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 La revue de web de Kat

3 manières de écrire de bonnes légendes de photojournalisme

Fri 22 Dec 2017 - 23:17

Les légendes des photos sont une partie importante du journalisme. Elles doivent être précises et informatives[1]. En fait, la plupart des lecteurs ont tendance à regarder les photos, puis les légendes avant de décider s'ils ont envie de lire l'histoire qui les accompagne[2]. Servez-vous de certaines astuces pour écrire une légende qui va intriguer les lecteurs et les amener à lire la suite.
1
Apprendre les bases des légendes

Vérifiez les faits. Un des aspects les plus importants de tout type de journalisme est la précision. Si vous utilisez des informations incorrectes, l'histoire ou la photo perd de sa crédibilité. Avant de confirmer ou d'imprimer une légende sur une photo, vous devez vous assurer que tout ce que vous avez mis dedans est correct[3].
    N'imprimez pas une légende incorrecte si vous avez du mal à vérifier les faits, que ce soit parce que vous ne pouvez pas trouver la source ou parce que vous devez rendre l'article au plus vite. Il vaut mieux que vous omettiez une information plutôt que d'en mettre une fausse.
Décrivez quelque chose qui n'est pas évident. Si la légende ne fait que décrire ce qu'il se passe sur la photo, elle est plutôt inutile. Si vous avez une photo d'un coucher de Soleil et si vous écrivez « un coucher de Soleil », vous ne donnez pas d'informations supplémentaires au lecteur. Essayez plutôt de décrire les détails qui ne sont pas évidents, par exemple le lieu, l'heure, la saison ou un évènement spécial qui se déroulait en même temps[4].
    Par exemple, si vous avez une photo d'un coucher de Soleil, vous pourriez écrire la légende suivante : « Côte d'Azur, mars 2016, depuis la jetée du port de Toulon ».
    Évitez aussi les termes comme « on voit », « il apparait », « au-dessus ».
Évitez certains mots au début. Une légende ne devrait pas commencer avec un article comme « un », « une », « le » ou « la » si c'est possible. Ces mots sont trop basiques et ils occupent un espace précieux dans la légende alors qu'ils sont parfois inutiles. Par exemple, au lieu d'écrire : « un geai bleu dans la forêt boréale », écrivez simplement : « geai bleu qui vole dans la forêt boréale[5] ».
    Ne commencez pas non plus la légende avec le nom de quelqu'un, démarrez avec une description et incluez le nom à la fin. Par exemple, ne dites pas : « Jean Dupont dans le parc aux platanes », mais plutôt : « Parc aux platanes et Jean Dupont faisant son jogging ».
    Lorsque vous identifiez quelqu'un dans la photo, vous pouvez aussi dire : « depuis la gauche ». Il n'est pas nécessaire de dire : « de la gauche vers la droite ».
Identifiez les personnages principaux. Si votre photo inclut des gens importants, vous devez les identifier. Si vous connaissez leurs noms, marquez-les (à moins qu'ils vous aient demandé de rester anonymes). Si vous ne connaissez pas leurs noms, vous pourriez plutôt décrire qui ils sont à la place (par exemple « manifestants dans les rues de Paris »[6]).
    Même si cela va sans dire, vous devez vous assurer que les noms sont bien écrits et précédés du titre qui leur convient.
    Si la photo présente un groupe de personnes ou des gens qui n'ont pas de rapport avec l'histoire (c'est-à-dire que leurs noms ne sont pas importants pour l'histoire), il n'est pas nécessaire de les nommer dans la légende[7].
Soyez le plus spécifique possible. Ce conseil va de pair avec le précédent à propos de la précision des informations. Si vous n'êtes pas sûr de l'endroit où ont été prises les photos ou des personnes qui se trouvent dessus, renseignez-vous. Si vous montrez une photo sans aucune information, cela pourrait ne pas être utile au lecteur, surtout si vous ne pouvez pas l'informer du contexte dans lequel la photo a été prise[8].
    Si vous travailliez avec un autre journaliste sur l'histoire, vous pouvez le contacter pour lui demander plus d'informations.
    Si vous essayez d'identifier une personne en particulier sur la photo, il pourrait être utile de décrire l'endroit où elle se trouve. Par exemple, si Jean Dupont est le seul avec un chapeau, vous pouvez dire : « Jean Dupont, dernière rangée avec le chapeau ».
    Même s'il vaut mieux être précis, vous pouvez aussi tourner votre phrase pour qu'elle démarre avec quelque chose de général avant d'arriver à quelque chose de plus précis ou le contraire. Une de ces méthodes vous assure d'être suffisamment précis tout en créant des phrases faciles à lire[9].
Étiquetez correctement les photos historiques. Si vous utilisez une photo historique dans votre histoire, vous devez vous assurer de lui mettre une légende correcte et d'y inclure la date (au moins l'année). Selon la personne qui détient les droits de la photo, vous allez aussi devoir mentionner un autre photographe ou une autre institution (par exemple un musée, des archives, etc.[10])
Utilisez le présent dans vos légendes. Puisque la plupart des photos présentées aux informations font partie d'évènements qui se produisent en ce moment, utilisez le présent dans vos légendes. Les photos historiques sont une exception évidente à cette règle, car vous devriez utiliser le passé[11][12].
    Un des avantages du présent est de pouvoir donner un sens d'immédiateté et d'augmenter l'impact de la photo sur le lecteur.
Évitez l'humour si ce n'est pas approprié. Si la photo que vous décrivez présente un évènement sérieux ou sombre, n'essayez pas de faire de l'humour. Les légendes amusantes ne doivent être utilisées que lorsque la photo est une blague ou un évènement amusant qui est fait pour faire rire le lecteur[13].
N'oubliez jamais les crédits et les citations. Chaque photo doit inclure le nom du photographe ou de l'organisme qui en possède les droits. Dans les magazines et les publications photographiques, les photos indiquent même des détails techniques relatifs à la prise (par exemple l'aperture, la vitesse, la lentille, etc.[14])
    Lorsque vous écrivez les crédits, il n'est pas nécessaire de l'indiquer de manière évidente avec des mots comme « crédits à » ou « photo par » si l'information est présentée de manière consistante et compréhensible. Par exemple, vous pourriez les écrire en italique ou dans une police plus petite.

2
Faire ressortir l'histoire avec la légende

Utilisez-la pour dire quelque chose au lecteur. Lorsqu'il regarde la photo, il va généralement ressentir certaines émotions et recevoir certaines informations (en se basant sur ce qu'il voit sur la photo). La légende, en retour, devrait lui donner des informations qu'il n'a pas vues lorsqu'il a regardé la photo. En clair, la légende est là pour apprendre quelque chose au lecteur à propos de la photo[15].
    Elle doit intriguer le lecteur pour qu'il creuse plus loin dans l'histoire et recherche plus d'informations.
    La légende doit aussi éviter de répéter des aspects de l'histoire. La légende et la photo doivent se compléter et éviter de répéter des informations.
Évitez les jugements. Les légendes doivent être informatives et elles ne doivent pas juger ou critiquer. À moins que vous ayez pu discuter avec les gens sur la photo pour leur demander ce qu'ils ressentent ou pensent, ne faites pas de suppositions en vous basant sur leur apparence sur la photo. Par exemple, ne dites pas : « clients mécontents qui font la queue » à moins que vous soyez sûr qu'ils étaient mécontents[16].
    Le journalisme est fait pour être objectif et informatif pour le lecteur. Les journalistes sont censés présenter les faits d'une manière objective et permettre aux lecteurs de se faire leur opinion.
Ne vous inquiétez pas de la longueur. Une photo peut en dire plus que des centaines de mots, mais parfois quelques mots sont nécessaires pour mettre la photo dans son contexte. Si une description longue est nécessaire pour donner du sens à la photo, ce n'est pas un problème. Même si vous voulez être le plus clair et le plus bref possible, ne limitez les informations que vous mettez dans la légende si elles peuvent être utiles[17][18].
Écrivez dans un langage du quotidien. Le journalisme en général n'a pas besoin de langage trop compliqué. Mais il n'utilise pas non plus de clichés ou d'argot. Les légendes doivent suivre les mêmes conditions de base. Écrivez vos légendes dans un langage de la vie de tous les jours, comme vous parleriez à votre famille en leur montrant la photo en question. Évitez les clichés et l'argot (ainsi que les acronymes). N'utilisez pas de mots compliqués s'ils ne sont pas nécessaires[19].
    Si la photo s'accompagne d'une histoire, essayez d'utiliser le même ton dans la légende que celui utilisé dans l'histoire[20].
Incluez des éléments moins importants. Les histoires qui accompagnent les photos ont tendance à parler de quelque chose en particulier et évidemment, à raconter une histoire. S'il y a une information utile pour comprendre la photo, mais si elle n'est pas nécessaire pour raconter l'histoire, mettez-la dans la légende au lieu de la mettre dans l'histoire[21].
    Cela ne veut pas dire que les légendes ne sont utilisées que pour y mettre des informations inutiles, mais plutôt des éléments qui ne sont pas essentiels au reste de l'histoire. Voyez la légende comme une petite histoire qui inclut des éléments utilisés à l'intérieur de l'histoire elle-même.
    Une fois de plus, vous devez vous souvenir que la légende et l'histoire doivent se compléter l'une l'autre. Évitez les répétitions.
Déterminez la ponctuation à utiliser. Si la photo représente simplement une personne (par exemple un portrait) ou si c'est une photo d'un objet en particulier (par exemple un parapluie), vous pouvez mettre le nom de la personne ou de l'objet dans la légende sans aucune ponctuation. Dans d'autres cas, vous pouvez utiliser des phrases incomplètes, mais cela va dépendre de la publication et des conditions qu'elle pose[22].
    Voici un exemple de légende sans ponctuation : « Toyota 345X boite manuelle ».
    Voici un exemple qui illustre la différence entre une légende complète et une légende incomplète : « l'actrice Ann Levy fait un tour en Acura 325 sur le circuit de test britannique à Londres » (complète), « Tour en Acura 325 » (incomplète).
Simplifiez les descriptions dans les autres légendes. S'il y a plusieurs photos dans la même histoire qui montrent le même lieu, la même personne ou le même évènement, il n'est pas nécessaire de répéter les mêmes détails dans chaque légende. Par exemple, si vous présentez la personne dans la première légende en utilisant son nom complet, vous pouvez ensuite vous y référer par son nom de famille dans le reste des légendes[23].
    Vous pouvez supposer que le lecteur a vu la photo et lu la légende des photos précédentes, car vous avez probablement choisi un certain ordre pour raconter l'histoire.
    Vous pouvez aussi éviter de mettre trop de détails dans la légende si l'histoire elle-même donne déjà beaucoup de détails. Par exemple, si l'histoire raconte les détails de l'évènement, vous n'avez pas à répéter ces détails dans les légendes.
Indiquez les photos retouchées. Les photos peuvent parfois être élargies, réduites ou coupées pour s'adapter à une situation, une histoire, une page, un espace, etc. Ce genre de changement ne doit pas être expliqué, car il ne change pas ce qui apparait sur l'image. Cependant, si vous avez modifié la photo d'une autre façon (par exemple en changeant la couleur, en supprimant un élément, en en ajoutant un autre, en mettant en valeur un élément, etc.), vous devez l'indiquer dans la légende[24].
    Il n'est pas nécessaire d'indiquer clairement ce que vous avez changé, mais vous devriez au moins le mentionner.
    Cette règle s'applique aussi aux méthodes photographiques comme des prises de vue à intervalle régulier, etc.
Envisagez d'utiliser une formule de légende. Jusqu'à ce que vous preniez l'habitude d'écrire des légendes, vous devriez commencer avec une certaine formule. Éventuellement, vos légendes vont commencer à suivre cette formule ou quelque chose de similaire sans que vous ayez à y penser. Mais jusqu'à ce que cela devienne automatique, vous devez suivre la formule pour vous assurer d'inclure les éléments nécessaires[25].
    Voici un exemple de formule : [nom] [verbe] [objet direct] pendant [nom de l'évènement] à [nom du lieu]à [ville] le [jour de la semaine], [date] [mois], [année]. Vous pouvez aussi ajouter la raison ou la manière de ce qu'il s'est passé.
    Voici un exemple écrit avec cette formule : « les pompiers de Dallas (nom) luttent (verbe au présent) contre un incendie (objet direct) qui s'est déclaré à la mairie (lieu) de Dallas (ville) le jeudi (jour de la semaine) 1er (date) juillet (mois) 2004 (année) »[26].

