Xavier Niel, le fondateur de Free, promet un retour prochain à des offres claires aux tarifs agressifs, y compris pour la 5G.
Au début du mois (voir actualité), Iliad présentait aux investisseurs son bilan pour 2018, reconnaissant avoir fait plusieurs erreurs lourdes lors de cette année noire, marquée par l'arrivée ratée de la Freebox Delta et par la perte massive d'abonnés. Après ce mea culpa, l'opérateur avait présenté un nouveau plan stratégique visant à redresser la barre pour retrouver une place de premier plan d'ici à 2024. Admettant avoir fait preuve d'insouciance et même d'arrogance, Xavier Niel, le fondateur emblématique de Free et d'Iliad, s'est d'ailleurs engagé à renouer avec les valeurs historiques de sa marque pour regagner la confiance de ses clients.
Quelques jours plus tard, à l'occasion d'une convention avec des freenautes, Xavier Niel a confirmé cet engagement en donnant quelques détails supplémentaires, l'idée étant de revenir à ce qui a fait la force de Free à ses débuts, à savoir, des offres, claires, tout compris, à tarif contenu, avec toujours plus pour le même prix. Ainsi, Free va simplifier son offre, à la fois sur le fixe (Internet) et le mobile, en supprimant notamment certaines formules.
De fait, sur la téléphonie, Free Mobile s'est longtemps contenté de deux forfaits : le fameux 2 euros - et même gratuit pour les abonnés Freebox - et l'illimité à 20 euros par mis - 16 pour les abonnés Freebox. Mais depuis l'an dernier, l'opérateur a ajouté une formule intermédiaire à 9 euros par mois pendant un an. Un forfait peu intéressant dans la mesure où ce tarif n'est valable qu'un an. Et surtout, peu lisible, car il évolue sans cesse de promotion temporaire en promotion temporaire.
Pour Xavier Niel, "il y a un forfait de trop aujourd'hui". Un constat qui fait craindre à certains la disparition pure et simple de la formule à 2 euros, qui, malgré ses limites - SMS et MMS illimités mais seulement 2 h d'appels et à peine 50 Mo de données - suffit à beaucoup d'utilisateurs, notamment à ceux qui ont surtout besoin d'être joints et qui n'utilisent les données Internet que de façon occasionnelles. Rien n'a été annoncé officiellement à ce sujet, mais il serait fâcheux et peut-être contre-productif que Free abandonne cette offre populaire au lieu de la faire évoluer en ajoutant de la durée d'appels et, surtout, de la donnée, quitte à augmenter raisonnablement son tarif. Faut-il rappeler que Bouygues Télécom a recruté beaucoup d'abonnés à l'automne dernier avec une formule appels illimités et 20 Go de données à 5 euros par mois "à vie" ? Même si quelques acteurs jugent ce modèle économiquement non viable, il semble correspondre à un besoin réel d'une catégorie d'utilisateurs dont Free pourrait - et devrait - s'inspirer...
L'offre fixe devrait elle aussi faire l'objet d'un grand nettoyage. Il faut reconnaître qu'entre la Crystal, la Mini 4K, la Revolution, la One, les Delta et ses diverses options, l'offre s'est nettement complexifiée, au point d'engendrer une certaine perplexité, même chez les freenautes les plus avertis. Là encore, aucune annonce officielle pour le moment, mais Xavier Niel a promis du nouveau pour bientôt. Wait and see, donc.
Le créateur de Free a par ailleurs promis de ne plus oublier les anciens abonnés, qui étaient souvent moins bien traités que les nouveaux clients, et même de récompenser leur fidélité. Là encore, sans donner de détail sur la façon de montrer cette reconnaissance à l'égard de ceux qui ont bien souvent servi à évangéliser la marque. En revanche, dans un registre pratique, on sait déjà que les factures vont être simplifiées, pour gagner en lisibilité.
Continuant sur sa lancée, Xavier Niel a évoqué le futur passage à la 5G. Souhaitant que les enchères des fréquences n'atteignent pas des sommes démesurées, comme cela a été le cas en Italie - ce à quoi le Gouvernement s'est engagé, pour ne pas pénaliser les investissements -, il a assuré que l'infrastructure de Free était déjà prête pour accueillir les équipements nécessaires à la nouvelle norme, ce qui devrait faciliter et accélérer son déploiement après son lancement officiel. Surtout, il a promis que Free se positionnerait comme pour la 4G, avec une offre tout compris sans augmentation de tarif.
