archives nationales organisent une immersion dans leurs coulisses. «Je conserve un souvenir extraordinaire de ce moment, au cours duquel j'ai parcouru des documents vieux de plusieurs siècles, souvent manuscrits, signés des rois de France…» Il impose cependant une condition: «Je ne voulais pas de récupération politique. J'étais d'accord pour leur soumettre mon texte, mais ils ne pouvaient en changer le moindre mot.»
Il en faut de la place pour garder le temps, texte que vous pouvez lire en intégralité à la fin de cet article, décrypte «la différence entre un musée et les Archives nationales: décider que l'histoire est importante jusque dans ses moindres détails, soigner avec la même tendresse une lettre d'amour et les rapports de Napoléon, imaginer une vie changer dans une demande de naturalisation».
Le Journal des arts s'étonne à l'époque du peu de médiatisation de l'événement: «C'est l'un des chantiers les plus ambitieux portés à l'heure actuelle par le ministère de la Culture. Il est le seul à être financé à 100% par l'État, […] pour un budget global de 242 millions d'euros.» Le média souligne également la justesse des propos tenus par Ami Karim. Il n'est ni «universitaire ni responsable politique», mais «résume parfaitement l'importance de cette institution. Point de convergence entre histoire, identité et mémoire, celle-ci reste garante de la transmission des sources majeures de l'histoire de France.»
En dépit d'un patrimoine culturel costaud, on nous renvoyait l'image d'enfants de nulle part.» - Ami Karim, artiste
Raconter le 93, «ça prendrait du temps. Et aussi pas mal de statistiques, pas très glorieuses évidemment, parce qu'un département né sur les cendres d'une révolution, déclare le slameur en septembre 2009. Mais ça crée aussi des hommes, qui survivront aux bidonvilles, des ouvriers aux doigts calleux, aux rides profondes, indélébiles.»
Des questions d'histoire, d'identité et de mémoire, Ami Karim s'en pose depuis toujours. «J'ai grandi à cheval entre deux mondes auxquels, enfant, je n'appartenais jamais complètement. Il faut devenir un jeune adulte pour mesurer qu'il s'agit aussi d'une richesse»: celle d'une double culture et des leçons tirées de l'histoire du couple formé par ses parents.
Tout a commencé à l'hiver 1954
«Mon père est arrivé d'Algérie en hiver 1954.» Celui, particulièrement cruel, de l'appel de l'Abbé Pierre. «Il a grandi à Stains [Seine-Saint-Denis, ndlr], dans une cité d'urgence, une cité de transit. Ce devait être éphémère, mais il y est resté quinze ans. Ce sont aussi les réalités d'une période de l'histoire de France. Ma mère, elle, vivait à Paris, dans le VIIe [Cliquer et glisser pour déplacer] arrondissement. Mon grand-père maternel était polytechnicien. À 20 ans, elle s'est engagée dans une association caritative –pour laquelle elle allait travailler toute sa vie. Une de ses premières missions l'a amenée à Stains.»
Cinquante ans et quatre enfants plus tard, ils font toujours mentir les prévisions. Karim est né en 1976. «Mais rien n'a été facile, jamais.» Il reconnaît toutefois que l'expérience lui a permis, ainsi qu'à ses deux sœurs et à son frère, de «devenir des caméléons»: «Nous sommes aussi à l'aise à Pierrefitte dans la cité qu'en visite chez notre grand-mère dans sa maison de retraite du XVe arrondissement. Pourtant, en dépit d'un patrimoine culturel costaud, on nous renvoyait l'image d'enfants de nulle part.»
En «protégeant son passé on en devient fier», écrit-il pour l'inauguration des Archives de Pierrefitte. «Imaginer demain, c'est plus facile quand on a fait la paix avec hier.» La suite va prendre des allures de «pied de nez à ces discours d'intégration qui [l]e hérissent parfois».
Dans son texte, Ami Karim remercie les employés des Archives «pour faire de la connaissance bien plus qu'un droit, un devoir». «Par chez nous, ça manque souvent d'attaches, de racines. Merci de venir combler les blancs de nos origines.» Cette attention lui vaut un traitement particulier: «Je ne devais pourtant que lire ce texte.» Mais «les Archives nationales sont avant tout un lieu républicain», rappelait Isabelle Neuschwander, alors directrice des Archives nationales. C'est elle, conjointement avec la directrice de l'atelier de restauration, qui décide de faire entrer Ami Karim dans l'histoire.
«Elles ont tellement apprécié que je rende à la fois hommage à la France et à leur travail d'archivage et de conservation qu'elles ont décidé que mon texte avait sa place aux Archives.» Il est ainsi relié dans les règles de l'art, en deux exemplaires. «J'en garde un, le deuxième est conservé aux Archives nationales. Le jour de la cérémonie, toute ma famille était réunie pour observer le livre être rangé dans “l'armoire de fer”. Mes mots, les seuls d'un civil, rejoignaient ceux de personnages qui ont fait l'histoire de France. Quelle fierté, quel bonheur ils ont ressenti!»
Il est ensuite invité par le ministère de la Culture à prendre part à une mission de terminologie et de néologisme. Ses vers ont même résonné outre-Atlantique: en 2017, Ami Karim a appris avec stupéfaction qu'une professeure de la prestigieuse Université de Georgetown, à Washington, «faisait étudier [s]es textes à ses élèves».
Ils échangent et l'artiste est invité à donner plusieurs conférences sur les banlieues françaises, dont une portant sur «les discriminations liées aux lieux d'habitations, pour le département d'anthropologie». Il y tient aussi une masterclass et des ateliers d'écriture. Une autre consécration pour lui, qui a dédié un de ses morceaux à son ancienne professeure de français. Avec son troisième album, dont le premier extrait («Jamais content, toujours fâché») doit sortir en octobre 2023, il espère y retourner.
Une question me brûle les lèvres: avec qui partage-t-il sa boîte d'archives au sein du coffre-fort de l'histoire de France? On y trouve aussi le testament signé de la main de Louis XIV, m'apprend-t-il. Mais le Roi-Soleil n'est pas son seul voisin: «Il paraît que je suis posé au-dessus d'un texte de Pétain!» La coïncidence l'amuse beaucoup. Très à propos, le tiroir est classé dans la catégorie «Mélanges». Cela ferait un beau titre d'album.
J'en avais jamais entendu parler.
Pour moi la mémoire collective, c'étaient les expos et les jours fériés,
C'était le Louvre, le musée de l'Homme et le samedi soir l'arc de Triomphe,
C'étaient aussi les cours d'histoire et la moitié de la classe qui ronfle.
Alors ça a beau être grand, ça a beau être symbolique,
C'est compliqué de s'identifier aux icônes de la République,
Et puis même si ce sont de grands hommes qui dessinent une nation,
Pour la construire on aura toujours besoin de juristes, de boulangers ou de maçons.
C'est là, la différence entre un musée et les Archives nationales,
Décider que l'histoire est importante jusque dans ses moindres détails,
Soigner avec la même tendresse une lettre d'amour et les rapports de Napoléon,
Imaginer une vie changer dans une demande de naturalisation.
Mais il en faut de la place pour garder le temps,
Et deux cents ans de détails, ça n'a pas l'air, mais c'est imposant,
Alors aujourd'hui le sentiment qui domine c'est la fierté,
Au moment de construire, la nouvelle armoire du passé.
S'il fallait raconter le 93... Ça prendrait du temps.
Et aussi pas mal de statistiques, pas très glorieuses évidemment,
Parce qu'un département né sur les cendres d'une révolution,
Ça fait des enfants turbulents souvent victime d'hypertension.
Mais ça crée aussi des hommes, qui survivront aux bidonvilles,
Des ouvriers aux doigts calleux, aux rides profondes, indélébiles,
Et puis des journalistes, des commerçants, des artistes, des avocats.
C'est peut-être un petit peu prétentieux, mais y a que chez nous qu'on trouve tout ça.
Alors merci,
Merci de rendre hommage à notre histoire,
De faire de la connaissance bien plus qu'un droit, un devoir.
Par chez nous, ça manque souvent d'attaches, de racines,
Merci, de venir combler les blancs de nos origines.
Avec ce bâtiment, vous faites de la Seine-Saint-Denis un écrin.
Sacrée responsabilité, mais on en prendra soin.
Parce qu'en protégeant son passé on en devient fier,
Et qu'imaginer demain c'est plus facile quand on a fait la paix avec hier.
Merci, enfin, de nous rappeler que ce terrain a eu une vie avant,
Et que d'ici à Pantin, pour alimenter Paris, il y avait du blé, il y avait des champs.
C'est pas seulement un terrain vague, des hommes ont cultivé ici,
Et maintenant que le corps est rassasié, on va nourrir l'esprit.
Ami Karim, 11 septembre 2009
Si vous avez déjà pris un selfie et que vous vous êtes demandé à quoi il ressemblerait si Léonard de Vinci le peignait, vous avez de la chance. Grâce à la puissance de l’IA, vous pouvez transformer vos souvenirs en tableaux qui ressemblent aux coups de pinceau d’artistes peintres. Si de nombreuses plateformes vous offrent cette possibilité, toutes ne le font pas gratuitement. Dans cet article, nous allons voir quelques outils en ligne gratuits que vous pouvez utiliser pour convertir vos images en peintures.
Vous cherchez une solution en ligne pour convertir rapidement et facilement vos photos préférées en œuvres d’art ? Et gratuitement en plus ? Ne cherchez pas plus loin que Fotor.
L’outil Picture to Painting de Fotor vous permet de transformer vos images grâce à plus de 50 options de filtrage. Ces options comprennent des croquis, du pop art, de l’aquarelle, des peintures à l’huile, de l’art à la Van Gogh, et bien d’autres encore. Vous obtiendrez ainsi des photos haute définition qui vous donneront l’impression d’être un artiste de la Renaissance.
Vous n’avez pas besoin de vous inscrire pour accéder à ces fonctionnalités, mais vous devrez passer à Fotor Pro pour supprimer le filigrane. L’interface conviviale de Fotor en fait l’outil idéal pour les novices en matière d’édition de photos.
BgRem est un outil en ligne gratuit créé par Deelvin qui propose des convertisseurs texte-image ainsi que des outils photo-peinture.
Pour transformer vos photos en peintures, il vous suffit de glisser-déposer ou de télécharger votre photo dans l’éditeur Photo Into Painting. L’IA se charge ensuite de la remodeler dans différents styles d’art vintage et contemporain.
Pour obtenir des résultats optimaux, choisissez un style dans la section Portrait pour les photos de portrait, et dans la section Image pour les paysages sans sujet humain. Veillez également à ce que vos photos aient une résolution supérieure à 600 x 1000.
Comme la plupart des éditeurs de photos AI gratuits en ligne, vous trouverez presque tout ce dont vous avez besoin dans la version gratuite de BgRem. Mais si vous préférez la retouche photo sans limitations, il peut être intéressant de s’abonner.
AILab Tools est une plateforme d’IA gratuite qui propose un grand nombre d’outils d’édition d’images. C’est l’un des meilleurs générateurs d’art IA pour créer des œuvres d’art à partir de photos. Si vous souhaitez transformer vos photos en magnifiques peintures, vous pouvez utiliser son éditeur d’IA, PhotoPaint.
En un seul clic, l’éditeur transforme votre image dans le style de votre choix. Les dessins de type cartoon, les esquisses au crayon, les peintures à l’huile Kanagawa et les peintures à l’huile gothiques ne sont que quelques-unes des options disponibles. AILab Tools vous permet également de modifier les expressions faciales, les coiffures et de réaliser des portraits en 3D.
Vous devez vous connecter pour utiliser l’outil et vous recevrez cinq crédits par mois avec la version gratuite.
Al Gahaku est une excellente option si vous recherchez un outil gratuit capable de donner à vos photos l’aspect des peintures de la Renaissance du XVIe siècle. Il dispose d’une vaste bibliothèque d’œuvres d’art et d’une multitude de filtres qui peuvent donner l’impression que votre selfie a été peint par le grand Raphaël.
Le plus intéressant dans l’utilisation d’Al Gahaku, c’est que le processus est simplifié. Vous n’avez pas besoin d’être un pro de la retouche photo pour l’utiliser, il vous suffit de télécharger votre photo et de laisser Al Gahaku s’occuper de tout pour vous.
Picsart est un outil de conversion de photos en peintures très populaire, et ce pour une bonne raison : il s’agit d’une solution complète. Picsart combine l’édition de photos AI, des fonctions de masquage, des autocollants et une grande variété de filtres pour vous offrir une expérience de peinture amusante. En outre, il s’agit également d’un puissant éditeur de photos.
Au début, il peut être un peu difficile de s’y retrouver dans l’outil tant il y a de choses à faire. Néanmoins, le résultat final en vaut la peine. Vous avez le choix entre des options telles que l’aquarelle, le style cartoon et le pastel.
Bien que gratuit, vous devrez vous abonner pour accéder à des fonctionnalités premium telles que l’absence de publicité et l’accès illimité aux fonctionnalités AI.
Conclusion
Ces outils ont redéfini la créativité visuelle en vous permettant d’expérimenter différents styles artistiques. Leur accessibilité en fait des outils de premier choix pour transformer vos photos préférées en tableaux et œuvres d’art étonnants.
Nombre d’entre eux ne se contentent pas de transformer vos photos en peintures : vous pouvez effectuer d’autres tâches de retouche photo, comme modifier la densité des couleurs et effacer les parties indésirables d’une image.
Murdered by My Replica?
Margaret Atwood responds to the revelation that pirated copies of her books are being used to train AI.
Remember The Stepford Wives? Maybe not. In that 1975 horror film, the human wives of Stepford, Connecticut, are having their identities copied and transferred to robotic replicas of themselves, minus any contrariness that their husbands find irritating. The robot wives then murder the real wives and replace them. Better sex and better housekeeping for the husbands, death for the uniqueness, creativity, and indeed the humanity of the wives.
