Beaucoup de gens aujourd'hui changent de métier au moins une fois dans leur vie. Mais qu'en était-il au Moyen Âge?
«Que chacun reste dans sa profession sans jamais en changer.» Ainsi s'ouvre l'un des capitulaires de Charlemagne, émis dans les premières années du IXe siècle.
Aujourd'hui, les reconversions professionnelles n'ont jamais été si nombreuses: environ 9% des actifs et actives ont au moins une fois dans leur vie changé de métier. Derrière ce phénomène, on devine évidemment les effets délétères de la crise –près d'un tiers des reconversions se font après un licenciement– mais aussi la volonté d'un grand nombre de personnes d'avoir un travail qui leur plaise. Selon les statistiques officielles, plus de la moitié des reconversions sont en effet volontaires, même si ce pourcentage change beaucoup en fonction des domaines professionnels et de l'âge de celles et ceux qui changent de travail.
Qu'aurait donc pensé Charlemagne? Il faut réinscrire l'interdiction dans son contexte: à quoi pense l’empereur d’Occident lorsqu’il interdit ainsi à quiconque de faire un autre métier? Le terme latin utilisé est professio qui désigne au Moyen Âge une déclaration publique, et en particulier une déclaration de religion (c'est la «profession de foi»). Autrement dit, ce que vise Charlemagne ici, ce sont les clercs: ceux-ci ont en effet prononcé des vœux qui leur interdisent de quitter leur habit.
Cela dit, la suite du cartulaire précise immédiatement que les laïcs doivent eux aussi rester dans leur condition. Avec cette double précision, Charlemagne ne cherche pas à empêcher les reconversions professionnelles, mais à limiter au maximum la mobilité sociale. C'est bien ça qui fait peur: qu'un cordonnier devienne boulanger, tout le monde s'en moque (sauf ceux qui achètent son pain, mais c'est une autre histoire). Mais qu'un paysan devienne artisan, un artisan chevalier ou un clerc laïc: là est le danger. De tels changements brouillent en effet les frontières sociales, et risquent de conduire le monde au chaos. Si vous songez à vous reconvertir, aucune pression...
On connaît de nombreux exemples d'ascension sociale au Moyen Âge, en particulier à la fin de la période: des hommes partent de rien et, à force d'études, de travail, avec un coup de chance par-ci et un mariage habile par-là, obtiennent des postes importants, souvent synonymes de richesse et de gloire. Ainsi d'Audoin Chauveron, qui devient prévôt de Paris en 1381 ou encore Marco Polo, qui prétend que ses compétences linguistiques valent qu'on l'appelle «messire».
Mais cette mobilité sociale, importante, est généralement très mal vue. La société médiévale est une société d'ordres très attentive aux distinctions sociales et aux signes qui permettent de les repérer.
En interdisant les changements, Charlemagne fixe donc un idéal de stabilité: tout le monde à sa place, aucun changement, aucune évolution. Cet idéal, jamais atteint, participe de la construction de l'empire carolingien et contribue évidemment à mettre en valeur l'autorité du souverain: si personne n'a jamais le droit de changer de statut, cela revient à dire que le souverain ne craindra jamais aucune révolte ni aucun coup d'État –idée très importante pour les Carolingiens qui ont eux-mêmes pris le trône après un renversement politique. Cet idéal de stabilité est donc également un idéal de hiérarchie: quand tout le monde occupe une place fixe, il est facile de savoir qui est au-dessus de qui.
La méfiance profonde envers la mobilité professionnelle dure plusieurs siècles: au XVIIIe, Diderot écrit encore que «rien n'est plus funeste à la société que ces émigrations insensées» d'un métier à un autre. Au contraire, la pensée révolutionnaire va placer la mobilité sociale au cœur de la construction d'une société juste, composée de personnes égales. Comme l'écrit Rousseau, «tous les états sont indifférents, pourvu qu'on puisse en sortir: les gueux sont malheureux parce qu'ils sont toujours gueux».
Pouvoir changer de métier est donc une chance énorme. La mobilité professionnelle met en évidence notre liberté individuelle dans la construction de nos vies: on peut, plus ou moins facilement certes mais en tout cas sans blocage juridique, exercer n'importe quel métier.
Mais elle indique également que nous savons, plus aisément que les gens du Moyen Âge, prendre une certaine distance par rapport aux hiérarchies sociales et politiques: même si les inégalités économiques sont beaucoup plus importantes aujourd'hui qu'au Moyen Âge, le nombre de reconversions indique que nous refusons de figer ces hiérarchies. N'importe qui peut devenir n'importe quoi. À nous de savoir, pour parler comme Rousseau, sortir des états qui nous rendent malheureuses ou malheureux.
Exit les cavernes d’Ali Baba où tissus, rubans, ciseaux et pelotes de laine s’entassaient dans les cartons et la poussière. Un temps menacée de disparition définitive, la mercerie se réinvente quitte à viser un marché bien différent des origines.
La mercerie n’est pas morte. Mais elle revient de loin. De très loin même. Le métier remonte au Moyen Âge. «Marchand de tout, faiseur de rien», le mercier, à la différence des artisans qui ne commercialisent que leur production, vend les articles fabriqués par d’autres. Ce privilège fait son originalité, sa force et sa fortune. La mercerie est une corporation mais, cela tient presque de l’oxymore, une «corporation ouverte». Ouverte aux hommes comme aux femmes, ouverte aux Français comme aux étrangers, ouverte à la couture et à la broderie comme à la joaillerie et à la quincaillerie.
Sa diversité et son esprit d’ouverture lui permettent de surmonter avec succès l'abrogation des corporations par la Révolution. De ce premier acte de la libéralisation du marché français, la mercerie sort quasi indemne et pleine d’espoirs. Le développement de la mode et des premières maisons de couture au début du XIXe siècle lui ouvre même des perspectives de développement a priori sans limite. N’est-elle pas la forme la plus aboutie du commerce, un commerce généraliste, définitivement détaché de l’artisanat?
Incontestablement. À une réserve près: l’histoire du commerce moderne est riche en remises en cause brutales des positions acquises. La mercerie en fait l’amère expérience avec l’apparition du grand magasin, un redoutable concurrent. Même métier, mais à une autre échelle. Le changement semble aussi spectaculaire que celui de la grande distribution dans les années 1970-1980 ou du e-commerce dans les années 2000.
C’est bien simple: Au Bon Marché se présente comme la super-mercerie du XIXe siècle. Des clientes émerveillées découvre sous un même toit un choix inédit et incroyable de soieries, bonneteries, dentelles... Stupéfaits, les merciers pensent leur dernière heure arrivée. Heureusement pour la profession, les grands magasins s’adressent surtout à la bourgeoisie présente dans les plus grandes villes. Les perspectives ne sont plus aussi riantes qu’avant mais la mercerie résiste.
En fait, le plus difficile reste à venir. Après l’apparition de l’industrie textile au XIXe siècle et du grand magasin, la profession subit un second choc, bien plus terrible, avec l’essor du prêt-à-porter et de la distribution spécialisée à la fin du XXe siècle. Jusque-là, le sort de la mercerie est intimement lié à au marché de la confection artisanale. On a du mal à l’imaginer aujourd’hui mais depuis des siècles, le peuple fabrique et reprise ses habits quand les plus riches les font faire. Cette réalité alimente l’activité des merciers mais aussi des tailleurs et des couturières.
Encore en 1950, la confection en série ne représente qu’un quart de la production de vêtements aux États-Unis et ce n’est qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que le concept révolutionnaire du ready-to-wear fait son apparition en Europe. Changement d’ère. Plus la peine de fabriquer ou de faire fabriquer ses vêtements, l’industrie s’en charge, et pour pas cher. Une révolution au moins aussi considérable que la machine à laver! La France passe de près de 6.000 merceries dans les années 1980 à seulement une poignée au début des années 2000.
Mais les merciers ont la mémoire courte. Pour eux, comme pour tous les métiers aujourd’hui éprouvés, les grandes surfaces sont toutes désignées pour fournir d’excellents coupables. Maryvonne Le Gac, mercière à Belle-Île-en-Mer dans le Morbihan comme sa mère et sa grand-mère, témoignait en 2016 dans Ouest-France: «Jusqu’aux années 1970, il y avait vingt-six épiceries, cinq boucheries, quatre charcuteries, quatre drogueries, six magasins de vêtements et de tissus. La première grande surface s’est construite en 1971. Tout s’est dégradé, les boutiques ont commencé à fermer». Un réflexe compréhensible mais qui oublie un peu vite que c’est avant tout le prêt-à-porter qui a plongé le métier dans la crise.
Et pourtant. Après avoir frisé les cimes du succès, la mercerie sait aussi repriser les bas. Depuis quelques années, une embellie pointe le bout de son nez. Des merceries refont leur apparition dans les centres-villes en surfant sur la vague du do it yourself (DIY). Ce n’est plus la nécessité qui fait loi mais celle du plaisir. Ce nouveau hobby venu de la culture anglo-saxonne a pris, ces dernières années, une véritable ampleur dans l’Hexagone et pousse de plus en plus de gens à customiser, relooker, créer des objets en tout genre. Cette pratique se retrouve aussi bien dans la mode que dans le bricolage, la décoration...
D’après un sondage OpinionWay réalisé en 2013, 61% des Français et Françaises pratiquent le fait main. Les raisons? Occuper leur temps de manière agréable (32%), réaliser des objets personnalisés (50%) mais surtout faire des économies pour 52% des personnes sondées. En ces temps de crise, le recours au DIY est effectivement un bon moyen d’alléger l’addition. C’est particulièrement vrai en matière de bricolage. Les garages solidaires en sont une parfaite illustration. Dans ces structures, les adhérentes et adhérents peuvent entretenir ou réparer leurs véhicules eux-mêmes sous le regard judicieux de mécaniciennes et mécaniciens professionnels à moindre coût.