3
Éviter certaines erreurs

Évitez d'être arrogant. L'arrogance dans les légendes est le fait des journalistes qui les écrivent sans se soucier de leurs lecteurs ou qui se contentent de quelque chose de facile à écrire. Cela pourrait sembler égoïste, car l'auteur se soucie plus de lui-même que des lecteurs qui essayent de déchiffrer ce que la photo et l'histoire racontent[27].
    Cela peut aussi se produire lorsque l'auteur essaye une nouvelle technique ou quelque chose d'intelligent pour se faire bien voir. Il n'est pas nécessaire de faire compliqué. Gardez les choses simples, claires et précises.
Évitez les suppositions. Dans le journalisme comme dans la vie de tous les jours, les suppositions sont une mauvaise chose. Elles pourraient se produire au niveau du journaliste, du photographe ou même de quelqu'un au journal au moment où l'article est mis en place. Ne faites pas de suppositions à propos de ce qu'il se passe sur la photo et des individus qui se trouvent dessus. Trouvez la vérité et ne tirez que des conclusions sures[28].
    Il en va de même pour le style et le format. Si vous n'êtes pas sûr du format demandé par la publication, posez la question. N'en utilisez pas un que vous aimez qui devra être complètement changé plus tard parce que vous n'avez pas pris la peine de poser la question.
Ne vous relâchez pas. Cela se produit lorsque vous ne vous souciez pas de ce que vous faites ou lorsque vous ne trouvez pas que la situation est assez importante pour vérifier vos informations. Le résultat de ce comportement pourrait se manifester sous forme de fautes d'orthographe, de noms erronés, de légendes qui ne correspondent pas aux photos, de photos qui ne correspondent pas à l'histoire, etc. Si vous êtes fier de votre travail, faites de votre mieux du début à la fin[29].
    Cela peut aussi se produire lorsque quelqu'un essaye d'utiliser une autre forme de langage dans la légende et ne vérifie pas si elle a été bien écrite. Google Translate ne va pas vous aider à vérifier que vous avez bien écrit la légende !
N'oubliez pas que la légende est un fait. En tant que journaliste, tout ce que vous écrivez, que ce soit dans l'histoire ou dans la légende, est considéré comme un fait par vos lecteurs. Ils supposent légitimement que vous avez fait vos recherches et que ce que vous dites est juste. Si vous avez été trop paresseux ou laxiste pour faire le travail, vous risquez de rapporter des informations incorrectes à de nombreuses personnes[30].
    N'oubliez pas aussi qu'une fois que l'information se retrouve « dans la nature », il va être difficile de la corriger. C'est d'autant plus difficile si l'information est liée à un évènement tragique, stressant ou qui n'est pas encore terminé.

Conseils

La photo et la légende doivent se compléter. Elles doivent raconter une histoire ensemble. Vous devriez éviter les répétitions. Une légende devrait expliquer ce qu'il se passe, quand et où. La photo devrait surtout provoquer une réaction émotionnelle[31].
Selon les journaux, les légendes peuvent porter d'autres noms.
Les légendes des photos de National Geographic sont un bon exemple de légendes de photojournalisme. Il est célèbre pour la qualité de ses photos, mais la plupart d'entre elles dans le magazine incluent une histoire. Cependant, la plupart des lecteurs ont tendance à regarder la photo en premier, à lire la légende, à regarder la photo une deuxième fois avant de décider s'ils veulent lire l'histoire. Une bonne légende devrait permettre au lecteur de prendre la décision après avoir regardé la photo de lire l'article.
En tant que photographe, vous devez toujours avoir un carnet et un crayon sur vous pendant que vous prenez des photos. Servez-vous du temps entre chaque prise ou pendant que vous attendez un certain sujet pour noter le nom des gens sur les photos avec la bonne orthographe[32].

Avertissements

Lorsque vous écrivez des légendes, réfléchissez à celles que vous avez lues et qui vous ont embrouillé. Par exemple, certains organes de presse utilisent des photos générales pour illustrer une histoire parce qu'ils n'ont pas de photos de l'évènement. Même si ce n'est pas un problème en soi, il devrait être indiqué que la photo ne représente pas l'évènement tel qu'il s'est produit.

Sources et citations

↑ http://www.poynter.org/2002/hot-tips-for-writing-photo-captions/1753/
↑ http://nwscholasticpress.org/2012/09/30/follow-these-simple-techniques-to-write-the-perfect-caption-every-time-to-intrigue-inform-readers-2/
↑ http://www.poynter.org/2002/hot-tips-for-writing-photo-captions/1753/
journalisme photo écrire
https://fr.wikihow.com/%C3%A9crire-de-bonnes-l%C3%A9gendes-de-photojournalisme

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Fri 22 Dec 2017 - 20:09

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Le 21 décembre est le jour le plus court de l’année mais saviez-vous que celui où le soleil se couche le plus tôt est... déjà passé ? | Atlantico.fr

Thu 21 Dec 2017 - 20:37

Atlantico : Ce 21 décembre a lieu le solstice d'hiver. Correspond-il toujours au jour le plus court de l'année ? Pourtant, il apparaît que le jour où le soleil se lève le plus tard n'est pas le 21 décembre. Comment cela est-il possible ?
Michel Capderou : Le jour le plus court de l'année ne tombe pas forcément le 21 décembre. Cela peut être le 22 (comme en 2011 ou 2015 par exemple). Mais le moment du solstice est malgré tout très précis. Cette année, il aura lieu le 21 décembre à 17h27.

Effectivement, ce n'est pas ce jour-là que le soleil se lève le plus tard, ni se couche le plus tôt. C'est le Mardi 12 décembre que le soleil s'est couché le plus tôt.
Et il se lèvera le plus tard le dimanche 31 décembre. Durant cette période, les jours sont à peine plus longs que le 21 décembre, mais c'est bien ce jour-là qui reste le plus court de l'année.

A quoi est dû cet écart ? Pourquoi ce n'est pas le jour du solstice d'hiver que le soleil se lève le plus tard et se couche le plus tôt ?
Ce phénomène est dû à ce qu'on appelle l'équation du temps et qui est la différence entre le temps solaire moyen et le temps solaire vrai. Le temps solaire moyen est constant : avec lui, une journée fait 24 heures. Alors que le temps solaire vrai est variable. Pourquoi ces deux heures ne sont pas exactement les mêmes ? D'une part, l'orbite de la Terre n'est pas circulaire mais un peu elliptique. Il y a un différentiel de 1,6% entre ce qu'on appelle l'apogée – le point où la Terre est la plus éloignée du soleil – et le périgée – le point où la Terre est la plus proche du soleil. A titre de comparaison, sur Mars, cet écart est de 9%, de 20% sur Mercure. D'autre part, le plan équatorial de la Terre n'est pas dans le plan de l’écliptique – elle est penchée par rapport au plan de son orbite autour du soleil.

Ces deux effets font que, à certains moments, la Terre va un peu plus vite sur son orbite. C'est le cas fin décembre lorsque la Terre est au plus proche du soleil. Le temps solaire vrai n'est donc pas régulier, contrairement au temps solaire moyen qui est constant.

C'est pour cela que le temps entre les deux midis solaires, le vrai et le moyen, varie. Et comme le lever du soleil et le coucher du soleil sont symétriques par rapport au midi solaire vrai, les heures de lever et de coucher bougent elles-aussi. Le 13 décembre est donc le jour, cette année, où le soleil se couche le plus tôt (on parle de coucher précoce), mais ce n'est pas le jour le plus court.

La latitude et la longitude ont-elles une influence sur les heures de lever et de coucher du soleil ?
Le temps solaire vrai du lever et du coucher de soleil varie en fonction de la latitude et cela joue légèrement sur le jour de coucher précoce. Plus on va vers le nord et plus la date de ce coucher précoce est tard. Sur le territoire de la métropole, il y a une variation de 4 jours concernant le jour où le soleil se couche le plut tôt.

La longitude a également une influence, mais uniquement sur la différence entre le temps solaire moyen et l'heure de la montre. En France métropolitaine, entre Strasbourg et Brest (en gros à la même latitude) qui sont à la même heure légale, l’écart de temps solaire moyen entre ces deux villes est de 42 minutes. La variation de temps solaire due à la longitude est d'une heure pour 15° de longitude (13° d’écart entre Strasbourg et Brest).

Pourquoi la Terre accélère-t-elle lorsqu'elle s'approche du soleil ?
C'est dû à ce qu'on appelle la deuxième loi de Kepler et qui date de 1609 : quand deux corps sont soumis à la gravitation, plus l'un est près de l'autre et plus il va vite. Le périgée est le 3 janvier. C'est une date fixe, indépendantes des saisons. La terre accélère à ce moment. Cela a une influence, notamment sur le climat. La théorie de Milankovitch, qui est basée sur les paramètres orbitaux de l’orbite terrestre, explique très bien les variations climatiques à long terme (comme la période glaciaire à l’époque préhistorique).

temps
http://www.atlantico.fr/decryptage/21-decembre-est-jour-plus-court-annee-mais-saviez-que-celui-ou-soleil-se-couche-plus-tot-est-deja-passe-michel-capderou-3259916.html

Requiem pour un ministère fou

Mon 18 Dec 2017 - 04:55

Oh Malraux si tu savais !

Bien sûr, Emmanuel Macron n’était pas là le jour où André Malraux a inauguré la Maison de la Culture d’Amiens… Le 19 mars 1966 est néanmoins resté gravé comme une date clé de l’histoire de la politique culturelle française. Ce jour-là, par l’un de ses discours au ton et à l’inspiration inimitables, Malraux réaffirme les bases de l’action de son jeune ministère et légitime l’impérieux devoir qu’il fait à l’État de soutenir et protéger la création artistique.

Dans le monde de l’après-guerre fracturé en deux blocs, entre lesquels la France tente de restaurer son prestige de grande Nation éclaireuse, Malraux voit un péril mortel pour l’Humanité dans ce qu’il appelle « les usines de rêve ». Entendons par là les industries culturelles qui ont pris essor avec le cinéma, et dont l’objet est de remplir de vide spirituel le temps laissé vacant par les loisirs récemment conquis. Pour Malraux,

« Ces usines si puissantes apportent les moyens du rêve les pires qui existent, parce que les usines de rêve ne sont pas là pour grandir les hommes, elles sont là très simplement pour gagner de l’argent. Or, le rêve le plus efficace […], c’est naturellement celui qui fait appel aux éléments les plus profonds, les plus organiques et, pour tout dire, les plus terribles de l’être humain et avant tout, bien entendu, le sexe, l’argent et la mort ».

À la redoutable efficacité des machines qui produisent et diffusent les images de mort, Malraux oppose la force intemporelle et universelle des œuvres de l’esprit qui éclairent le destin de l’Homme à travers les siècles et les continents : « Les seules images aussi puissantes que les images de sang, ce sont les images d’immortalité. »
Grandeurs et misères de la démocratisation

C’est sur cette base que le premier ministre des Affaires culturelles donnera à son projet la double mission d’organiser l’accès de tous aux grandes œuvres de l’esprit et de soutenir la création artistique. Il s’agissait, comme l’a écrit Jean Caune, de « produire une culture contemporaine », en donnant en partage un patrimoine que les artistes vivants viendraient réinterpréter pour garantir son immortelle puissance émancipatrice. Ainsi conçue, la politique culturelle est avant tout un combat : il s’agit de dresser une sorte de cordon sanitaire autour de la culture dite cultivée, que Malraux entend protéger des « démons » enfantés par le lucre industrialisé.

On sait aujourd’hui que ce projet – qualifié a posteriori et de façon très réductrice de « démocratisation culturelle » – a échoué. Il est vrai qu’il portait en lui ses propres limites. Très vite en effet, il est apparu que pour être efficace, la politique culturelle ne pouvait s’abstenir de prendre en compte, en même temps que la culture cultivée, les cultures populaires. Ainsi vint le temps de la revendication d’une démocratie culturelle, phénomène ascendant censé équilibrer le mouvement descendant de la démocratisation culturelle. Dès lors le mot d’ordre sera celui de la créativité, dont Jack Lang fera son cheval de bataille : chaque individu recelant un talent créatif, il suffirait de lui donner l’occasion et les moyens de l’exprimer pour que la messe culturelle soit dite.

Le malheur fut que sous couvert d’objectifs soi-disant démocratiques parés d’intentions fort généreuses, ce mouvement s’est opéré dans la plus grande confusion. Au point qu’il a fini par déboucher sur ce que Malraux redoutait par-dessus tout : une forme de relativisme culturel mortifère non seulement pour l’ensemble de la société, mais pour le ministère de la Culture lui-même.
La Fête de la musique, un événement annuel voulu par Jack Lang en 1982. Wikipedia
Toute la culture vient de là

Car pour établir une relation équitable entre culture cultivée et culture populaire, encore aurait-il fallu prendre la peine de définir la seconde pour lui donner ses lettres de noblesse. Lesquelles résident dans la capacité des cultures populaires à produire des formes esthétiques exprimant les aspirations d’un groupe donné à un moment donné, et susceptibles de nourrir des représentations symboliques universelles.

