Trois modèles se partagent le marché français depuis le 18 juin et l’arrivée de l’Homepod d’Apple. Leur utilisation peut être risquée pour les données.
Faut-il craindre d’installer au milieu du salon un micro relié à Internet et écoutant en permanenceles conversations alentour ? C’est, en substance, la question à laquelle il faudra répondre avant de se laisser tenter par une enceinte connectée. Trois principaux modèles se disputent désormais le marché français, après l’arrivée de l’Homepod d’Apple, lundi 18 juin, venue concurrencer Echo d’Amazon et Home de Google.
Ces enceintes « intelligentes » apparaissent bien moins vulnérables au risque de piratage que les objets connectés moyens. « Les grandes entreprises [qui les commercialisent] disposent d’équipes dédiées à la sécurité, elles ont de l’expérience et des moyens. Ce n’est pas le premier produit qu’elles mettent sur le marché », veut croire Candid Wueest, chercheur pour l’entreprise spécialisée en sécurité informatique Symantec. La possibilité qu’un pirate en prenne le contrôle, pour espionner ou en perturber le fonctionnement, n’est cependant pas nulle, comme pour tout objet informatique. A l’été 2017, un chercheur britannique avait d’ailleurs démontré qu’il était possible, après manipulation physique, de transformer Echo en mouchard. Un défaut corrigé depuis par le constructeur.
La principale inquiétude : la vie privée
Au-delà du piratage, la principale inquiétude suscitée par ces enceintes est celle de la protection de la vie privée. Elles enregistrent en permanence les conversations : c’est leur principe même. La plupart des enregistrements, régulièrement supprimés, ne sont cependant pas envoyés sur Internet : c’est le cas uniquement lorsque l’enceinte reconnaît la formule censée la « réveiller ». La voix de l’utilisateur est alors transmise aux serveurs de l’entreprise, qui procède à l’analyse et renvoie les résultats.
Les enceintes d’Amazon et de Google stockent l’intégralité de ces enregistrements sur leurs serveurs, notamment pour entraîner leurs algorithmes afin de mieux répondre aux sollicitations ultérieures. Il est possible, pour qui a accès au compte lié à l’enceinte, de consulter (ou d’effacer) ces enregistrements, qui ne sont pas supprimés par défaut. Apple, de son côté, assure le faire à intervalle régulier et utiliser un mode de transmission sur ses serveurs qui ne permet pas d’identifier l’utilisateur dont ils proviennent. Ces enregistrements pourraient intéresser la police : en 2016, des procureurs de l’Arkansas (Etats-Unis) avaient ainsi demandé les enregistrements de l’Echo d’un suspect dans une enquête pour meurtre.
Enfin, il n’est pas exclu, pour ce type de technologie, qu’un être de chair et de sang écoute ces enregistrements : l’association française La Quadrature du Net a ainsi récemment relayé le témoignage d’une femme chargée d’écouter des enregistrements issus de l’assistant de Microsoft, Cortana (qui n’est actuellement pas intégré dans une enceinte connectée).
Parfois, les enceintes connectées peuvent se déclencher à l’insu de l’utilisateur, croyant reconnaître par erreur la formule censée les activer et envoyant donc ce qu’elles entendent sur les serveurs de son entreprise. Il est possible, pour tous les modèles, de désactiver physiquement le micro.
Même si certaines enceintes possèdent des mécanismes de reconnaissance vocale ou de codes limitant leur utilisation à leur propriétaire légitime, il est aussi possible pour toute personne à proximité de l’objet de l’utiliser à sa guise. Le Homepod d’Apple, par exemple, permet de lire les messages de l’iPhone et ne fait pas la différence entre la voix de son maître et les autres. La publicité s’en est amusée : la chaîne de fast-food Burger King a diffusé en 2017 une publicité pendant le Super Bowl utilisant le mot-clé déclenchant les Google Home pour leur faire lire la page Wikipédia de l’entreprise. Au-delà de cette plaisanterie marketing, rapidement déjouée par Google, cette caractéristique peut poser problème, par exemple lorsque l’enceinte est reliée à un compte permettant des achats. Candid Wueest conseille ainsi de cloisonner les comptes liés à ces assistants : « Si vous ne comptez pas utiliser les achats en ligne, utilisez un compte qui n’est pas lié à une carte bancaire. Il faut être sélectif : voulez-vous vraiment contrôler votre serrure connectée ou la vidéosurveillance de votre domicile depuis votre enceinte connectée ? Peut-être pas. »
Ces enceintes, tout particulièrement celle d’Amazon et de Google, représentent surtout un moyen de créer un canal complémentaire de collecte de données personnelles. Tous les fabricants l’affirment : diffuser de la publicité n’est pas leur priorité, voire, pour Apple, n’entre pas du tout dans leurs projets. Mais qui sait comment vont évoluer ces assistants ? Amazon a ainsi déposé un brevet lui permettant de proposer une publicité sur la base des interactions avec son assistant. Quelle forme ces publicités prendront-elles ? C’est un autre enjeu, puisqu’il pourra s’agir non pas de spots classiques mais de suggestions plus ou moins transparentes : le but de ces enceintes connectées est justement d’apporter des conseils et des réponses sur un plateau.
Martin Untersinger
Pour améliorer l'intelligence artificielle de son assistant, le géant américain emploie des collaborateurs qui analysent des enregistrements audio d'Aexa.
La nouvelle ne pas rassurer les utilisateurs d’enceintes Echo. Et, d'une façon plus générale, tous ceux qui font appel à des assistants vocaux. Dans un article bien informé, Bloomberg révèle en effet que des milliers d'employés d'Amazon écoutent des conversations d'Alexa provenant du monde entier. De quoi faire frémir - et fuir ! - tous ceux qui hésitent à s'équiper d'une enceinte connectée de peur justement d'être sur écoute permanente.
Comme le rapporte Bloomberg, le géant américain emploie des équipes réparties un peu partout dans le monde, des Etats-Unis à l'Inde en passant par le Costa Rica et la Roumanie, pour analyser et retranscrire par écrit des conversations provenant d'Alexa dans le but d'aider l'intelligence artificielle (IA) qui fait fonctionne l'assistant vocal à s’améliorer. De fait, aussi puissants que soient les algorithmes et les procédés d’apprentissage de type deep learning, l'expertise humaine reste encore indispensable pour faire progresser l'IA.
Dans le cas d'Amazon, les auditeurs cherchent surtout à combler des lacunes d'Alexa, en aidant l'assistant à mieux comprendre certaines requêtes formulées en langage naturel. Bloomberg donne ainsi l’exemple d'un auditeur qui aurait permis de mieux interpréter le nom de l’artiste américaine Taylor Swift, souvent déformé et mal compris. Bref, des écoutes pour le bien de tous, selon Amazon, d'autant que les enregistrements seraient en théorie débarrassés de toute information confidentielle sur l'identité des utilisateurs.
Sauf que, toujours selon Bloomberg, le tableau ne serait pas aussi idyllique dans la réalité. D'abord, la plupart des auditeurs ne seraient pas employés directement par Amazon, mais par des sous-traitants travaillant dans des conditions assez "intensives". Chacun écouterait ainsi près d'un millier d’extraits sonores par jour, pendant environ neuf heures, en analysant, en retranscrivant et en annotent les enregistrements, de manière à identifier et à signaler les termes et les formules complexes, et en échangeant leurs résultats avec leurs collègues via une messagerie interne. De fait, les auditeurs échangent de nombreuses informations entre eux pour s'aider mutuellement à améliorer Alexa, mais certaines conversations plus ou moins comiques, feraient l'objet de partages massifs et de moqueries.
Quelques situations s'avéreraient toutefois délicates, voire troublantes. Des témoins ont ainsi rapporté à Bloomberg qu'ils avaient entendu ce qu'ils ont interprété comme une agression sexuelle. Face à leur désarroi et à leur demande, leur hiérarchie leur aurait ordonné de ne rien, au prétexte que ce n'était pas de leur ressort, ni de celui d'Amazon... Mais il y a encore plus embarrassant. L’enquête de Bloomberg révèle qu’Amazon permet à ses propres auditeurs salariés d’accéder à des informations sensibles des utilisateurs, via le numéro de série des enceintes, comme leur prénom ou leur numéro de compte Amazon, ce qui va à l'encontre des engagements pris à l'égard de la protection des données personnelles.
Amazon se veut rassurant, affirmant que seul un très faible pourcentage de conversations sont ainsi enregistrées et analysées, et que des mesures strictes - "tolérance zéro" - sont prises pour garantir la confidentialité des informations personnelles recueillies. Un discours officiel que l'enquête de Bloomberg met à mal. D'autant qu'Amazon ne dit pas explicitement dans ses conditions d'utilisation du son service que des extraits de conversations peuvent être écoutées et analysées par des êtres humains. Et même si l’anonymisation des données semble mieux assurée par Google Assistant et Siri d'Apple, les principaux concurrents d'Alexa, ces révélations risquent de semer le doute chez de nombreux utilisateurs potentiels, soucieux de leur vie privée.