Spécifique aux merceries, le tricot fait aussi des adeptes. Loin des vieux clichés de grands-mères tricotant sur leurs rocking chairs, de nombreuses personnes se passionnent de nouveau pour l’art de la laine et du fil. Cette activité connaît bel et bien un second souffle, et notamment sous l’influence des célébrités qui avouent ce penchant. «Que les stars s’y mettent et le fassent savoir comme Julia Roberts, tout de suite, cela devient plus glamour», commente Isabelle Pollet, responsable de projets chez Carlin International dans un article des Echos. Grazia révélait même, il y a quelques années, que l'acteur américain Ryan Gosling s’adonnait parfois à quelques rangs de mailles. Parce que oui, les femmes ne sont pas les seules amatrices de cette activité: une étude Ipsos révèle que 51% des hommes désireraient apprendre le tricot! Quelle manne pour les merceries!
Du commerce pour tous au commerce pour les bobos
S’il est vrai que la tendance DIY a mis la lumière sur les merceries, cela ne suffit pas, loin de là. Ambitionnant de conquérir un public beaucoup plus jeune qu’auparavant, elles ont dû innover pour tirer leur épingle du jeu. Du coup, les merceries d’aujourd’hui sont bien différentes des capharnaüms d’antan. La monoactivité n’est plus forcément la norme.
Parallèlement à leur activité principale de vente d’objets de couture, certaines de ces merceries d’un nouveau type proposent aussi bien des cours pour les novices que des espaces de détente où la clientèle peut profiter d’un thé. À Paris, La Mercerie fine située dans le XIe arrondissement s’inscrit dans cette tendance. La boutique propose par exemple trois types d’ateliers: des cours de couture, de tricot et de crochet.
Côté couture, les workshops s’animent sur différents plans, selon les besoins: coudre pour bébé, accompagnement de projet… et sur des thématiques comme réaliser un sac de sport ou encore coudre un tote bag, chouchou de la mode parisienne. Si la soif vous gagne après quelques crochets, la mercerie propose également un espace café décoré de coussins confectionnés par la gérante. On est donc loin de l’image vieillotte du bazar de couture.
À l’heure du e-commerce, les merceries ont également investi la toile. Elles sont de plus en plus nombreuses à s’ouvrir à la vente en ligne. Des exemples? La célèbre Maison Sajou pour ouvrages de dames créée en 1805. Près de 200 ans après son ouverture, en 2005, la mercerie parisienne connaît une renaissance grâce à son site internet.
Autre cas illustratif: l’entreprise Paritys fondée en 1946, devenue Frou-Frou Mercerie Contemporaine. Disposant de deux points de vente dans Paris, la mercerie familiale dispose d'un site sur lequel toute une gamme de produits et de tutoriels sont proposés. Les réseaux de mercerie ne restent pas à la marge de ce phénomène.
Phildar, détenteur de 1.250 points de vente en France, Belgique et aux Pays-Bas, a aussi entamé sa mue depuis le début des années 2000. Leader français du fil à tricoter, la marque a lancé en avril 2003 une nouvelle version de son site. Ce dernier met en situation les consommatrices qui se lancent dans le tricot. Des fiches sont régulièrement publiées: certaines proposent jusqu’à l’intégralité des informations nécessaires pour réaliser un modèle, d’autres sont des compléments d’explication pour des modèles présentés dans des magazines comme Femme Actuelle. Tous les ustensiles et conseils nécessaires à la création sont par ailleurs disponibles à l’achat en ligne.
Reste à relativiser la portée de ce nouveau rebond de la mercerie. Les commerces renaissent dans les villes d’une certaine taille, la plupart du temps dans des quartiers fréquentés par une population disposant d’un pouvoir d’achat élevé. Il n’est pas permis à tout le monde de pouvoir s’offrir un cours de couture avoisinant les quarante euros (prix pour coudre un tote bag à La Mercerie fine). Alors, dernier snobisme pour bobos des villes? Sans doute un peu. Il n’en reste pas moins que le marché reprend confiance en lui. A Little Market, une petite start-up française spécialisée dans le fait main qui a vu le jour en 2008, a été rachetée en 2014 pour 75 millions d’euros par Etsy, le géant américain du secteur.
Finis les essais gratuits qui se transforment en abonnement ! MasterCard demandera désormais des autorisations.
(CCM) — Si cela ne vous est jamais arrivé vous connaissez sans doute quelqu'un qui a connu cette mésaventure bien trop courante : après l'essai gratuit d'un service, on se retrouve soudainement prélevé sur son compte bancaire de la somme d'un abonnement non-désiré et dont il est bien difficile de se débarrasser… Face à cette désagréable pratique, MasterCard a décidé d'imposer de nouvelles règles aux commerçants.
Dans son communiqué de presse (lien en anglais), l'entreprise américaine de système de paiement indique que les commerces - qu'il soient en ligne ou non - devront bientôt demander une autorisation spéciale pour tout prélèvement régulier sur le compte du détenteur d'une carte bancaire Mastercard. Une fois l'autorisation donnée, le commerçant devra envoyer avant chaque échéance un courriel ou un texto indiquant la date du prochain prélèvement, son montant ainsi que des informations pour se désabonner si l'on ne souhaite plus être prélevé.
Une très bonne nouvelle pour toutes les personnes victimes d'une arnaque ou qui se sont rendues compte trop tard qu'elles ont fait le mauvais choix, ou plus simplement pour toutes les têtes-en-l'air qui oublient fréquemment de se désabonner. En revanche, Mastercard n'a pas indiqué à partir de quand ce changement serait effectif, ni s'il serait accessible à tous ses clients dans le monde. Quoiqu'il en soit, on ne peut que saluer cette très bonne idée et souhaiter que d'autres services de cartes bancaires comme Visa ou American Express fassent de même.
Le Défenseur des droits met en garde contre une dématérialisation à "marche forcée" des services publics et certaines "dérives" dans le passage progressif au tout numérique, qui se traduit "pour beaucoup d'usagers par un véritable recul de l'accès" aux droits.
Car si ce "processus inéluctable et fondamentalement positif" constitue un "progrès", il ne doit "laisser personne de côté", surtout pas les plus vulnérables, personnes âgées et détenus en tête, juge dans son rapport "dématérialisation et inégalités d'accès aux services publics" le Défenseur des droits Jacques Toubon, autorité indépendante notamment chargée de veiller au respect des droits et libertés par l'administration.
Dans ce rapport qui sera présenté jeudi et dont l'AFP s'est procuré copie, il s'appuie sur les milliers de réclamations reçues de la part des usagers pour étayer, de façon très détaillée, les insuffisances parfois "inacceptables" des administrations en ligne et le retard dans la mise en ?uvre du plan gouvernemental qui prévoit le passage de l'intégralité des services publics sur internet à l'horizon 2022.
Cet "objectif ne sera pas atteint si l'ambition (...) se résume à pallier la disparition des services publics sur certains territoires et à privilégier une approche budgétaire", tacle ainsi M. Toubon. A fortiori, souligne le rapport, si la transformation "est mise en place à +marche forcée+, sans tenir compte des difficultés bien réelles d'une partie de la population".
Il évoque par exemple la "fracture numérique" particulièrement évidente dans les 541 communes classées en "zone blanche" et donc dépourvues de toute connexion à internet, ce qui entraîne une "rupture d'égalité" et une "entrave à l'accès aux services publics" dans des zones par ailleurs enclavées.
Le Défenseur des droits prend ainsi l'exemple d'un homme radié de Pôle emploi après deux rendez-vous manqués avec son conseiller. "Or, Monsieur X. réside dans un secteur qualifié de +zone blanche+ et n'a jamais reçu à temps les mails de convocation et les SMS sur son téléphone portable."
De fait, dans un pays où l'on consacre 1H50 par mois aux démarches administratives, comment franchir le cap lorsqu'on n'a pas d'ordinateur (comme 19% des Français) ou d'accès à internet?
Un couple de personnes âgées en Guadeloupe, illustre le rapport, n'a ainsi jamais pu consulter la notification de suspension de son allocation aux adultes handicapés, et les deux seniors de 75 et 86 ans n'ont donc pas pu formuler de recours à temps.
Parfois, les situations sont tout simplement kafkaïennes: comme pour ce demandeur de certificat d'immatriculation qui n'a jamais pu transmettre ses justificatifs car les pièces jointes étaient limitées à un volume d'1 Mo (méga-octet) tandis que ses documents en faisaient 1,2. Ou ce détenu à qui l'on demande une photo d'identité, omettant, peut-être, qu'il n'y a pas de cabine photographique en prison.
Face aux dysfonctionnements décrits sur 71 pages, l'autorité indépendante émet plusieurs recommandations, dont la principale va à l'encontre du principe-même du tout numérique: conserver une alternative, pour qu'aucune démarche administrative ne soit accessible "uniquement par voie dématérialisée".
Le Défenseur des droits réclame aussi une "clause de protection" permettant à l'usager de ne pas être tenu pour "responsable" en cas de problème technique ou encore de repérer les personnes "en difficulté avec le numérique" grâce à des tests lors de la journée défense et citoyenneté.
En particulier, il souligne l'importance de ne pas marginaliser davantage les sans-abris, les handicapés, les étrangers, cette "file invisible" en ligne qui "parvient encore moins qu'auparavant à accéder aux guichets".
Car, résume le rapport, "un service public dématérialisé reste un service public avec tout ce que cela impose de contraintes". File d'attente comprise.
Free diffuse une mise à jour pour le Freebox Delta Server. Elle corrige essentiellement plusieurs problèmes.
