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 La revue de web de Kat

Et de dix! Mais vous souvenez-vous des neuf précédents référendums de la Ve? | Slate.fr

Fri 8 Feb 2019 - 10:23

Ira, ira pas? Le 26 mai ou pas? Emmanuel Macron va-t-il consulter le peuple par référendum? Anti-sèche des consultations référendaires depuis 1961, en attendant...

Faire ou ne pas faire un référendum le 26 mai, jour des élections européennes, telle est la question? C'est à ce dilemme shakespearien qu'est confronté Emmanuel Macron. «Y a-t-il pour l’âme plus de noblesse à endurer les coups et les revers d’une injurieuse fortune, ou à s'armer contre elle pour mettre frein à une marée de douleurs?», se demande Hamlet, prince du Danemark, dans la pièce éponyme du dramaturge anglais, en se posant la question «To be or not to be».

Être ou ne pas être le fossoyeur du débat européen? Être ou ne pas être le rédempteur de la participation électorale? Ou bien le champion de l'écoute des «gilets jaunes»? Ou bien encore le spécialiste de «l'enfumage» comme les mêmes «gilets jaunes» et les oppositions parlementaires en accusent, en boucle, le président de la République? Macron va devoir faire le tri, entre toutes ses hypothèses et sans doute quelques autres, après avoir écouté les dirigeants des partis politiques, des constitutionnalistes, ses conseillers, ses «visiteurs du soir» et pris le pouls de l'opinion. Il sait que le référendum est à double tranchant. La population française, elle, y est favorable à 55%, d'après un sondage Odoxa mené les 6 et 7 février.

«Une mèche lente sur un bâton de dynamite»

Dans le parti qu'il a fondé, La République en marche (LREM), les parlemetaires n'ont pas l'air très chaud pour un couplage avec les européennes. Pour noyer le poisson, Gilles Le Gendre, président du groupe de l'Assemblée nationale, dit qu'organiser un référendum le 26 mai est «une question secondaire»... alors que c'est justement une question centrale avec le contenu de la ou des questions posées aux Françaises et aux Français. Le premier ministre lui-même, Édouard Philippe, a déclaré au Sénat que «tout ce qui aurait pour effet de remettre en cause la clarté du débat» sur l'Europe «serait probablement à écarter».

À l’issue de son entretien avec @EmmanuelMacron, qui consulte cette semaine les chefs de partis et présidents des groupes parlementaires, @GillesLeGendre déclare que "la décision du referendum n’est absolument pas prise ».

Au nom du parti de droite Les Républicains (LR), le patron des sénateurs Bruno Retailleau refuse le chauvauchement avec les élections: «certainement pas le jour des européennes», a-t-il affirmé. «Pas question», tranche pour sa part Jean-Christophe Lagarde de l'Union des démocrates et indépendants (UDI). Chez les centristes du Mouvement démocrate (Modem) ou et les socialistes du PS, on trouverait curieux que le chef de l'État, pro-européen, mélange les deux sujets le même jour. Dans une formule un peu sibylline et sans se prononcer sur la date d'une telle consultation, le président du groupe communiste de l'Assemblée, André Chassaigne, considère qu'un référendum pourrait «être au final une mèche lente sur un bâton de dynamite». La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN, ex-FN), enfin, ne veulent pas non plus de ce double scrutin.

Quatorze années sans consultation référendaire

Du côté des constitutionnalistes, on pourra toujours en trouver qui sont partisans du couplage et autant qui sont favorable au... découplage. Ainsi Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel pense que, techniquement, il n'est «pas impossible» d'organiser un référendum en même temps que les européennes, si la décision est «prise assez rapidement». La Constitution répond même à l'hypothèse d'un référendum comprenant plusieurs questions grâce à l'article 558-45 du code électoral. «Il est évident que si l'on veut faire une opération référendum, il ne faut pas attendre septembre», considère le constitutionnaliste Didier Maus, tout en ajoutant que faire le tout le 26 mai «ce serait minorer le rôle des européennes». Pour sa part, Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à la Sorbonne (Paris), pense qui si Macron «fait ça à l'arrache, on va encore dire qu'il veut bâcler l'affaire».

Peser le pour et le contre avant de lancer un référendum, la plupart des présidents de la République, sous la Ve, y ont été confrontés. Des sept chefs de l'État qui ont précédé l'actuel locataire de l'Élysée, trois n'ont pas eu recours à ce vote populaire: Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981), Nicolas Sarkozy (2007-2012) et François Hollande (2012-2017). Le dernier référendum remonte au 29 mai 2005, il avait été initié par Jacques Chirac (1995-2007) pour faire adopter le traité constitutionnel européen justement et il s'est soldé par un rejet, le «oui» n'ayant obtenu que 45,33% des suffrages exprimés –un mauvais souvenir pour son auteur.

Neuf référendums, sept adoptions et deux échecs

Il n'est donc pas inutile de revenir sur les neuf référendums de cette République-ci qui ont suivi celui du 28 septembre 1958 mettant fin à la IVe République par adoption à 80,63% de la Constitution de la Ve. Minée par la crise algérienne et l'instabilité gouvernementale, la IVe est vacillante. Les parlementaires confient le pouvoir au général de Gaulle qui devient président du Conseil et qui, avec les pleins pouvoirs, est autorisé à élaborer un nouvelle Constitution. Mise en forme par des juristes supervisés par Michel Debré, elle instaure un régime parlementaire dans lequel le pouvoir exécutif est renforcé.

Sur ces neuf référendums, sept ont eu une issue positive pour leur initiateur et deux ont fait l'objet d'un rejet de la part du peuple français. À l'exception d'un seul –celui instaurant le quinquennat adopté en 2000-, tous les autres référendums ont été enclenchés sur décision du chef de l'État, grâce à la procédure de l'article 11 du texte fondamental de la République.

8 janvier 1961. L'autodétermination algérienne

Depuis plusieurs années, des soldats du contingent s'opposent au Front de libération nationale (FLN) qui mène une guerre pour l'indépendance de l'Algérie, pays que la France a placé sous sa tutelle coloniale. Arrivé au pouvoir deux ans et demi avant, de Gaulle décide, le 8 janvier 1961, de faire valider par référendum la politique de décolonisation qu'il a entreprise dès la fin 1958 avec l'indépendance octroyée à la Guinée.

Elle passe, cette fois, par la reconnaissance de l'autodétermination de l'Algérie où se déroule un conflit meurtrier que l'opinion souhaiterait voir s'achever. Le référendum sur cette question attire 73,76% des électeurs et électrices. Avec plus de dix-sept millions de voix, le «oui» l'emporte à 74,99%. Ce sera le troisième meilleur résultat de l'histoire des référendums de la Ve.

8 avril 1962. L'accession de l'Algérie à l'indépendance

Enclenché un peu plus d'un an avant avec, du reste, des incompréhensions tant du côté des partisans de «l'Algérie française», qui se recrutent majoritairement à l'extrême droite –l'Organisation de l'armée secrète (OAS) a été créée un mois après la référendum sur l'autodétermination de 1961–, que du côté des partisans de la cause opposée pour laquelle milite une partie de la gauche, le mécanisme d'indépendance s'achève avec le référendum du 8 avril 1962.

À cet égard, il faut du reste noter que le FLN critiquait vigoureusement, à la fin des années 1950, le Parti communiste (PCF), force dominante sur ce côté de l'échiquier en métropole, accusé de ne pas soutenir comme il convenait pour des internationalistes la «lutte anti-impérialiste des peuples coloniaux». Plus de trois électeurs et électrices sur quatre (75,34%) participent au scrutin et le «oui» obtient 90,81% des suffrages exprimés, soit le plus haut score jamais atteint dans une consultation populaire de la Ve République. Des pourcentages qui montrent à quel point l'opinion attendait la fin de cette guerre qui ne disait pas son nom.

28 octobre 1962. L'élection du président au suffrage universel

Doté d'une nouvelle Constitution depuis quatre ans, de Gaulle, qui vient d'assurer sa prééminence dans le règlement du conflit algérien, veut obtenir pour lui et pour ses successeurs l'onction du suffrage populaire pour occuper la fonction de chef de l'État. Les parlementaires, qui redoutent un pouvoir personnel et monarchique –pour ne pas dire autoritaire– de l'homme du 18 juin sont vent debout contre l'élection du président de la République au suffrage universel.

Voyant qu'il ne va pas pouvoir utiliser l'article 89 de la Constitution qui nécessite l'approbation des membres du Parlement pour organiser un référendum, «le général» décide d'utiliser l'article 11 (déjà mentionné) qui se passe de leur accord, en tordant l'esprit des tables de la Loi. Dès lors, de Gaulle est accusé de violer la Constitution qu'il a lui-même faite adopter. Par mesure de rétorsion, les partis représentés à l'Assemblée, à l'exception des gaullistes, déposent une motion de censure: elle est approuvée, le gouvernement Pompidou est renversé... et de Gaulle dissout l'Assemblée. Ce sera l'unique motion de censure adoptée jusqu'ici sous la Ve.

Le référendum du 28 octobre 1962 (qui intervient avant les élections législatives convoquées en novembre) assure une victoire, moins large que les précédentes, au fondateur de la France libre: le «oui» fait 62,25% des voix avec une participation de 76,97%. Et les législatives qui suivent accordent une victoire sans appel au parti gaulliste, l'Union pour la nouvelle république (UNR) obtient seule la majorité absolue à l'Assemblée, l'opposition est KO debout.

27 avril 1969. La régionalisation et la réforme du Sénat

Un an après les événements de Mai 68 qui ont ébranlé son pouvoir –de Gaulle est à l'Élysée depuis onze ans–, le chef de l'État tente d'affermir son autorité et de relancer son septennat prévu pour s'achever en 1972. Il soumet aux Françaises et aux Français une double question par référendum. Il veut mettre en route une décentralisation et (ou) une déconcentration de l'État, d'une part, et passer du bicaméralisme au monocaméralisme, en supprimant le Sénat qui fusionnerait avec le Conseil économique et social (CES, devenu Cese en 2008).

Pour la première fois de l'histoire de cette jeune République –et peut-être à tort, avec le recul–, les électeurs et électrices ne répondent pas vraiment aux questions qui sont posées mais se prononcent sur celui qui les posent.

Pour la première fois de l'histoire de cette jeune République –et peut-être à tort, avec le recul–, les électeurs et électrices ne répondent pas vraiment aux questions qui sont posées mais se prononcent sur celui qui les posent. L'usure du pouvoir, l'âge du capitaine (de Gaulle est dans sa soixante-dix-neuvième année) et l'évolution de la société sont fatales au premier président de la Ve. Le «non» l'emporte avec 52,41%, la participation atteint un maximum avec 80,13%. Comme il l'avait indiqué avant la consultation du 27 avril 1969, le général de Gaulle quitte le pouvoir. Il meurt dix-huit mois plus tard.

23 avril 1972. L'élargissement de la Communauté européenne

Pour la première fois, le corps électoral français doit répondre à une question européenne: le peuple est-il favorable à l'élargissement de la Communauté économique européenne (CEE) qui compte six pays fondateurs depuis 1957: l'Allemagne de l'Ouest, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas? Il s'agit d'ouvrir l'espace communautaire européen au Danemark, à la Norvège, à l'Irlande et à la Grande-Bretagne.

Par rapport aux précédents référendums, la participation est en très net recul: 60,24%. Bien qu'il ait levé le veto mis par de Gaulle à l'adhésion britannique, une dizaine d'années avant, le président Georges Pompidou ne s'engage que très modérément en faveur de cet élargissement. De plus, le nouveau Parti socialiste qui commence son ascension à travers l'Union de la gauche avec le PCF et les Radicaux de gauche a appelé à l'abstention. Enfin, électeurs et électrices marquent un faible intérêt pour la question posée. Qu'à cela ne tienne, le «oui» décroche 68,31% des voix.

Finalement, la Norvège appelée aussi à se prononcer de son côté par référendum repoussera cette entrée dans la CEE et la Grande-Bretagne, contre l'adhésion de laquelle de Gaulle avait mis son veto en 1963, la considérant comme le cheval de Troie des États-Unis, finira par voter le Brexit au terme d'un référendum en 2016, soit quarante-quatre ans après.