The companies developing generative AI seem to have something like that in mind for me, at least in my capacity as an author. (The sex and the housekeeping can be done by other functionaries, I assume.) Apparently, 33 of my books have been used as training material for their wordsmithing computer programs. Once fully trained, the bot may be given a command—“Write a Margaret Atwood novel”—and the thing will glurp forth 50,000 words, like soft ice cream spiraling out of its dispenser, that will be indistinguishable from something I might grind out. (But minus the typos.) I myself can then be dispensed with—murdered by my replica, as it were—because, to quote a vulgar saying of my youth, who needs the cow when the milk’s free?
To add insult to injury, the bot is being trained on pirated copies of my books. Now, really! How cheap is that? Would it kill these companies to shell out the measly price of 33 books? They intend to make a lot of money off the entities they have reared and fattened on my words, so they could at least buy me a coffee.
A certain amount of hair-tearing and hair-splitting is bound to go on over such matters as copyright licenses and “fair use.” I will leave those more knowledgeable about the hair business to go at it. I recall, though, some of the more fatuous comments that were made in my country during the “fair use” debate some years ago, when the Canadian government was passing a bill that in effect granted universities the right to repackage the texts of books gratis, and then sell them to students, pocketing the change. But what are writers to live on? was the question. Oh, they can, you know, get grants and teach creative writing in universities and so on, was the airy reply from one lad, an academic. He had clearly never existed as a freelancer.
Beyond the royalties and copyrights, what concerns me is the idea that an author’s voice and mind are replicable. As young smarty-pants, we used to write parodies of writers older and more accomplished than ourselves. The more mannered an author, the easier it was for us. Hemingway? Dead simple! (Dead. Simple.) Henry James? Max Beerbohm had beat us to it, with his baroque masterpiece, The Mote in the Middle Distance. Shakespeare? Nay, needst thou ask, thou lily-livered pup? Jane Austen? Jane visits the dentist: “It is a tooth universally acknowledged …” The sentence structure, the vocabulary—adjectives and adverbs, especially—the cadence, the subject matter: All were our fodder, as they are the fodder, too, of chatbots. But we were doing it for fun, not to impersonate, to deceive, to collect, and to render the author superfluous.
Orwell, of course, was there before: In 1984, there are machines that crank out trashy romance novels as opium for the proles, and I suppose if a literary form is generic and formulaic enough, a bot might be able to compose examples of it. But judging from the attempt recently made with one of these entities—“Write a Margaret Atwood science-fiction short story about a dystopian future”—anything more complex and convincing is as yet beyond it. The result, quite frankly, was pedestrian in the extreme, and if I actually wrote like that, I would defenestrate myself immediately. The program, so far, does not understand figurative language, let alone irony and allusion, and its flat-footed prose was the opposite of effective storytelling. But who knows what the machines might yet achieve? you may say. I’ll wait and see. Maybe they’ll at least turn out a mediocre murder mystery or two.
I am, however, reminded of the Hans Christian Andersen story “The Nightingale.” The clockwork bird can sing, but only the song with which it has been programmed. It can’t improvise. It can’t riff. It can’t surprise. And it is in surprise that much of the delight of art resides: Otherwise, boredom sets in quickly. Only the living bird can sing a song that is ever renewed, and therefore always delightful.
A former teacher of mine once said there was only one important question to be asked of a work of art: “Is it alive, or is it dead?” Judging from the results I’ve seen so far, AI can produce “art” of a kind. It sort of looks like art; it sort of sounds like art. But it’s made by a Stepford Author. And it’s dead.
Margaret Atwood is a Canadian poet and short-story writer, as well as the author of more than a dozen novels. Her novel The Handmaid’s Tale is among the most frequently banned books in the United States.
Ah, the wind in your hair, the open road ahead, and not a care in the world… except all the trackers, cameras, microphones, and sensors capturing your every move. Ugh. Modern cars are a privacy nightmare.
Car makers have been bragging about their cars being “computers on wheels" for years to promote their advanced features. However, the conversation about what driving a computer means for its occupants' privacy hasn’t really caught up. While we worried that our doorbells and watches that connect to the internet might be spying on us, car brands quietly entered the data business by turning their vehicles into powerful data-gobbling machines. Machines that, because of their all those brag-worthy bells and whistles, have an unmatched power to watch, listen, and collect information about what you do and where you go in your car.
All 25 car brands we researched earned our *Privacy Not Included warning label -- making cars the official worst category of products for privacy that we have ever reviewed.
The car brands we researched are terrible at privacy and security
Why are cars we researched so bad at privacy? And how did they fall so far below our standards? Let us count the ways!
We reviewed 25 car brands in our research and we handed out 25 “dings” for how those companies collect and use data and personal information. That’s right: every car brand we looked at collects more personal data than necessary and uses that information for a reason other than to operate your vehicle and manage their relationship with you. For context, 63% of the mental health apps (another product category that stinks at privacy) we reviewed this year received this “ding.”
And car companies have so many more data-collecting opportunities than other products and apps we use -- more than even smart devices in our homes or the cell phones we take wherever we go. They can collect personal information from how you interact with your car, the connected services you use in your car, the car’s app (which provides a gateway to information on your phone), and can gather even more information about you from third party sources like Sirius XM or Google Maps. It’s a mess. The ways that car companies collect and share your data are so vast and complicated that we wrote an entire piece on how that works. The gist is: they can collect super intimate information about you -- from your medical information, your genetic information, to your “sex life” (seriously), to how fast you drive, where you drive, and what songs you play in your car -- in huge quantities. They then use it to invent more data about you through “inferences” about things like your intelligence, abilities, and interests.
It’s bad enough for the behemoth corporations that own the car brands to have all that personal information in their possession, to use for their own research, marketing, or the ultra-vague “business purposes.” But then, most (84%) of the car brands we researched say they can share your personal data -- with service providers, data brokers, and other businesses we know little or nothing about. Worse, nineteen (76%) say they can sell your personal data.
A surprising number (56%) also say they can share your information with the government or law enforcement in response to a “request.” Not a high bar court order, but something as easy as an “informal request.” Yikes -- that’s a very low bar! A 2023 rewrite of Thelma & Louise would have the ladies in custody before you’ve had a chance to make a dent in your popcorn. But seriously, car companies' willingness to share your data is beyond creepy. It has the potential to cause real harm and inspired our worst cars-and-privacy nightmares.
And keep in mind that we only know what companies do with personal data because of the privacy laws that make it illegal not to disclose that information (go California Consumer Privacy Act!). So-called anonymized and aggregated data can (and probably is) shared too, with vehicle data hubs (the data brokers of the auto industry) and others. So while you are getting from A to B, you’re also funding your car’s thriving side-hustle in the data business in more ways than one.
All but two of the 25 car brands we reviewed earned our “ding” for data control, meaning only two car brands, Renault and Dacia (which are owned by the same parent company) say that all drivers have the right to have their personal data deleted. We would like to think this deviation is one car company taking a stand for drivers’ privacy. It’s probably no coincidence though that these cars are only available in Europe -- which is protected by the robust General Data Protection Regulation (GDPR) privacy law. In other words: car brands often do whatever they can legally get away with to your personal data.
It’s so strange to us that dating apps and sex toys publish more detailed security information than cars. Even though the car brands we researched each had several long-winded privacy policies (Toyota wins with 12), we couldn’t find confirmation that any of the brands meet our Minimum Security Standards.
Our main concern is that we can’t tell whether any of the cars encrypt all of the personal information that sits on the car. And that’s the bare minimum! We don’t call them our state-of-the-art security standards, after all. We reached out (as we always do) by email to ask for clarity but most of the car companies completely ignored us. Those who at least responded (Mercedes-Benz, Honda, and technically Ford) still didn’t completely answer our basic security questions.
A failure to properly address cybersecurity might explain their frankly embarrassing security and privacy track records. We only looked at the last three years, but still found plenty to go on with 17 (68%) of the car brands earning the “bad track record” ding for leaks, hacks, and breaches that threatened their drivers’ privacy.
At a glance: How the car brands stack up
Here’s how the cars performed against our privacy and security criteria.
Some not-so-fun facts about these rankings:
Tesla is only the second product we have ever reviewed to receive all of our privacy “dings.” (The first was an AI chatbot we reviewed earlier this year.) What set them apart was earning the “untrustworthy AI” ding. The brand’s AI-powered autopilot was reportedly involved in 17 deaths and 736 crashes and is currently the subject of multiple government investigations.
Nissan earned its second-to-last spot for collecting some of the creepiest categories of data we have ever seen. It’s worth reading the review in full, but you should know it includes your “sexual activity.” Not to be out done, Kia also mentions they can collect information about your “sex life” in their privacy policy. Oh, and six car companies say they can collect your “genetic information” or “genetic characteristics.” Yes, reading car privacy policies is a scary endeavor.
None of the car brands use language that meets Mozilla’s privacy standard about sharing information with the government or law enforcement, but Hyundai goes above and beyond. In their privacy policy, it says they will comply with “lawful requests, whether formal or informal.” That’s a serious red flag.
All of the car brands on this list except for Tesla, Renault, and Dacia signed on to a list of Consumer Protection Principles from the US automotive industry group ALLIANCE FOR AUTOMOTIVE INNOVATION, INC. The list includes great privacy-preserving principles such as “data minimization,” “transparency,” and “choice.” But the number of car brands that follow these principles? Zero. It’s interesting if only because it means the car companies do clearly know what they should be doing to respect your privacy even though they absolutely don’t do it.
What can you do about it? Well…
This is usually where we’d encourage you to read our reviews, and to choose the products you can trust when you can. But, cars aren’t really like that.
Sure, there are some steps you can take to protect more of your privacy, and we’ve listed them all in each of our reviews under “Tips to protect yourself.” They’re definitely worth doing. You can also avoid using your car’s app or limit its permissions on your phone. (Since many of the apps share a privacy policy with the vehicle, we can’t always tell which data is taken from your phone so it’s probably better to err on the side of caution by not using it.) But compared to all the data collection you can’t control, these steps feel like tiny drops in a massive bucket. Plus, you deserve to benefit from all the features you pay for without also having to give up your privacy.
The lack of choice has really been among the biggest bummers in reading up on cars and privacy. Consumers’ choices are limited in so many ways with cars, because:
They’re all bad
People don’t comparison-shop for cars based on privacy. And they shouldn’t be expected to. That’s because there are so many other limiting factors for car buyers. Like cost, fuel efficiency, availability, reliability, and the features you need. Even if you did have the funds and the resources to comparison shop for your car based on privacy, you wouldn’t find much of a difference. Because according to our research, they are all bad! On top of all that, researching cars and privacy was one of the hardest undertakings we as privacy researchers have ever had. Sorting through the large and confusing ecosystem of privacy policies for cars, car apps, car connected services, and more isn’t something most people have the time or experience to do.
Like we mentioned, all of the cars we researched earned our *Privacy Not Included warning label. All of the car brands we researched got our “data use” and “security” dings -- and most earned dings for poor data control and bad track records too! We can’t stress enough how bad and not normal this is for an entire product guide to earn warning labels.
It’s so confusing
We spent over 600 hours researching the car brands’ privacy practices. That’s three times as much time per product than we normally do. Even still, we were left with so many questions. None of the privacy policies promise a full picture of how your data is used and shared. If three privacy researchers can barely get to the bottom of what’s going on with cars, how does the average time-pressed person stand a chance?
But wait, there’s more!
"Consent” is an illusion
Many people have lifestyles that require driving. So unlike a smart faucet or voice assistant, you don’t have the same freedom to opt out of the whole thing and not drive a car. We’ve talked before about the murky ways that companies can manipulate your consent. And car companies are no exception. Often, they ignore your consent. Sometimes, they assume it. Car companies do that by assuming that you have read and agreed to their policies before you step foot in their cars. Subaru’s privacy policy says that even passengers of a car that uses connected services have “consented” to allow them to use -- and maybe even sell -- their personal information just by being inside.
So when car companies say they have your “consent” or won’t do something “without your consent,” it often doesn’t mean what it should. Like when Tesla says, that sure! You can opt out of data collection, but it might break your car:
However, “if you no longer wish for us to collect vehicle data or any other data from your Tesla vehicle, please contact us to deactivate connectivity. Please note, certain advanced features such as over-the-air updates, remote services, and interactivity with mobile applications and in-car features such as location search, Internet radio, voice commands, and web browser functionality rely on such connectivity. If you choose to opt out of vehicle data collection (with the exception of in-car Data Sharing preferences), we will not be able to know or notify you of issues applicable to your vehicle in real time. This may result in your vehicle suffering from reduced functionality, serious damage, or inoperability."
Tesla's Customer Privacy Notice
https://www.tesla.com/legal/privacy
A few of the car companies we researched take manipulating your consent one step further by making you complicit in getting “consent” from others, saying it’s on you to inform them of your car’s privacy policies. Like when Nissan makes you “promise to educate and inform all users and occupants of your Vehicle about the Services and System features and limitations, the terms of the Agreement, including terms concerning data collection and use and privacy, and the Nissan Privacy Policy.” OK, Nissan! We would love to meet the social butterfly who drafted this line.
Don’t worry!! There is something you can do!
Hey woah don’t hang up your driving gloves just yet! We’re not saying the situation is hopeless. What we are saying is that it’s not fair for the burden to be on consumers to make “better choices” that in this case don’t exist. And we don’t want to take a page from car companies’ books by asking you to do things no reasonable person would ever do -- like reciting a 9,461-word privacy policy to everyone who opens your car’s doors.
You’re already helping us to spread the word just by reading our research. Our hope is that increasing awareness will encourage others to hold car companies accountable for their terrible privacy practices too. But that’s not all. On behalf of the Mozilla community, we’re asking car companies to stop their huge data collection programs that only benefit them. Join us!
Add your name to ask car companies to respect drivers’ privacy and to stop collecting, sharing and selling our very personal information.
Après la Seconde Guerre mondiale, la Marine s’est lancée dans le creusement d’un arsenal souterrain afin de protéger certaines de ses installations sensibles. Mais le projet… a pris l’eau.
Par Matthieu Dalaine - Publié le 29/08/2023
En janvier2023, des spéléologues ont pu explorer la "galerie de la Marine" qui devait, en 1946, lancer le grand projet de "base industrielle protégée du Faron". Tout au bout de ce tunnel brut, qui succède à une première partie maçonnée, se trouvent deux vannes et un mur en béton. (Photos DR)
C’est une histoire méconnue. Documentée par quelques érudits et redécouverte récemment par un groupe de plongeurs spéléologues. C’est une histoire étonnante, comme le Toulon militaire en regorge, où subsistent encore de nombreuses zones d’ombre.
