Le blog « Ikea stuff on TV » et le catalogue Ikex vont faire votre vendredi. Notice de montage non incluse.
Les meubles Ikea repérés dans les séries TV
Si vous vous demandiez si quelqu’un a déjà pris la peine de répertorier les meubles et accessoires Ikea utilisés dans les films et séries, et bien… la réponse est oui. De Friends à Sex Education en passant par Doctor Who, Black Mirror ou encore Fargo, tout le monde se meuble au même endroit apparemment. Alors le blog « Ikea stuff on TV » repère pour vous les pièces de design suédois qui apparaissent à l’écran. Parce que oui, vous avez forcément reconnu votre étagère ou votre coussin préféré dans la dernière série Netflix. « Ikea stuff on TV », c’est aussi un compte Instagram où il est possible d’envoyer un message privé pour soumettre vos propres repérages.
Ikex, le catalogue parodique
Encore plus barré : le graphiste Dominique Hermier mélange sa passion pour l’urbex avec un catalogue Ikea et « paf », ça fait Ikex. « Ce Catalogue à l’humour décalé, et aux textes facétieux, s’amuse à rire des codes marketing que nous connaissons tous, mais aussi, s’interroge sur la vraie pérennité des objets que nous produisons en série, voire sur l’absurdité de certaines utilités supposées. », comme il l’explique lui-même sur son site. Vous y découvrirez ainsi des pièces inédites comme ROÜLET l’extincteur de voyage, TRÖNE la chaise d’appoint ou la desserte POURAÄV. Bonne nouvelle : la version papier du catalogue Ikex peut encore être commandée sur Etsy, mais n’attendez pas trop.
PLANTES - L'Herbier national français est le plus important du monde. Hébergée par la galerie de Botanique au Jardin des Plantes, sa collection de plantes pressées du monde entier, qui appartiennent au Muséum national d'Histoire naturelle, n'est pas ouverte au public. En revanche, la collection numérique, faite de 6 millions de spécimens, est visible en ligne.
Et ce n'est pas tout. Depuis 2013, le site des Herbonautes permet au grand public de collaborer avec les chercheurs de l'Herbier. "C'est un herbier collectif citoyen, qui propose à n'importe qui de participer à l'élaboration de notre base de données scientifique", explique Marc Jeanson, responsable technique de l'Herbier dans la vidéo en tête d'article.
"Lorsqu'on a procédé à cette numérisation gigantesque, qui a abouti à la création de 6 millions d'images, c'est allé très vite, raconte Marc Jeanson. On ne pouvait pas demander aux techniciens sur ces plateformes de rentrer toutes les informations." Le Muséum décide alors de faire appel aux internautes, quels qu'ils soient.
300.000 spécimens traités par le grand public
Le processus est simple: il suffit de se créer un compte et d'observer les plantes en ligne et de saisir toutes les informations associées aux différents spécimens. "C'est vraiment ouvert à tous. On soumet aux gens les spécimens et on leur demande de lire l'étiquette et de rentrer à minima un lieu et une date de collecte de la plante", détaille-t-il.
Les participants ne sont pas jetés dans le bain directement: au début, le site leur propose de n'entrer qu'une seule information, comme par exemple le pays dont provient la plante. La même plante est analysée par cinq personnes différentes. Si tout le monde donne la bonne réponse, elle est validée. Si ce n'est pas le cas, elle est vérifiée par un technicien.
Pour l'instant, l'opération est un succès. "Sur les 6 millions de spécimens vasculaires de la base de données, près de 300.000 ont été traités par les Herbonautes, qui nous aident beaucoup et son très présents", se félicite Marc Jeanson. Environ 3.500 contributeurs réguliers participent au projet. Un engouement qui s'explique aussi par un regain d'intérêt plus général envers le monde végétal.
Les plantes sont partout
"Nous avons à peu près 350 à 400 ans de collecte de végétaux sur la surface entière du globe et ça nous permet aussi de documenter la façon dont la flore mondiale évolue", souligne le chercheur. Il encourage d'ailleurs chacun d'entre nous à collecter des plantes et à commencer un herbier, même si l'on vit en ville.
"Les plantes sont absolument partout, dans les petites fentes du bitumes, entre les pavés, sur les murs, dans les gouttières... Il faut simplement savoir les observer et savoir les prendre en compte, rappelle Marc Jeanson. C'est très instructif de se lancer dans l'aventure de l'herbier." Tous les jours, des herbiers privés sont d'ailleurs déposés au Muséum national d'Histoire naturelle et contribuent à l'élaboration sans fin de l'Herbier national.
Le dernier livre du chercheur Tarleton Gillespie (@TarletonG, blog), Custodians of the internet (Les gardiens de l’internet, 2018, Yale University Press, non traduit) livre une plongée très documentée dans le monde de la modération des plateformes des grands réseaux sociaux… et offre bien des prises pour comprendre les enjeux ce débat récurrent sur les règles et le droit qui doivent présider nos échanges en ligne.
La modération – cette invitation à la pondération, à trouver les bonnes règles d’échanges et de débats en ligne – désigne souvent cette capacité à gérer les communautés d’utilisateurs, le public (« l’ensemble de ceux qui sont affectés par les conséquences indirectes de transactions qu’il est jugé nécessaire de veiller systématiquement à ces conséquences », disait John Dewey dans Le public et ses problèmes) est une préoccupation centrale depuis le début du web. Des premiers forums aux listes de discussions sur Usenet, les communautés en ligne ont toujours eu besoin qu’on prenne soin d’elles, que ce soit en développant des formes de gouvernance pour les protéger, des procédures claires et démocratiques d’usages, ou en trouvant les modalités pour traiter les préjudices et infractions. Les plateformes n’échappent pas à ces règles ni à ces débats.
Des milliers de Françaises et Français passent outre la loi bioéthique en offrant leur ADN à de puissantes firmes étrangères. Des spécialistes s’alarment et proposent de sortir de cette impasse éthique, médicale, scientifique et économique.
Focalisés sur la PMA pour toutes, les derniers États généraux de bioéthique ont laissé dans l’ombre un sujet majeur mais peu connu du grand public: celui de la propriété, de l’exploitation et du devenir des données génétiques de chaque citoyen français. Cette omission est d’autant plus regrettable que ce sujet concerne un pays qui défend une conception originale des rapports entre le droit de propriété et le corps humain.
En France, le corps n’est pas une «chose» qui pourrait faire l’objet d’un contrat ou d’une convention. Une personne ne peut librement disposer d’elle-même. Ce principe dit d’indisponibilité se rattache à la notion de dignité de la personne; une notion inscrite depuis 1994 et les premières lois de bioéthique, à l'article 16-1 du Code civil
«Chacun a droit au respect de son corps. Le corps humain est inviolable. Le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial.»
Il s’agit là d’une clé de voûte juridique sur laquelle reposent les interdits français concernant le commerce du sang, des organes ou des cellules sexuelles –de même que la condamnation de la pratique de la grossesse pour autrui (GPA).
GPA : incompatible avec les "principes d'indisponibilité du corps humain et de l'état des personnes" — Véronique Hunsinger (@vhunsinger) 11 juillet 2018
Mais cette conception de la dignité de la personne humaine entre aujourd’hui en conflit avec la quête de nouveaux droits (comme dans le cas de la GPA) de même qu’avec les considérables développements du décryptage génétique et moléculaire de l’humain. Il peut aussi s’opposer aux espérances médicales et scientifiques de la nouvelle génétique et, corollaire, aux appétits financiers qu’elles génèrent.
C’est dans ce contexte qu’il faut situer les nouvelles et dérangeantes questions relatives à l’exploitation des données génétiques, un dossier dont les termes sont exposés par un groupe de recherche français dans la dernière livraison de la revue Médecine-Sciences.
En informatique, la donnée (data) correspond le plus souvent à une information numérisée, stockée sur des serveurs. La data est aussi devenue une véritable matière première d’une nouvelle économie libérale, à la fois numérique et mondiale. Cette donnée peut aussi être une information dont la valeur d’usage n’a pas encore été déterminée. Quant à la donnée génétique, elle peut avoir plusieurs valeurs d’usage: médicale, scientifique, économique, etc.
«Or ces données génétiques sont, d’une certaine façon, “marchandisables” aux États-Unis, et non en France, expliquent ces scientifiques à Slate.fr. Par certains côtés on pourrait faire le parallèle avec le sang et le plasma mais il faut en réalité tenir compte de plusieurs différences notables. Tout d’abord la production de sang et de plasma requiert des moyens significativement plus invasifs (prises de sang) que le fait de cracher dans un tube pour produire des données génétiques. D’autre part ces données sont duplicables, en théorie à l’infini, à la différence du sang et du plasma. Enfin, la donnée génétique s’inscrit dans une sorte de troisième révolution industrielle fondée sur les nouvelles technologies de l’information, de la communication et de l’intelligence artificielle.»
A 2016 study, which included data from 23andMe, found that there are more than 60 genetic variants associated with resting heart rate. #AmericanHeartMonthhttps://t.co/9gPilMbASp — 23andMe (@23andMe) 19 février 2019
De fait, le temps est révolu où les spécialistes du génome pouvaient, seuls, avoir accès aux informations contenues dans les patrimoines génétiques des personnes –et ce, à des fins médicales ou judiciaires. Cette activité est devenue un gigantesque commerce. «En l’espace de trois décennies, des biotechs principalement nord-américaines (Myriad Genetics, 23andMe, Ancestry DNA, Myheritage, etc.) sont devenues expertes dans la production, le traitement et l’analyse de volumes importants de données génétiques qui dépassent désormais ceux des plateformes académiques habituelles, expliquent Guillaume Vogt, généticien (Centre national de recherche en génomique humaine [CNRGH]) et Henri-Corto Stoeklé, bioéthicien (Laboratoire de génétique humaine négligée [CNRGH-CEA, Évry]). La majeure partie de leur succès tient aujourd’hui à l’appropriation d’un nouveau modèle économique: celui de “marché biface”.»