FAKE NEWS PANIC : LES NOUVEAUX CIRCUITS DE L’INFORMATION
Nous sommes tous persuadés que le 30 octobre 1938, la population affolée des États-Unis s’est précipitée dans les rues pour fuir une prétendue attaque martienne dont Orson Welles venait de faire l’annonce à la radio, à l’occasion d’une adaptation théâtrale de La Guerre des mondes, le roman de Henry George Wells. L’image d’un pays en panique est restée gravée dans les livres, les documentaires et l’imaginaire public (document 46).
Or, cette panique n’a jamais eu lieu. Dans un remarquable ouvrage, Broadcast Hysteria : Orson Welles’s War of the Worlds and the Art of Fake News, Brad Schwartz a minutieusement démonté la fabrication du mythe. Ce soir-là, les rues sont restées relativement vides, les hôpitaux n’ont pas été encombrés, personne n’a vu d’attroupement à Time Square et la menace des hordes martiennes n’a pas suscité de suicides.
La panique de La Guerre des mondes a été littéralement fabriquée par la presse écrite de l’époque, qui reprochait notamment à la radio d’aspirer tous les revenus publicitaires. On prêtait à ce nouveau média une telle force qu’on le disait capable d’hypnotiser le public. Reflet des anxiétés politiques d’alors, spécialement de la responsabilité des discours radiophoniques d’Hitler dans la montée du nazisme, une théorie des médias s’est construite, celle des effets forts, aussi appelée, de façon imagée, « seringue hypodermique » : la radio débranche la raison des auditeurs pour atteindre directement leurs sensibilités ; elle aurait la capacité de contrôler les croyances, de guider les comportements et de changer les représentations. ...
Une analyse statistique publiée dans une revue médicale affirme que la nouvelle formule du médicament pourrait avoir causé les effets indésirables ressentis par plusieurs malades de la thyroïde.
Des malades de la thyroïde affirment depuis des mois que le changement de formule du Levothyrox a engendré des dérèglements de leur équilibre hormonal.
SANTÉ - L’évaluation faite par le laboratoire Merck pour mettre sur le marché en 2017 la nouvelle version du Levothyrox ne prenait pas suffisamment en compte les variations possibles des effets du médicament d’un patient à un autre, selon une étude parue jeudi 4 avril.
Ces variations individuelles pourraient expliquer les effets indésirables ressentis avec la nouvelle formule de ce traitement pour la thyroïde dont se sont plaints plusieurs dizaines de milliers de patients, selon cette analyse publiée dans la revue spécialisée Clinical Pharmacokinetics.
Cela pourrait en particulier expliquer que les symptômes rapportés apparaissent contradictoires, relevant tantôt de l’hypothyroïdie tantôt de l’hyperthyroïdie, évoquant des sous et surdosages. Des plaintes parfois attribuées à un effet “nocebo” (apparition d’effets indésirables d’origine psychologique), au grand dam des patients.
Un nouveau médicament plus difficilement absorbable par certains patients?
Dans cet “article d’opinion” publié dans la revue, le professeur biostatisticien Didier Condorcet (Toulouse, Inra/Ecole nationale vétérinaire) et des collègues français et britanniques ont repris l’analyse des essais de “bioéquivalence” moyenne réalisés par le laboratoire allemand Merck et mis en ligne par l’Agence du médicament (ANSM) en 2017 par souci de transparence.
Ce type de tests est recommandé par l’Union européenne et conçu au départ pour pourvoir commercialiser des génériques. En dépit du fait que les résultats ont été jugés satisfaisants, permettant ainsi de remplacer l’ancienne formule de ce médicament par la nouvelle, les reproches des patients ont afflué en France.
Les chercheurs observent que “plus de 50% des 204 volontaires” sains qui ont participé à cet essai réglementaire se situaient en réalité en dehors de la plage de bioéquivalence, c’est-à-dire en dehors de la norme acceptée basée sur des moyennes statistiques.
Par conséquent, ils s’interrogent sur “l’aptitude” de ce type d’essai de bioéquivalence moyenne à garantir que nouvelles et anciennes formulations de l’hormone thyroïdienne lévothyroxine soient substituables chez les patients. Le changement d’excipients -le lactose a été remplacé notamment par le mannitol- serait susceptible d’altérer l’absorption du médicament chez certains patients, relèvent-ils.
Merck se défend et assure avoir suivi les procédures
En mars 2017, à la demande des autorités françaises, une nouvelle formulation de Levothyrox a été homologuée dans le but d’éviter des problèmes de stabilité de l’ancienne formulation.
Le laboratoire Merck a réagi à la parution de cet article en indiquant que dans les autres pays, “les lancements de la nouvelle formule de Lévothyrox, en Suisse et en Turquie, se sont très bien déroulés, sans problématique d’effets secondaires particuliers et sans changement de traitements pour les patients”.
Merck ajoute que “des experts indépendants se sont penchés sur ces études (de “bioéquivalence moyenne”) et ont conclu à la pertinence et à la rigueur scientifique de l’approche”. “L’objectif des études de bioéquivalence est de démontrer que les deux formules se comportent de façon identique dans l’organisme, et n’ont pas pour but d’évaluer leur tolérance.”
Une méthodologie contestée
“La nouvelle formule satisfait plus de 2,5 millions de patients en France (sur 3 millions de patients sous traitement de produit à base de lévothyroxine)”, ajoute le laboratoire.
Par ailleurs, la méthodologie de cette étude, qui est présentée d’emblée comme un article “d’opinion” a été contestée après la parution de l’article. Certains dénoncent notamment la méthode statistique employée dans le cadre de l’analyse.
Entre les patients traités avec l’ancienne formule du Levthyrox et ceux qui reçoivent la nouvelle, il n’y aurait ainsi que des différences négligeables observables mathématiquement.
Le jour est venu de passer en revue les principales difficultés d’écriture liées à l’emploi des noms de jours de la semaine, soit : lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche
Bien qu’ils s’apparentent parfois à des adverbes temporels par leur comportement syntaxique, ces mots sont bien des noms communs, des noms masculins et variables en nombre. Ils prennent donc un s au pluriel. Les éventuels déterminants et adjectifs qui s’y rattachent s’accordent en conséquence :
un dimanche ensoleillé
des dimanches ensoleillés
En français, les noms de jours, comme tout nom commun, s’écrivent avec une minuscule initiale dans du texte suivi :
La réunion aura lieu jeudi.
Il est né le mardi 7 mai 1946.
Profitons de ce mois pascal pour rappeler que, dans un nom de fête religieuse, civile ou commerciale qui contient le nom d’un jour de semaine, celui-ci conserve la minuscule s’il est suivi d’un nom complément qui constitue l’élément spécifique du nom de la fête. Ce nom spécifique prend quant à lui la majuscule :
le mercredi des Cendres (ou simplement les Cendres)
le dimanche des Rameaux (ou simplement les Rameaux)
le lundi de Pâques (lundi qui suit Pâques)
En revanche, c’est le nom du jour de semaine qui prend la majuscule si l’élément spécifique est seulement un adjectif qui le qualifie. Ce dernier ne prend la majuscule que s’il est placé devant le nom :
le Mardi gras
le Vendredi fou (jour de fin novembre marqué par des soldes)
le Super Vendredi (autre nom du Vendredi fou)
À noter que, si l’adjectif spécifique qui suit est saint, la majuscule au nom du jour est facultative, certains ouvrages de référence préférant la minuscule :
le Vendredi saint ou le vendredi saint
Pour les noms d’évènements historiques, on applique les mêmes règles que pour les noms de fêtes :
le Dimanche rouge (émeute inaugurant la révolution russe de 1905)
le Jeudi noir (début du krach boursier de 1929)
Quand, dans le corps du texte, un nom de jour de semaine est employé sans déterminant, il fait habituellement référence au jour de ce nom qui est le plus rapproché dans le passé ou dans le futur par rapport au moment de l’énonciation. Le contexte, par exemple le temps du verbe, permet normalement de comprendre s’il s’agit du passé ou du futur :
Il est venu mardi. (= mardi dernier)
Il viendra mardi. (= mardi prochain)
On emploie dans le même sens, mais plus rarement, le déterminant démonstratif :
Il est venu ce mardi.
Il viendra ce mardi.
Quand le nom du jour n’est pas précisé par une date, le déterminant défini (le ou les) indique habituellement une action répétée chaque semaine :
Elle s’entraine le mardi. (= chaque mardi)
Elle s’entraine les mardis. (= tous les mardis)
Dans du texte suivi, on emploie aussi le déterminant devant le nom du jour quand celui-ci est accompagné d’une date. Attention de ne pas placer le déterminant entre le jour et la date :
Je suis né le mardi 7 mai 1946.
*Je suis né mardi le 7 mai 1946.