C’est une histoire qui prend racine à la fin de la guerre 1939-1945. Les bombardements ont alors lourdement endommagé la ville et la base navale. Marquée par les menaces venues du ciel, mue par de nécessaires ambitions de reconstruction, la Marine cherche à abriter certaines installations stratégiques.
Lesquelles? Mystère. Une chose est sûre: l’idée folle d’un arsenal souterrain qui serait caché à l’abri des bombes dans la masse calcaire du Faron fait son chemin dans les couloirs de l’amirauté.
"Une équipe d’ingénieurs se met à réfléchir à cette problématique, des plans sont dressés, des spécialistes consultés", raconte l’hydro-spéléologue Philippe Maurel, qui se passionne depuis plusieurs années pour ce sujet. "Le projet se veut pharaonique, avec des ramifications en sous-sol qui iraient du Jonquet à La Valette." Certains évoquent même des accès depuis le port.
Loin de rester à l’état de maquette, l’opération est mise en œuvre dès août 1945. Sans tambour ni trompette. "Ils attaquent une galerie d’exploration depuis les abords de la route des Moulins", poursuit André-Jean Tardy. Cet ancien directeur de la régie municipale des eaux a enquêté sur cette stupéfiante entreprise, dont il livre les moindres détails: "Sur la partie aval de cette route, pas très loin des actuels HLM du Jonquet, un ingénieur des travaux maritimes possédait un terrain. Aucune autorisation ne sera nécessaire…"
Problème: après un tir de mine, les techniciens tombent sur un os. Ou plutôt sur de l’eau, beaucoup d’eau. Début 1946, le boyau qui atteint maintenant la longueur de 162mètres est partiellement noyé sans que personne ne sache vraiment d’où provient le précieux liquide.
"Au même moment, une partie de Toulon se retrouve subitement à sec, explique Philippe Maurel. C’est le branle-bas de combat: les autorités civiles pressent alors les autorités militaires d’arrêter immédiatement leurs travaux."
La mairie envoie des agents contrôler le débit de cette rivière souterraine. "Mais cela leur est plusieurs fois interdit car la Marine considère son opération comme du secret-défense", précise André-Jean Tardy.
Un éminent professeur de Dumont d’Urville, par ailleurs président de la Société des sciences naturelles de Toulon, est missionné pour documenter les lieux. Après un début d’altercation avec un officier qui n’apprécie guère la présence de curieux sur un terrain militaire, ce dénommé Jean-Baptiste Gaignebet confirme le problème: la galerie a bien recoupé l’alimentation de la source Saint-Antoine, qui alimente Toulon.
L’affaire remonte jusqu’au ministère. L’armée n’a plus le choix. Le tunnel est obstrué par un solide mur en béton comportant deux vannes. Comme par enchantement, l’eau réapparaît aussitôt en ville. "Le projet de base est purement et simplement abandonné", relate Philippe Maurel.
À la place, les crédits de l’État seront fléchés vers… Mers el-Kébir, en Algérie, où quelque 15km de tunnels "antiatomiques" et autres hangars vont être creusés dans les années qui suivent. Casernements, hôpital, magasins à vivres, réservoirs à mazout, soutes à munitions, arsenal et même une centrale électrique sont enterrés sous la montagne. C’est la plus grande base militaire souterraine du monde!
Est-ce cela qui avait été imaginé pour la "base industrielle protégée du Faron", ainsi nommée sur un vieux plan de la DCAN? Peut-être.
A Toulon, le souvenir de "la galerie de la marine" s’estompe peu à peu. Il faudra attendre 1970 pour que des plongeurs, passant par le siphon de Saint-Antoine, redécouvrent le boyau.
En 1988, un discret acte administratif signé du ministère de la Défense national scelle le sort de l’endroit. "Pour la somme de 100 francs, à laquelle il fallait ajouter 480 francs de frais de publicité, la commune de Toulon devenait propriétaire d’une galerie de mine abandonnée", sourit André-Jean Tardy.
Ce qu’il en reste aujourd’hui? Philippe Maurel et ses camarades spéléologues y sont allés de leur exploration en début d’année. Ils en ont ramené de magnifiques photos du tunnel, pour partie maçonné, pour partie brut, qui garde les stigmates des explosions qui ont permis son creusement. Les vestiges d’un projet titanesque qui a tourné court.
Quelques rares plans de la direction des constructions et armes navales (DCAN) documentent le projet de l’époque. (Photo DR).
Initialement prévue pour être une œuvre en deux parties, le « Dune » de Denis Villeneuve pourrait bien avoir droit à un 3e volet adapté du roman « Le Messie de Dune ».
Par Loïse Delacotte
TRILOGIE - Voilà une nouvelle qui permet d’apaiser un peu la tristesse des fans de Dune. La sortie de Dune : Deuxième Partie a été reportée au mois de mars 2024 en raison de la grève à Hollywood qui continue de secouer le milieu du divertissement. Mais les amateurs de science-fiction vont pouvoir trouver du réconfort malgré tout. Dans une interview avec le magazine spécialisé Empire, Denis Villeneuve a fait une révélation réjouissante au sujet de son œuvre. Le réalisateur a confié qu’il envisageait une suite. « Si je parviens à faire une trilogie, ce serait un rêve ».
Celles et ceux qui ont lu la saga Dune de Frank Herbert savent qu’elle s’étend sur de nombreux tomes. En effet, la suite directe de Dune est intitulée Le Messie de Dune et suit toujours le destin de Paul Atréides. La matière existe donc, et Denis Villeneuve envisage déjà de la travailler à sa façon. « Le Messie de Dune a été écrit pour corriger le tir car les gens percevaient Paul Atréides comme un héros. Alors que ce n’était pas l’objectif premier. Mon adaptation de Dune est donc un peu plus fidèle à sa vision, et sert d’avertissement. »
Ce 3e volet de Dune est corrélé au succès de Dune : Deuxième Partie au box-office lors de sa sortie dans quelques mois. Mais s’il obtient un feu vert des studios pour lancer Le Messie de Dune, ou Dune : Troisième Partie, Denis Villeneuve ne partira pas d’une page blanche, comme il l’a confié à Empire. « Je peux simplement vous dire, qu’il y a déjà des mots écrits sur une page… » .
Quid du destin du personnage principal incarné par Timothée Chalamet dans l’adaptation de Denis Villeneuve, le mystérieux Paul Atréides ? Attention, si vous n’avez pas lu les romans de Frank Herbert et souhaitez garder le suspense, arrêtez votre lecture.
S’il respecte la trame des livres, ce 3e film, encore hypothétique, suivrait le destin de Paul devenu l’empereur Muad’Dib et régnant sur l’univers et l’épice. Le guerrier (qui peut voir l’avenir) n’est pas au bout de son combat puisque ses adversaires vaincus feront tout pour le destituer : la Guilde, les Bene Gesserit, l’ancienne maison impériale. Pour ce faire ils s’attaqueront à ce que Paul a de plus précieux, sa famille, et notamment sa compagne Chani, incarnée par Zendaya dans les films. Et leur histoire ne s’arrête pas là, puisqu’après leur disparition, ce sont leurs enfants Leto et Ghanima qui reprennent le flambeau… Denis Villeneuve est-il prêt pour un Dune : Quatrième Partie ? Nous, oui.
Nous sommes terriblement mal préparés pour faire face à la plus grande menace qui pèse sur l'humanité.
L'un des premiers essais importants de Friedrich Nietzsche s'ouvre sur une étrange fable aux allures de science-fiction. Située sur une petite planète mélancolique où «des animaux intelligents inventèrent la connaissance», la parabole du philosophe raconte l'ascension, le règne et l'extinction de cette espèce savante, dont la carrière est décrite comme ne représentant qu'une «minute» dans l'histoire de l'univers. «La nature respira encore un peu et puis l'astre se figea dans la glace, les animaux intelligents durent mourir», écrit-il.
La ruse de Nietzsche devient rapidement transparente: bien sûr, les «animaux intelligents» ne sont autres que nous, et le but de la parabole est de forcer le lecteur à imaginer notre espèce du point de vue de Dieu, de révéler le «fantôme misérable, éphémère, insensé et fortuit que constitue l'intellectuel humain au sein de la nature». L'histoire se termine sur une note résolument nihiliste: «Lorsque c'en sera fini de lui, il ne se sera rien passé de plus», observe Nietzsche. «Car ce fameux intellect ne remplit aucune mission au-delà de l'humaine vie.»
Naturellement, la plupart des lecteurs se concentrent sur l'avant-dernière phrase, extrêmement pessimiste, dans laquelle Nietzsche annonce l'insignifiance cosmique de l'humanité. Pourtant, c'est la dernière phrase, qui explique expressément pourquoi il ne se sera rien passé, qui délivre la clé de cette parabole.
Pour Nietzsche, si l'extinction des «animaux intelligents» importe si peu, ce n'est pas parce que leur existence est intrinsèquement dénuée de valeur, mais parce qu'ils ne poursuivent pas de «mission» qui donnerait un sens à leur existence collective. Ils ne se fixent pas d'objectif en tant qu'espèce.
La nécessité d'un surhomme
En 1873, Nietzsche insistait sur le fait que l'humanité n'atteindrait une signification cosmique que si elle se transcendait elle-même –si elle évoluait vers quelque chose de plus grand et de plus grandiose–, ce qui était à la fois scandaleux et révolutionnaire.
Mais aujourd'hui, de tels propos sont monnaie courante. Leur forme la plus extrême, le transhumanisme –avec sa fixation sur le risque existentiel pour l'humanité, les esprits numériques et le génie génétique– est l'idéologie dominante de certaines des personnes et des institutions les plus puissantes du monde.
Lorsqu'une journaliste interviewe le Dr No sur son île privée, elle aborde avec lui la question de la démocratie.
Pourtant, la parabole de Nietzsche ne fait pas qu'anticiper le transhumanisme contemporain en tant que philosophie centrée sur la croyance que le destin de l'humanité est de repousser les limites de l'esprit et de la matière à son avantage. Son travail anticipe également le transhumanisme en tant que politique.
Philosophe antidémocratique par excellence, Nietzsche pensait que l'humanité ne pouvait accomplir son prochain saut évolutif que si un leader fort –appelé «Übermensch», ou «surhomme»– exerçait sa volonté sur les masses désorientées.
Dans sa nouvelle «No Regrets» publiée dans Future Tense sur Slate.com, Carter Scholz ressuscite avec humour l'adversaire emblématique de James Bond, le Dr No, dépeint comme un magnat de la tech à la Elon Musk et un Übermensch nietzschéen.
Dans le monde d'aujourd'hui, un Dr No réhabilité –avec un penchant pour les thérapies «new age», l'IA, le pillage d'astéroïdes et le désir de contrôler le destin de l'humanité– découvre que les plans qui ont fait de lui par le passé un super-vilain mondial font désormais de lui une célébrité sur internet et l'objet d'une couverture médiatique flatteuse.
Doit-il essayer d'attirer l'astéroïde suffisamment près pour l'exploiter, ou jouer la carte de la sécurité en le détournant?
Lorsqu'une journaliste interviewe le Dr No sur son île privée, elle aborde avec lui la question de la démocratie, lui demandant pourquoi il devrait avoir le pouvoir d'entreprendre des projets à l'échelle de la planète, comme l'exploitation minière d'astéroïdes ou la géo-ingénierie solaire, sans le consentement de ses habitants.
«N'est-il pas problématique de faire cela tout seul?», lui demande-t-elle. «N'est-il pas plus problématique de ne pas le faire?», rétorque le docteur, d'une manière qui rappelle celle de certains milliardaires de la tech dans la vie réelle.
Dans ces moments-là, la fable commence à nous paraître familière. Nous savons que le génie du mal va parier; nous savons que l'humanité va probablement perdre. Pourtant, Scholz nous réserve un rebondissement.
Lorsqu'un astéroïde que le Dr No espérait exploiter dans le cadre d'un projet complexe de géo-ingénierie se rapproche à toute allure de la Terre, il demande conseil à ses légions de followers sur les réseaux sociaux: doit-il essayer d'attirer l'astéroïde suffisamment près pour l'exploiter, ou jouer la carte de la sécurité en le détournant? «Organisons un crowdsourcing», dit-il à son assistant IA. «Demande aux gens ce qu'ils veulent faire de l'astéroïde.»
Les votes arrivent, comme il se doit, avec un grand nombre de répondants souhaitant une extinction de l'humanité et suggérant des cibles pour la frappe de l'astéroïde allant de Moscou à Mar-a-Lago. Comme dans la parabole de Nietzsche, c'est ici que le tour de passe-passe de l'auteur devient évident: nous comprenons enfin que c'est l'espèce humaine qui est le véritable ennemi dans cette histoire, et non le savant fou qui ne fait qu'intervenir.
Certes, nous ne sommes pas censés éprouver de la sympathie pour «le Docteur». Il est mégalomane, se fiche de la démocratie et s'arroge le droit de prendre en main le destin du monde. Mais la question que Scholz nous incite à poser n'est pas de savoir pourquoi un homme peut exercer un tel contrôle sur le destin de la planète et de ceux qui l'occupent.
Non, la vraie question est la suivante: pourquoi existe-t-il un tel vide en matière de leadership? Pourquoi avons-nous pris l'habitude de confier les problèmes les plus sérieux –l'avenir même de l'humanité– à des milliardaires excentriques qui auraient été parfaits dans un James Bond en super-méchants rêvant de dominer le monde?
Nous sommes distraits par d'étroites questions identitaires qui reflètent la balkanisation de notre politique.
La conclusion de la nouvelle suggère une réponse à ces questions: parce que notre culture ne tient plus l'humanité en haute estime. En tant que chercheur étudiant l'extinction de l'humanité dans l'histoire de la pensée occidentale, je m'inquiète depuis longtemps de voir grossir la sphère des élites technophiles –qui inclut des mégalomanes comme Musk et Peter Thiel, des escrocs célèbres comme Sam Bankman-Fried, ainsi que d'influents chercheurs enquêtant sur le «risque existentiel» ou des philosophes prônant le «long-termisme»– qui s'estiment, eux et leur entourage, les plus à même de prendre les bonnes décisions concernant la survie de l'humanité.