«Ici, l’entreprise privée, ou “plateforme biface”, offre “gratuitement”, sur la première face, différents services numériques aux consommateurs demandeurs, afin d’obtenir et de stocker différents types de données les concernant, qu’elle transforme en information valorisée (à la fois en termes d’échange et d’usage) sur la seconde face, auprès d’autres entreprises ou structures. Les bénéfices réalisés sur la seconde face de la plateforme doivent alors couvrir largement les pertes accusées sur la première.»
Or on estime déjà à plus de quinze millions le nombre de de personnes dans le monde qui ont aujourd’hui eu recours aux tests génétiques commercialisés via internet par 23andMe, AncestryDNA ou MyHeritage. Il s’agit le plus souvent de tests génétiques censés fournir des éléments de prédisposition à certaines maladies ou à fournir des données généalogiques. Dans le même temps il faut compter avec une baisse drastique et continue du prix et du temps du séquençage des génomes.
Il n’existe pas, et pour cause, de données officielles mais on estime que, chaque année, près de 100.000 Françaises et Français se procurent un test ADN à visée généalogique et font analyser leurs gènes... à l'étranger. Il suffit ici de se procurer un kit et envoyer un échantillon de salive dans un pays où cela est autorisé. Cinq opérateurs proposent actuellement ce type de service, dont deux en langue française. Ces sociétés ne sont pas immatriculées en France, les analyses sont effectuées en Angleterre ou aux États-Unis et les résultats accessibles en ligne sur leurs bases de données qui sont hébergées outre-Atlantique. Pourtant, la loi française dispose que «le fait, pour une personne, de solliciter l'examen de ses caractéristiques génétiques ou de celles d'un tiers ou l'identification d'une personne par ses empreintes génétiques en dehors des conditions prévues par la loi est puni de 3.750 euros d'amende».
L'opérateur 23andMe est un parfait exemple du phénomène, qui comptabilise aujourd’hui plusieurs millions de participantes et participants. Au départ, son offre de service ressemblait à celle d’un test génétique relatif à la santé et à l’ancestralité, en vente librement sur internet –sans l’intermédiaire (à la différence de la France) d’une ou d'un médecin ni de l'obligation d’une prescription médicale.
«Il s’agissait en fait d’un “two-sided-market” ou “plateforme biface’” expliquent les deux chercheurs français. Sur sa première face, l’entreprise a collecté et collecte toujours auprès du consommateur, quel qu’il soit, grâce à internet, des échantillons biologiques et des données personnelles via l’offre d’un test génétique à un prix particulièrement attractif. Mais, sur sa seconde face, ceci lui a permis de créer une biobanque (lieu de stockage des échantillons biologiques) ainsi qu’une base de données (lieu de stockage des données issues du séquençage, entre autres) considérable pour être valorisée (en termes d’usage et d’échange) auprès de la recherche et de l’industrie.»
«23andMe est devenu une sorte de “Facebook de l’ADN” où les usagers font circuler eux-mêmes leurs données génétiques en y ajoutant différentes données personnelles.» Guillaume Vogt, généticien et Corto Stoeklé, bioéthicien
«Aujourd’hui, 23andMe a commercialisé plusieurs millions de tests et baissé significativement son prix depuis sa création en 2006. Le test coûtait environ 1.000 dollars (à peu près 882 euros) à son arrivée sur le marché, et coûte aujourd’hui moins de 100 dollars (environ 88,2 euros) [...] L’entreprise a dû aussi parfaitement intégrer, au moins sur sa première face, et de façon systématique, les outils et les techniques du “social web”. 23andMe est devenu alors une sorte de “Facebook de l’ADN” où les usagers font circuler eux-mêmes leurs données génétiques en y ajoutant différentes données personnelles. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Google fut l’un de ses principaux et premiers investisseurs, et que désormais toute l’industrie du numérique cherche à investir dans la production, l’analyse et le stockage des données de santé.»
23andMe s’est implantée en Europe, au Royaume-Uni, mais aussi au Danemark, en Finlande, aux Pays-Bas, en Irlande et en Suède. Et en dépit de leur stricte interdiction en France ces firmes produisent donc (et valorisent) une quantité importante de données génétiques françaises. «De nombreux Français achètent leurs tests génétiques; des chaînes de télévision françaises diffusent leurs films publicitaires; des hôpitaux, des universités ou des instituts français, et donc des chercheurs français, collaborent et publient avec elles», expliquaient il y a peu Messieurs. Vogt et Stoeklé dans Le Monde.
«Outre une méconnaissance de la loi, voire un délit volontaire, cette tendance à “l’infraction’’ souligne, qu’on le veuille ou non, une demande française importante et, surtout, l’échec total de notre politique en matière d’industrie génétique. Ces données ont donc un intérêt stratégique majeur, tant pour notre recherche que pour notre économie. Malheureusement, le monde académique et institutionnel français ne fait que critiquer ces firmes, sans proposer de solutions efficientes pour nos chercheurs et nos entreprises. Cessons cette “politique de l’autruche”.»
À l'instar du célèbre bug de l'an 2000 pour les ordinateurs, le système de positionnement américain GPS pourrait cesser de fonctionner le 6 avril prochain à cause d'un problème de dates. Voici comment l'éviter.
Une faiblesse du système de positionnement américain GPS risque d'empêcher bon nombre d'appareils GPS de fonctionner correctement après le 6 avril prochain. C'est ce qu'a découvert The Register, et la cause du dysfonctionnement est un compteur système indiquant la semaine qui arrive à sa limite et qui sera automatiquement réinitialisé. Le problème est similaire au fameux bug de l'an 2000.
Afin de calculer correctement la position, les systèmes de navigation doivent connaître la date. Lors des échanges, le système GPS communique la semaine en cours dans une variable de 10 bits. Cela signifie que cette variable peut prendre 2¹⁰ valeurs, autrement dit, compter de 0 à 1.023. Après 1.023 semaines, soit près de 20 ans, le compteur repasse à zéro et continue de compter. Le compteur a commencé en 1980 pour la première fois, puis a été remis à zéro en 1999. La prochaine réinitialisation arrivera le 6 avril 2019.
Une mise à jour est nécessaire
Le seul moyen pour les appareils plus anciens de retrouver la bonne date sera d'effectuer une mise à jour système. Cela concerne principalement les appareils fabriqués avant 2010, les plus récents ne devraient pas poser de problème si les fabricants ont bien suivi les normes. Cependant, certains d'entre eux ont contourné la difficulté en changeant la date de début, et donc certains appareils pourraient passer cette date sans encombre mais causer le même souci dans quelques années.
Ce problème ne devrait plus se rencontrer à l'avenir pour les nouveaux appareils. Le système intègre désormais de nouveaux formats de message CNAV et MNAV qui utilisent une variable 13 bits. Il devrait donc être valable pendant plus de 150 ans.
Savez-vous ce que sont les signes diacritiques ? Leur nom sonne comme un symptôme de maladie, mais ça ne s’attrape pas, promis. Les signes diacritiques, du grec diakritikos, "qui distingue", ce sont tous ces petits signes qui sont ajoutés aux lettres pour en modifier la prononciation ou le sens.
Ils ne sont que cinq en français. Il y a ceux qui se placent au-dessus des lettres, les accents grave, aigu et circonflexe, mais aussi le tréma, comme sur le e de "Noël", et il y a la cédille, le seul signe diacritique qui se place sous une lettre.
Ces signes n’ont pas toujours existé, on a commencé à les introduire à la Renaissance, quand il est apparu que les lettres héritées du latin ne permettaient pas de reproduire assez fidèlement les sons du français. Le premier signe a été le "é".
Les règles de leur emploi sont strictes : on peut mettre sur un o ou un i un accent circonflexe, mais il ne vous viendrait pas à l’idée d’y mettre un accent aigu en français, alors que cela se fait en espagnol, par exemple. En revanche, jamais d’accent sur les consonnes en français, la seule qui puisse être équipée d’un signe diacritique étant le c avec sa petite cédille.
D’autres langues disposent donc d’autres signes diacritiques. Il y a le rigolo petit rond sur le a suédois, qui s’appelle joliment le "rond en chef". Il y a aussi le o barré en norvégien, et, plus connu chez nous, le tilde espagnol, cette petite vague sur le n qui fait qu’il se prononce "gne" au lieu de "ne". Et c’est justement lui qui m’a donné l’idée de vous parler diacritiques aujourd’hui.
Cette semaine, je corrigeais au journal Le Monde un article dans lequel il était question de Laurent Nunez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’intérieur. Je suis allée vérifier l’orthographe de son nom parce qu’il me semblait qu’il avait un tilde sur le n, d’habitude. Là, il n’y était pas. Et alors, impossible de savoir ! On trouve des documents disant que Laurent Nuñes tient au tilde, et étrangement, sur le portail du gouvernement, son nom ne le porte pas.
Ce qui est amusant, c’est qu’il est entré au gouvernement à l’automne dernier, juste au moment où se jouait en Bretagne une tragédie judiciaro-familialo-bretonnante autour du tilde. Car figurez-vous que le tilde existe en breton, et que des parents qui voulaient appeler leur bébé Fañch, avec un tilde sur le n, se le sont vu interdire, au motif que ce signe n’est pas français. Ils sont pourtant parvenus à démontrer que le tilde existait en ancien français, et l’affaire est en appel. Mais c’est peut-être pour éviter que les Bretons puissent se servir de l’argument Nunez que celui-ci s’est scalpé le n en entrant au gouvernement. En tout cas, vous voyez que ces tout petits signes soulèvent parfois de grandes passions.
