Un article en anglais sur le blog du Forum économique mondial (WEF en anglais) nous apprend qu'il existerait 5 visions de l'Internet qui sont en compétitions les unes avec les autres. Le classement fait est géographique : Europe, Russie, Chine et deux aux États-Unis (Washington contre Silicon Valley). Bien sûr ces accrochages géographiques sont très simplificateurs et peuvent être partagés par d'autres pays / régions / organisations / individus de part le monde. Regarder ces visions nous permet-il de mieux comprendre comment nous positionner en temps que loisir généalogique ?
Reprenons
La vision européenne (qualifiée de bourgeoise par le WEF) aimerait maximiser la liberté en ligne mais préfère que chacun se comporte correctement, dise la vérité, ne trolle pas, respecte la vie privée, etc. La réglementation est la réponse donnée aux excès.
La vision chinoise (qualifiée de paternaliste par le WEF) voir l'internet comme un serviteur de l'ordre public lequel est défini par le gouvernement lui-même
La vision russe (qualifiée de désinformative par le WEF) voit l'internet comme un moyen de miner les normes de diffusion de la vérité. Ses partisans exploitent les vulnérabilités inhérentes au système. Dans le même temps intérieurement, elle cherche à isoler son internet de l'internet mondial
la vision de Washington (qualifiée de commerciale par le WEF) voit l'internet comme un autre type d'espace, habité par de la donnée qui est un autre type de ressources. Elle prétend que si nous voulons de l'innovation et de la création de valeur, alors nous devrions accorder des droits de propriété sur les données et laisser le marché faire.
la vision de la Silicon Valley (qualifiée d'ouverte par le WEF) voit l'internet comme un paradis anarchiste pour geeks sans restrictions sur le flot de données car les données veulent être libres.
Au final, ce classement très subjectif a pour mérite de montrer que les tiraillements internes au milieu généalogique (payant contre gratuit, vérité des informations, place des institutions gouvernementales...) transcendent ce milieu et se retrouvent au niveau de l'internet lui-même. Que voulons nous en faire, qu'acceptons-nous que nos dirigeants en fassent ?
Le Parlement européen a adopté aujourd’hui la Directive sur le droit d’auteur. Cédant au lobbying intense et fallacieux des industries de la presse et de la culture, ainsi qu’à la pression de plusieurs gouvernements européens (avec la France en première ligne) l’Union européenne vient d’institutionnaliser la censure automatisée et la surveillance de masse pratiquées par les géants du Web.
Aujourd’hui, en quelques minutes à peine, le Parlement européen a adopté le texte de la Directive Copyright (par 348 voix contre 274). Croyant agir au nom de la défense des auteurs et de la liberté de la presse, l’Union européenne vient au contraire (comme nous le dénonçons depuis plusieurs mois) de renforcer la dépendance de l’industrie de la culture et de la presse aux géants du Web, Google et Facebook en tête. Les manifestations de ce week-end, les pétitions, les tribunes et autres campagnes organisées par des associations de défense des libertés à travers toute l’Europe n’auront donc eu que peu de poids face à la campagne frénétique et mensongère menée par les promoteurs de ce texte (voir, pour un bon exemple, ici, à 1’06’10).
Le texte adopté impose notamment à une partie des acteurs du Web — les plateformes centralisées et lucratives — une obligation de filtrage a priori des contenus protégés par le droit d’auteur (article 13, devenu article 17). Il crée également de nouveaux droits pour les éditeurs de presse, en forçant les plateformes à les rémunérer pour toute utilisation de leurs contenus (article 11, devenu article 15). Nous le répétions encore la semaine dernière : ces dispositions ne pourront entraîner que de graves restrictions de la liberté d’expression et de l’accès à l’information.
En aucun cas, elles ne permettront de rééquilibrer les relations avec les Géants du Net : elles ne conduiront qu’à leur déléguer encore plus de pouvoir. Ces derniers doivent d’ailleurs voient sûrement avec plaisir l’ouverture d’un nouveau marché très porteur, celui des filtres automatiques. Déjà leaders sur ce sujet, les géants ne seront sûrement pas mécontents de le voir institutionnalisé et consacré par l’Union européenne.
Au lieu de combattre la surveillance de masse mise en place par les Géants du Net, la Directive Copyright consacre leur puissance, pourtant basée sur la violation du RGPD voté par le même Parlement européen… D’où vient l’argent que convoitent tant les industries de la presse et de la culture ? Du marché de la publicité ciblée qu’exploitent depuis plusieurs années les GAFAM en toute illégalité, et qui est entièrement fondé sur la surveillance généralisée de nos comportements sur le Web. Alors que les premières décisions commençaient justement à remettre en cause ce modèle économique (voir notre communiqué sur la décision de la CNIL contre Google), l’Union européenne et ses gouvernements ne semblent pas réellement souhaiter l’application de leur propre texte, mais plutôt se satisfaire de petits retours financiers sur la violation de nos libertés.
Ainsi, l’Union européenne préfère promouvoir des outils de filtrage automatique, dans une logique de toujours plus de censure, de toujours plus de surveillance, au lieu de se pencher sur d’autres réformes et d’autres solutions plus adaptées au monde numérique et surtout plus respectueuses de nos libertés (voir nos propositions).
Malgré le vote d’aujourd’hui, la lutte contre le filtrage automatisé et la censure continue. L’autre texte contre lequel La Quadrature se bat depuis plusieurs mois, et qui repose sur les mêmes logiques de censure automatisée, de surveillance et de centralisation, sera voté en commission parlementaire début avril. Il nous reste encore quelques jours pour appeler les députés en charge de ce règlement de censure automatique de contenus terroristes et leur demander de le rejeter.
Mardi 26 mars 2019, journée noire pour les libertés sur Internet et pour tous ceux et celles qui agissent au quotidien pour promouvoir un Internet libre et ouvert, neutre et acentré, donc contre l'emprise technologique des GAFAM. 348 parlementaires européens (contre 274) ont adopté la généralisation du filtrage automatisé des contenus mis en ligne. Le coup est dur mais l'April restera mobilisée pour la transposition future du texte en droit national et pour la probable révision à venir de la directive E-commerce, dont les principes structurants ont été profondément mis à mal par la directive droit d'auteur.
Malgré une incroyable mobilisation citoyenne et des prises de position argumentées toujours plus nombreuses issues de milieux très divers — culturel, technique, juridique, associatif comme institutionnel — les eurodéputés ont finalement approuvé la version issue des négociations inter-institutionnelles et portée par le rapporteur Axel Voss.
Des amendements de suppression de l'article 13, devenu article 17, avaient bien été déposés, mais 317 parlementaires (contre 312) ont jugé qu'il n'y avait pas lieu de les soumettre aux votes malgré les désaccords profonds entourant la disposition. La procédure prévoit en effet qu'avant de voter d'éventuels amendements les parlementaires doivent d'abord valider le fait d'amender le texte.
La liste des votes nominatifs est disponible (en PDF) pour les deux votes : celui de refus d'amendements et sur la directive elle même. On notera à regret que seulement deux parlementaires côté français ont voté contre la directive droit d'auteur dont un article institutionnalise pourtant la censure automatisée : Marie-Christine Vergiat et Younous Omarjee du groupe GUE/NGL. Un grand merci à elle et à lui ! L'ensemble de leurs collègues ont voté favorablement ou se sont abstenus.
Par ailleurs, dans les votes comptabilisés, ils ne sont que trois français et française parmi les 312 parlementaires à avoir voté pour la tenue d'un vote sur l'article 13. Sur ce même vote, parmi les 24 abstentionnistes, quatre sont français. Précisons que des « corrections d'intention de vote » ont été signalées ensuite (voir page 51), corrections qui font que normalement il aurait dû y avoir une majorité pour que les amendements de suppression de l'article 13 soient soumis au vote. Deux parlementaires françaises ont indiqué avoir en fait voulu voter en faveur de l'étude des amendements alors que leur vote a été comptabilisé comme une abstention.