Pourtant, ce qui m'empêche de dormir la nuit, ce ne sont ni les innombrables scénarios d'extinction qui menacent notre espèce, ni les savants fous et les milliardaires qui aspirent à les conjurer. Ce qui m'empêche de dormir, c'est notre indifférence collective à l'égard de ces deux dangers. À l'exception de quelques individus fortunés et de quelques universitaires, personne ne semble vraiment se soucier de l'extinction de l'humanité. Certains s'en réjouissent même.
Notre paysage politique et notre culture, du moins aux États-Unis, semblent terriblement mal préparés à faire face aux menaces qui pèsent sur notre espèce.
À droite, nous avons des troglodytes qui se sont retirés dans leur caverne de déni, tandis que la planète brûle sous l'effet du changement climatique. À gauche, nous sommes distraits par d'étroites questions identitaires qui reflètent la balkanisation de notre politique, réduite à un jeu à somme nulle par la concurrence que se livrent les groupes d'intérêt. Les questions relatives à l'humanité et à son destin collectif semblent au mieux désuètes, au pire hors de propos.
Comme toute grande nouvelle, celle de Scholz nous montre la vérité: des surhommes sans envergure règnent sur les animaux intelligents.
Au lieu de cela, c'est ce que j'ai appelé «la nouvelle misanthropie» qui règne: nous considérons de plus en plus la civilisation occidentale comme désespérément raciste (à gauche) et décadente (à droite). Nombre des personnes qui se préoccupent des risques existentiels tels que le changement climatique considèrent l'humanité comme irrémédiablement corrompue, incapable d'une bonne gestion environnementale et ne valant probablement pas la peine d'être sauvée.
Nous sommes pessimistes. Nos politiques sont anémiques. Et les jeunes n'offrent guère de raisons d'être optimistes: plutôt que d'organiser des sit-in, de s'enchaîner à des arbres ou de protester dans la rue, la génération Z a largement accepté la confiscation de son avenir, sans trop d'éclats. Le mouvement Sunrise n'a pas le mordant du radicalisme étudiant d'autrefois. Mes étudiants me demandent la permission avant d'aller manifester.
Compte tenu de tout cela, est-il surprenant que nous ayons laissé les milliardaires se disputer notre planète, notre espèce et l'avenir de l'une et l'autre? «No Regrets» n'est pas un réquisitoire contre «le Docteur», la caricature à peine voilée d'Elon Musk. C'est un réquisitoire contre nous. Notre misanthropie paresseuse et nos tendances apocalyptiques teintées d'ironie. Notre optimisme falot qui consiste à nous en remettre aux grandes entreprises de la tech. Notre attachement à une politique du moi à un moment où notre espèce est en danger.
Comme toute grande nouvelle, celle de Scholz nous montre la vérité: des surhommes sans envergure règnent sur les animaux intelligents. Notre «mission» est insipide, comme tirée d'un mauvais récit de science-fiction. L'horreur finale n'est pas la fin du monde, mais notre indifférence à son égard. Comme le dit le docteur: «Le peuple a parlé.»
Je suis tombé par hasard, dans La Nouvelle République, sur l'interview en 2014 d'un archéologue réduisant l'apport celtique en Bretagne à un mythe. Voici quelques extraits commentés :
Question du journaliste : « La Bretagne celtique, c'est un mythe ?
Réponse de l'archéologue : Complètement ! Dans la préhistoire du Massif armoricain, les Celtes ne sont qu'une anecdote qu'on a cherché à monter en épingle à partir du XVIII esiècle, en partie, pour des raisons politiques, Bonaparte voulant recréer une Nation sur des bases identitaires très fortes, lançant la fameuse académie celtique qui a attribué aux Celtes le mégalithisme. »
Comment, au vu des recherches génétiques récentes, et historiques (notamment sur la transmission orale depuis le moyen-âge), peut-on faire remonter la présence celte en Bretagne à une invention politique sous Bonaparte ? Je m'interroge. Mais continuons :
«En tout cas, c'est un mythe persistant…
-Il est particulièrement entretenu, au point que l'on voit aujourd'hui se mettre en place des pratiques néodruidiques complètement construites puisque les communautés du Massif armoricain, de tradition orale, n'ont laissé aucun écrit ! Les Celtes ne sont jamais venus en Bretagne. Les recherches archéologiques démontrent que les Celtes sont venus d'Europe centrale et se sont partagés en deux groupes, l'un remontant vers l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande par la Belgique et la Normandie ; l'autre descendant vers la péninsule, ibérique par le centre de la France en évitant la Bretagne. »
Ce point de vue n'est-il pas en contradiction totale avec à peu près toutes les recherches sur les tribus/peuples celtiques (Vénètes, Osismes, Coriosolites, Redonnes...) qui ont occupé l'Armorique ? Et cela ne ruine-t-il pas les travaux sur l'interpénétration entre les langues celtiques insulaires et continentales en Armorique ? Je pense que l'archéologie travaille parfois en silo en faisant fi des travaux des autres disciplines (linguistique, recherche historique et aujourd'hui génétique...), peut-être au prétexte que les archéologues sont précurseurs, dans le sens antérieur sur un plan chronologique aux autres disciplines.
Enfin :
« Pourquoi ont-ils snobé la Bretagne ?
Il y a une contradiction qui pointe en fin d'interview. Au bout de combien d'années d'interpénétrations considère-t-on qu'un peuple "n'a pas réussi à s'intégrer" ? Les Celtes ont-ils fait qu'effleurer de leur présence l'Armorique pour finalement se dire : "Bon, ce n'est pas pour nous..." Tout en y laissant une trace encore palpable ? On a envie d'en savoir plus. De comprendre ce qui a alors suscité ce non événement, cette non interpénétration supposée. Et qu'est-ce que cela signifie sur l'intégration ? Peut-on nier la présence d'un peuple au motif qu'il n'a pas réussi à s'intégrer ? Les tentatives certes infructueuses ne font-elles pas en elles-mêmes parties de l'histoire de l'humanité ?
Comment explique-t-on alors cette forte présence, parmi les Bretons actuels, des marqueurs génétiques des celtes continentaux gallo-romains (R1b U152 par exemple) ou celtes insulaires (R1b L21) ?
La notion de mythe évoquée dans l'interview n'est-elle pas une réponse un peu facile qui escamote les questions non élucidées ? Le terme est fort et catégorique. Je préfère encore celui de mystère, qui aurait été plus mesuré, et plus juste.
Yannick Lecerf, archéologue et chercheur au CNRS, affirme que les Celtes ne se sont jamais installés en terre bretonne. Pour lui, la littérature romantique a largement fondé le mythe.
Mercredi, dans la salle d'honneur de la mairie, la conférence de Yannick Lecerf, archéologue, chercheur au CNRS, a surpris son public. Après avoir expliqué la chronologie du peuplement de la Bretagne depuis 750 000 ans avant J.-C. jusqu'aux Gaulois, ce chercheur a affirmé que jamais les Celtes n'étaient venus s'installer en Bretagne. Une thèse confirmée aujourd'hui par bon nombre de scientifiques.
« De nombreuses traces de la civilisation celte ont été retrouvées dans une grande partie de l'Europe, en Espagne et en France. Mais pas l'once d'un Celte en Bretagne. Les Parisiens, les Strasbourgeois ou les Rouennais sont plus celtes que les Bretons. » Les dernières cartes migratoires établies grâce aux fouilles des archéologues dans les régions concernées l'attestent.
Mais comme l'a rappelé Yannick Lecerf, cette légende de la celtitude bretonne « a commencé au XVIIIe siècle, avec la grande période de la littérature romantique chère à François-René de Chateaubriand ». Facétieux, le conférencier ajoute : « Le Festival interceltique de Lorient est une grande et belle manifestation, mais qui se déroule sur un territoire qui n'a jamais vu un celte. »
Un spectateur ajoute tout bas : « Ce n'est pas grave, la course du Paris-Dakar se déroule bien en Amérique du Sud. » Cette conférence était donnée dans le cadre de la Fête de la Bretagne, et cela ne s'invente pas, dimanche dans le cadre de cette même fête, la ville accueille le groupe Panick celtic. On ne saurait mieux dire.
Renseignements : La Bretagne préhistorique, de Yannick Lecerf, aux éditions Skol Vreizh.
Par René Perez
Chateaubriand n'y est pas allé de main morte. L'écrivain a imaginé carrément des druides celtes faisant des sacrifices humains sur des dolmens ! En pleine celtomanie, née au XVIIIe siècle, le romantisme ambiant et l'imaginaire débridé ont composé des tableaux celtes délirants quand on les confronte aux dernières publications des historiens. Non, les Armoricains n'ont pas attendu les Celtes pour dresser leurs menhirs de plusieurs dizaines de tonnes. Et l'historien et archéologue Yannick Lecerf va même jusqu'à affirmer que dans leurs grandes migrations, les Celtes ont probablement évité la Bretagne ! Ah bon ?
Alors comment s'y retrouver ? D'abord, en allant chercher les Celtes du côté de la Mer Noire où ont commencé leurs transhumances vers l'Ouest, à la poursuite du soleil. Pendant plusieurs siècles avant J.C., ils vont ainsi avancer par petites étapes sans que l'on puisse mesurer la part de conquêtes ou d'assimilations. Une avancée durant laquelle ils ne prirent pas le temps d'élaborer une véritable écriture, au point qu'il faut aller chercher les auteurs gréco-romains ou César lui-même pour trouver des écrits, forcément sujets à caution. Donc, ils avancent. Et se répandent si largement que l'historien Patrick Galliou n'a pas hésité à observer, à propos du Festival interceltique de Lorient : « Les Auvergnats y auraient autant leur place que les Bretons ». Oups ! Tout à fait, embraye Yannick Lecerf, dont le dernier ouvrage pose comme quasi-certitude que les Celtes migrateurs ont contourné la Bretagne où ils n'ont pas laissé de traces tangibles. Une branche est partie vers les îles britanniques et l'autre vers le sud et l'Espagne. Pourquoi ? « Sans doute, dit-il, parce qu'ils sont tombés, en Armorique, sur des populations bien organisées et homogènes, avec de vrais chefs ». Autrement dit, à en croire l'historien, les Celtes qui avaient pour habitude de prendre l'ascendant sur les populations indigènes, auraient préféré ne pas se frotter aux Armoricains, dompteurs de mégalithes. S'ils sont tombés sur les ancêtres de Kersauson, Bernard Hinault, Christian Troadec ou Enora Malagré, on comprend qu'ils aient préféré passer leur chemin et ne pas se coltiner cette bande de furieux.
Près d'un millénaire se passe avant que les descendants des Celtes « brittoniques » ne traversent la Manche en sens inverse, chassés par les Saxons, pour débarquer en Armorique. Ce sont les grandes migrations d'Irlandais et Gallois entre le IVe et le VIe siècles de notre ère, des populations passant de la grande à la petite Bretagne, avec leurs coutumes, leur langue et leur clergé (essentiellement composé d'ermites) qui va marquer durablement la foi en Armorique. En témoigne la Vallée des Saints de Carnoët (22) où d'impressionnantes statues géantes viennent maintenant s'aligner au fil des ans. Il y en a déjà assez pour constituer deux équipes de rugby mais pour un match Pays-de-Galles - Irlande car la quasi-totalité des saints bretons représentés sont référencés comme nés gallois ou irlandais. En cherchant bien, on trouve ainsi un bon millier de saints en Bretagne mais bien peu ont été reconnus comme tels par Rome, même s'ils ont durablement marqué l'Armorique croyante. Pour le reste, Yannick Lecerf relativise : « Ces populations migrant en petite Bretagne descendaient de Celtes arrivés dans les îles britanniques mille ans plus tôt. Que pouvait-il rester du celtisme originel ? ».
La troisième époque charnière, il faut la chercher au XVIIIe siècle quand un mouvement parti d’Écosse avec les fameux (mais contestés) poèmes d'Ossian, remet en cause la civilisation gréco-romaine comme base de la culture millénaire. La tradition orale que l'on va chercher dans les campagnes fait remonter une autre civilisation enfouie dont on ne savait plus rien mais dont la mémoire s'est transmise oralement, de génération en génération, dans des campagnes reculées. L'Europe va se passionner pour ce sujet qui porte l'éveil des nations et Bonaparte lui-même va voir dans la Bretagne et sa géographie particulière un sanctuaire du celtisme originel. Le mouvement était lancé et avec toutes les approximations, voire certaines dérives, on sait à quel point il a fait son nid dans une Bretagne allant chercher, outre-Manche, son hymne, sa croix celtique et même certains instruments de musique, nous ramenant ainsi au bagad de Vannes. Ceux qui ont joué, mardi soir, n'étaient probablement pas nombreux à avoir de lointains aïeux celtes, si l'on en croit les dernières théories. Mais leur succès prouve que pour s'approprier la mythologie celte et donner un formidable élan à la culture celtique, la Bretagne a fait preuve d'un incroyable talent ! Pour en savoir plus sur ce regain d'intérêt pour les Celtes, on renvoie aux deux numéros spéciaux de Bretagne-Magazine sur les Celtes, aux publications d'historiens comme Yannick Le Cerf et Patrick Galliou ainsi qu'à l'Atlas des mondes celtiques qui vient de sortir, chez Coop Breizh.
La glacière du port de pêche de Lorient a fêté ses cent ans en août 2020. Cette fabrique s'inscrit dans le plan national établissant une chaîne de froid entre Saint-Pierre-et-Miquelon, via Lorient, et les consommateurs français de poissons pêchés sur les bancs de Terre-Neuve. L’échec de cette chaîne n’altère en rien l’ambition initiale de l’État. L’inauguration en grande pompe ce 29 août 1920 marque bien les prémices d’une grande aventure industrialo-portuaire. Mise en service en février 1922, ce premier bâtiment industriel produisant du froid annonce le premier port de pêche industriel français.
« C’est dans cette baie de Keroman que je construirais le port, et sur le rocher de la pointe de la Perrière, j’établirais le Frigorifique ». Déjà en 1904, l’ingénieur Henry Verrière (1876-1965) imaginait les contours de la future cité du poisson à Keroman qu’il réalisera 14 ans plus tard.
