Afficher/masquer le menu ChroniKat
  • Mots-clefs
  • Chronica
  • Agora
    ► Play Videos
  • Rechercher
  • RSS Feed
  • Connexion
page 40 / 96

 La revue de web de Kat

"Brexit box" : des centaines de Britanniques s'arrachent le kit de survie

Wed 30 Jan 2019 - 16:47

Le "chaos" à l'issue d'un Brexit sans accord avec Bruxelles, voici ce que craignent de plus en plus de Britanniques. Un kit de survie vient de faire son apparition sur le marché.

"Just in case". De la nourriture lyophilisée, un filtre à eau et de quoi allumer un feu au cas où. Face à la possibilité d'un Brexit sans accord, certains Britanniques envisagent déjà le pire : pénuries alimentaires, inflation galopante, augmentation de la criminalité, chômage de masse, effondrement des prix de l'immobilier, pénurie de médicaments, etc...

Le "chaos" dès la sortie de l'Union européenne, c'est bien ce que redoute Lynda Mayall. Comme des centaines de ses compatriotes, cette sexagénaire a fait l'acquisition, pour un peu moins de 350 euros, d'un kit de survie au Brexit.

"Je suis pas inquiète pour le Brexit, je suis inquiète pour le contrecoup (...) Je crains qu'il y aura un peu de chaos lors des six premiers mois jusqu'à ce que les contrôles aux frontières soient réglés" confie-t-elle à la BBC. Du coup, Lynda empile ses provisions chez elle.

"Survivre" le temps que les conséquences brutales du Brexit s'amenuisent, c'est justement l'idée de la "Brexit Box", née dans l'esprit de James Blake, fondateur d'Emergency Food Storage UK, pour face au lendemain du divorce européen.

Brexit panique
https://www.rtl.fr/actu/international/brexit-box-des-centaines-de-britanniques-s-arrachent-le-kit-de-survie-7796385534

Les 3 niveaux de nos identités en ligne | InternetActu.net

Wed 30 Jan 2019 - 08:41

« S’agissant de notre profil numérique, les données que nous choisissons de partager ne sont que la pointe de l’iceberg. Nous ne voyons pas le reste, cachés sous la surface des interfaces conviviales des applications mobiles et des services en ligne. Les données les plus précieuses sur nous sont inférées hors de notre contrôle et sans notre consentement. Or, ce sont ces couches plus profondes et que nous ne pouvons pas contrôler qui prennent réellement les décisions qui nous affectent, pas nous », explique Katarzyna Szymielewicz (@szymielewicz), cofondatrice et présidente de la Fondation Panoptykon, une association polonaise de défense des libertés individuelles et des droits de l’homme dans la société de surveillance (qu’on pourrait considérer comme l’équivalent de la Quadrature du Net en France) – dans une tribune pour Quartz.

Dans un graphique particulièrement parlant (à consulter en haute définition), la Fondation Panoptykon détaille les 3 couches d’information qui composent nos identités en ligne.

La première couche d’information est la seule sur laquelle nous avons le contrôle. Elle se compose des données que nous insérons dans les médias sociaux ou les applications (informations de profil, publications, requêtes, photos, événements, déplacements…).

La seconde couche est constituée d’observations comportementales et de métadonnées qui donnent un contexte à ces choix : position en temps réel, graphe de nos relations intimes et professionnelles, le temps que nous passons, les habitudes d’achat, les mouvements de nos souris ou de nos doigts…

La troisième couche est composée des interprétations de la première et de la seconde couche. Nos données sont analysées et comparées en permanence à d’autres profils pour inférer des corrélations statistiques significatives… Ce qu’on appelle souvent la personnalisation, mais qui vise plus à nous catégoriser qu’à nous distinguer.

Le problème est que si l’utilisateur contrôle la première couche, ce n’est pas le cas des deux autres. Or ces inférences permettent de déterminer beaucoup de nos comportements : profil psychométrique, QI, situation familiale, maladies, obsessions, engagements… Or, nombre de décisions contraignantes sont prises depuis ces interprétations et corrélations. Le problème est que le « double » numérique que le traitement de ces données produit ne nous est pas accessible… et que si nous y avions accès, nous pourrions ne pas nous y reconnaître. « Que diriez-vous si vous découvriez que votre « double de données » est malade ou émotionnellement instable, sans possibilité de crédit, ou plus simplement pas assez cool, et tout cela à cause de la façon dont vous faites vos requêtes en ligne ou de vos relations en ligne ? »

Les algorithmes prennent des décisions basées sur des corrélations statistiques. Et il est possible – même fréquent – qu’un algorithme interprète mal votre comportement… Le problème, souligne Katarzyna Szymielewicz est que si le résultat de cette analyse est discriminatoire ou injuste – « par exemple que votre demande de crédit est refusée parce que vous vivez dans le « mauvais » quartier, ou que votre demande d’emploi ne parvient pas à aboutir parce que votre réseau de relation n’est pas « suffisamment robuste » » – il n’y a aucune incitation du marché à le corriger. Pour la présidente de Panoptykon, nous ne sommes pas si loin du Score de crédit social chinois ! Nous devons reprendre le contrôle du traitement dont nous sommes l’objet.

Pour cela, il nous faut d’abord mieux contrôler la première couche de notre profil. Nous pouvons chiffrer nos communications, désactiver les métadonnées de nos images, veiller à ce que nos téléphones n’aient pas accès par défaut à nos emplacements, réfléchir à ce que nous partageons… Mais même en faisant ces efforts, nous ne pouvons pas contrôler ce qui est observé et interprété par les algorithmes dans les deuxièmes et troisièmes couches de nos profils. Pour Katarzyna Szymielewicz, il nous faut agir collectivement pour convaincre ceux qui font du profilage de modifier leur approche, de nous montrer leurs calculs, de nous demander notre consentement et de le respecter. Le RGPD accorde aux utilisateurs le droit de vérifier leurs données, y compris les profils marketing générés par-devers eux. « Tant que nous traitons les courtiers en données et les spécialistes du marketing comme des ennemis et qu’ils nous traitent comme une ressource exploitation, il n’y aura pas de place pour une conversation constructive ».

RGPD TF Vie-privée
http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/les-3-niveaux-de-nos-identites-en-ligne/

Résiliation : ça se complique chez Free...

Tue 29 Jan 2019 - 18:36

Rien ne va plus chez Free : l'opérateur qui a longtemps dénoncé certaines pratiques mises en oeuvre par les autres opérateurs semble désormais y succomber. Après la communication limite trompeuse autour de la Freebox Delta, voilà qu'il devient bien plus compliqué de quitter l'opérateur...

Ce sont nos confrères de Freenews qui ont remarqué qu'il était devenu bien plus compliqué, depuis quelques jours, de procéder à la résiliation de son contrat Freebox.

Par le passé, quiconque souhaitait résilier son abonnement devait se rendre dans son espace abonné, puis de se rendre dans Mon abonnement > Résilier mon abonnement. Une manoeuvre simple qui permettait de générer un courrier type automatiquement envoyé à Free pour faciliter la résiliation.

Mais il semble que cette option a tout simplement disparu au fil d'une mise à jour déployée en douce par l'opérateur.A la place, on retrouve un ensemble de liens expliquant la procédure pour résilier dans des cas particuliers... Plus de courrier automatique, il faudra en trouver sur la toile et... bien chercher pour savoir à qui l'envoyer.

Car cette nouvelle mesure met en lumière une absence d'importance : la section résiliation ne mentionne plus du tout l'adresse à laquelle envoyer le courrier recommandé de résiliation. Pire, les abonnés sont invités à appeler le fameux 3244 (heureusement inclus depuis une ligne Freebox) pour connaitre l'adresse à laquelle envoyer le courrier de résiliation.

Outre le fait que la situation peut occuper inutilement les standards de l'opérateur déjà souvent critiqués pour leur inaccessibilité, la démarche est lourde et vise clairement à décourager les désabonnements sur un coup de tête.

Cette pratique n'est pas franchement de bon gout pour un opérateur qui a capitalisé sur la mise en exergue des défauts et pratiques jugées douteuses des autres fournisseurs d'accès à Internet...

Si vous souhaitez résilier, voici donc toutefois l'adresse actuelle à laquelle envoyer votre courrier :

Free Résiliations
C/O PUBLIDISPATCH
6, rue Désir Prévost
91075 BONDOUFLE
Free résiliation
https://www.generation-nt.com/resiliation-ca-se-complique-chez-free-actualite-1961535.html

Argent : après la disparition du billet de 500 euros, la fin du liquide ?

Tue 29 Jan 2019 - 09:25

C'est désormais acté, le billet de 500 euros ne sera plus fabriqué. Trop rare et peu utile pour les 340 millions d'Européens utilisant l'euro, sa somme est également jugée trop importante, susceptible d'être un "outil de blanchiment" facile pour les faussaires.

Mais d'autres raisons s'ajoutent à son manque de praticité. Sa disparition s'inscrit dans la logique des banques qui souhaiteraient, à terme, voir le billet disparaître de nos porte-feuilles.

Pour les établissements, favoriser le paiement par carte leur permett d'avoir une gestion beaucoup plus directe de leur matière première, en supprimant les intermédiaires coûteux tels que les agences et leur personnel, les caissiers, les coffres... Pour les banques, c'est une montagne d'économies est à la clé.

Cette opération est d'ailleurs en bonne voie, 47% de la totalité des dépenses des Français sont déjà effectués par carte bancaire. Le paiement sans contact et par téléphone accélère cette mutation.
Le liquide toujours privilégié par les particuliers

Les banquiers sont soutenus dans cette démarche par les États, les paiement électroniques étant plus facile à contrôler, pister ou bloquer. La fin du liquide pourrait également constituer une manière discrète de mettre fin aux économies des particuliers, chaque Européen possédant un pécule moyen de 3.200 euros dissimulé chez lui.

C'est une certitude pour les experts, la monnaie est appelée à disparaître. Si pour le moment, on ignore encore quand cela se concrétisera, le "cash" ferait de la résistance. Encore privilégié par les usagers, il est sans frais pour les particuliers et échappe au système "Big Brothers" informatique. Plus sûr que la monnaie électronique, les espèces demeurent le seul moyen de paiement dans les pays où le système bancaire est fragile ou inexistant.

banque monnaie
https://www.rtl.fr/actu/conso/argent-apres-la-disparition-du-billet-de-500-euros-la-fin-du-liquide-7796370465

Comment le Wi-Fi nous rend vulnérable | InternetActu.net

Tue 29 Jan 2019 - 09:18

Le Wi-Fi a mal vieillit, explique la journaliste Ava Kofman (@eyywa) pour Real Life. Si nous sommes de plus en plus conscients de la surveillance dont nous sommes l’objet quand nous naviguons sur le web ou que nous utilisons nos smartphones, nous avons tendance à oublier que c’est également le cas lorsque nous utilisons une connexion Wi-Fi pour nous connecter. Il faut dire que quand le protocole Wi-Fi a été adopté, en 1997, nul n’imaginait que toutes nos connexions et tous nos objets l’utiliseraient.