En principe, la seconde phrase ci-dessus ne pourrait être correcte que si elle était énoncée dans le courant de la semaine suivant immédiatement cette date, ce qui ferait de l’énonciateur un bébé très précoce !
Dans l’indication de dates coordonnées avec et, on évitera de répéter un même nom de jour de semaine et le déterminant qui précède. Ainsi, dans le deuxième exemple de la paire ci-dessous, on a supprimé la deuxième occurrence de le mardi et on a remplacé la première par la forme plurielle les mardis, qui s’applique alors aux deux dates.
Les réunions auront lieu le mardi 7 mai et le mardi 4 juin.
Les réunions auront lieu les mardis 7 mai et 4 juin.
Dans la paire d’exemples qui suit, où le mois est le même pour les deux dates, on supprime aussi la répétition du nom de mois. Comme celui-ci suit le quantième (le numéro), ce n’est pas la première, mais la dernière occurrence de mai qui est conservée. Le nom de mois reste au singulier :
Les réunions auront lieu le mardi 7 mai et le mardi 14 mai.
Les réunions auront lieu les mardis 7 et 14 mai.
Quand chacune des dates est précédée d’un nom de jour différent, on répète le déterminant le :
Les réunions auront lieu le mardi 7 et le jeudi 9 mai.
*Les réunions auront lieu les mardi 7 et jeudi 9 mai.
On a vu que le déterminant défini peut conférer une valeur de répétition, de périodicité (le mardi ou les mardis). Des difficultés d’écriture peuvent se présenter dans cet emploi, notamment avec des noms de jours coordonnés. Prenons ces exemples :
Elle s’entraine le mardi et le jeudi. (= chaque mardi et chaque jeudi)
Elle s’entraine les mardis et les jeudis. (= tous les mardis et tous les jeudis)
Dans ces coordinations, on omet souvent le deuxième déterminant. Deux façons d’écrire sont alors envisageables :
Elle s’entraine les mardi et jeudi.
Elle s’entraine les mardis et jeudis.
La première façon peut se justifier comme dérivant de la coordination le mardi et le jeudi, avec mise en commun et mise au pluriel du déterminant conservé. Voici des exemples semblables qui peuvent aider à saisir cette analyse :
Elle aime ses père et mère.
Elle écrit ses nom et prénom.
Cette façon d’écrire est d’un registre plutôt soutenu, pour ne pas dire « endimanché ». Dans cette construction, on écrit plus couramment les noms de jours au pluriel, suivant la deuxième façon mentionnée, en analysant la phrase comme dérivant plutôt de la coordination les mardis et les jeudis, avec simple omission du deuxième déterminant.
On insiste parfois sur la régularité de la périodicité en ajoutant la mention de chaque semaine :
Elle s’entraine le mardi de chaque semaine.
Cette insistance peut occasionner des difficultés d’écriture. On évitera alors le déterminant pluriel qui n’est guère compatible avec la présence du singulier chaque semaine. On obtiendrait une phrase plutôt maladroite qui télescope l’aspect pluriel de tous les mardis et l’aspect singulier de le mardi de chaque semaine :
*Elle s’entraine les mardis de chaque semaine.
*Elle s’entraine tous les mardis de chaque semaine.
Un déterminant pluriel est par ailleurs possible dans une coordination, s’il résulte de la mise en commun de deux déterminants au singulier. Les noms de jours restent au singulier :
Elle s’entraine le mardi et le jeudi de chaque semaine.
Elle s’entraine les mardi et jeudi de chaque semaine.
*Elle s’entraine les mardis et jeudis de chaque semaine.
La coexistence d’un nom de jour au pluriel avec le mot semaine au singulier ne s’envisagerait guère que dans un exemple tordu de ce genre :
Elle s’entraine tous les jeudis de la semaine des quatre jeudis.
Façon élégante de laisser entendre qu’elle ne s’entraine jamais !
D’autres difficultés se posent dans des constructions similaires faisant intervenir les syntagmes de chaque mois ou du mois. Puisqu’un mois contient plusieurs jours du même nom, on mettra ce nom au pluriel le cas échéant :
Elle s’entraine (tous) les mardis du mois, de chaque mois.
Les hésitations concernent notamment les coordinations mettant en jeu des déterminants tels que premier, deuxième et dernier. Voici d’abord une formulation correcte, mais plutôt lourde :
Elle s’entraine le premier mardi et le dernier mardi du mois.
On peut omettre la première occurrence de mardi :
Elle s’entraine le premier et le dernier mardi du mois.
On peut aussi omettre le deuxième déterminant le et mettre au pluriel le premier déterminant ainsi que le nom du jour :
Elle s’entraine les premier et dernier mardis du mois.
Comme il n’y a qu’un seul « premier mardi » et un seul « dernier mardi » dans un mois, les mots premier et dernier sont laissés au singulier. Cela dit, leur mise au pluriel est parfois admise :
Elle s’entraine les premiers et derniers mardis du mois.
On justifie ces pluriels par la volonté d’insistance sur la répétition mensuelle : dans une année, il y a plusieurs « premier mardi du mois » et plusieurs « dernier mardi du mois ». Il est vrai que le syntagme du mois est plus ambigu que de chaque mois : il peut dans certains contextes faire référence à un mois particulier implicite, sans idée de répétition mensuelle, d’où cette volonté légitime de clarifier l’idée de répétition par la mise au pluriel des mots premiers et derniers. En revanche, ces pluriels paraissent moins justifiés avec le syntagme de chaque mois, non ambigu quant à la répétition :
Elle s’entraine les premier et dernier mardis de chaque mois.
*Elle s’entraine les premiers et derniers mardis de chaque mois.
Lorsqu’un mot comme matin est apposé à un nom de jour de la semaine et que celui-ci est au pluriel, faut-il accorder matin ?
On considère généralement que matin prend dans ce contexte une valeur adverbiale (« au matin », « le matin ») et qu’il est invariable :
Elle s’entraine tous les mardis matin.
Mais l’accord est assez fréquent (sans doute sous l’influence de l’expression tous les matins) pour être toléré par certains grammairiens :
Elle s’entraine tous les mardis matins.
Cet accord facultatif vaut pour les autres mots qui peuvent s’apposer aux noms de jours : soir, midi, avant-midi, après-midi :
S’étant assez entrainée la semaine, elle sort tous les samedis soir(s).
Si l’on n’a pas assimilé du premier coup tous ces conseils relatifs aux noms de jours (à chaque jour suffit sa peine), on pourra les relire périodiquement, par exemple tous les premier et troisième mardis matin de chaque mois.
La nouvelle norme pour le clavier français AZERTY a été dévoilée par l'Association française de normalisation (AFNOR). La nouvelle disposition, qui vise à faciliter l'écriture du français, est globalement satisfaisante.
Faut-il brûler les claviers AZERTY de Windows ? C’était la question un peu provocatrice que nous avions posée il y a un an en relayant la question écrite d’une députée qui suggérait, au nom d’une intégration européenne plus poussée, d’aboutir à un système uniformisé de clavier informatique. Réponse, deux mois plus tard, du gouvernement : certes, l’idée est séduisante, mais il y a encore trop d’obstacles et d’incertitudes pour pouvoir espérer la mettre en œuvre un jour.
Mais en définitive, ce n’est peut-être pas les envies unificatrices du continent qui vont en finir avec le clavier AZERTY : c’est peut-être tout simplement… la langue française et le bon sens. Car l’actuelle disposition des touches (qui concerne surtout la France et une partie de la Belgique) ne donne pas satisfaction. Preuve en est avec la déclaration remarquée du ministère de la Culture, en 2016, qui s’indignait de la difficulté d’écrire dans un français correct avec un clavier AZERTY.
Où sont en effet les ligatures ( Æ/æ et Œ/œ) ? Les majuscules avec un accent (À, É, È, Ù) ? Les guillemets français (« ») ? Pour faire apparaître ces caractères et ces symboles sur Windows, il faut faire des combinaisons de plusieurs touches ou taper le code ASCII associé. Ainsi, l’écriture des guillemets requiert par exemple de maintenir la touche « ALT » enfoncée tout en tapant sur un pavé numérique les nombres 174 et 175.
C’est là que l’Association française de normalisation (AFNOR) entre en jeu. Sachant les limites de l’actuel clavier AZERTY, l’organisation a conçu une nouvelle disposition des touches de manière à rendre l’écriture du français plus facile, y compris dans ses spécificités typographiques, mais sans pour autant bousculer les habitudes. Son nom ? L’AZERTY amélioré. L’objectif ? Proposer des corrections à la disposition AZERTY pour qu’elle soit plus logique et plus pratique.
Rappel des faits. À la suite des commentaires navrés du ministère de la Culture, il a été demandé à l’AFNOR de se mettre au travail pour élaborer une norme française de claviers afin qu’ils puissent permettre d’écrire en bon français. Début juin 2017, les résultats de ce travail ont été dévoilés au public avec des propositions de dispositions AZERTY et BÉPO améliorées — le BÉPO est une disposition alternative de symboles et de caractères née en 2003, qui vise aussi à faciliter la saisie du français.