Un texte commun de directive européenne vient d'être adopté. Il réforme les principes du droit d'auteur en ligne et les règles applicables aux plateformes de contenu. Décryptage.
(CCM) — La Commission européenne, le Conseil de l'UE et le Parlement européen viennent de se mettre d'accord sur un projet commun de directive sur le copyright et les droits d'auteur numériques. Cette proposition veut moderniser le droit européen, à l'heure de l'omniprésence du digital.
Comme l'indique Andrus Ansip le vice-président de la Commission Européenne en charge du marché unique digital dans son tweet (lien en anglais), les instances européennes veulent avec ce texte à la fois garantir les droits des utilisateurs de services numériques, moderniser les règles applicables aux plateformes de contenus en ligne et assurer la rémunération des producteurs de contenus. Réussir cette triple mission n'était pas gagné d'avance car en matière de droits d'auteur et de copyright, les intérêts des différents acteurs sont divergents la plupart du temps. Plusieurs points du texte font encore débat au sein de la communauté des experts en droit des contenus numériques.
En particulier, l'article 11 veut mettre en place une taxe sur les liens hypertextes sortants. Les créateurs de contenus numériques et les éditeurs de presse obtiennent le droit de demander une rémunération aux plateformes qui affichent un extrait – même « très court » – de leurs contenus. Les agrégateurs d'actualités et les moteurs de recherche sont directement visés, au premier rang desquels Google avait déjà prévenu que cet article 11 pourrait entraîner la fermeture de Google Actualités (cf. notre article sur le sujet). Reste à savoir comment seront interprétées les notions « d'extraits très courts » et d'agrégateurs de contenu. Sur ce dernier point, il se pourrait que même les blogs personnels tenus par des particuliers ou les sites associatifs à but non lucratif soient également concernés par la taxe sur les liens sortants.
Pour laisser le temps aux acteurs du digital de s'organiser, une période de protection de deux ans est prévue par le texte, pendant laquelle les liens hypertextes peuvent encore être utilisés librement. D'ici à 2021, les discussions promettent d'être vives pour négocier la mise en application du texte européen, consultable sur le site de la Commission.
La flotte de 1670 à destination de Québec est composée de quatre navires : trois de La Rochelle (La Nouvelle-France, La Sainte-Hélène et Le Saint-Pierre) et un de Dieppe (Le Saint-Jean-Baptiste).
Le navire La Nouvelle-France (250 tx) est la propriété du marchand rochelais Pierre Gaigneur qu’il a acquit, le 5 avril 1667[1], avec quatorze pièces de canon, des marchands Gédéon Bion, Daniel Brians et Paul Bion en compagnie pour la somme de 15 700lt.
Au baptême, l’enfant reçoit du parrain et de la marraine de nouveaux parents dits spirituels. Les historiens du droit, et notamment du droit canonique, se sont emparés au XIXe siècle de la thématique du baptême et ce n’est que dans les années 1990, grâce aux travaux pionniers d’Agnès Fine en France, puis, dans les années 2000, avec les travaux majeurs de l’italien Guido Alfani, que le baptême revient dans le giron de l’historien des familles. Une tâche ingrate, dans l’étude des parrains et marraines, consiste à dépouiller intégralement une commune, voire plusieurs, et à reconstituer les familles pour identifier les parents spirituels dans la parentèle et plus globalement dans la vie de la communauté. Ceci a été réalisé à quelques reprises, notamment par les membres du courant de la démographie historique (un numéro paru en 1995 des Annales de Démographie Historique traite justement de l’histoire de la famille). Pour ce mémoire, le même travail a été entrepris sur une commune, La Tour-d’Aigues, qui se trouve entre le village et la ville et que l’on pourrait qualifier de bourg. Dans la première partie de ce chapitre, nous reviendrons sur cette méthode employée (et ses limites). Le baptême est perçu par la susdite historiographie comme un acte « annexe ». Il serait un acte formel ne créant que de faibles liens avec le baptisé. Notre hypothèse de travail est presque à l’opposé de ce que les historiens ont étudié jusqu’à présent. Il est apparu, dans la documentation à notre disposition, que si le parrain et la marraine ne sont certes pas omniprésents, ils ont un rôle à jouer. Nous tenterons de définir ce rôle. Dans l’approche renouvelée de la parenté en histoire, avec les histoires des grands-parents et récemment les brillants travaux de Marion Trévisi sur les oncles et tantes, nous pensons que les parrains sont aussi, sinon au cœur de la parenté, du moins des membres clés de la famille élargie. Plus encore, le parrainage permet de renforcer des liens, soit dans l’entre-soi (avec des membres de sa famille, des amis proches, des voisins) soit dans l’hors-de-soi (avec des relations qui seraient donc mixtes, avec des liens clientélaires ou même des liens d’amitié entre personnes de milieux variés). Pour cela, dans un premier temps, nous présenterons la méthode et en indiquerons les limites (I). Nous nous questionnerons aussi sur le lien entre le baptisé, les parents de ce dernier et ses parrains (II). Bien sûr, il n’est pas question d’écarter les relations de clientèle au sein du réseau, donc des relations verticales (III), mais nous aimerions aussi, et peut-être surtout, nous intéresser, ne serait-ce que brièvement, à un aspect assez neuf dans l’étude du baptême, du moins d’après nos lectures : le baptême comme consolidation des fiançailles (IV). Voilà, en quelques mots, ce que nous allons étudier ci-après.
Ira, ira pas? Le 26 mai ou pas? Emmanuel Macron va-t-il consulter le peuple par référendum? Anti-sèche des consultations référendaires depuis 1961, en attendant...
Faire ou ne pas faire un référendum le 26 mai, jour des élections européennes, telle est la question? C'est à ce dilemme shakespearien qu'est confronté Emmanuel Macron. «Y a-t-il pour l’âme plus de noblesse à endurer les coups et les revers d’une injurieuse fortune, ou à s'armer contre elle pour mettre frein à une marée de douleurs?», se demande Hamlet, prince du Danemark, dans la pièce éponyme du dramaturge anglais, en se posant la question «To be or not to be».
Être ou ne pas être le fossoyeur du débat européen? Être ou ne pas être le rédempteur de la participation électorale? Ou bien le champion de l'écoute des «gilets jaunes»? Ou bien encore le spécialiste de «l'enfumage» comme les mêmes «gilets jaunes» et les oppositions parlementaires en accusent, en boucle, le président de la République? Macron va devoir faire le tri, entre toutes ses hypothèses et sans doute quelques autres, après avoir écouté les dirigeants des partis politiques, des constitutionnalistes, ses conseillers, ses «visiteurs du soir» et pris le pouls de l'opinion. Il sait que le référendum est à double tranchant. La population française, elle, y est favorable à 55%, d'après un sondage Odoxa mené les 6 et 7 février.
«Une mèche lente sur un bâton de dynamite»
Dans le parti qu'il a fondé, La République en marche (LREM), les parlemetaires n'ont pas l'air très chaud pour un couplage avec les européennes. Pour noyer le poisson, Gilles Le Gendre, président du groupe de l'Assemblée nationale, dit qu'organiser un référendum le 26 mai est «une question secondaire»... alors que c'est justement une question centrale avec le contenu de la ou des questions posées aux Françaises et aux Français. Le premier ministre lui-même, Édouard Philippe, a déclaré au Sénat que «tout ce qui aurait pour effet de remettre en cause la clarté du débat» sur l'Europe «serait probablement à écarter».
À l’issue de son entretien avec @EmmanuelMacron, qui consulte cette semaine les chefs de partis et présidents des groupes parlementaires, @GillesLeGendre déclare que "la décision du referendum n’est absolument pas prise ».
Au nom du parti de droite Les Républicains (LR), le patron des sénateurs Bruno Retailleau refuse le chauvauchement avec les élections: «certainement pas le jour des européennes», a-t-il affirmé. «Pas question», tranche pour sa part Jean-Christophe Lagarde de l'Union des démocrates et indépendants (UDI). Chez les centristes du Mouvement démocrate (Modem) ou et les socialistes du PS, on trouverait curieux que le chef de l'État, pro-européen, mélange les deux sujets le même jour. Dans une formule un peu sibylline et sans se prononcer sur la date d'une telle consultation, le président du groupe communiste de l'Assemblée, André Chassaigne, considère qu'un référendum pourrait «être au final une mèche lente sur un bâton de dynamite». La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN, ex-FN), enfin, ne veulent pas non plus de ce double scrutin.
Du côté des constitutionnalistes, on pourra toujours en trouver qui sont partisans du couplage et autant qui sont favorable au... découplage. Ainsi Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel pense que, techniquement, il n'est «pas impossible» d'organiser un référendum en même temps que les européennes, si la décision est «prise assez rapidement». La Constitution répond même à l'hypothèse d'un référendum comprenant plusieurs questions grâce à l'article 558-45 du code électoral. «Il est évident que si l'on veut faire une opération référendum, il ne faut pas attendre septembre», considère le constitutionnaliste Didier Maus, tout en ajoutant que faire le tout le 26 mai «ce serait minorer le rôle des européennes». Pour sa part, Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à la Sorbonne (Paris), pense qui si Macron «fait ça à l'arrache, on va encore dire qu'il veut bâcler l'affaire».
Peser le pour et le contre avant de lancer un référendum, la plupart des présidents de la République, sous la Ve, y ont été confrontés. Des sept chefs de l'État qui ont précédé l'actuel locataire de l'Élysée, trois n'ont pas eu recours à ce vote populaire: Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981), Nicolas Sarkozy (2007-2012) et François Hollande (2012-2017). Le dernier référendum remonte au 29 mai 2005, il avait été initié par Jacques Chirac (1995-2007) pour faire adopter le traité constitutionnel européen justement et il s'est soldé par un rejet, le «oui» n'ayant obtenu que 45,33% des suffrages exprimés –un mauvais souvenir pour son auteur.