Ainsi, la culture dite cultivée est fondamentalement le produit d’une mise en forme syncrétique des innombrables cultures populaires qui ont jalonné, exprimé, illustré et transmis l’histoire de l’Humanité. Que ces expressions dites populaires irriguent en permanence la culture cultivée est donc dans l’ordre naturel des choses de la culture. Les exemples en sont légion, des chants traditionnels au hip-hop, en passant par le jazz ou le rock. S’il n’avait pas d’abord fait rire dans les cours de ferme, Molière n’aurait jamais eu l’occasion de se rire de la cour… et on ne le jouerait plus aujourd’hui.

Mais cela ne veut pas dire que la créativité peut se substituer à la création. Le prétendre relève de la pure supercherie, et ne peut déboucher que sur un désastreux malentendu. Car le travail de création artistique, qui inlassablement renouvelle la culture, exige une maîtrise des formes qui ne s’improvise pas : s’il n’avait pas été en concurrence avec Corneille et Racine pour obtenir les faveurs du roi, Molière n’aurait pas atteint l’excellence qu’on lui reconnaît… et on ne le jouerait plus aujourd’hui.

Or de même que la maîtrise des formes est une condition de la création, la maîtrise des codes est indispensable au travail culturel, qu’on le veuille ou non, qu’on le déplore ou qu’on s’en satisfasse. L’ignorer, c’est vouer à l’échec tout processus démocratique de mise en culture de l’art, c’est condamner à une vie séparée culture cultivée et culture populaire, c’est consacrer des pratiques culturelles socialement distinctes et distinctives. Et c’est aussi, et peut-être surtout, jeter la culture populaire dans les bras avides des industries culturelles. Lesquelles peuvent produire le meilleur quand la puissance publique les protège de leurs propres appétits lucratifs. Mais lesquelles sont avant tout, et intrinsèquement, de formidables machines à fabriquer une culture de masse sans âme qui fait feu de tout bois, sans autre projet que le profit financier généré par l’obsession du divertissement.

Or si la créativité ne se confond pas avec la création, le divertissement n’est pas équivalent à la délectation. Si tel était le cas, toutes les chaînes de télévision programmeraient Molière en prime time, et les centres dramatiques n’auraient aucun mal à élargir et renouveler leur public.
Bête de scène

Dans le triangle sensoriel-sensible-symbolique qui contient le processus de création artistique et de mise en culture de l’art, le travail culturel se concentre sur le lien entre sensible et symbolique : celui qui permet de déconstruire des propositions esthétiques individuelles, pour construire des représentations éthiques collectives. La consommation culturelle suscitée et organisée par les industries du divertissement est pour sa part totalement indifférente à ce processus : seule l’intéresse la dimension sensorielle, celle qui procure un plaisir immédiat, déconnecté de toute opération symbolique.

De ce point de vue, on ne peut qu’être frappé par la façon dont les commentateurs de tout poil ont insisté sur les qualités de « bête de scène » prêtées à Johnny Hallyday, lors des longues journées d’enflure médiatique qui ont suivi son décès. Le caractère physique, voire animal de ses prestations scéniques, a été longuement salué – un psychanalyste allant jusqu’à souligner sa « stature phallique »… Et dans l’hommage qui lui a été rendu a éclaté, dans toute sa puissance, la relation compassionnelle qu’il avait su entretenir, tout au long de sa remarquable carrière, avec le public nombreux qui l’accompagnait de façon inconditionnelle.

« L’idole-copain », pour reprendre les termes d’Edgar Morin, était sans conteste passé maître dans l’art de se faire désirer. Il avait un talent exceptionnel pour susciter l’empathie, pour distiller à bon escient bonnes et mauvaises nouvelles, pour faire rêver de ses succès et pleurer de ses malheurs. Revendiquant la banalité de ses aspirations pour mieux rendre spectaculaire leur mise en scène, Johnny Hallyday était un authentique virtuose du show-business. Doué d’un sens des affaires hors du commun, il se donnait d’autant plus volontiers à son public qu’il savait très exactement ce que ses fans attendaient de lui : une relation charnelle, directe, dont les albums studio attisaient le désir, autant que les albums live entretenaient le souvenir.

Pour autant, son immense succès commercial fait-il de lui un « artiste exceptionnel », comparable à Victor Hugo et digne du Panthéon de la chanson française, comme l’ont affirmé des personnalités politiques de haut rang ?

Faire de lui une icône du rock français au motif qu’il a introduit le rock’n roll en France dans les années soixante, n’est-ce pas faire insulte aux musiciens qui, depuis des dizaines d’années et bien souvent dans l’ombre, explorent et redéployent l’esthétique rock dans de nombreux courants et sous-courants véritablement populaires ? Certes, Johnny Hallyday bénéficiait d’une immense popularité. Mais le mot est piégé. Inventé par les industries culturelles pour glorifier la culture de masse, il tend à faire croire que le caractère populaire d’une proposition artistique se mesure au nombre de disques ou de billets vendus.
Johnny Halliday à ses débuts. D. Friar
L’État piégé

Le piège fonctionne à merveille. Cela fait vingt ans déjà que l’État est tombé dedans : dès 1997, on a pour la première fois ajouté aux missions historiques du ministère de la Culture celle de « veiller au développement des industries culturelles ». Et dans une totale confusion des genres, c’est la ministre chargée de cette mission, Catherine Trautmann, qui avec bonheur inventera les Scènes de musiques actuelles (SMAC) pour que s’y développent les musiques populaires… tandis qu’au même moment la France se couvre des Zéniths si chers à Johnny !

Dans les heures et les jours qui ont suivi le décès de Johnny Hallyday, le piège s’est cruellement refermé : entre une ministre de la Culture souhaitant un « hommage national » pour l’idole des (ex-)jeunes, et un président de la République lui rendant officiellement un hommage « populaire » à l’occasion de ses obsèques, tout porte à croire que l’on a durablement renoncé, rue de Valois, à tenter d’organiser des relations équitables entre culture cultivée, culture populaire et culture de masse.

Dès lors une question demeure, lancinante : à quoi peut bien encore servir un ministère de la Culture ?

culture
http://theconversation.com/requiem-pour-un-ministere-fou-89288

Escapade chez nos cousins acadiens - La Croix

Sun 10 Dec 2017 - 11:28

Dans la « vraie » vie, elle se nomme Irène Belley. Chaque année, à la belle saison, vêtue d’un fichu et d’une blouse à fleurs vieillotte, elle devient Dorine, une quinquagénaire à la langue bien pendue qui raconte aux visiteurs du « village de la Sagouine », à Bouctouche, la douloureuse saga des Acadiens.

Les Acadiens ? Des Français qui, venus du Poitou et d’Anjou, ont fait souche et prospéré, à partir de 1604, avec l’aide des Indiens micmacs, d’abord sur l’île sainte-Croix puis dans tout l’est de l’actuel Canada, sur le territoire de la province aujourd’hui nommée Nouveau-Brunswick, entre la baie de Fundy et la baie des chaleurs, près de Caraquet. Las, insiste Dorine, en 1713, par le traité d’Utrecht, Louis XIV cède aux Anglais une partie des territoires « français » sur lesquels vivent les Acadiens.

En 1755, les Anglais, qui se préparent à une nouvelle guerre contre la France, imposent aux 13 000 Acadiens un serment d’allégeance à la couronne britannique, avec l’éventualité de devoir prendre les armes contre la France. Devant leur refus massif, ils sont déportés dans les colonies anglaises (les futurs États-Unis). Quelques décennies plus tard, ceux qui ne sont pas morts de maladie ou de faim au cours de ce « grand dérangement » (c’est le terme consacré) seront autorisés à revenir sur leur territoire d’origine désormais exclusivement dominé par l’anglais et les Anglais.

Sauvés par la pomme de terre et leur joie de vivre

Village de la Sagouine./Paula Boyer

Village de la Sagouine. / Paula Boyer

« Ce qui nous a sauvés, insiste Dorine, c’est la pomme de terre et notre joie de vivre ». Cette joie de vivre, le « village de la Sagouine », avec ses maisons en bois, son phare, son poste de douane, son pont d’accès en zigzag, ses personnages hauts en couleur, la cultive avec moult spectacles et concerts de groupes acadiens comme celui du violoneux Abel Cormier. Dans ce village, on fait un saut dans les années 1940-1950.

C’est aussi un voyage dans le temps que propose, près de Caraquet, le « village historique acadien » avec ses 40 maisons anciennes venant des quatre coins de la province. La plus récente est de 1949, la plus ancienne remonte à 1770, date à laquelle un certain Jean Martin est revenu de déportation. Des « interprètes » en costume d’époque y racontent l’histoire des Acadiens, leurs coutumes ancestrales et leurs métiers traditionnels.

En déambulant de maison en maison, on acquiert néanmoins la conviction que langue et culture acadiennes sont bien vivantes. Il a pourtant fallu deux siècles pour que le bilinguisme s’impose au Nouveau-Brunswick et qu’il y ait des lycées et une université francophones. Dorine reprend : « Nous le devons à Louis J. Robichaud, premier Acadien devenu premier ministre en 1960. Lui avait dû aller au Québec pour étudier le droit. » Elle insiste : « avec ses écoles et ses hôpitaux, l’Église catholique romaine nous a également beaucoup aidés. Et puis il y a eu Antonine Maillet. »

Prix Goncourt 1979, cette écrivaine rendue célèbre par La Sagouine et Pélagie-la-charrette a largement contribué à rendre aux Acadiens leur fierté et à renouer avec le fil de leur histoire. « Nos ancêtres ont été déportés car ils voulaient garder notre langue, notre culture, notre religion catholique. Pour que nos petits-enfants continuent à parler français, il faut nous battre. Quand je vais dans les écoles, je dis aux jeunes : “arrêtez de swicher l’english”, insiste Dorine.

Un tiers des habitants du Nouveau-Brunswick sont francophones

Aujourd’hui, un tiers des habitants du Nouveau-Brunswick sont francophones. Mais, ils ont un parler bien à eux : ils ne mangent pas des toasts mais des « roties », ils « amarrent » les lacets de leurs chaussures, « embarquent dans un char » (une voiture), prennent une « assurance mourant » (assurance vie), boivent des verres de « tchekafaire » (quelque chose) et ainsi de suite.

Bleu blanc rouge avec une étoile jaune, le drapeau de la province s’affiche partout, y compris sur la façade peinte des maisons, des phares ou sur des boîtes aux lettres. Cela renforce le charme d’une escapade sur ces rivages et dans ces bourgs aux maisons colorées en bois sagement alignées, qui respirent tranquillité et prospérité.

C’est un pays attachant de forêts, de marais salés et de dunes, de tourbières (rouge vif à l’automne, leur spectacle est éblouissant), d’estuaires, de lagunes abritées, d’eau douce et salée. La mer n’est jamais très loin et dans la baie de Fundy, les marées peuvent atteindre 14 mètres : elles dévoilent, lorsque l’eau se retire à Hopewell, le pied d’étranges rochers surnommés « pots de fleurs » : creusés par les flots à la base, leur tête est couverte de végétation. La pêche est un sport national qu’il s’agisse de celle au bar rayé pratiquée, à la ligne, par les amateurs sur les plages, ou celle au homard qui mobilise les professionnels à Shédiac notamment.

Le homard bleu son emblème touristique

Comme la « tarte au sucre » et la « poutine » (frites couvertes de fromage et de sauce), ce crustacé, vendu à prix modéré, se trouve sur toutes les tables de cette province qui a fait du « homard bleu », pourtant excessivement rare, son emblème touristique. En autres curiosités aquatiques, le centre marin de Shippagan en possède quelques exemplaires d’un étonnant bleu vif tandis que Shédiac se vante de posséder le plus gros du monde, installé au milieu d’un carrefour : cette sculpture orangée en béton, longue de 11 mètres, large de 5, pèse 90 tonnes ! Les touristes adorent grimper dessus et s’y photographier.

Dans ce port propret, Ron Cormier, un ancien pêcheur reconverti dans le tourisme, propose des « croisières homard ». Pendant la virée dans la baie, il sert avec humour force explications sur ce crustacé, sa pêche (taille minimum à respecter, etc.) et sa cuisson. Pour finir, on déguste à bord un homard cuit juste ce qu’il faut, avec une salade de chou.