Concernant l’AZERTY amélioré, l’AFNOR faisait observer tout d’abord que « les 26 lettres de l’alphabet et les chiffres ne changent pas de place », afin de ne pas bousculer les habitudes du public. Par contre, des changements ont été effectués pour, expliquait alors l’association, « augmenter les capacités d’écriture du clavier informatique français ». Concrètement, cela a donné lieu à des déplacements de signes sur le clavier, afin de les rendre plus facilement accessibles.
« Certains autres signes tels que certaines voyelles accentuées, l’arobase et les accolades » sont déplacés, écrivait l’an passé l’AFNOR. « Le point devient accessible sans passer par la touche majuscule. Les majuscules accentuées sont aussi rendues possibles. La palette des signes typographiques est élargie, pour faciliter la création sans pour autant recourir à des logiciels professionnels », était-il ajouté. Depuis, du temps a passé et plusieurs évolutions du clavier ont eu lieu.
D’abord, l’apparition des ligatures. Le graphème « œ » se trouve sur la touche O, tandis que « æ » apparaît sur la touche A. Logique. L’arobase est déplacée sur la touche utilisée pour le symbole carré ( ² ), avec le croisillon (#, appelé aussi — à tort — dièse). Ces deux symboles sont de nos jours très utilisés, que ce soit pour sa correspondance en ligne, avec les mails, ou pour échanger sur les réseaux sociaux. Il est donc attendu de les rendre plus facilement accessibles.
La touche tilde « ~ » se retrouve désormais sur la touche N, au lieu d’être sur celle du 2. Ce déplacement a un double intérêt : d’abord, il fait écho à la lettre espagnole « ñ », ce qui n’est pas dénué d’intérêt dans une logique d’internationalisation. Mais surtout, il libère la touche du 2 pour y placer la touche morte de l’accent aigu, accessible via la combinaison ALTGR + é. Car après tout, la touche morte de l’accent grave est elle-même accessible avec ALTGR + è. Cela a du sens de les positionner de la même façon, même si un accès plus simple à l’accent grave et à l’accent aigu sur une même touche sans la touche ALTGR aurait été plus appréciable.
clavier
On remarque aussi le rapprochement de certains caractères qui fonctionnent ensemble ou qui sont proches. L’accent grave ` et la lettre è passent de la touche 7 à la touche 3 pour être proche de l’accent aigu ´ et de la lettre é (qui sont sur la touche 2). La touche 4 est maintenant attribuée à l’accent circonflexe ê, avec l’esperluette « & », plutôt que de faire une combinaison « ^ + e ». Quant à la préposition « à », elle est placée sur la touche 1, avec le symbole du paragraphe « § ».
Plusieurs signes figurant dans la ligne des chiffres du clavier descendent aussi au niveau des lettres. C’est le cas du c cédille, qui est sur la touche du C, et de la lettre « ù », qui est maintenant avec la lettre U. On note aussi le déplacement ou l’apparition de quelques autres signes, que ce soit le eszett allemand ( ẞ ), la livre sterling ( £ ), le symbole micro ( µ ), le symbole pourcentage ( % ) sur la lettre P, les deux accolades ( { } ), le symbole de marque déposée (®), etc.
Le « tiret du 6 » est mort. Vive le « tiret du 7 » !
Le symbole du dollar ( $ ) est maintenant placé sur la lettre D, en référence à l’initiale de la monnaie américaine. Le tiret (aussi connu sous le nom de « tiret du 6 ») passe de la touche 6 à la touche 7 (attendez-vous à entendre parler du « tiret du 7 », donc). Les parenthèses et les crochets ont également été rapprochés. Les guillemets français sont désormais sur le clavier, aux côtés des guillemets anglais. Finies les combinaisons de touches pour être dans les clous de la langue de Voltaire !
Parmi les autres modifications que l’on peut relever, signalons l’apparition du point médian, qui fait partie des demandes pour une meilleure écriture inclusive, le déplacement des signes de ponctuation courante (le point, la virgule, le point-virgule, les deux points, le point d’exclamation, le point d’interrogation), l’apparition des points de suspension. Plusieurs autres changements sont à noter au niveau des symboles mathématiques (addition, soustraction, multiplication, division, égal, etc.).

Cette nouvelle disposition, révélée ce 2 avril, a eu droit à un bon accueil. Antoine Olivier, à qui l’on doit le projet AZERTY Global, déclare ainsi à Numerama avoir « une bonne impression globale sur cette nouvelle norme ». « Il y a eu de très bons changements (arobase, lettres accentuées, guillemets, crochets et parenthèses, ligatures æ et œ) », ajoute-t-il.
« L’AZERTY Global et l’AZERTY amélioré de l’AFNOR partagent de nombreux points communs. L’AZERTY amélioré a d’autres avantages (position des lettres accentuées, guillemets français, parenthèses) impossibles à implémenter sur l’AZERTY Global car l’AZERTY Global différerait alors trop de l’AZERTY de Windows », continue-t-il. Cependant, le développeur reconnaît que « l’emplacement de certains caractères [le] titille un peu ».
L’AZERTY Global vise à apporter des corrections à l’AZERTY amélioré de l’AFNOR, en tout cas en ce qui concerne les premières versions qui avaient été envisagées par l’organisation. « J’ai été assez déçu de leur disposition AZERTY améliorée lors de l’enquête publique », nous raconte Antoine Olivier. Elles étaient « très différentes de l’AZERTY actuel sous Windows », avec bien trop de déplacements de lettres et de caractères, mais aussi des positionnements incohérents, comme la ligature « æ » sur la touche… Z.
Car c’est l’objectif initial d’AZERTY Global : améliorer l’AZERTY de Windows. « Les moyens mnémotechniques pour les différentes touches mortes et les différents symboles additionnels ont été rendus le plus simples possible », explique à Numerama son auteur, qui a travaillé entièrement seul sur ce projet. Force est de constater que ses bonnes idées ont fini par atteindre l’AFNOR.
Il est à noter que cette norme n’a rien d’obligatoire : elle est basée sur le volontariat. Les fabricants de claviers sont libres de la respecter ou non. Cela dépendra notamment de l’appétence du public pour ce nouveau clavier — est-il prêt à changer pour une disposition nouvelle, qui nécessitera un temps d’adaptation ? — et d’une éventuelle incitation des pouvoirs publics, à commencer par le ministère de la Culture.
Selon Antoine Olivier, si cette nouvelle disposition est davantage satisfaisante que ce qui était proposé auparavant, il convient d’avoir en tête que sa généralisation aura « un important coût environnemental (pour le remplacement du matériel informatique) et économique (pour le temps d’adaptation nécessaire et la perte de productivité engendrée par le changement de disposition) ». Coût que l’on pourra en partie limiter en réduisant la production des claviers AZERTY classiques.
Quant à celles et ceux qui ne veulent pas changer leurs habitudes, aucun problème : « Les consommateurs peuvent bien heureusement conserver leurs claviers actuels s’ils le souhaitent. Ils sont toujours fonctionnels », rappelle l’AFNOR. Le seul objectif « est de limiter les difficultés dactylographiques actuelles » en procédant à plusieurs ajustements sans avoir besoin de réinventer la roue.
En attendant, le clavier AZERTY standard a encore de beaux jours devant lui.
La réforme du droit d'auteur en Europe veut aider les créateurs de contenus à défendre leurs droits vis-à-vis des plateformes numériques.
(CCM) — Dans la nouvelle directive que les députés européens viennent d'adopter, le célèbre article 13 est devenu l'« article 17 », mais dans l'ensemble, le contenu de la loi n'a pas changé fondamentalement. La réforme du droit d'auteur en Europe prend forme, en renforçant les responsabilités desplateformes de contenus en ligne.
Le nouvel article 17 de la directive européenne sur le droit d'auteur prévoit que les plateformes digitales soient considérées comme responsables des contenus que les internautes partagent publiquement. C'est la fin programmée du statut d'hébergeur dont beaucoup de plateformes profitaient jusqu'à présent. L'objectif est de mieux protéger les œuvres en amont, dès le moment où un internaute veut les « uploader ».
Les obligations imposées aux plateformes dépendent de leur situation. Après 3 ans d'existence et au-delà de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, leur responsabilité est de rendre inaccessible tout contenu inapproprié le plus vite possible. Quant aux plateformes de plus de 5 millions de visiteurs par mois, leur responsabilité n'entre en jeu qu'à partir du moment où elles ont reçu une notification des ayants droits. En cas d'infraction sur le droit d'auteur, chaque contrefaçon pourrait être punie de 3 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d’amende.
Les législateurs ont prévu des exceptions. Les parodies restent permises, même sans l'autorisation des propriétaires des contenus. Idem pour les citations, les revues de presse ou les critiques. Sont également exclus les plateformes de contenus à but non lucratif, les sites de partage de logiciels libres, les places de marché et les services de communication. Wikipedia, GitHub, LeBonCoin, WhatsApp et leurs concurrents devraient donc échapper aux nouvelles responsabilités prévues par la directive européenne.