Ce n'est pas la première mise à jour de maintenance du Freebox Delta Server à proprement parler, mais c'est la première à être signaler par un billet de blog des développeurs Freebox. La raison est qu'elle corrige des soucis qui avaient fait largement réagir.
Une correction concerne ainsi l'Internet hybride présenté comme l'intégration de la technologie 4G et l'agrégation avec le xDSL afin d'obtenir le meilleur débit possible sur une ligne de cuivre. Il s'agit essentiellement d'une répartition de charge (sur laquelle l'utilisateur n'a pas la main) pour une amélioration de la bande passante le cas échéant.
Selon les notes de version, un problème corrigé empêchait l'agrégation 4G de se déclencher quand le débit DSL était trop faible, tandis qu'un autre rendait impossible la connexion au serveur avec la 4G activée.
Un autre bug était en rapport avec l'activation du mode Bridge qui ne fonctionnait pas correctement pour le Freebox Delta Server en FTTH. Un tel mode permet une utilisation comme un modem, sans routeur.
Freebox-Delta-Server
Outre les corrections, il est en outre mentionné une amélioration avec le support du mode 160 Mhz sur le Wi-Fi. La mise à jour est estampillée 4.0.4 et sera appliquée après redémarrage.
Les corrections citées :
Agrégation 4G ne se déclenche pas quand le débit DSL est trop faible
Accès externe non fonctionnel si agrégation activé
Mode Bridge sur Delta (FTTH) ne fonctionne pas correctement
VPN client non fonctionnel sur le service Téléchargement
Certificat OpenVPN server renouvelé à chaque redémarrage du serveur Delta
Etat du signal LTE rapporté erroné et états incohérents
Module absent détecté dans slot
Pas de détection du pont ou ampoules HUE
Somfy RTS
Perte synchro SOMFY RTS
Freebox et Somfy / IO / TahomaEntre les bugs en série, les tarifs confus et les retards de livraison, la sortie de la nouvelle Freebox a été assez mouvementée. Mais les choses s'améliorent.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'accouchent de la nouvelle Freebox – nom de code V7, nom officiel Delta – ne n'est pas déroulé sans douleur. Attendue depuis des années, retardée à de multiples reprises, elle a finalement été présentée le 4 décembre dernier avec la promesse d'être au pied du sapin. Las, si la nouvelle box haut de gamme de Free a agréablement surpris par ses caractéristiques techniques, elle a très vite suscité des critiques, notamment en raison de son tarif, à la fois confus et élevé (voir actualité).
Le fait de devoir non seulement acheter la boîtier Player – signé Devialet – mais aussi s'acquitter de frais de mise en service et de migrations – pour les anciens abonnés – a immédiatement engendré la grogne de nombreux utilisateurs, et rapidement attiré les foudres de l'UFC-Que Choisir (voir actualité), qui a sommé Free de revoir sa politique tarifaire. Avec des signes évidents de panique, l'opérateur a heureusement rectifié le tir assez rapidement en revoyant son offre avec des tarifs plus clairs et allégés, grâce à des options (voir actualité). Tout en proposant une formule sans Player, la Delta S, pour répondre à la demande de clients déjà équipés d'un boîtier multimédia (voir actualité).
Pour autant, les premiers utilisateurs de la Freebox Delta ont eu droit à quelques mauvaises surprises, avec des dysfonctionnements parfois gênants (voir actualité). Pire, les anciens abonnés qui avaient choisi de migrer en troquant leur "vieille" Freebox contre la nouvelle ont visiblement été servis bien après les nouveaux clients, fraîchement appâtés. Y compris ceux qui avaient passé commande dès le premier jour ! Certains n'avaient toujours rien reçu la semaine dernière, un mois après le lancement. Face à ce manque de réactivité et de reconnaissance de fidélité, une pétition a même été mise en ligne sur le site Change-org. Là encore, Free, qui pratiquait l'autruche durant cette période délicate, a fini par envoyer un mail d'excuses à ces fidèles clients, expliquant que le retard était du à une demande supérieure aux prévisions, et surtout, indiquant que les frais de migration seraient offerts aux lésés. Un geste qui semble avoir calmé les esprits.
Dans le même temps, on a commencé à voir apparaître sur des sites spécialisés comme LeBonCoin des annonces proposant des boîtiers Devialet d'occasion "quasi neufs". Et pour cause : elles émanent d'abonnés de la première heure, déjà équipés d'un système multimédia de qualité, qui avaient passé commande avant la disponibilité de l'offre Delta S sans player, et qui se retrouvaient donc avec du matériel en doublon. Avec des prix variant entre 350 et 500 euros – contre 480 euros pour le modèle neuf –, pas certain que ces boîtiers trouvent preneur, d'autant que rien n'est prévu pour la garantie et que certains services liés à la ligne ne fonctionnent pas ailleurs que chez l'abonné initial...
Mais la période de trouble semble toucher à sa fin, et les problèmes commencent à se régler. Ainsi, Free vient de publier une première mise à jour "majeure" pour la Freebox Delta, qui corrige de nombreux bugs de jeunesse concernant aussi bien la fameuse agrégation ADSL-4G que le Wi-Fi ou les objets connectés (voir la liste complète et détaillée sur le site des développeurs de Free).
Par ailleurs, signalons que le site Univers Freebox a lancé un site dédié à la Freebox Delta pour regrouper toutes les infos et les astuces liées à cette box résolument différente. De quoi soutenir activement les pionniers.
Les formes de mobilisations actuelles sont la conséquence des défaites sociales des dernières années, après des grèves et des manifestations qui mobilisaient pourtant des millions de personnes, sur les retraites, le code du travail ou la SNCF.
Tribune. L’état de droit est consubstantiel à la démocratie, tout comme le sont les mouvements sociaux, nul n’en doute. Or, au moment où le gouvernement cherche à accroître l’arsenal répressif pour contrer certains effets de la mobilisation sociale, une confusion importante s’installe qui empêche de voir clairement.
Un mouvement social ne se réduit pas à la manifestation d’une idée. Le mouvement social doit pouvoir agir sur un double terrain. D’une part, il manifeste dans l’espace public afin de convaincre les autres citoyens, la presse, le gouvernement, d’autres acteurs collectifs comme les associations, les partis, les syndicats, les organisations patronales. D’autre part, il descend dans l’arène défendre ses intérêts, doit pouvoir établir un rapport de forces avec un autre agent avec lequel il entre en conflit, le gouvernement, un autre groupe social, un autre acteur plus ou moins institué. Ainsi, les mouvements écologistes agissent à la fois sur l’opinion afin de faire prendre conscience de leur cause, et en même temps font barrage à des projets industriels, agricoles, gouvernementaux. Les agriculteurs bloquent parfois des routes et réclament des aides pour des activités menacées. Les étudiants occupent leurs institutions et manifestent dans la rue en opposition à une réforme.
La grève, acquis majeur de la démocratie contemporaine
Le mouvement ouvrier s’est constitué dans la maîtrise de ces deux cordes et il a réussi à intégrer ce double visage de la mobilisation dans le droit : la manifestation et la grève. Très tôt, les travailleurs ont compris que le seul mouvement d’opinion ne suffisait pas. Leur cause a rendu nécessaire un autre mode d’action. La grève reconnue par le droit est l’un des acquis majeurs des démocraties contemporaines. Elle a permis aux travailleurs de retirer leur contribution à la vie sociale, ou si l’on préfère à la production du bien commun. Mettant la production et les services en panne lorsqu’il ne travaille pas, le travailleur peut, en conséquence, exiger une rétribution qu’on considère plus juste. Mais la grève repose sur la possibilité de vaincre la volonté du patron ou du gouvernement, de leur faire opposition.
Les formes adoptées aujourd’hui par les mobilisations sociales sont en grande partie la conséquence des défaites sèches subies ces dernières années par les mouvements sociaux. Manifestations et grèves n’ont pas réussi à arrêter la réforme du système des retraites ou du code du travail, le statut de la SNCF ou des universités, même lorsqu’elles ont mobilisé des millions de personnes. La débâcle du mouvement social s’explique par des facteurs économiques et politiques. Parmi les premiers, les changements dans la valorisation du capital grâce aux évolutions technologiques et à la mobilité résultant de la libéralisation des échanges économiques ont rendu le capital difficile à toucher. Parmi les seconds, la détermination des gouvernements, le transfert des décisions à des instances supra-gouvernementales comme l’Union européenne, l’impossibilité de prendre en compte l’abstention électorale et la montée en puissance de la parole technocrate devant la parole politique. Et quand la grève s’est montrée efficace, comme dans le cas des grèves de transports, une attaque politique directe s’est déployée accusant le mouvement social de «prendre les usagers en otage».
Les gilets jaunes ont réussi là où les banlieues ont échoué
Des lois ont été votées pour limiter l’efficacité de la grève, comme la loi n°2007-1224 de 2007 «sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs». Là où les conditions économiques ne se suffisaient pas pour affaiblir la grève, comme dans l’industrie, les gouvernements ont cherché à réduire l’efficacité de l’action collective. La démocratie se perd quand on coupe l’une des deux ailes du mouvement social. Il est de plus en plus difficile d’établir un rapport de forces par la mobilisation collective. Et la grève mise à part, toute action visant à établir un rapport de forces a été rendue illégale. Les espaces du mouvement social sont réduits à néant. Seule la manifestation des opinions dans l’espace public semble permise. Mais nombreux sont ceux qui ont le sentiment de ne pas être écoutés.