Il n'est donc pas inutile de revenir sur les neuf référendums de cette République-ci qui ont suivi celui du 28 septembre 1958 mettant fin à la IVe République par adoption à 80,63% de la Constitution de la Ve. Minée par la crise algérienne et l'instabilité gouvernementale, la IVe est vacillante. Les parlementaires confient le pouvoir au général de Gaulle qui devient président du Conseil et qui, avec les pleins pouvoirs, est autorisé à élaborer un nouvelle Constitution. Mise en forme par des juristes supervisés par Michel Debré, elle instaure un régime parlementaire dans lequel le pouvoir exécutif est renforcé.
Sur ces neuf référendums, sept ont eu une issue positive pour leur initiateur et deux ont fait l'objet d'un rejet de la part du peuple français. À l'exception d'un seul –celui instaurant le quinquennat adopté en 2000-, tous les autres référendums ont été enclenchés sur décision du chef de l'État, grâce à la procédure de l'article 11 du texte fondamental de la République.
Depuis plusieurs années, des soldats du contingent s'opposent au Front de libération nationale (FLN) qui mène une guerre pour l'indépendance de l'Algérie, pays que la France a placé sous sa tutelle coloniale. Arrivé au pouvoir deux ans et demi avant, de Gaulle décide, le 8 janvier 1961, de faire valider par référendum la politique de décolonisation qu'il a entreprise dès la fin 1958 avec l'indépendance octroyée à la Guinée.
Elle passe, cette fois, par la reconnaissance de l'autodétermination de l'Algérie où se déroule un conflit meurtrier que l'opinion souhaiterait voir s'achever. Le référendum sur cette question attire 73,76% des électeurs et électrices. Avec plus de dix-sept millions de voix, le «oui» l'emporte à 74,99%. Ce sera le troisième meilleur résultat de l'histoire des référendums de la Ve.
Enclenché un peu plus d'un an avant avec, du reste, des incompréhensions tant du côté des partisans de «l'Algérie française», qui se recrutent majoritairement à l'extrême droite –l'Organisation de l'armée secrète (OAS) a été créée un mois après la référendum sur l'autodétermination de 1961–, que du côté des partisans de la cause opposée pour laquelle milite une partie de la gauche, le mécanisme d'indépendance s'achève avec le référendum du 8 avril 1962.
À cet égard, il faut du reste noter que le FLN critiquait vigoureusement, à la fin des années 1950, le Parti communiste (PCF), force dominante sur ce côté de l'échiquier en métropole, accusé de ne pas soutenir comme il convenait pour des internationalistes la «lutte anti-impérialiste des peuples coloniaux». Plus de trois électeurs et électrices sur quatre (75,34%) participent au scrutin et le «oui» obtient 90,81% des suffrages exprimés, soit le plus haut score jamais atteint dans une consultation populaire de la Ve République. Des pourcentages qui montrent à quel point l'opinion attendait la fin de cette guerre qui ne disait pas son nom.
Doté d'une nouvelle Constitution depuis quatre ans, de Gaulle, qui vient d'assurer sa prééminence dans le règlement du conflit algérien, veut obtenir pour lui et pour ses successeurs l'onction du suffrage populaire pour occuper la fonction de chef de l'État. Les parlementaires, qui redoutent un pouvoir personnel et monarchique –pour ne pas dire autoritaire– de l'homme du 18 juin sont vent debout contre l'élection du président de la République au suffrage universel.
Voyant qu'il ne va pas pouvoir utiliser l'article 89 de la Constitution qui nécessite l'approbation des membres du Parlement pour organiser un référendum, «le général» décide d'utiliser l'article 11 (déjà mentionné) qui se passe de leur accord, en tordant l'esprit des tables de la Loi. Dès lors, de Gaulle est accusé de violer la Constitution qu'il a lui-même faite adopter. Par mesure de rétorsion, les partis représentés à l'Assemblée, à l'exception des gaullistes, déposent une motion de censure: elle est approuvée, le gouvernement Pompidou est renversé... et de Gaulle dissout l'Assemblée. Ce sera l'unique motion de censure adoptée jusqu'ici sous la Ve.
Le référendum du 28 octobre 1962 (qui intervient avant les élections législatives convoquées en novembre) assure une victoire, moins large que les précédentes, au fondateur de la France libre: le «oui» fait 62,25% des voix avec une participation de 76,97%. Et les législatives qui suivent accordent une victoire sans appel au parti gaulliste, l'Union pour la nouvelle république (UNR) obtient seule la majorité absolue à l'Assemblée, l'opposition est KO debout.
Un an après les événements de Mai 68 qui ont ébranlé son pouvoir –de Gaulle est à l'Élysée depuis onze ans–, le chef de l'État tente d'affermir son autorité et de relancer son septennat prévu pour s'achever en 1972. Il soumet aux Françaises et aux Français une double question par référendum. Il veut mettre en route une décentralisation et (ou) une déconcentration de l'État, d'une part, et passer du bicaméralisme au monocaméralisme, en supprimant le Sénat qui fusionnerait avec le Conseil économique et social (CES, devenu Cese en 2008).
Pour la première fois de l'histoire de cette jeune République –et peut-être à tort, avec le recul–, les électeurs et électrices ne répondent pas vraiment aux questions qui sont posées mais se prononcent sur celui qui les posent.
Pour la première fois de l'histoire de cette jeune République –et peut-être à tort, avec le recul–, les électeurs et électrices ne répondent pas vraiment aux questions qui sont posées mais se prononcent sur celui qui les posent. L'usure du pouvoir, l'âge du capitaine (de Gaulle est dans sa soixante-dix-neuvième année) et l'évolution de la société sont fatales au premier président de la Ve. Le «non» l'emporte avec 52,41%, la participation atteint un maximum avec 80,13%. Comme il l'avait indiqué avant la consultation du 27 avril 1969, le général de Gaulle quitte le pouvoir. Il meurt dix-huit mois plus tard.
Pour la première fois, le corps électoral français doit répondre à une question européenne: le peuple est-il favorable à l'élargissement de la Communauté économique européenne (CEE) qui compte six pays fondateurs depuis 1957: l'Allemagne de l'Ouest, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas? Il s'agit d'ouvrir l'espace communautaire européen au Danemark, à la Norvège, à l'Irlande et à la Grande-Bretagne.
Par rapport aux précédents référendums, la participation est en très net recul: 60,24%. Bien qu'il ait levé le veto mis par de Gaulle à l'adhésion britannique, une dizaine d'années avant, le président Georges Pompidou ne s'engage que très modérément en faveur de cet élargissement. De plus, le nouveau Parti socialiste qui commence son ascension à travers l'Union de la gauche avec le PCF et les Radicaux de gauche a appelé à l'abstention. Enfin, électeurs et électrices marquent un faible intérêt pour la question posée. Qu'à cela ne tienne, le «oui» décroche 68,31% des voix.
Finalement, la Norvège appelée aussi à se prononcer de son côté par référendum repoussera cette entrée dans la CEE et la Grande-Bretagne, contre l'adhésion de laquelle de Gaulle avait mis son veto en 1963, la considérant comme le cheval de Troie des États-Unis, finira par voter le Brexit au terme d'un référendum en 2016, soit quarante-quatre ans après.
Entre 1984 et 1988, la Nouvelle-Calédonie (Pacifique sud) est secouée par des «événements» qui font des victimes parmi les Kanaks autochtones, partisans de l'indépendance du «Caillou» (dénomination de ce territoire français), les caldoches, descendantes et représentants de la population européenne, et les gendarmes installés sur place pour maintenir la paix et l'ordre entre les communautés. Les affrontements atteignent leur paroxysme avec une prise d'otages sur l'île d'Ouvéa en 1988 qui fait plusieurs morts. Tout cela se passe au moment de l'élection présidentielle alors que le pays vit sous le régime de la cohabitation entre Mitterrand à l'Élysée et Chirac à Matignon.
Après la réélection de Mitterrand, Michel Rocard est nommé Premier ministre. Il mène des négocations afin d'ouvrir des discussions entre indépendantistes et loyalistes qui conduiront aux accords de Matignon du 26 juin 1988. Le référendum du 6 novembre suivant doit donc entériner ces accords. Le fait que la Nouvelle-Calédonie soit une terre lointaine de la République ne favorise pas la participation qui est alors la plus faible depuis 1961: elle est de 36,89%. Il est vrai que le Rassemblement pour la République (RPR) dont le représentant, Chirac, vient d'être battu à la présidentielle, appelle à l'abstention lors du référendum. Au final, le «oui» l'emporte avec 80% des voix.
L'Europe est sans doute le sujet qui divise le plus les Françaises et les Français tout en les attirant modérément vers les urnes. Le référendum du 20 septembre 1992 –le second décidé par Mitterrand– est consacré au Traité de Maastricht. Il donne corps à l'Union européenne qui se substitue à la CEE et institue, notamment, l'union économique et monétaire ainsi qu'une coopération policière et judiciaire en matière pénale.
Comme celui de 1972 sur l'élargissement qui a marqué un tournant dans l'intérêt que porte l'électorat à ces consultations ou peut-être aux thèmes sur lesquels sont consultées les citoyennes et les citoyens, le scrutin de 1992 provoque une participation sans grand enthousiasme de 69,69% bien que la campagne ait donné lieu à des joutes très animées entre partisans et opposants au «Traité». Le «oui» gagne avec un score étriqué de 51,05% mais tout de même plus de treize millions de voix.