6 novembre 1988. Le statut de la Nouvelle-Calédonie

Entre 1984 et 1988, la Nouvelle-Calédonie (Pacifique sud) est secouée par des «événements» qui font des victimes parmi les Kanaks autochtones, partisans de l'indépendance du «Caillou» (dénomination de ce territoire français), les caldoches, descendantes et représentants de la population européenne, et les gendarmes installés sur place pour maintenir la paix et l'ordre entre les communautés. Les affrontements atteignent leur paroxysme avec une prise d'otages sur l'île d'Ouvéa en 1988 qui fait plusieurs morts. Tout cela se passe au moment de l'élection présidentielle alors que le pays vit sous le régime de la cohabitation entre Mitterrand à l'Élysée et Chirac à Matignon.

Après la réélection de Mitterrand, Michel Rocard est nommé Premier ministre. Il mène des négocations afin d'ouvrir des discussions entre indépendantistes et loyalistes qui conduiront aux accords de Matignon du 26 juin 1988. Le référendum du 6 novembre suivant doit donc entériner ces accords. Le fait que la Nouvelle-Calédonie soit une terre lointaine de la République ne favorise pas la participation qui est alors la plus faible depuis 1961: elle est de 36,89%. Il est vrai que le Rassemblement pour la République (RPR) dont le représentant, Chirac, vient d'être battu à la présidentielle, appelle à l'abstention lors du référendum. Au final, le «oui» l'emporte avec 80% des voix.

20 septembre 1992. Le traité européen de Maastricht

L'Europe est sans doute le sujet qui divise le plus les Françaises et les Français tout en les attirant modérément vers les urnes. Le référendum du 20 septembre 1992 –le second décidé par Mitterrand– est consacré au Traité de Maastricht. Il donne corps à l'Union européenne qui se substitue à la CEE et institue, notamment, l'union économique et monétaire ainsi qu'une coopération policière et judiciaire en matière pénale.

Comme celui de 1972 sur l'élargissement qui a marqué un tournant dans l'intérêt que porte l'électorat à ces consultations ou peut-être aux thèmes sur lesquels sont consultées les citoyennes et les citoyens, le scrutin de 1992 provoque une participation sans grand enthousiasme de 69,69% bien que la campagne ait donné lieu à des joutes très animées entre partisans et opposants au «Traité». Le «oui» gagne avec un score étriqué de 51,05% mais tout de même plus de treize millions de voix.

24 septembre 2000. L'instauration du quinquennat

S'il y a un référendum qui n'a pas attiré les foules, c'est bien celui sur le quinquennat du 24 septembre 2000. L'abstention bat un record (69,81%) et par voie de conséquence la participation également mais dans l'autre sens (30,19%). Il s'agit du premier référendum de cohabitation de la Ve République. Le socialiste Lionel Jospin est à Matignon depuis que le président Chirac, élu en 1995, a réalisé la dissolution –catastrophique– de l'Assemblée nationale, en 1997, donnant la possibilité à la «gauche plurielle» de devenir majoritaire au palais Bourbon.

Avec 73,21% des voix et 7.407.697 suffrages exprimés, le plus faible nombre de «oui» de tous les référendums organisés depuis 1961, le quinquennat devient la règle pour le mandat du chef de l'État.

La gauche est favorable à la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans, la droite y est opposée. Jospin fait campagne pour, Chirac ne s'engage pas dans cette voie d'autant qu'il a dit, quelques mois avant la consultation populaire, exclure de modifier la Constitution pour établir le quinquennat. Premier référendum de cohabitation, celui-ci est aussi le premier référendum constitutionnel qui est organisé par le biais de l'article 89, celui qui permet aussi de se passer de l'accord du président de la République car l'initiative peut être prise par les membres du Parlement.

Avec 73,21% des voix et 7.407.697 suffrages exprimés, le plus faible nombre de «oui» de tous les référendums organisés depuis 1961, le quinquennat devient la règle pour le mandat du chef de l'État. Le calendrier électoral ayant été modifié afin de caler les élections législatives juste derrière le scrutin présidentiel, histoire d'assurer une majorité confortable au nouvel élu, il n'est pas certain, à l'expérience, que le quinquennat ait été la réforme constitutionnelle la plus judicieuse de la Ve République.

29 mai 2005. Le traité donnant une Constitution à l'Europe

Dernier référendum en date, c'est-à-dire remontant à quatorze ans en arrière, le scrutin du 29 mai 2005 reste l'un des deux échecs référendaires. Pour la seconde fois sous la Ve République, le «oui» est minoritaire (45,33%) –près de treize millions de voix– et le «non» l'emporte donc. Les électeurs et électrices ne veulent pas d'une Constitution pour l'Union européenne proposée par Chirac.

Cet échec de 2005 a eu deux conséquences: aucun de deux successeurs de Chirac, Sarkozy et Hollande, n'a convoqué de référendum –Macron romprait avec quatorze années d'abstinence en en organisant un–, et les divergences sur l'Europe dans les partis de gouvernement sont en partie responsables de leur éclatement.

Le président comptait sur l'appui donné à ce traité par les grands partis de gouvernement –Union pour un mouvement populaire (UMP), Union pour la démocratie française (UDF) et Parti socialiste–, pour obtenir une ratification populaire. Mais c'était oublier deux facteurs qui ont contrarié cette analyse. L'un déjà connu avec de Gaulle en 1969: se prononcer sur l'homme plutôt que sur la question. Ici, ce n'est pas tant le chef de l'État qui est sanctionné que son Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, dont la politique soulève un certain mécontentement. L'autre paramètre, c'est la fracture entre pro-européens et euro-sceptiques au sein même de l'UMP et du PS.

Dans ces deux partis, des souverainistes de droite et de gauche vont émerger de façon durable. En l'espèce, le référendum étant proposé par un président de droite, la victoire du «non» est confortée par un électorat de gauche hostile à l'Union européenne. Cet échec de 2005 a eu deux conséquences: aucun de deux successeurs de Chirac, Sarkozy et Hollande, n'a convoqué de référendum –Macron romprait avec quatorze années d'abstinence en en organisant un–, et les divergences sur l'Europe dans les partis de gouvernement sont en partie responsables de leur éclatement. C'est déjà fait pour le Parti socialiste. C'est en cours d'achèvement pour Les Républicains.

histoire politique référendum
http://www.slate.fr/story/173241/referendum-cinquieme-republique-histoire-grand-debat-national

Une avocate a réécrit les conditions d'utilisation d'Instagram comme si elles étaient expliquées à un enfant de 8 ans - Business Insider France

Thu 7 Feb 2019 - 11:43

Aucun mineur qui utilise Instagram n'a lu en entier les conditions d'utilisation du réseau social.

C'est ce qu'affirme un rapport des services du délégué britannique aux droits des enfants, intitulé "grandir à l'ère du numérique", publié le 5 janvier 2017 et repéré par le site d'information Quartz.

Pour montrer l'opacité des conditions d'utilisation des réseaux sociaux, le rapport a demandé à une avocate du cabinet privé Shillings de "traduire" ces règles dans un langage "simplifié".

Selon une étude Ofcom, 43% des enfants britanniques entre huit et onze ans ont un compte sur Instagram (56% pour les 12-15 ans).
Voilà les règles d'Instagram expliquées à des enfants de huit ans.

  1. Tu as le droit de te sentir en sécurité quand tu utilises Instagram.

  2. Officiellement, tu es propriétaire des photos et vidéos que tu postes, mais nous avons le droit de les utiliser, et de laisser d'autres personnes les utiliser, partout dans le monde. Les gens nous paient pour les utiliser, et nous ne te paierons pas.

  3. Tu es responsable de tout ce que tu fais sur Instagram et de tout ce que tu postes, dont des choses auxquelles tu ne t'attends peut-être pas comme ton nom d'utilisateur, tes données et la musique qu'écoutent d'autres gens.

  4. On considère que ce tu postes t'appartient, et ce que tu postes ne doit pas enfreindre la loi. Si c'est le cas, tu auras une amende, et tu devras payer cette amende.

  5. Même si tu es responsable des informations que tu mets sur Instagram, nous pouvons les garder, les utiliser et les partager avec des entreprises connectées à Instagram. Cela inclut ton nom, ton adresse mail, ton école, où tu vis, tes photos, ton numéro de téléphone, tes "likes" et "dislikes", où tu vas, où tes amis vont, combien de fois tu utilises Instagram, ta date d'anniversaire, à qui tu parles ainsi que tes messages privés.

  6. Nous ne sommes pas responsables de ce que font les autres entreprises avec tes informations. Nous ne vendrons ou ne louerons pas tes infos personnelles à d'autres entreprises sans ta permission.

  7. Quand tu supprimes ton compte, nous gardons ces informations personnelles sur toi, tes photos, aussi longtemps que raisonnable dans un but financier. Tu peux en savoir plus sur notre Politique de Vie Privée.

  8. Instagram n'est pas non plus responsable pour :

    Les liens sur Instagram d'autres entreprises ou personnes qu'on ne contrôle pas, même si c'est nous qui t'envoyions ces liens.
    Ce qu'il peut se passer si tu connectes ton compte Instagram à une autre appli ou un site. Par exemple si tu partages une photo et que l'autre application prend tes informations personnelles.
    Le coût de la 3G quand tu utilises Instagram.
    Si tes photos sont perdues ou volées d'Instagram.

  9. Même si Instagram n'est pas responsable de ce qu'il t'arrive quand tu utilises l'appli, nous avons beaucoup de pouvoirs:
  • On peut t'envoyer des pubs ciblées en fonction de tes intérêts, que l'on surveille. Tu ne peux pas nous empêcher de le faire, et ce ne sera pas toujours précisé dans la pub.
  • Nous pouvons modifier ou supprimer Instagram, ou t'empêcher d'accéder à l'appli, quand on veut, sans que tu soies prévenu-e. On peut aussi supprimer certains de tes posts sans te dire pourquoi. Si nous le faisons, nous ne te devrons pas d'argent, et tu n'auras pas le droit de te plaindre.
  • On peut t'obliger à abandonner ton nom d'utilisateur, pour n'importe quelle raison.
  • Nous pouvons — mais ne sommes pas obligés — de supprimer ou modifier des contenus d'utilisateurs qui enfreignent les règles. Nous ne sommes pas responsables si quelqu'un les enfreint, mais si tu le fais, tu es responsable.
  1. Même si tes données ne t'appartiennent pas, les nôtres nous appartiennent. Tu ne peux pas copier-coller les logos d'Instagram ou les autres contenus qu'on crée, ni les modifier, ni les supprimer.

  2. Tu peux supprimer ton compte en remplissant ce formulaire. Si tu le fais, tes photos disparaîtront de ton profil mais si quelqu'un d'autre les a partagées, elles apparaîtront encore peut-être sur Instagram.

  3. Nous pouvons modifier ces règles quand on veut en postant une mise à jour sur Instagram, que tu l'aies remarqué ou non.
CGU instagram
https://www.businessinsider.fr/une-avocate-a-reecrit-les-conditions-dutilisations-dinstagram-comme-si-elles-etaient-expliquees-a-un-enfant-de-8-ans/

Prevalence of Thyroid Dysfunction in Patients With Ménière's Disease. | Vestibular Disorders | JAMA Otolaryngology–Head & Neck Surgery | JAMA Network

Mon 4 Feb 2019 - 23:27

Objective To estimate the prevalence of hypothyroidism in a population of patients with Ménière's disease (MD).

Design Retrospective case-control study comparing the use of thyroid hormone supplements between patients with MD and controls.

Setting Outpatient neurology clinic specializing in the management of patients experiencing dizziness.

Patients Fifty patients who met the 1995 American Academy of Otolaryngology criteria for MD and 50 controls matched for age and sex also experiencing dizziness.