Amateurs de nature comblés

Dans ce Nouveau – Brunswick, moins connu que le Québec – et c’est bien dommage –, les amateurs de nature sauvage seront comblés. Ils n’auront que l’embarras du choix : marcher sur les sentiers autour de la baie de Fundy ; observer, à Saint Andrews, des baleines, des phoques, des aigles chauves au cours d’une sortie en zodiac ; guetter du haut d’un tour en bois des ours noir en liberté à Acadieville, chez Richard Gauguin, un conducteur de bus qui, l’été, a tissé au fil des ans une étrange relation avec ces plantigrades dans un coin de forêt qui lui appartient ; découvrir des sternes dans les dunes du parc national de Kouchibouguac ou des balbuzards pêcheurs près de Caraquet ; admirer les étonnantes peintures couleur bonbon vif de l’église Sainte-Cécile de Petite Rivière  ; ou encore se passionner pour les étonnantes fleurs carnivores dans les tourbières de l’île de Miscou.

Les plus courageux grimperont au sommet du phare construit au XIXe siècle sur la pointe Birch pour éviter les nombreux naufrages : de là-haut, la vue est éblouissante sur la mer, la côte et les tourbières. Partout, l’accueil des cousins acadiens sera chaleureux. Alors, n’hésitez plus, faites vos valises, pardon, « paquetez vos hardes ! ».

Acadie Canada
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Tue 5 Dec 2017 - 08:10
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America
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Trump s’attaque à deux régions protégées de l’Utah

Tue 5 Dec 2017 - 08:09

Pour ceux qui ont passé des vacances dans l’Ouest américain, la zone est quasi inaccessible. A 300 kilomètres du barrage sur le Colorado de Page-Lake Powell, à deux heures de route après Monument Valley, ce territoire navajo où John Ford tourna avec John Wayne La Chevauchée fantastique (1939) et Le Massacre de Fort Apache (1948) : il s’agit du parc de Bear Ears (littéralement « les oreilles de l’ours ») dans l’Utah, territoire de canyons rouges et de vestiges pueblo, dont Barack Obama avait annoncé en 2016 la protection.

Lundi 4 décembre, à Salt Lake City, la capitale de l’Utah, Donald Trump a annoncé la réduction dramatique de la surface de ce parc, qui fait partie des 129 « monuments nationaux américains » (moins protégés que les 59 parcs nationaux) : « Il y a des gens qui croient que les ressources naturelles devraient être contrôlées par une poignée de bureaucrates distants à Washington. Eh bien devinez quoi ? Ils ont tort. Les familles et les communautés de l’Utah sont celles qui connaissent et aiment le mieux leur terre, et vous savez mieux comment prendre soin de cette terre », a déclaré Donald Trump, qui va réduire de 85 % la taille de cette zone protégée de 5 500 kilomètres carrés (un département français). Un second parc sera divisé par deux : il s’agit du Grand Staircase Escalante, lui aussi dans l’Utah et protégé par Bill Clinton en 1996.

La décision d’Obama accédait à une demande des Nations indiennes de la région (Pueblo, Hopi, Navajo, Ute). Sa décision avait été immédiatement contestée par les Républicains locaux, qui veulent pouvoir exploiter économiquement ces territoires. La décision avait choqué car elle a été prise dans l’interrègne, le 31 décembre 2016, entre l’élection de M. Trump et sa prise de fonctions. Dès son arrivée à la Maison Blanche, M. Trump avait demandé à son secrétaire à l’intérieur, Ryan Zinke, de faire un rapport sur les 27 monuments nationaux créés depuis 1996. Ce dernier a remis un rapport cet été, estimant que les présidents américains avaient fait depuis vingt ans un usage excessif de leur droit et préconisé de réduire la taille de six parcs.
Le « pouvoir des agences fédérales » attaqué

A 56 ans, Ryan Zinke est un natif du Montana, proche du Parc national des Glaciers, qui n’a plus de glaciers que le nom tant ils ont fondu. Il est pourtant avec le climatosceptique de l’Oklahoma, Scott Pruitt, directeur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), l’un des bras armés de l’administration pour défaire les législations fédérales sur l’environnement.

Lire aussi : Trump gagne inexorablement la « guerre des agences »

En tant que ministre de l’intérieur, Ryan Zynke règne sur les territoires fédéraux et les affaires indiennes. Un pouvoir considérable dans les Etats de l’Ouest américain, que contestent les populations locales, comme le résumait à la mi-novembre Geno Palazzari, électeur de Donald Trump, responsable de la communication de la ville minière de Gillette dans le Wyoming : « Obama a décidé de transformer en monuments nationaux des domaines dont personne n’avait jamais entendu parler », proteste M. Palazarri. « Vous ne pouvez pas comprendre pourquoi l’Etat fédéral continue de prendre des terres. Il faudrait prendre ces décisions en passant par le Congrès, pas par des technocrates. Ce qui agace les gens dans les Etats de l’Ouest, c’est le pouvoir des agences fédérales. Le gouvernement possède la moitié du territoire du Wyoming et dicte ce que nous devons faire. »

Selon une étude du Congrès de mars 2017, les terres fédérales représentent 28 % du territoire états-unien (cinq fois la superficie de la France), essentiellement en Alaska (61 % du territoire est fédéral) et dans l’Ouest (Nevada, 84 % ; Utah, 65 % ; Oregon, 53 % ; Wyoming, 48 % ; Californie, 46 %) tandis que les territoires indiens représentent 225 000 kilomètres carrés (40 % de la France).
Précédent politique

Donald Trump, en réduisant la taille de deux monuments nationaux, ne change rien à cette donnée – les territoires déclassés resteront fédéraux —, mais offre à ses amis Républicains de l’Utah une victoire politique. « Notre territoire public est fait pour être utilisé par le public, pas pour des intérêts particuliers », a déclaré Ryan Zinke, applaudi par les Républicains de l’Utah, qui veulent exploiter ces territoires. « Nous sommes reconnaissants de la décision d’aujourd’hui, qui va permettre aux éleveurs de reprendre leur rôle de gardiens de la nature et de moteur des économies rurales », a déclaré le patron du Syndicat des éleveurs, Craig Uden. En réalité, les bêtes sont déjà autorisées à aller dans les pâturages. De même, les sociétés minières ne semblent pas particulièrement intéressées par Bear Ears.

Donald Trump et les Républicains tentent de créer un précédent politique. Les 3 000 manifestants qui protestaient à Salt Lake City contre M. Trump et les associations de défense de l’environnement l’ont bien compris. « Et c’est quoi la suite, président Trump ? Le Grand Canyon ? », a demandé la présidente du Conseil national de défense des ressources nationales (NRDC), Rhea Suh. Ce n’est pas la première fois qu’un président réduit la taille d’un parc national : en 1915, Woodrow Wilson avait réduit de moitié la taille du parc du mont Olympe (Etat de Washington, près de Seattle) en raison des protestations des exploitants forestiers, tandis que Franklin Roosevelt avait réduit en 1940 de 290 kilomètres carrés la taille du Parc national du Grand Canyon à la demande des éleveurs.

La nouveauté est que la décision du président Trump devrait ouvrir la voie pour la première fois à une bataille judiciaire pour savoir si l’Antiquities Act, de Theodore Roosevelt, qui permet depuis 1906 au président de protéger des sites d’intérêt scientifique et historique, donne aussi au président le pouvoir de les déclasser. Les réductions précédentes n’avaient pas été attaquées. Avec une possibilité, si Donald Trump perd, de rendre irrévocables les frontières des zones protégées, mais avec le risque, en cas de victoire, de désacraliser la protection de ces territoires.
Résistance des populations amérindiennes

Pour montrer qu’il ne contestait que les excès des décisions prises depuis vingt ans, M. Zynke a proposé la création de trois monuments nationaux supplémentaires : l’un à camp Nelson, dans le Kentucky, où furent entraînés des soldats afro-américains pendant la guerre de sécession ; un deuxième à Jackson, dans le Mississippi, dans la maison du militant des droits civiques Medgar Evers, assassiné en 1963 ; le troisième dans le Montana, à Badger-Two Medicine, lieu sacré des indiens Pieds-Noirs. En clair, oui à la mémoire de l’esclavage ou des populations précolombiennes, non au gel d’immenses territoires au développement économique.

Cette offensive a lieu alors qu’un non-dit concerne les populations natives américaines. « Nous allons nous lever et nous battre à fond », a déclaré au New York Times Russell Begaye, président de la Nation Navajo, expliquant que le gouvernement avait déjà pris « des millions d’hectares de la terre de mon peuple ». Les populations amérindiennes vivent dans un dénuement tragique, frappées par un chômage endémique (20 % chez les Crow, 42 % chez les Navajos, plus de 80 % chez les Cheyennes) et vivent sur des terres peu exploitées économiquement.

Lire aussi : Dans le Nebraska, la terre contre le pétrole

Le contraste est saisissant avec les villes qu’ont fait pousser les Américains dans le désert, telle Las Vegas (600 000 habitants) au prix de deux barrages et d’un assèchement partiel du Colorado. Pendant qu’elles combattent les Monuments nationaux, les populations de l’Utah poursuivent un autre objectif, créer un pipeline de 270 kilomètres pour pomper l’eau du Colorado stockée dans le lac Powell – qui n’est qu’à moitié plein — et alimenter la ville-champignon de Saint George, située 150 kilomètres à l’est de Las Vegas, comme le relate le Los Angeles Times. Depuis 1990, sa population a triplé pour atteindre 160 000 habitants et elle pourrait atteindre 400 000 d’ici à 2060. Derrière l’annonce symbolique de Donald Trump, un conflit majeur sur la durabilité du développement des Etats semi-désertiques de l’Ouest américain.

America
http://www.lemonde.fr/donald-trump/article/2017/12/05/trump-s-attaque-a-deux-regions-protegees-de-l-utah_5224586_4853715.html?google_editors_picks=true

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Sun 3 Dec 2017 - 14:00
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Var : il abîme sa Ferrari sur un dos d'âne, la mairie doit l'indemniser

Wed 29 Nov 2017 - 00:13

Cet homme a trouvé la bonne astuce. Après avoir heurté sa voiture sur un ralentisseur, il a réussi à prouver que celui-ci n'était pas aux normes.
ne Ferrari et un dos d’âne, en général ça ne fait pas bon ménage. Et c'est bien sûr le cas ici. En franchissant ce ralentisseur installé à Roquebrune-sur-Argens, une commune du Var, la sportive italienne, dont la garde au sol n'excède pas l'épaisseur d'une sole meunière, vient heurter le béton. La peinture rouge est arrachée ; le spoiler avant, légèrement endommagé, rapporte Nice Matin.

Le propriétaire, un habitant de Roquebrune-sur-Argens, est évidemment rouge de colère. Il va alors avoir l'astucieuse idée de se renseigner sur les normes qui régissent ces dos d'âne artificiels. Et fait constater par huissier que celui-ci n'a pas les dimensions légales. La mairie a bien demandé une contre-expertise, mais a perdu. L'ouvrage était légèrement trop haut, un petit centimètre.
Et du coup, cerise sur le ralentisseur, le propriétaire de la Ferrari va être indemnisé : 2.000 euros de réparation de carrosserie et remboursement des frais d'huissier. Belle victoire du cheval cabré sur un dos d’âne. De peur que les pilotes de Porsche, Maserati, Lamborghini se manifestent, la mairie va faire expertiser tous les autres ralentisseurs.

ralentisseurs
http://www.rtl.fr/actu/insolite/var-il-abime-sa-ferrari-sur-un-dos-d-ane-la-mairie-doit-l-indemniser-7791159613

Let's Enhance – free online image upscale and enhancement with neural networks

Tue 28 Nov 2017 - 18:51

Amélioration de photos trop pixellisées

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La pollution lumineuse ne cesse d'augmenter

Mon 27 Nov 2017 - 09:20
lumiere pollution-lumineuse
http://www.futura-sciences.com/planete/actualites/pollution-pollution-lumineuse-ne-cesse-augmenter-24742/

Les Licornes - Nouvelle pub CANAL+ - YouTube

Sun 26 Nov 2017 - 07:15
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Sun 26 Nov 2017 - 07:10
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Pourquoi les licornes s'imposent dans les tendances de Noël

Sun 26 Nov 2017 - 07:06

Pourquoi les licornes s'imposent dans les tendances de Noël.

NOEL - Vous voulez des culottes licorne? Ca existe. Des bouées licorne? Aussi. Du maquillage, des cafés licorne? Oui, ça existe aussi. Si les licornes en tout genre sont de plus en plus présentes dans notre quotidien depuis quelques années, ce Noël s'annonce comme l'apogée de l'animal magique. Dans les catalogues pour jouets, entre les habituels jeux de constructions, poupées, dînettes et autres gadgets high-tech, elles viennent rajouter leurs paillettes et leurs couleurs arc-en-ciel.

Au-delà des très nombreuses peluches -les plus grandes mesurent plus d'un mètre de long, corne non incluse- les marchands de jeux redoublent d'imagination, du robot licorne à la chouette licorne, en passant par les enceintes licorne.