Les failles et limites du protocole sont nombreuses et documentées. Nombre d’artistes les ont illustrées, comme le Wifi Data Safari de Brannon Drosey et Nick Briz ou Astro Noise de Surya Mattu qui montrent les transmissions non chiffrées qui transitent par les ondes. Ou encore le Wi-Fi Whisperer de Kyle McDonald, un petit robot qui murmure les activités qu’il écoute à voix basse tout comme Snoopi de Jiashan Wu. On pourrait ajouter à cette liste, le dispositif Hommes en gris de Danja Vasiliev et Julian Oliver…

Nous laissons tous des traces quand nous nous déplaçons : nos ordinateurs envoient en permanence leur identité aux réseaux Wi-Fi environnants pour trouver un réseau auquel il s’est déjà connecté. En échange, il est donc possible d’obtenir l’identité unique de l’ordinateur, du smartphone ou du dispositif qui cherche à se connecter, et surtout la liste des réseaux Wi-Fi auxquels il s’est déjà connecté. En structurant les requêtes, il est donc facile de demander l’historique de connexion et d’en déduire les lieux d’où le dispositif se connecte le plus souvent ! Autant d’informations extrêmement personnelles dont le marketing raffole ! Les noms des réseaux Wi-Fi que vos appareils gardent en mémoire indiquent ainsi très facilement quels endroits vous fréquentez (hôtels, universités, entreprises, conférences…) ce qui peut en dire long sur qui vous êtes et ce que vous préférez, surtout quand on dispose d’une liste des réseaux Wi-Fi existants pour réattribuer leurs noms à des emplacements, à l’image des 500 millions de réseaux sans fil collectés par Wigle.net (qui ne sont qu’une partie de ceux que collectent en permanence votre ordinateur ou votre téléphone).

L’Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information rappelait les risques liés au protocole Wi-Fi notamment que la collecte des réseaux Wi-Fi enregistrés sur nos appareils pouvait être utilisée pour relier des personnes entre elles en comparant les noms des points d’accès qu’ils utilisent ou encore de suivre les déplacements d’un appareil, comme un GPS, selon les requêtes qu’il envoie pour se connecter à un réseau et la force du signal qu’il émet.

Pour les artistes Dorsey et Briz, « les gens ne savent pas comment fonctionne la technologie, c’est pourquoi personne ne songe à exiger un meilleur moyen de se connecter ». En l’absence de pression publique, il y a peu d’incitations à proposer de meilleurs protocoles de connexion ! La commodité l’emporte toujours sur la vie privée. « Déjà qu’il est difficile de convaincre les gens de boycotter les géants de la technologie, il est encore plus difficile d’imaginer un soulèvement contre le Wi-Fi ! »

Des solutions s’esquissent. Des experts travaillent à reconcevoir un protocole sans fil qui soit « privacy by design », notamment en proposant de générer des adresses aléatoires pour nos dispositifs numériques… D’autres proposent des techniques d’obfuscation – comme Shenanigans.io imaginé par l’artiste David Rueter – pour ajouter du bruit aux requêtes auxquels répondent nos terminaux en générant de fausses adresses de réseaux auxquels ils se seraient connectés.

En attendant, la seule solution qu’il nous reste est de couper notre Wi-Fi quand nous ne sommes pas connectés à un réseau connu. Il existe pour cela quelques applications, comme Smart Wi-Fi Toggle. Reste à se demander pourquoi ces fonctionnalités ne sont toujours pas activées par défaut pour gérer votre connexion sans fil…

sécurité TF Vie-privée wifi
http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/comment-le-wi-fi-nous-rend-vulnerable/

Opération « Bloque la pub sur Internet » – La Quadrature du Net

Mon 28 Jan 2019 - 15:45

À l’occasion de la journée européenne de protection des données, ce lundi 28 janvier 2019, Résistance à l’Agression Publicitaire (RAP) et La Quadrature du Net, soutenues par d’autres associations, lancent une opération Bloque la pub sur Internet et passe le bloqueur à tes voisin·es.
Cette opération continue de mettre en évidence les effets négatifs de la publicité en ligne et les outils pour s’en prémunir !

Internet est devenu un espace prioritaire pour les investissements des publicitaires. En France, pour la première fois en 2016, le marché de la publicité numérique devient le « premier média investi sur l’ensemble de l’année », avec une part de marché de 29,6%, devant la télévision. En 2017, c’est aussi le cas au niveau mondial. Ce jeune « marché » est principalement capté par deux géants de la publicité numérique. Google et Facebook. Ces deux géants concentrent à eux seuls autour de 50% du marché et bénéficient de la quasi-totalité des nouveaux investissements sur ce marché. « Pêché originel d’Internet », où, pour de nombreuses personnes et sociétés, il demeure difficile d’obtenir un paiement monétaire direct pour des contenus et services commerciaux et la publicité continue de s’imposer comme un paiement indirect.

Les services vivant de la publicité exploitent le « temps de cerveau disponible » des internautes qui les visitent, et qui n’en sont donc pas les clients, mais bien les produits. Cette influence est achetée par les annonceurs qui font payer le cout publicitaire dans les produits finalement achetés.

La publicité en ligne a plusieurs conséquences : en termes de dépendance vis-à-vis des annonceurs et des revenus publicitaires, et donc des limites sur la production de contenus et d’information, en termes de liberté de réception et de possibilité de limiter les manipulations publicitaires, sur la santé, l’écologie…

En ligne, ces problématiques qui concernent toutes les publicités ont de plus été complétées par un autre enjeu fondamental. Comme l’exprime parfaitement Zeynep Tufekci, une chercheuse turque, « on a créé une infrastructure de surveillance dystopique juste pour que des gens cliquent sur la pub ». De grandes entreprises telles que Google, Facebook et d’autres « courtiers en données » comme Criteo ont développés des outils visant à toujours mieux nous « traquer » dans nos navigations en ligne pour nous profiler publicitairement. Ces pratiques sont extrêmement intrusives et dangereuses pour les libertés fondamentales.

L’Europe dispose pourtant désormais d’un règlement qui devrait mettre majoritairement fin à cette exploitation de nos données personnelles. En vertu du règlement général pour la protection des données RGPD, la plupart de ces pratiques de collecte de données personnelles en ligne devraient reposer sur un consentement libre et éclairé. Sinon, ces pratiques sont illégales. C’est sur ce fondement que La Quadrature du Net a porté plainte collectivement contre les 5 géants du numérique. Si le RGPD est rentré en application récemment et que ces plaintes collectives prennent du temps, la CNIL française a déjà agi sur des questionnements similaires, et a même, lundi 22 janvier 2019, commencé à sanctionner Google à une amende de 50 millions d’euros s’agissant de ces pratiques relatives à Android.
Il est temps que cette législation soit totalement respectée et que les publicitaires cessent de nous espionner en permanence en ligne.

Un sondage BVA-La Dépêche de 2018 révélait que 77% des Français·es se disent inquiet·es de l’utilisation que pouvaient faire des grandes entreprises commerciales de leurs données numériques personnelles. 83% des Français·es sont irrité·es par la publicité en ligne selon un sondage de l’institut CSA en mars 2016 et « seulement » 24% des personnes interrogées avaient alors installé un bloqueur de publicité.

Le blocage de la publicité en ligne apparait comme un bon outil de résistance pour se prémunir de la surveillance publicitaire sur Internet. Pour l’aider à se développer, nos associations lancent le site Internet :

bloquelapub.net

Plusieurs opérations collectives ou individuelles de sensibilisation et blocages de la publicité auront lieu sur plusieurs villes du territoire français et sur Internet peu de temps avant et le jour du 28 janvier 2019, journée européenne de la « protection des données personnelles ». Le jour rêvé pour s’opposer à la publicité en ligne qui exploite ces données !

RAP et La Quadrature du Net demandent :

– Le respect de la liberté de réception dans l’espace public et ailleurs, le droit et la possibilité de refuser d’être influencé par la publicité,
– Le strict respect du règlement général pour la protection des données et l’interdiction de la collecte de données personnelles à des fins publicitaires sans le recueil d’un consentement libre (non-conditionnant pour l’accès au service), explicite et éclairé où les paramètres les plus protecteurs sont configurés par défaut. Les sites Internet et services en ligne ne doivent par défaut collecter aucune information à des fins publicitaires sans que l’internaute ne les y ait expressément autorisés.

Rendez-vous sur bloquelapub.net et sur Internet toute la journée du 28 janvier 2019

Les associations soutiens de cette mobilisation : Framasoft, Le CECIL, Globenet
Contact : contact@bloquelapub.net, contact@antipub.org, contact@laquadrature.net

publicité TF web
https://www.laquadrature.net/2019/01/28/bloquelapub/

217 – L’expédition du navire Le Jonas pour l’Acadie en 1606 – Le blogue de Guy Perron

Sun 27 Jan 2019 - 23:11

La flotte de 1606 à destination de l’Acadie est composée de cinq navires[1].

Le navire Le Jonas (150 tx) est le sujet du présent article. Il est la propriété des marchands rochelais Samuel Georges et Jean Macain qui fournissent l’équipage[2].

Nommé l’un des pairs de La Rochelle en 1603, Jean Macain avait épousé, le 15 décembre 1591, Anne Georges, sœur de son associé. Les deux beaux-frères protestants se livrent, depuis le début du XVIIe siècle, à de nombreuses opérations commerciales avec la Nouvelle-France[3]. Le 25 février 1606[4], ils ont engagé Élie Petit, chaussetier et chaunier, de La Rochelle.

De l’île Sainte-Croix à Port-Royal

Au printemps de 1605, Pierre Dugua de Monts décide de déplacer son habitation de l’île Sainte-Croix vers Port-Royal, près de l’actuelle petite ville d’Annapolis Royal (Nouvelle-Écosse).

Il choisit François Gravé du Pont pour diriger les pêcheries et nomme Jean de Biencourt, baron de Poutrincourt et de Saint-Just, un gentilhomme picard, gouverneur de Port-Royal.

Poutrincourt demande à Dugua de lui accorder des terres à Port-Royal, se proposant de vivre là et d’y établir sa famille et sa fortune. Il acquiesce et, le 25 février 1606, Henri IV accorde à Poutrincourt « la seigneurie de Port-Royal et terres adjacentes ». En échange, il doit y installer une colonie dans les deux années qui suivent.

Le 19 décembre 1605, en vue de l’expédition de 1606, Dugua de Monts signe un contrat avec les rochelais Georges et Macain et avec d’autres marchands de Rouen et de Saint-Malo[5].

À Paris, Dugua presse le départ de Poutrincourt, qui tarde un peu à aller se mettre en possession du pays et territoires qui lui ont été concédés[6]. En mars, Poutrincourt rencontre son ami Marc Lescarbot, avocat au Parlement, et l’invite à joindre son expédition en Acadie.

Poutrincourt recrute une cinquante de colons dont plusieurs personnes de qualité, des artisans et journaliers aussi : menuisiers, charpentiers de navire, maçons, tailleurs de pierres, serruriers, taillandiers, couturiers, scieurs d’ais, matelots, etc. Selon Gervais Carpin[7], il est resté vingt-trois contrats d’engagement d’artisans d’une durée d’une année, signés chez le notaire parisien Rémond en présence de Pierre Dugua « gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et son lieutenant général en la Nouvelle-France ». Les contrats mentionnent qu’ils doivent rejoindre La Rochelle à la fin du mois de mars pour leur embarquement.