Results The 50 patients who met the criteria for MD were identified from a database of more than 2000 patients with dizziness seen over a 5-year period. Of these, 16 (32%) were taking thyroid hormone supplements in contrast to 2 (4%) of the 50 matched controls (P<.001). The median age of the patients with MD was 60 years, and 5 (19%) of the 26 patients younger than 60 years were taking thyroid hormone supplements, compared with 11 (46%) of 24 patients 60 years or older (P<.05). There were no statistically significant differences in the severity of hearing loss, pattern of hearing loss, or prevalence of bilateral hearing loss between patients with MD who were taking thyroid hormone supplements and patients with MD who were not.

Conclusion Ménière's disease is associated with corrected hypothyroidism.

hypothyroïdie lévothyrox ménières
https://jamanetwork.com/journals/jamaotolaryngology/fullarticle/647078

Levothyrox : l'enquête élargie pour "homicide involontaire"

Mon 4 Feb 2019 - 20:10

L'enquête sur le Levothyrox a été élargie pour "homicide involontaire" depuis le 30 novembre 2018 après le décès d'une femme, annonce lundi le parquet de Marseille. Jusqu'à présent, l'enquête sur le médicament ne portait que sur la mise en danger de la vie d'autrui.

Le parquet de Marseille a élargi l'enquête du Levothyrox pour "homicide involontaire", a appris lundi 4 février franceinfo auprès du procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux. "Nous avons pris des réquisitions supplétives du chef d'homicide involontaire le 30 novembre 2018", précise le procureur. Une décision qui intervient après le décès d'une femme. Jusqu'à présent les investigations concernant le médicament controversé de la thyroïde étaient ouvertes pour "mise en danger de la vie d'autrui".
"Une nouvelle dimension du dossier"

C'est "un véritable tournant dans ce dossier" selon David-Olivier Kaminski, avocat au barreau de Paris chargé de 200 dossiers sur le Levothyrox. "Certains politiques notamment estimaient qu'il ne s'agissait pas d'une crise sanitaire et avaient minoré les plaintes des victimes. En réalité, il apparaît que la justice enquête maintenant sur la possibilité que ce nouveau Levothyrox ait pu provoquer - de manière involontaire - un homicide."

"C'est une nouvelle dimension à ce dossier, c'est une dimension bien sûr de gravité, c'est une dimension de crise sanitaire et enfin je pense que maintenant les pouvoirs publics doivent prendre plus qu'au sérieux la réalité de ce dossier et des plaintes", a poursuivi l'avocat.
La mort provoquée par le médicament ?

"Un médicament, c'est bien sûr fait pour soigner mais en l'espèce, la nouvelle formule du Levothyrox a pu dérégler, a pu abîmer des gens, a pu porter atteinte à leur santé, à ce qui fait leur intégrité physique - puisqu'il y a également l'infraction de blessure dans ce dossier - et on découvre qu'il est possible que la mort ait été provoquée par la prise de ce médicament."

"La situation évolue vraiment sur le fond de l'affaire, sur la dimension de l'affaire, sur le retentissement de l'affaire et sur la gravité de ce dossier [...] On doit faire confiance à l'institution judiciaire pour qu'au plus vite l'étendue des responsabilités et le rôle de chacun puissent être appréciés et qu'on se retrouve en face d'indemnisations pour celles et ceux qui subissent un préjudice", a-t-il conclu.

lévothyrox
https://www.francetvinfo.fr/sante/levothyrox/levothyrox-l-enquete-elargie-pour-homicide-involontaire_3175169.html#xtor=AL-54-[article]

Et si le monde numérique devenait vraiment « libre » ?

Mon 4 Feb 2019 - 19:55

Les logiciels libres et le mouvement open source luttent contre les boîtes noires, prônant le partage des savoirs et le « faire ensemble ». Mais l’ouverture des codes est-elle vraiment un gage d’ouverture aux autres ? Le monde du « libre » ne devrait-il pas engager une mutation pour rendre plus tangible sa dimension solidaire et toucher un public plus large ? Ce sont les questions que pose cet article de Solidarum, issu du numéro 3 de la revue Visions solidaires pour demain, en librairie depuis la mi-janvier.

Dans les années 1980, l’informatique devient grand public avec l’IBM PC, le Macintosh d’Apple et le système Windows de Microsoft. Cette généralisation s’accompagne à l’époque d’une dissimulation des codes sources des programmes, rendant les systèmes incompatibles les uns avec les autres.

Pour Richard Stallman, hacker de la première heure, ces programmes propriétaires privent en effet leurs utilisateurs de libertés essentielles : liberté d’utilisation, liberté de diffuser tout ou partie du programme et liberté d’accéder, de modifier, d’adapter, d’améliorer le code du logiciel. Pour lui, aujourd’hui comme hier, seule l’ouverture du code garantit que tout utilisateur puisse profiter en toute confiance d’un logiciel et, potentiellement, se le réapproprier. Ainsi a-t-il lancé dès 1983 le mouvement du logiciel libre avec la licence GNU, à partir de laquelle va se développer une multitude de programmes libres, dont l’emblématique Linux.

À la fin des années 1990, les développeurs se concentrent sur le volet technique du libre : l’ouverture du code. Ainsi naît l’open source, désormais pratiqué par des programmes majeurs tel le système d’exploitation mobile Android. Mais qu’en est-il aujourd’hui sur un terrain plus social ?

Catherine Guillard est administratrice système et cofondatrice de la Librerie solidaire, qui accompagne les acteurs de la solidarité sociale dans l’utilisation de solutions libres. « Je ne vois pas ce qui peut exister et qui ne soit pas remplaçable par une solution open source, en particulier dans les innovations sociales et tous les projets d’intérêt général, dit-elle. Hier, je suis tombée sur un logiciel qui gère la projection dans les cinémas... Le libre permet aussi de répondre à des besoins publics, à l’image d’OpenCimetière qui a été produit pour une commune et qui sert à présent à d’autres mairies. »
Un monde ouvert au partage et à la contribution

Cet élan d’ouverture s’est décliné dans la production de marchandises avec l’open hardware, dans les données avec l’open data (mise à disposition de données publiques) ou encore dans le partage des connaissances avec l’open innovation, l’open science, etc. Ce mouvement général repose sur la libre circulation des savoirs, l’accessibilité au « faire » et la coopération entre pairs. « Dans le pair-à-pair, il n’y a aucun lien de subordination, ce qui prime c’est l’élan contributif et chacun décide de ce qu’il est en capacité de faire, sans besoin de le justifier a priori. Il y a un principe de confiance qui est facilité par les dispositifs numériques qui rendent l’erreur acceptable puisqu’il est toujours possible de revenir en arrière », témoigne Maia Dereva de la P2P Fondation. Cette capacité du pair-à-pair à faire une place à chacun s’appuie sur une organisation qui n’est pas exempte de hiérarchies, mais qui repose sur la reconnaissance des compétences entre pairs. « Quand des salariés transforment leur entreprise en coopérative, cela ne les empêche pas de recruter un directeur, mais la direction est une compétence de coordination et non un organe de pouvoir. C’est la même chose dans le pair-à-pair », précise-t-elle.

Grâce à cette accessibilité, le monde de l’open fonctionne comme une deuxième école, une façon d’acquérir des savoirs sans passer par les institutions, de casser les barrières à l’entrée du monde de l’informatique ou de la production en général, à l’image des fablabs et des makerspaces. Ainsi, en Colombie, dans le fablab Utopiamaker « des jeunes handicapés apprennent à construire leurs propres prothèses avec des imprimantes 3D, à partir de modèles open source trouvés sur internet. Ils les adaptent à leurs besoins et envies : une prothèse pour jouer de la guitare ou pour faire du vélo, etc. », raconte Philippe Parmentier, à l’initiative de ce fablab.

L’open source est aussi une façon de rendre des solutions financièrement accessibles, les ressources étant majoritairement gratuites. En outre, au lieu de réinventer la roue, l’open source s’appuie sur ce qui existe a n de l’améliorer. Ainsi Nicolas Huchet, amputé d’une main, travaille avec l’aide de makers sur le projet Bionicohand, une prothèse avec capteurs sensoriels accessible à tous.

L’utilisation de l’open source leur permet de diviser le coût de production par cent et de s’appuyer sur des technologies inventées par d’autres. La main bionique, une fois finalisée, sera elle-même en open source. C’est le principe de l’économie du partage en opposition à l’économie de la rente, symbolisée par les brevets.
Un monde open pourtant très fermé dans la pratique

Ce monde du partage et de la libre contribution devrait convaincre toute personne œuvrant pour un monde plus solidaire, plus équitable ; toute personne se sentant exclue de la société, du marché.

Le libre reste circonscrit au monde de l’informatique et se compose majoritairement d’hommes

Mais, si l’open source a permis au libre de gagner en efficacité, sa focalisation sur la technique l’a sans doute éloigné de ceux à qui il s’adressait en premier lieu : tous les autres, qui ne développent pas. Le libre reste, en effet, très circonscrit au monde de l’informatique et se compose majoritairement d’hommes, même si d’une multitude de nationalités. « Il y a dix ans, on dénombrait à peine 2 % de développeuses dans l’open source, cela commence à bouger, mais le nombre de femmes reste marginal, bien plus que dans le monde du logiciel propriétaire, déplore Catherine Guillard. Nous n’arrivons pas à convaincre les acteurs de l’économie sociale et solidaire d’utiliser des logiciels libres alors qu’ils défendent les mêmes valeurs de partage et d’équité sociale que nous. On manque sans doute d’un langage commun pour se comprendre. »

Le projet de société véhiculé par le libre a néanmoins connu un regain d’attention auprès d’un public non initié à la suite des débats autour des données personnelles et des différents scandales qui ont révélé les dangers de la centralisation des données. Et il existe désormais des services alternatifs pour les personnes qui refusent la captation de leurs informations personnelles par quelques entreprises dont les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).

« Le logiciel libre fait prendre conscience de l’impact de l’informatique sur nos vies »

« Les logiciels libres ne permettent pas forcément de protéger les données, mais on est sûr que l’exploitation des données ne constitue pas le modèle économique du service. Quand on entre dans l’état d ’esprit du logiciel libre, on prend conscience de l’impact de l’informatique dans sa propre vie, on est plus vigilant et on est assuré que quelqu’un quelque part vérifiera s’il y a des mouchards dans le code et alertera les autres. La faiblesse du libre, c’est que si j’envoie un mail à un ami qui est sur Gmail, malgré tous mes efforts, Google aura mes données. Le libre te pousse à considérer l’interconnexion aux autres et le risque qu’on fait prendre aux autres en laissant ses données sur internet sans s’assurer de ce qu’elles deviennent », explique Catherine Guillard. Cette attention réciproque, qui demande de protéger ses données pour ne pas exposer celles de ses proches, reste, cependant, trop marginale. Aujourd’hui, le libre reste insuffisamment utilisé par la population pour avoir un impact à la hauteur de ces enjeux.
Comment sortir le libre de sa « geekitude » ?

Il faudrait réussir à embarquer d’autres types de motivations et de compétences dans les communautés du libre, impliquer une population plus large dans sa production. L’une des clés serait sans doute de rendre l’engagement dans le libre aussi mobilisateur pour d’autres métiers que ceux du développement... Par exemple les graphistes, les juristes ou pourquoi pas le monde médical, qui tous doivent composer avec le numérique et les dérives de certains de ses acteurs. Enfin, il faudrait peut-être revenir aux origines sociales et politiques du libre.

En effet, à l’image du bio qui n’est pas qu’une méthode de culture, le libre n’est pas qu’une méthode de développement, mais propose un modèle de société plus respectueux des autres, plus solidaire, plus attentif aux impacts sociaux et environnementaux. Faire un pas vers le libre, c’est, au fond, soutenir le « faire ensemble ».

libre logiciel-libre TF
https://usbeketrica.com/article/open-source-logiciel-libre-inclusion

L’irrésistible ascension du lecteur vidéo « VLC », une révolution française

Mon 4 Feb 2019 - 19:48

Capable de lire n’importe quelle vidéo sur n’importe quel support, le petit logiciel gratuit VLC s’est imposé en vingt ans comme un indispensable. Il est développé par des Français.

Quatre cents millions d’utilisateurs, plus de trois milliards de téléchargements… En vingt ans, le logiciel gratuit VLC a su se rendre indispensable et a envahi ordinateurs et smartphones partout dans le monde. Ses forces : il permet de lire à peu près toutes les vidéos, quel qu’en soit le format, sur n’importe quel support et ce sans collecte de données ou publicité cachée.