Et loin de se limiter aux enfants, la licorne-mania traverse plusieurs générations. La page Facebook Unicorn Gift (cadeaux-licorne) peut en témoigner. Chaque jour, elle recense des dizaines et dizaines de gadgets plus ou moins utiles, des tenues pour bambins au verre à vin.

Des monstres antiques à la licorne arc-en-ciel

L'intérêt pour les licornes est loin d'être récent. En réalité, cela fait quelques millénaires que cela dure. "Les premières mentions apparaissent dans l'antiquité, comme chez Pline l'Ancien qui mentionne un 'unicornis'", explique au HuffPost l'historienne Elisabeth Taburet-Delahaye, directrice du musée de Cluny et coauteure du livre "Les secrets des licornes".

"On la retrouve chez des auteurs grecs comme Ctesias au IVe siècle avant Jésus-Christ, ou même dans la Bible, où elle apparaît comme un animal menaçant", poursuit Béatrice de Chancel-Bardelot, conservatrice générale du patrimoine, en charge des collections de tapisserie au musée de Cluny -et notamment de la célèbre tenture de la "Dame à la Licorne".

"La licorne a connu deux grandes périodes de popularité", résume Elisabeth Taburet-Delahaye. "Autour des années 1500, comme le montrent les grandes séries de tapisseries qui lui sont dédiées, et à l'époque contemporaine." Animal initialement masculin chez les auteurs antiques, l'unicorne est repris par les auteurs médiévaux, qui ajoutent à son caractère sauvage un symbole de pureté. La licorne devient ainsi une créature ambiguë, à la fois attirée par les femmes vierges utilisées par les chasseurs comme appât pour la capturer, et susceptible d'être agressive.

La redécouverte des tapisseries médiévales, comme la "Dame à la Licorne", dans la seconde moitié du XIXe siècle, a réactivé l'imaginaire autour de la créature. L'Angleterre de l'ère victorienne l'a adaptée au monde enfantin, et y a associé les couleurs de l'arc-en-ciel, explique au Guardian l'historienne et philosophe Natalie Lawrence. "De nombreuses images de bestiaires ont été édulcorées, même si les Victoriens avaient également des images érotiques de licornes."

Des visuels taillés sur mesure pour une société de l'image

Ainsi transformées, ces créatures fantastiques vivent une nouvelle jeunesse avec la montée en puissance des réseaux sociaux et de la culture internet. D'après l'expert en tendances Daniel Levine, interrogé par le site Refinery 29, une mode se crée quand "il y a un intérêt culturel reconnu dans quelque chose qui colle à l'air du temps", que des célébrités le rendent public, et que "cette mode est suffisamment visuelle pour décoller sur les réseaux sociaux".

Les licornes, elles, cumulent les trois. "Nos profils sur les réseaux sociaux sont élaborés à partir d'une culture visuelle", explique Hannah Dick, professeure de communication à l'université de New York. "Il n'est donc pas surprenant que les arcs-en-ciels, les licornes, et toutes les représentations pleines de couleurs vives se soient imposées dans ce champ visuel."

En France, la youtubeuse Natoo fait presque figure d'avant-garde quand elle publie, en 2014, sa kitchissime chanson des licornes, habillée d'un pyjama licorne. Depuis, la vidéo a été vue près de 22 millions de fois, et d'autres célébrités ont pris le relais pour populariser l'animal fantastique, de Séléna Gomez à Christina Aliguera.

Une frénésie commerciale des produits dérivés

Cet engouement a rapidement été commercialisé. Alors que la marque Australienne Frank Body décide de commercialiser au mois d'avril un gommage qui fait briller la peau, elle est dépassée par son succès. Plus de 50.000 personnes s'inscrivent pour recevoir le produit, décrit par plusieurs sites comme le "gommage licorne", comme le rapportait Fast Company.

Autre signe de cette frénésie, la marque Starbuck's a fait exploser à la fin avril les compteurs de Google pour les recherches sur les licornes. Elle commercialisait de manière temporaire un frappuccino licorne, partagé plus de 100.000 fois sur Instagram. Les logiques marchandes, depuis les ventes de cornes et de poudre de corne de licorne au moyen-âge, n'ont guère changé.

La nostalgie de toute une génération aide à porter cette mode. "On a retrouvé la licorne dans les années 1990 chez les fabricants de jouets, à travers les jeux Hasbro, la licorne de Barbie ou encore Mon Petit Poney", rappelle Elisabeth Taburet-Delahaye. Les producteurs et industriels se reposent sur cette nostalgie. Lancée en 1982, la série My Little Pony a engrangé plus d'un milliard de recettes avec sa version de 2015, "Friendship is magic". Le personne principal est la princesse Twiligh Sparkle, une licorne ailée.

Un échappatoire plein de couleurs

La symbolique attachée à l'animal aide à la lier à toute cette mélancolie. "Elle endosse plusieurs symboles liés à la pureté, la naïveté", indiquait ainsi l'historien Michel Pastoureau à 20 Minutes. Cette nostalgie pour la magie des licornes et les joies de la jeunesse offre une échappatoire pour les jeunes femmes, estime auprès de Fast Company Aminata Tall, directrice de la communication de la marque Wet n Wild, qui vend du maquillage licorne. "Les gens cherchent à échapper à la réalité. Une des raisons principales pour cela est probablement que l'atmosphère actuelle n'est pas des plus réjouissantes."

Lumineuses et pleines de couleurs, les licornes sont ainsi assimilées à la joie et à l'espoir. "On retrouve le caractère magique de l'antidote du moyen-âge", analyse pour Le HuffPost Béatrice de Chancel-Bardelot. Un caractère merveilleux auquel on se raccroche, que l'on soit petit ou plus âgé.

Des licornes en lutte

La licorne peut être également vue comme une manière d'exprimer son individualité. "Elle est assimilée à la rareté, à l'unicité", rappelle Elisabeth Taburet-Delahaye. Revendiquer être une licorne, c'est revendiquer être unique. "Il y a un écartèlement entre le le goût du merveilleux et un attachement à des tendances humaines séculaires ambiguës, entre pureté et virulence", poursuit l'historienne.

De même, la rareté et la magie de la licorne en a fait un emblème des luttes LGBT, comme le rappelait Slate. "Il y a très probablement un lien avec l'arc-en-ciel, mais pas seulement. Je pense que la licorne est aussi l'étendard de l'invisible", expliquait au pure-player Sophie Barel, doctorante en sciences de l'information et de la communication à l'Université Rennes 2.

"Les licornes sont parfaites pour les célébrités, pour Instagram, ou pour une période politique sombre", résume Daniel Levine pour Refinery 29. "Les licornes ont été faites pour nous, et pour ce moment présent." Autant de raison qui expliquent pourquoi elles font encore et toujours de la résistance, malgré leur remplacement annoncé par les lamas ou les sirènes.

licorne
http://www.huffingtonpost.fr/2017/11/25/pourquoi-les-licornes-simposent-dans-les-tendances-de-noel_a_23287452/

Edouard Philippe interdit l'utilisation de l'écriture inclusive dans les textes officiels | Atlantico.fr

Tue 21 Nov 2017 - 23:26

Selon une circulaire dont l'AFP a eu une copie ce mardi 21 novembre, Édouard Philippe a décidé de bannir l'écriture inclusive des textes officiels. "Je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l'écriture dite inclusive", demande le chef du gouvernement à ses ministres. Et d'ajouter : "Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l'État doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d'intelligibilité et de clarté de la norme".

L'ancien maire du Havre veut donc que tout le monde veille à "la bonne application de ces principes" par "l'ensemble des services placés sous (leur) autorité".
Objectif, "clore la polémique"

Ce petit recadrage a eu lieu alors que la règle controversée d'élargissement du féminin dans la langue française continue à susciter un vif débat. Dans ces conditions, la circulaire vise à apporter une "clarification après des initiatives dans certaines administrations" et à "clore la polémique", a précisé Matignon à l'AFP.

Par exemple, la semaine dernière, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner a publié une profession de foi en écriture inclusive. Et ce, sans le feu vert de l'Académie française et contre l’avis de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education, qui a déjà exprimé ses réserves concernant cette nouvelle méthode d'écriture. Il l'a fait une fois, il ne le refera donc plus.
Engagé dans le renforcement de l'égalité entre les femmes et les hommes

Toutefois, la note d'Edouard Philippe ne signifie pas que le gouvernement ne sera pas engagé dans le renforcement de l'égalité entre les femmes et les hommes, au contraire. Comme l'indique le Premier ministre, même si dans les textes réglementaires, "le masculin est une forme neutre qu'il convient d'utiliser pour les termes susceptibles de s'appliquer aux femmes", quand l'auteur d'un texte officiel ou la personne nommée est une femme, il convient bien d'écrire "la ministre", "la secrétaire générale" et de féminiser la fonction en se référant à un guide ( "Femme, j'écris ton nom...") élaboré par le CNRS et l'Institut national de la langue française. La seule exception : dans les actes de recrutement et avis de vacances publiés au JO, il faudra utiliser des formules comme "le candidat ou la candidate" afin, cette fois, de "ne pas marquer de préférence de genre".

langue écriture-inclusive
http://www.atlantico.fr/pepites/edouard-philippe-interdit-utilisation-ecriture-inclusive-dans-textes-officiels-3232427.html

Quand le mistral souffle violemment...

Tue 21 Nov 2017 - 23:03

Quand le mistral souffle violemment et arrache les embruns à la surface des eaux, la côte de l’Estaque à la Couronne mérite bien son appellation de Côte Bleue tant les eaux affichent des bleus sombres et froids, des bleus violacés, des bleus outremer…
A l’abri du chaînon littoral de la Nerthe, la randonnée au soleil, sous le vent, est comme une promenade sous serre....

Provence
http://www.rando83.fr/spip.php?article117

Le paradoxe de la transmission

Sun 19 Nov 2017 - 05:07

Sans transmission, pas d'histoire humaine. Mais une transmission intégrale et parfaite annulerait aussi toute évolution. Son statut paradoxal est donc de devoir être toujours active et incomplète, de réussir en échouant partiellement.

« Quel progrès pourrait faire le genre humain épars dans les bois parmi les animaux ? » Rousseau pose cette question en 1755, dans son célébrissime Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. Aucune transmission n'existe tant que l'humanité vit encore dans ce que le philosophe nomme « état de pure nature » - fiction conceptuelle décrivant une sorte de dehors de toute civilisation. Des animaux humanoïdes déambulent en forêt, solitaires, dispersés, dépourvus même de langues pour communiquer. Ils n'héritent donc d'aucun savoir, ne lèguent aucune trouvaille. Si l'un d'eux, par hasard, découvre quelque chose, cette invention périt avec son inventeur. Sans possibilité de mémoriser, d'inscrire, de faire passer quoi que ce soit des uns aux autres, l'histoire humaine demeure immobile, annulée. Humanité zéro, transmission zéro et histoire zéro vont ensemble.

Passons aux antipodes. Imaginons le modèle inverse, celui d'une transmission parfaite, intégrale, absolue. Toute aussi fictif que l'état de pure nature de Rousseau, cet achèvement idéal permet de faire un pas de plus dans la compréhension. Comme serait étrange, en effet, une société où les valeurs, les conduites, les institutions passeraient d'une génération à l'autre sans perte ni modification aucune... Par hypothèse, cette Cité serait dépourvue de corrosion, de contestation, d'oublis. Tout y serait transmis. Le patrimoine littéraire, musical, esthétique, scientifique se trouverait rigoureusement préservé, exactement conservé à l'identique. Conséquence : rien ne pourrait plus distinguer un siècle d'un autre ! Dans ce modèle idéal, incarné par la Cité parfaite que Platon élabore dans La République tout est transmis, donc tout est figé. Aucune évolution n'est plus possible. A l'extrême opposé de l'état de nature, le résultat est le même : l'histoire disparait, le progrès et l'humanité aussi.

Récapitulons. Nulle transmission, donc nul progrès - voilà qui n'a rien d'étonnant. Mais on constate également, ce qui est déjà plus surprenant qu'une transmission totale déboucherait sur un progrès impossible. Il faut donc tirer cette leçon, simple mais paradoxale : la transmission, pour être humaine, doit être... imparfaite. Pour qu'elle fonctionne, du jeu est nécessaire, c'est-à-dire des ruptures et des discontinuités. On ne transmet toujours qu'en partie, avec des lacunes et des transformations . La transmission vivante réinvente ce qu'elle transmet. Elle interprète, réactualise. Elle reconstitue, parfois sans le savoir, les pièces manquantes du puzzle, avec une fidélité apparente, mais inéluctablement trompeuse. C'est heureux, car ainsi rien n'est figé - dans aucun domaine de la connaissance, qu'elle soit scientifique ou spirituelle.