Nous n'oublierons pas les parlementaires qui ont jugé acceptable de confier l'application du droit d'auteur et la protection (sic !) de la liberté d'expression à des systèmes automatisés gérés par des entités de droit privé. Les positions des parlementaires français et françaises sont détaillées en bas de page.
Si l'exclusion des plateformes de développement et de partage de logiciels libres a été actée, article 2 (6), il n'est évidement pas question de s'en satisfaire tant le texte est contraire aux valeurs du logiciel libre.
L'April restera bien sûr mobilisée et remercie toutes celles et ceux qui se sont mobilisés contre ce texte liberticide.
La réforme du droit d'auteur sur Internet est approuvée par le Parlement européen ce mardi 26 mars 2019. Souvent présentée comme une solution pour "sauver les auteurs et la presse" contre l'appétit des géants du Net qui ne les rétribuent pas, la réalité est plus complexe et plus nuancée.
Personne n'a encore réussi à comprendre ce qu'il se passerait réellement si la directive droits d'auteur sur Internet était votée, après plus de deux ans de négociations et de remaniements. Maintenant que le Parlement européen l'a approuvée, ce mardi 26 mars, il est temps de refaire le point sur ceux qui la dénoncent ou ceux qui la plébiscitent.
Jeudi 21 mars 2019, les versions de l'encyclopédie coopérative en ligne Wikipédia, en allemand, en tchèque, en slovaque et en danois n'étaient pas disponibles pour 24 heures, en signe de protestation contre la directive droits d'auteur.
Pour résumer : deux camps s'affrontent, et en réalité… trois. D'un côté, les sociétés d'auteurs et les auteurs, ayants droit, organes de presse, et de l'autre les plateformes géantes du Net et les défenseurs des libertés sur Internet. Croire que les deux derniers s'opposeraient aux premiers pour les mêmes raisons est un raccourci souvent utilisé : des accusations de financement par Google du collectif "Save the Internet" qui appelle à manifester en Europe ont circulé et la croyance que les GAFAM seraient seuls à la manœuvre pour faire empêcher le vote de la directive ou seraient de mêche avec des organisations civiles anti-censure internet, reste encore d'actualité. Pourtant, la vérité se situe souvent au milieu du gué, et c'est bien là que se situe le nœud du problème avec la directive droits d'auteur, ses détracteurs… et ses soutiens.
A lire : Droits voisins Internet : l'Union européenne donne son feu vert pour une réforme
Une idée juste…
Rétribuer les auteurs lorsque leurs œuvres sont utilisées ou empêcher leur utilisation par des tiers sans accord est une règle juste qui s'applique dans le monde physique sans opposition particulière. Mais sur Internet cette règle n'est pas forcément respectée : plateformes de streaming illégales, diffusion d'œuvres par des particuliers sur YouTube, partages de photos, de vidéos sur Facebook et diffusion d'articles de presse sont devenus courants, le tout étant massivement monétisé par les firmes, et ce, sans contreparties. C'est à cet état de fait que la directive droits d'auteurs veut s'attaquer. Pour redonner le pouvoir à ceux qui créent les contenus plutôt qu'à ceux qui les pillent ou les exploitent illégalement.
La directive droits d'auteur est donc une directive qui a pour ambition d'aider la création artistique, soutenir les producteurs de contenus et pouvoir les rétribuer : une idée considérée comme "juste" par tous — collectifs de "défense d'Internet" inclus — à l'exception des firmes mises en cause, que sont les GAFAM et autres plateformes d'échanges de contenus. Mais comme le diable se cache dans les détails, ce n'est pas l'idée en tant que telle qui est contestée mais les moyens prévus pour l'appliquer. C'est sur cet aspect que les défenseurs des libertés et les promoteurs de la directive sont irréconciliables.
…pour une application décalée ?
Deux articles sont contestés en particulier : le 11 et le 13, qui — pour simplifier — obligent les fournisseurs de contenus à empêcher que des contenus sans accord avec des ayants droit puissent être publiés, ou que des citations puissent être faites sur des contenus de presse sans rétribution.
L'article 13 de ce texte entend créer de nouvelles règles pour les gros hébergeurs - qui diffusent un « grand nombre d'œuvres ». Ceux-ci devraient passer des accords avec les ayants droit des œuvres qu'ils diffusent, afin de définir les modes de répartition des revenus (publicitaires ou d'abonnement) avec ceux-ci ou de prendre des mesures pour empêcher la diffusion de contenus signalés par ces derniers. Le texte mentionne des « techniques efficaces de reconnaissance des contenus », faisant clairement référence au Content ID déployé sur YouTube depuis dix ans - outil qui permet à Google de détecter automatiquement les œuvres publiées sur son site afin de permettre à leurs ayants droit d'empêcher ou de permettre leur diffusion (auquel cas contre rémunération).
(Droits voisins Internet : l'Union européenne donne son feu vert pour une réforme)
Ces articles ont été assouplis depuis septembre : dans la nouvelle version les hyperliens vers des sites presse sont par exemple désormais possibles sans autorisation : Wikipedia ne devrait donc pas subir les foudres de la directive droits d'auteur pour ses liens externes. Mais de nombreuses nuances apportées dans la directive laissent dans le flou la surveillance des contenus et leur retrait, les possibilités de citations d'articles sans accord ou la création de pastiches, de parodies à partir d'œuvres commerciales…
Le site NextInpact détaille point par point les effets possibles de censure ou de limitations de la liberté d'expression que la directive pourrait causer, ainsi que les potentielles avancées en matière de financement de la presse par Google ou d'autres plateformes de mises en avant de contenus : "Directive Droit d'auteur : mais qu'ont voté les eurodéputés ?"
Savoir précisément ce qu'il sera possible ou non de publier, sur quelle durée, par quels moyens, depuis quelle plateforme est excessivement difficile à la lecture du texte de loi européen. Les défenseurs d'Internet estiment par exemple que la "censure aveugle des robots de téléchargement", empêchera de nombreux partages, comme les "mèmes Internet" (idée, concept simple propagés à travers le web, prenant la forme d'un hyperlien, d'une vidéo, d'un site Internet, d'une image).
Liberté, protection et surveillance sont dans un bateau
Internet et son célèbre avatar le World Wide Web est un outil de partage depuis l'origine. Son succès mondial est le fruit d'une liberté de diffusion de l'information sans contraintes entre tous ses utilisateurs. Ce succès a permis d'ouvrir les échanges à tous mais a aussi créé des opportunités commerciales immenses, des monopoles de fait, menant à l'exploitation indue du travail d'autrui : c'est cette distorsion que veut combattre la directive droit d'auteur en permettant de protéger les créations.
Mais protéger en contraignant les plateformes à surveiller chaque contenu pour vérifier les droits qui lui sont conférés, oblige ces plateformes à automatiser le filtrage des contenus, selon les défenseurs de la liberté d'expression sur Internet. Tout contenu ou extrait de contenu commercial pourrait alors être supprimé ou impossible à partager sur le réseau de façon publique. C'est avec cette crainte qu'une question simple pourrait se poser : "Si dans le bateau Internet accueillant la protection, la surveillance et la liberté, la liberté tombe à l'eau, qui va donc rester dans le bateau ?"
La réponse est facile. Reste désormais à voir si celle-ci s'applique aussi simplement ou de manière plus souple… une fois la directive adoptée.
Pascal Hérard
es eurodéputés ont approuvé mardi 26 mars la réforme européenne du droit d'auteur, un texte très attendu par les médias et le monde de la culture mais combattu par les plateformes américaines et les partisans de la liberté sur internet.
Présentée par la Commission européenne en septembre 2016, cette réforme a reçu 348 votes pour, 274 contre et 36 abstentions. Les grandes plateformes commerciales américaines comme Google, Facebook ou YouTube, devront donc coopérer avec les auteurs et la presse pour les rémunérer ou les aider à protéger leurs œuvres.