Poutrincourt est aussi à la recherche de prêtres, mais c’est la Semaine sainte et ils sont tous occupés aux confessions ! Il s’en présente aucun, les uns s’excusant sur les incommodités de la mer et du long voyage, les autres remettant l’affaire après Pâques[8]. Le temps presse, il faut se rendre à La Rochelle.

Le Vendredi Saint, Lescarbot se rend vers Orléans, où il remplit, le dimanche, son devoir pascal et arrive à La Rochelle le 3 avril[9]. Le jeune avocat va quitter sa mère patrie pour la première fois. Entre Orléans et La Rochelle, un touchant et sincère adieu sort de sa plume de poète. Il compose un long poème combinant une nostalgie de l’Ancien Monde et l’anticipation du Nouveau[10]. Son Adieu à la France est imprimé le lendemain de son arrivée à La Rochelle, puis à Rouen.

Les préparatifs

À La Rochelle, nos voyageurs y trouvent le navire Le Jonas, prêt à sortir « hors des chaînes » de la ville pour attendre le vent. Il est chargé de bétail : des vaches, des porcs, un mouton, des poules, des pigeons ainsi que des chiens et… bien malgré soi, on emmène des rats[11].

Étant dans l’octave de Pâques, ils patientent en profitant des abstinences du récent carême[12]. Ils font bonne chère, « si bonne chère, écrit Lescarbot, qu’il nous tardait que nous fussions sur mer pour faire diète[13]. » On fête… un peu trop !

Fait étrange que ces tintamarres, constate Lescarbot, dans une ville réformée comme La Rochelle…où chacun marche droit pour ne pas encourir la censure soit du maire, soit des ministres de la ville. Quelques ouvriers sont faits prisonniers, gardés à l’Hôtel de ville jusqu’à leur départ. N’eut été de l’expédition, ils auraient été châtiés !

Le 1er avril[14], le capitaine Guillaume Foucques emprunte la somme de 42lt du marchand rochelais Jean Perrin pour s’acheter des marchandises pour le voyage.

Étant chargé, le navire Le Jonas est prêt à sortir de la rade. Le départ est prévu le 8 ou le 9 avril, mais… Par malheur, le capitaine Foucques le laisse sans hommes, ni lui-même, ni son pilote, puis un grand vent du sud-est s’élève pendant la nuit et casse le câble… le navire est entraîné hors du port et va se briser contre une des murailles de la ville, adossant la tour de la Chaîne[15]. Par chance, au même moment, la mer monte et l’empêche de couler !

Le navire est sauvé, mais il faut le réparer. Les pertes sont énormes. L’expédition est compromise. On demande l’aide des ouvriers soit à tirer à la pompe ou pousser au cabestan ou autre chose, mais peu d’entre-eux se mettent au travail. Quelques-uns se plaignent et quittent. Il faut embaucher un nouvel équipage.

Immobilisé, le capitaine Foucques parle sérieusement de rompre son engagement et de se mettre au service de marchands concurrents des Macain et Georges, écrit Adrien Huguet[16]. Sur le port, il reçoit des offres alléchantes dans l’espoir de se détacher de l’expédition de Dugua de Monts.

Cet esclandre retarde le départ de plus d’un mois ! Il faut décharger et recharger le navire. Pendant ce temps, Lescarbot se promène dans la ville et particulièrement aux Cordeliers. Comme l’a fait Poutrincourt à Paris, Lescarbot profite de son séjour rochelais pour trouver un homme d’église afin d’administrer les sacrements pendant le voyage. Étant dans une ville maritime, il croit qu’un curé ou vicaire prendrait plaisir à voguer sur les flots. En vain ! Il se fait dire qu’il « faudrait des gens qui fussent poussés de grand zèle et piété pour aller en tels voyages et serait bon de s’adresser aux pères Jésuites[17]. »

Faute de temps, le navire va partir sans missionnaire et lorsqu’on arrivera en Acadie, on apprendra que le seul prêtre qu’y avait laissé Dugua de Monts est décédé. C’est donc sans aucun prêtre que se fera l’hivernement de 1606-1607[18].

Le départ

Le 11 mai, à la faveur d’un petit vent d’est, le navire Le Jonas prend la mer et aborde à La Palice. Le lendemain, il mouille à Chef de Baie (lieu où les navires s’abritent des vents). Enfin, le samedi 13 mai, veille de la Pentecôte, il fait voile…

Juste avant de partir, le 12 mai[19], le marinier Jean Launay reconnaît avoir reçu la somme de 45lt du marchand rochelais Élie Leroy.

De l’équipage, nous connaissons :

Guillaume Foucques, maître et capitaine
Olivier Fleuriot, pilote, de Saint-Malo (Bretagne)
Jean Launay, marinier, de Le Conquet (Bretagne)

Des passagers, nous connaissons :

Jean de Biencourt, baron de Poutrincourt et de Saint-Just, gouverneur
François Addenin, soldat, domestique
Charles de Biencourt de Poutrincourt, fils de Jean
Du Boullay, ancien capitaine de régiment
Étienne, maître-chirurgien
Robert Gravé, fils de François Gravé du Pont
Daniel Hay, charpentier
Jean Hay, charpentier
Louis Hébert, apothicaire, de Paris (Île-de-France)
Marc Lescarbot, avocat, de Vervins (Île-de-France)
Jean Ralluau, secrétaire de Dugua de Monts
Charles Turgis de Saint-Étienne de La Tour, fils
Claude Turgis de Saint-Étienne et de La Tour, père

Des engagés, nous connaissons :

Simon Barguin, compagnon-charpentier, de Reims (Champagnie)
Léonard Bidon
François Bonin
Olivier Bresson
Claude Desbry
Michel Destrez, compagnon-menuisier, de Magny-en-Vexin (Île-de-France)
Jean Duval, serrurier, de Normandie
Antoine Esnault, compagnon-menuisier, natif de Montdidier (Picardie)
Michel Genson, compagnon-menuisier, de Troyes (Champagne)
Guillaume Gérault
François Guittard, taillandier, de Paris (Île-de-France)
Jean Hanin
Toussain Husson
Husson Jabart
Élie Petit, chaussetier, de La Rochelle
Poileus
Jean Pussot, compagnon-charpentier, de Reims (Champagne)
Guillaume Richard, compagnon-charpentier, de Lusignan (Poitou)
Pierre Rondeau

À bord du navire, Marc Lescarbot passe par toute une gamme d’émotions pour un homme si peu familier avec les voyages maritimes. Face à l’océan, il a peur. Il le confesse avec franchise.

Le 16 mai, les voiles blanches d’une flottille de treize navires flamands allant en Espagne distraient, pour un instant, l’horizon du navire. En vue des Açores, un navire inconnu, dont l’équipage composé de matelots anglais et flamands, se disant terre-neuvier, se montre courtois et s’informe de son itinéraire[20].

Jusqu’au 18 juin, le navire surmonte quelques tempêtes causées par des vents contraires… étant partit trop tard, écrit Lescarbot. À cela, il faut ajouter des froidures et des brouillards intenses rendant la traversée difficile.

Des volées d’oiseaux annoncent les environs du banc de Terre-Neuve. Pour s’en assurer, le soir du 22 juin, à la seconde tentative, la sonde est jetée et on trouve fond à trente-six brasses. Après avoir reconnu le Banc, on poursuit la route à l’ouest. On met les voiles bas, la veille de la Saint-Jean-Baptiste, et la journée se passe à la pêcherie des morues avec mille réjouissances pendant lesquelles un des charpentiers de navire tombe à la mer ! Il est sauvé sans pour autant subir le mécontentement du capitaine. Pendant la nuit du 29 juin, un des matelots tombe à la mer sauvé par un cordage !

Dès le matin du 4 juillet, les matelots du dernier quart de travail reconnaissent les îles de Saint-Pierre encore lointaines. Le 7 juillet, avec joie, on découvre à tribord une côte de terre longue à perte de vue [Cap Breton]. « Les plus hardis, raconte Lescarbot, montaient à la hune pour mieux voir tant nous étions désireux de cette terre […] Nos chiens mettaient le museau hors le bord pour mieux flairer l’air terrestre[21]. »

Le 8 juillet apparaît la baie de Canseau, mais des brumes s’élèvent forçant le navire à louvoyer, sans avancer, contrarié des vents d’ouest et sud-ouest[22]. Sur les deux heures de l’après-midi, le samedi 15 juillet, le brouillard se dissipe, le ciel s’éclaircit et la côte se distingue à quatre lieues de terre[23].

Deux chaloupes, voiles déployées, s’approchent du navire. L’une chargée de sauvages, un élan peint à leur voile, l’autre de Français malouins faisant la pêche au port de Canseau[24]. Par eux, on apprend que Gravé du Pont avait quitté Port-Royal vingt jours avant, désespéré de voir arriver un navire de France. Il décida de regagner Honfleur par ses propres moyens. Il avait laissé la garde de l’habitation à deux hommes[25], nommés La Taille et Miquelet.

Le 17 juillet, le navire est encore pris de brumes et de vent contraire pendant deux jours. Le calme revenu, le soir du 19 juillet, se baignant dans la mer, un charpentier de navire ayant trop bu d’eau de vie est surpris… « le froid de la marine combattant contre l’échauffement de cet esprit de vin », écrit Lescarbot[26]. Voyant leur compagnon en danger, quelques matelots se jettent à l’eau pour le secourir, mais il se moque d’eux ! D’autres matelots sont appelés en renfort qui, dans cette confusion, se nuisent l’un l’autre et se mirent en danger ! Au cri de Poutrincourt, le charpentier Jean Hay prend le cordage qu’on lui montre et est tiré vers le haut, puis sauvé. Il tomba malade et cru mourir !

Le dimanche 23 juillet, le navire entre dans le port Rossignol et en après-midi, de beau soleil, il mouille au port au Mouton. Dix-sept hommes débarquent pour se réapprovisionner d’eau douce et de bois. Après avoir doublé le Cap de Sable, le 25 juillet, le navire Le Jonas jette l’ancre à l’entrée de Port-Royal. Deux coups de canon sont tirés afin de saluer le port et avertir les Français qui y demeurent[27].

Enfin, le 27 juillet, après une traversée de onze semaines, le navire entre dans le port, non sans difficulté, car le vent ralenti sa marche. La joie est grande, tant chez les passagers que chez les colons.

Le lendemain de leur débarquement, tous se mettent à l’ouvrage; quelques-uns au labourage et à la culture de la terre, écrit Lescarbot, d’autres à nettoyer les chambres. Comme la colonie ne compte aucune femme, les hommes doivent se partager les menus travaux ménagers[28].

Alors que les colons s’affairent à leur besogne, les hommes de bord qui avait quitté Le Jonas au port de Canseau pour venir le long de la côte rencontrent sur leur route Gravé du Pont qui rebroussa chemin pour retourner à Port-Royal, où il arrive le 31 juillet.