S'il y a un référendum qui n'a pas attiré les foules, c'est bien celui sur le quinquennat du 24 septembre 2000. L'abstention bat un record (69,81%) et par voie de conséquence la participation également mais dans l'autre sens (30,19%). Il s'agit du premier référendum de cohabitation de la Ve République. Le socialiste Lionel Jospin est à Matignon depuis que le président Chirac, élu en 1995, a réalisé la dissolution –catastrophique– de l'Assemblée nationale, en 1997, donnant la possibilité à la «gauche plurielle» de devenir majoritaire au palais Bourbon.
Avec 73,21% des voix et 7.407.697 suffrages exprimés, le plus faible nombre de «oui» de tous les référendums organisés depuis 1961, le quinquennat devient la règle pour le mandat du chef de l'État.
La gauche est favorable à la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans, la droite y est opposée. Jospin fait campagne pour, Chirac ne s'engage pas dans cette voie d'autant qu'il a dit, quelques mois avant la consultation populaire, exclure de modifier la Constitution pour établir le quinquennat. Premier référendum de cohabitation, celui-ci est aussi le premier référendum constitutionnel qui est organisé par le biais de l'article 89, celui qui permet aussi de se passer de l'accord du président de la République car l'initiative peut être prise par les membres du Parlement.
Avec 73,21% des voix et 7.407.697 suffrages exprimés, le plus faible nombre de «oui» de tous les référendums organisés depuis 1961, le quinquennat devient la règle pour le mandat du chef de l'État. Le calendrier électoral ayant été modifié afin de caler les élections législatives juste derrière le scrutin présidentiel, histoire d'assurer une majorité confortable au nouvel élu, il n'est pas certain, à l'expérience, que le quinquennat ait été la réforme constitutionnelle la plus judicieuse de la Ve République.
Dernier référendum en date, c'est-à-dire remontant à quatorze ans en arrière, le scrutin du 29 mai 2005 reste l'un des deux échecs référendaires. Pour la seconde fois sous la Ve République, le «oui» est minoritaire (45,33%) –près de treize millions de voix– et le «non» l'emporte donc. Les électeurs et électrices ne veulent pas d'une Constitution pour l'Union européenne proposée par Chirac.
Cet échec de 2005 a eu deux conséquences: aucun de deux successeurs de Chirac, Sarkozy et Hollande, n'a convoqué de référendum –Macron romprait avec quatorze années d'abstinence en en organisant un–, et les divergences sur l'Europe dans les partis de gouvernement sont en partie responsables de leur éclatement.
Le président comptait sur l'appui donné à ce traité par les grands partis de gouvernement –Union pour un mouvement populaire (UMP), Union pour la démocratie française (UDF) et Parti socialiste–, pour obtenir une ratification populaire. Mais c'était oublier deux facteurs qui ont contrarié cette analyse. L'un déjà connu avec de Gaulle en 1969: se prononcer sur l'homme plutôt que sur la question. Ici, ce n'est pas tant le chef de l'État qui est sanctionné que son Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, dont la politique soulève un certain mécontentement. L'autre paramètre, c'est la fracture entre pro-européens et euro-sceptiques au sein même de l'UMP et du PS.
Dans ces deux partis, des souverainistes de droite et de gauche vont émerger de façon durable. En l'espèce, le référendum étant proposé par un président de droite, la victoire du «non» est confortée par un électorat de gauche hostile à l'Union européenne. Cet échec de 2005 a eu deux conséquences: aucun de deux successeurs de Chirac, Sarkozy et Hollande, n'a convoqué de référendum –Macron romprait avec quatorze années d'abstinence en en organisant un–, et les divergences sur l'Europe dans les partis de gouvernement sont en partie responsables de leur éclatement. C'est déjà fait pour le Parti socialiste. C'est en cours d'achèvement pour Les Républicains.
Aucun mineur qui utilise Instagram n'a lu en entier les conditions d'utilisation du réseau social.
C'est ce qu'affirme un rapport des services du délégué britannique aux droits des enfants, intitulé "grandir à l'ère du numérique", publié le 5 janvier 2017 et repéré par le site d'information Quartz.
Pour montrer l'opacité des conditions d'utilisation des réseaux sociaux, le rapport a demandé à une avocate du cabinet privé Shillings de "traduire" ces règles dans un langage "simplifié".
Selon une étude Ofcom, 43% des enfants britanniques entre huit et onze ans ont un compte sur Instagram (56% pour les 12-15 ans).
Voilà les règles d'Instagram expliquées à des enfants de huit ans.
Tu as le droit de te sentir en sécurité quand tu utilises Instagram.
Officiellement, tu es propriétaire des photos et vidéos que tu postes, mais nous avons le droit de les utiliser, et de laisser d'autres personnes les utiliser, partout dans le monde. Les gens nous paient pour les utiliser, et nous ne te paierons pas.
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Objective To estimate the prevalence of hypothyroidism in a population of patients with Ménière's disease (MD).
Design Retrospective case-control study comparing the use of thyroid hormone supplements between patients with MD and controls.
Setting Outpatient neurology clinic specializing in the management of patients experiencing dizziness.
Patients Fifty patients who met the 1995 American Academy of Otolaryngology criteria for MD and 50 controls matched for age and sex also experiencing dizziness.
Results The 50 patients who met the criteria for MD were identified from a database of more than 2000 patients with dizziness seen over a 5-year period. Of these, 16 (32%) were taking thyroid hormone supplements in contrast to 2 (4%) of the 50 matched controls (P<.001). The median age of the patients with MD was 60 years, and 5 (19%) of the 26 patients younger than 60 years were taking thyroid hormone supplements, compared with 11 (46%) of 24 patients 60 years or older (P<.05). There were no statistically significant differences in the severity of hearing loss, pattern of hearing loss, or prevalence of bilateral hearing loss between patients with MD who were taking thyroid hormone supplements and patients with MD who were not.
Conclusion Ménière's disease is associated with corrected hypothyroidism.
L'enquête sur le Levothyrox a été élargie pour "homicide involontaire" depuis le 30 novembre 2018 après le décès d'une femme, annonce lundi le parquet de Marseille. Jusqu'à présent, l'enquête sur le médicament ne portait que sur la mise en danger de la vie d'autrui.
Le parquet de Marseille a élargi l'enquête du Levothyrox pour "homicide involontaire", a appris lundi 4 février franceinfo auprès du procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux. "Nous avons pris des réquisitions supplétives du chef d'homicide involontaire le 30 novembre 2018", précise le procureur. Une décision qui intervient après le décès d'une femme. Jusqu'à présent les investigations concernant le médicament controversé de la thyroïde étaient ouvertes pour "mise en danger de la vie d'autrui".
"Une nouvelle dimension du dossier"
C'est "un véritable tournant dans ce dossier" selon David-Olivier Kaminski, avocat au barreau de Paris chargé de 200 dossiers sur le Levothyrox. "Certains politiques notamment estimaient qu'il ne s'agissait pas d'une crise sanitaire et avaient minoré les plaintes des victimes. En réalité, il apparaît que la justice enquête maintenant sur la possibilité que ce nouveau Levothyrox ait pu provoquer - de manière involontaire - un homicide."
"C'est une nouvelle dimension à ce dossier, c'est une dimension bien sûr de gravité, c'est une dimension de crise sanitaire et enfin je pense que maintenant les pouvoirs publics doivent prendre plus qu'au sérieux la réalité de ce dossier et des plaintes", a poursuivi l'avocat.
La mort provoquée par le médicament ?
"Un médicament, c'est bien sûr fait pour soigner mais en l'espèce, la nouvelle formule du Levothyrox a pu dérégler, a pu abîmer des gens, a pu porter atteinte à leur santé, à ce qui fait leur intégrité physique - puisqu'il y a également l'infraction de blessure dans ce dossier - et on découvre qu'il est possible que la mort ait été provoquée par la prise de ce médicament."
"La situation évolue vraiment sur le fond de l'affaire, sur la dimension de l'affaire, sur le retentissement de l'affaire et sur la gravité de ce dossier [...] On doit faire confiance à l'institution judiciaire pour qu'au plus vite l'étendue des responsabilités et le rôle de chacun puissent être appréciés et qu'on se retrouve en face d'indemnisations pour celles et ceux qui subissent un préjudice", a-t-il conclu.
Les logiciels libres et le mouvement open source luttent contre les boîtes noires, prônant le partage des savoirs et le « faire ensemble ». Mais l’ouverture des codes est-elle vraiment un gage d’ouverture aux autres ? Le monde du « libre » ne devrait-il pas engager une mutation pour rendre plus tangible sa dimension solidaire et toucher un public plus large ? Ce sont les questions que pose cet article de Solidarum, issu du numéro 3 de la revue Visions solidaires pour demain, en librairie depuis la mi-janvier.
Dans les années 1980, l’informatique devient grand public avec l’IBM PC, le Macintosh d’Apple et le système Windows de Microsoft. Cette généralisation s’accompagne à l’époque d’une dissimulation des codes sources des programmes, rendant les systèmes incompatibles les uns avec les autres.
Pour Richard Stallman, hacker de la première heure, ces programmes propriétaires privent en effet leurs utilisateurs de libertés essentielles : liberté d’utilisation, liberté de diffuser tout ou partie du programme et liberté d’accéder, de modifier, d’adapter, d’améliorer le code du logiciel. Pour lui, aujourd’hui comme hier, seule l’ouverture du code garantit que tout utilisateur puisse profiter en toute confiance d’un logiciel et, potentiellement, se le réapproprier. Ainsi a-t-il lancé dès 1983 le mouvement du logiciel libre avec la licence GNU, à partir de laquelle va se développer une multitude de programmes libres, dont l’emblématique Linux.