L’une des causes de la violence qui éclate devant nous se trouve dans cette quasi-impossibilité d’établir un bras de fer avec un adversaire identifié. Elle n’est pas exclusive aux «gilets jaunes», nous l’avions déjà observée au sein des «banlieues» et ailleurs. Si les premiers ont jusqu’ici réussi c’est parce qu’ils sont parvenus à rétablir les deux versants de la mobilisation : rapport de forces et manifestation publique. La grève ayant perdu son efficacité, ils occupent le territoire et coupent les ronds-points. Le barrage vient dire, «tant qu’il ne nous sera pas faite une place juste et digne dans l’avenir, nous ne libérerons pas la route». Ils se rendent visibles par leur gilet et manifestent violemment dans les quartiers qui représentent le luxe et le pouvoir. Or, comme dans le cas des banlieues, la violence a ici une fonction notamment expressive bien qu’elle ne soit pas totalement déconnectée du bras de fer. C’est pourquoi elle a lieu aux Champs Elysées et non pas dans le rond-point. Les gilets jaunes ont réussi là où les banlieues ont échoué. Eparpillés dans tout le territoire national ils ont trouvé un symbole qui leur confère une identité, ont désigné clairement un adversaire (le gouvernement, les technocrates et les riches), ont inventé un mode d’action qui redonne à la mobilisation les deux lignes d’action qui lui sont indispensables. Ils donnent le sentiment que la démocratie française est habitée par un peuple dont il faut tenir compte.
Le gouvernement risque de nuire à la légitimité de la loi
Incapable d’articuler une réponse politique sans abandonner son projet de libéralisation de la société et de l’Etat, le gouvernement s’apprête à redoubler l’arsenal répressif. Mais les classes populaires qui se sont intégrées à la démocratie contemporaine grâce à l’institutionnalisation de l’Etat social ne peuvent se résigner à la défaite et à l’acceptation pure et simple d’un modèle économique, social et politique qui leur est imposé. Le gouvernement invoque l’état de droit et la démocratie représentative. Or, il rétrécit le droit autant qu’il étend l’espace de ce qui est illégal. Il risque de nuire à la légitimité de la loi, d’éroder la légitimité d’exercice de la force publique, d’instrumenter la police en corps de défense de l’ordre.
Il voudrait réduire l’opposition sociale à la seule manifestation d’une opinion et rendre impossible toute action de force. Il gagnera peut-être ainsi la bataille. Mais non seulement il condamnera durablement les perdants de la mondialisation à la défaite, apprenti sorcier, il mettra en péril la démocratie et créera les conditions de confrontations de plus en plus violentes dont il sera difficile de sortir. L’espace de la démocratie se resserre sous nos yeux.
Denis Merklen professeur de sociologie, Université Sorbonne Nouvelle
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POLITIQUE - Enfin une polémique soigneusement évitée. En s'exprimant devant des maîtres-boulangers à l'occasion de la traditionnelle galette des rois de l'Élysée, ce vendredi 11 janvier, Emmanuel Macron a certes provoqué un début controverse. L'interprétation d'une phrase alambiquée évoquant "le sens de l'effort" des Français oppose en effet les partisans et les adversaires politiques du président de la République. Mais avant de disserter sur les vertus du travail et du mérite, Emmanuel Macron s'est bien gardé d'enflammer un autre sujet qui, lui aussi, divise le pays.
Doit-on dire "pain au chocolat" ou "chocolatine"? En évoquant cette question clivante devant les boulangers, le chef de l'État s'est bien gardé de mettre les pieds dans le plat. "Je ne veux pas ici rentrer dans la polémique ô combien trop difficile pour moi entre la chocolatine et le pain au chocolat" s'est-il défaussé. Et Emmanuel Macron de faire valoir l'unité du pays en s'abritant derrière une confortable "position de neutralité".
Pourtant à l'Assemblée en mai dernier et au Sénat en juin, son gouvernement avait pris parti contre "l'amendement chocolatine" déposé par des parlementaires LR. "Est-ce vraiment une question du niveau du Parlement?", s'était demandé le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, lors de discussions expéditives dans les hémicycles qui rappelaient les dialogues... d'une parodie de Star Wars mis en ligne sur Youtube en septembre 2017 dans laquelle Obi-Wan, pro pain au chocolat, tente de raisonner Anakin de la team chocolatine, comme le montre notre montage vidéo.
Autre indice montrant que l'Élysée manque vraiment de neutralité en la matière: Guillaume Gomez, chef des cuisines à l'Élysée et parisien de naissance, a lui aussi pris parti en faveur de la team pain au chocolat, en publiant en novembre sur Twitter une photo de viennoiseries accompagnée du hashtag "#TeamPainAuChocolat". La riposte du camp sudiste ne s'est guère faite attendre. Les chefs étoilés Michel Sarran et Hélène Darroze, accompagnés de Philippe Etchebest, ont aussitôt pris la défense du terme chocolatine.
À l'avenir, si Emmanuel Macron souhaite maintenir un semblant de consensus, il devra rester aussi évasif au sujet des viennoiseries que de l'épiphanie, en ménageant autant que possible la susceptibilité des amateurs de galette à la frangipane et ceux du gâteau brioché.
Procter & Gamble a dévoilé au CES une imprimante thermique à jet d'encre pour le visage qui applique un sérum maquillant avec précision sur les taches de rousseur ou de soleil ainsi que les grains de beauté.
Le maquillage du futur se passera peut-être de pinceaux et autres éponges de fond de teint. C’est en tout cas la vision que porte Procter & Gamble avec son concept de baguette électronique de maquillage. Présenté au Consumer Electronics Show 2019, l’Opté Precision Skincare System ressemble dans son design à un épilateur ou un rasoir électrique. Lorsqu’on le passe sur le visage, il va scanner la peau et corriger l'hyperpigmentation en appliquant du sérum maquillant pour cacher les taches de rousseur, de soleil et les grains de beauté.
L’appareil renferme un concentré de technologie. Tout d’abord, des lumières LED bleues balaient la peau et augmentent les contrastes pour détecter les taches décolorées qui ne sont pas encore visibles. Cet éclairage permet à la caméra intégrée de capter jusqu'à trois fois plus de pigmentation que l'œil humain, assure Procter & Gamble. Cette dernière filme la peau à 200 images par seconde.
Ensuite, un algorithme traite ces informations pour déterminer la taille, la forme et l'intensité de chaque tache cutanée. Pour finir, une micro-imprimante à jet d'encre thermique munie de 120 buses, chacune plus fine qu'un cheveu humain, dépose 1.000 gouttelettes de picolitre de sérum optimisant (un milliardième de litre) sur chaque tache cutanée pour obtenir une couverture précise.
Le sérum maquillant se compose de trois ingrédients : des pigments minéraux, des ingrédients éclaircissants pour la peau et des hydratants. L’idée du système est d’éviter d’avoir à se recouvrir tout le visage de crème ou de maquillage alors que seules quelques zones très localisées en ont besoin. Procter & Gamble explique avoir passé plusieurs années au développement de cet appareil pour lequel il détient 40 brevets. Sa commercialisation n’est pas encore d’actualité.
Google compte un pourcentage important de la population mondiale parmi ses clients directs, avec de multiples produits en tête de leurs marchés mondiaux et de nombreux produits qui dépassent le milliard d’utilisateurs actifs par mois. Ces produits sont en mesure de recueillir des données sur les utilisateurs au moyen d’une variété de techniques qui peuvent être difficiles à comprendre pour un utilisateur moyen. Une grande partie de la collecte de données de Google a lieu lorsque l’utilisateur n’utilise aucun de ses produits directement. L’ampleur d’une telle collecte est considérable, en particulier sur les appareils mobiles Android. Et bien que ces informations soient généralement recueillies sans identifier un utilisateur unique, Google a la possibilité d’utiliser les données recueillies auprès d’autres sources pour désanonymiser une telle collecte.
Doit-on s'étonner que le candidat auteur de "Révolution" ait provoqué la révolte des gilets jaunes après un an et demi de mandat?
Lors de sa campagne Emmanuel Macron s'est appuyé sur "la société civile", sollicitant les contributions des citoyens via les réseaux sociaux ou sur le terrain lors de la "grande marche". Horizontalité, expression directe, occupation de l'espace public: les gilets jaunes défient Emmanuel Macron avec ses propres méthodes.
Une fois élu, le chef de l'Etat a poursuivi dans son évitement des corps intermédiaires ces survivances du vieux monde. À commencer par les syndicats. Le dimanche 6 janvier 2019 sur France Inter, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger expliquait "Je n'ai eu aucun contact avec le président de la République depuis le 10 décembre (...) Si ce gouvernement considère qu'il aura la réponse seul, il se met le doigt dans l'œil." Le mercredi 9 janvier, le président du MEDEF Geoffroy Roux de Bézieux renchérissait sur RTL: "-Vous avez eu un contact avec Emmanuel Macron? –Pas plus que Laurent Berger (...) Je préfère appeler les syndicalistes, au moins ça fait avancer les choses..." Dès lors, pourquoi les gilets jaunes perdraient-ils du temps dans les syndicats ou les partis politiques?
Pourquoi les gilets jaunes perdraient-ils du temps dans les syndicats ou les partis politiques ou respecteraient-ils les médias traditionnels que le Président boude?
Le Président évite aussi les entretiens dans les médias "traditionnels", leur préférant des allocutions comme celle du 10 décembre avec ses annonces en direction des gilets jaunes, puis ses vœux aux Français le 31 au soir. Ainsi, depuis le premier samedi de mobilisation des gilets jaunes, le Président de la République n'a-t-il accordé qu'une seule véritable interview, le 14 novembre au 20 heures de TF1 de Gilles Bouleau. Et encore, les conditions et le cadre avaient été fixés par l'Elysée -en direct du porte-avion Charles De Gaulle. Son autre "entretien", avec Michel Drucker sur France 2, tenait lui du publi-reportage avec les militaires français au Tchad. Là, l'échange avait été enregistré. Dès lors, pourquoi les gilets jaunes respecteraient-ils les médias traditionnels que le Président boude?