La construction du frigorifique débute à Keroman en mai 1919. L'édifice, érigé par la compagnie Sulzer, doit répondre à quatre besoins : la fabrication de la glace, sa distribution et sa conservation ainsi que la congélation du poisson. Ces quatre usages sont bien lisibles sur les façades. Pour contenir le froid, les murs extérieurs sont faiblement percés. De simples fentes aux allures de meurtrière ponctuent les trois premiers étages réservés au stockage et à la congélation. Le dernier niveau concentre le lieu de production. Il est éclairé par des ouvertures ne devant pas dépasser 3 m2. Quatre ascenseurs extérieurs facilitent l’accès aux étages quand les portes du rez-de-chaussée s’ouvrent sur les frigos loués aux pêcheurs. La salle des machines et ses annexes jouxtent le bâtiment. La face, côté bassin et criée, est réservée à la distribution.
Vue du port de Keroman, à droite la glacière. Carte postale. Musée de Bretagne : 993.0133.2094.
Vue du port de Keroman, à droite la glacière. Carte postale. Musée de Bretagne : 993.0133.2094.
Le bâtiment s’ancre sur un soubassement de voûtes en béton et de piliers en moellons de granite posés sur le rocher. De cette assise, s’élèvent, sur cinq niveaux, les murs en maçonnerie de pierres enduites de ciment. Le béton armé est utilisé pour l'ossature intérieure quand les briques d'agglomérés isolées de panneaux de liège cloisonnent les salles prévues pour le stockage de 1 500 tonnes de glace et 2 000 tonnes de poissons. La toiture, à l'origine en shed couverte de tuiles, est remplacée en 1955.
La congélation n'est encore qu'à ses balbutiements. C'est le système du Danois Ottesen, testé en 1912, qui est retenu. « Dans des grands bacs à saumure, des séries de mouleaux sont remplis d’eau douce, puis réfrigérés à – 10°C pendant une douzaine d’heures. A l’aide d’un pont roulant, les rames de mouleaux sont soulevées puis démoulées sur une table. Les pains de glace de 25 kg ainsi constitués descendent aux niveaux inférieurs à l’aide d’un toboggan pour être soit stockés, soit concassés par les broyeurs. Cette glace pilée est acheminée sur tapis roulant vers les bateaux ou par wagonnet jusqu’aux halles et magasins des mareyeurs ».
Par jour, 120 tonnes de pains de glace sortent des mouleaux et, en une heure, est congelée 1,8 tonne de poissons. L’usine tourne en 3/8 parfois 7 jours sur 7. L'équipe, jusqu'à 70 personnes, travaille sous des températures oscillant entre -10° et -20° C. En 1970, la fabrication passe à 450 tonnes en barre ou sous forme de paillettes depuis 1965. La production de pain de glace cesse en 1991, les paillettes en 2005, date de la fermeture du frigorifique destiné alors à la destruction.
Ce grand et haut bâtiment gris a perdu la blancheur de ses origines et la noblesse d’une architecture industrielle aux airs d’art décoratif. Dans les étages, si la glacière se dégrade, elle conserve bien des traces de cette activité industrielle révolue dont la zone de production aux matériels encore présents. Elle ne laisse personne insensible. Pour les uns, la glacière est fascinante et offre ses surfaces au Street Art. Pour les autres, cet immeuble concentre deux logiques qui s’opposent : celle d’une part de sa conservation au motif de la qualité architecturale, au nom des valeurs d’ancienneté et d’une certaine importance historique ; celle d’autre part qui défend sa destruction au motif du développement économique portuaire.
Vue du port de Keroman, au fond la glacière. Carte postale. Musée de Bretagne : 993.0133.2102.
Vue du port de Keroman, au fond la glacière. Carte postale. Musée de Bretagne : 993.0133.2102.
Quinze années d’un avenir en suspens que sauveront peut-être des logiques environnementales plus prégnantes aujourd’hui, celle de la durabilité. « Si l’on sait les regarder, ces architectures partagent des capacités hors du commun : très solides, elles supportent des tonnes et permettent donc à peu près tout » expose l’architecte Philippe Prost au sujet de l’architecture industrielle et militaire. Et si, en cette année du centenaire, nous apprenions à la regarder…!?
CITER CET ARTICLE
Auteur : Soazig Le Hénanff, « La glacière du port de pêche lorientais », Bécédia [en ligne], ISSN 2968-2576, mis en ligne le 7/05/2020.
Permalien: http://bcd.bzh/becedia/fr/la-glaciere-du-port-de-peche-lorientais
BIBLIOGRAPHIE :
Slipway – Glacière, Art et Histoire, Livret de l’exposition du même nom, Lorient, Édition Ville de Lorient, 2003.
Le Bouëdec Gérard et Le Brigand Dominique, Lorient Keroman, du port de la pêche à la cité du poisson, Rennes, Marines Éditions, 2015.
Le dossier documentaire sur la glacière de Keroman sur le site internet du service régional de l’Inventaire.Deuxième étape de notre tour d’horizon estival des archives les plus utiles pour les recherches généalogiques : l’incontournable état civil, avec les registres paroissiaux.
Les actes d’état civil ou religieux sont au nombre de trois : naissance ou baptême, mariage, décès ou sépulture. Etablis en double exemplaire à partir de 1737 (un exemplaire conservé par le curé, un autre transmis au greffe), ils sont relativement bien conservés partout en France (à l’étranger, c’est une autre histoire), mais en cas de lacune de l’exemplaire unique (incendies, dégâts des eaux, disparitions…) avant 1737, il vous faudra vous avouer vaincu… ou vous tourner vers d’autres sources que l’état civil !
S’il n’est pas indispensable de retrouver ces trois actes marquant la vie d’une personne pour remonter de génération en génération, cela reste tout de même fortement conseillé, afin d’avoir la vision la plus complète de votre ancêtre, sans compter que chaque acte peut revêtir une mention inattendue et compléter des informations que l’on croyait déjà connaître. Le principe est très simple : il faut trouver les noms des parents d’un individu pour remonter une génération, puis pour chacun d’entre eux faire de même en retrouvant leurs actes de naissance, mariage, décès et leurs parents, etc.
On peut y trouver (selon les actes et les époques) :
L’acte le plus complet est l’acte de mariage, lui seul suffit pour faire votre généalogie, car il contient des informations à propos des deux époux (donc des deux parents d’un de vos ancêtres).
Bien évidemment, plus vous remonterez dans le temps, moins les informations seront précises. Si l’on peut pleinement se fier à un acte rédigé au XXe siècle (quoique l’exemple de l’acte de décès ci-dessous prouve le contraire), il faut rester prudent avec un acte du XIXe (prénoms confondus ou différents, orthographe incertaine, erreur sur un lieu ou un témoin) et utiliser son flair et son sens de la déduction pour ceux d’ancien régime (manque d’informations, par exemple pas de parents sur un acte de mariage, erreurs fréquentes sur les prénoms et les noms, âges approximatifs). Le véritable travail de généalogie se situe là : dans votre faculté à interpréter un acte, à le recouper avec d’autres, à le comparer avec d’autres actes rédigés dans la commune ou dans les communes alentours, parfois même sur d’autres familles, à votre esprit de déduction, à votre capacité à penser comme on pensait alors, quand les mœurs étaient différentes, que les impératifs religieux était omniprésents et que les mentalités différaient des nôtres ; mais aussi à vos connaissances historiques, régionales ou nationales.
Chaque région, voire chaque commune, étant différente, il serait impossible de passer en revue tous les cas possibles permettant de trouver un ancêtre manquant, seule l’habitude et la pratique peuvent permettre de le faire. N’oubliez jamais qu’une information trouvée (sur un arbre sur Généanet par exemple) doit être vérifiée par vos soins en consultant la source, c’est-à-dire l’acte original : la personne qui l’a publiée est certainement de bonne foi, mais elle a pu se tromper !
Avant la Révolution, nous l’avons vu, il n’y a pas de tables décennales et les actes sont souvent difficilement lisibles, soit parce que l’écriture ne correspond pas aux standards actuels, soit parce que le registre lui-même est abîmé (encre baveuse, tâches, encre effacée…), soit parce qu’ils sont rédigés en latin.
Les revendications égalitaires de 1789 ont apporté la promesse de l'émancipation… pour finalement mieux bâillonner les femmes.
«Les hommes ont fait le 14 juillet, les femmes le 6 octobre, écrivait Jules Michelet dans Les Femmes de la Révolution (1854). Les hommes ont pris la Bastille royale, les femmes ont pris la royauté elle-même.» L'historien fait ici référence à la marche des femmes sur Versailles les 5 et 6 octobre 1789. Les Parisiennes en colère étaient venues réclamer du pain; elles repartent avec la famille royale au grand complet.
Si elle se conclut par le retour du roi à Paris, désormais logé aux Tuileries, la marche du 6 octobre est surtout un symbole: celui d'une révolution égalitaire, où les femmes comme les hommes participent aux protestations, scandent les chants révolutionnaires et montent à la tribune. Tout un symbole. Mais à quel point est-ce représentatif de la réalité historique?
Ne crions pas victoire trop vite. Sous l'Ancien Régime, la France maintient les privilèges séculaires et, de fait, les vieilles inégalités héritées de la loi salique. À l'aube de la Révolution, ses institutions vacillantes continuent de se méfier des femmes. Ces dernières sont exclues de l'administration, du gouvernement et de l'appareil judiciaire; à quelques exceptions près, assemblées, tribunes et trônes sont couverts de mâles.
Les Lumières du XVIIIe siècle n'arrangent rien. L'humaniste Jean-Jacques Rousseau rabaisse la femme au rang de «moitié de l'homme». D'autres érudits justifient leur éviction de la vie politique en incriminant leurs soi-disant «tendresse excessive» ou «raison limitée». En ces temps prétendument éclairés, la femme n'est plus pécheresse, à l'image d'Ève, mais faible de corps et d'esprit.
Cette tyrannie masculine justifie l'engouement que provoque l'étincelle de la Révolution chez les femmes: enfin, l'occasion leur est donnée de repousser les frontières étriquées de leur condition! Rien de surprenant, donc, à ce que les sans-culottes au féminin soient d'abord émeutières, notamment lors des crises de subsistance qui secouent 1788 et 1789.
À Grenoble le 7 juin 1788, c'est une femme qui, en giflant le sergent Bernadotte, déclenche l'émeute retenue sous le nom de la «journée des tuiles». À Paris, les «Dames de la Halle» nourrissent le gros des troupes sans-culottes. Elles sont blanchisseuses, épicières, domestiques, marchandes ambulantes, fripières, mais toutes se retrouvent dans la cohorte des barricades. Leur enthousiasme suffit-il à arracher les droits qu'elles réclament?
Malgré ses prétentions égalitaires, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen exclut opportunément les revendications féministes. Même si les femmes participent activement à la vie politique, rejoignant les clubs et les salons révolutionnaires, elles n'ont toujours pas voix au chapitre. D'ailleurs, les tribunes des Cordeliers et des Jacobins leur sont toujours interdites.
C'est cette injustice qui poussera Olympe de Gouges à rédiger, en 1791, sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne… Elle y écrira notamment: «La femme a le droit de monter à l'échafaud; elle doit avoir également celui de monter à la tribune.» Pour s'être hissée à la seconde, critiquant Maximilien de Robespierre et Jean-Paul Marat, elle passera sous le couperet du «rasoir national» en novembre 1793.
Dans une lettre rédigée en 1776, Madame Roland regrettait déjà ce que signifiait sa condition féminine. «En vérité, je suis bien ennuyée d'être une femme: il me fallait une autre âme, ou un autre sexe, ou un autre siècle. Je devais naître femme spartiate ou romaine, ou du moins homme français. [...] Mon esprit et mon cœur trouvent de toute part les entraves de l'opinion, les fers des préjugés, et toute ma force s'épuise à secouer vainement mes chaînes.» Il est des changements que l'on peine à provoquer.
Les rares qui s'aventurent dans les assemblées révolutionnaires se voient affublées, à partir de 1792, du surnom insultant de «Tricoteuses». On les imagine tricoter pendant que défilent les motions, sans doute pour incriminer le manque d'esprit inhérent à leur sexe.
Qu'ont donc gagné les femmes de la Révolution? Si l'émancipation tant attendue est loin de se matérialiser, cette défaite politique est éclaircie par quelques victoires sociales. Les règles de succession sont réformées en avril 1791: dès lors, garçons et filles jouissent des mêmes droits en matière d'héritage. La laïcisation du mariage, actée en septembre 1792, introduit la nécessité du consentement mutuel des deux conjoints, permettant d'entrevoir la fin des unions forcées. En outre, le divorce est légalisé –une arme qui sera en grande majorité mobilisée par les femmes pour se débarrasser d'époux abusifs, violents ou absents.
Ragaillardies, les militantes poursuivent la lutte dans les clubs où leurs idées trouvent un auditoire à leur mesure. Certaines oratrices se distinguent, à l'instar d'Anne-Josèphe Théroigne, dite de Méricourt, qui, le 25 mars 1792, prononce ces mots devant la Société fraternelle des Minimes: «Armons-nous, nous en avons le droit par la nature et même par la loi. Montrons aux hommes que nous ne leur sommes inférieures ni en vertus ni en courage. Il est temps que les femmes sortent de leur honteuse nullité.»
Malgré cet appel, on continue de leur refuser le droit de voter, d'intégrer la garde nationale ou de porter des armes: le sabre et le fusil restent des attributs mâles…
Trois ans après la Révolution, le statut des femmes n'a pas bougé d'un iota. Les préjugés toujours tenaces cristallisent le «sexe faible» en groupe soumis et peu éduqué. Toute femme dotée d'ambitions politiques fait figure d'hystérique, d'extrémiste, de «harpie» capable d'user de tous les moyens pour parvenir à ses fins. Pamphlets et tracts érotiques achèvent de bâillonner les militantes; la misogynie des tribunaux révolutionnaires n'épargne d'ailleurs pas la famille royale, puisque Marie-Antoinette est humiliée lors de son procès, accusée de relations incestueuses avec son propre fils.