Mais sur toutes les plateformes concernées, le filtrage automatique des contenus devrait devenir la norme, quitte à ce que des contenus soient refusés abusivement, comme le craignent les défenseurs des libertés sur Internet. Ces derniers craignent que les algorithmes de filtrage ne soient pas assez performants pour analyser les différents contextes d'utilisation d'un même contenu : entre une parodie et une utilisation abusive d'une vidéo, la différence est parfois subtile.
Attendu depuis 15 ans, puis testé entre décembre 2016 et mai 2018 dans 9 départements français, le dossier médical partagé (DMP) est désormais officiellement lancé depuis ce mardi 6 novembre sur tout le territoire Français.
Avis d’expert Proofpoint – Présenté comme un nouvel outil au service des patients et des professionnels de santé, il contiendra de nombreuses informations confidentielles telles qu’antécédents médicaux et familiaux, allergies, groupe sanguin, vaccins, traitements, radios, analyses, comptes rendus opératoires, coordonnées de proches à avertir, mais aussi dernières volontés (dons d’organe, refus de décès à l’hôpital, etc.). L’objectif étant d’obtenir une meilleure prise en charge des patients et d’améliorer la coordination entre les différents praticiens.
Pour autant, l’arrivée de ce dossier personnel numérique soulève quelques questions sur la confidentialité des données. D’autres pays sont également concernés par le sujet. Les Australiens ont par exemple jusqu’au 15 novembre 2018 pour décider d’adhérer ou non à l’initiative « My Health Record » qui permettra aux fournisseurs de soins de santé d’accéder instantanément en ligne aux informations importantes relatives aux patients. Dans le même temps, la cybercriminalité est la menace qui connaît la croissance la plus rapide dans le monde, et le secteur de la santé en Australie est la principale cible du continent, selon un rapport publié en juillet par le Commissaire australien à l’information.
Les questions de sécurité sont plus que jamais au cœur du sujet. Rien qu’en juillet dernier, ce sont 1.5 million de Singapouriens qui ont été victimes d’une cyberattaque et se sont vu dérober leurs dossiers médicaux. Il s’agissait d’une attaque sans précédent car elle visait également le Premier ministre Lee Hsien Loong.
Aujourd’hui, les acteurs de la menace, plutôt que d’attaquer l’infrastructure des réseaux, ciblent directement les utilisateurs afin de s’introduire dans les systèmes et accéder aux informations des patients. Proofpoint, expert en cybersécurité l’assure, l’un des axes importants d’une stratégie efficace de protection des emails consiste à déployer des protocoles d’authentification des courriers électroniques tels que DMARC et des défenses contre les domaines ressemblants. Déployer une solution CASB permet aussi d’améliorer la visibilité des applications sur le cloud, des services et des add-ons utilisés par les employés.
En France, le gouvernement assure que les informations médicales du patient sont hautement sécurisées car toutes les données seront chiffrées et la France reste un des pays qui accorde le plus d’importance à la sécurité des données de santé à caractère personnel.
Un article en anglais sur le blog du Forum économique mondial (WEF en anglais) nous apprend qu'il existerait 5 visions de l'Internet qui sont en compétitions les unes avec les autres. Le classement fait est géographique : Europe, Russie, Chine et deux aux États-Unis (Washington contre Silicon Valley). Bien sûr ces accrochages géographiques sont très simplificateurs et peuvent être partagés par d'autres pays / régions / organisations / individus de part le monde. Regarder ces visions nous permet-il de mieux comprendre comment nous positionner en temps que loisir généalogique ?
Reprenons
La vision européenne (qualifiée de bourgeoise par le WEF) aimerait maximiser la liberté en ligne mais préfère que chacun se comporte correctement, dise la vérité, ne trolle pas, respecte la vie privée, etc. La réglementation est la réponse donnée aux excès.
La vision chinoise (qualifiée de paternaliste par le WEF) voir l'internet comme un serviteur de l'ordre public lequel est défini par le gouvernement lui-même
La vision russe (qualifiée de désinformative par le WEF) voit l'internet comme un moyen de miner les normes de diffusion de la vérité. Ses partisans exploitent les vulnérabilités inhérentes au système. Dans le même temps intérieurement, elle cherche à isoler son internet de l'internet mondial
la vision de Washington (qualifiée de commerciale par le WEF) voit l'internet comme un autre type d'espace, habité par de la donnée qui est un autre type de ressources. Elle prétend que si nous voulons de l'innovation et de la création de valeur, alors nous devrions accorder des droits de propriété sur les données et laisser le marché faire.
la vision de la Silicon Valley (qualifiée d'ouverte par le WEF) voit l'internet comme un paradis anarchiste pour geeks sans restrictions sur le flot de données car les données veulent être libres.
Au final, ce classement très subjectif a pour mérite de montrer que les tiraillements internes au milieu généalogique (payant contre gratuit, vérité des informations, place des institutions gouvernementales...) transcendent ce milieu et se retrouvent au niveau de l'internet lui-même. Que voulons nous en faire, qu'acceptons-nous que nos dirigeants en fassent ?
Le Parlement européen a adopté aujourd’hui la Directive sur le droit d’auteur. Cédant au lobbying intense et fallacieux des industries de la presse et de la culture, ainsi qu’à la pression de plusieurs gouvernements européens (avec la France en première ligne) l’Union européenne vient d’institutionnaliser la censure automatisée et la surveillance de masse pratiquées par les géants du Web.
Aujourd’hui, en quelques minutes à peine, le Parlement européen a adopté le texte de la Directive Copyright (par 348 voix contre 274). Croyant agir au nom de la défense des auteurs et de la liberté de la presse, l’Union européenne vient au contraire (comme nous le dénonçons depuis plusieurs mois) de renforcer la dépendance de l’industrie de la culture et de la presse aux géants du Web, Google et Facebook en tête. Les manifestations de ce week-end, les pétitions, les tribunes et autres campagnes organisées par des associations de défense des libertés à travers toute l’Europe n’auront donc eu que peu de poids face à la campagne frénétique et mensongère menée par les promoteurs de ce texte (voir, pour un bon exemple, ici, à 1’06’10).
Le texte adopté impose notamment à une partie des acteurs du Web — les plateformes centralisées et lucratives — une obligation de filtrage a priori des contenus protégés par le droit d’auteur (article 13, devenu article 17). Il crée également de nouveaux droits pour les éditeurs de presse, en forçant les plateformes à les rémunérer pour toute utilisation de leurs contenus (article 11, devenu article 15). Nous le répétions encore la semaine dernière : ces dispositions ne pourront entraîner que de graves restrictions de la liberté d’expression et de l’accès à l’information.
En aucun cas, elles ne permettront de rééquilibrer les relations avec les Géants du Net : elles ne conduiront qu’à leur déléguer encore plus de pouvoir. Ces derniers doivent d’ailleurs voient sûrement avec plaisir l’ouverture d’un nouveau marché très porteur, celui des filtres automatiques. Déjà leaders sur ce sujet, les géants ne seront sûrement pas mécontents de le voir institutionnalisé et consacré par l’Union européenne.
Au lieu de combattre la surveillance de masse mise en place par les Géants du Net, la Directive Copyright consacre leur puissance, pourtant basée sur la violation du RGPD voté par le même Parlement européen… D’où vient l’argent que convoitent tant les industries de la presse et de la culture ? Du marché de la publicité ciblée qu’exploitent depuis plusieurs années les GAFAM en toute illégalité, et qui est entièrement fondé sur la surveillance généralisée de nos comportements sur le Web. Alors que les premières décisions commençaient justement à remettre en cause ce modèle économique (voir notre communiqué sur la décision de la CNIL contre Google), l’Union européenne et ses gouvernements ne semblent pas réellement souhaiter l’application de leur propre texte, mais plutôt se satisfaire de petits retours financiers sur la violation de nos libertés.
Ainsi, l’Union européenne préfère promouvoir des outils de filtrage automatique, dans une logique de toujours plus de censure, de toujours plus de surveillance, au lieu de se pencher sur d’autres réformes et d’autres solutions plus adaptées au monde numérique et surtout plus respectueuses de nos libertés (voir nos propositions).
Malgré le vote d’aujourd’hui, la lutte contre le filtrage automatisé et la censure continue. L’autre texte contre lequel La Quadrature se bat depuis plusieurs mois, et qui repose sur les mêmes logiques de censure automatisée, de surveillance et de centralisation, sera voté en commission parlementaire début avril. Il nous reste encore quelques jours pour appeler les députés en charge de ce règlement de censure automatique de contenus terroristes et leur demander de le rejeter.