"Je sais qu'il y a beaucoup de craintes sur ce que peuvent faire ou pas les utilisateurs - maintenant, nous avons des garanties claires sur la liberté d'expression (...) et la créativité en ligne", s'est félicité le vice-président de la Commission européenne, Andrus Ansip, sur twitter. Présentée par M. Ansip en septembre 2016, cette réforme aux enjeux financiers conséquents a fait l'objet d'un lobbying sans précédent de la part de ses partisans comme de ses opposants, mobilisés jusqu'au dernier jour.
La semaine prochaine, le Parlement européen va devoir se prononcer par un dernier vote sur le sort de la directive Copyright, en discussion depuis plusieurs années. La Quadrature du Net appelle les députés européens à rejeter ce texte, qui provoquerait de graves restrictions à la liberté d’expression et à l’accès à l’information. Loin de rééquilibrer les relations avec les Géants du Net, cette directive conduirait à leur déléguer un inquiétant pouvoir de censure automatisée. Ce texte ne constitue pas la réforme du droit d’auteur dont l’Union européenne a besoin et il ne comporte aucun élément tangible qui améliorerait la situation des créateurs.
Le texte résultant des négociations conduites ces derniers mois par les institutions européennes n’a corrigé aucun des points problématiques qui nous avaient conduit à demander le rejet du texte déjà à plusieurs reprises en 2018. Notre analyse reste la même : les industries culturelles et les grandes sociétés d’ayants droit cherchent en réalité à ramasser les miettes du butin engrangé par les Géants du Net grâce à la surveillance de masse qu’ils mettent en œuvre à travers la publicité ciblée. Sous couvert d’opérer un « partage de la valeur », cette directive constituerait un grave renoncement de l’Union européenne, en liant le financement de la création et de la presse à la violation systématique des droits des individus.
Tout ceci s’accomplira en outre sur le dos des libertés fondamentales, à cause des articles 11 et 13 de la directive qui suscitent l’opposition d’un grand nombre d’acteurs de la société civile. Même si le champ d’application de l’article 13 ne concerne pas dans sa rédaction finale ce que La Quadrature considère comme l’Internet libre et ouvert – à savoir les services décentralisés ou fédérés de type Mastodon ou Peertube – il imposera aux plateformes centralisées et lucratives une obligation de filtrage a priori des contenus à laquelle notre association s’est toujours opposée. L’application de tels procédés est manifestement disproportionnée et la directive n’apporte aucune garantie satisfaisante pour protéger la liberté d’expression. La directive Copyright a ainsi servi de laboratoire aux logiques de censure automatisée que l’on retrouve dans d’autres textes, comme le règlement Anti-terroriste contre lequel La Quadrature du Net est mobilisée (voir notre page dédiée).
L’article 11 est tout aussi problématique, puisqu’en souhaitant instaurer de nouveaux droits pour les éditeurs de presse, il va restreindre l’usage de ces contenus bien au-delà des seuls agrégateurs, type Google News, en affectant aussi potentiellement des acteurs non-lucratifs et tout l’écosystème de l’accès à l’information.
Si la directive Copyright doit être rejetée par le Parlement européen, c’est aussi parce qu’elle ne constitue pas la réforme positive du droit d’auteur dont l’Union a besoin. Les industries culturelles sont parvenues encore une fois à focaliser le débat autour d’un renforcement de la propriété intellectuelle, en occultant le profond besoin d’adaptation des règles du droit d’auteur aux pratiques numériques. Dans son état actuel, la directive contient certes quelques aménagements sous la forme d’exceptions au droit d’auteur, mais ils restent bien trop limités pour apporter un changement significatif.
Aucune de ces mesures ne correspond aux propositions formulées depuis plusieurs années par la Quadrature du Net afin de changer en profondeur le droit d’auteur en réconciliant les artistes et le public. Il aurait fallu pour cela mettre en débat des idées comme la légalisation du partage non-marchand des œuvres, la reconnaissance des pratiques transformatives comme le remix ou le mashup ou de nouvelles formes de financement comme la contribution créative.
En affirmant que ce texte sera en mesure d’améliorer le sort des créateurs en Europe, les industries culturelles qui le soutiennent mentent profondément. Elles ont constamment empêché que des sujets comme les modalités de financement de la création ou les règles de répartition des revenus entre créateurs et intermédiaires soient discutés, alors qu’ils constituent le cœur du problème à régler pour améliorer la condition des auteurs. La France porte une responsabilité particulière dans ce fiasco dans la mesure où les gouvernements successifs et la majorité des eurodéputés français ont constamment fait obstruction sur ces questions tout en poussant les mesures les plus répressives.
Plus largement, c’est tout le processus d’élaboration de ce texte qui a été émaillé d’intrusions, aussi bien de la part du lobby des industries culturelles que de celui des Géants du Net. Ce spectacle navrant porte atteinte à la crédibilité démocratique de l’Union européenne. Mais il ne doit pas occulter la mobilisation importante des personnes et des organisations de la société civile – l’une des plus importantes à ce jour -, qui a constamment été ignorée ou raillée tant par la Commission européenne que par une partie des eurodéputés favorables au texte.
Le Parlement européen dispose encore d’une ultime chance de montrer qu’il est capable de faire preuve d’indépendance en enterrant définitivement ce texte aberrant. Il l’a déjà fait en juillet 2018 pour protéger les libertés fondamentales et il doit le refaire à présent pour les mêmes raisons.
C’est la raison pour laquelle La Quadrature du Net se joint aux autres associations engagées contre ce texte – EDRi, Bits of Freedom, Wikimedia, l’APRIL et bien d’autres ! – en appelant les citoyens à contacter les eurodéputés via la plateforme Pledge2019.
Le site de l'April est passé au noir aujourd'hui en protestation contre l'article 13 de la directive droit d'auteur qui sera soumis au vote au Parlement européen lors de la plénière du 26 mars 2019 à 12h.
Cet article imposerait le filtrage automatisé de l'ensemble des contenus circulant sur les plateformes de partage. Une mesure profondément liberticide.
Vous pouvez agir en appelant les parlementaires à adopter les amendements de suppression de l'article 13 !
Liens utiles :
Un schéma réalisé par Next Inpact pour mieux comprendre l'article 13.
La campagne SaveYourInternet.eu donne les informations de contact des parlementaires.
Le site Pledge2019.eu propose un outil d'appel gratuit.
Nous parlions de la mobilisation lors de notre émission de radio Libre à vous ! du 19 mars. Écouter le podcast (10 minutes).
Accéder au site web de l'April
Toulouse – Déception pour ce jeune homme toulousain. Les résultats de son test ADN lui ont confirmé ce qu’il savait déjà depuis longtemps : il n’a rien d’exceptionnel et il est totalement ordinaire, voire carrément banal. Reportage.
« J’ai ouvert la petite enveloppe et j’ai lu. Cela a été un choc » raconte Romain, 22 ans. À l’intérieur, les résultats de son test ADN acheté via un un site dont il avait vu la pub sur Facebook. « J’ai espéré avoir des origines vikings ou italiennes, ou même américaines, mais non, même pas » dit-il très déçu de constater qu’il n’est qu’un banal Européen de l’ouest sans grand relief génétique, à part peut-être 2% d’Afrique subsaharienne. « Je suis vraiment déçu. Je vais raconter quoi aux collègues, un pote a fait le test il a découvert qu’il était à 35% Russe Slave et 45% Espagnol. J’ai à peine 1% d’Europe du Nord. Qu’est ce que vous voulez que je fasse de ça ? » dit-il en jetant le test à la poubelle. « J’avais acheté aussi un test pour mes parents. Il s’avère que ce sont bien mes parents, il n’y a rien de nouveau ». Autre déception : il n’a aucun ancêtre ou cousin éloigné qui apparaissent dans la base de données disponible des personnes ayant entrées leur ADN. « C’est la plus grosse déception. Savoir qu’on a aucun lien avec personne et que vous êtes juste un loser ordinaire.» Puis au bout de quelques minutes sur Facebook, il constate l’existence d’un autre site pour des test ADN. « Celui-ci à l’air vachement plus joli, je suis sûr qu’ils vont trouver des trucs super intéressants dans mon sang !! ».