Pendant un mois, les réjouissances succèdent aux réjouissances. Poutrincourt fait mettre un muid de vin « sur le cul ». L’un de ceux qu’on lui avait baillé pour sa bouche, raconte Lescarbot[29], et permission de boire à tout venant tant qu’il y en aura !

Le retour

Le 20 août, il est temps de trousser bagage. Le 25, après maintes canonnades, le navire Le Jonas lève l’ancre pour aller à l’embouchure du port en attendant un vent favorable. Le 28 août, le navire appareille. Gravé du Pont dit adieu à ses amis et prend place dans le navire avec ses cinquante hommes. Pour l’occasion, Marc Lescarbot salue les partants d’un poème de 124 vers, Adieu aux Français retournant de la Nouvelle-France en la France Gaulloise.

Acadie Généalogie
https://lebloguedeguyperron.wordpress.com/2019/01/27/217-lexpedition-du-navire-le-jonas-pour-lacadie-en-1606/

Pour un Web frugal ? – Framablog

Thu 24 Jan 2019 - 20:06

Sites lourds, sites lents, pages web obèses qui exigent pour être consultées dans un délai raisonnable une carte graphique performante, un processeur rapide et autant que possible une connexion par fibre optique… tel est le quotidien de l’internaute ordinaire.

Nul besoin de remonter aux débuts du Web pour comparer : c’est d’une année sur l’autre que la taille moyenne des pages web s’accroît désormais de façon significative.

Quant à la consommation en énergie de notre vie en ligne, elle prend des proportions qui inquiètent à juste titre : des lointains datacenters aux hochets numériques dont nous aimons nous entourer, il y a de quoi se poser des questions sur la nocivité environnementale de nos usages collectifs et individuels.

Bien sûr, les solutions économes à l’échelle de chacun sont peut-être dérisoires au regard des gigantesques gaspillages d’un système consumériste insatiable et énergivore.

Cependant nous vous invitons à prendre en considération l’expérience de l’équipe barcelonaise de Low-Tech Magazine dont nous avons traduit pour vous un article. Un peu comme l’association Framasoft l’avait fait en ouverture de la campagne dégooglisons… en se dégooglisant elle-même, les personnes de Low-tech Magazine ont fait de leur mieux pour appliquer à leur propre site les principes de frugalité qu’elles défendent : ce ne sont plus seulement les logiciels mais aussi les matériels qui ont fait l’objet d’une cure d’amaigrissement au régime solaire.

En espérant que ça donnera des idées à tous les bidouilleurs…

article original : How to build a Low-tech website
Traduction Framalang : Khrys, Mika, Bidouille, Penguin, Eclipse, Barbara, Mannik, jums, Mary, Cyrilus, goofy, simon, xi, Lumi, Suzy + 2 auteurs anonymes

TF web écologie
https://framablog.org/2019/01/24/pour-un-web-frugal/

Disparition de la politique après une longue maladie — Le Gorafi.fr Gorafi News Network

Wed 23 Jan 2019 - 15:54

Paris – Âgée de près de 4500 ans, la politique est décédée ce matin, après avoir affronté courageusement mais en vain la maladie. Reportage.

Entourée de ses proches et amis, la politique est partie « sereinement » et avec le « sentiment du devoir accompli » même si ces derniers jours ont été très rudes expliquent les proches. « Toutes les déclarations récentes, ces secrétaires d’Etat qui veulent être vues partout dans les émissions de prime time au lieu d’aller au contact des citoyens, les ministres de l’intérieur qui utilisent de la novlangue quand des gens sont éborgnés, ça été trop dur ». Après discussions avec l’équipe médicale, il a ainsi été décidé de couper les machines qui maintenaient en vie la politique depuis avril 2002. « Au moins, elle ne souffre plus, c’est ce qu’il faut se dire » a confié une amie à la sortie de l’hôpital. Il se murmure en outre qu’à la dernière minute la politique aurait fait modifier son testament, déshéritant ainsi la totalité de ses enfants et petits enfants. Comme le souligne un analyste « Je pense qu’elle veut faire passer le message comme quoi ils ont vraiment merdé sur la fin».

En vente partout La Boîte à Quiz du Gorafi https://amzn.to/2BNAacP et l’Almanach du Gorafi https://amzn.to/2zEa4Yh

Gorafi! Politique
http://www.legorafi.fr/2019/01/23/disparition-de-la-politique-apres-une-longue-maladie/

Un navigateur pour diffuser votre site web en pair à pair – Framablog

Wed 23 Jan 2019 - 15:50

Les technologies qui permettent la décentralisation du Web suscitent beaucoup d’intérêt et c’est tant mieux. Elles nous permettent d’échapper aux silos propriétaires qui collectent et monétisent les données que nous y laissons.

Vous connaissez probablement Mastodon, peerTube, Pleroma et autres ressources qui reposent sur le protocole activityPub. Mais connaissez-vous les projets Aragon, IPFS, ou ScuttleButt ?

Aujourd’hui nous vous proposons la traduction d’un bref article introducteur à une technologie qui permet de produire et héberger son site web sur son ordinateur et de le diffuser sans le moindre serveur depuis un navigateur.

L’article original est issu de la série Dweb (Decentralized Web) publiée sur Mozilla Hacks, dans laquelle Dietrich Ayala met le projecteur sur toutes les initiatives récentes autour du Web décentralisé ou distribué.

Traduction Framalang : bengo35, goofy

pair-à-pair TF
https://framablog.org/2019/01/23/un-navigateur-pour-diffuser-votre-site-web-en-pair-a-pair/

Le berger australien, chien préféré des Français en 2018 - Free Actu

Wed 23 Jan 2019 - 15:28

Le berger australien a été le chien préféré des Français en 2018, détrônant le berger belge qui se contente de la deuxième place devant le "staffie" ou staffordshire bull terrier, a annoncé mercredi la Société centrale canine (SCC).

Parmi les changements marquants du classement des 20 principales races de chiens en France: le berger allemand quitte pour la première fois depuis 1946 le trio de tête, et passe en 5e position.

Avec 12.906 inscriptions au Livre des origines français (LOF), le berger australien, qui en dépit de son nom est une race américaine, se hisse sur la plus haute marche du podium, pour la première fois. 11.729 bergers belges et 10.983 "staffies" ont trouvé un maître l'an dernier.

Le berger australien, robuste car c'est avant tout un chien de travail, de taille moyenne, à la robe attrayante et au caractère enjoué, a été reconnu par la Fédération cynologique internationale (FCI) seulement en 1996, bien que son élevage en France ait commencé depuis les années 80.

La cote de ce chien, qui peut avoir les yeux vairons (yeux de couleurs différentes) et les yeux particolores (plusieurs couleurs dans le même oeil), n'a cessé de croître depuis son arrivée sur le territoire français.

Le "Staffie" monte lui pour la première fois sur le podium, le bouledogue français passe de la 10e à la 8e place devançant le cavalier king charles 9e et le chihuahua 10e.

Et les chiens de race sont de plus en plus nombreux dans les foyers français. 234.073 chiens de race ont été inscrits au LOF en 2018, contre 162.698 en 2002, soit une progression de plus de 40 %, relève la SCC.

Sur les 94 pays membres de la FCI, la France caracole en 3e position derrière la Russie (1er) et le Japon (2e) en termes d'inscriptions de chiens de race.

AFP via Free.fr

berger-australien chiens
http://portail.free.fr/actualites/france/8001521_20190123_le-berger-australien-chien-prefere-des-francais-en-2018.html

« Envoyé Spécial » et son traitement malhonnête du glyphosate | Contrepoints

Wed 23 Jan 2019 - 10:11

Encore une fois, l’émission Envoyé Spécial sur France 2 ne fait pas preuve d’une grande rigueur intellectuelle.

Par Laurent Pahpy.
Un article de l’Iref-Europe

Un cas d’école d’obscurantisme journalistique. C’est ce que l’on pourra retenir de l’émission « Envoyé Spécial » de jeudi soir sur le glyphosate. Durant les deux heures du reportage, Élise Lucet aura réussi à cumuler les théories du complot, la promotion d’un scientifique discrédité, l’instrumentalisation d’un enfant handicapé et de personnes malades, le tout dans une ambiance anxiogène et malhonnête.

Présenté comme un monstre à éliminer à tout prix, le glyphosate inquiète légitimement les consommateurs français. Soumis à un battage médiatique incessant et accusatoire depuis plusieurs années, il est parfaitement normal de s’inquiéter de l’utilisation massive de cet herbicide.

L’IREF avait déjà étudié cette question dans plusieurs articles en rappelant l’état du consensus scientifique, à savoir le caractère non cancérogène de cette molécule lorsqu’elle est utilisée de manière conventionnelle.

La non-confrontation entre un agriculteur conventionnel et un agriculteur « bio »

Le reportage commence par une immersion chez Vincent, utilisateur et défenseur du glyphosate sur son exploitation, et Olivier, producteur en agriculture dite « biologique ». Ce dernier aurait éliminé « tout pesticide chimique ». Première erreur d’une longue liste.

Tous les pesticides sont chimiques, car toute substance est chimique, comme l’eau ou le sel de table. L’agriculteur fait probablement référence aux pesticides de synthèse. La culture « bio » fait elle aussi appel à des pesticides, synthétiques (par dérogation), comme « naturels ». 99,99 % des pesticides que nous consommons sont produits naturellement par les plantes. La distinction « chimique »/« naturel » n’a aucun intérêt lorsqu’on aborde la toxicité d’un produit.

Olivier affirme ne pas être à l’aise lors de l’épandage du glyphosate. Son discours est basé sur des émotions et ne suit pas une démarche rationnelle. Son alternative est le labour, présentée comme une technique « ancestrale ». Seule une phrase est énoncée pour dire que cette méthode est « controversée ». Il aurait été pertinent de détailler un peu plus cette question.

Le labour détruit la vie microbiologique des sols et accélère son érosion. Le glyphosate permet l’agriculture de conservation des sols qui limite la consommation de fertilisants de synthèse, le labour, la consommation d’énergie tout en favorisant la biodiversité.

« Je ne veux pas qu’on impose le « bio » à la cantine » : Vincent pose ici une bonne question. Rien n’empêche Olivier de produire en « bio » sans glyphosate ni à ses consommateurs d’en acheter. Plusieurs formes d’agricultures peuvent coexister. Vincent et Olivier en sont la preuve. Ils ne sont pas en confrontation et cohabitent. Ce que réclame Vincent est parfaitement légitime. Laissons chacun choisir. À partir du moment où rien ne démontre que ce produit génère des nuisances externes sur le reste de la population, il est de la responsabilité de chacun de faire son arbitrage dans son mode de consommation.

Le « glyphotest » ou le populisme journalistique à l’œuvre

Pour alimenter le climat anxiogène du reportage, Élise Lucet propose à plusieurs personnes, dont des personnalités, de mesurer la quantité de glyphosate dans leur urine. Le taux le plus élevé mesuré est de 1,26 microgramme par litre. Mais donner une concentration sans autre élément n’a aucun intérêt si ce n’est alimenter la peur, car c’est la dose qui fait le poison.