Mardi 26 mars 2019, journée noire pour les libertés sur Internet et pour tous ceux et celles qui agissent au quotidien pour promouvoir un Internet libre et ouvert, neutre et acentré, donc contre l'emprise technologique des GAFAM. 348 parlementaires européens (contre 274) ont adopté la généralisation du filtrage automatisé des contenus mis en ligne. Le coup est dur mais l'April restera mobilisée pour la transposition future du texte en droit national et pour la probable révision à venir de la directive E-commerce, dont les principes structurants ont été profondément mis à mal par la directive droit d'auteur.
Malgré une incroyable mobilisation citoyenne et des prises de position argumentées toujours plus nombreuses issues de milieux très divers — culturel, technique, juridique, associatif comme institutionnel — les eurodéputés ont finalement approuvé la version issue des négociations inter-institutionnelles et portée par le rapporteur Axel Voss.
Des amendements de suppression de l'article 13, devenu article 17, avaient bien été déposés, mais 317 parlementaires (contre 312) ont jugé qu'il n'y avait pas lieu de les soumettre aux votes malgré les désaccords profonds entourant la disposition. La procédure prévoit en effet qu'avant de voter d'éventuels amendements les parlementaires doivent d'abord valider le fait d'amender le texte.
La liste des votes nominatifs est disponible (en PDF) pour les deux votes : celui de refus d'amendements et sur la directive elle même. On notera à regret que seulement deux parlementaires côté français ont voté contre la directive droit d'auteur dont un article institutionnalise pourtant la censure automatisée : Marie-Christine Vergiat et Younous Omarjee du groupe GUE/NGL. Un grand merci à elle et à lui ! L'ensemble de leurs collègues ont voté favorablement ou se sont abstenus.
Par ailleurs, dans les votes comptabilisés, ils ne sont que trois français et française parmi les 312 parlementaires à avoir voté pour la tenue d'un vote sur l'article 13. Sur ce même vote, parmi les 24 abstentionnistes, quatre sont français. Précisons que des « corrections d'intention de vote » ont été signalées ensuite (voir page 51), corrections qui font que normalement il aurait dû y avoir une majorité pour que les amendements de suppression de l'article 13 soient soumis au vote. Deux parlementaires françaises ont indiqué avoir en fait voulu voter en faveur de l'étude des amendements alors que leur vote a été comptabilisé comme une abstention.
Nous n'oublierons pas les parlementaires qui ont jugé acceptable de confier l'application du droit d'auteur et la protection (sic !) de la liberté d'expression à des systèmes automatisés gérés par des entités de droit privé. Les positions des parlementaires français et françaises sont détaillées en bas de page.
Si l'exclusion des plateformes de développement et de partage de logiciels libres a été actée, article 2 (6), il n'est évidement pas question de s'en satisfaire tant le texte est contraire aux valeurs du logiciel libre.
L'April restera bien sûr mobilisée et remercie toutes celles et ceux qui se sont mobilisés contre ce texte liberticide.
La réforme du droit d'auteur sur Internet est approuvée par le Parlement européen ce mardi 26 mars 2019. Souvent présentée comme une solution pour "sauver les auteurs et la presse" contre l'appétit des géants du Net qui ne les rétribuent pas, la réalité est plus complexe et plus nuancée.
Personne n'a encore réussi à comprendre ce qu'il se passerait réellement si la directive droits d'auteur sur Internet était votée, après plus de deux ans de négociations et de remaniements. Maintenant que le Parlement européen l'a approuvée, ce mardi 26 mars, il est temps de refaire le point sur ceux qui la dénoncent ou ceux qui la plébiscitent.
Jeudi 21 mars 2019, les versions de l'encyclopédie coopérative en ligne Wikipédia, en allemand, en tchèque, en slovaque et en danois n'étaient pas disponibles pour 24 heures, en signe de protestation contre la directive droits d'auteur.
Pour résumer : deux camps s'affrontent, et en réalité… trois. D'un côté, les sociétés d'auteurs et les auteurs, ayants droit, organes de presse, et de l'autre les plateformes géantes du Net et les défenseurs des libertés sur Internet. Croire que les deux derniers s'opposeraient aux premiers pour les mêmes raisons est un raccourci souvent utilisé : des accusations de financement par Google du collectif "Save the Internet" qui appelle à manifester en Europe ont circulé et la croyance que les GAFAM seraient seuls à la manœuvre pour faire empêcher le vote de la directive ou seraient de mêche avec des organisations civiles anti-censure internet, reste encore d'actualité. Pourtant, la vérité se situe souvent au milieu du gué, et c'est bien là que se situe le nœud du problème avec la directive droits d'auteur, ses détracteurs… et ses soutiens.
A lire : Droits voisins Internet : l'Union européenne donne son feu vert pour une réforme
Une idée juste…
Rétribuer les auteurs lorsque leurs œuvres sont utilisées ou empêcher leur utilisation par des tiers sans accord est une règle juste qui s'applique dans le monde physique sans opposition particulière. Mais sur Internet cette règle n'est pas forcément respectée : plateformes de streaming illégales, diffusion d'œuvres par des particuliers sur YouTube, partages de photos, de vidéos sur Facebook et diffusion d'articles de presse sont devenus courants, le tout étant massivement monétisé par les firmes, et ce, sans contreparties. C'est à cet état de fait que la directive droits d'auteurs veut s'attaquer. Pour redonner le pouvoir à ceux qui créent les contenus plutôt qu'à ceux qui les pillent ou les exploitent illégalement.
La directive droits d'auteur est donc une directive qui a pour ambition d'aider la création artistique, soutenir les producteurs de contenus et pouvoir les rétribuer : une idée considérée comme "juste" par tous — collectifs de "défense d'Internet" inclus — à l'exception des firmes mises en cause, que sont les GAFAM et autres plateformes d'échanges de contenus. Mais comme le diable se cache dans les détails, ce n'est pas l'idée en tant que telle qui est contestée mais les moyens prévus pour l'appliquer. C'est sur cet aspect que les défenseurs des libertés et les promoteurs de la directive sont irréconciliables.
…pour une application décalée ?
Deux articles sont contestés en particulier : le 11 et le 13, qui — pour simplifier — obligent les fournisseurs de contenus à empêcher que des contenus sans accord avec des ayants droit puissent être publiés, ou que des citations puissent être faites sur des contenus de presse sans rétribution.
L'article 13 de ce texte entend créer de nouvelles règles pour les gros hébergeurs - qui diffusent un « grand nombre d'œuvres ». Ceux-ci devraient passer des accords avec les ayants droit des œuvres qu'ils diffusent, afin de définir les modes de répartition des revenus (publicitaires ou d'abonnement) avec ceux-ci ou de prendre des mesures pour empêcher la diffusion de contenus signalés par ces derniers. Le texte mentionne des « techniques efficaces de reconnaissance des contenus », faisant clairement référence au Content ID déployé sur YouTube depuis dix ans - outil qui permet à Google de détecter automatiquement les œuvres publiées sur son site afin de permettre à leurs ayants droit d'empêcher ou de permettre leur diffusion (auquel cas contre rémunération).
(Droits voisins Internet : l'Union européenne donne son feu vert pour une réforme)
Ces articles ont été assouplis depuis septembre : dans la nouvelle version les hyperliens vers des sites presse sont par exemple désormais possibles sans autorisation : Wikipedia ne devrait donc pas subir les foudres de la directive droits d'auteur pour ses liens externes. Mais de nombreuses nuances apportées dans la directive laissent dans le flou la surveillance des contenus et leur retrait, les possibilités de citations d'articles sans accord ou la création de pastiches, de parodies à partir d'œuvres commerciales…
Le site NextInpact détaille point par point les effets possibles de censure ou de limitations de la liberté d'expression que la directive pourrait causer, ainsi que les potentielles avancées en matière de financement de la presse par Google ou d'autres plateformes de mises en avant de contenus : "Directive Droit d'auteur : mais qu'ont voté les eurodéputés ?"
Savoir précisément ce qu'il sera possible ou non de publier, sur quelle durée, par quels moyens, depuis quelle plateforme est excessivement difficile à la lecture du texte de loi européen. Les défenseurs d'Internet estiment par exemple que la "censure aveugle des robots de téléchargement", empêchera de nombreux partages, comme les "mèmes Internet" (idée, concept simple propagés à travers le web, prenant la forme d'un hyperlien, d'une vidéo, d'un site Internet, d'une image).
Liberté, protection et surveillance sont dans un bateau
Internet et son célèbre avatar le World Wide Web est un outil de partage depuis l'origine. Son succès mondial est le fruit d'une liberté de diffusion de l'information sans contraintes entre tous ses utilisateurs. Ce succès a permis d'ouvrir les échanges à tous mais a aussi créé des opportunités commerciales immenses, des monopoles de fait, menant à l'exploitation indue du travail d'autrui : c'est cette distorsion que veut combattre la directive droit d'auteur en permettant de protéger les créations.