Le célèbre cône de signalisation, qui lui sert d’icône, a vu le jour en région parisienne. Aujourd’hui encore, la plupart des développeurs responsables de ses mises à jour sont français.

Tout a commencé à l’Ecole centrale Paris. « C’est une histoire très simple et très française », raconte Jean-Baptiste Kempf, l’un des piliers du projet et président de l’association VideoLAN, qui développe et distribue VLC. En 1995, les étudiants réclament à la direction de l’école un meilleur réseau informatique. Officiellement, pour pouvoir travailler dans de meilleures conditions. Officieusement, il s’agit de pouvoir jouer à Doom, un jeu vidéo de tir, en réseau.

La direction de l’école, qui voit clair dans leur jeu, botte en touche et leur propose de trouver eux-mêmes leur financement. Bouygues fait une proposition : l’industriel est prêt à installer un nouveau réseau, à condition que les élèves développent un moyen d’y diffuser les programmes de TF1 et n’aient plus ainsi besoin d’installer une parabole par étudiant.

Le but n’est pas tant de faire l’économie de l’installation d’un parc complet de paraboles, mais de développer à moindres frais un projet qui pourra ensuite servir à l’industriel de vitrine technologique. « C’est la première fois que le streaming vidéo est utilisé », raconte M. Kempf à propos de cette technologie, qui préfigure Netflix ou YouTube. « C’était de la science-fiction », ajoute-t-il.

Et de fait, le développement patine, connaît quelques faux départs, mais, promotion après promotion, il occupe les élèves de deuxième année qui finissent par poser, en 1999, les bases du projet VideoLAN, qui vise à développer le streaming vidéo.

Celui-ci comprend plusieurs facettes : diffusion, lecture… C’est cette dernière fonction, baptisée VideoLAN Client, qui deviendra VLC. Reste à trouver le pictogramme. Ce sera le cône de signalisation de travaux. Omniprésent sur le campus, cet objet est détourné et utilisé dans de nombreuses soirées étudiantes. « Quand je suis arrivé il y en avait des centaines un peu partout. Mais on les a tous rendus à la DDE [direction départementale de l’équipement], promis ! », en rit encore aujourd’hui M. Kempf.

Le couteau suisse de la vidéo

Il faudra attendre 2001 avant que le projet ne devienne « open source », et même « libre », c’est-à-dire accessible gratuitement mais aussi librement diffusable, utilisable, modifiable, par tout un chacun. La technologie développée par les étudiants sort alors de l’école pour être bidouillée par les développeurs du monde entier. Aujourd’hui, des bouts de codes informatiques écrits à l’origine pour VideoLAN coulent dans les veines virtuelles de YouTube et Netflix.

« Au départ l’école espérait rentabiliser la technologie, mais elle se rend bien compte que le projet ne tourne qu’avec des étudiants. En 2001, la direction, un peu résignée, ne comprend pas très bien ce qu’est “l’open source”, mais trouve que c’est un projet sympa et innovant, alors elle l’accepte. Des mecs ont passé un an à faire que du VLC : ils ne sont pas allés en cours, ils ont redoublé… ».

Jean-Baptiste Kempf cite quelques-uns de ces pionniers, Christophe Massiot, Rémi Denis-Courmont, Laurent Aimar, ou encore Samuel Hocevar, un des pionniers de Wikipédia en France.

M. Kempf a vingt ans quand il intègre l’école, en 2003. Entre-temps, VideoLAN s’est étoffé. Au gré des mises à jour, VLC est devenu un formidable couteau suisse, capable de décrypter n’importe quel format vidéo ou audio. « A l’époque, VLC était le seul lecteur qui permettait de lire les DVD sur Mac », se souvient notamment M. Kempf.

Pour réussir cet exploit, les étudiants et les développeurs extérieurs dissèquent chaque format vidéo du marché pour en comprendre le fonctionnement et ainsi programmer les bouts de code qui permettent de les décoder – on appelle ça des « codecs ». C’est la grande force de VLC : il est livré avec la plupart des codecs nécessaires pour lire les formats vidéo les plus pointus, de sorte que l’utilisateur n’ait pas à se soucier de trouver le bon programme, la bonne mise à jour. C’est une révolution.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si VLC a vu le jour en France. Rien n’interdit aux développeurs de concevoir leurs propres outils pour lire un format vidéo inventé par Apple ou Microsoft. Ce n’est pas le cas partout, et notamment dans les pays où les lois de la protection intellectuelle sont beaucoup plus favorables aux géants de l’informatique. « La politique française est beaucoup plus saine qu’ailleurs. Je ne pense pas que ce soit menacé à court terme, mais il y a des attaques permanentes », explique M. Kempf, qui reste attentif à l’évolution de la législation européenne en la matière.
VLC à l’heure de la « start-up nation »

En 2004, VLC atteint son premier million de téléchargements. Mais tandis que la popularité du logiciel explose, la motivation des développeurs, elle, s’émousse. Forcément, il est plus grisant de poser les fondations que de corriger les bugs. M. Kempf fait les comptes : « le 1er janvier 2007, on n’est plus que deux sur le projet. L’école a resserré les boulons, il commençait à y avoir plus de boulot en cours » et moins de temps pour VLC.

M. Kempf décide alors de refonder le projet et lance l’association VideoLAN, dont il est toujours aujourd’hui président. « Je passe alors beaucoup de temps à recruter de nouveaux étudiants, à l’extérieur de Centrale, demande à des anciens de revenir. Je fais aussi beaucoup de conférences. »

L’initiative redonne un coup de fouet à VLC, qui dépasse, en 2009, les cent millions de téléchargements. Ce deuxième âge d’or n’a qu’un temps. Car, avec le tournant des années 2010, arrive la révolution des smartphones et surtout de leurs applications. « A mon époque, se souvient M. Kempf, les cadors, c’était les mecs qui faisaient de “l’open source” ou du jeu vidéo. A partir de 2012, tout le monde veut faire le prochain jeu smartphone à succès, ou lancer le nouveau Uber. »

« J’ai refusé beaucoup d’argent »

Développer une technologie utile, pratique, téléchargée en 2012 un milliard de fois, mais qui ne rapporte pas un centime ? Ringard, pour la nouvelle génération de développeurs qui veut monter le prochain gros coup, celui qui la rendra riche. Ou, a minima, qui lui permettra de payer ses factures. « J’ai compris qu’il fallait des employés à plein temps », explique M. Kempf. Il monte alors VideoLabs, dans le 13e arrondissement à Paris, forte aujourd’hui d’une vingtaine de salariés, qui adapte le logiciel au besoin des entreprises.

Pendant des années, les codeurs de VLC ont intégré – et continuent de le faire – des formats vidéo utiles au grand public. Mais désormais, les sociétés les sollicitent et les paient pour que VLC puisse lire leurs propres formats. « Nous avons eu un fabricant de caméras industrielles qui voulait pouvoir utiliser VLC. Ce n’est pas quelque chose que nous aurions intégré spontanément », explique M. Kempf.

L’entreprise développe aussi des versions spécifiques pour des clients, qui souhaitent implanter dans leurs produits un lecteur vidéo. Certains « baby phones » vidéo, par exemple, qui vous permettent de vérifier en image et depuis la pièce d’à côté que bébé va bien, utilisent une version modifiée de VLC.
Un savoir faire reconnu

« Le but est de pouvoir financer VLC, pour lui permettre de rester gratuit », résume M. Kempf. Et ça marche. En 2017, l’entreprise a réalisé un million d’euros de chiffre d’affaires. Suffisamment pour lui permettre de refuser des propositions éthiquement plus discutables. « J’ai refusé beaucoup d’argent, des contrats à 20 millions d’euros », annonce M. Kempf. Des sociétés comme l’américain Ask.com, par exemple, ont ainsi toqué à sa porte, lui proposant d’afficher sa très impopulaire et très envahissante barre de recherche à l’intérieur de VLC.

« Si Netflix nous propose la même chose, pourquoi pas, il y a plein d’utilisateurs à qui ça ferait plaisir. On n’est pas contre gagner de l’argent, mais on essaie de faire les choses bien. Cela ne doit pas être au détriment des utilisateurs. Je veux pouvoir me coucher le soir en étant fier de ce que j’ai fait de ma journée. Je pense que c’est la principale différence avec plein de gens de la start-up nation ».

En novembre 2018, M. Kempf, en qualité de président de l’association VideoLAN, a été élevé au rang de chevalier de l’ordre national du Mérite. A travers lui, c’est VLC et un certain savoir faire technologique français qui sont reconnus.

VLC, lui, en est à sa troisième itération. La quatrième, actuellement en développement, devrait notamment renforcer la sécurité du logiciel. « Des personnes malintentionnées essaient d’y mettre des virus », soulignait M. Kempf en 2017 sur le forum en ligne Reddit. En 2017, Wikileaks révélait, en effet, que la CIA s’était servie d’une ancienne version de VLC pour infiltrer des ordinateurs.

logiciel-libre TF VLC
https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/01/28/l-irresistible-ascension-du-lecteur-video-vlc-une-revolution-francaise_5415762_4408996.html

Et si les URL disparaissaient? | Slate.fr

Mon 4 Feb 2019 - 12:43

En septembre 2018, les responsables de la sécurité du navigateur Google Chrome ont mis sur la table une proposition radicale: modifier les fondations de l’URL, la Uniform Resource Locator, ou ce que l'on appelle l’«adresse» d’un site.

Au fil du temps, alors que les fonctionnalités du web se sont diversifiées, l'URL est petit à petit devenue une longue suite de termes et de numéros incompréhensibles pour les profanes –soit la grande majorité des internautes. D’autant que dans le cas de la navigation sur mobile, l’écran d’un téléphone n’est pas assez large pour afficher la majorité des URL.

Cette difficulté de lecture représente du pain béni pour les hackers, car elle leur permet de créer la confusion pour leurs éventuelles arnaques. Puisque nous ne comprenons pas les URL, nous sommes habitués à ne pas les lire. Cela augmente nos chances de cliquer sur un lien conçu pour ressembler à un nom de domaine réel qui conduit en fait à une page de phishing.

Work in progress

«Notre but est de changer la manière dont les sites sont présentés. Les internautes devraient savoir facilement sur quel site ils sont», a expliqué au site Wired Emily Starck, qui dirige le département sécurité de Google Chrome.

Son service travaille actuellement sur un outil qui vise à détecter les URL suspectes. Cet outil, dénommé TrickURI, permet aux développeurs et développeuses de savoir à quoi leur URL va ressembler dans différentes situations.

L’équipe tente aussi de créer une alerte qui notifierait les internautes lorsqu’une URL est louche. Le challenge est de mettre en évidence les éléments de l’URL qui semblent étranges tout en filtrant les parties difficiles à lire.

Google a l’habitude de régler des problèmes de sécurité sur son navigateur avant de faire pression sur les autres afin qu’ils adoptent les mêmes solutions. C’était par exemple le cas avec le protocole HTTPS, désormais répandu. Mais certaines voix s'élèvent, craignant que Google utilise ce même pouvoir de pression pour faire accepter une mesure bénéfique à Chrome uniquement –et pas au reste du web.

Google TF url
http://www.slate.fr/story/173088/url-disparition-google

Fin de l’anonymat sur le Web: les limites du projet d'Emmanuel Macron

Sat 2 Feb 2019 - 14:02

Ce 18 janvier, Emmanuel Macron a plaidé en faveur d'une "levée progressive de tout anonymat", dans une volonté d'améliorer la qualité de la démocratie participative. Un discours qu'il n'est pas le premier à tenir.

Pour le deuxième acte du grand débat national, qui se tenait ce 18 janvier au Palais des congrès de Souillac (Lot), Emmanuel Macron s'est exprimé au sujet de "l'hygiène démocratique du statut de l'information". Afin de lui redonner ses lettres de noblesse, le président de la République a estimé qu'il s'agissait d'aller "vers une levée progressive de toute forme d'anonymat", en faisant mention de "processus où on sait distinguer le vrai du faux et où on doit savoir d’où les gens parlent et pourquoi ils disent les choses".