Une des personnes demande d’ailleurs comment le taux mesuré se situe par rapport à la norme. Réponse d’Élise Lucet :

On est incapable de fixer un seuil au-delà duquel c’est dangereux.

C’est un mensonge éhonté. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) fixe la dose aiguë de référence (DARf) pour le glyphosate à 0,5 milligramme par kilogramme de poids corporel, soit près de 400 fois la concentration mesurée dans l’urine.

Ce point est essentiel, car il touche à la distinction risque/danger. Le risque, c’est la probabilité d’être exposé multipliée par la dangerosité du produit. Un produit dangereux auquel on n’est pas exposé ou seulement à des doses minimes n’est pas forcément risqué. Un crash d’avion est très dangereux, mais très rare, ce qui en fait le moyen de transport le plus sûr au kilomètre parcouru.

La classification de l’herbicide en « probablement cancérogène pour l’homme » (catégorie 2A) par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC) fait débat dans le milieu scientifique. Dans tous les cas, cette catégorisation caractérise le danger et non le risque.

Distinction essentielle qui est manifestement passée sous silence. Toutes les grandes agences sanitaires du monde, qui évaluent le risque, ne réclament pas l’interdiction du glyphosate. La consommation de charcuterie est « cancérogène pour l’homme » (catégorie 1) selon le CIRC, ce n’est pas pour autant qu’elle doit être interdite.

Le jardinier Johnson et son procès obscurantiste contre Monsanto

« Envoyé Spécial » s’attarde ensuite sur la terrible maladie de Dewayne Johnson qui a gagné un retentissant procès face à Monsanto cet été (Monsanto fait appel). Si son cancer désormais incurable ne peut laisser personne de marbre, il n’en reste pas moins que la science ne permet pas d’affirmer qu’il a été causé par son utilisation professionnelle du glyphosate. Le jury en avait pourtant jugé autrement. Nous avions expliqué dans un article en quoi cette décision est une dérive dangereuse du droit et une négation grave de la science.

L’affaire des Monsanto Papers, la science toujours absente

L’affaire des Monsanto Papers a révélé des pressions de la firme sur les agences sanitaires et des cas de ghostwriting consistant à faire signer par des scientifiques réputés des articles largement rédigés par les toxicologues de Monsanto.

Ces pratiques, éthiquement critiquables et méthodologiquement discutables, ne permettent néanmoins pas de remettre en cause les conclusions scientifiques sur la cancérogénicité de l’herbicide selon l’EFSA car elles ne concernent que des éléments mineurs. Cela pose toutefois de vraies questions sur la nécessaire transparence des procédures d’évaluation et de mise sur le marché des intrants agricoles.

« Envoyé Spécial » offre une tribune à un scientifique unanimement discrédité

« Envoyé Spécial » frappe fort en donnant la parole pendant de longues minutes à Gilles-Éric Séralini, un scientifique largement discrédité suite à la publication d’une étude sur la cancérogénicité d’un maïs OGM résistant au glyphosate.

Depuis rétractée par le journal, cette étude a été très critiquée par la communauté scientifique sur sa méthodologie et a été jugée inadéquate par le CIRC. C’est à peine si le reportage annonce que ces résultats ont été contredits depuis par quatre expériences (Marlon, GRACE, G-TwYST et GMO 90+) qui montrent toutes l’absence d’effet sur le cancer. Mais le mal est fait. Gilles-Éric Séralini peut désormais vendre de la peur très lucrative dans ses livres et avoir l’oreille attentive d’Élise Lucet.

L’instrumentalisation d’un enfant handicapé

Théo, un enfant de 11 ans souffrant d’une anomalie congénitale est interviewé. Sa mère affirme que son handicap est apparu suite à son utilisation de l’herbicide lorsqu’elle était enceinte. Comme dans le cas de Dewayne Johnson, rien ne permet d’affirmer un lien de causalité. Élise Lucet se livre ici à une instrumentalisation révoltante de la situation de cet enfant.

Pas non plus de preuve au Sri Lanka

Une instrumentalisation de plus au Sri Lanka. Cette fois-ci, le glyphosate serait coupable d’une épidémie de maladie rénale. Envoyé Spécial s’appuie sur des études réalisées par Channa Jayasumana pour l’affirmer (ici et ici). Ces articles restent hypothétiques et ne démontrent pas de causalité. Plusieurs facteurs sont avancés par les scientifiques, dont le glyphosate, mais l’OMS juge que ce n’est pas démontré.

Ce passage de l’émission « Envoyé Spécial » montre d’ailleurs que sans glyphosate, la seule alternative crédible est de revenir au désherbage manuel ou mécanique. Une solution qui peut coûter très cher et aller à contre-courant des gains de productivité agricoles qui permettent aux populations des pays pauvres de sortir de la misère et de la faim. L’interdiction du glyphosate a d’ailleurs été annulée en 2018 pour toutes les cultures au Sri Lanka, contrairement à ce qu’affirme le reportage.

Des parlementaires à la botte du président, un scoop ?

Élise Lucet tiendrait-elle un scoop ? L’Assemblée nationale est une caisse d’enregistrement des décisions du président. Ce n’est pas comme si l’on découvrait l’utilité limitée de cette institution.

Ce passage a le mérite de montrer l’embarras des politiques qui, au mépris de la science et du droit, refusent de rappeler le consensus scientifique porté par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES).

François de Rugy, ministre de l’Écologie affirme qu’il y aura une alternative pour « en finir avec le glyphosate en 2021 ». La promesse est aisée, l’art est difficile. L’Institut national de recherche agronomique (INRA) estime qu’aucune alternative ne puisse faire aussi simple, efficace, peu toxique et peu coûteux que cette molécule. Il est peu probable qu’une meilleure solution soit trouvée et mise sur le marché d’ici 2021.

Conclusion

Oui le glyphosate est dangereux. Oui son utilisation doit être faite avec les précautions qui s’imposent. Oui, les méthodes de Monsanto, intégré depuis à Bayer, sont critiquables et éthiquement discutables.

Mais la science est très claire sur le sujet. L’utilisation du glyphosate de manière conventionnelle ne présente à ce jour pas de risques significatifs connus.

Élise Lucet entretient une désinformation anti-science cumulant des conditionnels, des théories du complot, des instrumentalisations révoltantes, des images-chocs, une musique anxiogène, des interviewés acculés, des chiffres présentés sous forme effrayante, mais qui n’apportent rien, des mensonges et des lacunes graves pour traiter d’un sujet pourtant essentiel.

La liberté de la presse ne dispense ni de contradicteurs ni de rigueur intellectuelle. La question des pesticides est complexe, car elle implique un arbitrage entre protection de l’environnement, maintien de la productivité agricole et sécurité sanitaire pour les producteurs et les consommateurs.

Sans vouloir minimiser les inquiétudes et les précautions concernant l’utilisation de ces intrants agricoles, l’IREF estime que le sujet aurait dû être traité de manière moins manichéenne et faire appel à des scientifiques et des spécialistes reconnus pour leur expertise en agronomie, en nutrition et en toxicologie.

Attaché à une liberté inconditionnelle de la presse, l’IREF milite pour la privatisation de France Télévisions. Cela permettra à chacun de choisir librement quel média il souhaite financer sans être forcé de subventionner les émissions comme « Envoyé Spécial » d’Élise Lucet, payée 25 000 €/mois, par la redevance audiovisuelle publique.

journalisme propagande écologie
https://www.contrepoints.org/2019/01/20/335099-envoye-special-traitement-malhonnete-glyphosate

Orthographe : qui connait les rectifications de 1990 ?

Wed 23 Jan 2019 - 06:54

Peut-on écrire le verbe « entraîner » sans accent circonflexe ? Non, pense encore une bonne partie de nos concitoyens. Pourtant, depuis 1990, ce signe n’est plus obligatoire sur les lettres « i » et « u », sauf dans les terminaisons verbales (exemple : qu’il dût, qu’il fût) et les cas où cela induirait une confusion de sens (exemple : mûr/mur).

Cette évolution fait partie d’un ensemble de modifications de l’orthographe publiées au Journal officiel en 1990, dont voici une synthèse :
Résumé des rectifications orthographiques de 1990. Journal Officiel de la République française

Résumé des rectifications orthographiques de 1990

Des modifications limitées

Les rectifications touchent quatre points précis : le trait d’union, le pluriel des noms composés, l’accent circonflexe et le participe passé des verbes pronominaux. Dans le détail, on peut signaler aussi :

la généralisation du trait d’union à tous les numéraux formant un nombre complexe
l’emploi du È pour transcrire le son « e ouvert » pour tous les verbes se terminant en -eler ou -eter (à l’exception de appeler et jeter)
la graphie nénufar, qui a fait couler beaucoup d’encre, alors que ce mot s’est écrit ainsi jusqu’en 1932.

Bref, des modifications raisonnables et très limitées, visant à rendre l’orthographe plus régulière et donc la langue écrite accessible à tous. Mais comme le souligne une enquête menée en 2010, les étudiants et enseignants français sont assez peu nombreux à les connaitre, en tout cas nettement moins nombreux que les Belges, Suisses et Canadiens. Et ils sont peu nombreux à les appliquer.

Cela provient du fait qu’une fois ces modifications actées, le pouvoir politique français n’a pas fait beaucoup d’effort pour les promouvoir auprès des enseignants. Or, si les professeurs ne les transmettent pas en classe, comment cette nouvelle orthographe pourrait-elle se retrouver dans l’usage ? On peut aussi signaler que les dictionnaires usuels ont mis un certain temps à les faire apparaitre et qu’aucun journal de référence français ne les applique. Et la virulente campagne de dénigrement relayée par les journaux, chaines de télévision et radio a eu un fort impact négatif.

Une demande de linguistes et de professeurs

Deux événements importants ont été à l’origine des rectifications de 1990. Tout d’abord, une prise de position de la part de professeurs d’écoles et de collèges réclamant une simplification de l’orthographe. Ensuite, un appel en faveur d’une modernisation de l’orthographe est signé par dix linguistes et paru dans le journal Le Monde en 1989. Le pouvoir politique s’empare alors de la question par l’entremise du premier ministre de l’époque, Michel Rocard.

Pour arbitrer, il fait appel à trois instances, à savoir l’Académie française, le Conseil supérieur de la langue française et un comité d’experts. Michel Rocard prend une position active et volontariste dans l’entreprise. Le comité d’experts se met au travail le 12 décembre 1989 et rend un rapport quatre mois plus tard. Ce rapport contient les propositions de rectifications que les membres du comité d’experts jugent pertinentes. L’Académie française l’approuve à l’unanimité des présents. Le premier ministre les soutient également.

Il est alors prévu que ces rectifications soient enseignées dès la rentrée 1991. Sans toutefois les imposer aux adultes qui pourront conserver l’ancienne orthographe en attendant que la nouvelle se généralise. Le texte est publié au Journal officiel le 6 décembre 1990. Les réactions médiatiques hostiles furent presque immédiates. Allant jusqu’à un retournement spectaculaire de la position des membres de l’Académie française.