Transmettre la richesse d'une spiritualité, le système conceptuel d'une philosophie, les données d'une discipline scientifique, revient à les réinventer, au moins pour une part. Ceci vaut du côté du maître, du transmetteur, comme du côté du disciple, de l'étudiant. C'est au prix d'une certaine marge d'infidélité à la lettre que se transmet l'esprit. Les développements nouveaux naissent dans les ratés ou les ruptures de la transmission. Le paradoxe central de la transmission est donc bien celui-ci : la continuité est nécessaire, mais doit imparfaite et incomplète pour être efficace.

Ceci se vérifie au niveau des existences individuelles comme des entreprises collectives. L'éducation, au sein des familles, doit à la fois reproduire valeurs, croyances et modes de vie et laisser libre cours à l'autonomie et l'émancipation des jeunes. De même, les institutions - scolaires, universitaires, mais aussi judiciaires, économiques, sociales... - ont pour double objectif de maintenir les équilibres et de permettre les évolutions.

La transmission est un pratique à double face. Trop pesante, elle étouffe. Négligée, elle laisse désemparé. Elle doit être assez souple pour laisser émerger du nouveau, mais ne peut ni ne doit se laisser anéantir. Croire qu'on peut faire sans elle, vivre uniquement dans l'innovation et le disruptif, constitue un piège majeur de notre époque. Ce qu'elle garantit ? Réorganisation du passé en vue de l'avenir, réécriture permanente du texte de la Cité, interminable équilibre instable du progrès.

histoire langue transmission
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Le point sur l'écriture inclusive. | Les mots ailés

Sat 18 Nov 2017 - 20:04

Depuis plusieurs semaines, on en parle de plus en plus. Il faut croire que le sujet devient une controverse qui ébranle tout le monde. On pourrait trouver fou que chacun considère un fait de langue si capital, si digne de révolte, si révélateur de la pensée, dans un camp comme dans l’autre. Car les camps s’affrontent, et là, en revanche, c’est moins drôle. Je ne retranscrirai pas de propos précis ici mais j’ai été stupéfaite de lire de véritables insultes, parfois vulgaires, prononcées à l’encontre de F féministes qui prônent ces bêtises, ou de ces F (aussi) vieux réacs qui ne veulent pas changer la langue alors qu’elle est tellement macho, notre bonne vieille langue. Vous ne le saviez pas ? Une macho finie. C’est vrai, on apprend aux petites filles que « le masculin l’emporte sur le féminin », les temps ont changé, non ? Et si on propose de remettre un peu le féminin aux commandes, les vieux s’insurgent, quelle honte, ne touchez pas à mon orthographe. Bref. J’arrête-là, mais je caricature à peine, à mon grand regret. (Il suffit d’écouter un débat radiophonique ou d’ouvrir twitter pour être soufflé de toute cette violence, terrassé par ces arguments, toujours les mêmes, et parfois faux, des deux côtés.)

Avant de commencer, il faut aussi préciser quelque chose. Cet article n’est pas un article de fond, une référence, un manifeste. Il s’agit simplement de nos deux avis. Mon avis, celui d’une femme (et ça compte), agrégée de lettres, et professeure de lycée. Et l’avis de mon mari, ce chercheur en linguistique antique spécialiste du genre. (Oui.) Tous les deux, nous sommes sensibles à ce sujet passionnant qu’est l’évolution des genres dans les langues occidentales. Nous avons même prénommé notre fils… Camille, ce si joli nom épicène, il faut croire que nous avons toujours eu quelque chose avec cette question du masculin et du féminin.

Voici donc notre petit avis, je vais tenter de le rendre le plus bref et le plus clair possible, mais aussi le plus complet, et le plus lisible. C’est un avis de passionnés de la langue, dans son ensemble, et de toutes les réflexions qui gravitent autour d’elle. Je compte donc sur votre compréhension et votre bienveillance. Si cela permet de clarifier les choses pour beaucoup, nous en serons ravis, mais chacun pense ce qu’il veut et nous n’avons pas envie de convertir (ni de froisser) qui que ce soit. Il s’agit surtout de nuancer plusieurs idées que l’on entend beaucoup, et d’inviter chacun à être mesuré sur la question.

  1. Situer le débat.

D’abord, je vais essayer de rappeler très brièvement les faits, si (vous vivez sous un caillou et que) vous n’avez pas trop entendu parler de tout ça.

On entend en cette fin d’année l’expression « écriture inclusive » partout. Elle est présentée comme une idée portée par les mouvements féministes et comme un concept en train de s’imposer, d’autant plus qu’un manuel scolaire l’a adoptée récemment. Il s’agirait donc de « réformer l’orthographe et la syntaxe », et l’on « attend que l’académie fasse une loi ». (C’est ainsi qu’on peut le lire dans les journaux.)

Mais qu’est-ce que c’est d’abord, cette écriture ?

En fait, c’est compliqué, mais ce qu’on entend beaucoup, ce que les médias (et les gens) retiennent, c’est : une mise en valeur du féminin dans la langue, passant par une féminisation des noms de métiers, la précision du genre féminin s’il y a lieu (celles et ceux qui…), ou grâce notamment au point en haut (les éditeurs・trices) (ou iels, ou celleux) , l’abolition du « masculin qui l’emporte », en « rétablissant l’accord de proximité », on pourrait dire « les hommes et les femmes sont belles », ce qu’on faisait avant que des grammairiens statuent là-dessus au XVIIIème, et hop, exemple de Racine (toujours le même exemple d’ailleurs), tenez tenez, «Armez-vous d’un courage et d’une foi nouvelle» (Athalie), vous voyez ?

Bon.

  1. Les premières idées reçues.

Autrement dit, sans rentrer dans le contenu des propositions, il y a déjà des précisions à apporter. Je mettrai en vert les arguments que l’on entend beaucoup et qui posent problème, en expliquant ensuite pourquoi.

« Il faut réformer l’écriture, la grammaire est sexiste. » // « Qu’est-ce que c’est que cette réforme, conservons l’orthographe telle qu’elle est. »

Le premier problème, c’est de penser que la langue est une loi. (J’en avais longuement parlé dans mon article sur la réforme sur l’orthographe, si vous voulez en savoir plus.) Dans la langue il n’y a pas de loi. Donc pas de réforme. On entend beaucoup dire que les enseignants qui veulent enseigner l’écriture inclusive « ne respectent pas la règle et sont hors la loi, condamnables ». Mais… il n’y a ni loi, ni loi à changer ! Il y a un usage. La langue n’existe que par ce que nous faisons d’elle, ce que nous prenons l’habitude de dire.

Et c’est là un point qui nous semble crucial : d’un côté comme de l’autre, on ne pourra pas dire « allez hop maintenant on va faire comme ça ». La plupart du temps, la règle officielle ne suffit pas. On ne vote pas ça comme on vote une loi. La langue ne repose que sur des usages.

Si vous êtes écrivain, ou écrivaine, vous pouvez tout à fait choisir d’écrire en écriture inclusive. Ou pas. C’est un choix, selon vous-même, selon votre éditeur, selon vos futurs lecteurs, dans un cas comme dans l’autre. Rien n’est interdit. Il y a certes des normes, mais surtout un usage, mais l’usage a toujours primé et primera toujours.

Bien sûr, il est vrai aussi que parfois les normes vont contre l’usage, comme si elles étaient un peu périmées, et il faut qu’elles soient adaptables. Mais elles ne sont périmées qu’à cause de ce que la majorité adopte comme usage, on ne peut pas forcer une majorité à adopter une manière de parler.

« L’académie française, c’est une bande de vieux qui décide de tout, et qui décide n’importe quoi. Je vais leur écrire. « 

L’académie en a parfaitement conscience, : ce n’est pas elle qui fait la langue. C’est lui donner mille fois plus d’importance qu’elle n’en a vraiment ! Les académiciens font leur propre dictionnaire, il font des recommandations, mais c’est tout. Ce n’est pas un parlement de la langue. Leurs recommandations ne sont d’ailleurs pas toujours raccord avec le Robert, ou le Littré ou le Larousse. On peut trouver des informations différentes d’un dictionnaire à l’autre, ce qui surprend souvent les gens qui prennent un dictionnaire pour un code pénal. Mais non ! Une langue est mouvante. Il y a des normes qui aident à se comprendre les uns les autres mais l’usage domine ces normes.

« C’est faux d’écrire iels, c’est juste d’écrire il et elles » (ou l’inverse.)

On a un problème avec l’orthographe en France parce que c’est si compliqué que des générations ont été traumatisées par ça et on entretient l’idée selon laquelle il y a « le bon » et le « pas bon ». Le faux et le juste. Mais l’affaire est bien moins binaire, et tout dépend des époques, et des contextes. Voilà qui est regrettable : aucun des deux camps n’est mesuré là-dedans.

« Il faut l’enseigner à l’école. »

Alors, ne me fustigez pas, nous décidons simplement de vous donner notre avis. L’école est souvent très en retard sur plein de choses dans l’évolution de la société, parce qu’il reste sans doute préférable qu’elle s’adapte à l’usage, et non l’inverse. Son but reste de former des élèves à s’intégrer dans la vie du travail, et même, la vie en général. Si cette écriture inclusive (dans son aspect acteur•trice•s et celleux) est promue par un tout petit nombre de personnes (parce que ça reste le cas, qu’on le veuille ou non), je crois qu’il faut préférer enseigner l’usage majoritaire. Pour l’instant l’usage dominant c’est l’autre. L’école ne peut pas prendre les devants. Elle n’a pas à le faire. Si les auteurs décident d’écrire davantage ainsi, si les entreprises, les employés, à tous les niveaux, l’adoptent, imaginons, dans 50 ans, ou plus, si on la trouve partout, cette écriture iels ou candidat•e, là on l’enseignera. Mais aujourd’hui, l’école ne peut pas suivre une mode tant qu’on ne sait pas si c’est une mode ou si c’est durable.

  1. Et le contenu, alors ? Parlons-en.

L’écriture inclusive repose sur plusieurs grands principes. Ce sont ces principes qui sont au coeur des débats que l’on entend en ce moment, alors, prenons le temps de les examiner.

♦ »Accorder en genre les noms des fonctions, grades, métiers et titres. » (Exemples, que je cite depuis écriture-inclusive.fr : « présidente, intervenante, directrice, chroniqueuse, professeure. » )

Alors là… il est évident que cela relève du bon sens. Et même… c’est déjà très largement le cas ! (Mon correcteur orthographique n’a pas tiqué lorsque j’ai tapé ces mots d’ailleurs.) C’est tout à fait entendu à l’oral, d’ailleurs l’usage se l’est approprié. Le besoin est né, l’usage a su évoluer. Alors, évidemment, certains préfèrent encore dire « madame le professeur », ou « madame le ministre ». Mais il faut être honnêtes : l’usage populaire a déjà imposé le féminin. Allez dans n’importe quel café du commerce, je vous mets au défi d’entendre quelqu’un dire autre chose que « la ministre ». C’est là un point véritablement important : cela s’impose dans l’usage, et donc dans la langue, et donc, il n’y a même pas de débat à avoir là-dessus. On ne peut pas « décider que désormais tout le monde dira ou écrira » A ou B. Les mots sont vivants, ils naissent lorsque nous en avons besoin.

Et, parlons-en d’ailleurs : ce n’est pas (selon moi, mais vous avez le droit de ne pas être d’accord) le langage qui a créé des femmes ministres. Ce n’est pas la mise au féminin du nom qui a encouragé la féminisation de la fonction. C’est la société, c’est la réalité, et le langage a suivi. Je ne crois donc pas que l’on puisse dire que si l’on impose une adaptation de la langue qui irait dans le sens d’une mise en valeur des femmes, on ferait changer la société. Cela se produit toujours dans la langue : quand on a besoin d’un mot, on le crée. Le féminin se met à exister pour être plus clair, plus logique à l’oreille. (Et « Madame la ministre », c’est plus logique à l’oreille.) (Après, militer pour qu’il y ait plus de femmes ministres, ou présidentes, là, je suis bien d’accord avec vous, mais c’est un autre sujet ! ) En bref : cet accord se fait de lui-même, avec le temps, dans l’usage, puis à l’écrit.

♦User du féminin et du masculin, par la double flexion, l’épicène ou le point milieu. Exemples (je cite toujours ce site) « »elles et ils font », « les membres », « les candidat·e·s à la Présidence de la République », etc. »

Il y a plusieurs soucis là-dedans, mais qui ne sont pas vraiment des soucis, et je vais essayer de les expliquer clairement, sans trop rentrer dans des détails techniques.

(Accrochez-vous et enfilez votre costume de linguiste, ou de philosophe, vous allez voir c’est amusant.)