À la fin des années 1990, les développeurs se concentrent sur le volet technique du libre : l’ouverture du code. Ainsi naît l’open source, désormais pratiqué par des programmes majeurs tel le système d’exploitation mobile Android. Mais qu’en est-il aujourd’hui sur un terrain plus social ?
Catherine Guillard est administratrice système et cofondatrice de la Librerie solidaire, qui accompagne les acteurs de la solidarité sociale dans l’utilisation de solutions libres. « Je ne vois pas ce qui peut exister et qui ne soit pas remplaçable par une solution open source, en particulier dans les innovations sociales et tous les projets d’intérêt général, dit-elle. Hier, je suis tombée sur un logiciel qui gère la projection dans les cinémas... Le libre permet aussi de répondre à des besoins publics, à l’image d’OpenCimetière qui a été produit pour une commune et qui sert à présent à d’autres mairies. »
Un monde ouvert au partage et à la contribution
Cet élan d’ouverture s’est décliné dans la production de marchandises avec l’open hardware, dans les données avec l’open data (mise à disposition de données publiques) ou encore dans le partage des connaissances avec l’open innovation, l’open science, etc. Ce mouvement général repose sur la libre circulation des savoirs, l’accessibilité au « faire » et la coopération entre pairs. « Dans le pair-à-pair, il n’y a aucun lien de subordination, ce qui prime c’est l’élan contributif et chacun décide de ce qu’il est en capacité de faire, sans besoin de le justifier a priori. Il y a un principe de confiance qui est facilité par les dispositifs numériques qui rendent l’erreur acceptable puisqu’il est toujours possible de revenir en arrière », témoigne Maia Dereva de la P2P Fondation. Cette capacité du pair-à-pair à faire une place à chacun s’appuie sur une organisation qui n’est pas exempte de hiérarchies, mais qui repose sur la reconnaissance des compétences entre pairs. « Quand des salariés transforment leur entreprise en coopérative, cela ne les empêche pas de recruter un directeur, mais la direction est une compétence de coordination et non un organe de pouvoir. C’est la même chose dans le pair-à-pair », précise-t-elle.
Grâce à cette accessibilité, le monde de l’open fonctionne comme une deuxième école, une façon d’acquérir des savoirs sans passer par les institutions, de casser les barrières à l’entrée du monde de l’informatique ou de la production en général, à l’image des fablabs et des makerspaces. Ainsi, en Colombie, dans le fablab Utopiamaker « des jeunes handicapés apprennent à construire leurs propres prothèses avec des imprimantes 3D, à partir de modèles open source trouvés sur internet. Ils les adaptent à leurs besoins et envies : une prothèse pour jouer de la guitare ou pour faire du vélo, etc. », raconte Philippe Parmentier, à l’initiative de ce fablab.
L’open source est aussi une façon de rendre des solutions financièrement accessibles, les ressources étant majoritairement gratuites. En outre, au lieu de réinventer la roue, l’open source s’appuie sur ce qui existe a n de l’améliorer. Ainsi Nicolas Huchet, amputé d’une main, travaille avec l’aide de makers sur le projet Bionicohand, une prothèse avec capteurs sensoriels accessible à tous.
L’utilisation de l’open source leur permet de diviser le coût de production par cent et de s’appuyer sur des technologies inventées par d’autres. La main bionique, une fois finalisée, sera elle-même en open source. C’est le principe de l’économie du partage en opposition à l’économie de la rente, symbolisée par les brevets.
Un monde open pourtant très fermé dans la pratique
Ce monde du partage et de la libre contribution devrait convaincre toute personne œuvrant pour un monde plus solidaire, plus équitable ; toute personne se sentant exclue de la société, du marché.
Le libre reste circonscrit au monde de l’informatique et se compose majoritairement d’hommes
Mais, si l’open source a permis au libre de gagner en efficacité, sa focalisation sur la technique l’a sans doute éloigné de ceux à qui il s’adressait en premier lieu : tous les autres, qui ne développent pas. Le libre reste, en effet, très circonscrit au monde de l’informatique et se compose majoritairement d’hommes, même si d’une multitude de nationalités. « Il y a dix ans, on dénombrait à peine 2 % de développeuses dans l’open source, cela commence à bouger, mais le nombre de femmes reste marginal, bien plus que dans le monde du logiciel propriétaire, déplore Catherine Guillard. Nous n’arrivons pas à convaincre les acteurs de l’économie sociale et solidaire d’utiliser des logiciels libres alors qu’ils défendent les mêmes valeurs de partage et d’équité sociale que nous. On manque sans doute d’un langage commun pour se comprendre. »
Le projet de société véhiculé par le libre a néanmoins connu un regain d’attention auprès d’un public non initié à la suite des débats autour des données personnelles et des différents scandales qui ont révélé les dangers de la centralisation des données. Et il existe désormais des services alternatifs pour les personnes qui refusent la captation de leurs informations personnelles par quelques entreprises dont les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).
« Le logiciel libre fait prendre conscience de l’impact de l’informatique sur nos vies »
« Les logiciels libres ne permettent pas forcément de protéger les données, mais on est sûr que l’exploitation des données ne constitue pas le modèle économique du service. Quand on entre dans l’état d ’esprit du logiciel libre, on prend conscience de l’impact de l’informatique dans sa propre vie, on est plus vigilant et on est assuré que quelqu’un quelque part vérifiera s’il y a des mouchards dans le code et alertera les autres. La faiblesse du libre, c’est que si j’envoie un mail à un ami qui est sur Gmail, malgré tous mes efforts, Google aura mes données. Le libre te pousse à considérer l’interconnexion aux autres et le risque qu’on fait prendre aux autres en laissant ses données sur internet sans s’assurer de ce qu’elles deviennent », explique Catherine Guillard. Cette attention réciproque, qui demande de protéger ses données pour ne pas exposer celles de ses proches, reste, cependant, trop marginale. Aujourd’hui, le libre reste insuffisamment utilisé par la population pour avoir un impact à la hauteur de ces enjeux.
Comment sortir le libre de sa « geekitude » ?
Il faudrait réussir à embarquer d’autres types de motivations et de compétences dans les communautés du libre, impliquer une population plus large dans sa production. L’une des clés serait sans doute de rendre l’engagement dans le libre aussi mobilisateur pour d’autres métiers que ceux du développement... Par exemple les graphistes, les juristes ou pourquoi pas le monde médical, qui tous doivent composer avec le numérique et les dérives de certains de ses acteurs. Enfin, il faudrait peut-être revenir aux origines sociales et politiques du libre.
En effet, à l’image du bio qui n’est pas qu’une méthode de culture, le libre n’est pas qu’une méthode de développement, mais propose un modèle de société plus respectueux des autres, plus solidaire, plus attentif aux impacts sociaux et environnementaux. Faire un pas vers le libre, c’est, au fond, soutenir le « faire ensemble ».
Capable de lire n’importe quelle vidéo sur n’importe quel support, le petit logiciel gratuit VLC s’est imposé en vingt ans comme un indispensable. Il est développé par des Français.
Quatre cents millions d’utilisateurs, plus de trois milliards de téléchargements… En vingt ans, le logiciel gratuit VLC a su se rendre indispensable et a envahi ordinateurs et smartphones partout dans le monde. Ses forces : il permet de lire à peu près toutes les vidéos, quel qu’en soit le format, sur n’importe quel support et ce sans collecte de données ou publicité cachée.
Le célèbre cône de signalisation, qui lui sert d’icône, a vu le jour en région parisienne. Aujourd’hui encore, la plupart des développeurs responsables de ses mises à jour sont français.
Tout a commencé à l’Ecole centrale Paris. « C’est une histoire très simple et très française », raconte Jean-Baptiste Kempf, l’un des piliers du projet et président de l’association VideoLAN, qui développe et distribue VLC. En 1995, les étudiants réclament à la direction de l’école un meilleur réseau informatique. Officiellement, pour pouvoir travailler dans de meilleures conditions. Officieusement, il s’agit de pouvoir jouer à Doom, un jeu vidéo de tir, en réseau.
La direction de l’école, qui voit clair dans leur jeu, botte en touche et leur propose de trouver eux-mêmes leur financement. Bouygues fait une proposition : l’industriel est prêt à installer un nouveau réseau, à condition que les élèves développent un moyen d’y diffuser les programmes de TF1 et n’aient plus ainsi besoin d’installer une parabole par étudiant.
Le but n’est pas tant de faire l’économie de l’installation d’un parc complet de paraboles, mais de développer à moindres frais un projet qui pourra ensuite servir à l’industriel de vitrine technologique. « C’est la première fois que le streaming vidéo est utilisé », raconte M. Kempf à propos de cette technologie, qui préfigure Netflix ou YouTube. « C’était de la science-fiction », ajoute-t-il.
Et de fait, le développement patine, connaît quelques faux départs, mais, promotion après promotion, il occupe les élèves de deuxième année qui finissent par poser, en 1999, les bases du projet VideoLAN, qui vise à développer le streaming vidéo.
Celui-ci comprend plusieurs facettes : diffusion, lecture… C’est cette dernière fonction, baptisée VideoLAN Client, qui deviendra VLC. Reste à trouver le pictogramme. Ce sera le cône de signalisation de travaux. Omniprésent sur le campus, cet objet est détourné et utilisé dans de nombreuses soirées étudiantes. « Quand je suis arrivé il y en avait des centaines un peu partout. Mais on les a tous rendus à la DDE [direction départementale de l’équipement], promis ! », en rit encore aujourd’hui M. Kempf.
Le couteau suisse de la vidéo
Il faudra attendre 2001 avant que le projet ne devienne « open source », et même « libre », c’est-à-dire accessible gratuitement mais aussi librement diffusable, utilisable, modifiable, par tout un chacun. La technologie développée par les étudiants sort alors de l’école pour être bidouillée par les développeurs du monde entier. Aujourd’hui, des bouts de codes informatiques écrits à l’origine pour VideoLAN coulent dans les veines virtuelles de YouTube et Netflix.