Pour finir, la circulaire ne fut pas publiée, contrairement à ce qui était prévu. Il faudra attendre 18 ans pour que les rectifications apparaissent timidement dans les programmes scolaires. Et 8 ans de plus pour que les manuels scolaires les adoptent, ce qui a eu pour conséquence de relancer les hostilités.

Des actualisations périodiques

Ces écueils ne représentent pas des exceptions. Depuis plus d’un siècle, toutes les propositions de modification de l’orthographe se sont heurtées à des campagnes de dénigrement. Or il faut bien voir que des strates de rectifications ont été empilées au cours des siècles sans vue d’ensemble.

Cela a abouti à de multiples sous-systèmes pas toujours cohérents entre eux. D’où l’importance d’actualiser périodiquement notre orthographe afin de la rendre plus régulière. Sans parler du fait que si on ne le fait pas, on s’éloigne lentement mais sûrement de la prononciation.

Pour des raisons historiques, le français avait une orthographe très proche du latin, dont il est issu. C’est la raison pour laquelle il possède un certain nombre de lettres étymologiques muettes. Certaines de ces lettres étymologiques ont d’ailleurs été réintroduites alors qu’elles avaient disparu ou bien ont été supprimées. C’est le cas dans tiLtre et aDvocat. De plus, l’alphabet du français est directement hérité de celui du latin. Or, le français comporte plus de sons que le latin. Pour compenser cela, on y a ajouté quelques lettres ainsi que des accents et la cédille.

Ces ajouts ont été décidés par des grammairiens et imprimeurs codifiant la transcription de notre idiome. Il faut en plus ajouter, aux divers procédés orthographiques utilisés, le recours à la combinaison des lettres pour transcrire un son : CH, EAU, OU, ON, etc. Et aussi l’importance accordée à la différenciation des homographes, c’est-à-dire au fait de distinguer, par la forme graphique, des mots se prononçant de la même façon comme vert, verre, vers, ver. La liste des mots possédant un pluriel irrégulier est également touchée par ces choix, ainsi qu’un ensemble de règles d’orthographe grammaticale : conjugaisons des verbes, absence d’accord quand on a affaire à un substantif épithète (des rideaux orangE)…

Ce très rapide tour d’horizon montre bien que l’orthographe française est le résultat de choix, et non d’une évolution naturelle. Bien sûr, on peut critiquer, à raison, tel ou tel cas modifié en 1990. Par exemple, on peut se demander pourquoi le comité d’experts a décidé de conserver certaines exceptions plutôt que d’élaborer des règles systématiques. Mais il ne faut jamais perdre de vue que l’on a besoin de rendre notre orthographe plus régulière et donc plus accessible. C’est un enjeu démocratique majeur à une époque où l’écrit est indispensable et où l’on souhaite agrandir la famille de la francophonie.

langue
https://theconversation.com/orthographe-qui-connait-les-rectifications-de-1990-109517

Neum, le territoire qui échappe aux radars de la géolocalisation et de l'Histoire | Slate.fr

Tue 22 Jan 2019 - 16:48

Vous ignorez tout de ce territoire bosnien qui fait de la région de Dubrovnik une enclave croate? Logique: sa frontière ne fait que vingt kilomètres de long.

http://www.slate.fr/story/172518/histoire-geographie-meconnue-neum-bosnie-europe

Si vous ne prenez pas la pilule en continu, c'est à cause... du pape | Le Huffington Post

Tue 22 Jan 2019 - 16:18

Comment est-ce possible que pendant 60 ans, nous ayons pris la pilule d'une manière non-optimale pour faire plaisir au pape?"

Rédaction du HuffPost

Si la pilule contraceptive a été pensée avec un arrêt de 7 jours, c'était pour que l'Église catholique l'accepte.
PhotoAlto/Frederic Cirou via Getty Images
Si la pilule contraceptive a été pensée avec un arrêt de 7 jours, c'était pour que l'Église catholique l'accepte.

CONTRACEPTION - Vous prenez une pilule contraceptive que vous devez arrêter sept jours entre deux plaquettes? Une pratique sans bienfaits reconnus et historiquement mise en place... pour faire plaisir au pape.

Alors que la Faculté de santé en matière de sexualité et de reproduction du National Health Service (NHS), le système de santé du Royaume-Uni a rappelé le 20 janvier que les femmes ne prenaient aucun risque en prenant une pilule en continu, elle est aussi remontée à l'étrange origine de la pause de sept jours habituellement observée entre deux plaquettes.

La pilule combinée, qui se prend pendant 21 jours et s'arrête pendant une semaine, permettant le déclenchement de règles artificielles, aurait été introduite pour la première fois dans les années 60 dans l'espoir que l'Église catholique "accepte" une telle forme de contraception.

John Guillebaud, professeur émérite en santé reproductive, interrogé par The Telegraph, retrace cette histoire. "Le gynécologue John Rock l'a conçue parce qu'il espérait que le pape accepterait la pilule, et la rendrait acceptable pour les Catholiques", explique-t-il. "Rock estimait qu'en imitant le cycle naturel, le pape l'accepterait. Quand sa campagne auprès du pape a échoué, il a tout simplement cessé d'être Catholique après avoir été croyant toute sa vie."

Il s'interroge ensuite: "Comment est-ce possible que pendant 60 ans, nous ayons pris la pilule d'une manière non-optimale pour faire plaisir au pape?"

Aucune recommandation officielle ne dit que prendre la pilule en continu représente plus de dangers qu'une pilule qu'on interrompt. Comme le rappelle sur Twitter le médecin Martin Winckler spécialiste de ces questions, le seul risque est d'avoir quelques "saignements intermittents".

Oui vous pouvez prendre une pilule estroprogestative en continu. S'il s'agit d'une pilule dont les comprimés ne contiennent *pas tous* la même dose d'ep, vous risquez cependant d'avoir des saignements (spottings) intermittents. Plus d'infos : https://t.co/br5mb0X2hn

Sur son site, il expliquait en 2013 que la pilule en continu était en plus confortable pour certaines femmes, celles qui ont des migraines la semaine d'arrêt de leur pilule, celles qui souffrent de symptômes prémenstruels ou encore celles qui souffrent d'endométriose.

Dans ses nouvelles recommandations, la NHS explique qu'il n'existe pas de bienfaits pour la santé à interrompre sa pilule pendant sept jours. Et que certaines femmes, pour éviter d'avoir mal au ventre, peuvent prendre la pilule en continu. Le mieux étant quoi qu'il en soit de demander conseil à son gynéco.

contraception pape église
https://www.huffingtonpost.fr/2019/01/22/si-vous-ne-prenez-pas-la-pilule-en-continue-cest-a-cause-du-pape_a_23649310/

Droit d’auteur : Google fait planer l’ombre de résultats de recherche caviardés

Mon 21 Jan 2019 - 22:26

Des résultats tronqués, où ne s’affichent ni les titres ni les images des articles de presse… Voilà ce à quoi, selon Google, pourrait ressembler le moteur de recherche si la directive européenne sur le droit d’auteur était mise en œuvre.

Certains internautes français ont eu la surprise de découvrir, ces derniers jours, des résultats de recherche Google à l’apparence étrange en tapant certains mots-clés. Des pages parfois très dépouillées, où les articles de presse remontant sur Google n’avaient plus d’images ni de titres, remplacés par des espaces vides, selon nos constatations.

directive-copyright Google TF
https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/01/17/droit-d-auteur-google-fait-planer-l-ombre-de-resultats-de-recherche-caviardes_5410694_4408996.html

« On a mis un feu rouge improbable à l'entrée de la ville » : les astuces du maire de Lieusaint pour tromper Waze - Tech - Numerama

Mon 21 Jan 2019 - 21:04

Depuis que l'application GPS Waze a fait de sa ville un itinéraire intelligent, le maire de Lieusaint fait tout pour revenir en arrière. Ses riverains se plaignent de nombreuses nuisances.

Depuis plus d’un an et demi, les 12 000 habitants de Lieusaint, une ville située en Seine-et-Marne, subissent des nuisances quotidiennes. Parce que l’application GPS Waze a fait de leurs rues un itinéraire « intelligent », ils voient passer sous leurs fenêtres des flots ininterrompus de voitures. Le maire de la ville, Michel Bisson (PS), raconte cette histoire à Numerama.
Numerama : Que se passe-t-il exactement à Lieusaint depuis un an et demi ?

Michel Bisson : Il y a un peu plus d’un an et demi, on a commencé à voir arriver beaucoup de voitures dans Lieusaint. C’était tous les matins, entre 8 et 9 heures. Il faut savoir que la ville est bordée par l’autoroute A5 et la Francilienne, deux axes routiers majeurs. On a rapidement compris que l’application GPS Waze conseillait aux automobilistes qui s’y trouvaient de passer plutôt par Lieusaint pour gagner du temps.

Le problème, c’est que toutes ces voitures passent depuis 18 mois dans des quartiers résidentiels. Cela amène des nuisances sonores, de la pollution. Il arrive que les bus soient ralentis par ce nouveau trafic, et que des gens arrivent en retard ou ratent un train de ce fait.

Il y a enfin un problème de sécurité. Ce sont des quartiers dans lesquels passent des papas et mamans qui amènent des enfants à l’école et où il y a un collège, donc des enfants qui traversent. Fort heureusement, pour le moment, nous n’avons eu ni accident, ni d’augmentation significative du nombre d’infractions constatées.
Vous avez pris des mesures pour tenter de tromper l’algorithme de Waze. Lesquelles ?

Dès que l’on a compris d’où le problème venait, on s’est mis à organiser des réunions publiques. Nous nous sommes mis d’accord sur des solutions relatives à l’aménagement. On a par exemple transformé des voies à double-sens en voies à sens unique.

Il y a 6 ou 8 mois environ, on a également installé des feux tricolores supplémentaires. C’était assez délicat, car il fallait qu’ils ralentissent les utilisateurs de Waze, mais qu’ils ne pénalisent pas les riverains, sinon c’eut été une double-peine…

On les a donc placés dans des endroits relativement improbables. Il y en a par exemple à l’entrée de la ville, au niveau d’un passage piéton en bordure d’une forêt. On l’a volontairement réglé pour qu’il soit long : il reste une minute au rouge.

À l’inverse, on a fait en sorte de ne pas mettre de feu tricolore à la sortie de la ville, pour que les voitures qui y entrent puissent vite ressortir et désengorger les rues.
Waze a-t-il réagi ?

Pas vraiment. J’ai envoyé deux courriers : un au début de l’été 2018, puis le second à la fin de l’été. Je n’ai pas eu de réponse, mais c’est peut-être aussi parce qu’ils sont une petite équipe en France, et qu’ils n’ont pas beaucoup de pouvoir sur les algorithmes.

Puis quand on a commencé notre installation de feux tricolores à des endroits bizarres, les médias ont commencé à s’intéresser à notre histoire. J’ai alors réussi à entrer en contact avec un cartographe indépendant, qui travaille bénévolement pour Waze. Ensemble, on a cherché des solutions. Il m’a dit qu’on ne pouvait effectivement pas changer grand-chose à l’algorithme, mais qu’on pouvait le tromper un peu en ajoutant des paramètres.