Si le chef de l'Etat s'est montré évasif à propos desdits processus, ses propos font écho à un discours prononcé en novembre dernier. A l'annonce de l'appel de Paris pour la confiance et la cybersécurité dans le cyberespace, Emmanuel Macron avait pointé du doigt un "anonymat devenu problématique", qui laissait impunis des "torrents de haine déversés en ligne".
Des documents d'identité pour se connecter

Concrètement, mettre en place des initiatives pour dissiper l'anonymat en ligne est envisageable. Il est techniquement possible de soumettre une inscription sur un réseau social, Facebook en tête, à la fourniture d'une pièce d'identité. Une proposition en ce sens avait d'ailleurs été formulée par Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, en août 2016, pour mieux lutter contre le terrorisme.

Cela balaie d'un revers de main l'efficacité et la nature même des VPN, ces "réseaux privés virtuels" qui favorisent l'anonymat en ligne et générant des adresses IP factices. Ces logiciels deviennent inutiles dès lors que des identifiants correspondant à une identité réelle, et associés à une pièce d'identité, sont réclamés pour se connecter à un réseau.

"Ce genre d'obligations - si elles passaient par la loi - seraient impossibles à respecter pour les petits acteurs et risqueraient fort de renforcer davantage les grandes plateformes américaines", explique Félix Tréguer, de la Quadrature du Net, une association de défense des libertés en ligne. "Emmanuel Macron oublie que l'anonymat constitue un droit associé à la liberté d'expression et de communication et au droit à la vie privée. Il est reconnu comme tel au niveau international, notamment par la Cour européenne des droits de l'Homme", complète-t-il.
Haro sur le chiffrement

Par le passé, Emmanuel Macron a déjà dérogé à son rôle de "candidat du numérique" pour faire valoir une approche sécuritaire au sujet d'Internet. En avril 2017, le candidat à l'élection présidentielle avait indiqué vouloir forcer les "messageries instantanées fortement cryptées" à collaborer avec la justice, dans le cadre de la lutte antiterroriste. Il leur reprochait leur refus, dans le cadre d'une enquête, de donner accès aux contenus échangés, à même de comprendre des éléments déterminants. Au point d'envisager, qu'un jour, elles soient considérées comme des "complices d'attentats".

En s'attaquant à l'anonymat, Emmanuel Macron franchit une étape supplémentaire. "Cette question de "levée progressive de toute forme d'anonymat" est en filigrane un aveu de faiblesse face à la défaillance d'éducation des citoyens d'une part, et l'incapacité ou l'ignorance en matière d'investigation, d'une autre", souligne Rayna Stamboliyska, experte en sécurité des données personnelles et auteure de La face cachée d'Internet. "A défaut d'harmoniser les interactions avec les plateformes, pour ne citer que cet exemple, on renvoie la responsabilité sur le citoyen. C'est ce glissement-là qui est problématique et qu'il faut expliquer, expliciter et combattre".

Surtout, Emmanuel Macron semble prôner une position non seulement partagée par Eric Ciotti, mais également mise en avant par ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy. "La méfiance envers la parole critique ou irrévérencieuse qui se déploie sur Internet est largement partagée par les élites politiques", rappelle Félix Tréguer. Pourtant, et malgré la défiance qu'il peut inspirer, l'anonymat a son lot de bienfaits, avance le chercheur post-doctorant à l'ISCC (CNRS). "Il conviendrait de combattre la vindicte dont il fait l'objet en rappelant qu'il permet aussi de lutter contre les formes de harcèlement en masquant l'identité de cibles potentielles. Il libère la parole de groupes marginalisés qui sans l'anonymat ou le pseudonymat seraient enclins à s'autocensurer. De ce point de vue, mettre fin à l'anonymat serait donc contre-productif, en plus d'être attentatoire aux libertés publiques."

anonymat TF Vie-privée
https://www.bfmtv.com/tech/fin-de-l-anonymat-sur-le-webles-limites-du-projet-d-emmanuel-macron-1616925.html

Le FBI peut avoir accès à certains tests ADN réalisés à la maison | Slate.fr

Fri 1 Feb 2019 - 19:54

L'annonce sème le doute sur la sécurité des données génétiques.

Avec les tests d'ADN effectués chez soi, une nouvelle opportunité se présente pour les enquêteurs de police. Aux États-Unis, le FBI est récemment entré en collaboration avec Family Tree DNA, une entreprise qui propose à tout un chacun de prélever son propre ADN pour le faire analyser. Ces kits prêts à l'emploi se composent de deux bâtonnets pour prélever l'ADN à l'intérieur de la joue. Le kit est ensuite renvoyé à l'entreprise pour être analysé et établir l'arbre généalogique ainsi que l'origine du volontaire.

Pour la première fois, une société privée de ce secteur a accepté de mettre volontairement à disposition des forces de l'ordre une partie de ses données. Néanmoins, le FBI ne peut pas parcourir librement la base de Family Tree. Dans un communiqué, l'entreprise détaille sa relation avec le Bureau d'investigation en précisant n'avoir signé aucun contrat et dit travailler au cas par cas pour comparer des échantillons à sa bibliothèque de données. Elle revendique avoir contribué à moins de dix enquêtes.

Depuis deux ans déjà, la police et le FBI ont utilisé des données généalogiques publiques pour élucider des affaires non résolues. Le «Golden State Killer», un tueur en série soupçonné de douze meurtres et cinquante et un viols entre 1974 et 1986, a pu être arrêté en avril 2018. L'ADN collecté sur les scènes de crime a pu être confondu avec celui d'un membre de sa famille.

À LIRE AUSSI La maltraitance des enfants pourrait bien laisser des traces sur l'ADN
Enjeu de sécurité

Le rapprochement entre les deux organismes a engendré beaucoup de doutes sur la privatisation des données. «Globalement, je me sens abusée, je sens que ma confiance en tant que client a été trahie», a déclaré Leah Larkin, une généalogiste génétique de Livermore, en Californie, à BuzzFeed News. Le site offre à ses adeptes la possibilité de refuser d'apparaître dans les résultats dont peut se servir le FBI, mais cela implique que la fonctionnalité phare du test –retrouver des proches– n'est plus disponible.

Un généalogiste a relevé d'après un sondage informel réalisé aux États-Unis et en Europe que 85% des personnes interrogées sont à l'aise avec l'idée que les forces de l'ordre utilisent leur ADN.

Family Tree annonce recenser 1.021.774 entrées dans sa banque de données. À titre de comparaison, ses deux principaux concurrents dans le monde, Ancestry.com et 23andMe en possèdent respectivement dix millions et cinq millions.

Généalogie génétique RGPD sécurité Vie-privée
http://www.slate.fr/story/173052/fbi-acces-test-adn-maison

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Thu 31 Jan 2019 - 06:10
Le chirurgien et journaliste Atul Gawande (@atul_gawande), célèbre pour son Checklist Manifesto (« Le manifeste de la liste de contrôle », un bestseller qui a permis aux chirurgiens de réduire les erreurs en salle d’opération par la pratique de la liste de contrôle pré-opératoire, cf. « Concrètement, comment rendre les algorithmes responsables et équitables ? ») est un infatigable défenseur de l’amélioration de la santé publique. Dans une récente tribune pour le New Yorker, il décrivait les effets de l’informatisation sur le travail des praticiens hospitaliers, en soulignant et expliquant le conflit entre la logique informatique et les pratiques. Il y montrait très concrètement combien la transformation numérique, comme souvent, remplace une logique par une autre. Retour sur cette tribune, traduite et synthétisée par Claire Richard pour le Digital Society Forum. 

Il est difficile de décrire les effets qu’ont nos outils informatiques sur nos pratiques, professionnelles et personnelles, sans se contenter de généralités ni céder aux raccourcis faciles. Pour ce faire, il faut des récits précis, des relevés sensibles, informés par des connaissances solides du terrain décrit et une capacité à élargir la réflexion. C’est ce que fait brillamment le chirurgien et journaliste Atul Gawande dans une longue et passionnante enquête, parue en novembre dans le magazine américain The New Yorker.

Atul Gawande est chirurgien dans un hôpital de Boston. Il est aussi chercheur en santé publique et écrit sur ce sujet pour le New Yorker depuis 1998. Ses livres sur la façon de transformer le système de santé sont des bestsellers.

médecine ordinateur
https://blackland.legtux.org/

Oscar Isaac jouera dans "Dune" de Denis Villeneuve | Le Huffington Post

Wed 30 Jan 2019 - 18:43

La nouvelle adaptation au cinéma du roman de l'écrivain Frank Herbert, par Denis Villeneuve, commence à prendre forme.

CINÉMA - Entourée de mystère, la nouvelle adaptation sur grand écran de "Dune" se dessine au fil des mois. Ce mercredi 30 janvier, c'est un nouvel acteur de renom qui s'ajoute au casting du prochain projet du réalisateur Denis Villeneuve.

Selon les informations du très fiable Variety, c'est l'acteur Oscar Isaac qui rejoint à son tour le film inspiré de l'œuvre de l'écrivain Frank Herbert. L'acteur devrait y incarner le rôle de Leto Atréides, le père de Paul Atréides, héros principal de l'histoire incarné par Timothée Chalamet.

Longtemps jugé inadaptable après l'avortement du pharaonique projet du réalisateur Alejandro Jodorowsky dans les années 1970, "Dune" aura attendu 1984 et le film de David Lynch pour connaître enfin sa première adaptation au cinéma, malgré un cuisant échec commercial et critique.

Depuis, bon nombre de réalisateurs ont essayé de relancer le projet, sans succès. Finalement réamorcé par Legendary Pictures en 2017, le projet "Dune" se retrouve maintenant entre les mains expertes du Canadien Denis Villeneuve, qui a su prouver ses dernières années sa capacité à réaliser des films de science-fiction au style bien distinctif ("Premier contact", "Blade Runner 2049").

Dave Bautista et Charlotte Rampling à l'affiche

Côté casting, "Dune" s'annonce déjà comme une belle vitrine du cinéma hollywoodien. Et c'est le jeune Timothée Chalamet qui aura la lourde tâche d'incarner Paul Atréides. Sa mère dans les romans, Lady Jessica, sera jouée par l'actrice suédoise Rebecca Ferguson.

Déjà aperçu dans "Blade Runner 2049" de Denis Villeneuve, l'ancien catcheur reconverti en acteur Dave Bautista sera quand à lui Rabban la Bête. Pour incarner le grand vilain de ce récit de science-fiction, c'est Stellan Skarsgård ("Thor", "Will Hunting") qui a été choisi dans le rôle du baron Vladimir Harkonnen. Enfin, Charlotte Rampling vient compléter ce casting et sera Gaius Helen Mohiam plus connue sous son titre de Révérende Mère Mohiam.

Encore au stade de préproduction, "Dune" devrait débuter son tournage en 2019, mais ne devrait pas arriver en salle avant 2020, voire 2021. Oscar Isaac aura donc le temps d'incarner un autre père célèbre d'ici là, puisqu'il a été choisi pour jouer Gomez Addams dans un nouveau remake de "La famille Addams".

cinéma Dune SF
https://www.huffingtonpost.fr/2019/01/30/oscar-isaac-jouera-dans-dunede-denis-villeneuve_a_23656623/

"Brexit box" : des centaines de Britanniques s'arrachent le kit de survie

Wed 30 Jan 2019 - 16:47

Le "chaos" à l'issue d'un Brexit sans accord avec Bruxelles, voici ce que craignent de plus en plus de Britanniques. Un kit de survie vient de faire son apparition sur le marché.

"Just in case". De la nourriture lyophilisée, un filtre à eau et de quoi allumer un feu au cas où. Face à la possibilité d'un Brexit sans accord, certains Britanniques envisagent déjà le pire : pénuries alimentaires, inflation galopante, augmentation de la criminalité, chômage de masse, effondrement des prix de l'immobilier, pénurie de médicaments, etc...

Le "chaos" dès la sortie de l'Union européenne, c'est bien ce que redoute Lynda Mayall. Comme des centaines de ses compatriotes, cette sexagénaire a fait l'acquisition, pour un peu moins de 350 euros, d'un kit de survie au Brexit.