Le principe de l’écrit est au départ d’exister pour figer quelque chose de dit. Le principe d’une langue est d’être la version sur le papier d’une langue orale. Tout écrit doit pouvoir se dire. Il existe un cas ou l’on s’éloigne un peu de ce principe : le cas des abréviations. Toutefois, cela correspond quand même à quelque chose qu’on peut développer à l’oral. (Si j’écris qqch, je peux le prononcer « quelque chose ».) Sur des milliers d’années d’écriture, la seule petite différence qui ait existé entre l’écrit et l’oral se situe ici, sinon, tout écrit est prononçable. Même la ponctuation est une retranscription écrite de quelque chose d’oral.

Le problème de l’écriture avec le point en haut se situe donc ici : en plus d’être délicate à lire, elle est proprement imprononçable. Ce serait donc rompre un lien ancestral, et cela pose un problème de fond. Tout texte écrit doit pouvoir être lu. Comment faire, alors, si on écrit «iels sont fier.e.s », comment dire ? « Iels sont fiereuess? » Ou alors doit-on lire «ils et elles sont fier et fières », et alors, on considère « l’écriture inclusive » comme une abréviation ? Dans ce cas pourquoi ne pas l’écrire en entier ? Le voilà, le premier souci de cette histoire de point en haut. On ne peut pas considérer l’écrit en faisant abstraction de l’oral.

Evidemment, plus ça va, plus il y a un fossé dans notre langue entre l’écrit et l’oral, plus on idéalise l’écrit, on utilise à l’écrit des élégances dont on se passe à l’oral, évidemment. Mais normalement, et, quoi qu’il arrive, fondamentalement, c’est indissociable, on ne peut penser l’un sans l’autre.

Eh, dites, si on se mettait à conseiller de préciser à chaque fois le masculin ET le féminin (c’est ce qui s’appelle la « double flexion » : « celles et ceux », « tous et toutes»…) ? Comme ça, on peut le prononcer !

Alors. C’est un fait : il existe dans la langue française (comme dans toutes les langues occidentales) un masculin pluriel qui englobe masculin et féminin. Je reviendrai sur l’origine, mais techniquement,et sans être linguiste, tout le monde sait qu’on dit « vous êtes arrivés » si le pronom « vous » désigne à la fois des femmes et des hommes. On dira de même pour des objets : « chez nous, les fourchettes et les couteaux sont verts ». (L’autre jour en faisant mes courses, j’entendais un enfant dire à sa soeur « ils sont où, papa et maman ? ». Ce dernier avait donc intégré sans y réfléchir que pour désigner un masculin + un féminin, on utilise le masculin pluriel, sans que ce « masculin » exclue le féminin, me suis-je dit, avant d’aller au rayon pâtes.) Encore une fois, j’y reviendrai, mais je voulais préciser cela pour mieux situer les choses.

Or, ce masculin pluriel globalisant commence parfois à nous gêner, (« nous » au sens de « nous tous utilisateurs de la langue française »), et nous sentons de plus en plus le besoin de préciser le genre féminin lorsque nous parlons de référents animés, pour bien indiquer que nous ne l’oublions pas. (L’enfant des courses n’en a pas besoin, par exemple, il ne dira jamais « il et elle sont où, papa et maman ». En revanche, on peut imaginer qu’on commence une annonce par « les danseuses et les danseurs », ou « les musiciennes et les musiciens », parce qu’on a peur que l’utilisation de « les danseurs » n’indique pas assez qu’il peut y avoir des danseuses dedans, et la même chose pour « les musiciens ».)

Là encore : c’est un fait, on le dit de plus en plus. « Chers adhérentes, chers adhérents ». Je ne sais pas si c’est bien ou pas. D’un côté, je trouve que c’est bien, c’est la femme en moi qui parle. D’un autre, je trouve que ça rend la phrase assez lourde, et puis, l’inconvénient et que, si par malheur on oublie de préciser le féminin quelque part, on peut nous accuser d’oublier les femmes. (Je n’invente rien, et je lis beaucoup d’avis dans ce sens.) Toujours est-il que l’usage l’adopte de plus en plus, et il suffit d’écouter n’importe quel discours de notre président de la république pour l’entendre. Il s’agit donc là non d’une écriture inclusive mais d’une évolution naturelle de l’usage et de la langue qui fait son chemin : à chacun de voir ce qu’il utilise, s’il ressent le besoin de préciser la version féminine ou pas de ceux dont il parle. (Et si vous voulez mon avis, je trouve ça très fastidieux à écouter, à dire, à écrire, et à lire.)

D’accord, et alors, si on contournait le problème ? On pourrait systématiser l’usage d’une tournure épicène, c’est-à-dire, on pourrait essayer de se débrouiller pour trouver à chaque fois un équivalent globalisant, « les membres » au lieu de « les employés », « les plumes » au lieu de « les écrivains » ?

Alors, oui, c’est une autre solution : contourner le souci en trouvant une formulation qui évite d’avoir à choisir. Et là, eh bien… évidemment, qu’on peut ! Mais ça ne résout pas vraiment le problème ! Est-ce que cela voudrait dire qu’il faudrait se débrouiller pour trouver dans TOUTES les situations où le masculin pluriel se manifeste une tournure qui évite de se poser des questions ? Qu’à chaque fois qu’on aurait besoin d’un pluriel dans une phrase, on chercherait un mot qui nous évite de choisir entre masculin et féminin ? C’est certain, nous ne pouvons pas deviner l’évolution de la langue dans le futur. Toutefois, je doute que le masculin pluriel conçu comme un neutre, comme une tournure globalisante, disparaisse, parce que notre langue en a besoin. Et qu’on ne peut rendre « obligatoire » ni le fait de préciser le féminin à chaque fois, ni celui de trouver un détour, car l’ensemble serait très fastidieux, d’un point de vue linguistique.

Le point crucial demeure cette idée de « il faut dire ou écrire ainsi » : on ne peut pas statuer sur une «obligation» de précision grammaticale, on ne peut pas imposer d’écrire « les abonnés et les abonnées », ou seulement « les abonnés », parce que techniquement, « les abonnés » englobent encore le masculin et le féminin. Je recevais encore aujourd’hui un mail s’ouvrant par un « bonjour à tous » (signé par une femme) alors qu’il y a des femmes dans le « tous », et je ne m’en offusquais pas, et j’imagine qu’elle non plus. J’entendais une étudiante dire à son copain « Viens, on va s’installer là tous les deux », avec un beau « tous » qui englobe masculin et féminin, et qui est bien la preuve que notre langue a besoin de ce pluriel globalisant, portant la marque du masculin sans désigner seulement des hommes. (Sinon c’est assez compliqué, avouez, « Viens, on va s’installer là tout•e•s, euh, toute les deux, tous, enfin, à deux, enfin, toi et moi quoi. »)

Si seulement c’était comme en anglais, sans féminin et masculin, ce serait plus simple (bordel).

C’est un fait : la langue française est une langue qui contient un genre grammatical, pour les référents animés (les personnes), comme pour les référents inanimés. On ne la fera pas passer là maintenant tout de suite du côté d’une langue sans genre. Allez savoir, peut-être un jour, mais pas tout de suite. (Et je ne sais pas vous, mais moi, je le trouve jolie, notre bonne vieille langue, avec son féminin et son masculin.) Cet aspect travaille énormément les grammairiens depuis des siècles, et c’est passionnant à lire. (Par exemple, les grammairiens latins ont établi que tous les noms d’arbres étaient au féminin, parce qu’ils portent des fruits. Ça a changé en français : c’est bien dommage.) Depuis des centaines d’années, on se pose des questions là-dessus, on se demande pourquoi on dit « une corde », et « un livre », et pas l’inverse. Or, beaucoup de chercheurs passés et présents s’interrogent sur le lien entre genre grammatical et sexe, autrement dit, sur la vision de la société qu’une telle distinction linguistique imposerait (ou n’imposerait pas) dans nos esprits. Pour résumer, certains linguistes établissent que le féminin de « vaisselle » est lié à de la fragilité, par exemple. On se pose beaucoup de questions sur cette histoire de masculin et féminin, et on se demande si on attribue aux objets des caractéristiques sexistes. (Une fourchette, et un couteau, est-ce suspect ? Je vous laisse réfléchir là-dessus.)

Mais le langage influence tellement la pensée. Donc si on apprend que le masculin l’emporte, même pour les objets, ce n’est pas juste ! On va finir par croire que les choses au masculin, comme les hommes, sont supérieur(e)s aux choses au féminin, comme les femmes.

Forcément, nous sommes façonnés par le langage, et forcément, nous ne mesurons pas consciemment tout. Mais (vous avez le droit de penser le contraire) : je crois que la notion de genre grammatical ne peut pas aller jusqu’à influer sur notre vision des hommes et des femmes. Si c’était le cas…on penserait tous la même chose, puisqu’on utilise tous la même langue ! En des centaines d’années, l’égalité en France entre hommes et femmes n’a cessé de changer, et pourtant on a toujours dit « une table » et « un tabouret ». L’enfant que j’évoquais qui disait « ils sont où, papa et maman », ne devait pas pour autant penser que papa était plus fort que maman, et j’avoue que moi-même, en tant que maman, je ne me sentirai ni oubliée ni inférieure quand mon petit garçon dira « papa et maman sont parfaits ». (Parce qu’il le dira.)

Oui mais regardez à côté, les autres langues ! Les sociétés les plus égalitaristes sont celles avec un genre neutre !

Mais ce n’est pas toujours aussi simple. En finois, oui d’accord, mais il existe des contre-exemples. (Le Turc, notamment, ou le mandarin oral.) Cet impact de la grammaire sur les comportements sociétaux, en terme d’égalité homme-femme, est réellement encore très controversé, c’est un point d’interrogation. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’il y a un masculin et un féminin en français que nous sommes très en retard en matière de place de la femme.

Mais et l’accord de proximité ? Racine écrivait bien en accordant avec le plus proche si c’était un féminin, comme en latin, non ? (On peut lire ça un peu partout, comme ici ou ici. ) Pourquoi « le masculin l’emporte » ? Les hommes et les femmes sont beaux, c’est injuste, on pourrait dire « les hommes et les femmes sont belles », parce qu’il paraît que c’était le cas, avant ?

Alors.

Je vais essayer d’être compréhensible.

Ce qui est très embêtant là-dedans, c’est justement que le genre grammatical ait un lien avec le sexe. Prenons de la hauteur. De tout temps, les langues ont fait une distinction naturelle (d’usage) entre des référents animés et des référents inanimés. C’était d’ailleurs la distinction première en indo-européen, la langue-mère. Dans les deux langues descendant de l’indo-européen que l’on connait le plus, le latin et grec, on a eu une division en 3. (L’animé-masculin, l’animé-féminin, et le neutre pour l’inanimé.) Sauf qu’au fil du temps, le neutre a disparu, et tous les inanimés sont venus s’inscrire dans des cases de féminin et de masculin. On arrive donc au fameux système de notre langue, dans laquelle une chose a un genre, et où l’on dit une table et un tabouret, avec cette fameuse complexité qui laisse si perplexe nos voisins anglo-saxons. Ils nous demandent pourquoi un tabouret est masculin… Nous sommes souvent si démunis pour leur répondre ! C’est bien qu’il ne s’agit pas de problème homme/femme là-dedans. Les mots sont rentrés dans ces genres masculins ou féminins pour des questions de terminaisons, de flexion, et d’usage.

Donc, si vous me suivez, nous avons une langue avec deux grandes colonnes : les animés et les inanimés. Ces deux colonnes sont elles-mêmes partagées en deux, le féminin et le masculin, à chaque fois. Or, pour simplifier les choses, on apprend aux élèves qu’en cas de pluriel, « le masculin l’emporte « . (« Papa et maman sont ravis », « le croissant et la tasse de thé que j’ai apportés ».) Dans notre débat, on entend trop souvent : « Avant les méchants grammairiens du XVIIIème, on accordait couramment au féminin, exemple : Racine, et surtout : les citations des grammairiens qui disent que le masculin est plus noble. (Cf par exemple cette tribune de Marie Darrieussecq dans l’Obs.)

Mais ce n’est pas si simple.

Racine aurait hurlé si on lui avait dit « les hommes et les femmes sont belles ». Ça ne s’est JAMAIS FAIT, JAMAIS JAMAIS.

Qu’est ce qui s’est fait alors?