Il a d’abord changé des voiries de catégorie. Sur Waze, il y a différentes catégories de routes, qui vont de la catégorie 1, les autoroutes, à la catégorie 6, de petites routes résidentielles. On a passé des routes en catégorie 6 et depuis, on a effectivement un peu moins de flux.

Une autre mesure efficace, ça a été de sélectionner d’autres trajets que ceux passant par Lieusaint comme étant des trajets « attractifs ». Dès le lendemain, on en mesurait les effets.

Au total, on a réussi à réduire le trafic de 40 à 50 % environ. Ce n’est pas réglé pour autant, alors on prévoit encore d’ajouter sur la carte des équipements publics comme les écoles, afin que l’algorithme se « dise » : ok, on va éviter les flux massifs dans le coin. Cela deviendra opérationnel en 2019 et on espère que les effets seront là. Sinon, nous avons prévu de baisser la limitation de vitesse de certaines rues.
Jusqu’où irez-vous ?

Je crois que l’important c’est de ne pas oublier l’intérêt général. Une ville aux États-Unis a interdit des routes aux non-riverains. Nous l’avons envisagé, mais ça nous semblait trop extrême. On a aussi pensé à passer des rues en sens interdit de 8 à 9 heures, mais il nous faudrait l’aval de la préfecture. En tant que commune, on ne fait pas non plus ce qu’on veut.
Pensez-vous que les collectivités ou le gouvernement devraient agir ?

Je sais que c’est un problème qui ne touche pas que Lieusaint. Il y a eu des problèmes de la sorte à Chateaufort, dans les Yvelines, à Versailles quand il y avait d’importants travaux dans le centre, et j’ai aussi été contacté par le maire du 7e arrondissement de Paris pour un souci avec Waze, dont je ne connais pas les détails.

À première vue, ça a l’air d’un micro-phénomène, mais je pense que c’est bien plus que ça. Ça pose la question de la maîtrise de l’espace public. Garantir la sécurité dans l’espace public, c’est un devoir pour nous. Les nouvelles technologies comme Waze apportent beaucoup de choses très positives, mais parfois, elles ont des effets pervers. Dans le cas présent, c’est le désordre dans l’espace public.

Il y a du coup un véritable enjeu pour les collectivités, qui me semblent dans un premier temps bien indiquées pour agir, plus que le gouvernement. Nous avons besoin d’instances de régulation.
Que se passera-t-il si on laisse faire les choses ?

Le risque, c’est que nos villes deviennent des villes servicielles. Aujourd’hui, on est davantage dans un système de villes citoyennes, où le public prime sur le privé. Si des applications comme Waze ont plus de pouvoir que nous sur l’espace public, ce rapport va s’inverser peu à peu.
Vous n’avez donc aucun pouvoir sur Waze ?

Non, puisque nous n’avons avec l’entreprise aucune relation contractuelle. De ce fait, on ne peut pas leur reprocher de ne pas respecter un contrat avec nous.

Contacté, Waze n’a pour le moment pas répondu à nos sollicitations.

TF Waze
https://www.numerama.com/tech/455697-on-a-mis-un-feu-rouge-improbable-a-lentree-de-la-ville-les-astuces-du-maire-de-lieusaint-pour-tromper-waze.html

Directive sur les droits d'auteur : les représentants des États disent douter des controversés articles 11 et 13 - Politique - Numerama

Mon 21 Jan 2019 - 20:49

Les articles 11 et 13 de la directive européenne sur les droits d'auteur font débat depuis des mois. Parmi ceux qui discutent du texte, des voix s'élèvent également contre eux, au point de suspendre les discussions.

Les discussions à propos de la directive européenne sur les droits d’auteur sont en pause. Une réunion qui devait avoir lieu prochainement pour en discuter a été annulée, a rapporté The Verge vendredi 18 janvier. Ceci est lié aux doutes émis par plusieurs représentants d’États membres de l’Union européenne à propos des articles 11 et 13.
Des dispositions difficiles à mettre en œuvre

Ces deux articles cristallisent depuis quelques mois maintenant l’essentiel des critiques faites sur la directive. L’article 11 doit créer un droit voisin au droit d’auteur pour les éditeurs de presse. L’objectif est de donner à ces derniers plus de poids pour pouvoir négocier l’utilisation de leurs contenus dans divers services en ligne.
copyright directive juri
Discussions sur la directive // Source : Julia Reda

L’article pose question, car il semble difficilement applicable. Il obligerait par exemple les internautes souhaitant ajouter en guise de source un lien vers un article de presse dans Wikipedia à d’abord demander au média de le citer. Pour les défenseurs des libertés numériques, une telle idée est déraisonnable, même si l’hypothèse d’une dérogation pour Wikipedia a été évoquée : d’autres projets similaires sur Internet pourraient être mis en danger. Ce texte selon certains, va même à l’encontre de ce qu’est le web, à savoir des pages hébergées sur des sites et reliées les unes aux autres par des liens hypertextes.

L’article 11 déplaît également à Google, qui pourrait se voir imposer une sorte de « taxe Google Actualités ». Celle-ci avait été mise en place en Espagne, et Google a préféré à l’époque fermer son service Google News dans le pays.

L’article 13, qu’on vous expliquait en détails dans un article, concerne lui les plateformes d’hébergement en ligne. Il a pour objectif de mieux protéger les ayants droit, c’est-à-dire les personnes ou entités qui détiennent des droits d’auteur.
L’article 13 de la directive européenne sur les droits d’auteurs fait peur aux vidéastes. // Source : Numerama / Pixabay

En l’état, il modifie le degré de responsabilité des plateformes comme YouTube, qui a mené une large campagne contre l’article 13. Il indique que l’entreprise, et d’autres, seront responsables des contenus qui sont publiés sur leur plateformes, et donc du respect des droits d’auteur dessus. Jusqu’à présent, les plateformes sont considérées comme de simples hébergeurs de contenus, et ne sont obligées de supprimer des contenus violant les droits d’auteur que s’ils lui sont signalés.

Comme l’article 11, l’article 13 pose de nombreuses questions, et pas seulement à YouTube. Sa mise en application semble pour le moment délicate, voire impossible.
Deux articles jugés trop restrictifs en l’état

Les représentants de 11 États membres semblent avoir entendu ces critiques. Ils ont annulé un sommet à venir en expliquant que la directive, notamment dans ses articles 11 et 13, était trop restrictive, et qu’elle risquait de pénaliser les créateurs en ligne.

Au mois de juillet, le Parlement européen avait déjà exprimé ses doutes concernant les deux articles controversés. Cependant, une version plus nuancée avait été approuvée au mois de septembre.

Les représentants des États ont jusqu’à la fin du mois de février pour valider une nouvelle version du texte.

directive-copyright droit-d-auteur Europe TF
https://www.numerama.com/politique/456723-directive-sur-les-droits-dauteur-les-representants-des-etats-disent-douter-des-controverses-articles-11-et-13.html

Directive copyright: un débat impossible en France – EURACTIV.fr

Mon 21 Jan 2019 - 19:53

Pierre-Yves Beaudouin est le président de l’association Wikimédia France.

Wikipédia, un anti-droit d’auteur ?

Durant les débats de ces derniers mois, Wikipedia a été présenté comme un anti-droit d’auteur par de nombreux partisans de l’article 13. Née en pleine période de piratage massif de la musique, l’encyclopédie Wikipédia repose sur un système juridique basé sur le droit d’auteur et la création de son propre contenu. Le piratage n’a jamais été la règle et la communauté passe de nombreuses heures à expliquer et faire respecter le droit d’auteur. Les wikipédiens sont des créateurs comme les autres et sont régulièrement victimes de plagiat.

Protestation généralisée

Les articles 11 et 13 de la directive Copyright n’en finissent plus de se mettre à dos les internautes. Après les chercheurs en informatique, les jeunes artistes, les bibliothécaires, les universitaires, les pères fondateurs d’Internet, les forges de logiciel open source, les makers ou de nombreux sites web (Medium, Qwant, Redditt, Twitch, Twitter, Vimeo, Youtube…) et la mobilisation des rédacteurs de Wikipédia, ce sont les Youtubeurs eux-même qui invitent les eurodéputés à ne pas généraliser à l’ensemble d’Internet le système de filtrage à l’œuvre sur Youtube. Pour couronner le tout, la pétition citoyenne n’en finit pas de grimper : 4,3 millions de signataires.

Malgré ces nombreuses protestations, le législateur et les gouvernements européens refusent de revoir leur projet. Au final l’article 13 va se traduire par la mise en place de solutions de filtrage automatique du contenu posté sur les plateformes par les internautes et restreindre la possibilité de diffuser du contenu, ce, au détriment de la possibilité de s’exprimer et de la liberté d’expression. Pire il ne prévoit pas de mécanismes suffisants pour permettre aux internautes de contester facilement les suppressions et les démonétisations de contenus injustifiées.

Le Trilogue n’a rien arrangé

À force de compromis et tentatives de passages en force du texte, on ne voit plus très bien à quoi sert la directive. À l’origine, la Commission européenne a proposé de mettre à jour et d’harmoniser certains aspects de l’accès en ligne à l’information et à la connaissance dans l’Union européenne. Selon le législateur, l’émergence de nouveaux services, la possibilité de partager des informations et l’utilisation croissante de l’apprentissage automatique pour extraire des connaissances nécessitent une révision du cadre juridique de la législation européenne sur le droit d’auteur. Nous partageons ce point de vue et le mouvement Wikimedia est impliqué depuis 2016 dans les différentes phases d’élaboration de la directive.

Or il n’est plus question d’harmoniser le droit d’auteur au sein de l’Union européenne. Pas plus de le moderniser vraiment (règles concernant la fouille de texte incohérentes, exception User Generated Content et prise en compte de la culture du remix improbables, etc.) ou de favoriser l’innovation et l’émergence de nouveaux acteurs. La réforme du droit d’auteur sur Internet semble avoir été détournée de son objet initial pour simplement servir à réguler et obtenir plus d’argent de Youtube pour l’industrie musicale. Est-ce vraiment le but d’une directive européenne qui va s’appliquer dans l’espace économique européen pendant une vingtaine d’années ? Le seul article, le -14, qui fut rajouté lors des débats au Parlement européen, qui assurait une proportionnalité de revenus aux auteurs par rapport à l’argent créé autour d’un contenu posté est lui remis en cause lors des discussions du Trilogue entre Commission, Parlement et Conseil européen. Cela ne va pas en s’améliorant au fur et à mesure des versions du texte issues des discussions, c’est même de pire en pire.