"Je suis pas inquiète pour le Brexit, je suis inquiète pour le contrecoup (...) Je crains qu'il y aura un peu de chaos lors des six premiers mois jusqu'à ce que les contrôles aux frontières soient réglés" confie-t-elle à la BBC. Du coup, Lynda empile ses provisions chez elle.

"Survivre" le temps que les conséquences brutales du Brexit s'amenuisent, c'est justement l'idée de la "Brexit Box", née dans l'esprit de James Blake, fondateur d'Emergency Food Storage UK, pour face au lendemain du divorce européen.

Brexit panique
https://www.rtl.fr/actu/international/brexit-box-des-centaines-de-britanniques-s-arrachent-le-kit-de-survie-7796385534

Les 3 niveaux de nos identités en ligne | InternetActu.net

Wed 30 Jan 2019 - 08:41

« S’agissant de notre profil numérique, les données que nous choisissons de partager ne sont que la pointe de l’iceberg. Nous ne voyons pas le reste, cachés sous la surface des interfaces conviviales des applications mobiles et des services en ligne. Les données les plus précieuses sur nous sont inférées hors de notre contrôle et sans notre consentement. Or, ce sont ces couches plus profondes et que nous ne pouvons pas contrôler qui prennent réellement les décisions qui nous affectent, pas nous », explique Katarzyna Szymielewicz (@szymielewicz), cofondatrice et présidente de la Fondation Panoptykon, une association polonaise de défense des libertés individuelles et des droits de l’homme dans la société de surveillance (qu’on pourrait considérer comme l’équivalent de la Quadrature du Net en France) – dans une tribune pour Quartz.

Dans un graphique particulièrement parlant (à consulter en haute définition), la Fondation Panoptykon détaille les 3 couches d’information qui composent nos identités en ligne.

La première couche d’information est la seule sur laquelle nous avons le contrôle. Elle se compose des données que nous insérons dans les médias sociaux ou les applications (informations de profil, publications, requêtes, photos, événements, déplacements…).

La seconde couche est constituée d’observations comportementales et de métadonnées qui donnent un contexte à ces choix : position en temps réel, graphe de nos relations intimes et professionnelles, le temps que nous passons, les habitudes d’achat, les mouvements de nos souris ou de nos doigts…

La troisième couche est composée des interprétations de la première et de la seconde couche. Nos données sont analysées et comparées en permanence à d’autres profils pour inférer des corrélations statistiques significatives… Ce qu’on appelle souvent la personnalisation, mais qui vise plus à nous catégoriser qu’à nous distinguer.

Le problème est que si l’utilisateur contrôle la première couche, ce n’est pas le cas des deux autres. Or ces inférences permettent de déterminer beaucoup de nos comportements : profil psychométrique, QI, situation familiale, maladies, obsessions, engagements… Or, nombre de décisions contraignantes sont prises depuis ces interprétations et corrélations. Le problème est que le « double » numérique que le traitement de ces données produit ne nous est pas accessible… et que si nous y avions accès, nous pourrions ne pas nous y reconnaître. « Que diriez-vous si vous découvriez que votre « double de données » est malade ou émotionnellement instable, sans possibilité de crédit, ou plus simplement pas assez cool, et tout cela à cause de la façon dont vous faites vos requêtes en ligne ou de vos relations en ligne ? »

Les algorithmes prennent des décisions basées sur des corrélations statistiques. Et il est possible – même fréquent – qu’un algorithme interprète mal votre comportement… Le problème, souligne Katarzyna Szymielewicz est que si le résultat de cette analyse est discriminatoire ou injuste – « par exemple que votre demande de crédit est refusée parce que vous vivez dans le « mauvais » quartier, ou que votre demande d’emploi ne parvient pas à aboutir parce que votre réseau de relation n’est pas « suffisamment robuste » » – il n’y a aucune incitation du marché à le corriger. Pour la présidente de Panoptykon, nous ne sommes pas si loin du Score de crédit social chinois ! Nous devons reprendre le contrôle du traitement dont nous sommes l’objet.

Pour cela, il nous faut d’abord mieux contrôler la première couche de notre profil. Nous pouvons chiffrer nos communications, désactiver les métadonnées de nos images, veiller à ce que nos téléphones n’aient pas accès par défaut à nos emplacements, réfléchir à ce que nous partageons… Mais même en faisant ces efforts, nous ne pouvons pas contrôler ce qui est observé et interprété par les algorithmes dans les deuxièmes et troisièmes couches de nos profils. Pour Katarzyna Szymielewicz, il nous faut agir collectivement pour convaincre ceux qui font du profilage de modifier leur approche, de nous montrer leurs calculs, de nous demander notre consentement et de le respecter. Le RGPD accorde aux utilisateurs le droit de vérifier leurs données, y compris les profils marketing générés par-devers eux. « Tant que nous traitons les courtiers en données et les spécialistes du marketing comme des ennemis et qu’ils nous traitent comme une ressource exploitation, il n’y aura pas de place pour une conversation constructive ».

RGPD TF Vie-privée
http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/les-3-niveaux-de-nos-identites-en-ligne/

Résiliation : ça se complique chez Free...

Tue 29 Jan 2019 - 18:36

Rien ne va plus chez Free : l'opérateur qui a longtemps dénoncé certaines pratiques mises en oeuvre par les autres opérateurs semble désormais y succomber. Après la communication limite trompeuse autour de la Freebox Delta, voilà qu'il devient bien plus compliqué de quitter l'opérateur...

Ce sont nos confrères de Freenews qui ont remarqué qu'il était devenu bien plus compliqué, depuis quelques jours, de procéder à la résiliation de son contrat Freebox.

Par le passé, quiconque souhaitait résilier son abonnement devait se rendre dans son espace abonné, puis de se rendre dans Mon abonnement > Résilier mon abonnement. Une manoeuvre simple qui permettait de générer un courrier type automatiquement envoyé à Free pour faciliter la résiliation.

Mais il semble que cette option a tout simplement disparu au fil d'une mise à jour déployée en douce par l'opérateur.A la place, on retrouve un ensemble de liens expliquant la procédure pour résilier dans des cas particuliers... Plus de courrier automatique, il faudra en trouver sur la toile et... bien chercher pour savoir à qui l'envoyer.

Car cette nouvelle mesure met en lumière une absence d'importance : la section résiliation ne mentionne plus du tout l'adresse à laquelle envoyer le courrier recommandé de résiliation. Pire, les abonnés sont invités à appeler le fameux 3244 (heureusement inclus depuis une ligne Freebox) pour connaitre l'adresse à laquelle envoyer le courrier de résiliation.

Outre le fait que la situation peut occuper inutilement les standards de l'opérateur déjà souvent critiqués pour leur inaccessibilité, la démarche est lourde et vise clairement à décourager les désabonnements sur un coup de tête.

Cette pratique n'est pas franchement de bon gout pour un opérateur qui a capitalisé sur la mise en exergue des défauts et pratiques jugées douteuses des autres fournisseurs d'accès à Internet...

Si vous souhaitez résilier, voici donc toutefois l'adresse actuelle à laquelle envoyer votre courrier :

Free Résiliations
C/O PUBLIDISPATCH
6, rue Désir Prévost
91075 BONDOUFLE
Free résiliation
https://www.generation-nt.com/resiliation-ca-se-complique-chez-free-actualite-1961535.html

Argent : après la disparition du billet de 500 euros, la fin du liquide ?

Tue 29 Jan 2019 - 09:25

C'est désormais acté, le billet de 500 euros ne sera plus fabriqué. Trop rare et peu utile pour les 340 millions d'Européens utilisant l'euro, sa somme est également jugée trop importante, susceptible d'être un "outil de blanchiment" facile pour les faussaires.

Mais d'autres raisons s'ajoutent à son manque de praticité. Sa disparition s'inscrit dans la logique des banques qui souhaiteraient, à terme, voir le billet disparaître de nos porte-feuilles.

Pour les établissements, favoriser le paiement par carte leur permett d'avoir une gestion beaucoup plus directe de leur matière première, en supprimant les intermédiaires coûteux tels que les agences et leur personnel, les caissiers, les coffres... Pour les banques, c'est une montagne d'économies est à la clé.

Cette opération est d'ailleurs en bonne voie, 47% de la totalité des dépenses des Français sont déjà effectués par carte bancaire. Le paiement sans contact et par téléphone accélère cette mutation.
Le liquide toujours privilégié par les particuliers

Les banquiers sont soutenus dans cette démarche par les États, les paiement électroniques étant plus facile à contrôler, pister ou bloquer. La fin du liquide pourrait également constituer une manière discrète de mettre fin aux économies des particuliers, chaque Européen possédant un pécule moyen de 3.200 euros dissimulé chez lui.

C'est une certitude pour les experts, la monnaie est appelée à disparaître. Si pour le moment, on ignore encore quand cela se concrétisera, le "cash" ferait de la résistance. Encore privilégié par les usagers, il est sans frais pour les particuliers et échappe au système "Big Brothers" informatique. Plus sûr que la monnaie électronique, les espèces demeurent le seul moyen de paiement dans les pays où le système bancaire est fragile ou inexistant.

banque monnaie
https://www.rtl.fr/actu/conso/argent-apres-la-disparition-du-billet-de-500-euros-la-fin-du-liquide-7796370465

Comment le Wi-Fi nous rend vulnérable | InternetActu.net

Tue 29 Jan 2019 - 09:18

Le Wi-Fi a mal vieillit, explique la journaliste Ava Kofman (@eyywa) pour Real Life. Si nous sommes de plus en plus conscients de la surveillance dont nous sommes l’objet quand nous naviguons sur le web ou que nous utilisons nos smartphones, nous avons tendance à oublier que c’est également le cas lorsque nous utilisons une connexion Wi-Fi pour nous connecter. Il faut dire que quand le protocole Wi-Fi a été adopté, en 1997, nul n’imaginait que toutes nos connexions et tous nos objets l’utiliseraient.

Les failles et limites du protocole sont nombreuses et documentées. Nombre d’artistes les ont illustrées, comme le Wifi Data Safari de Brannon Drosey et Nick Briz ou Astro Noise de Surya Mattu qui montrent les transmissions non chiffrées qui transitent par les ondes. Ou encore le Wi-Fi Whisperer de Kyle McDonald, un petit robot qui murmure les activités qu’il écoute à voix basse tout comme Snoopi de Jiashan Wu. On pourrait ajouter à cette liste, le dispositif Hommes en gris de Danja Vasiliev et Julian Oliver…

Nous laissons tous des traces quand nous nous déplaçons : nos ordinateurs envoient en permanence leur identité aux réseaux Wi-Fi environnants pour trouver un réseau auquel il s’est déjà connecté. En échange, il est donc possible d’obtenir l’identité unique de l’ordinateur, du smartphone ou du dispositif qui cherche à se connecter, et surtout la liste des réseaux Wi-Fi auxquels il s’est déjà connecté. En structurant les requêtes, il est donc facile de demander l’historique de connexion et d’en déduire les lieux d’où le dispositif se connecte le plus souvent ! Autant d’informations extrêmement personnelles dont le marketing raffole ! Les noms des réseaux Wi-Fi que vos appareils gardent en mémoire indiquent ainsi très facilement quels endroits vous fréquentez (hôtels, universités, entreprises, conférences…) ce qui peut en dire long sur qui vous êtes et ce que vous préférez, surtout quand on dispose d’une liste des réseaux Wi-Fi existants pour réattribuer leurs noms à des emplacements, à l’image des 500 millions de réseaux sans fil collectés par Wigle.net (qui ne sont qu’une partie de ceux que collectent en permanence votre ordinateur ou votre téléphone).

L’Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information rappelait les risques liés au protocole Wi-Fi notamment que la collecte des réseaux Wi-Fi enregistrés sur nos appareils pouvait être utilisée pour relier des personnes entre elles en comparant les noms des points d’accès qu’ils utilisent ou encore de suivre les déplacements d’un appareil, comme un GPS, selon les requêtes qu’il envoie pour se connecter à un réseau et la force du signal qu’il émet.