En latin, en grec, dans toutes langues romanes depuis 3000 ans, quand nous sommes dans la colonne des animés, si on veut utiliser le pluriel, on accorde au masculin. Et surtout quand l’adjectif est attribut. En grec, en latin, on accordait au masculin, systématiquement. « Les hommes et les femmes sont beaux ». On pouvait aussi éventuellement accorder l’attribut et le verbe avec le dernier nommé, ou le plus important des deux. Si on essayait de faire un équivalent français, ça donnerait : « La fille et le garçon a été arrêté ». Pourquoi? En fait, suite de la phrase avec le premier sujet sous-entendu. (« La fille a été arrêtée et le garçon a été arrêté. ») Dans tous les cas, il faut bien avoir à l’esprit que les syntaxes latines et grecques n’ont rien à voir avec notre syntaxe, et qu’il est donc très délicat de comparer strictement avec notre langue. (Et pour finir, le statut de la femme dans la civilisation latine, parlons-en, hein.)

Passons dans la colonne des inanimés. Là, et si l’adjectif est attribut, on trouve plusieurs possibilités. Soit on accorde au neutre pluriel. (Et ça, on ne peut plus le faire, on n’a plus de neutre.) Soit on accordait le verbe et l’attribut avec le dernier nommé, là encore. (Cela faisait quelque chose comme : « nous avons eu affaire à des conflits et des haines sérieuses ».)

Au moyen-âge, on a continué à appliquer cette règle de proximité, qui n’était donc pas si simple et pas applicable dans tous les cas, et, effectivement, nos grands auteurs l’ont employée, pour les référents inanimés. Jamais pour les animés. (Rappelons-nous l’exemple entendu partout de Racine (« Armez-vous d’un courage et d’une foi nouvelle ») : « le courage », et « la foi » ne sont pas des référents animés, des êtres vivants. De plus, il s’agit d’un exemple, il n’appliquait pas cette règle à chaque fois, et puis on l’oublie, mais eh, c’est bien utile pour sa rime, donc, bon. )

Quand les premiers grammairiens ont essayé de tout normaliser au XVIIIème siècle, parce que c’était un gigantesque capharnaüm, ils se sont demandé quelle règle fixer. Ils ont proposé une idée qui ne sortait pas de nulle part : le masculin l’emporterait, dans tous les cas, inanimé ou animé. On les voit misogynes avec nos yeux d’aujourd’hui. Et pourtant, cela devait très probablement être déjà l’usage courant, sinon, leur règle ne se serait jamais installée. Leur formulation est certes maladroite, mais ils voulaient suivre l’usage, ils n’ont pas sorti ça de nulle part.

Il est donc bien trop simple de dire « de méchants grammairiens ont tout imposé et l’école a appris ça aux malheureux écoliers qui l’ont fait contre nature ».

Je ne dis pas que ça veut dire qu’il ne faut rien changer.

Je veux simplement dire : attention à ne pas déformer l’histoire de la langue pour la mettre au service d’une idéologie.

Certes, on peut rêver, et se dire qu’un jour on modifiera l’usage, et qu’il sera courant d’entendre « les hommes et les femmes sont belles ». Mais pour l’instant on ne le dit pas. Et on ne l’a jamais dit. Intuitivement, on ne l’a jamais fait dans l’histoire de la langue. Est ce que ça pourra s’imposer ? Qui sait. Mais dans tous les cas, arrêtons de mentir en le présentant comme un retour à un ordre ancien, une sorte d’âge d’or avant le sexisme. (Et laissons Racine tranquille.)
Pour conclure…

Cet article un peu long ne veut pas blâmer qui que ce soit. Il a simplement pour but de rappeler des faits de langues trop méconnus qui sont détournés au service d’une idéologie, sans être creusés, ce qui est regrettable.

Je crois qu’il faut garder en tête que pour les référents animés, les êtres vivants, si depuis 3000 ans, on fait un accord au masculin lorsqu’on les met au pluriel, il y a très peu de chances que l’usage prenne pour faire autre chose. Je ne dis pas qu’il faut tout enterrer, mais simplement qu’il faut avoir un recul historique sage sur tout cela. Et qu’il faut garder en tête que ce pluriel masculin n’est pas un masque à la féminité, pas du tout : il s’agit d’une forme qui englobe, qui rassemble, et ça, c’est joli, non ? Vous n’avez pas envie d’être rassemblés ?

Il reste les noms de métiers : et là, évidemment, la version féminine s’impose si on en a besoin. Il n’y a rien à revendiquer, selon moi : l’usage suit l’évolution de la société.

Terminons par ce qui paraît essentiel dans toute cette polémique : cette culpabilisation ambiante des français par eux-mêmes, cette idée selon laquelle la langue française va mal, la société va mal, avant c’était mieux, ailleurs c’est mieux. C’est là un mal bien français et tellement triste. Dans aucune langue romane on ne dit aujourd’hui « les hommes et les femmes sont belles », et on ne l’a jamais dit dans un âge d’or passé.

Moralité : laissons l’usage nous guider, laissons notre impression et notre rapport à la langue nous guider. Et l’usage rassemble des millions de personnes. On ne peut pas résoudre un dogmatisme par un autre dogmatisme. Sur ce sujet, et avec un recul de linguiste, ce n’est pas aussi simple que de dire « il n’y a qu’à écrire ça », et boum, tout le monde l’écrirait. La langue est vivante, et libre, tellement libre, c’est ce qui la rend merveilleuse. Elle est incontrôlable, elle touche à l’intimité des gens et à leur pensée. La mue vers un nouvel usage, quel qu’il soit, est très longue et progressive.

Allez, pour finir, un autre petit exemple de Racine. C’est dans une de ses pièces que je préfère.

Andromaque (V, 2) « Son salut et sa gloire semblent être avec vous sortis de sa mémoire ».

« Sortis ». Au masculin pluriel. Sans l’accord de proximité avec « gloire ». Comme quoi…

Français langue écriture-inclusive
http://lesmotsailes.fr/le-point-sur-lecriture-inclusive/

5 conseils pour soigner vos écrits dans l'animation d'une communauté sur Internet

Sat 18 Nov 2017 - 19:31

Être aux commandes d'une communauté sur Internet ne s'improvise pas: l'espace d'expression sur le web est une formidable agora pour les lecteurs, mais peut vite devenir un défouloir où l'on retrouvera toutes sortes de frustrations, plus ou moins bien exprimées et parfois sous couvert d'un pseudo. Que vous soyez aux commandes d'un forum, d'un support d'assistance, d'un blog ou de réseaux sociaux, vos mots, vos phrases sont vos meilleurs alliés.

Votre mission, si vous l'acceptez...

Celui qui a le devoir de bien formuler, c'est lui, l'animateur de communauté. Alors oui, il aura une orthographe irréprochable, mais ce sujet a été largement traité; oui, il déploiera des trésors d'imagination et d'humour pour déjouer les situations sensibles; mais il est de plus confronté à une exigence de qualité rédactionnelle. Désamorcer un "emballement" ou une "polémique" (traductions que je retiens de "troll") répond aux mêmes règles qu'une réponse à réclamation, comme dans un vrai service clients.

Voici 5 conseils pour soigner vos écrits dans l'animation d'une communauté et quelques astuces empruntées aux neurosciences et neuromarketing.

Voyez plutôt: cela se traduit en mots et en phrases choisies.

Montrez de la considération en remerciant votre lecteur dès les premiers mots

Il doit se sentir accueilli, pris en charge, reconnu dans sa demande. Chaque commentaire mérite une réponse, chaque internaute est un client dont l'insatisfaction doit être prise en considération au plus vite. Le remercier dès les premiers mots favorisera une entrée en relation positive: "Merci d'avoir contacté le support » - "Merci pour vos remarques très intéressantes au sujet de...".

L'astuce neuromarketing: commencez votre première phrase par "vous" et continuez autant que possible. Pour intéresser votre interlocuteur, parlez de lui et non de vous.

Choisissez bien vos mots

Le cas de Corinne – support plateforme pour agences de voyages

Voici la réponse de Corinne à un agent mécontent: "Vous vous plaignez de ne plus avoir accès à votre site"

Qu'en pensez-vous? Il y a des mots interdits dans ces situations, je crois que vous l'avez compris! Elle a passé plus de temps à justifier son malheureux "vous vous plaignez" qu'à traiter la demande.

Fuyez les termes employés par vos interlocuteurs énervés (problème, abusif, blocage...), venant de vous, ils amplifieront sa colère!

Restez factuel, neutre et choisissez bien vos mots:

  • un "problème" devient une "question" ou un "besoin",

  • un "blocage" devient une "panne temporaire"...

=> L'astuce neuromarketing: les mots négatifs parlent directement au cerveau de votre interlocuteur et le mettent instantanément en état de méfiance, voire d'irritation.

Interdisez-vous tout jugement

Le cas de Sébastien - animateur d'un blog de voyages:

Alors qu'un internaute lui faisait remarquer que tel pays était dangereux, il a répondu: "vous avez tort, vous vous privez d'une belle expérience!" - là encore, réaction furieuse, comme vous pouvez l'imaginer!

Ce que Sébastien aurait pu écrire dans ce cas: "c'est votre avis et je le respecte" - "je vais tenter de vous montrer d'autres aspects".

=> L'astuce neuroscientifique: le cerveau apprécie les histoires et les images; pour convaincre un interlocuteur, illustrez par des exemples, des chiffres, des photos... Une opinion provoquera au contraire, de la méfiance.

Montrez de la (vraie) empathie

Voici de vraies expressions de fausse empathie à bannir: "personne ne s'en est jamais plaint" - "vous êtes le/la seul(e) à nous le signaler" - "nous faisons le maximum pour vous répondre au plus vite".

L'empathie s'exprime en termes forts: "je comprends votre mécontentement »

"je m'engage à faire une recherche" et en actions: chercher une solution, le bon interlocuteur...

Et valorisez les apports dans la communauté: "Nous vous remercions pour vos remarques très pertinentes/ de nous avoir signalé cette anomalie".

Acceptez et traitez au plus vite les situations inconfortables

Elles sont nombreuses et variées: critique, ironie, insulte... Elles doivent être traitées au plus vite et de manière publique pour montrer votre considération et minimiser l'impact sur votre image.

Le cas de Sophia, internaute, et de son commentaire ironique:

"Bonjour! Heureusement que des chercheurs planchent sur le sujet pour permettre aux publicitaires d'agir directement sur ma matière grise. J'ai hâte de les voir opérer sur mon cerveau... Vive le progrès!"

Voici un bon moyen de répondre à Sophia: la remercier pour sa réaction à la publication, puis lui formuler des excuses pour l'impression donnée, lui fournir ensuite des explications courtes et factuelles et conclure sur une question fermée inspirant une réponse positive ("êtes-vous satisfait(e) de ...?").


Envie d'en apprendre davantage sur les écrits pro du 21° siècle? Cet article est largement inspiré de la nouvelle formation que je vous propose en e-learning: "les écrits orientés client". Vous y trouverez des phrases de pros adaptées à toutes les situations professionnelles actuelles. Je vous invite à la découvrir dès à présent.

community-manager forum Internet
http://www.huffingtonpost.fr/sylvie-azoulaybismuth/5-conseils-pour-soigner-vos-ecrits-dans-lanimation-dune-communaute-sur-internet_a_23280477/

L’atlas des merveilles du monde

Fri 17 Nov 2017 - 13:36

Sortir des sentiers battus et visiter les endroits les plus insolites du monde entier, c’est ce que propose Atlas Obscura. Des baroudeurs et explorateurs intrépides ont répertorié sur cette Google Map interactive leurs découvertes : plus de 12 500 merveilles, à découvrir et à compléter !

Comment fonctionne l'Atlas ?

Atlas Obscura répertorie les endroits les plus insolites, surprenants et étonnants à travers le monde entier, grâce aux découvertes partagées par une communauté de globe-trotters. Vous pouvez chercher une destination directement depuis la carte, depuis la page Places qui affiche les plus récentes découvertes répertoriées, en mode random (aléatoire) par pays ou par thème… Les possibilités d’exploration depuis le site sont infinies et un article décrit chaque lieu, chaque objet, racontant sa petite histoire… Comme la carte est interactive, vous pouvez vous aussi proposer et ajouter un endroit digne d'intérêt en vous inscrivant sur Atlas Obscura.

Entre cabinet de curiosités et merveilles du monde

Le champ d’exploration est vaste : musée de la sorcellerie en Islande, le majeur de Galilée (le doigt du savant !), Lac des squelettes en Inde, marché des amulette à Bangkok, arbre avaleur de banc en Irlande… Des milliers d'autres curiosités architecturales, naturelles, catacombes, cryptes, collections uniques à travers le monde... A explorer et à découvrir sans tarder, à commencer par la France qui regorge de merveilles. La cascade qui illustre l’article ne se trouve pas au Costa Rica, mais à deux pas d’Aubagne dans le sud de l’Hexagone !

album cartes voyages
http://www.commentcamarche.net/news/5870636-l-atlas-des-merveilles-du-monde
page 52 / 97

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