De 2014 à 2016, lorsqu'il était secrétaire général adjoint de l'Elysée puis ministre de l'Economie, Emmanuel Macron s'est progressivement émancipé de François Hollande, celui qui l'avait fait Prince. Tantôt innovant, tantôt moqueur, tantôt provocateur, tantôt insolent mais toujours disruptif... Dès lors, pourquoi les gilets jaunes respecteraient-ils une fonction qu'Emmanuel Macron a contribué à égratigner?
L'émergence des gilets jaunes est un effet mécanique du big-bang macronien. En constituant une grande force centrale, Emmanuel Macron a tracé ce qu'Alain Minc nomme "le cercle de la raison" libéral et pro-européen, englobant une partie de la social-démocratie et du centre-droit ouverts à la mondialisation. Emmanuel Macron a repris à son compte la recette d'Alain Juppé: "il faudra peut-être songer un jour à couper les deux bouts de l'omelette pour que les gens raisonnables gouvernent ensemble et laissent des côtés les deux extrêmes de droite et de gauche, qui n'ont rien compris au monde."[2] Mais le cœur de l'omelette n'est pas si large. Et ses deux bords vraiment pas marginaux.[3]
L'émergence des gilets jaunes est un effet mécanique du big-bang macronien. Emmanuel Macron est leur Docteur Frankenstein.
Les gilets jaunes sont les deux bords de l'omelette qui se rebiffent. Rejetées hors d'un supposé "cercle de la raison", des radicalités de droite et de gauche sont venues se greffer sur ce mouvement apolitique. Et si elles ne sont pas alliées, elles ont un adversaire commun en la personne du chef de l'Etat. Voilà comment l'insoumis François Ruffin en vient à faire l'éloge du complotiste pro-Alain Soral Etienne Chouard, et l'intellectuel d'extrême-gauche Eric Hazan[4] à déclarer: "le fait que l'extrême-droite soit présente dans cette violence en défrise pas mal. Mais moi ça ne me gêne pas (...) Parce que les ennemis de mes ennemis ne sont pas vraiment des amis, mais un peu quand même."[5] Aujourd'hui, la frange violente des gilets jaunes s'exprime dans une double-haine de l'Etat: contre l'impôt et contre les forces de l'ordre, avec un anti-élitisme commun.
Emmanuel Macron est le Docteur Frankenstein des gilets jaunes. À verticaliser et à recentraliser l'action publique, il a concentré sur sa personne et sa fonction toutes les critiques montées des ronds-points. Son constat de l'usure de la classe et des pratiques politiques étaient tellement justes que les gilets jaunes l'ont pris au mot: chiche! À disruptif, disruptif et demi!
[1] Révolution, Emmanuel Macron, éditions XO, 2017
[2] Dans Le Point du 4 janvier 2015
[3] Au premier tour de la présidentielle de 2017, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou, Nathalie Artaud et François Asselineau ont totalisé 48,23% des voix.
[4] Fondateur des éditions La Fabrique et éditeur de L'insurrection qui vient
[5] Entretien à Mediapart le 7 décembre 2018
PARIS/FLAGY, France (Reuters) - In 1789, Louis XVI summoned France's aristocracy, clergy and citizens to discuss ways to plug the crown's dismal finances and quell popular discontent over a sclerotic feudal society.
It marked the start of the French Revolution. Within months he was powerless and four years later beheaded by guillotine.
Two centuries on, President Emmanuel Macron, often criticized for a monarchical manner, is also calling a national debate to mollify "yellow vest" protesters whose nine week uprising has set Paris ablaze and shaken his administration.
He will launch the three-month "grand debat" initiative on Jan. 15. As during the rule of the ill-fated king, the French are already writing complaints in "grievance books" opened up by mayors of 5,000 communes.
The debate will focus on four themes -- taxes, green energy, institutional reform and citizenship. Discussions will be held on the internet and in town halls. But officials have already said changing the course of Macron's reforms aimed at liberalizing the economy will be off limits.
"The debates are not an opportunity for people to offload all their frustrations, nor are we questioning what we've done in the past 18 months," government spokesman Benjamin Griveaux told BFM TV. "We're not replaying the election."
By limiting the terms, Macron risks making the same mistake that doomed the monarchy, historian Stephane Sirot of University of Cergy-Pontoise told Le Parisien newspaper.
"Emmanuel Macron is like Louis XVI who ... receives the grievance books but doesn't understand anything from them."
DUST IN THE WIND
In Flagy, 100 kilometers south of Paris, the village mayor has been receiving written grievances from local "yellow vests" like Agosthino Bareto. The 65-year-old garage owner is convinced the government will frame the debate to suit itself.
"All that we've been saying is like dust thrown into the wind," Bareto said. "We're not being listened to."
Flagy's mayor, Jacques Drouhin, is sympathetic toward such frustrations. He says he will refuse to hold a town hall debate as long as Macron plans to press on with reforms regardless.
"That's not what our citizens are asking for," Drouhin said. "That's enough. It's now down to our leaders to listen to what's been said in the grievance books."
Weak participation would undermine the exercise. An Elabe opinion poll on Wednesday showed only 40 percent of citizens intend to take part in the debate.
France is bracing for more street protests and possible riots when winter sales kick off this Saturday. Yet even as the demonstrations rumble on, it remains unclear whether the "yellow vests" will emerge as a political force or fizzle away, undone by their own internal differences.
The leader of Italy's anti-establishment 5-Star Movement, Luigi di Maio, this week publicly backed the French protesters, offering his party's internet platform for direct democracy -- known as "Rousseau" after a leading thinker of the French Enlightenment -- to help the "yellow vests" define a program.
While leaderless, the "yellow vests" mirror movements like Spain's Indignados and Italy's 5-Star, which have sought to upend Europe's traditional political system.
"I am more worried now about the 'yellow vest' protests in France (than Italy)," Karen Ward, chief market strategist for EMEA at JP Morgan Asset Management, told an media briefing.
REFERENDUM?
The "yellow vests" take their name from the high-visibility jackets they wear at road barricades and on the street. Their rage stems from a squeeze on household incomes and a belief that Macron, a former investment banker regarded as close to big business, is indifferent to their hardships.
Macron will take heart from a sharp fall in public support for the protesters over the past month. He promises to use the debates to channel their anger and shape new policy via a more participatory democracy.
The "yellow vests" are demanding the right to call referendums through mass petitions. Senior cabinet ministers have not rejected the idea -- Prime Minister Edouard Philippe called citizen-initiated referendums a "useful tool in a democracy" -- but said their use should be limited.
More likely is an idea touted within the ruling party and government for the national debate to be followed by a referendum with several questions, rather than a thumbs up or thumbs down vote.
"The government is aware of the risks of making any vote a vote about Macron and not the issues," said Antonio Barroso, deputy director of research at risk advisory firm Teneo. "So you solve that by asking multiple questions."
(Reporting by Richard Lough in Paris and Emilie Delwarde in Flagy; Additional reporting by Michel Rose in Paris and Julien Ponthus in London; Writing by Richard Lough; Editing by Luke Baker and Peter Graff)
Le ministère de l'Éducation nationale vient de confirmer la création d'un CAPES d'informatique dont la mise en place est prévue pour 2020.
"Enfin !" Scandent ceux qui se battent depuis plusieurs années déjà pour une modernisation de l'éducation nationale et des cycles de formation proposée aux étudiants, le ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Jean-Michel Blanquer a finalement annoncé la création, pour 2020, d'un CAPES d'informatique.
Jean Michel Blanquer
Alors que le gouvernement se lance depuis quelques années dans une modernisation de son fonctionnement et le développement du numérique en France, rien n'était encore proposé au sein de l'Éducation nationale pour intégrer pleinement le numérique dans les cycles de formation des élèves et étudiants.
Interrogé au micro de France Culture, le ministre a précisé "Nous allons créer un CAPES informatique qui verra le jour dès 2020 et dans quelques années nous créerons certainement une agrégation d'informatique. Nous consacrons ainsi le numérique dans le système", ajoutant qu'il s'agit "d'une nouvelle extrêmement importante, car avec cette création, nous créons un cercle vertueux de l’enseignement numérique."
Selon les premières estimations, 1500 postes seraient nécessaires, couverts dans un premier temps par "des professeurs qui suivent des formations continues".
Le ministre poursuit : " A partir du moment où l’on crée un CAPES, on crée quelque chose qui va structurer le futur. Ce qui est très important c’est qu’avec cette ouverture, nous consacrons le numérique dans un sens non superficiel" ajoutant "Aujourd’hui on parle trop du numérique en restant à la surface des choses alors même que nous avons besoin d'élèves qui développent leur sens logique grâce à la programmation, d'élèves qui relient les savoirs numériques aux autres savoirs grâce à leurs approfondissements numériques et l’approfondissement de leur culture générale dans d’autres domaines".
Tandis que certaines startups proposent de connaître les origines géographiques de ses ancêtres à l'aide de kits ADN, sept de nos journalistes ont accepté de s'y soumettre eux aussi pour en apprendre davantage sur leur lignée.
"Je suis brun et pas très grand, je me vois plutôt d'Europe du Sud", suppose Julien Pain, rédacteur en chef à franceinfo. Adrien Rohard, l'un de ses collègues, pense venir d'Europe de l'Est. "Rohard c'est un peu râpeux, on est plus sur la Hongrie, sur l'Allemagne", indique-t-il. Comme eux deux, cinq autres salariés de francinfo ont fait analyser leur ADN pour connaître leurs origines. Un mois et demi après avoir envoyé des échantillons d'ADN, les résultats sont parvenus.