Pour les artistes Dorsey et Briz, « les gens ne savent pas comment fonctionne la technologie, c’est pourquoi personne ne songe à exiger un meilleur moyen de se connecter ». En l’absence de pression publique, il y a peu d’incitations à proposer de meilleurs protocoles de connexion ! La commodité l’emporte toujours sur la vie privée. « Déjà qu’il est difficile de convaincre les gens de boycotter les géants de la technologie, il est encore plus difficile d’imaginer un soulèvement contre le Wi-Fi ! »

Des solutions s’esquissent. Des experts travaillent à reconcevoir un protocole sans fil qui soit « privacy by design », notamment en proposant de générer des adresses aléatoires pour nos dispositifs numériques… D’autres proposent des techniques d’obfuscation – comme Shenanigans.io imaginé par l’artiste David Rueter – pour ajouter du bruit aux requêtes auxquels répondent nos terminaux en générant de fausses adresses de réseaux auxquels ils se seraient connectés.

En attendant, la seule solution qu’il nous reste est de couper notre Wi-Fi quand nous ne sommes pas connectés à un réseau connu. Il existe pour cela quelques applications, comme Smart Wi-Fi Toggle. Reste à se demander pourquoi ces fonctionnalités ne sont toujours pas activées par défaut pour gérer votre connexion sans fil…

sécurité TF Vie-privée wifi
http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/comment-le-wi-fi-nous-rend-vulnerable/

Opération « Bloque la pub sur Internet » – La Quadrature du Net

Mon 28 Jan 2019 - 15:45

À l’occasion de la journée européenne de protection des données, ce lundi 28 janvier 2019, Résistance à l’Agression Publicitaire (RAP) et La Quadrature du Net, soutenues par d’autres associations, lancent une opération Bloque la pub sur Internet et passe le bloqueur à tes voisin·es.
Cette opération continue de mettre en évidence les effets négatifs de la publicité en ligne et les outils pour s’en prémunir !

Internet est devenu un espace prioritaire pour les investissements des publicitaires. En France, pour la première fois en 2016, le marché de la publicité numérique devient le « premier média investi sur l’ensemble de l’année », avec une part de marché de 29,6%, devant la télévision. En 2017, c’est aussi le cas au niveau mondial. Ce jeune « marché » est principalement capté par deux géants de la publicité numérique. Google et Facebook. Ces deux géants concentrent à eux seuls autour de 50% du marché et bénéficient de la quasi-totalité des nouveaux investissements sur ce marché. « Pêché originel d’Internet », où, pour de nombreuses personnes et sociétés, il demeure difficile d’obtenir un paiement monétaire direct pour des contenus et services commerciaux et la publicité continue de s’imposer comme un paiement indirect.

Les services vivant de la publicité exploitent le « temps de cerveau disponible » des internautes qui les visitent, et qui n’en sont donc pas les clients, mais bien les produits. Cette influence est achetée par les annonceurs qui font payer le cout publicitaire dans les produits finalement achetés.

La publicité en ligne a plusieurs conséquences : en termes de dépendance vis-à-vis des annonceurs et des revenus publicitaires, et donc des limites sur la production de contenus et d’information, en termes de liberté de réception et de possibilité de limiter les manipulations publicitaires, sur la santé, l’écologie…

En ligne, ces problématiques qui concernent toutes les publicités ont de plus été complétées par un autre enjeu fondamental. Comme l’exprime parfaitement Zeynep Tufekci, une chercheuse turque, « on a créé une infrastructure de surveillance dystopique juste pour que des gens cliquent sur la pub ». De grandes entreprises telles que Google, Facebook et d’autres « courtiers en données » comme Criteo ont développés des outils visant à toujours mieux nous « traquer » dans nos navigations en ligne pour nous profiler publicitairement. Ces pratiques sont extrêmement intrusives et dangereuses pour les libertés fondamentales.

L’Europe dispose pourtant désormais d’un règlement qui devrait mettre majoritairement fin à cette exploitation de nos données personnelles. En vertu du règlement général pour la protection des données RGPD, la plupart de ces pratiques de collecte de données personnelles en ligne devraient reposer sur un consentement libre et éclairé. Sinon, ces pratiques sont illégales. C’est sur ce fondement que La Quadrature du Net a porté plainte collectivement contre les 5 géants du numérique. Si le RGPD est rentré en application récemment et que ces plaintes collectives prennent du temps, la CNIL française a déjà agi sur des questionnements similaires, et a même, lundi 22 janvier 2019, commencé à sanctionner Google à une amende de 50 millions d’euros s’agissant de ces pratiques relatives à Android.
Il est temps que cette législation soit totalement respectée et que les publicitaires cessent de nous espionner en permanence en ligne.

Un sondage BVA-La Dépêche de 2018 révélait que 77% des Français·es se disent inquiet·es de l’utilisation que pouvaient faire des grandes entreprises commerciales de leurs données numériques personnelles. 83% des Français·es sont irrité·es par la publicité en ligne selon un sondage de l’institut CSA en mars 2016 et « seulement » 24% des personnes interrogées avaient alors installé un bloqueur de publicité.

Le blocage de la publicité en ligne apparait comme un bon outil de résistance pour se prémunir de la surveillance publicitaire sur Internet. Pour l’aider à se développer, nos associations lancent le site Internet :

bloquelapub.net

Plusieurs opérations collectives ou individuelles de sensibilisation et blocages de la publicité auront lieu sur plusieurs villes du territoire français et sur Internet peu de temps avant et le jour du 28 janvier 2019, journée européenne de la « protection des données personnelles ». Le jour rêvé pour s’opposer à la publicité en ligne qui exploite ces données !

RAP et La Quadrature du Net demandent :

– Le respect de la liberté de réception dans l’espace public et ailleurs, le droit et la possibilité de refuser d’être influencé par la publicité,
– Le strict respect du règlement général pour la protection des données et l’interdiction de la collecte de données personnelles à des fins publicitaires sans le recueil d’un consentement libre (non-conditionnant pour l’accès au service), explicite et éclairé où les paramètres les plus protecteurs sont configurés par défaut. Les sites Internet et services en ligne ne doivent par défaut collecter aucune information à des fins publicitaires sans que l’internaute ne les y ait expressément autorisés.

Rendez-vous sur bloquelapub.net et sur Internet toute la journée du 28 janvier 2019

Les associations soutiens de cette mobilisation : Framasoft, Le CECIL, Globenet
Contact : contact@bloquelapub.net, contact@antipub.org, contact@laquadrature.net

publicité TF web
https://www.laquadrature.net/2019/01/28/bloquelapub/

217 – L’expédition du navire Le Jonas pour l’Acadie en 1606 – Le blogue de Guy Perron

Sun 27 Jan 2019 - 23:11

La flotte de 1606 à destination de l’Acadie est composée de cinq navires[1].

Le navire Le Jonas (150 tx) est le sujet du présent article. Il est la propriété des marchands rochelais Samuel Georges et Jean Macain qui fournissent l’équipage[2].

Nommé l’un des pairs de La Rochelle en 1603, Jean Macain avait épousé, le 15 décembre 1591, Anne Georges, sœur de son associé. Les deux beaux-frères protestants se livrent, depuis le début du XVIIe siècle, à de nombreuses opérations commerciales avec la Nouvelle-France[3]. Le 25 février 1606[4], ils ont engagé Élie Petit, chaussetier et chaunier, de La Rochelle.

De l’île Sainte-Croix à Port-Royal

Au printemps de 1605, Pierre Dugua de Monts décide de déplacer son habitation de l’île Sainte-Croix vers Port-Royal, près de l’actuelle petite ville d’Annapolis Royal (Nouvelle-Écosse).

Il choisit François Gravé du Pont pour diriger les pêcheries et nomme Jean de Biencourt, baron de Poutrincourt et de Saint-Just, un gentilhomme picard, gouverneur de Port-Royal.

Poutrincourt demande à Dugua de lui accorder des terres à Port-Royal, se proposant de vivre là et d’y établir sa famille et sa fortune. Il acquiesce et, le 25 février 1606, Henri IV accorde à Poutrincourt « la seigneurie de Port-Royal et terres adjacentes ». En échange, il doit y installer une colonie dans les deux années qui suivent.

Le 19 décembre 1605, en vue de l’expédition de 1606, Dugua de Monts signe un contrat avec les rochelais Georges et Macain et avec d’autres marchands de Rouen et de Saint-Malo[5].

À Paris, Dugua presse le départ de Poutrincourt, qui tarde un peu à aller se mettre en possession du pays et territoires qui lui ont été concédés[6]. En mars, Poutrincourt rencontre son ami Marc Lescarbot, avocat au Parlement, et l’invite à joindre son expédition en Acadie.

Poutrincourt recrute une cinquante de colons dont plusieurs personnes de qualité, des artisans et journaliers aussi : menuisiers, charpentiers de navire, maçons, tailleurs de pierres, serruriers, taillandiers, couturiers, scieurs d’ais, matelots, etc. Selon Gervais Carpin[7], il est resté vingt-trois contrats d’engagement d’artisans d’une durée d’une année, signés chez le notaire parisien Rémond en présence de Pierre Dugua « gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et son lieutenant général en la Nouvelle-France ». Les contrats mentionnent qu’ils doivent rejoindre La Rochelle à la fin du mois de mars pour leur embarquement.

Poutrincourt est aussi à la recherche de prêtres, mais c’est la Semaine sainte et ils sont tous occupés aux confessions ! Il s’en présente aucun, les uns s’excusant sur les incommodités de la mer et du long voyage, les autres remettant l’affaire après Pâques[8]. Le temps presse, il faut se rendre à La Rochelle.

Le Vendredi Saint, Lescarbot se rend vers Orléans, où il remplit, le dimanche, son devoir pascal et arrive à La Rochelle le 3 avril[9]. Le jeune avocat va quitter sa mère patrie pour la première fois. Entre Orléans et La Rochelle, un touchant et sincère adieu sort de sa plume de poète. Il compose un long poème combinant une nostalgie de l’Ancien Monde et l’anticipation du Nouveau[10]. Son Adieu à la France est imprimé le lendemain de son arrivée à La Rochelle, puis à Rouen.

Les préparatifs

À La Rochelle, nos voyageurs y trouvent le navire Le Jonas, prêt à sortir « hors des chaînes » de la ville pour attendre le vent. Il est chargé de bétail : des vaches, des porcs, un mouton, des poules, des pigeons ainsi que des chiens et… bien malgré soi, on emmène des rats[11].

Étant dans l’octave de Pâques, ils patientent en profitant des abstinences du récent carême[12]. Ils font bonne chère, « si bonne chère, écrit Lescarbot, qu’il nous tardait que nous fussions sur mer pour faire diète[13]. » On fête… un peu trop !

Fait étrange que ces tintamarres, constate Lescarbot, dans une ville réformée comme La Rochelle…où chacun marche droit pour ne pas encourir la censure soit du maire, soit des ministres de la ville. Quelques ouvriers sont faits prisonniers, gardés à l’Hôtel de ville jusqu’à leur départ. N’eut été de l’expédition, ils auraient été châtiés !

Le 1er avril[14], le capitaine Guillaume Foucques emprunte la somme de 42lt du marchand rochelais Jean Perrin pour s’acheter des marchandises pour le voyage.

Étant chargé, le navire Le Jonas est prêt à sortir de la rade. Le départ est prévu le 8 ou le 9 avril, mais… Par malheur, le capitaine Foucques le laisse sans hommes, ni lui-même, ni son pilote, puis un grand vent du sud-est s’élève pendant la nuit et casse le câble… le navire est entraîné hors du port et va se briser contre une des murailles de la ville, adossant la tour de la Chaîne[15]. Par chance, au même moment, la mer monte et l’empêche de couler !

Le navire est sauvé, mais il faut le réparer. Les pertes sont énormes. L’expédition est compromise. On demande l’aide des ouvriers soit à tirer à la pompe ou pousser au cabestan ou autre chose, mais peu d’entre-eux se mettent au travail. Quelques-uns se plaignent et quittent. Il faut embaucher un nouvel équipage.