Bienvenue sur le MOOC de la CNIL
Vous y trouverez l’ensemble des informations pour vous initier au RGPD et débuter ainsi la mise en conformité de votre organisme.
Ce dispositif gratuit est accessible jusqu’au mois de septembre 2021.
En suivant l’intégralité de ce MOOC, vous pourrez obtenir une attestation.
Une profession toujours plus précarisée, des conditions de travail qui se dégradent et une perte de sens grandissante: une étude réalisée par la Scam auprès de plusieurs milliers de journalistes dresse un portrait "extrêmement préoccupant" d'un métier sous pression.
La Société civile des auteurs multimédias, déjà à l'origine d'une première étude sur les revenus et les activités des journalistes publiée en 2013, présente ce vendredi aux Assises du journalisme de Tours un nouvel état des lieux de la profession, fruit d'une enquête à laquelle plus de 3.700 professionnels ont participé.
"C'est un tableau très noir", souligne à l'AFP Béatrice de Mondenard, qui a menée cette étude. Un exercice qui démontre "à quel point il y a un décalage entre l'image que donne la profession et les conditions de vie réelles", souligne-t-elle.
Parmi les résultats les plus frappants, la part des journalistes en salariat permanent chute de six points par rapport à 2013, à 52%, quand la part des pigistes bondit de quatorze points, à 42%.
En outre, le recours à l'intermittence, à l'auto-entrepreneuriat et au paiement en droits d'auteur (moins intéressants que des salaires, pour ceux qui les perçoivent, notamment en termes de protection sociale) se développe, constate l'étude.
Côté revenus, 11% des répondants ont déclaré toucher moins que le Smic annuel, et 28% moins de 20.000 euros par an. Les précaires ont des revenus bien inférieurs: 23% sont en dessous du Smic et 51% touchent moins de 20.000 euros par an.
Avec des inégalités entre les sexes toujours criantes: deux fois plus de femmes (15%) que d'hommes (8%) perçoivent une rémunération inférieure au Smic, alors qu'à l'autre bout de l'échelle des salaires, seules 4% gagnent plus de 60.000 euros par an, contre 10% des hommes.
Au-delà des chiffres, des statuts et des contrats, ce sont les conditions d'exercice de la profession qui deviennent problématiques, liées à l'évolution des méthodes de traitement de l'information, qui donnent le blues aux journalistes, y compris ceux en CDI ou qui travaillent pour des médias ayant pignon sur rue.
L'étude publie à ce sujet des témoignages de professionnels aux situations aussi variées que peu enviables.
Béatrice de Montenard cite notamment "des journalistes travaillant pour des magazines rachetés par le groupe Reworld et qui sont contraintes de continuer à travailler pour ces titres mais en auto-entrepreneurs, des correspondants à l'étranger qui non seulement n'ont pas la protection sociale mais en plus ont du mal à obtenir la carte de presse".
A ces cas s'ajoutent "tous les permanents qui sont soumis à des conditions de travail extrêmement dures: horaires à rallonge, stress, manque de possibilités d'aller sur le terrain ou de vérifier ses infos", résume-t-elle.
Résultat de ces conditions de travail dégradées, le mal-être s'installe chez les journalistes, explique à l'AFP Hervé Rony, directeur général de la Scam.
"Le journalisme est une profession qui était plutôt protégée historiquement, notamment grâce à une bonne convention collective et qui avait fondé son espoir sur un modèle de salariat en CDI", aujourd'hui remis en cause du fait notamment de la crise de la presse écrite, dit-t-il.
En outre, "beaucoup de journalistes se demandent désormais jusqu'à quel point ils sont libres de rédiger leurs articles ou de réaliser leurs reportages", et dans quelle mesure ils sont devenus de simples exécutants, "non pas par rapport à un risque de censure politique, mais du fait d'un changement des conditions de travail", constate-t-il.
Plusieurs témoignages évoquent en effet une dérive vers un journalisme "en kit", notamment dans certaines chaînes de télé où les journalistes en régions doivent filmer des images qui sont montées et commentées à Paris, ou alors la tendance dans de nombreuses rédactions est à recourir à des reporters "couteau suisse" qui doivent produire textes, vidéos, photos...
Conséquence probable de ce phénomène, la part des journalistes qui se considèrent comme des auteurs a chuté de 9 points depuis 2013, à 62%.
On pourrait croire à un mirage. Mais un immense lac s'est bien formé au beau milieu d'un des déserts les plus chauds et les plus secs du monde la semaine dernière, résultat d'une inondation éclair provoquée par de fortes précipitations. La célèbre vallée de la Mort, située dans le désert des Mojaves, en Californie, a reçu environ 22 mm de pluie entre le 5 et le 6 mars suite à un violent orage, soit « presque le tiers de la moyenne des précipitations annuelles (⋍60 mm) », d'après le météorologiste Chris Dolce de weather.com.
Le lac éphémère est apparu près de Salt Creek, dans le centre de la vallée. Il a été immortalisé par le photographe Elliot McGucken le 7 mars (images à voir sur ses comptes Instagram et Facebook). Il mesurerait jusqu'à 16-17 km de long, selon des responsables du parc de la vallée de la Mort contactés par le photographe. Ce lac n'est cependant pas le premier de son genre : en 2005, un lac nommé Badwater avait vu le jour après des précipitations records et avait persisté jusqu'en 2007 avant de s'évaporer totalement.
Pour Tim Berners-Lee, l'Internet dont il avait rêvé échouera si l'on ne crée par un cadre strict pour lutter contre la désinformation et l'exploitation des données personnelles.
Il signe « Monsieur Tim » mais cette lettre est du père d'Internet, Sir Tim Berners-Lee. C'est à lui qu'on doit le Web tel qu'on le connaît aujourd'hui, et dans une longue lettre publiée sur le site de la Web Foundation, il revient sur son invention d'un « système de gestion de l'information » pour le plus grand nombre, et il évoque son avenir.
Lui qui souhaitait simplement donner accès à l'information avec la notion de partage constate aujourd'hui que le Web est devenu « une place publique, une bibliothèque, un cabinet de médecin, un magasin, une école, un studio de design, un bureau, un cinéma, une banque et bien plus encore ». S'il admire aussi le fait que la moitié de la population soit connectée et qu'Internet simplifie et enrichit la vie quotidienne, il regrette qu'il soit aussi devenu le terreau des « fraudeurs, une voix à ceux qui propagent la haine et facilitent la perpétration de toutes sortes de crimes ».
Pour freiner cette tendance et revenir à un espace bienveillant et sûr, Berners-Lee milite pour la mise en place de lois et d'un code, semblable à celui que l'on trouve dans la vie de tous les jours. Il prône de s'attaquer à la cause et non aux symptômes, et cela exige un travail en profondeur avec un esprit communautaire. Il prend ainsi exemple sur la Déclaration universelle des droits de l'homme, née de l'esprit de gens venus de tous bords et il souhaite qu'Internet soit reconnu comme « un droit humain et construit pour le bien public ». Cela passe forcément par le soutien des gouvernements, garants de la protection des droits et libertés des personnes en ligne, mais aussi capables de sévir lorsque les intérêts privés de sociétés menacent le bien public.