Les femmes, toutes conditions confondues, voient leurs libertés s'amaigrir encore davantage au crépuscule de la Révolution. Le 30 octobre 1793, un député de l'Isère, Jean Pierre André Amar, déclare ainsi devant la Convention nationale: «Nous croyons donc qu'une femme ne doit pas sortir de sa famille pour s'immiscer dans les affaires du gouvernement […]. Leur présence dans les sociétés populaires donnerait une place active dans le gouvernement à des personnes plus exposées à l'erreur et à la séduction.»
Le même jour, les clubs féminins sont dissous. Seule une poignée de femmes hante encore les assemblées révolutionnaires et, courant 1794, certaines sont chassées à coups de verge des gradins de la Convention. Passés les ténèbres de la Révolution, le coup de grâce est porté par Napoléon. Promulgué en 1804, le code civil réduit les femmes à l'état de mineures et enterre définitivement toute promesse d'émancipation.
Geneanet vous propose tout l’été de faire le tour des principales sources archivistiques utiles aux recherches généalogiques. La première de toutes, ce sont les tables décennales de l’état civil.
Vous venez de commencer vos recherches généalogiques et après avoir écrit aux mairies et découvert vos arrière grands parents ou vos trisaïeuls, vous désirez commencer à fouiller dans les documents fournis par les archives départementales ? Les tables décennales vont vous faciliter la tâche. Présentation.
Historique
Les tables décennales (familièrement dénommées “T.D.”) résument le contenu des registres d’état civil (naissances, mariages et décès, divorces, reconnaissances d’enfants). Elles sont établies par tranches de dix ans, en fusionnant toutes les années. Les tables décennales ont été créées par l’Administration Révolutionnaire en 1793. Très lacunaires pour la première période 1793/1802, elles sont consultables partout dès 1803.
Au début notamment, ces tables sont souvent par ordre chrono-alphabétique (à l’intérieur de chaque lettre de A à Z, les actes sont référencés de façon chronologique), et parfois elles ne fusionnent pas les dix années mais récapitulent année par année les actes enregistrés. Pour les périodes les plus récentes elles sont par ordre alphabétique complet. Elles reprennent la logique des registres : tables décennales des naissances, des mariages, des décès.
Bon à savoir :
L’index annuel : en même temps qu’étaient instaurées des tables décennales, établies sur des feuillets séparés des registres, un index similaire était établi année par année à la fin de chaque registre de naissance, mariage ou décès. En l’absence de tables décennales, celui-ci permettra malgré tout une recherche rapide. Le plus gros inconvénient, c’est qu’il faut d’abord le retrouver, et que parfois, sur les registres pré-imprimés, aucun emplacement n’a été laissé pour un index : celui-ci est donc écrit en tout petit dans un coin, faute de place, ou au milieu des caractères d’imprimerie non remplis.
Ancien Régime : concernant l’Ancien Régime on trouve parfois, au gré de ses recherches et notamment pour les communes de taille importante (par exemple Bourges ou Strasbourg), un équivalent des tables décennales sous forme de répertoire des actes enregistrés, bien utiles pour ces périodes antérieures à l’état civil
Avantages
Les tables décennales sont très utiles au chercheur, puisqu’en quelques dizaines de minutes il peut relever tous les actes concernant le même nom de famille (il peut donc bien sûr y avoir des noms similaires pour des familles différentes mais cela reste très utile), et consulter ensuite les registres correspondants. Cela permet de recenser tous les enfants d’un couple très rapidement, ainsi que de retrouver en quelques secondes un mariage ou un décès.
Lors de ses recherches, on se retrouve donc à effectuer un aller-retour incessant entre les tables décennales et les registres, le contenu des actes donnant de nouvelles informations que l’on retourne chercher dans les tables.
On peut ainsi, si la famille est restée dans la même commune, remonter en deux ou trois heures sur une centaine d’années, ce qui équivaut à trois, quatre ou cinq générations.
Plus la commune est grande, plus l’utilité de ces tables est incontestable.
Inconvénients
Abréviations dans les dates souvent illisibles, fréquence du “dito” représenté par un d°, ou simple trait… ou rien du tout.
Risque élevé de confusion avec les abréviations des mois : 7bre (septembre confondu avec juillet), 8bre (octobre confondu avec août), 9bre (novembre confondu avec septembre) et Xbre (décembre confondu avec octobre)
Erreurs possibles dans les relevés des actes ! Oublis pur et simples, dates mal lues et erronées, prénoms tronqués, cela arrive et si l’on ne trouve pas ce que l’on cherche, il peut ne pas être inutile de vérifier quand même les registres entiers.
Dates des actes parfois remplacées par les numéros de page figurant sur les registres
Pour les mariages, absence de classement par nom de l’épouse, parfois même absence totale de son nom.
Les promesses de mariage ne sont pas indiquées : si vous ne trouvez pas un mariage, n’oubliez pas qu’il y a de fortes chances qu’il soit mentionné dans le registre complet, après les mariages, dans les promesses de mariage. Les promesses de mariage étaient enregistrées à la fois dans la commune de l’époux et dans celle de l’épouse, avec bien entendu la provenance de chacun des deux époux, on comprend vite la grande utilité de celles-ci !
Une patiente toulousaine a remporté son combat judiciaire contre le laboratoire Merck dans l'affaire du Levothyrox, rapporte France Bleu Occitanie mardi 18 juillet. Le 11 juillet dernier, le tribunal judiciaire de Toulouse a condamné le laboratoire à indemniser la plaignante durant les six premiers mois de la commercialisation de la nouvelle formule du médicament, pour préjudice corporel. Selon son avocate, maître Stella Bisseuil, il s'agit d'une première dans cette affaire.
L'affaire du Levothyrox résumée en sept actes
Le Levothyrox - médicament commercialisé par le laboratoire Merck pour lutter contre des troubles de la thyroïde - a changé de composition en 2017. La nouvelle formule avait donné lieu à plusieurs procédures judiciaires. De nombreux patients s'étaient, en effet, plaints d'effets secondaires. En juin 2020, le laboratoire avait été condamné à verser 1 000 euros à chacun des 3 300 plaignants pour préjudice moral et pour défaut d'information sur la nouvelle formule.
Des souffrances endurées "pendant des mois"
L'avocate, qui représente près d'une cinquantaine de plaignants de la région toulousaine, explique : "Nous n'avions jamais réussi jusqu'à présent à obtenir l'indemnisation des souffrances endurées pendant les six mois durant lesquels il n'existait pas d'alternative thérapeutique à ce médicament".
Elle rappelle que "des personnes ont souffert de crampes, de maux de tête, de prise de poids, de perte de cheveux..." Et que "grâce à une expertise de deux médecins endocrinologues", sa patiente "qui ne prenait rien d'autre comme médicament que du Levothyrox, s'est vue reconnaître le préjudice corporel subi, avec une indemnisation de quelques milliers d'euros".
Contactée par France Bleu Occitanie, la patiente toulousaine (qui souhaite garder l'anonymat) se dit "contente de ce jugement, de cette reconnaissance". Elle raconte avoir souffert pendant des mois de "maux de tête, de ballonnements, de grosse fatigue, de prise de poids". La plaignante, qui a touché moins de 5 000 euros, juge cette somme trop faible et confie qu'elle espérait "une indemnisation plus élevée".
Le laboratoire mis en examen en octobre 2022
De son côté, Stella Bisseuil espère que "la reconnaissance de ce préjudice corporel finira par faire jurisprudence" et ajoute que le laboratoire Merck peut encore faire appel de la décision. En octobre 2022, Merck, le laboratoire, a été mis en examen pour "tromperie aggravée" et placé sous contrôle judiciaire. Dans la foulée de la mise en examen du laboratoire, en décembre 2022, l’ANSM (l'Agence nationale de sécurité du médicament) a, à son tour, été mise en examen pour "tromperie".
The modest single-story houses that define the heart of this French city have a mixed reputation, but modern buyers have rediscovered their charms.
By
Feargus O'Sullivan
24 mai 2023 à 09:00 UTC+2
Share this article
(This article is part of Bloomberg CityLab’s ongoing series exploring the iconic home designs that shaped global cities. Read more from the series and sign up to get the next story sent directly to your inbox.)
If you traveled back in time 50 years to tell residents of Bordeaux’s échoppe houses that their streets would one day become world heritage monuments, they would probably be flabbergasted.
Small, often single-floor houses that form a belt around Bordeaux’s historic heart, these modest limestone homes built for the city’s working class long struggled with a reputation for shabbiness, dinginess and provinciality. Even today, the streets lined by échoppes can seem treeless and deserted. And despite being located as they are in a city which (its outsized role in French history and culture notwithstanding) is only mid-sized — they are also disconcertingly low-slung by the standards of urban France.
relates to How the Low-Rise Échoppe Homes of Bordeaux Went Upmarket
A terrace of Échoppes in Bordeaux, on May 14.
Photographer: Nathan Laine/Bloomberg
In recent decades, however, these products of Bordeaux’s late 19th and early 20th century expansion have become not just sought after, but even objects of adoration for a local cult of devotees. In 2007, they became part of the largest urban World Heritage Site when Unesco designated Bordeaux’s so-called Port of the Moon. But it’s not just the échoppes’ charming stone ornament that appeals, or the fact that their usually bare frontages hide lushly planted gardens behind. It’s also because, in a world engaged in heated debate over the future of urbanism, they show that low-rise single-family homes can in fact be compact, support a high population density and even be relatively sustainable.
Escape from the Country
The origins of these houses could hardly more humble. While the name échoppe (meaning booth or stall and related to the English word “shop”) originally referred to medieval workshops built leaning against the walls of French towns, Bordeaux’s little houses are actually a relatively new phenomenon. They started appearing around 1850 to house arrivals from the countryside, during a period when Bordeaux, now France’s sixth -largest city, was booming.
Industrialization was providing new jobs, freeing the city from its previous heavy reliance on the wine trade and shipping. Grasping what was likely their first chance to escape rural toil, farm-working families moved to the city, often to new neighborhoods of single-story houses going up just beyond the line of Bordeaux’s old walls.
These houses weren’t low because the law required it — the typical échoppe is even lower than municipal height restrictions — but because their occupants’ cultural habit in the countryside was already to live in low, cottage-like buildings. Land was also not developed with notable intensity because the emergence of economic alternatives to vine-growing had made the price of farmland drop.
relates to How the Low-Rise Échoppe Homes of Bordeaux Went Upmarket
Illustrator: Josh Kramer/Bloomberg CityLab
Furthermore, Bordeaux lacked the big construction companies active in other French cities, meaning that landowners and developers tended to be small-scale entrepreneurs who sold their land in small plots. These plots’ size meant that — on the street at least — owners built their houses right up to one another’s boundaries, creating the impression of row houses even though each house tended to be built separately.
These small plots still left room for some green space. Bordeaux’s new residents were used to growing some of their own food and therefore needed working gardens. The typical historic term for the green patch behind an échoppe is thus not jardin (garden), but potager, a place to grow ingredients for potage, or soup.
relates to How the Low-Rise Échoppe Homes of Bordeaux Went Upmarket
Narrow frontages unexpectedly cede to a seemingly ever-expanding space behind.
Photographer: Nathan Laine/Bloomberg
relates to How the Low-Rise Échoppe Homes of Bordeaux Went Upmarket
On average the rear gardens make up 30% of the property.
Photographer: Nathan Laine/Bloomberg
In their most basic form, these houses were very small. So-called “single” échoppes, featured just three rooms grouped along a corridor. These consisted of a bedroom or workshop at the front, a kitchen/dining area at the back and, sandwiched in between, a pièce noire — a room without windows used either for storage or as a lightless bedroom. At the back lay the garden. Given the period’s large family sizes, these houses must have been very cramped and, in their windowless room at least, poorly ventilated and a little damp.
The Échoppe Goes Upmarket
Many échoppes nonetheless had a more generous floor plan. Frequently they got extra room from being raised above a basement — sometimes with small windows high up the wall to make them habitable and sometimes with just metal flaps onto the street so that they could be filled directly with coal or wood. Bordeaux also produced more spacious “double” échoppes, as shown in this article’s main photo and illustration, where rooms flanked both sides of a central corridor. In these, the rear dining space expanded to become a generous salon, with a veranda and possibly a scullery and toilet pushing out into the garden.
relates to How the Low-Rise Échoppe Homes of Bordeaux Went Upmarket
Front doors traditionally have an external curtain to protect the wood from rain.
Photographer: Nathan Laine/Bloomberg
As the housing type came to dominate the city’s output, échoppe designs expanded yet further to increasingly cultivate a bourgeois customer. Builders would sometimes build an extra floor with bedrooms facing only to the back — creating homes that still look cottage-like on the street side but actually have tiers of broad verandas as the back.
This steady expansion of the template gave the échoppes one of their key characteristics: their sense of introversion, where low, narrow frontage unexpectedly cedes to a seemingly ever-expanding space behind. Likewise, the shuttered calm of the bedrooms at the front — their silence and privacy emphasised by the traditional external curtain over the front door to protect the wood from rain — gave way to the more heavily used, spacious quarters at the back. Altogether, this gives a strange but pleasing impression that the houses are actually larger inside than out.
relates to How the Low-Rise Échoppe Homes of Bordeaux Went Upmarket
Wealthier residents returning to the fringes of Bordeaux’s old town have gentrified what were once working-class homes.
Photographer: Nathan Laine/Bloomberg
That doesn’t mean that their facades are necessarily self-effacing. The front doorways and windows of échoppes are highlighted by extremely graceful, varied decoration, a language of scrolls, crests, vines and garlands all picked out in honey-colored limestone. These details run a stylistic gamut from neoclassical and baroque to Art Nouveau and Art Deco, but because the buildings’ height and stone type remains very similar they stay in harmony, making every house seem both a non-identical twin with its neighbor and an enchanting discovery. These affordably carved ornaments may not have improved conditions behind the facades, but they are still a joy, their occasional streaks of grime only serving to further contour each swag and pilaster into deeper relief and greater romantic charm.