Immobilisé, le capitaine Foucques parle sérieusement de rompre son engagement et de se mettre au service de marchands concurrents des Macain et Georges, écrit Adrien Huguet[16]. Sur le port, il reçoit des offres alléchantes dans l’espoir de se détacher de l’expédition de Dugua de Monts.

Cet esclandre retarde le départ de plus d’un mois ! Il faut décharger et recharger le navire. Pendant ce temps, Lescarbot se promène dans la ville et particulièrement aux Cordeliers. Comme l’a fait Poutrincourt à Paris, Lescarbot profite de son séjour rochelais pour trouver un homme d’église afin d’administrer les sacrements pendant le voyage. Étant dans une ville maritime, il croit qu’un curé ou vicaire prendrait plaisir à voguer sur les flots. En vain ! Il se fait dire qu’il « faudrait des gens qui fussent poussés de grand zèle et piété pour aller en tels voyages et serait bon de s’adresser aux pères Jésuites[17]. »

Faute de temps, le navire va partir sans missionnaire et lorsqu’on arrivera en Acadie, on apprendra que le seul prêtre qu’y avait laissé Dugua de Monts est décédé. C’est donc sans aucun prêtre que se fera l’hivernement de 1606-1607[18].

Le départ

Le 11 mai, à la faveur d’un petit vent d’est, le navire Le Jonas prend la mer et aborde à La Palice. Le lendemain, il mouille à Chef de Baie (lieu où les navires s’abritent des vents). Enfin, le samedi 13 mai, veille de la Pentecôte, il fait voile…

Juste avant de partir, le 12 mai[19], le marinier Jean Launay reconnaît avoir reçu la somme de 45lt du marchand rochelais Élie Leroy.

De l’équipage, nous connaissons :

Guillaume Foucques, maître et capitaine
Olivier Fleuriot, pilote, de Saint-Malo (Bretagne)
Jean Launay, marinier, de Le Conquet (Bretagne)

Des passagers, nous connaissons :

Jean de Biencourt, baron de Poutrincourt et de Saint-Just, gouverneur
François Addenin, soldat, domestique
Charles de Biencourt de Poutrincourt, fils de Jean
Du Boullay, ancien capitaine de régiment
Étienne, maître-chirurgien
Robert Gravé, fils de François Gravé du Pont
Daniel Hay, charpentier
Jean Hay, charpentier
Louis Hébert, apothicaire, de Paris (Île-de-France)
Marc Lescarbot, avocat, de Vervins (Île-de-France)
Jean Ralluau, secrétaire de Dugua de Monts
Charles Turgis de Saint-Étienne de La Tour, fils
Claude Turgis de Saint-Étienne et de La Tour, père

Des engagés, nous connaissons :

Simon Barguin, compagnon-charpentier, de Reims (Champagnie)
Léonard Bidon
François Bonin
Olivier Bresson
Claude Desbry
Michel Destrez, compagnon-menuisier, de Magny-en-Vexin (Île-de-France)
Jean Duval, serrurier, de Normandie
Antoine Esnault, compagnon-menuisier, natif de Montdidier (Picardie)
Michel Genson, compagnon-menuisier, de Troyes (Champagne)
Guillaume Gérault
François Guittard, taillandier, de Paris (Île-de-France)
Jean Hanin
Toussain Husson
Husson Jabart
Élie Petit, chaussetier, de La Rochelle
Poileus
Jean Pussot, compagnon-charpentier, de Reims (Champagne)
Guillaume Richard, compagnon-charpentier, de Lusignan (Poitou)
Pierre Rondeau

À bord du navire, Marc Lescarbot passe par toute une gamme d’émotions pour un homme si peu familier avec les voyages maritimes. Face à l’océan, il a peur. Il le confesse avec franchise.

Le 16 mai, les voiles blanches d’une flottille de treize navires flamands allant en Espagne distraient, pour un instant, l’horizon du navire. En vue des Açores, un navire inconnu, dont l’équipage composé de matelots anglais et flamands, se disant terre-neuvier, se montre courtois et s’informe de son itinéraire[20].

Jusqu’au 18 juin, le navire surmonte quelques tempêtes causées par des vents contraires… étant partit trop tard, écrit Lescarbot. À cela, il faut ajouter des froidures et des brouillards intenses rendant la traversée difficile.

Des volées d’oiseaux annoncent les environs du banc de Terre-Neuve. Pour s’en assurer, le soir du 22 juin, à la seconde tentative, la sonde est jetée et on trouve fond à trente-six brasses. Après avoir reconnu le Banc, on poursuit la route à l’ouest. On met les voiles bas, la veille de la Saint-Jean-Baptiste, et la journée se passe à la pêcherie des morues avec mille réjouissances pendant lesquelles un des charpentiers de navire tombe à la mer ! Il est sauvé sans pour autant subir le mécontentement du capitaine. Pendant la nuit du 29 juin, un des matelots tombe à la mer sauvé par un cordage !

Dès le matin du 4 juillet, les matelots du dernier quart de travail reconnaissent les îles de Saint-Pierre encore lointaines. Le 7 juillet, avec joie, on découvre à tribord une côte de terre longue à perte de vue [Cap Breton]. « Les plus hardis, raconte Lescarbot, montaient à la hune pour mieux voir tant nous étions désireux de cette terre […] Nos chiens mettaient le museau hors le bord pour mieux flairer l’air terrestre[21]. »

Le 8 juillet apparaît la baie de Canseau, mais des brumes s’élèvent forçant le navire à louvoyer, sans avancer, contrarié des vents d’ouest et sud-ouest[22]. Sur les deux heures de l’après-midi, le samedi 15 juillet, le brouillard se dissipe, le ciel s’éclaircit et la côte se distingue à quatre lieues de terre[23].

Deux chaloupes, voiles déployées, s’approchent du navire. L’une chargée de sauvages, un élan peint à leur voile, l’autre de Français malouins faisant la pêche au port de Canseau[24]. Par eux, on apprend que Gravé du Pont avait quitté Port-Royal vingt jours avant, désespéré de voir arriver un navire de France. Il décida de regagner Honfleur par ses propres moyens. Il avait laissé la garde de l’habitation à deux hommes[25], nommés La Taille et Miquelet.

Le 17 juillet, le navire est encore pris de brumes et de vent contraire pendant deux jours. Le calme revenu, le soir du 19 juillet, se baignant dans la mer, un charpentier de navire ayant trop bu d’eau de vie est surpris… « le froid de la marine combattant contre l’échauffement de cet esprit de vin », écrit Lescarbot[26]. Voyant leur compagnon en danger, quelques matelots se jettent à l’eau pour le secourir, mais il se moque d’eux ! D’autres matelots sont appelés en renfort qui, dans cette confusion, se nuisent l’un l’autre et se mirent en danger ! Au cri de Poutrincourt, le charpentier Jean Hay prend le cordage qu’on lui montre et est tiré vers le haut, puis sauvé. Il tomba malade et cru mourir !

Le dimanche 23 juillet, le navire entre dans le port Rossignol et en après-midi, de beau soleil, il mouille au port au Mouton. Dix-sept hommes débarquent pour se réapprovisionner d’eau douce et de bois. Après avoir doublé le Cap de Sable, le 25 juillet, le navire Le Jonas jette l’ancre à l’entrée de Port-Royal. Deux coups de canon sont tirés afin de saluer le port et avertir les Français qui y demeurent[27].

Enfin, le 27 juillet, après une traversée de onze semaines, le navire entre dans le port, non sans difficulté, car le vent ralenti sa marche. La joie est grande, tant chez les passagers que chez les colons.

Le lendemain de leur débarquement, tous se mettent à l’ouvrage; quelques-uns au labourage et à la culture de la terre, écrit Lescarbot, d’autres à nettoyer les chambres. Comme la colonie ne compte aucune femme, les hommes doivent se partager les menus travaux ménagers[28].

Alors que les colons s’affairent à leur besogne, les hommes de bord qui avait quitté Le Jonas au port de Canseau pour venir le long de la côte rencontrent sur leur route Gravé du Pont qui rebroussa chemin pour retourner à Port-Royal, où il arrive le 31 juillet.

Pendant un mois, les réjouissances succèdent aux réjouissances. Poutrincourt fait mettre un muid de vin « sur le cul ». L’un de ceux qu’on lui avait baillé pour sa bouche, raconte Lescarbot[29], et permission de boire à tout venant tant qu’il y en aura !

Le retour

Le 20 août, il est temps de trousser bagage. Le 25, après maintes canonnades, le navire Le Jonas lève l’ancre pour aller à l’embouchure du port en attendant un vent favorable. Le 28 août, le navire appareille. Gravé du Pont dit adieu à ses amis et prend place dans le navire avec ses cinquante hommes. Pour l’occasion, Marc Lescarbot salue les partants d’un poème de 124 vers, Adieu aux Français retournant de la Nouvelle-France en la France Gaulloise.

Acadie Généalogie
https://lebloguedeguyperron.wordpress.com/2019/01/27/217-lexpedition-du-navire-le-jonas-pour-lacadie-en-1606/

Pour un Web frugal ? – Framablog

Thu 24 Jan 2019 - 20:06

Sites lourds, sites lents, pages web obèses qui exigent pour être consultées dans un délai raisonnable une carte graphique performante, un processeur rapide et autant que possible une connexion par fibre optique… tel est le quotidien de l’internaute ordinaire.

Nul besoin de remonter aux débuts du Web pour comparer : c’est d’une année sur l’autre que la taille moyenne des pages web s’accroît désormais de façon significative.

Quant à la consommation en énergie de notre vie en ligne, elle prend des proportions qui inquiètent à juste titre : des lointains datacenters aux hochets numériques dont nous aimons nous entourer, il y a de quoi se poser des questions sur la nocivité environnementale de nos usages collectifs et individuels.

Bien sûr, les solutions économes à l’échelle de chacun sont peut-être dérisoires au regard des gigantesques gaspillages d’un système consumériste insatiable et énergivore.

Cependant nous vous invitons à prendre en considération l’expérience de l’équipe barcelonaise de Low-Tech Magazine dont nous avons traduit pour vous un article. Un peu comme l’association Framasoft l’avait fait en ouverture de la campagne dégooglisons… en se dégooglisant elle-même, les personnes de Low-tech Magazine ont fait de leur mieux pour appliquer à leur propre site les principes de frugalité qu’elles défendent : ce ne sont plus seulement les logiciels mais aussi les matériels qui ont fait l’objet d’une cure d’amaigrissement au régime solaire.

En espérant que ça donnera des idées à tous les bidouilleurs…

article original : How to build a Low-tech website
Traduction Framalang : Khrys, Mika, Bidouille, Penguin, Eclipse, Barbara, Mannik, jums, Mary, Cyrilus, goofy, simon, xi, Lumi, Suzy + 2 auteurs anonymes

TF web écologie
https://framablog.org/2019/01/24/pour-un-web-frugal/

Disparition de la politique après une longue maladie — Le Gorafi.fr Gorafi News Network

Wed 23 Jan 2019 - 15:54

Paris – Âgée de près de 4500 ans, la politique est décédée ce matin, après avoir affronté courageusement mais en vain la maladie. Reportage.

Entourée de ses proches et amis, la politique est partie « sereinement » et avec le « sentiment du devoir accompli » même si ces derniers jours ont été très rudes expliquent les proches. « Toutes les déclarations récentes, ces secrétaires d’Etat qui veulent être vues partout dans les émissions de prime time au lieu d’aller au contact des citoyens, les ministres de l’intérieur qui utilisent de la novlangue quand des gens sont éborgnés, ça été trop dur ». Après discussions avec l’équipe médicale, il a ainsi été décidé de couper les machines qui maintenaient en vie la politique depuis avril 2002. « Au moins, elle ne souffre plus, c’est ce qu’il faut se dire » a confié une amie à la sortie de l’hôpital. Il se murmure en outre qu’à la dernière minute la politique aurait fait modifier son testament, déshéritant ainsi la totalité de ses enfants et petits enfants. Comme le souligne un analyste « Je pense qu’elle veut faire passer le message comme quoi ils ont vraiment merdé sur la fin».

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Gorafi! Politique
http://www.legorafi.fr/2019/01/23/disparition-de-la-politique-apres-une-longue-maladie/
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