Tous partagent au moins une origine en commun
Le journaliste Rody Anglesi se dit 100% antillais. Le test révèle qu'il a des origines africaines, dont 85,3% provenant du Yorubaland, la région culturelle du peuple Yoruba, qui couvre les pays actuels du Nigeria, du Togo et du Bénin. Djamel Mazi, né de deux parents algériens, est à sa grande surprise, selon le test majoritairement européen, à 54,1%, et nord-africain a "seulement 11,4%". Lisa Beaujour, née d'une mère italienne et d'un père français, compte bien 57,5% d'origines d'Europe du Sud, mais également un tiers d'origines britanniques, alors qu'elle ne connait aucun ancêtre provenant de cette région. Julien Pain, quant à lui, est le plus français du groupe, avec 54,3% d'origines françaises.
Pauline Ringenbach, de son côté, est née d'une mère d'origine juive d'Espagne et d'un père alsacien. Avec 27,4% d'origines espagnoles, près d'un tiers d'origines italiennes et un autre tiers d'origines britanniques, elle est très métissée. Adrien Rohard, dont les parents sont français et la grand-mère italienne, se découvre des origines espagnoles, italiennes, allemandes, écossaises et irlandaises. En revanche, nulle trace d'origines françaises. Enfin, Linh-Lan Dao, née de parents vietnamiens, apprend grâce au test qu'elle est à 74,2% originaire du sud de la Chine. Au final, chaque journaliste avait au moins une origine en commun avec un autre membre du groupe. Rudy et Adrien partagent en outre un ancêtre paternel ayant vécu 2 500 ans avant Jésus-Christ. Julien Pain est le seul à avoir de "l'ADN français".
Entre personnels en colère et résidents d'Ehpad en souffrance, Mathilde Basset signe "J'ai rendu mon uniforme". L'insurrection d'une jeune infirmière qui ne veut plus travailler en maison de retrait.
Son ouvrage à paraître chez un éditeur monégasque (parution 23 janvier, 253 pages, éditions du Rocher) tombe à point nommé.
D'un côté, l'intersyndicale du secteur de l'aide aux personnes âgées menace de nouvelles grèves face aux flagrants manques de moyens. De l'autre, un rapport des Petits Frères des pauvres fait état des témoignages poignants de résidents d'Ehpad qui regrettent le "peu de dialogue avec les soignants" et révèlent un sentiment de "tristesse et d'abandon"...
Au milieu, Mathilde Basset, jeune infirmière du sud-est qui, après sa lettre "cri d'alarme" - et très médiatisée - à la ministre de la Santé en décembre 2017, signe un livre-témoignage sans fioritures sur son ex-quotidien d'infirmière en maisons de retraite.
"Ex", car elle a décidé de "rendre sa blouse". Écœurée par le décalage entre sa formation et la réalité d'un système qu'elle ne veut plus cautionner. Système dont 63% des infirmiers déclarent souffrir de dépression, épuisement ou mal-être (enquête 2018 de l'Ordre national des infirmiers)... Rencontre.
N'avez-vous pas signé un livre que toutes les familles devraient lire?
"Je crois car cela permettrait aux enfants dont les parents sont - ou vont être - en maison de retraite, de prendre conscience de l'état d'urgence des Ehpad, du manque de moyens et de personnel. Se rendre compte que s'ils constatent des dysfonctionnements, ce n'est pas la faute des aides-soignantes qui accomplissent leur travail dans des conditions loin de ce qu'elles souhaiteraient..."
Quelle alternative leur proposez-vous?
"Le maintien à domicile est envisageable par la mise en place d'aides et la création d'un dossier auprès de la MDPH départementale. Il existe également des structures pour des personnes moins dépendantes qui bénéficient d'aide à domicile pour la toilette, le ménage, les repas, etc. Il y a les appartements thérapeutiques où les personnes vivent à leur rythme avec intervention d'aides-soignantes et infirmières..."
N'est-ce pas aussi une mise en garde adressée aux étudiantes infirmières?
"Oui. A mon sens la formation théorique est très juste et riche, mais au quotidien en Ehpad, on se retrouve à faire le minimum de ce que l'on a appris. On va au plus pressé avec de moins en moins d'humanité et de capacités relationnelles..."
Au point, vous l'écrivez, de "frôler quotidiennement la faute grave et d'exposer au danger", ce qui ne rassure personne...
"Oui, le but est aussi de produire un électrochoc! Au-delà de mes désillusions, ce livre est un cri d'alerte et une insurrection. Il n'est pas plus mal que les familles soient au courant... Elles ont bien raison d'avoir peur car nous-mêmes en tant que soignantes nous avons peur. Il est donc temps de réagir, ouvrir les yeux, au plus haut niveau et de prendre soin des soignants afin qu'eux-mêmes prennent soin au mieux des aînés... Remercier, soigner, accompagner ceux qui ont travaillé toute leur vie pour construire la société dans laquelle nous vivons, sans les abandonner dans des mouroirs, comme des encombrants..."
Vous citez le cas de Marlène, infirmière à qui l'on reproche d'être "trop consciencieuse et avenante"...
"C'est ce que la direction de l'établissement lui a dit... Parce qu'elle prenait trop de temps à échanger avec les familles et les résidents. On nous demande d'être un petit roquet agressif et plein de nerfs pour faire ce métier. Elle, était dans la bienveillance et l'humain... Elle est infirmière libérale depuis."
Quelle a été la réponse de la ministre à votre lettre sur votre travail dans une "usine d'abattage qui broie l'humanité des vies qu'elle abrite"?
"Agnès Buzyn aurait déclaré dans un reportage que cela lui avait inspiré des "pistes de réflexions", mais de mon côté, néant..."
Vous parlez de 1.600 euros par mois pour une responsabilité qui peut aller jusqu'à 99 personnes âgées. Y a-t-il un juste prix pour cela?
"Non je ne crois pas... Si on y laisse notre santé ça n'a pas d'intérêt. Ce n'est pas une histoire de salaire mais de reconnaissance de la part de l'encadrement et de respect de l'humain. On ne fait pas ce métier pour aller à l'abattoir avec sans cesse des dépassements horaires impayés. C'est horrible de devoir se dépêcher ou refuser du temps à des anciens qui n'ont pas nos facultés de déplacements ou de réaction, juste parce que la situation nous impose d'assumer les tâches à la chaîne sans penser…"
Quelle est votre position sur le débat de la fin de vie appliqué à ce milieu?
"Il faut laisser le choix jusqu'au bout. J'ai été confronté à un cas en particulier et ce n'est jamais simple... Je ne suis pas pour l'acharnement thérapeutique mais de notre côté, on ne donne à aucun moment la mort! Priorité est donnée à la famille, après information, de la suite des soins. Simplement avec leur accord, on peut injecter des anxiolytiques sédatifs, etc., dont on sait très bien que cela calme mais peut aussi impliquer pour des personnes âgées en grande faiblesse des conséquences funestes..."
Derrière ce livre, y a-t-il une ambition de devenir porte-parole d'une corporation?
"Non! Quand on m'a proposé d'écrire ce livre avec une carte blanche, je l'ai pris comme une expérience. Lorsqu'il est parti à l'impression, je me suis dit que la boucle était bouclée. J'avais pu faire de cette expérience qui s'était révélée négative une belle pirouette tout en ralliant un secteur d'activité qui me plaît."
Aujourd'hui vous sentez-vous à votre place?
"Oui. Je suis salariée CDI en psychiatrie dans un cadre associatif extra-hospitalier en Ardèche. Un cadre qui me convient parfaitement avec des soins individuels qui sont axés sur le relationnel, des entretiens... La dimension de temporalité n'est pas la même en psychiatrie qu'en soins généraux. Depuis que j'ai quitté la grosse entreprise du "faire vieillir en collectivité", où les résidents et leur famille ne sont plus considérés comme des personnes mais comme un flux dans une logique financière, je suis de nouveau en harmonie avec mes convictions."
Ovni mi-télévisuel, mi-cinématographique, la «Classe américaine» est devenue un succès intemporel grâce à quelques adeptes de détournements, de mashups et de la connerie absurde en général.
Jeanne Calment ne détiendrait pas le record mondial de longévité : sa fille aurait pris sa place en 1934 pour des raisons de fiscalité successorale !
For many gerontologists, Jeanne Calment is almost what Joan of Arc is for the French. A symbol, a legend, a saint. The longevity record of Jeanne of Arles, set at 122 years and 164 days, is known to every true aging fighter. Since Jeanne set it in 1997 nobody managed to break it or even get close — the second place barely exceeds 119 years, and the third stands at 117. Of those contenders who stand any chance — i.e. those who are presently alive — the oldest ones are just 115 years old. Given that after age 100 the annual probability of dying is about 1/2, the chances of a centenarian living to 122 are incredibly small.
But in gerontological circles nobody doubts the authenticity of Jeanne’s record. On the contrary, she is referred to as the “most validated centenarian”. Indeed, her documents are impeccable: she was born and lived her entire life in one place — the city of Arles in the south of France — and, coming from a well-known bourgeois family, Jeanne appears in many official sources. However, impeccable documents are no guarantee against fraud, as those documents could be used by someone else, someone younger. For example, your daughter.