Une promesse alléchante, d'autant que certains concurrents pourraient justement profiter de l'arrivée de la 5G pour revoir leurs prix à la hausse, histoire d'amortir un peu leur investissement. Si cela se confirme, Free retrouverait effectivement son aura des débuts, en arguant d'un rapport services-prix sans équivalent sur le marché. Attendons toutefois d'en savoir plus sur le ménage annoncé pour voir si l'opérateur transformée ses promesses en réalité.
C'est un véritable coup dur pour Huawei. Le constructeur chinois de smartphones ne pourra plus utiliser le système Android pour ses mobiles, après que Google a annnoncé avoir choisi de lui retirer la licence d'exploitation.
Concrètement, Huawei et sa filiale Honor ne pourront plus utiliser le système d'exploitation de Google d'ici à la mi-août. Un système présent sur presque 80 % des smartphones en France. Le constructeur chinois, devenu numéro 2 mondial des ventes en volume, est au cœur de la tourmente aux Etats-Unis, où le président américain Donald Trump a pris des mesures à son encontre.
Google a ainsi pris cette décision pour faire suite aux exigences de l'exécutif américain. Un choix qui vient bouleverser le secteur de la téléphonie et qui aura des répercussions sur les mobiles Huawei et Honor dans le reste du monde.
Pas d'inquiétude à avoir, si vous possédez un mobile Huawei ou Honor actuel. Ceux-ci resteront compatibles avec le système Android. Surtout, ils continueront de bénéficier de l'accès au Google Play Store (pour télécharger les applications compatibles), et profiteront aussi de Google Play Protect (afin d'en préserver la sécurité).
Toutefois, cette compatibilité ne serait que temporaire et ne concernerait que les mobiles utilisant la version P d'Android. Ainsi, Android Q, qui sera la prochaine mise à jour majeure des smartphones fonctionnant sous cet OS, pourrait ne pas être compatible, affirme l'agence Reuters. De même, pour les versions ultérieures d'Android.
Si Huawei devrait lancer de nombreux recours juridiques afin de récupérer l'usage de la licence Android, le constructeur chinois pourrait aussi développer sa propre version de ce système. En effet, Android reste d'abord un logiciel open-source, c'est-à-dire libre de droit dès lors que l'on utilise pas les services développés par Google pour l'optimiser. Ainsi, Google Maps, Play Store, Play Protect, Gmail, Chrome... ne seraient pas préinstallés sur les mobiles lors de leur achat.
Huawei pourrait ainsi utiliser une version dite AOSP, pour Android Open Source Project. Une version qui est en réalité déjà utilisée sur le territoire chinois, où de nombreuses applications Google sont interdites. Huawei pourrait donc appliquer le même schéma pour les autres pays. Selon le site américain Engadget, le président de Huawei, Richard Yu, aurait déjà démandé à ses équipes de faire le nécessaire pour déployer cet OS maison d'ici à cet automne.
Alors que Google est le premier groupe américain a avoir suivi les directives de Donald Trump, rien ne dit que Facebook, Twitter, Amazon, Snapchat ou encore Instagram ne suivent pas cette démarche. D'autant que sur le plan des fournisseurs de composants électroniques Qualcomm et Intel ont déjà annoncé qu'ils coupaient leurs relations contractuelles avec le constructeur chinois. Dernier en date, Microsoft a également décider de suspendre la vente des PC Huawei, sous licence Windows 10, de son store en ligne, en outre, la division PC du chinois pourrait ne plus pouvoir utiliser le célèbre système d'exploitation américain. La guerre déclarée par Donald Trump pourrait donc devenir un cas très épineux pour Huawei.
Parallèlement à cette affaire, Huawei a fait valoir sa position auprès des médias. Le géant chinois a ainsi publier un communiqué : «Huawei a largement contribué au développement et à la croissance d’Android dans le monde entier. Nous sommes l’un des partenaires clé d’Android et nous avons travaillé en étroite collaboration avec sa plate-forme open source afin de développer un écosystème bénéficiant à la fois aux utilisateurs et au secteur. Huawei continuera à fournir des mises à jour de sécurité et des services après-vente à tous les smartphones et tablettes des marques Huawei et Honor qui existent, y compris ceux déjà vendus ou en stock dans le monde. Nous continuerons à construire un écosystème logiciel sûr et durable, afin de fournir la meilleure expérience possible aux utilisateurs du monde entier», précise le constructeur.
Enfin, la décision prise par Donald Trump de blacklister Huawei inquiète également sur le plan de la communauté internationale. En France, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a précisé, sur France Info, que le gouvernement n'allait pas viser le géant chinois des télécoms. «Nous n'allons pas cibler une compagnie ou une autre. Il y a aujourd'hui beaucoup d'opérateurs qui travaillent sur la 4G avec Huawei. Notre position est différente des Américains sur ce sujet», a-t-il précisé.