Mais protéger en contraignant les plateformes à surveiller chaque contenu pour vérifier les droits qui lui sont conférés, oblige ces plateformes à automatiser le filtrage des contenus, selon les défenseurs de la liberté d'expression sur Internet. Tout contenu ou extrait de contenu commercial pourrait alors être supprimé ou impossible à partager sur le réseau de façon publique. C'est avec cette crainte qu'une question simple pourrait se poser : "Si dans le bateau Internet accueillant la protection, la surveillance et la liberté, la liberté tombe à l'eau, qui va donc rester dans le bateau ?"
La réponse est facile. Reste désormais à voir si celle-ci s'applique aussi simplement ou de manière plus souple… une fois la directive adoptée.
Pascal Hérard
es eurodéputés ont approuvé mardi 26 mars la réforme européenne du droit d'auteur, un texte très attendu par les médias et le monde de la culture mais combattu par les plateformes américaines et les partisans de la liberté sur internet.
Présentée par la Commission européenne en septembre 2016, cette réforme a reçu 348 votes pour, 274 contre et 36 abstentions. Les grandes plateformes commerciales américaines comme Google, Facebook ou YouTube, devront donc coopérer avec les auteurs et la presse pour les rémunérer ou les aider à protéger leurs œuvres.
"Je sais qu'il y a beaucoup de craintes sur ce que peuvent faire ou pas les utilisateurs - maintenant, nous avons des garanties claires sur la liberté d'expression (...) et la créativité en ligne", s'est félicité le vice-président de la Commission européenne, Andrus Ansip, sur twitter. Présentée par M. Ansip en septembre 2016, cette réforme aux enjeux financiers conséquents a fait l'objet d'un lobbying sans précédent de la part de ses partisans comme de ses opposants, mobilisés jusqu'au dernier jour.
La semaine prochaine, le Parlement européen va devoir se prononcer par un dernier vote sur le sort de la directive Copyright, en discussion depuis plusieurs années. La Quadrature du Net appelle les députés européens à rejeter ce texte, qui provoquerait de graves restrictions à la liberté d’expression et à l’accès à l’information. Loin de rééquilibrer les relations avec les Géants du Net, cette directive conduirait à leur déléguer un inquiétant pouvoir de censure automatisée. Ce texte ne constitue pas la réforme du droit d’auteur dont l’Union européenne a besoin et il ne comporte aucun élément tangible qui améliorerait la situation des créateurs.
Le texte résultant des négociations conduites ces derniers mois par les institutions européennes n’a corrigé aucun des points problématiques qui nous avaient conduit à demander le rejet du texte déjà à plusieurs reprises en 2018. Notre analyse reste la même : les industries culturelles et les grandes sociétés d’ayants droit cherchent en réalité à ramasser les miettes du butin engrangé par les Géants du Net grâce à la surveillance de masse qu’ils mettent en œuvre à travers la publicité ciblée. Sous couvert d’opérer un « partage de la valeur », cette directive constituerait un grave renoncement de l’Union européenne, en liant le financement de la création et de la presse à la violation systématique des droits des individus.
Tout ceci s’accomplira en outre sur le dos des libertés fondamentales, à cause des articles 11 et 13 de la directive qui suscitent l’opposition d’un grand nombre d’acteurs de la société civile. Même si le champ d’application de l’article 13 ne concerne pas dans sa rédaction finale ce que La Quadrature considère comme l’Internet libre et ouvert – à savoir les services décentralisés ou fédérés de type Mastodon ou Peertube – il imposera aux plateformes centralisées et lucratives une obligation de filtrage a priori des contenus à laquelle notre association s’est toujours opposée. L’application de tels procédés est manifestement disproportionnée et la directive n’apporte aucune garantie satisfaisante pour protéger la liberté d’expression. La directive Copyright a ainsi servi de laboratoire aux logiques de censure automatisée que l’on retrouve dans d’autres textes, comme le règlement Anti-terroriste contre lequel La Quadrature du Net est mobilisée (voir notre page dédiée).
L’article 11 est tout aussi problématique, puisqu’en souhaitant instaurer de nouveaux droits pour les éditeurs de presse, il va restreindre l’usage de ces contenus bien au-delà des seuls agrégateurs, type Google News, en affectant aussi potentiellement des acteurs non-lucratifs et tout l’écosystème de l’accès à l’information.
Si la directive Copyright doit être rejetée par le Parlement européen, c’est aussi parce qu’elle ne constitue pas la réforme positive du droit d’auteur dont l’Union a besoin. Les industries culturelles sont parvenues encore une fois à focaliser le débat autour d’un renforcement de la propriété intellectuelle, en occultant le profond besoin d’adaptation des règles du droit d’auteur aux pratiques numériques. Dans son état actuel, la directive contient certes quelques aménagements sous la forme d’exceptions au droit d’auteur, mais ils restent bien trop limités pour apporter un changement significatif.
Aucune de ces mesures ne correspond aux propositions formulées depuis plusieurs années par la Quadrature du Net afin de changer en profondeur le droit d’auteur en réconciliant les artistes et le public. Il aurait fallu pour cela mettre en débat des idées comme la légalisation du partage non-marchand des œuvres, la reconnaissance des pratiques transformatives comme le remix ou le mashup ou de nouvelles formes de financement comme la contribution créative.
En affirmant que ce texte sera en mesure d’améliorer le sort des créateurs en Europe, les industries culturelles qui le soutiennent mentent profondément. Elles ont constamment empêché que des sujets comme les modalités de financement de la création ou les règles de répartition des revenus entre créateurs et intermédiaires soient discutés, alors qu’ils constituent le cœur du problème à régler pour améliorer la condition des auteurs. La France porte une responsabilité particulière dans ce fiasco dans la mesure où les gouvernements successifs et la majorité des eurodéputés français ont constamment fait obstruction sur ces questions tout en poussant les mesures les plus répressives.
Plus largement, c’est tout le processus d’élaboration de ce texte qui a été émaillé d’intrusions, aussi bien de la part du lobby des industries culturelles que de celui des Géants du Net. Ce spectacle navrant porte atteinte à la crédibilité démocratique de l’Union européenne. Mais il ne doit pas occulter la mobilisation importante des personnes et des organisations de la société civile – l’une des plus importantes à ce jour -, qui a constamment été ignorée ou raillée tant par la Commission européenne que par une partie des eurodéputés favorables au texte.
Le Parlement européen dispose encore d’une ultime chance de montrer qu’il est capable de faire preuve d’indépendance en enterrant définitivement ce texte aberrant. Il l’a déjà fait en juillet 2018 pour protéger les libertés fondamentales et il doit le refaire à présent pour les mêmes raisons.
C’est la raison pour laquelle La Quadrature du Net se joint aux autres associations engagées contre ce texte – EDRi, Bits of Freedom, Wikimedia, l’APRIL et bien d’autres ! – en appelant les citoyens à contacter les eurodéputés via la plateforme Pledge2019.
Le site de l'April est passé au noir aujourd'hui en protestation contre l'article 13 de la directive droit d'auteur qui sera soumis au vote au Parlement européen lors de la plénière du 26 mars 2019 à 12h.
Cet article imposerait le filtrage automatisé de l'ensemble des contenus circulant sur les plateformes de partage. Une mesure profondément liberticide.
Vous pouvez agir en appelant les parlementaires à adopter les amendements de suppression de l'article 13 !
Liens utiles :
Un schéma réalisé par Next Inpact pour mieux comprendre l'article 13.
La campagne SaveYourInternet.eu donne les informations de contact des parlementaires.
Le site Pledge2019.eu propose un outil d'appel gratuit.
Nous parlions de la mobilisation lors de notre émission de radio Libre à vous ! du 19 mars. Écouter le podcast (10 minutes).
Accéder au site web de l'April
Toulouse – Déception pour ce jeune homme toulousain. Les résultats de son test ADN lui ont confirmé ce qu’il savait déjà depuis longtemps : il n’a rien d’exceptionnel et il est totalement ordinaire, voire carrément banal. Reportage.
« J’ai ouvert la petite enveloppe et j’ai lu. Cela a été un choc » raconte Romain, 22 ans. À l’intérieur, les résultats de son test ADN acheté via un un site dont il avait vu la pub sur Facebook. « J’ai espéré avoir des origines vikings ou italiennes, ou même américaines, mais non, même pas » dit-il très déçu de constater qu’il n’est qu’un banal Européen de l’ouest sans grand relief génétique, à part peut-être 2% d’Afrique subsaharienne. « Je suis vraiment déçu. Je vais raconter quoi aux collègues, un pote a fait le test il a découvert qu’il était à 35% Russe Slave et 45% Espagnol. J’ai à peine 1% d’Europe du Nord. Qu’est ce que vous voulez que je fasse de ça ? » dit-il en jetant le test à la poubelle. « J’avais acheté aussi un test pour mes parents. Il s’avère que ce sont bien mes parents, il n’y a rien de nouveau ». Autre déception : il n’a aucun ancêtre ou cousin éloigné qui apparaissent dans la base de données disponible des personnes ayant entrées leur ADN. « C’est la plus grosse déception. Savoir qu’on a aucun lien avec personne et que vous êtes juste un loser ordinaire.» Puis au bout de quelques minutes sur Facebook, il constate l’existence d’un autre site pour des test ADN. « Celui-ci à l’air vachement plus joli, je suis sûr qu’ils vont trouver des trucs super intéressants dans mon sang !! ».