Enter Yvonne
Jeanne did have a daughter. Yvonne Marie Nicolle Calment was born in 1898, when her mother was almost 23, and died, according to official documents, in 1934 on the day of her 36th birthday. Curiously, her death certificate was issued on the basis of testimony of a sole witness, a 71-year-old unemployed woman (i.e. not a doctor or nurse) who “saw her dead”:
And here’s the thing: in those rare photos of young Yvonne that survived — old Jeanne inexplicably ordered to burn all her family photos when the city of Arles asked her to provide them for the city’s archives — it is Yvonne who has the closest resemblance to the woman who lived to the year 1997. Moreover, the photo of young Yvonne had become widely known as a photo of Jeanne, labeled so in various sources, even ones as respectable as the prime authority on supercentenarians, Gerontology Research Group (from 2007 to 2018), or Wikipedia:
Let’s take a closer look at this photo. Here it is in decent resolution and colorized for your viewing pleasure by this algorithm:
Below is a close-up of the face from the original photo:
Does this photo really look like a photo of someone taken in Victorian 1897, when Jeanne was 22, as Wikipedia claims? Or does it seem more appropriate for the Flapper style of the “Roaring 1920s”? I am no expert, but an expert I respect — Alexander Vasiliev, the host of Russian TV show “Fashion Verdict” — believes the latter option much more likely:
“The dress is likely from around 1845, while the headpiece and hairstyle are 1930. Most likely the photo was taken in 1926–1930 in a vintage Arlesian Provence national costume.”
Interestingly, since 1903 Arles holds an annual national costume festival:
Maybe the photo in question is that of young Yvonne attending it. Given that in 1903 Jeanne would have been 28 and long married, I doubt that she would be participating, considering the nature of the festival:
“ The Fête du Costume (Costume Festival) started in 1903, instigated by Frédéric Mistral (a famous French writer from the South of France) when he created the Festo Vierginenco (Festival of Virgins).
Young girls were invited to wear the dress and hair ribbon as a symbol of their passage into adulthood (up to the age of 15 they could only wear the “Mireille” costume).”
There is a curious aside related to the creator of the above festival, the champion of all things Occitan, Frédéric Mistral. When asked in one interview whether she had ever met him, Jeanne replied, “Yes! Yes, he was a friend of my father… um, he was a friend of my husband.” This wasn’t the only time when Jeanne seemed to confuse her husband and father in her recollections.
In any case, the hairstyle in the photo in question does look like those from the 1920s. Here is the Queen Mother, for example, in 1927:
Finally, and this should settle the debate conclusively, in one of Jeanne’s biographies, the photo with a bow hat is signed as “Yvonne, daughter of Jeanne”, and above it is a photo of young Jeanne, which is more consistent with the Victorian spirit of the late XIX century:
A few more photos of young Jeanne have survived (colorized by me):
Here is Jeanne with her husband (Yvonne’s father):
The Smoking Gun?
Let us now look at mother and daughter in a more advanced age. Thankfully, one photo of them together had survived:
In my opinion, there can be no doubt that Yvonne is on the left and Jeanne on the right. Here are photos of Jeanne in chronological order:
I think that even the dress in the photos below is the same (the photo on the left is from Jeanne’s identification document):
But the “bow hat girl” is clearly Yvonne:
And if you compare the photos of young and adult Yvonne to the photos of the elderly and old Jeanne, the similarity is undeniable:
Spitting image:
By the way, is that a single earring in Yvonne’s right ear? What a rebel.
The Key Photo
To my mind, the photo above holds the key to the mystery. Is this Jeanne or Yvonne? Just like in Highlander, there could be only one. If Yvonne really died in 1934, at age 36, there is no way she could have looked that old.
Let’s start our analysis from afar. Here are two interesting photos. One is of young Jeanne and the other one is of young Yvonne trying to recreate Jeanne’s photo. Apparently, Yvonne liked to mimic her mother from quite an early age:
We can see a clear difference in the chin and lower jaw. Yvonne also has a longer and thicker neck, with a more pronounced jugular notch. Here is a close-up:
Let’s now compare the photos of young Yvonne to the mystery photo. The chin, the lower jaw, the neck, the jugular notch are all similar:
The circled parts look outright identical:
Now, how about when compared to Jeanne?
To me the person in the middle has a wider, rounder face than Jeanne in the rightmost photo. Her neck is longer and wider, and her jugular notch is more pronounced. Her nose is also considerably bigger.
Below is an added photo of old “Jeanne” together with two confirmed photos of young Yvonne on the left:
When you see the four photos together, there is little doubt that the mystery photo is of the same person — Yvonne. I think it is pretty obvious:
By the way, the shape of the nose of the old woman is more like the shape of the nose of Yvonne’s father, rather than that of the young Jeanne:
Old Jeanne just doesn’t look like her young self — her nose, jaw, and chin are subtly different:
We have to concede, though, that Yvonne’s parents also look similar to each other, which is not surprising since they were second cousins.
The Motive
Why would Yvonne decide to impersonate her mother? One quite plausible motive is to avoid paying inheritance tax — in 1934 estate taxes reached as high as 38%. The family was quite wealthy, so paying sizable sums in estate taxes was probably still fresh in their minds, as Jeanne’s father passed away only a few years before, in 1931, and her mother in 1924.
In France, inheritance laws are quite peculiar even today, and they were considerably more so in the 1930s. Even inheritance between spouses was taxed; this rule was only abolished in 2007. Moreover, the surviving husband had the same rights to the property of his deceased wife (or even to her half of their joint property), as her children and even cousins! Therefore, if it were Jeanne who died in 1934, the financial impact on her family could have been quite severe — her husband would have to pay considerable tax on his large store. Moreover, he already did so just recently, as his own mother passed away in 1931, and she most likely was the original heiress to the store.
The scale of the Calment family shop can be appreciated from the photo below. It was no fruit stand. It was a large multistory building that Fernand Calment, Jeanne’s future husband, inherited from his parents, and which he managed from an early age — his father died in 1886, when Fernand was only 18 years old. He not only worked in this building, he also lived there with his mother. Jeanne moved in with them after the wedding.
Jeanne’s husband himself can be seen in front of his shop’s storefront in the 1907 photo (back row, in a light jacket, marked by the right arrow):
Here’s what a son of the longest-serving employee (marked by the second arrow in the photo above) had to say about the Calment store:
My poor father, Marius Maxence, who worked at this store for 7 years before World War I and 20 years after, was the oldest employee at the time of closing the store. After 27 years of faithful service (and a medal of labor), he was forced to change his profession.
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The Calment store had a very large area between Antonefle Place, rue Gambetta, rue St Estève and rue Jean Granaud. The side of Rue Gambetta was reserved for selling fabrics of all kinds. With large shelves up to the ceiling and stairs to access the various shelves.
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I remember in the 1930s I came to my father’s shop (I lived only a hundred meters from the bridge). I played with Frédy Billot, a grandson of Yvonne Calment and Colonel Billot. We had a difference of several months, and we hid behind jars or behind furniture.
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The Calment family was well-known in Arles. You could even say that it was a bourgeois family who knew how to live, including Colonel Billot and his wife Yvonne Calment.
The line in bold caught my attention. Could a small boy remember how well Yvonne Calment “knew how to live” if she had officially died in 1934, when he was only 7 or 8 years old? Or maybe he and some other friends of the family knew that Yvonne didn’t die but took on her mother’s identity, and the line in bold is a sort of an “insider’s wink” to those in the know who remained alive in 1997 when this letter was written. It appeared in the local Arles Bulletin and it doesn’t look like it was written for outsiders.
Incidentally, it is interesting that Yvonne is absent from the 1931 census. Her parents are there, as well as her husband and son, everyone lives together, even the servants are mentioned, but Yvonne is not:
“A recopying error”, suggest authenticity validators of Jeanne’s longevity claims. Well, maybe. But could it be that real Jeanne was already dead by 1931? So maybe Yvonne passed herself for her mother to the census takers, in the process confusing them so much that they initially put her down under her grandmother’s name, Mary (see above)? And maybe 3 years later, Yvonne decided to officially legitimize her “death” and chose her birthday, January 19, as the date of death. This would be well in character for the naughty and daring lover of hunting and fencing. But let’s not venture too far into conjecture land, let’s just enumerate other inconsistencies.
Van Gogh
One of such inconsistencies has to do with Van Gogh, of whom old Jeanne had a very unflattering opinion, calling him ugly, rude, smelling of alcohol, and a “visitor of brothels”. Ostensibly, Jeanne met him in their family store in 1888 and even sold him, by various accounts, canvases, paints, or pencils. In some sources, the owner of the store is Jeanne’s father, while in others — her uncle. But Jeanne’s parents did not own a store; her father was a fourth-generation shipbuilder, and a very successful one at that. The Calment store was originally owned by Jeanne’s twice removed uncle (and the father of her future husband), but in 1888 — the year when Van Gogh came to Arles for a 15-month stay — he was already dead for 2 years.
In any case, I can hardly imagine a 13-year-old girl from a rich bourgeois family working behind the counter in 1888. I doubt that Jeanne or Yvonne worked a single day in their lives. By the way, according to the validators, at this age Jeanne was supposed to attend a Catholic boarding school (Benet private boarding school) — it would be interesting to confirm this fact in the school’s archive, and to also find out the students’ daily routine.
In another interview in 1989, Jeanne claimed that it was her husband who introduced her to Van Gogh. Apparently, Van Gogh came to the shop to buy canvases, and Jeanne’s husband told him: “Mr. Van Gogh, this is my wife!” Considering that in 1888 Jeanne was only 13 years old, this sounds quite odd. But her future husband (and Yvonne’s father) did, most likely, work at the store around that time. In 1888 he was 20 years old and it is quite logical to suppose that he took over the family business after his father’s death. Perhaps he sometimes told the story of meeting Van Gogh to his wife and daughter, and at some point Jeanne began to attribute this meeting to herself.