C'est sur deux phénomènes qu'entend bien surfer la plateforme Airbnb : l'essor des tests ADN et le succès du tourisme patrimonial, pour lancer, (aux Etats-Unis uniquement) une nouvelle offre en partenariat avec le vendeur de kits ancestraux 23andme. Ainsi, un client de 23andme après avoir reçu ses rapports d'ascendance décrivant les origines géographiques de ses ancêtres, pourra se voir suggérer des maisons et expériences Airbnb dans les pays d'où viennent ses ancêtres.
Le géant du logement de loisir pourra par exemple suggérer à un Américain aux origines sud-italiennes un studio dans les Pouilles comme base pour explorer son histoire familiale. Ou bien, une personne d'origine mexicaine pourra trouver un stage à Mexico afin d'apprendre les anciennes techniques de teinture naturelle dans le cadre de ses vacances patrimoniales.
Airbnb propose désormais de pages dédiées correspondant aux populations génétiques de 23andMe, de sorte que les voyageurs qui se rendent sur le site d’Airbnb puissent facilement planifier un voyage patrimonial "authentique" de bout en bout. Le but étant de "vous aider à vous connecter aux cultures locales et à créer un sentiment d’appartenance partout dans le monde".
Et apparemment, cela correspond à une envie très largement partagée : selon un sondage initié par Airbnb, 57% des répondants à l'enquête aux États-Unis renonceraient à l'alcool pendant un an pour un voyage gratuit dans le patrimoine et 55% des personnes interrogées en Inde renoncent au dessert pendant un an en échange d'un voyage gratuit dans un lieu de leur ascendance !
Pour rappel, 23andme ne commercialise pas ses tests en France. Faire tester son ADN est illégal en France et tout client s'expose à une amende de 3750 euros, même si cette interdiction est peu respectée et que la législation pourrait évoluer prochainement. Et sur le sujet de l'ADN, sélectionner une destination touristique parce que 1 ou 2% de nos gènes nous montrent qu'on y a des origines a finalement assez peu de sens... A ce rythme, on peut visiter la terre entière en partant de la grande faille de l'Afrique de l'Ouest et remonter par le Proche-Orient, puis l'Europe !
La Pologne a officiellement contesté la directive controversée sur le droit d’auteur récemment approuvée par l’Union européenne, selon Reuters, affirmant que cette législation entraînerait une censure non souhaitée. Le pays a déposé sa plainte devant la Cour de justice de l'Union européenne.
Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Konrad Szymanski, a déclaré que « le système pourrait aboutir à l'adoption de réglementations analogues à la censure préventive, interdite non seulement par la constitution polonaise, mais également par les traités européens ». Les députés polonais ont majoritairement rejeté la mesure (deux abstentions, huit pour, 33 contre, six non-votants et deux manquants) lors du vote.
Le Conseil de l'Union européenne a officiellement approuvé la directive en avril et celle-ci entrera en vigueur le 7 juin 2019. Suite à cette action, les États membres de l'UE auront jusqu'au 7 juin 2021 pour élaborer leurs propres lois afin de la mettre en œuvre. La législation est conçue pour mettre à jour la loi sur le droit d'auteur et contient un certain nombre de clauses controversées, telles que l'article 11, appelé "taxe sur les liens", qui permettra aux éditeurs de charger des plateformes telles que Google d'afficher des informations d'actualité, et l'article 13, qui tient pour responsables les plateformes où le contenu qui enfreint le droit d'auteur serait publié.
Les propriétaires de telles plateformes telles que Facebook, Google, YouTube, Wikipedia et d’autres craignent que la directive ne nuise à la façon dont les utilisateurs s’en servent (avant cette directive, les plateformes de contenu n’étaient pas tenues pour responsables du contenu qu’elles hébergent, à condition de s’efforcer de supprimer tout contenu signalé et reconnu comme enfreignant le droit d'auteur, notamment de la musique ou des films piratés). Les sites devraient désormais s’assurer de manière proactive que le contenu protégé par le droit d’auteur ne parvient pas à être diffusé sur leurs plateformes.
Les conséquences de l'article 13
Ray Corrigan, maître de conférences à la faculté des sciences de l'ingénierie et mathématiques de l'Université Ouverte du Royaume-Uni, a fait valoir que l'article 13 vise à instaurer le filtrage automatique des contenus mis en ligne, puisque ce sont des algorithmes qui devraient juger quel contenu a le droit d'apparaître sur Internet.