A Byword for Banality
The design nonetheless clearly had flaws. The pièce noire quickly developed a reputation for damp, ill-ventilated darkness. While the lightless room was no problem for a family able to use it as storage space, poorer workers were obliged to use it as a bedroom. When several people had to cram into these small spaces, it’s no wonder they developed a reputation for squalor. At the same time, the absence of clearly determined uses for the rooms gave them the advantage of flexibility, one reason why échoppes continued to be built until World War II.
relates to How the Low-Rise Échoppe Homes of Bordeaux Went Upmarket
The houses have become not just sought-after, but even objects of adoration for a local cult of devotees.
Photographer: Nathan Laine/Bloomberg
Their history since then will be familiar from many other older cities globally, according to Chantal Callais, researcher at the Bordeaux School of Architecture and the author of a book on Bordeaux’s échoppes. “Rejected in the 1950s, they were then deserted by workplaces,” she told Bloomberg CityLab by email, “before they came to interest the privileged classes from the 1980s. Finally, society distinguishes them by granting them heritage status in the 2000s.”
In the postwar period, the authorities thundered against their dingy provinciality. “The typical échoppe is a building with its entire central part unsanitary” complained Bordeaux’s Inspector of Urbanism in 1953. “Part of its rear facade is suffocated by the veranda, which was very popular in the last century, in defiance of all rules of hygiene.” Not only was the design flawed, the endless low rows of houses were banal, “without character or passion.”
relates to How the Low-Rise Échoppe Homes of Bordeaux Went Upmarket
Internal layouts can be changed with relative ease as there are no load-bearing walls.
Photographer: Nathan Laine/Bloomberg
The échoppes nonetheless survived this period of official disapproval. Bordeaux didn’t experience much in the way of “slum” clearance, because French urban renewal tended to favor building housing projects on the city fringe rather than US-style demolition of central city areas. They also remained because — as Bordeaux’s own urbanism inspector had to concede — they were popular with the public. Nowadays, decades of gentrification have systematically divorced these homes from their working-class roots, as wealthier residents have returned to the fringes of Bordeaux’s old town attracted by the échoppes’ singular compromise: the historic appearance and walkability of old Bordeaux, matched in streets without through-traffic or many shops, with the relative quiet and privacy of the suburbs.
A Template for Gentle Density?
The échoppes survived in large numbers because they are so flexible. Within the houses’ encasing stone shells, there are no load-bearing walls, so the layout can be changed with relatively little effort. This means that, in order to make the plan work for modern life, the pièces noires are increasingly knocked through to create larger living rooms, equipped with skylights or clerestory windows to let light in via other rooms.
Cellar spaces, meanwhile, can be reclaimed and integrated as bathrooms, workshops or even bedrooms, turning the house into a souplex, a nationally popular kind of duplex conversion in which (often somewhat dingy) bedrooms are located in a basement under the main living space. In Unesco-protected areas, it has now become difficult-to-impossible to add floors visible from the street, but squaring off the roof at the back to create a large upper floor under the eaves is still common.
The échoppe districts are also pretty dense — certainly far more so, says Callais, than the suburban areas where other single-family homes are found. While Bordeaux’s suburbs have a rough average of just 10 homes per hectare, the city’s streets of échoppes have 60 to 100 per hectare. Their environmental performance isn’t bad either.
“While their thermal efficiency deserves to be improved, the houses themselves have good assets,” says Callais. “They are insulated by their neighbors, the stone has good thermal inertia and the traditional verandas can play the role of buffer space between the inside and the outside, or be transformed into bioclimatic greenhouses when their orientation lends itself to it.”
relates to How the Low-Rise Échoppe Homes of Bordeaux Went Upmarket
The belt of échoppe homes around Bordeaux’s historic heart form part of the “Port of the Moon,” Unesco’s largest urban World Heritage Site, so called because of its crescent shape.
Photographer: Nathan Laine/Bloomberg
While suburban housing is a “great predator of fertile land that induces excessive car use,” the échoppes also have ample green space, their treeless frontages giving way to “islets with a green, silent and permeable heart, making up 30% of the home’s footprint on average.” The neighborhoods populated with these houses thus arguably fit the definition of “gentle density” — areas of low-to-mid-rise homes that manage to balance a residential character and some degree of green space with a fairly high concentration of residents.
This shouldn’t lead one to eulogize these houses uncritically. Their current desirability has very much been bought at the expense of their affordability. If the échoppes had remained as low-prestige, low-income housing, their tenants would likely have lacked the funds to convert them into the more light-filled, less cramped homes they are today.
These externally delightful and internally practical houses still carry possible lessons for the future. Aside from their charm, they show that you can have “suburban” characteristics — lush gardens, your own front door — without huge, greedy home footprints that encourage sprawl, and without tethering people entirely to their cars.
Feargus O'Sullivan is a writer for CityLab in London, focused on European infrastructure, design and urban governance. @FeargusOSull
Les pérégrinations de Kat dans le monde de Piwigo, de sa grande découverte en 2016 à ses nombreux albums et forks en tout genre... - Par Katryne.
Piwigo, je suis tombée dedans en 2016, quand Google a sabordé Picasa, pour promouvoir son service Google Photos. J'ai découvert alors la possibilité d'un album photo en ligne qui serait tout à moi, sur mon hébergement et sous licence libre : Piwigo. En fait, Piwigo fut une révélation : il a initié ma dégooglisation et dans la foulée, mon détachement de TOUS les réseaux sociaux. Piwigo m'a libérée et, comme Renaud l'a presque chanté, je suis maintenant un réseau social à moi toute seule. Et un ayatollah du logiciel libre.
Au départ, j’avais un peu d’appréhension, car jamais encore je n’avais créé de site web avec base de données : ceux que je pratiquais tournaient avec des fichiers texte ou du Sqlite et je faisais mes albums photos avec MiniGalNano de Seb Sauvage. Et puis, un jour, MiniGalNano n’a pas suivi l’évolution technologique des serveurs où j’hébergeais mes sites. Ce fut temporaire, le retard fut comblé rapidement. Mais entre temps, j’avais découvert Piwigo. De prime abord, j’eus l’impression d’un produit très technique, surtout destiné aux professionnels : des photographes qui présentaient leur créations sur fond noir, avec une foule de méta-données sur le matériel, les conditions de la prise de vue etc. Un peu austère, quoi. Pro, mais austère. Et puis, en explorant les sites des membres du forum, je me suis aperçue qu’il y avait autant d’usages Piwigo que d’utilisateurs.

Certains créaient des Carnets de voyage, avec autant de textes que d’images, lesquelles étaient géolocalisées sur de grandes cartes. D’autres un site pour un événement particulier (mariage, cousinade, festival …) que les participants pouvaient abonder. Un club de randonnée publiait les balades de chaque semaine, avec photos, commentaires, et tracés GPX, comme ici. Des artistes, peintres, céramistes, grapheurs, acteurs en faisaient leur dossier de presse (press-book in the text). Et puis, j’ai découvert que des organisations utilisaient Piwigo pour gérer leurs ressources iconographiques et faire leur promotion : offices de tourisme, villes, universités …
J’ai plongé dans Piwigo. En même temps pour mes usages familiaux et pour ceux de notre association d’histoire locale. Le premier Piwigo de l’association comporte désormais 4000 documents dont 500 pdf. Et le reste en photos. C’est devenu le centre de documentation historique du village. Et les documents sont utilisés sur les autres sites de l’association et ailleurs, bien sûr. Il a contribué à la notoriété du village. Un Piwigo spécial a été imaginé pour présenter 800 cartes postales anciennes de la vallée : descriptions, commentaires, géolocalisation et comparaison avant/après avec des photos d’aujourd’hui. Et comme Piwigo est relativement aisé à styler, son css est assorti à celui des autres sites.

Notre Piwigo familial raconte quelques voyages bien sûr. Mais c’est aussi maintenant le media de partage, au sein de notre grande famille, pour le contenu de tous nos vieux albums de photo. Vous savez bien, ces merveilles reliées de cuir avec des ferrures argentées qui remontent pour certaines à 1880 … et qui sont disséminées aux 4 coins de la France. Nous pensons que chacun des cousins est en droit de connaître toute l’histoire de la famille, même si les documents sont chez l’un ou chez l’autre. Et Piwigo va nous y aider.
Vous voyez bien que je ne suis pas de l'autre siècle, mais de celui d'avant encore...
Concrètement, comment fait-on ?
Outre des applications de tierce partie, Piwigo propose 2 systèmes différents de chargement des photos sur le site.
Avantages :
• Parfait pour les grandes galeries
• Convient pour le chargement de fichiers autres que photographiques
• Liberté dans la création de répertoires sur votre serveur
Inconvénients :
• Savoir préparer ses photos avant une publication pour le web
• Aucune flexibilité pour renommer/déplacer vos photos et albums
• Utilisation d'un logiciel de transfert FTP
• Obligation de synchroniser Piwigo avec vos publications
Avantages :
• Pas de logiciel supplémentaire à installer sur l’ordinateur
• Publication instantanée
• Toutes options disponibles pour modification, déplacement, renommage etc
• Téléversement de plusieurs images en une seule fois
Inconvénients :
• Ne permet pas d’uploader d’un coup une arborescence de répertoires
Moi, j’utilise le Piwigo uniquement depuis l’interface web : tout peut se faire via le web, je vous dis, dans jamais avoir à utiliser le FTP, sauf pour l’installation initiale. Et les sauvegardes, bien sûr.
• L’administration générale du site
• Le téléversement des items
• La modification en ligne des fichiers image : orientation, recadrage, renommage, remplacement, saisie de leur description et autres informations
• La mise à jour du core, des plugins et des thèmes
• la recherche, l’upload, l’installation, l’édition des plugins.
• La personnalisation sécurisée des fichiers du CMS, du css, des chaînes de langue via le plugin Local Files Editor. En effet une configuration locale est réalisée à partir de l’administration. Elle surchargera les fichiers originaux sans être impactée par les mises à jour du core, des plugins, des thèmes.
Piwigo bénéficie d’un excellent suivi technique, ce qui n'est pas si courant pour un logiciel libre, car son créateur Pierrick Legal, un Breton de Nantes qui a imaginé ce CMS il y a 20 ans, s’est entouré d’une belle équipe de développeurs et il en vit.
Comment peut-on vivre d’un logiciel libre ? En créant en parallèle un service d’installation hébergée de Piwigo avec assistance pour qui préfère se consacrer au contenu et ne pas s’embarrasser de la problématique technique. Au démarrage, il y avait surtout des clients amateurs, des particuliers, mais la proportion s’est nettement inversée au fil des années et la majorité de la clientèle du Piwigo hébergé est aujourd’hui constituée de professionnels et d’institutionnels.
Les forums français et anglais sont très animés, très réactifs, les solutions viennent autant des pros que des amateurs.
Si je voulais en faire l’effort, je pourrais presque n’utiliser que Piwigo pour ma présence sur le web. Ce demanderait juste un peu d’organisation, car il existe de nombreux moyens d’y publier aussi du texte : Descriptifs et commentaires bien sûr, mais aussi ces pages additionnelles que l’on peut associer à certains albums, et qui sont aussi accessibles par le menu. Et ce plugin de blog. Voyez cette page, qui vient en appui d'un album sur ce chalutier : Ducouëdic . On peut y faire une mise en page honorable, non ?
Je suis une passionnée, une fan de Piwigo, vous l'avez compris. Ce qui m'empêche pas mes quelques réticences, commentaires et critiques. Vous savez bien que j'ai toujours quelque chose à redire.
• Si le webmestre prévoit la possibilité de plusieurs tailles d'image, le site peut devenir très lourd et exploser le quota d’hébergement. Car Piwigo ne redimensionne pas l’image pour l’affichage : il crée de nouveaux fichiers dès qu'un format nouveau est demandé par un visiteur. Des fonctionnalités de purge sont prévues, mais il ne faut pas se laisser déborder.
• De récentes évolutions de Piwigo ont été axées sur l’apparence de l’administration pour du plus joli, mais, à mon sens, plus futile. Et cela a entraîné la disparition de fonctions bien pratiques. Et puis moi, le look côté admin, c’est pas ma priorité. Je souhaiterais que les évolutions futures mettent plus l'accent sur l'expérience utilisateur, côté public. Je sais bien que les geeks aiment travailler dans un environnement qui leur est agréable, mais quand on publie, c'est pour le public, non ? C'est lui qui doit être prioritaire.
Gestion des albums : bon, d'accord, c'est joli ...
• Il existe fort peu de thèmes adaptatifs, responsives, tous écrans, quoi.
• Le SEO et les normes W3C ne sont pas actuellement la priorité des développeurs. Parait que c'est un concept de web année 2000, pas adapté à un album photo ... Par exemple les titres Hn qui doivent structurer une page web sont laissés à la libre interprétation du créateur de thème. Qui s'en sert au petit bonheur la chance pour le style au lieu du fichier de css. Les Hn, c'est pour la structure, que diable et le css pour le style !!!
• La politique de référencement est axée sur le partage, par les réseaux sociaux, Et ça, c’est pas ma tasse de thé, mais je l'ai déjà dit... Enfin, chacun son truc, je suis pas sectaire.
• Piwigo est codé par une équipe française, mais son développement est en anglais, sa communication est prioritairement en anglais. Quand on cherche Piwigo, on atterrit sur le site en anglais, avec le lien "Piwigo existe aussi en français". Because, mondialisation oblige, la majorité de l'audience est anglophone. Du coup, les francophones font parfois figure de public de seconde zone, que l'on sert en second. Ce qui justifie ma (légère) collaboration comme traducteur : c'est d'anglais au français que je traduis chaînes de langue et éléments de communication. C'est un comble pour un produit franco-français. Enfin peut être un peu breton aussi, si l'on admet que Nantes se trouve en Bretagne. C'est pour ça qu'on y cause surtout grand-breton ?
J'essaye de participer un peu à l'évolution, dans les limites de mes capacités techniques qui sont, comment dire, ben oui, un peu limitées. J'y suis donc un peu traducteur, j'ai aussi accès au wiki, théoriquement pour relecture et correction. Et surtout, je campe littéralement sur les 2 forums, je mets mon grain de sel partout. J'explique ce que je veux faire, comment et pourquoi, et je demande de l'aide pour y parvenir. Avec une régularité de métronome, je remets sur le tapis mes requêtes, certains diront mes obsessions, espérant peut-être qu'elles seront un jour intégrées dans le développement. J'aide les autres aussi, avec mes mots de bécassine, car j'ai rarement le vocabulaire techno. J'ai même fait une fois un signalement sur le Github du Piwigo. Vu l'effort que ça m'a demandé, c'est dire si le détail exposé m'importait...