L'internaute peut contrôler ce qu'il partage sur les réseaux sociaux. Mais les failles sont nombreuses et des applications continuent de récolter les informations confidentielles pour les monnayer. © Futura
L'internaute peut contrôler ce qu'il partage sur les réseaux sociaux. Mais les failles sont nombreuses et des applications continuent de récolter les informations confidentielles pour les monnayer. © Futura
En tournée pendant deux jours à travers la planète pour fêter les 30 ans de son invention, Berners-Lee s'est aussi exprimé dans une interview auprès de journalistes, dont nos confrères de l’AFP. Il cible son combat contre la désinformation (fake news) et le manque de protection des données. « On devrait avoir le contrôle complet de ses données. Ce n'est pas de l'essence. Ce n'est pas un produit, rappelle-t-il. On ne devrait pas pouvoir les vendre contre de l'argent car c'est un droit. »
Très affecté par l'affaire Cambridge Analytica, il milite pour un navigateur plus anonyme et des applications qui ne stockent plus les données des utilisateurs. Là encore, il estime que seuls les gouvernements, avec des lois, sont capables de stopper les abus actuels : « Parfois, il faut que la législation stipule que les données personnelles, les données génétiques, ne doivent jamais être utilisées. »
Le tout en restant positif pour la suite : « Vu comment le Web a changé au cours des 30 dernières années, il serait défaitiste et dénué d'imagination de supposer que le Web tel que nous le connaissons ne puisse pas être amélioré dans les 30 prochaines années. Sinon ? On aura échoué », conclut-il.
Si Arthur Clarke a échoué à prédire le futur de la conquête spatiale pour le début du XXIe siècle il y a 50 ans, on ne peut qu'être impressionné par sa clairvoyance en ce qui concerne le monde des télécommunications qui est le nôtre. Une bonne occasion de s'en souvenir alors que l'on fête sur la toile, ce 12 mars 2019, les 30 ans de la naissance du Web au Cern.
Il y a longtemps déjà Arthur Clarke avait avancé la thèse que tout comme les États-Unis avaient été unifiés grâce au télégraphe et au train, l'Humanité et la Terre le seraient grâce aux satellites de télécommunications et aux avions de ligne. Dès les années 1960, on le voyait préciser cette thèse avec des prédictions visionnaires lors d'une émission de la BBC et encore au début des années 1970 comme le montre la vidéo ci-dessous. Lui faisait écho, dès 1962, la fameuse expression de « village global » que l'on doit au philosophe et sociologue des médias canadien Marshall McLuhan. Les deux hommes pensaient que les progrès des télécommunications et de l'informatique allaient aider l'Humanité à développer une conscience et une culture planétaires.
On peut constater dans cette vidéo datant de 1976 qu'Arthur Clarke anticipait clairement non seulement le World Wide Web et les utilisations que l'on en fait, d'arXiv à Skype en passant par Amazon et Google, mais aussi les téléphones portables connectés au World Wide Web qui nous permettent, par exemple, d'écouter des documentaires d'Haroun Tazieff au sommet du Vulcano dans les îles éoliennes. Nous pouvons également assister en direct aux 30 ans du World Wide Web ce 12 mars 2019, avec une manifestation au Cern qui sera notamment retransmise en direct sur les chaînes Facebook et YouTube du célèbre centre de recherche européen où l'on a fait la découverte du boson de Brout-Englert-Higgs.
Rappelons en effet que c'est au Cern, en mars 1989, que le Britannique Tim Berners-Lee (anobli depuis) a commencé à rédiger le contenu de sa proposition d'« un système hypertexte basé sur Internet permettant de relier différents ordinateurs et d'accéder ainsi à des informations », comme l'explique le communiqué du Cern pour les 30 ans de la toile. Si Internet, c'est-à-dire des protocoles de communication entre ordinateurs, remonte en fait aux années 1960 et est essentiellement une création anglo-saxonne principalement portée aux États-unis par l'Armée avec la Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) qui va donner naissance à Arpanet (Advanced Research Projects Agency Network), le jeune informaticien, qui était venu au Cern quelques années auparavant pour travailler sur le fameux Proton Synchrotron, va le conduire à une métamorphose qui, aujourd'hui, impacte plusieurs milliards de personnes sur Terre.
Mais à la base, il s'agissait de rendre disponible une même information centralisée à toute la communauté mondiale en physique des hautes énergies, que ce soit en Europe, aux États-Unis ou encore au Japon. Pour cela, Tim Berners-Lee va être amené à introduire des éléments qui nous sont désormais familiers comme le langage html, le protocole http avec URL et bien sûr les premiers serveur, navigateur et éditeur web. Il fut aidé à ses débuts par l'ingénieur et informaticien belge Robert Cailliau qui cosigna notamment avec Tim Berners-Lee, en novembre 1990, un document désormais entré dans l'Histoire et intitulé « WorldWideWeb : Proposition pour un projet hypertexte ».
L'Histoire se mettra vraiment en marche le 30 avril 1993 lorsque le Cern mettra gratuitement dans le domaine public la dernière version du logiciel derrière le World Wide Web. Et cela, conformément au statut même du Cern depuis sa fondation qui a pour principe de diffuser librement, in fine, les découvertes scientifiques et les avancées technologiques, et pas seulement entre les nations qui sont membres du laboratoire.
En France, le Web s'installe au début des années 1990 grâce à deux ingénieurs du CNRS travaillant à Lyon au Centre de calcul de l'Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (plus connu sous le sigle de l'IN2P3) : Wojciech Wojcik et Daniel Charnay.
Le Défenseur des droits s'inquiète d'un "affaissement" des libertés dans son rapport annuel.
FRANCE - Des étrangers aux gilets jaunes en passant par la lutte antiterroriste, le Défenseur des droits pointe un "renforcement (...) de la répression" en France et s'inquiète d'un "affaissement" des libertés inspiré par l'état d'urgence de 2015, selon son rapport annuel publié ce mardi 12 mars.
"En France, (...) s'est implantée une politique de renforcement de la sécurité et de la répression face à la menace terroriste, aux troubles sociaux et à la crainte d'une crise migratoire alimentée par le repli sur soi", pointe cette autorité indépendante chargée notamment de défendre les citoyens face à l'administration. "Nous sommes dans un pays crispé", dit-il aussi dans une interview au Parisien.
Dans son rapport 2018, qui couvre la période d'éclosion du mouvement des gilets jaunes, l'institution présidée par l'ancien ministre de droite Jacques Toubon s'interroge notamment sur "le nombre 'jamais vu' d'interpellations et de gardes à vue intervenues 'de manière préventive'" lors de certaines manifestations.
Selon ce document, les directives des autorités pour gérer la contestation sociale "semblent s'inscrire dans la continuité des mesures de l'état d'urgence", décrété après les attentats du 13 novembre 2015.
Ce régime d'exception, resté en vigueur pendant deux ans et dont certaines dispositions ont été conservées dans la loi, a agi comme une "pilule empoisonnée" venue "contaminer progressivement le droit commun, fragilisant l'État de droit", estime le rapport.
"Un nouvel ordre juridique, fondé sur la suspicion"
Pour le Défenseur, il a "contribué à poser les bases d'un nouvel ordre juridique, fondé sur la suspicion, au sein duquel les droits et libertés fondamentales connaissent une certaine forme d'affaissement".
Cette logique sécuritaire imprègne également le droit des étrangers, selon le rapport du Défenseur qui estime que la France mène "une politique essentiellement fondée sur la 'police des étrangers', reflétant une forme de 'criminalisation des migrations'".
En 2018, ce sont toutefois les réclamations liées aux services publics qui ont le plus occupé le Défenseur des droits: elles représentent 93% des dossiers traités par une institution toujours plus sollicitée. Avec 96.000 dossiers en 2018, le Défenseur des droits a vu les réclamations augmenter de 6,1% en un an.
Retards dans le versement de certaines retraites, suppression du guichet dans les préfectures pour délivrer le permis de conduire, "déserts médicaux"... Le rapport s'alarme d'un "repli des services publics".
Un tableau noir que le Défenseur relie au ras-le-bol fiscal exprimé par les gilets jaunes. Selon lui, "en s'effaçant peu à peu, les services publics qui, en France, constituent un élément essentiel du consentement à l'impôt, hypothèquent la redistribution des richesses et le sentiment de solidarité, sapant progressivement la cohésion sociale".
L’Union Européenne veut nous protéger des logiciels dangereux et envisage d’obliger les fabricants d’équipements de radiocommunication (comme les smartphones) à certifier les applications et services qui peuvent être installés sur nos appareils. Une menace pour le logiciel libre et la concurrence ainsi qu’une restriction de choix pour les utilisateurs.