Cela pourrait être intéressant si ça pouvait fonctionner comme annoncé, c'est-à-dire bloquer tout ce qui est en violation des droits d'auteur sur Internet et ne laisser passer que le contenu légal. « En particulier, ce serait intéressant pour les décideurs, qui ignorent souvent les technologies et qui sont souvent sous la pression de faire quelque chose à propos de l'énorme ampleur de la violation du droit d'auteur sur Internet », estime Ray Corrigan. Mais « le problème est qu'il n'y a pas de technologie magique qui puisse faire la différence entre contenu contrevenant au droit d'auteur et le contenu non-contrevenant sauf au niveau le plus basique », ajoute-t-il.
Les amateurs pensent que le machine learning pourrait résoudre ce problème, « mais l'utilisation de filtres capables de détecter des nuances subtiles de réutilisation [d'un contenu] n'est pas une de ces choses » dans lesquelles le machine learning est assez efficace, trouve-t-il. Par conséquent, des contenus comme la parodie vont se retrouver facilement bloqués.
L’approche du parlement est irréaliste dans de nombreux cas, selon la PDG de YouTube
En octobre dernier, Susan Wojcicki, la PDG de YouTube est monté au créneau pour appeler les créateurs de vidéos à protester contre l'article 13 de la directive Copyright qui, selon elle, menace des milliers d'emplois. Elle a, en effet, mis en garde les réalisateurs de vidéos contre la directive et les a exhorté à protester vivement contre la réglementation : s’appesantissant tout particulièrement sur l’article 13, elle explique aux réalisateurs de vidéos dans un billet de blog que « cette législation menace à la fois leur gagne-pain et leur capacité à partager leur voix avec le monde ». « L'article 13 menace des centaines de milliers d'emplois, de créateurs européens, d'entreprises, d'artistes et tous leurs employés. La proposition forcera les plateformes, comme YouTube, à donner la priorité au contenu d’un petit nombre de grandes entreprises. Le fardeau de la preuve du droit d'auteur sera trop lourd pour la plupart des créateurs indépendants », disait-elle.
En novembre, elle est revenue à la charge, affirmant qu'il est impossible pour une plateforme comme YouTube de respecter les réglementations suggérées. Elle déclare que YouTube n'a pas les capacités techniques ou financières pour appliquer le type de restriction du droit d'auteur que l'Union européenne recherche. « L'approche du parlement est irréaliste dans de nombreux cas, car les titulaires de droits d'auteur ne sont souvent pas d'accord sur qui détient quels droits. Si les propriétaires ne peuvent s'entendre, il est impossible d'espérer que les plateformes ouvertes hébergeant ce contenu prennent les bonnes décisions en matière de droits », a-t-elle annoncé.
Pour s'expliquer, elle a pris l'exemple de « Despacito », la vidéo la plus regardée sur YouTube. « Cette vidéo contient plusieurs droits d'auteur, allant de l'enregistrement sonore aux droits de publication. Bien que YouTube ait passé des accords avec plusieurs entités en vue de la licence et du paiement de la vidéo, certains détenteurs de droits restent inconnus. Cette incertitude signifie que nous pourrions devoir bloquer de telles vidéos pour éviter toute responsabilité au titre de l'article 13. Multipliez ce risque par la taille de YouTube, où plus de 400 heures de vidéo sont téléchargées chaque minute et le passif potentiel pourrait être si important qu'aucune entreprise pourrait prendre un tel risque financier », dit-elle.
Depuis son lancement en octobre 2007, YouTube a investi plus de 100 millions de dollars dans son système d’identification du contenu. Wojcicki le considère toujours comme le meilleur moyen de détecter les violations du droit d’auteur et de veiller à ce que les titulaires de droits d’auteur soient payés lorsque leur contenu est utilisé. Elle pense aussi que le Content ID est la solution pour gérer les droits à l'échelle mondiale. YouTube a « déjà pris des mesures pour lutter contre la violation du droit d'auteur en développant une technologie, telle que notre programme Content ID, afin d'aider les titulaires de droits à gérer leurs droits d'auteur et à gagner de l'argent automatiquement. Plus de 98 % des droits d'auteur sur YouTube sont gérés via Content ID. À ce jour, nous avons utilisé le système pour verser aux titulaires de droits plus de 2,5 milliards d'euros pour l'utilisation de leur contenu par des tiers. Nous pensons que Content ID constitue la meilleure solution pour gérer les droits à l'échelle mondiale », a-t-elle déclaré.
Les européens pourraient-ils être coupés de certaines vidéos sur YouTube ?