« Au départ l’école espérait rentabiliser la technologie, mais elle se rend bien compte que le projet ne tourne qu’avec des étudiants. En 2001, la direction, un peu résignée, ne comprend pas très bien ce qu’est “l’open source”, mais trouve que c’est un projet sympa et innovant, alors elle l’accepte. Des mecs ont passé un an à faire que du VLC : ils ne sont pas allés en cours, ils ont redoublé… ».
Jean-Baptiste Kempf cite quelques-uns de ces pionniers, Christophe Massiot, Rémi Denis-Courmont, Laurent Aimar, ou encore Samuel Hocevar, un des pionniers de Wikipédia en France.
M. Kempf a vingt ans quand il intègre l’école, en 2003. Entre-temps, VideoLAN s’est étoffé. Au gré des mises à jour, VLC est devenu un formidable couteau suisse, capable de décrypter n’importe quel format vidéo ou audio. « A l’époque, VLC était le seul lecteur qui permettait de lire les DVD sur Mac », se souvient notamment M. Kempf.
Pour réussir cet exploit, les étudiants et les développeurs extérieurs dissèquent chaque format vidéo du marché pour en comprendre le fonctionnement et ainsi programmer les bouts de code qui permettent de les décoder – on appelle ça des « codecs ». C’est la grande force de VLC : il est livré avec la plupart des codecs nécessaires pour lire les formats vidéo les plus pointus, de sorte que l’utilisateur n’ait pas à se soucier de trouver le bon programme, la bonne mise à jour. C’est une révolution.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si VLC a vu le jour en France. Rien n’interdit aux développeurs de concevoir leurs propres outils pour lire un format vidéo inventé par Apple ou Microsoft. Ce n’est pas le cas partout, et notamment dans les pays où les lois de la protection intellectuelle sont beaucoup plus favorables aux géants de l’informatique. « La politique française est beaucoup plus saine qu’ailleurs. Je ne pense pas que ce soit menacé à court terme, mais il y a des attaques permanentes », explique M. Kempf, qui reste attentif à l’évolution de la législation européenne en la matière.
VLC à l’heure de la « start-up nation »
En 2004, VLC atteint son premier million de téléchargements. Mais tandis que la popularité du logiciel explose, la motivation des développeurs, elle, s’émousse. Forcément, il est plus grisant de poser les fondations que de corriger les bugs. M. Kempf fait les comptes : « le 1er janvier 2007, on n’est plus que deux sur le projet. L’école a resserré les boulons, il commençait à y avoir plus de boulot en cours » et moins de temps pour VLC.
M. Kempf décide alors de refonder le projet et lance l’association VideoLAN, dont il est toujours aujourd’hui président. « Je passe alors beaucoup de temps à recruter de nouveaux étudiants, à l’extérieur de Centrale, demande à des anciens de revenir. Je fais aussi beaucoup de conférences. »
L’initiative redonne un coup de fouet à VLC, qui dépasse, en 2009, les cent millions de téléchargements. Ce deuxième âge d’or n’a qu’un temps. Car, avec le tournant des années 2010, arrive la révolution des smartphones et surtout de leurs applications. « A mon époque, se souvient M. Kempf, les cadors, c’était les mecs qui faisaient de “l’open source” ou du jeu vidéo. A partir de 2012, tout le monde veut faire le prochain jeu smartphone à succès, ou lancer le nouveau Uber. »
« J’ai refusé beaucoup d’argent »
Développer une technologie utile, pratique, téléchargée en 2012 un milliard de fois, mais qui ne rapporte pas un centime ? Ringard, pour la nouvelle génération de développeurs qui veut monter le prochain gros coup, celui qui la rendra riche. Ou, a minima, qui lui permettra de payer ses factures. « J’ai compris qu’il fallait des employés à plein temps », explique M. Kempf. Il monte alors VideoLabs, dans le 13e arrondissement à Paris, forte aujourd’hui d’une vingtaine de salariés, qui adapte le logiciel au besoin des entreprises.
Pendant des années, les codeurs de VLC ont intégré – et continuent de le faire – des formats vidéo utiles au grand public. Mais désormais, les sociétés les sollicitent et les paient pour que VLC puisse lire leurs propres formats. « Nous avons eu un fabricant de caméras industrielles qui voulait pouvoir utiliser VLC. Ce n’est pas quelque chose que nous aurions intégré spontanément », explique M. Kempf.
L’entreprise développe aussi des versions spécifiques pour des clients, qui souhaitent implanter dans leurs produits un lecteur vidéo. Certains « baby phones » vidéo, par exemple, qui vous permettent de vérifier en image et depuis la pièce d’à côté que bébé va bien, utilisent une version modifiée de VLC.
Un savoir faire reconnu
« Le but est de pouvoir financer VLC, pour lui permettre de rester gratuit », résume M. Kempf. Et ça marche. En 2017, l’entreprise a réalisé un million d’euros de chiffre d’affaires. Suffisamment pour lui permettre de refuser des propositions éthiquement plus discutables. « J’ai refusé beaucoup d’argent, des contrats à 20 millions d’euros », annonce M. Kempf. Des sociétés comme l’américain Ask.com, par exemple, ont ainsi toqué à sa porte, lui proposant d’afficher sa très impopulaire et très envahissante barre de recherche à l’intérieur de VLC.
« Si Netflix nous propose la même chose, pourquoi pas, il y a plein d’utilisateurs à qui ça ferait plaisir. On n’est pas contre gagner de l’argent, mais on essaie de faire les choses bien. Cela ne doit pas être au détriment des utilisateurs. Je veux pouvoir me coucher le soir en étant fier de ce que j’ai fait de ma journée. Je pense que c’est la principale différence avec plein de gens de la start-up nation ».
En novembre 2018, M. Kempf, en qualité de président de l’association VideoLAN, a été élevé au rang de chevalier de l’ordre national du Mérite. A travers lui, c’est VLC et un certain savoir faire technologique français qui sont reconnus.
VLC, lui, en est à sa troisième itération. La quatrième, actuellement en développement, devrait notamment renforcer la sécurité du logiciel. « Des personnes malintentionnées essaient d’y mettre des virus », soulignait M. Kempf en 2017 sur le forum en ligne Reddit. En 2017, Wikileaks révélait, en effet, que la CIA s’était servie d’une ancienne version de VLC pour infiltrer des ordinateurs.
En septembre 2018, les responsables de la sécurité du navigateur Google Chrome ont mis sur la table une proposition radicale: modifier les fondations de l’URL, la Uniform Resource Locator, ou ce que l'on appelle l’«adresse» d’un site.
Au fil du temps, alors que les fonctionnalités du web se sont diversifiées, l'URL est petit à petit devenue une longue suite de termes et de numéros incompréhensibles pour les profanes –soit la grande majorité des internautes. D’autant que dans le cas de la navigation sur mobile, l’écran d’un téléphone n’est pas assez large pour afficher la majorité des URL.
Cette difficulté de lecture représente du pain béni pour les hackers, car elle leur permet de créer la confusion pour leurs éventuelles arnaques. Puisque nous ne comprenons pas les URL, nous sommes habitués à ne pas les lire. Cela augmente nos chances de cliquer sur un lien conçu pour ressembler à un nom de domaine réel qui conduit en fait à une page de phishing.
«Notre but est de changer la manière dont les sites sont présentés. Les internautes devraient savoir facilement sur quel site ils sont», a expliqué au site Wired Emily Starck, qui dirige le département sécurité de Google Chrome.
Son service travaille actuellement sur un outil qui vise à détecter les URL suspectes. Cet outil, dénommé TrickURI, permet aux développeurs et développeuses de savoir à quoi leur URL va ressembler dans différentes situations.
L’équipe tente aussi de créer une alerte qui notifierait les internautes lorsqu’une URL est louche. Le challenge est de mettre en évidence les éléments de l’URL qui semblent étranges tout en filtrant les parties difficiles à lire.
Google a l’habitude de régler des problèmes de sécurité sur son navigateur avant de faire pression sur les autres afin qu’ils adoptent les mêmes solutions. C’était par exemple le cas avec le protocole HTTPS, désormais répandu. Mais certaines voix s'élèvent, craignant que Google utilise ce même pouvoir de pression pour faire accepter une mesure bénéfique à Chrome uniquement –et pas au reste du web.
Ce 18 janvier, Emmanuel Macron a plaidé en faveur d'une "levée progressive de tout anonymat", dans une volonté d'améliorer la qualité de la démocratie participative. Un discours qu'il n'est pas le premier à tenir.
Pour le deuxième acte du grand débat national, qui se tenait ce 18 janvier au Palais des congrès de Souillac (Lot), Emmanuel Macron s'est exprimé au sujet de "l'hygiène démocratique du statut de l'information". Afin de lui redonner ses lettres de noblesse, le président de la République a estimé qu'il s'agissait d'aller "vers une levée progressive de toute forme d'anonymat", en faisant mention de "processus où on sait distinguer le vrai du faux et où on doit savoir d’où les gens parlent et pourquoi ils disent les choses".
Si le chef de l'Etat s'est montré évasif à propos desdits processus, ses propos font écho à un discours prononcé en novembre dernier. A l'annonce de l'appel de Paris pour la confiance et la cybersécurité dans le cyberespace, Emmanuel Macron avait pointé du doigt un "anonymat devenu problématique", qui laissait impunis des "torrents de haine déversés en ligne".
Des documents d'identité pour se connecter
Concrètement, mettre en place des initiatives pour dissiper l'anonymat en ligne est envisageable. Il est techniquement possible de soumettre une inscription sur un réseau social, Facebook en tête, à la fourniture d'une pièce d'identité. Une proposition en ce sens avait d'ailleurs été formulée par Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, en août 2016, pour mieux lutter contre le terrorisme.