L’Union Européenne prépare une nouvelle réglementation concernant les équipements radio. Une catégorie d’appareils qui comprend nos smartphones, mais aussi les routeurs, les TV connectées et les autres produits capables de se connecter à un réseau domestique (WiFi), mobile ou GPS. Cette directive prévoit notamment le verrouillage des radiocommunications pour plus de sécurité pour les consommateurs, avec comme conséquence l’impossibilité d’installer des logiciels personnalisés ou applications non certifiées par les constructeurs. En d’autres termes, bienvenue chez Apple et iOS. Un cauchemar.
Une situation qui alerte la Free Software Foundation Europe (FSFE), la fondation européenne pour le logiciel libre. L’organisme dénonce « des effets foncièrement néfastes sur les droits des utilisateurs et le Logiciel Libre, la libre concurrence, l’innovation, l’environnement, et le volontariat – le tout, hélas, sans réel bénéfice pour la sécurité ».
L’objectif de la réforme est de protéger les utilisateurs en les empêchant d’installer un programme susceptible de nuire à leurs données personnelles, à leur appareil, voire à leur santé. Les fabricants devraient alors vérifier tous les logiciels et certifier ceux qu’ils ne jugent pas dangereux. Ceux qui ne sont pas certifiés, même s’ils tout à fait inoffensifs, seraient alors bloqués. Mais ce faisant, le choix d’applications et services sera très fortement restreint, entraînant au passage un défaut de concurrence. Un comble alors que l’UE ne lâche pas Google sur le dossier antitrust Android.
Il ne s’agit pas seulement d’un fardeau pour ceux qui sont touchés mais il s’agit également d’une violation du droit des utilisateurs au libre choix. Les utilisateurs seront forcés d’utiliser le logiciel du fabricant car ils ne pourront plus choisir indépendamment le matériel et le logiciel », estime la FSFE. « Le status quo crée de hautes barrières pour les utilisateurs qui voudraient contrôler leur matériel et logiciel .
Ce cas nous rappelle le fameux article 13 sur le droit d’auteur que combattent férocement les plateformes de partage comme YouTube. Dans les deux situations, l’UE veut responsabiliser les entreprises plutôt que les utilisateurs des services et produits. Et dans les deux cas, une telle loi semble très difficilement applicable et au final au détriment des consommateurs malgré d’apparentes bonnes intentions.
Créé dans un idéal d’échange libre et gratuit il y a trente ans, le web est désormais dominé par des géants marchands. Alors, quelle place pour la collaboration sur la Toile ?
On le connaît aujourd’hui sous son petit nom, « trois w ». Il y a trente ans, le 12 mars 1989, Tim Berners-Lee, chercheur britannique au CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) à Genève en Suisse, mettait au point le world wide web pour permettre l’échange d’informations sur Internet dans le monde entier – et non entre réseaux locaux seulement. Aidé de son collègue belge Robert Caillaud, il invente le premier serveur web (info.cern.ch), le protocole http pour localiser les informations et le langage HTML pour créer les pages. En 1993, devant le succès de ces outils, le CERN livre le code source du www et le fait tomber dans le domaine public.
Mais les services marchands ont vite pris le dessus avec l’arrivée d’Amazon en 1995 ou de Google en 1998. La tendance est à une centralisation du réseau, certains acteurs devenant incontournables par leur taille et le nombre de leurs services. « Chaque invention vient avec son ombre, résume Flore Vasseur, journaliste et auteur du livre “ Ce qu’il reste de nos rêves ” (éd. des Équateurs). L’outil web est neutre, mais les nobles intentions perdent face aux lobbies très organisés du profit et de la manipulation. Il n’y a pas de lobby du bien commun. C’est ce que défendait Aaron Swartz [un génie de l’informatique américain, il s’est suicidé sous la menace d’un procès fédéral en 2013, NDLR], auquel je consacre mon livre, qui incarnait la défense du bien, ce qu’internet produit de mieux : l’accès libre au savoir, contre le flicage qu’on voit à l’œuvre désormais. »
L’application prochaine de la législation européenne – article 13 et article 11, qui rend responsables les plateformes internets de contenus qu’elles offrent, au risque de fortes amendes – menace aussi la liberté de création sur YouTube, selon Dead Will (alias Wilfried Kaiser), Tourangeau qui vulgarise des concepts sociétaux grâce à des extraits de films. « Les plateformes ne vont pas rendre de risque et ne feront pas du cas par cas. On risque de ne plus pouvoir utiliser les œuvres, ce qui dans mon cas est impossible. Même si j’ai déjà recours à Wikimedias pour avoir des contenus libres de droits. » Face à cette nouvelle situation menaçant une liberté d’expression, deux attitudes sont possibles : croire à un bluff de YouTube qui ne fera pas vraiment la chasse et ne rien changer, soit espérer que la plateforme passe des accords, avec Allocine par exemple.
Ce sont des entreprises toxiques pour nos vies et ce n’est pas ça que le web voulait au départ.
Pierre-Yves Gosset, délégué général de Framasoft
Mais des villages résistent toujours à l’envahisseur, en créant des logiciels libres. Pierre-Yves Gosset, délégué général de Framasoft, explique que son site associatif s’est créé « sur une idée de partage des savoirs, de transparence et d’entraide. Par exemple Wikipedia qu’on peut modifier, partager ou enrichir librement, à condition de citer l’auteur. » L’association existe depuis dix-huit ans et s’est fixée comme objectif, en 2014 de dégoogliser internet en proposant des services alternatifs. Avec les révélations d’Edouard Snowden, en 2013, sur le programme d’espionnage américain PRISM, « nous avons découvert qu’internet était aussi un outil de surveillance. Nous avons réorienté notre action vers plus de pédagogie, pour expliquer aux gens que les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) sont un aspirateur à données personnelles. Ce sont des entreprises toxiques pour nos vies et ce n’est pas ça que le web voulait au départ. » Framasoft prépare l’avenir en pariant sur un retour aux logiciels libres après un basculement du modèle du web vers une sobriété nouvelle. 30 ans, l’âge de la maturité, devrait voir éclore « une certaine lucidité des citoyens sur l’utilité d’internet » comme l’invoque aussi Flore Vasseur. Alors, Happy birthday, Tim !
Tipeee, la plateforme alternative
Il y a cinq ans, des Youtubeurs français ont créé la plateforme Tipeee, start-up dont les internautes rétribuent les vidéos – « tip » signifie pourboire en anglais. Ce modèle permet de s’affranchir de la publicité, une alternative efficace au monopole de YouTube. « C’est un bon moyen pour ne pas dépendre de la publicité, indique Dead Will, vulgarisateur en concepts sociétaux, Tourangeau lui aussi. On revient aux fondements du web pour la diffusion de la connaissance. » Des journalistes de Thinkerview, des dessinateurs ou récemment des podcasteurs ont choisi ce mode de diffusion direct.
Outre la publication des comptes rendus de session plénière et de délibérations de l’exécutif, la Région Centre-Val de Loire livre aussi des études dynamiques sur des thématiques précises. Par exemple, elle est la première en France à fournir, en accès libre, les données de ponctualité des trains régionaux, disponibles son portail en open data. « Nous avons fait le choix de ce portail, ouvert en octobre, pour rendre la donnée intelligible, détaille Laurent Ollivier, directeur du numérique à la Region. Ce n’est pas tout de satisfaire les obligations réglementaires en libérant de la donnée, encore faut-il qu’elle soit utile. C’est vertueux pour le public mais aussi en interne, pour réfléchir à la place des données qu’on gère. »
À la tête d’une petite équipe transversale, il pilote les thèmes qui pourraient être abordés, puis le bureau exécutif les valide. « Nous travaillons autour du tourisme, mais aussi du patrimoine, continue Laurent Ollivier. Nous avons des données de qualité qui représentent un potentiel colossal pour le tourisme par exemple. Les acteur privés pourraient s’en servir pour faire du business. »
Il y a dix ans, nous avons eu besoin de Google Chrome pour libérer le Web de l’hégémonie des entreprises, et nous avons réussi à le faire pendant une courte période. Aujourd’hui, sa domination étouffe la plateforme même qu’il a autrefois sauvée des griffes de Microsoft. Et personne, à part Google, n’a besoin de ça.