Bienvenue sur le MOOC de la CNIL
Vous y trouverez l’ensemble des informations pour vous initier au RGPD et débuter ainsi la mise en conformité de votre organisme.
Ce dispositif gratuit est accessible jusqu’au mois de septembre 2021.
En suivant l’intégralité de ce MOOC, vous pourrez obtenir une attestation.
Une profession toujours plus précarisée, des conditions de travail qui se dégradent et une perte de sens grandissante: une étude réalisée par la Scam auprès de plusieurs milliers de journalistes dresse un portrait "extrêmement préoccupant" d'un métier sous pression.
La Société civile des auteurs multimédias, déjà à l'origine d'une première étude sur les revenus et les activités des journalistes publiée en 2013, présente ce vendredi aux Assises du journalisme de Tours un nouvel état des lieux de la profession, fruit d'une enquête à laquelle plus de 3.700 professionnels ont participé.
"C'est un tableau très noir", souligne à l'AFP Béatrice de Mondenard, qui a menée cette étude. Un exercice qui démontre "à quel point il y a un décalage entre l'image que donne la profession et les conditions de vie réelles", souligne-t-elle.
Parmi les résultats les plus frappants, la part des journalistes en salariat permanent chute de six points par rapport à 2013, à 52%, quand la part des pigistes bondit de quatorze points, à 42%.
En outre, le recours à l'intermittence, à l'auto-entrepreneuriat et au paiement en droits d'auteur (moins intéressants que des salaires, pour ceux qui les perçoivent, notamment en termes de protection sociale) se développe, constate l'étude.
Côté revenus, 11% des répondants ont déclaré toucher moins que le Smic annuel, et 28% moins de 20.000 euros par an. Les précaires ont des revenus bien inférieurs: 23% sont en dessous du Smic et 51% touchent moins de 20.000 euros par an.
Avec des inégalités entre les sexes toujours criantes: deux fois plus de femmes (15%) que d'hommes (8%) perçoivent une rémunération inférieure au Smic, alors qu'à l'autre bout de l'échelle des salaires, seules 4% gagnent plus de 60.000 euros par an, contre 10% des hommes.
Au-delà des chiffres, des statuts et des contrats, ce sont les conditions d'exercice de la profession qui deviennent problématiques, liées à l'évolution des méthodes de traitement de l'information, qui donnent le blues aux journalistes, y compris ceux en CDI ou qui travaillent pour des médias ayant pignon sur rue.
L'étude publie à ce sujet des témoignages de professionnels aux situations aussi variées que peu enviables.
Béatrice de Montenard cite notamment "des journalistes travaillant pour des magazines rachetés par le groupe Reworld et qui sont contraintes de continuer à travailler pour ces titres mais en auto-entrepreneurs, des correspondants à l'étranger qui non seulement n'ont pas la protection sociale mais en plus ont du mal à obtenir la carte de presse".
A ces cas s'ajoutent "tous les permanents qui sont soumis à des conditions de travail extrêmement dures: horaires à rallonge, stress, manque de possibilités d'aller sur le terrain ou de vérifier ses infos", résume-t-elle.
Résultat de ces conditions de travail dégradées, le mal-être s'installe chez les journalistes, explique à l'AFP Hervé Rony, directeur général de la Scam.
"Le journalisme est une profession qui était plutôt protégée historiquement, notamment grâce à une bonne convention collective et qui avait fondé son espoir sur un modèle de salariat en CDI", aujourd'hui remis en cause du fait notamment de la crise de la presse écrite, dit-t-il.
En outre, "beaucoup de journalistes se demandent désormais jusqu'à quel point ils sont libres de rédiger leurs articles ou de réaliser leurs reportages", et dans quelle mesure ils sont devenus de simples exécutants, "non pas par rapport à un risque de censure politique, mais du fait d'un changement des conditions de travail", constate-t-il.
Plusieurs témoignages évoquent en effet une dérive vers un journalisme "en kit", notamment dans certaines chaînes de télé où les journalistes en régions doivent filmer des images qui sont montées et commentées à Paris, ou alors la tendance dans de nombreuses rédactions est à recourir à des reporters "couteau suisse" qui doivent produire textes, vidéos, photos...
Conséquence probable de ce phénomène, la part des journalistes qui se considèrent comme des auteurs a chuté de 9 points depuis 2013, à 62%.
On pourrait croire à un mirage. Mais un immense lac s'est bien formé au beau milieu d'un des déserts les plus chauds et les plus secs du monde la semaine dernière, résultat d'une inondation éclair provoquée par de fortes précipitations. La célèbre vallée de la Mort, située dans le désert des Mojaves, en Californie, a reçu environ 22 mm de pluie entre le 5 et le 6 mars suite à un violent orage, soit « presque le tiers de la moyenne des précipitations annuelles (⋍60 mm) », d'après le météorologiste Chris Dolce de weather.com.
Le lac éphémère est apparu près de Salt Creek, dans le centre de la vallée. Il a été immortalisé par le photographe Elliot McGucken le 7 mars (images à voir sur ses comptes Instagram et Facebook). Il mesurerait jusqu'à 16-17 km de long, selon des responsables du parc de la vallée de la Mort contactés par le photographe. Ce lac n'est cependant pas le premier de son genre : en 2005, un lac nommé Badwater avait vu le jour après des précipitations records et avait persisté jusqu'en 2007 avant de s'évaporer totalement.
Pour Tim Berners-Lee, l'Internet dont il avait rêvé échouera si l'on ne crée par un cadre strict pour lutter contre la désinformation et l'exploitation des données personnelles.
Il signe « Monsieur Tim » mais cette lettre est du père d'Internet, Sir Tim Berners-Lee. C'est à lui qu'on doit le Web tel qu'on le connaît aujourd'hui, et dans une longue lettre publiée sur le site de la Web Foundation, il revient sur son invention d'un « système de gestion de l'information » pour le plus grand nombre, et il évoque son avenir.
Lui qui souhaitait simplement donner accès à l'information avec la notion de partage constate aujourd'hui que le Web est devenu « une place publique, une bibliothèque, un cabinet de médecin, un magasin, une école, un studio de design, un bureau, un cinéma, une banque et bien plus encore ». S'il admire aussi le fait que la moitié de la population soit connectée et qu'Internet simplifie et enrichit la vie quotidienne, il regrette qu'il soit aussi devenu le terreau des « fraudeurs, une voix à ceux qui propagent la haine et facilitent la perpétration de toutes sortes de crimes ».
Pour freiner cette tendance et revenir à un espace bienveillant et sûr, Berners-Lee milite pour la mise en place de lois et d'un code, semblable à celui que l'on trouve dans la vie de tous les jours. Il prône de s'attaquer à la cause et non aux symptômes, et cela exige un travail en profondeur avec un esprit communautaire. Il prend ainsi exemple sur la Déclaration universelle des droits de l'homme, née de l'esprit de gens venus de tous bords et il souhaite qu'Internet soit reconnu comme « un droit humain et construit pour le bien public ». Cela passe forcément par le soutien des gouvernements, garants de la protection des droits et libertés des personnes en ligne, mais aussi capables de sévir lorsque les intérêts privés de sociétés menacent le bien public.
L'internaute peut contrôler ce qu'il partage sur les réseaux sociaux. Mais les failles sont nombreuses et des applications continuent de récolter les informations confidentielles pour les monnayer. © Futura
L'internaute peut contrôler ce qu'il partage sur les réseaux sociaux. Mais les failles sont nombreuses et des applications continuent de récolter les informations confidentielles pour les monnayer. © Futura
En tournée pendant deux jours à travers la planète pour fêter les 30 ans de son invention, Berners-Lee s'est aussi exprimé dans une interview auprès de journalistes, dont nos confrères de l’AFP. Il cible son combat contre la désinformation (fake news) et le manque de protection des données. « On devrait avoir le contrôle complet de ses données. Ce n'est pas de l'essence. Ce n'est pas un produit, rappelle-t-il. On ne devrait pas pouvoir les vendre contre de l'argent car c'est un droit. »
Très affecté par l'affaire Cambridge Analytica, il milite pour un navigateur plus anonyme et des applications qui ne stockent plus les données des utilisateurs. Là encore, il estime que seuls les gouvernements, avec des lois, sont capables de stopper les abus actuels : « Parfois, il faut que la législation stipule que les données personnelles, les données génétiques, ne doivent jamais être utilisées. »
Le tout en restant positif pour la suite : « Vu comment le Web a changé au cours des 30 dernières années, il serait défaitiste et dénué d'imagination de supposer que le Web tel que nous le connaissons ne puisse pas être amélioré dans les 30 prochaines années. Sinon ? On aura échoué », conclut-il.