Cela balaie d'un revers de main l'efficacité et la nature même des VPN, ces "réseaux privés virtuels" qui favorisent l'anonymat en ligne et générant des adresses IP factices. Ces logiciels deviennent inutiles dès lors que des identifiants correspondant à une identité réelle, et associés à une pièce d'identité, sont réclamés pour se connecter à un réseau.
"Ce genre d'obligations - si elles passaient par la loi - seraient impossibles à respecter pour les petits acteurs et risqueraient fort de renforcer davantage les grandes plateformes américaines", explique Félix Tréguer, de la Quadrature du Net, une association de défense des libertés en ligne. "Emmanuel Macron oublie que l'anonymat constitue un droit associé à la liberté d'expression et de communication et au droit à la vie privée. Il est reconnu comme tel au niveau international, notamment par la Cour européenne des droits de l'Homme", complète-t-il.
Haro sur le chiffrement
Par le passé, Emmanuel Macron a déjà dérogé à son rôle de "candidat du numérique" pour faire valoir une approche sécuritaire au sujet d'Internet. En avril 2017, le candidat à l'élection présidentielle avait indiqué vouloir forcer les "messageries instantanées fortement cryptées" à collaborer avec la justice, dans le cadre de la lutte antiterroriste. Il leur reprochait leur refus, dans le cadre d'une enquête, de donner accès aux contenus échangés, à même de comprendre des éléments déterminants. Au point d'envisager, qu'un jour, elles soient considérées comme des "complices d'attentats".
En s'attaquant à l'anonymat, Emmanuel Macron franchit une étape supplémentaire. "Cette question de "levée progressive de toute forme d'anonymat" est en filigrane un aveu de faiblesse face à la défaillance d'éducation des citoyens d'une part, et l'incapacité ou l'ignorance en matière d'investigation, d'une autre", souligne Rayna Stamboliyska, experte en sécurité des données personnelles et auteure de La face cachée d'Internet. "A défaut d'harmoniser les interactions avec les plateformes, pour ne citer que cet exemple, on renvoie la responsabilité sur le citoyen. C'est ce glissement-là qui est problématique et qu'il faut expliquer, expliciter et combattre".
Surtout, Emmanuel Macron semble prôner une position non seulement partagée par Eric Ciotti, mais également mise en avant par ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy. "La méfiance envers la parole critique ou irrévérencieuse qui se déploie sur Internet est largement partagée par les élites politiques", rappelle Félix Tréguer. Pourtant, et malgré la défiance qu'il peut inspirer, l'anonymat a son lot de bienfaits, avance le chercheur post-doctorant à l'ISCC (CNRS). "Il conviendrait de combattre la vindicte dont il fait l'objet en rappelant qu'il permet aussi de lutter contre les formes de harcèlement en masquant l'identité de cibles potentielles. Il libère la parole de groupes marginalisés qui sans l'anonymat ou le pseudonymat seraient enclins à s'autocensurer. De ce point de vue, mettre fin à l'anonymat serait donc contre-productif, en plus d'être attentatoire aux libertés publiques."
L'annonce sème le doute sur la sécurité des données génétiques.
Avec les tests d'ADN effectués chez soi, une nouvelle opportunité se présente pour les enquêteurs de police. Aux États-Unis, le FBI est récemment entré en collaboration avec Family Tree DNA, une entreprise qui propose à tout un chacun de prélever son propre ADN pour le faire analyser. Ces kits prêts à l'emploi se composent de deux bâtonnets pour prélever l'ADN à l'intérieur de la joue. Le kit est ensuite renvoyé à l'entreprise pour être analysé et établir l'arbre généalogique ainsi que l'origine du volontaire.
Pour la première fois, une société privée de ce secteur a accepté de mettre volontairement à disposition des forces de l'ordre une partie de ses données. Néanmoins, le FBI ne peut pas parcourir librement la base de Family Tree. Dans un communiqué, l'entreprise détaille sa relation avec le Bureau d'investigation en précisant n'avoir signé aucun contrat et dit travailler au cas par cas pour comparer des échantillons à sa bibliothèque de données. Elle revendique avoir contribué à moins de dix enquêtes.
Depuis deux ans déjà, la police et le FBI ont utilisé des données généalogiques publiques pour élucider des affaires non résolues. Le «Golden State Killer», un tueur en série soupçonné de douze meurtres et cinquante et un viols entre 1974 et 1986, a pu être arrêté en avril 2018. L'ADN collecté sur les scènes de crime a pu être confondu avec celui d'un membre de sa famille.
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Enjeu de sécurité
Le rapprochement entre les deux organismes a engendré beaucoup de doutes sur la privatisation des données. «Globalement, je me sens abusée, je sens que ma confiance en tant que client a été trahie», a déclaré Leah Larkin, une généalogiste génétique de Livermore, en Californie, à BuzzFeed News. Le site offre à ses adeptes la possibilité de refuser d'apparaître dans les résultats dont peut se servir le FBI, mais cela implique que la fonctionnalité phare du test –retrouver des proches– n'est plus disponible.
Un généalogiste a relevé d'après un sondage informel réalisé aux États-Unis et en Europe que 85% des personnes interrogées sont à l'aise avec l'idée que les forces de l'ordre utilisent leur ADN.
Family Tree annonce recenser 1.021.774 entrées dans sa banque de données. À titre de comparaison, ses deux principaux concurrents dans le monde, Ancestry.com et 23andMe en possèdent respectivement dix millions et cinq millions.
Le chirurgien et journaliste Atul Gawande (@atul_gawande), célèbre pour son Checklist Manifesto (« Le manifeste de la liste de contrôle », un bestseller qui a permis aux chirurgiens de réduire les erreurs en salle d’opération par la pratique de la liste de contrôle pré-opératoire, cf. « Concrètement, comment rendre les algorithmes responsables et équitables ? ») est un infatigable défenseur de l’amélioration de la santé publique. Dans une récente tribune pour le New Yorker, il décrivait les effets de l’informatisation sur le travail des praticiens hospitaliers, en soulignant et expliquant le conflit entre la logique informatique et les pratiques. Il y montrait très concrètement combien la transformation numérique, comme souvent, remplace une logique par une autre. Retour sur cette tribune, traduite et synthétisée par Claire Richard pour le Digital Society Forum.
Il est difficile de décrire les effets qu’ont nos outils informatiques sur nos pratiques, professionnelles et personnelles, sans se contenter de généralités ni céder aux raccourcis faciles. Pour ce faire, il faut des récits précis, des relevés sensibles, informés par des connaissances solides du terrain décrit et une capacité à élargir la réflexion. C’est ce que fait brillamment le chirurgien et journaliste Atul Gawande dans une longue et passionnante enquête, parue en novembre dans le magazine américain The New Yorker.
Atul Gawande est chirurgien dans un hôpital de Boston. Il est aussi chercheur en santé publique et écrit sur ce sujet pour le New Yorker depuis 1998. Ses livres sur la façon de transformer le système de santé sont des bestsellers.
La nouvelle adaptation au cinéma du roman de l'écrivain Frank Herbert, par Denis Villeneuve, commence à prendre forme.
CINÉMA - Entourée de mystère, la nouvelle adaptation sur grand écran de "Dune" se dessine au fil des mois. Ce mercredi 30 janvier, c'est un nouvel acteur de renom qui s'ajoute au casting du prochain projet du réalisateur Denis Villeneuve.
Selon les informations du très fiable Variety, c'est l'acteur Oscar Isaac qui rejoint à son tour le film inspiré de l'œuvre de l'écrivain Frank Herbert. L'acteur devrait y incarner le rôle de Leto Atréides, le père de Paul Atréides, héros principal de l'histoire incarné par Timothée Chalamet.
Longtemps jugé inadaptable après l'avortement du pharaonique projet du réalisateur Alejandro Jodorowsky dans les années 1970, "Dune" aura attendu 1984 et le film de David Lynch pour connaître enfin sa première adaptation au cinéma, malgré un cuisant échec commercial et critique.
Depuis, bon nombre de réalisateurs ont essayé de relancer le projet, sans succès. Finalement réamorcé par Legendary Pictures en 2017, le projet "Dune" se retrouve maintenant entre les mains expertes du Canadien Denis Villeneuve, qui a su prouver ses dernières années sa capacité à réaliser des films de science-fiction au style bien distinctif ("Premier contact", "Blade Runner 2049").
Dave Bautista et Charlotte Rampling à l'affiche
Côté casting, "Dune" s'annonce déjà comme une belle vitrine du cinéma hollywoodien. Et c'est le jeune Timothée Chalamet qui aura la lourde tâche d'incarner Paul Atréides. Sa mère dans les romans, Lady Jessica, sera jouée par l'actrice suédoise Rebecca Ferguson.
Déjà aperçu dans "Blade Runner 2049" de Denis Villeneuve, l'ancien catcheur reconverti en acteur Dave Bautista sera quand à lui Rabban la Bête. Pour incarner le grand vilain de ce récit de science-fiction, c'est Stellan Skarsgård ("Thor", "Will Hunting") qui a été choisi dans le rôle du baron Vladimir Harkonnen. Enfin, Charlotte Rampling vient compléter ce casting et sera Gaius Helen Mohiam plus connue sous son titre de Révérende Mère Mohiam.
Encore au stade de préproduction, "Dune" devrait débuter son tournage en 2019, mais ne devrait pas arriver en salle avant 2020, voire 2021. Oscar Isaac aura donc le temps d'incarner un autre père célèbre d'ici là, puisqu'il a été choisi pour jouer Gomez Addams dans un nouveau remake de "La famille Addams".