Nous sommes en 2008. Microsoft a toujours une ferme emprise sur le marché des navigateurs web. Six années se sont écoulées depuis que Mozilla a sorti Firefox, un concurrent direct d’Internet Explorer. Google, l’entreprise derrière le moteur de recherche que tout le monde aimait à ce moment-là, vient d’annoncer qu’il entre dans la danse. Chrome était né.
Au bout de deux ans, Chrome représentait 15 % de l’ensemble du trafic web sur les ordinateurs fixes — pour comparer, il a fallu 6 ans à Firefox pour atteindre ce niveau. Google a réussi à fournir un navigateur rapide et judicieusement conçu qui a connu un succès immédiat parmi les utilisateurs et les développeurs Web. Les innovations et les prouesses d’ingénierie de leur produit étaient une bouffée d’air frais, et leur dévouement à l’open source la cerise sur le gâteau. Au fil des ans, Google a continué à montrer l’exemple en adoptant les standards du Web.
Avançons d’une décennie. Le paysage des navigateurs Web est très différent. Chrome est le navigateur le plus répandu de la planète, faisant de facto de Google le gardien du Web, à la fois sur mobile et sur ordinateur fixe, partout sauf dans une poignée de régions du monde. Le navigateur est préinstallé sur la plupart des téléphones Android vendus hors de Chine, et sert d’interface utilisateur pour Chrome OS, l’incursion de Google dans les systèmes d’exploitation pour ordinateurs fixe et tablettes. Ce qui a commencé comme un navigateur d’avant-garde respectant les standards est maintenant une plateforme tentaculaire qui n’épargne aucun domaine de l’informatique moderne.
Bien que le navigateur Chrome ne soit pas lui-même open source, la plupart de ses composantes internes le sont. Chromium, la portion non-propriétaire de Chrome, a été rendue open source très tôt, avec une licence laissant de larges marges de manœuvre, en signe de dévouement à la communauté du Web ouvert. En tant que navigateur riche en fonctionnalités, Chromium est devenu très populaire auprès des utilisateurs de Linux. En tant que projet open source, il a de nombreux adeptes dans l’écosystème open source, et a souvent été utilisé comme base pour d’autres navigateurs ou applications.
Tant Chrome que Chromium se basent sur Blink, le moteur de rendu qui a démarré comme un fork de WebKit en 2013, lorsque l’insatisfaction de Google grandissait envers le projet mené par Apple. Blink a continué de croître depuis lors, et va continuer de prospérer lorsque Microsoft commencera à l’utiliser pour son navigateur Edge.
La plateforme Chrome a profondément changé le Web. Et plus encore. L’adoption des technologies web dans le développement des logiciels PC a connu une augmentation sans précédent dans les 5 dernières années, avec des projets comme Github Electron, qui s’imposent sur chaque OS majeur comme les standards de facto pour des applications multiplateformes. ChromeOS, quoique toujours minoritaire comparé à Windows et MacOS, s’installe dans les esprits et gagne des parts de marché.
Chrome est, de fait, partout. Et c’est une mauvaise nouvelle
Don’t Be Evil
L’hégémonie de Chrome a un effet négatif majeur sur le Web en tant que plateforme ouverte : les développeurs boudent de plus en plus les autres navigateurs lors de leurs tests et de leurs débogages. Si cela fonctionne comme prévu sur Chrome, c’est prêt à être diffusé. Cela engendre en retour un afflux d’utilisateurs pour le navigateur puisque leurs sites web et applications favorites ne marchent plus ailleurs, rendant les développeurs moins susceptibles de passer du temps à tester sur les autres navigateurs. Un cercle vicieux qui, s’il n’est pas brisé, entraînera la disparition de la plupart des autres navigateurs et leur oubli. Et c’est exactement comme ça que vous asphyxiez le Web ouvert.
Quand il s’agit de promouvoir l’utilisation d’un unique navigateur Web, Google mène la danse. Une faible assurance de qualité et des choix de conception discutables sont juste la surface visible de l’iceberg quand on regarde les applications de Google et ses services en dehors de l’écosystème Chrome. Pour rendre les choses encore pires, le blâme retombe souvent sur les autres concurrents car ils « retarderaient l’avancée du Web ». Le Web est actuellement le terrain de jeu de Google ; soit vous faites comme ils disent, soit on vous traite de retardataire.
Sans une compétition saine et équitable, n’importe quelle plateforme ouverte régressera en une organisation dirigiste. Pour le Web, cela veut dire que ses points les plus importants — la liberté et l’accessibilité universelle — sont sapés pour chaque pour-cent de part de marché obtenu par Chrome. Rien que cela est suffisant pour s’inquiéter. Mais quand on regarde de plus près le modèle commercial de Google, la situation devient beaucoup plus effrayante.
La raison d’être de n’importe quelle entreprise est de faire du profit et de satisfaire les actionnaires. Quand la croissance soutient une bonne cause, c’est considéré comme un avantage compétitif. Dans le cas contraire, les services marketing et relations publiques sont mis au travail. Le mantra de Google, « Don’t be evil« , s’inscrivait parfaitement dans leur récit d’entreprise quand leur croissance s’accompagnait de rendre le Web davantage ouvert et accessible.
Hélas, ce n’est plus le cas.
Logos de Chrome
L’intérêt de l’entreprise a dérivé petit à petit pour transformer leur domination sur le marché des navigateurs en une croissance du chiffre d’affaires. Il se trouve que le modèle commercial de Google est la publicité sur leur moteur de recherche et Adsense. Tout le reste représente à peine 10 % de leur revenu annuel. Cela n’est pas forcément un problème en soi, mais quand la limite entre navigateur, moteur de recherche et services en ligne est brouillée, nous avons un problème. Et un gros.
Les entreprises qui marchent comptent sur leurs avantages compétitifs. Les moins scrupuleuses en abusent si elles ne sont pas supervisées. Quand votre navigateur vous force à vous identifier, à utiliser des cookies que vous ne pouvez pas supprimer et cherche à neutraliser les extensions de blocage de pub et de vie privée, ça devient très mauvais1. Encore plus quand vous prenez en compte le fait que chaque site web contient au moins un bout de code qui communique avec les serveurs de Google pour traquer les visiteurs, leur montrer des publicités ou leur proposer des polices d’écriture personnalisées.
En théorie, on pourrait fermer les yeux sur ces mauvaises pratiques si l’entreprise impliquée avait un bon bilan sur la gestion des données personnelles. En pratique cependant, Google est structurellement flippant, et ils n’arrivent pas à changer. Vous pouvez penser que vos données personnelles ne regardent que vous, mais ils ne semblent pas être d’accord.
Le modèle économique de Google requiert un flot régulier de données qui puissent être analysées et utilisées pour créer des publicités ciblées. Du coup, tout ce qu’ils font a pour but ultime d’accroître leur base utilisateur et le temps passé par ces derniers sur leurs outils. Même quand l’informatique s’est déplacée de l’ordinateur de bureau vers le mobile, Chrome est resté un rouage important du mécanisme d’accumulation des données de Google. Les sites web que vous visitez et les mots-clés utilisés sont traqués et mis à profit pour vous offrir une expérience plus « personnalisée ». Sans une limite claire entre le navigateur et le moteur de recherche, il est difficile de suivre qui connaît quoi à votre propos. Au final, on accepte le compromis et on continue à vivre nos vies, exactement comme les ingénieurs et concepteurs de produits de Google le souhaitent.
En bref, Google a montré à plusieurs reprises qu’il n’avait aucune empathie envers ses utilisateurs finaux. Sa priorité la plus claire est et restera les intérêts des publicitaires.