Généralisation d’une technologie immature au détriment de l’innovation en Europe

L’exemption des startups et PME qui avait été proposée par le parlement, serait elle aussi remise en cause. Incohérent avec tous les discours tenus à longueur d’année sur l’importance d’avoir des plateformes européennes compétitives et de favoriser l’éclosion de champions européens. La responsabilisation immédiate des plateformes des contenus postés par les internautes est un frein énorme pour toute création de nouvelle plateforme. La réforme européenne souhaite imposer la technologie imparfaite de filtrage utilisée sur Youtube pourtant décriée à longueur de journée par les utilisateurs de la plateforme. De nombreux partisans de l’article 13 reconnaissent que cette technologie ContentID n’est pas au point et ne peut être généralisée à l’ensemble du contenu sur Internet : Ils estiment que la main invisible du progrès permettra à l’humanité d’avoir une technologie au point dans le futur qui reconnaîtrait les exceptions au droit d’auteur, fondamentales pour notre démocratie (information, éducation, parodie, remix, etc.). Il ne reste plus qu’à espérer qu’elle voit le jour d’ici une vingtaine d’années (durée d’application probable de cette directive) et non dans un siècle. Un pari dangereux.

Des conséquences néfastes sur la diffusion des connaissances, sur l’accès à l’information, l’objectif premier de Wikipédia

Concrètement, vous souhaitez diffuser un article ou une illustration sur une plateforme, il y aura un risque que la solution de filtrage automatique, déployée pour respecter la directive, rejette votre contenu ou bloque votre compte au bout de plusieurs tentatives alors que le contenu est parfaitement légal. Des vidéos de Bach ont bien été supprimées de Youtube, il est donc tout à fait imaginable qu’à l’avenir des tableaux de Léonard de Vinci ou des citations de Victor Hugo soient supprimées.

Pour construire Wikipédia, les bénévoles utilisent souvent du contenu posté sur d’autres plateformes (Internet Archive, Flickr, Youtube, etc.). Dès le niveau de la création de contenu, la directive va poser problème en terme de sources et restreindre l’accès des créateurs à un large public.

Selon moi, une directive réussie devrait permettre l’émergence d’un futur Wikipédia dans 5, 10 ou 20 ans. Si ce n’est pas le cas, c’est que la directive est néfaste à l’intérêt général. Je déplore que le débat n’ai pas reposé en France sur les bonnes questions et permis la préservation des piliers de l’éco-système d’Internet. C’est une question de préservation de l’environnement numérique qui a permis ce qu’Internet propose aujourd’hui de meilleur. Une génération entière d’européens s’oppose à la directive car elle en comprend les enjeux. Il semble que les législateurs de l’Union européenne en sont moins conscients et n’écoutent pas les questions légitimes de ceux qui font Internet, au jour le jour.
Plus d'information

Wikimédia France est une association pour le libre partage de la connaissance née en 2004 pour promouvoir et soutenir en France l’ensemble des projets hébergés par la Wikimedia Foundation. Wikimédia France n’édite ni n’héberge aucun des projets de la Wikimedia Foundation, mais travaille à leur enrichissement et à leur meilleure connaissance par le soutien aux actions de ses membres.

directive-copyright droit-d-auteur TF Wikipédia
https://www.euractiv.fr/section/economie/opinion/directive-copyright-un-debat-impossible-en-france

Le livre papier perd-il vraiment du terrain?

Fri 18 Jan 2019 - 02:02

Pour la troisième année consécutive, le Ministère de la Culture organise la Nuit de la lecture le 19 janvier. Plus de 5 000 événements sont recensés sur le site dédié. Cette opération donne l’occasion de s’interroger sur le statut actuel de la lecture dans notre société contemporaine.

Entre omniprésence et érosion

Et d’abord pourquoi faut-il une fête de la lecture ? Si on définit la lecture par l’activité de déchiffrage de texte, nos contemporains ne cessent de lire. Que ce soit dans la ville (signalétique, publicités), à leur domicile (factures, recettes, etc.) ou partout sur leur téléphone portable, ils passent leur temps à lire. La dernière enquête de Médiamétrie montre qu’en novembre 2018, 69 % de la population française s’est connectée tous les jours à Internet. Et le temps consacré aux écrans connectés est loin d’être négligeable puisqu’en moyenne, parmi les Français de 2 ans et plus, il est estimé chaque jour à 33 minutes sur ordinateur et 52 minutes sur téléphone portable.

Bien sûr, ils ne font pas que lire, ils accèdent à des vidéos, communiquent, écoutent de la musique, etc. Mais pour faire tout cela, ils ont recours à la lecture même si les assistants vocaux se développent. La lecture est donc omniprésente sur un support qui ne lui est pas historiquement associé. La lecture est en effet soutenue et défendue par le monde du livre. Le magazine Livres-Hebo (plus exactement son site web) relayait récemment l’estimation de Charles Chu selon laquelle les Américains pourraient lire plus de 200 livres par an avec le temps qu’ils consacrent aux réseaux sociaux. Sur France-Culture, Guillaume Erner pointait récemment la « disparition » dans les cinq dernières années de plus de 6 millions d’acheteurs de livres en Allemagne et leur migration vers les vidéos diffusées en streaming.

C’est que la lecture demeure largement reliée à l’imprimé et en particulier au support du livre. Des années 1960 à 90, elle a été pensée comme concurrencée par la télévision et aujourd’hui, le succès des écrans connectés auprès de toutes les générations constitue la nouvelle « menace ». La Nuit de la lecture prend donc place dans ce contexte de contestation à l’état pratique des formes institutionnalisées de la lecture par nombre de nos contemporains.

Au lieu de les laisser s’abandonner à l’appel d’Internet, il s’agit de leur rappeler les charmes et les vertus du papier. Notre nouveau ministre de la culture ne s’y trompe pas en décrivant la Nuit de la lecture comme « une fête ouverte à tous les lecteurs, quels que soient leur âge et leurs goûts ; une fête ouverte à tous les livres, quels que soient leur genre et leur format ». Il n’y a plus de mauvais livres ou de « mauvais genres » comme il en existait encore au temps où la lecture de romans policiers était vue avec mépris. Il s’agit de célébrer l’universalité de la lecture de livres.

Il faut dire que depuis 1973 les déclarations de pratiques intensives de lecture de presse et de livres connaissent une érosion régulière. Les enquêtes Pratiques culturelles des Français ont montré par ailleurs que chaque nouvelle génération lisait moins (de livres) que la précédente. Ce repli du livre est donc une tendance qui aura du mal à s’inverser.

Quand la culture littéraire devient une « niche »

Plus globalement, c’est le statut de la lecture dans notre société qui est remise en question. La culture littéraire ne fait plus partie des pratiques constitutives de la formation, du recrutement et de la vie des élites. Certes, notre ministre de l’Economie et des finances vient de faire paraître un récit, mais il est obligé d’expliquer qu’il l’a rédigé sur le temps de ses vacances et n’en tirera pas une légitimité supplémentaire.

Le fait est que le bac littéraire ne représente même plus un dixième du total des bacheliers en 2015. Les formations élitistes supposent des compétences mathématiques, juridiques, économiques. La lecture n’en est pas absente mais elle remplit une fonction instrumentale d’accès aux connaissances et n’est ni sa propre fin ni une source évidente de reconnaissance. Rares sont les romans faisant l’objet de débats au-delà du cercle du milieu littéraire. Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu en a fait partie au bénéfice du mouvement des gilets jaunes mais le dernier Michel Houellebecq, pourtant lancé à grand renfort de presse, a quitté bien vite l’actualité générale.

Le livre, ce fétiche

La Nuit de la lecture apparaît comme une réponse (modeste) à cet affaiblissement symbolique du livre dans notre société. Le monde du livre entend montrer et démontrer les charmes de la lecture. Comme les manifestations littéraires qui émaillent le territoire au printemps et à l’automne, au creux de l’hiver, elle vient rassembler les croyants et pratiquants du livre et au premier chef dans les lieux qui lui sont traditionnellement dédiés (bibliothèques, librairies, CDI). La Nuit sera donc avant tout un moment de communion des croyants et pratiquants autour d’une sorte de fétiche, pour les professionnels comme pour les amateurs. L’enquête sur les manifestations littéraires pour le Centre National du Livre montre que les publics de ces événements ont « plutôt le goût de la lecture et de la culture ».
Comment peut-on être lecteur ?

Si donc la lecture n’est plus une condition de la participation aux élites, pourquoi la lecture serait-elle encore d’actualité ? Si le livre n’est plus un support constitutif du statut des élites, il peut faire l’objet d’un investissement à titre personnel, encore plus facilement qu’avant. D’une pratique issue d’une contrainte sociale, la lecture devient un choix personnel. Et plusieurs sociologues n’excluent pas que l’érosion de la lecture soit en partie en trompe l’œil. Elle est en effet mesurée à travers la baisse des lectures déclarées. D’ailleurs, si le marché du livre tend à s’éroder ces dernières années (on attend -2 % pour 2018 d’après les dernières données GfK citées récemment par Livres-Hebdo), il ne s’est pas écroulé depuis les années 1970.

Nous serions confrontés à un affaiblissement de la place symbolique du livre autant (mais peut-être plus, ou moins) qu’à un recul de la lecture. Le repli de l’injonction à lire ouvre la voie à l’engagement personnel dans la lecture. Et la Nuit de la lecture cherche à s’adresser aux lecteurs par-delà leurs statuts. Le recours à l’idée même de nuit renvoie à ce moment de la vie où, avec l’obscurité, peut émerger une identité plus ouverte que celle du jour. Et sans surprise, de nombreuses animations auront lieu autour de l’idée de proposer aux lecteurs de choisir un livre qui leur est cher pour le lire en public, pour le faire découvrir à d’autres ou tout simplement pour l’emprunter dans un acte de liberté personnelle.
De la culture pour tous à la lecture pour chacun

Débarrassés de toute pression à la lecture, les adultes (parce que les jeunes sont toujours sous l’emprise du « il faut lire ») peuvent construire leur pratique à travers la diversité de ce qui les constitue (histoire personnelle, rencontres, loisirs, etc.). Certains cherchent à en faire le cadre d’un partage mais tous participent à un éclatement des références collectives. Derrière les quelques titres phares se cache une diversité considérable non seulement dans la production éditoriale (plus de 68 000 titres publiés l’année dernière) mais aussi dans les lectures telles que nous les révèlent les statistiques de ventes ou d’emprunt.

Olivier Donnat a montré que les livres vendus à moins de 10 000 exemplaires représentaient 63 % du total des ventes de livre en 2016. De son côté, le palmarès des prêts et des acquisitions en bibliothèque 2017 révèle que les 1 000 titres de livres les plus empruntés ne représentent que 12 % du total des 13 millions de prêts étudiés. Comme notre société dans son ensemble, la lecture est confrontée au défi de conjuguer les échelons individuels et collectifs.

lecture livre
https://theconversation.com/le-livre-papier-perd-il-vraiment-du-terrain-109911
page 40 / 96

 Tags


  • RGPD
  • Vie-privée
  • reconnaissance-faciale
  • généalogie
  • histoire
  • acadie
  • canada
  • voyages
  • america
  • bretagne
  • provence
  • var
  • Revest
  • css
  • css3
  • html
  • générateur
  • adhoc
  • langue
  • livre
  • Lévothyrox

Nuage de tags

Shaarli - The personal, minimalist, super-fast, database free, bookmarking service
by the Shaarli community - Help/documentation - Framasoft/myframa