Quelques liens intéressants au passage ...
Une interview de Pierrick sur Framablog à l'occasion des 20 ans du projet cette année
Présentation de Piwigo par Piwigo
Le forum francophone
Le forum anglophone
crédit photo : Katryne
Bruxelles a adopté lundi 10 juillet un nouveau cadre légal pour permettre le transfert des données personnelles de l'Union européenne vers les États-Unis, un dispositif crucial pour l'économie numérique après des décisions de la justice européenne ayant invalidé les précédents.
Publié le : 10/07/2023 - 19:48
« Le nouveau cadre UE–États-Unis de protection des données personnelles garantira la sécurité des flux de données pour les Européens et apportera une sécurité juridique aux entreprises des deux côtés de l'Atlantique », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un communiqué.
Les deux dispositifs précédemment mis en place pour permettre aux entreprises de transférer ces données des Européens vers les États-Unis avaient été invalidés en raison de craintes d'une surveillance par les services de renseignement américains. Ces recours devant la Cour de justice de l'UE avaient été introduits par le militant autrichien pour le respect de la vie privée, Max Schrems.
Lundi 10 juillet, il a annoncé saisir à nouveau la justice, estimant que le nouveau texte n'apportait pas d'amélioration en matière de protection des données personnelles des Européens. « Nous avons déjà dans les tiroirs des options pour un nouveau recours, bien que nous soyons fatigués de ce jeu de ping-pong juridique. Nous nous attendons à ce que l'affaire soit de nouveau devant la Cour de justice au début de l'année prochaine », a déclaré Max Schrems.
Le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, a reconnu qu'il s'attendait à de nouvelles batailles judiciaires. « La saisie de la Cour de Justice semble être une partie du modèle économique de certaines organisations de la société civile », a-t-il raillé, dans une allusion au Centre européen pour les droits numériques (Noyb) du militant autrichien.
La mise en place d'un nouveau cadre est essentielle pour les géants du numérique comme Google, Meta et Amazon qui déploraient le manque de règles claires en matière de transfert de données entre les deux rives de l'Atlantique. Meta s'est notamment vu infliger fin mai une amende record de 1,2 milliard d'euros pour avoir enfreint les règles européennes de protection des données avec son réseau social Facebook.
En juillet 2020, la justice européenne avait conclu que le « Privacy Shield » utilisé par les entreprises américaines ne protégeait pas de possibles « ingérences dans les droits fondamentaux des personnes dont les données étaient transférées ».
Depuis lors, les entreprises avaient recours à des solutions juridiques alternatives, à la légalité plus incertaine, pour continuer ces transferts, dans l'attente d'un système plus solide et pérenne.
Ursula von der Leyen et le président américain Joe Biden avaient trouvé un accord de principe en mars 2022 sur un nouveau dispositif légal, censé répondre aux préoccupations exprimées par la justice.
Un engagement sans précédent
Le nouveau cadre juridique européen met en application cet accord. Il prévoit des garde-fous supplémentaires pour que l'accès des agences américaines de renseignement, au nom de la sécurité nationale, à des données recueillies en Europe et transférées ou hébergées aux États-Unis, soit limité à ce qui est « nécessaire » et « proportionné ».
Le texte ouvre aussi une possibilité de recours aux ressortissants européens s'ils considèrent que leurs données personnelles ont été illégalement collectées par les renseignements américains, leur permettant d'obtenir, le cas échéant, la suppression ou la correction de ces données. « Les États-Unis ont pris des engagements sans précédent », a estimé Ursula von der Leyen.
Les acteurs du numérique ont salué cette annonce. « Après des années d'attente, les entreprises et les organisations de toutes tailles des deux côtés de l'Atlantique ont enfin la certitude de disposer d'un cadre juridique durable qui autorise les transferts de données à caractère personnel de l'UE vers les États-Unis », s'est réjoui Alexandre Roure, le directeur des politiques publiques du CCIA, le lobby des géants de la tech.
« Les flux de données sont à la base des exportations de services de l'UE vers les États-Unis, qui s'élèvent à 1 000 milliards d'euros par an, et cette décision donnera aux entreprises plus de confiance pour mener leurs activités et contribuera à la croissance de nos économies », a commenté Cecilia Bonefeld-Dahl, de DigitalEurope, une autre organisation du secteur.
(Avec AFP)
Le billet d'humeur de Kat ! - Par Katryne.
Journaux et smartphone - crédit photo : Racool-Studio
Les nouvelles viennent en foule, beaucoup à la fois et de partout, elles viennent nous abrutir d'une cacophonie permanente où plus rien n'est hiérarchisé, plus rien ne fait sens. A côté des grands pourvoyeurs historiques d'actualités, (presse papier, audio-visuelle et leurs avatars multimédia) et des nouveaux acteurs professionnels tout numériques, chacun peut aujourd'hui y aller de sa petite news : un petit coup de blog, un joli tweet, un bon post Facebook bien envoyé, et toc ... un commentaire sur un forum, et des milliards de terriens deviennent producteurs de contenu. On ne lit plus que les titres et à peine : on partage.
Les grands comme les petits s'adonnent à cette passion toxique, sans peser l'importance de l'info, dans juger de sa pertinence. La quantité prime sur la qualité, dans l'objectif de ce nouveau capitalisme où la réputation se cote et se rémunère. Il n'importe pas d'être un expert, mais de faire un max de bruit et d'avoir un max de fans. C'est ça qui paye.
Comment surnager dans cette mer de (en 2 mots) nouvelles qui nous submergent
Quand un article de notre génial et satirique Gorafi peut être repris à l'identique dans les médias du monde entier qui se copient tous les uns sur les autres, sans honte et sans vergogne, comment les vrais consommateurs de pure info peuvent-ils trouver leur petits dans ce foutoir grouillant et bavard ?
Mais je ne suis pas sectaire et comprendrai que vous préfériez les flux ATOM.
C'est quoi ces trucs ? Oh, ce sont des formats de communication qui datent de l'an 2000, de belles antiquités à l'échelle de l'Internet. Et qui fonctionnent encore très bien.
Vous arrive-t-il encore parfois de voir dans la barre de votre navigateur une petite icône qui ressemble à ça ?

Cela signifie que le site que vous lisez propose ses actualités sous un format que vous pourrez lire ailleurs, dans un logiciel dédié, ou dans votre Thunderbird ou dans une section de votre navigateur. Cette liste d'actualités est mise à jour en temps réel ou selon un rythme que vous spécifiez. Et surtout tous ces flux RSS ou ATOM peuvent être assemblés, classés, au même endroit que les autres pour que vous puissiez vous constituer votre journal à vous, dont vous aurez choisi les sources, qui sera toujours à jour et dont vous pourrez aussi archiver les items ou les jeter à la poubelle. Ou même encore les commenter et les partager, si c'est votre truc, après tout. Puisque je vous dis que je ne suis pas sectaire.
Un clic sur l'icône et votre navigateur vous affiche une page avec les nouveautés du site telle que celle-là : Un beau jour... . Assez brute de décoffrage, il faut avouer. Mais tout y est avec les liens et les images s'il y en a. Certes comme ça, ce n'est pas très engageant, même si l'on recherche de l'info pure et dure sans chichi. Mais ce n'est pas destiné à être consommé tel que : on peut ajouter les flux à un lecteur. Le père de tous les lecteurs, à mon sens, c'était Google Reader. Un concentré d'efficacité, de fonctionnalité et d'ergonomie. Qui a disparu comme bien des merveilles de Google.
Car ce sont bien toutes ces Googleries au fil des ans qui nous ont guidés dans le monde mystérieux de l'internet, nous y ont appris à nous déplacer, échanger par mail, rechercher l'info, la gérer et en tirer profit.
Je ne dis pas là que Google serait un généreux philanthrope, puisque l'on devait bien troquer ces prodigieux services contre nos données persos ou notre attention pour ses pubs juteuses. Je dis que Google a popularisé l'Internet, l'a rendu plus aisé, plus accessible. Et si aujourd'hui Google passe au payant et nous laisse orphelins sur le bord du trottoir, ce n'est pas lui qui a trahi, c'est nous qui avons rompu le contrat avec les antipubs de nos navigateurs et nos législations protectrices des données personnelles. Notons que l'internaute basique n'avait jamais exercé réellement son libre arbitre dans cette histoire, ni dans la signature d'un contrat obscur, ni quand les législateurs on décidé pour lui ce qui est le mieux pour lui.
Donc, à l'époque où Google me tenait par la main dans mes vagabondages en pays d'Internet, j'avais le choix, pour étancher ma soif d'infos, entre le Google Reader et les Google Actualités. Les Actus me gavaient d'infos sélectionnées, prémachées, calibrées et adaptées à mon profil tel que défini par Mr Google, me laissant peu de marge de personnalisation. Et depuis 2005, le Reader de RSS produisait de l'info brute, intégrale, sans commentaire, exclusivement à partir de flux que j'avais choisis. Et que je pouvais classer, archiver, partager etc Vous avez déduit finement quel service avait ma préférence. Aussi quand Google Reader a disparu des écrans le 1er juillet 2013, je suis restée de nombreux mois à errer comme une âme en peine, à tester, à m'enquérir et à grincher sur les forums. Quand soudain de Framanews la lumière vint. Certes Framasoft avait prévu que son lancement coïnciderait avec la mort de Google Reader. Mais je ne l'ai pas vu sur le coup ou je n'ai pas su obtenir un compte de suite. Et ensuite ce fut le bonheur : je consultais mon compte Framanews depuis l'ordinateur ou le téléphone, exclusivement à partir de sources que j'ai sélectionnées, sans publicité et sans collecte de mes données personnelles. Et j'utilisais une solution LIBRE !
Mais j'ai pu faire plus fort encore. Plutôt que de dépendre encore d'une entité extérieure, fut-elle libre et généreuse, j'ai voulu installer sur mon hébergement une instance de TT-RSS, le logiciel lecteur de RSS utilisé pour Framanews. J'ai hésité quelques temps à passer le Rubicon pour cette histoire-là, parce que la présentation et le mode d'emploi, tout en Anglais, regorgeait de termes techniques, dans une expression volontairement hermétique destinée de toute évidence à décourager les béotiens. Avec toutes les 2 lignes un avertissement méprisant sur le thème : si vous n'avez aucune notion de ce qu'est le [$!*§#&], passez votre chemin, vous êtes trop nuls. Comme le ton et l'arrogance me déplaisaient fortement, j'ai voulu essayer par esprit de contradiction et j'ai réussi à l'installer ce fichu TT-RSS, non pas sur un serveur dédié, non pas en lançant des tâches CRON en ligne de commande, mais avec la technique imparable (ou impayable) à la Kat : par itération, en appuyant sur tous les boutons sans trop comprendre jusqu'à ce que ça passe. Et ça marche ! Faut-il qu'il soit bien foutu, ce logiciel.
Fin 2018, Firefox a supprimé le lecteur intégré de flux RSS (et la possibilité de s'y abonner facilement), ainsi que les marque-pages dynamiques. Ce qui coïncida justement et étrangement fort à propos avec une promotion appuyée de son service externe de marque pages Pocket. Il faudra alors s'en remettre probablement à des web-extensions pour le service des RSS qui jusqu'à présent était assuré en natif. Ça ne vous rappelle rien, ces services intégrés qui disparaissent juste au même moment que la mise en avant de services externes un peu gratuits mais c'est beaucoup mieux en version premium ? Depuis 2015, Pocket, ce service propriétaire racheté par la fondation Mozilla, est intégré par défaut à Firefox. On peut le désactiver, mais pas le désinstaller.
Au bout de quelques années, mon TT-RSS est devenu capricieux, et je n'ai pas eu les capacités techniques de le maintenir. J'ai cherché une solution de rechange. Alors je sais bien que Thunderbird propose un lecteur de flux sur le même modèle que son collecteur de mail, mais c'est pas pareil.
La solution que j'ai adoptée est une extension pour Firefox, mais aussi pour Chrome, Vivaldi, Brave et Edge. (Pas pour mon Firefox d'Android, hélas).
Feedbro me semble quasi parfait, me manque juste le partage vers mes Shaarli. Les modes de partage que Feedbro propose, outre l'email, ne passent que par les réseaux sociaux, et j'y suis allergique.
Technifree vu dans Feedbro
Find out what noreferrer, noopener, nofollow attributes are and if they affect your SEO performance
Are noreferrer and noopener attributes affecting my backlinks or outgoing links in terms of SEO?
Short answer: No
Noreferrer, noopener, and nofollow are not related to each other. Each attribute has its own purpose. Let’s look at what each is used for.
Noreferrer is related to analytics and tracking. The referrer value shows the previous page where a user came from. By using the noreferrer attribute on a link, you are preventing other pages from seeing that traffic came from a click on your link.
Example:
<a href="https://www.website.com" rel="noreferrer">Link to yoursite.com</a>
Impact on SEO: 0, but may impact analytics and tracking.
Noopener is related to security. It closes a browser security issue called reverse tab nabbing which lets an attacker have partial access to the previous page and is typically used when a link is set to open in a new tab with target="_blank".
Note: With the release of Chrome 88, all links with target="_blank" will be treated as noopener.
Example:
<a href="https://www.website.com" target="_blank" rel="noopener">Link to yoursite.com</a>
Impact on SEO: 0
The nofollow attribute was used in the past to tell search engines to simply ignore a link. Google would not crawl these links and did not pass value through them. Their treatment of nofollow links changed in 2020 and now it’s more complicated. They treat nofollow as a hint, which means they can choose to crawl and pass value through them, or not.
Impact on SEO: it depends on whether they decide the links are valuable or not. There’s no way to determine which links they use and which they do not.
Example:
<a href="https://www.website.com" rel="nofollow">Link to yoursite.com</a>
You can get more useful info about nofollow links from here:
https://ahrefs.com/blog/nofollow-links/
https://ahrefs.com/blog/nofollow-ugc-sponsored/