Voir au-delà
Une compétition saine centrée sur l’utilisateur est ce qui a provoqué l’arrivée des meilleurs produits et expériences depuis les débuts de l’informatique. Avec Chrome dominant 60 % du marché des navigateurs et Chromium envahissant la bureautique sur les trois plateformes majeures, on confie beaucoup à une seule entreprise et écosystème. Un écosystème qui ne semble plus concerné par la performance, ni par l’expérience utilisateur, ni par la vie privée, ni par les progrès de l’informatique.
Mais on a encore la possibilité de changer les choses. On l’a fait il y a une décennie et on peut le faire de nouveau.
Mozilla et Apple font tous deux un travail remarquable pour combler l’écart des standards du Web qui s’est élargi dans les premières années de Chrome. Ils sont même sensiblement en avance sur les questions de performance, utilisation de la batterie, vie privée et sécurité.
Si vous êtes coincés avec des services de Google qui ne marchent pas sur d’autres navigateurs, ou comptez sur Chrome DevTools pour faire votre travail, pensez à utiliser Vivaldi2 à la place. Ce n’est pas l’idéal —Chromium appartient aussi à Google—, mais c’est un pas dans la bonne direction néanmoins. Soutenir des petits éditeurs et encourager la diversité des navigateurs est nécessaire pour renverser, ou au moins ralentir, la croissance malsaine de Chrome.
Je me suis libéré de Chrome en 2014, et je n’y ai jamais retouché. Il est probable que vous vous en tirerez aussi bien que moi. Vous pouvez l’apprécier en tant que navigateur. Et vous pouvez ne pas vous préoccuper des compromissions en termes de vie privée qui viennent avec. Mais l’enjeu est bien plus important que nos préférences personnelles et nos affinités ; une plateforme entière est sur le point de devenir un nouveau jardin clos. Et on en a déjà assez. Donc, faisons ce que nous pouvons, quand nous le pouvons, pour éviter ça.
Sources & Lectures supplémentaires
“Parts de marché des navigateurs web”, https://fr.wikipedia.org/wiki/Parts_de_march%C3%A9_des_navigateurs_web, Wikipédia.
“Chrome is Not the Standard”, https://www.chriskrycho.com/2017/chrome-is-not-the-standard.html, Chris Krycho.
“Why I’m done with Chrome”, https://blog.cryptographyengineering.com/2018/09/23/why-im-leaving-chrome/, Matthew Green.
“Browser Diversity Starts with US”, http://www.zeldman.com/2018/12/07/browser-diversity-starts-with-us/, Jeffrey Zeldman.
Je sais que, après les retours négatifs des utilisateurs, Chrome 70 a retiré certaines de ces parties. Cependant, mon raisonnement tient toujours.
Opera et Brave sont deux autres alternatives, mais le premier est détenu par un consortium publicitaire et vidéoludique implanté en Chine, tandis que le second expérimente des modèles économiques non-conventionnels basés sur la publicité.La flotte de 1670 à destination de Québec et Percé est composée de cinq navires : quatre de La Rochelle (L’Hélène, L’Hirondelle, La Nouvelle-France et Le Saint-Pierre) et un de Dieppe (Le Saint-Jean-Baptiste).
La frégate L’Hélène (100 tx) est le sujet du présent article
La justice a débouté mardi les 4.113 malades de la thyroïde qui avaient assigné le laboratoire Merck pour "défaut d'information" autour du changement de formule de son médicament Levothyrox.
Sur la demande principale "tendant à établir l'existence d'une faute délictuelle" du laboratoire allemand, le Tribunal d'instance de Lyon a débouté les plaignants, estimant notamment que Merck avait œuvré dans les règles et de concert avec les autorités sanitaires françaises.
Le tribunal a également retenu dans son jugement que "la qualité et la valeur thérapeutique du médicament nouvelle formule" étaient "certaines" et que sa notice contenait des informations "suffisamment précises et pertinentes" pour les patients concernés.
La justice estime ainsi que le laboratoire n'a commis aucune faute. "Le juge a reconnu la pertinence, au regard du cadre réglementaire en vigueur, du dispositif d'information mis en place lors de la transition, entre mars et septembre 2017, de l'ancienne à la nouvelle formule du Levothyrox", s'est félicité le directeur juridique de la filiale française Florent Bensadoun dans un communiqué.
La nouvelle formule du Levothyrox, prescrit contre l'hypothyroïdie, a été incriminée, entre mars 2017 et avril 2018, par quelque 31.000 patients victimes d'effets secondaires (fatigue, maux de tête, insomnies, vertiges, etc.).
Au cours de l'audience, délocalisée le 3 décembre dans un centre de congrès de la banlieue de Lyon en raison du très grand nombre de requérants, les avocats des plaignants regroupés dans une action collective via une plateforme en ligne avaient réclamé une indemnisation de 10.000 euros pour chacun d'eux, soit plus de 41 millions au total.
L'affaire fait par ailleurs l'objet, au pénal, d'une information judiciaire contre X instruite par le pôle santé du TGI de Marseille.
Ouverte le 2 mars 2018 pour tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui, elle a été élargie depuis par le parquet au chef "d'homicide involontaire".
Au total, trois millions de patients prennent ce médicament en France (premier marché mondial) et 2,5 millions de malades utilisent la nouvelle formule, selon Merck.
La France a été le premier pays où la nouvelle formule a été introduite.
Depuis, la Suisse a suivi sans rencontrer de difficultés et Merck a prévu de la lancer dans 21 pays de l'Union européenne.
La justice a débouté mardi les 4.113 malades de la thyroïde qui avaient assigné le laboratoire Merck pour "défaut d'information" autour du changement de formule de son médicament Levothyrox. Anne-Catherine Colin-Chauley, la présidente de l'association Alerte Thyroïde, se dit déçue mais pas étonnée par cette issue.
Elle avait déposé la première plainte en France contre le laboratoire Merck, fin août 2017, pour "mise en danger de la vie d'autrui". La Mouginoise Anne-Catherine Colin-Chauley, avocate au barreau d'Ajaccio, a réagi ce mardi après-mardi après le déboutement des 4.113 malades qui avaient assigné le laboratoire Merck.
Un jugement "bien malheureux pour tous les patients qui se sont engouffrés dans ce genre de procédure mais ceci était prévisible, explique-t-elle à Nice-Matin. Car le défaut d'information provient de l'ANSM (agence nationale de sécurité du médicament, NDLR) et non du laboratoire Merck".
Selon elle, il aurait été "plus judicieux de solliciter l'annulation du brevet nouvelle formule pour manque d'action inventive par rapport à l'ancienne formule", voire aller "au pénal pour tromperie sur le médicament".
RELIRE. La justice a tranché, les milliers de victimes du médicament Levothyrox ne seront pas indemnisées
Le Tribunal d'instance de Lyon a débouté ce mardi matin les plaignants, estimant notamment que le laboratoire Merck avait œuvré dans les règles et de concert avec les autorités sanitaires françaises.
Aucune faute du laboratoire
Le tribunal a également retenu dans son jugement que "la qualité et la valeur thérapeutique du médicament nouvelle formule" étaient "certaines" et que sa notice contenait des informations "suffisamment précises et pertinentes" pour les patients concernés.
La justice a ainsi estimé que le laboratoire n'avait commis aucune faute.
La nouvelle formule du Levothyrox, prescrit contre l'hypothyroïdie, a été incriminée, entre mars 2017 et avril 2018, par quelque 31.000 patients victimes d'effets secondaires (fatigue, maux de tête, insomnies, vertiges, etc.).
Au cours de l'audience, délocalisée le 3 décembre dans un centre de congrès de la banlieue de Lyon en raison du très grand nombre de requérants, les avocats des plaignants regroupés dans une action collective via une plateforme en ligne avaient réclamé une indemnisation de 10.000 euros pour chacun d'eux, soit plus de 41 millions au total.
L'affaire fait par ailleurs l'objet, au pénal, d'une information judiciaire contre X instruite par le pôle santé du TGI de Marseille. Ouverte le 2 mars 2018 pour tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui, elle a été élargie depuis par le parquet au chef "d'homicide involontaire".