The Worst Insurance Deal Ever
It was in the very house where the Calment family store was located until 1937 that “Jeanne” used her apartment for the “worst insurance deal ever” in 1965 — pledging to transfer it upon her death to André-François Raffray in exchange for a lifetime monthly pension of 2500 francs. For the next 30 years Raffray paid out more than twice the value of the apartment and did not even get to enjoy it, as he succumbed to cancer before Jeanne’s death. Payments to Jeanne, however, continued.
Amazingly, this case is described in Jean-Pierre Daniel’s book Insurance and Its Secrets as a scam known in the narrow circles of insurers. Here is what he writes:
Everyone remembers that Jeanne Calment officially died at the age of 122, on August 4, 1997. At that time, it was said that this lady had a life annuity, and this is true. This annuity was paid by a large French company, which wasn’t very pleased with such exceptional longevity. Moreover, the company was well aware that it is paying not Jeanne Calment, but her daughter. In fact, after the death of the true Jeanne Calment, her daughter, who at that time was herself far from a child, took the identity of her mother in order to continue receiving payments. The insurance company has discovered identity theft, but with consent from — or on at the request of? — the authorities did not make it public because the “elder of the French” became a legend.
The “took the identity of her mother in order to continue receiving payments” part is clearly a mistake, since Jeanne made this deal only in 1965, 31 years after the death of her daughter/mother. It is also not entirely clear how Raffray’s annuity obligation got transferred to an insurance company, although it is quite possible that he decided to hedge his risks and bought a special longevity insurance policy on Jeanne’s life — one which paid out monthly installments until her death.
Curiouser and curiouser
Another interesting circumstance is that after Yvonne’s death in 1934, her husband, who was 43 at that time, never remarried, but continued living with his “mother-in-law” and his son in the same house until his death. Initially, Frederick and his son lived in adjacent apartments with Jeanne and hey husband, they lived In fact, judging by after his son had married and moved out, Frederick Billot moved in with Jeanne This certainly doesn’t prove anything, but it is what one would expect if Yvonne truly did not die and simply began to impersonate her mother.
In 1942, Jeanne’s husband (Yvonne’s father) died from cherry poisoning. In early 1963 Jeanne’s son-in-law (Yvonne’s husband) died, and her grandson (Yvonne’s son) died in a car accident a few months after. After that, Jeanne led a rather quiet if not reclusive life. Even on her 100th birthday, she refused the offer of the Arles Mayor to arrange for a public celebration of this very rare occasion. The mayor recalled some very curious details:
“When I learned that someone from Arles turns 100 years old,” Jacques said, “by tradition, I had to go to her house, inviting her family and bringing a gift. I was refused, politely, but firmly. Mme. Calment wanted no ceremony: no drums, no trumpets, no presents, no cake. She was assured that no one would know about her centennial. Only then did Jeanne agreed to come to the city hall herself. I waited for Jeanne for a long time in the reception area until it became clear that one of the sitting women, who hardly looked eighty, was the hero of the day.
Jeanne’s uncanny good physical condition also amazed many professional gerontologists who investigated her phenomenon. Particularly surprising was her ability to stand and walk under her own power at the age of 113:
Moreover, at 114 years old, her height was 150 cm, which is only 2 cm less than her stated height in adulthood:
Considering that usually after age 40 our height begins to decline and, on average, by age 80 women experience a 6 cm decrease, such height preservation in Jeanne’s case is quite unprecedented:
Interestingly, Yvonne seems to have been taller than Jeanne:
By the way, on Jeanne’s ID card above, the color of her eyes is listed as “black,” although old Jeanne’s color is clearly different:
Finally, at age 118, for a 6-month period Jeanne has been undergoing various cognitive tests, in which she showed results comparable to those of 80–90-year-olds.
At times, Jeanne’s inconsistencies could be quite telling. She would sometimes refer to her husband as “my father”, or say that her mother’s last name “Gilles” comes from her grandmother, although Jeanne did not have a grandmother with such last name. One of the most revealing things Jeanne said was that as a child she was taken to school by their maid, Marthe Fousson. However, according to a 1911 census, Marthe Fousson was 10 years younger than Jeanne, so the only person she could have accompanied to school was Yvonne, with whom she lived according to the same census.
Of course, each particular incorrect memory or biographical discrepancy could be a coincidence. But taken together, their collective weight is quite compelling to try to find answers to some of these questions, and dig a little deeper into the biography of this intriguing woman. Hopefully, the international gerontological community would support this idea rather than consider it a sacrilege.
In conclusion, I would like to point out that the evidence on which this article is based is the work of Nikolai Zak, while the idea that a more detailed study of Jeanne’s biography is warranted belongs to a famous Russian gerontologist Valery Novoselov. For those who are interested in delving deeper into this topic, I recommend getting acquainted with the primary sources from Nikolai (article in Russian, slides in Russian), as well as reading the English-language interview on this topic with V.M. Novoselov.
Finally, a kind request: if you come across any new evidence for or against any claims expressed here, please share it. You can do so in the comments or via PM.
PS: More evidence has come to light recently. For example, old and young Jeanne’s ears are different. I’ve written a full update here.
La Freebox Delta n'a visiblement pas fini de faire parler d'elle... Outre son tarif largement critiqué tout comme la communication malhabile de Free lors de sa présentation, la box affiche des problèmes dans l'agrégation ADSL/4G.
La Freebox Delta propose une fonctionnalité à même de séduire une grande partie des utilisateurs. Il s'agit de la première box à intégrer directement une box 4G proposant de l'agrégation ADSL/4G automatique.
En clair, si un utilisateur se trouve dans une zone couverte uniquement en ADSL mais que sa connexion est moins performante que le débit qu'il peut obtenir via le réseau 4G, la box combine automatiquement les deux technologies pour doper sa bande passante, on peut ainsi passer de 20 à 200 Mbit/s sans avoir la fibre. Voilà pour la théorie, malheureusement dans la pratique, la Freebox Delta pénalise plutôt les utilisateurs...
Dans la pratique, Free impose quelques limites : 250 Go en 4G si le réseau sature, et pas de diffusion en 4G pour la TV ou Netflix...
Mais les problèmes vont bien au-delà... Il apparait ainsi que les utilisateurs qui ont opté pour l'agrégation subissent en réalité des déconnexions intempestives. Chaque déconnexion implique la désactivation manuelle de la 4G pour permettre de récupérer un accès à Internet.
Chez les utilisateurs qui n'ont pas de déconnexion, le gain de débit n'est pas présent. Certains indiquent ainsi ne pas avoir constaté d'évolution de leur débit via l'agrégation alors qu'ils profitent d'une connexion en 4G sur leur smartphone 3 à 4 fois supérieure en débit.
Ce qu'il faut savoir, c'est que Free ne compte pas permettre la bascule totale vers la 4G et que le recours à la 4G n'intervient que pour appuyer l'ADSL quand ce dernier se retrouve surchargé. Tant qu'un pic n'est pas enregistré au niveau des connexions ADSL du DSLAM, le relais vers la 4G n'est pas activé... En clair, certains utilisateurs pourraient ne jamais profiter de l'agrégation 4G si Free conserve ce mode de fonctionnement, ce qui a de quoi nous faire un peu plus grincer des dents face à une annonce pleine de promesses finalement à nouveau non tenues.
Quelques jours après avoir reçu leur nouvelle Freebox, des utilisateurs commencent déjà à signaler quelques dysfonctionnements.
Il fallait s'y attendre. L'arrivée effective de la nouvelle Freebox s'accompagne de quelques bugs que les premiers utilisateurs signalent à l'opérateur : des petits défauts de jeunesse qui, espérons-le, seront rapidement corrigés, mais qui engendrent bien évidemment des déceptions.
Parmi les problèmes identifiés, plusieurs concerne le fameux boitier Player Devialet. Certains utilisateurs se plaignent ainsi d'un défaut constaté sur le bouton d'activation des microphones intégrés, qui se bloque sans raison, parfois après une seule utilisation, interdisant l'emploi de l'assistant vocal. Probablement un faux contact, comme le supposent quelques spécialistes. Par ailleurs, le lecteur multimédia intégré au Player ne gérerait pas tous les formats attendus : les fichiers UHD ne seraient pas acceptés, tout comme les supports de stockage formatés en ExFat, un système de fichiers pourtant compatibles Windows et macOS... D'autres utilisateurs signalent aussi des blocages de les télécommandes, des plantages de la télévision lors d’un changement rapide de chaînes ou encore l'impossibilité de programmer un enregistrement. Des petits soucis logiciels qui devraient trouver prochainement une solution via une mise à jour.
D'autres soucis concernent le boîtier Server, et plus particulièrement la fameuse fonction d'agrégation DSL/4G. Largement mise en avant par l'opérateur lors de la présentation de la Freebox Delta, cette technique est censée associer le DSL classique (ADSL ou VDSL) à la 4G pour augmenter le débit (jusqu'à 200 Mbit/s en descendant, en théorie) dans certaines zones (et avec une limite de 250 Go de données consommées par mois en 4G). Las, de nombreux utilisateurs se plaignent de déconnexions intempestives et aléatoires qui les obligent à désactiver la 4G pour retrouver un accès à Internet en DSL. Certains soulignent en outre que l'agrégation n'apportent rien en termes de débit, même quand la connexion en 4G est excellente. Fâcheux, et sans doute moins facile à résoudre que les problèmes purement logiciels...
Encore une fois, tous ces petits défauts de jeunesse devraient être réglés assez rapidement - il est d'ailleurs possible de suivre l'état des remontées d'utilisateurs sur une page dédiée. Mais ils entachent un lancement tardif et douloureux, marqué par quelques erreurs de communication déjà soulignés par l'association UFC-Que Choisir, qui avait demandé à Free de revoir la présentation de ses offres (voir actualité).