Pour elle, les conséquences de l'article 13 vont même au-delà des pertes financières. « Les résidents de l'UE risquent d'être coupés de vidéos qui, au cours du mois dernier, ont été visionnés plus de 90 milliards de fois. Ces vidéos proviennent du monde entier, y compris de plus de 35 millions de chaînes de l’UE, et comprennent des cours de langue, des tutoriels scientifiques et des vidéos de musique », dit-elle. Toutefois, elle se réjouit à l'idée de travailler avec les décideurs et les plateformes pour développer une solution au sein de l'article 13 qui protège les titulaires de droits tout en permettant à l'économie créative de prospérer. « Cela pourrait inclure des accords de licence plus complets, une collaboration avec les détenteurs de droits pour identifier qui possède quoi et une technologie intelligente de gestion des droits, similaire à Content ID », propose-t-elle.
Elle conclut en disant que « les plateformes qui respectent ces règles et s'efforcent d'aider les détenteurs de droits à identifier leur contenu ne doivent pas être tenues pour responsables de chaque élément de contenu téléchargé par un utilisateur ». Elle avait exhorté les décideurs politiques à trouver une solution qui protège à la fois les titulaires de droits et les créateurs.
Susan Wojcicki n'était pas la seule à protester contre l'article 13 de la directive. La fondation Mozilla a estimé que le filtrage automatique de contenu et les dispositions relatives aux droits d’auteur figurant à l’article 13 sont impraticables pour les sociétés de logiciels open source, dont elle fait partie, et l’écosystème open source en général. Le filtrage automatique concerne en effet toutes les formes de contenu protégé par le droit d'auteur, y compris les logiciels. Le coût et le risque juridique associés à ces nouvelles règles vont donc pousser les petits développeurs de logiciels open source hors de l’Europe et menacer les plateformes de partage de code dont ils dépendent pour innover.
Source : Reuters, annonce sur Twitter
Un an après l’entrée en vigueur du règlement européen RGPD sur la vie privée, de très nombreux sites ont recours à un service de cette société, pourtant peu connue pour recueillir votre consentement.
Par Damien Leloup Publié le 25 mai 2019 à 14h00
C’est un sigle qui a pris beaucoup d’importance il y a un an, le 25 mai 2018, lorsque le règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) est entré en vigueur. CMP, pour Consent Management Platform (« plate-forme de gestion du consentement »). Comme Monsieur Jourdain la prose, quasiment tous les internautes en utilisent quotidiennement sans le savoir : ce sont les services qui affichent les messages désormais bien connus vous demandant d’accepter que vos données soient utilisées pour, selon les cas, « vous proposer une expérience personnalisée », « analyser le trafic », ou « personnaliser les publicités ».
Notre enquête : Que s’est-il passé en un an de RGPD, la loi censée protéger vos données ?
Si la quasi-totalité des sites Web se sont mis à afficher des messages de ce type il y a un an, c’est parce que le RGPD a fortement renforcé la manière dont les sites Internet doivent recueillir le consentement de leurs visiteurs, avant de pouvoir enregistrer ou utiliser des données sur leur navigation. Tous les sites commerciaux « pistent » leurs visiteurs, au mieux pour savoir quelles pages sont les plus visitées, au pire pour suivre de manière très détaillée la navigation des internautes et afficher des publicités ciblées. Le RGPD impose, dans tous les pays européens, de recueillir le consentement des internautes avant de commencer à les pister.
Or, même si la mise en place du RGPD était prévue depuis des années, de très nombreuses entreprises ont été prises de court par son entrée en vigueur ; d’autres ne disposaient pas des outils ou des compétences techniques pour gérer ce « recueil du consentement ». De très nombreux sites ont donc préféré avoir recours à une solution « clés en main », proposée par des sociétés comme Quantcast, qui offrait aux éditeurs de site, avec Quantcast Choice, un outil gratuit, simple d’utilisation et conforme à la réglementation. Les sites américains, souvent pris de court, ont massivement opté pour ces solutions toutes prêtes.
Fenêtre très reconnaissable
Et l’outil de Quantcast a été un succès : installé selon l’entreprise sur plus de 26 000 sites, il devance largement ses concurrents, et l’entreprise a annoncé cette semaine la sortie d’une version « premium » payante. Sa fenêtre très reconnaissable, avec son bouton en général bleu, et parfois son menu permettant de sélectionner les données dont la collecte est autorisée (au choix de l’administrateur du site), accueille les visiteurs sur de très nombreuses pages Web.
Sauf que Quantcast, comme la plupart de ses concurrents dans ce domaine, n’est pas une entreprise spécialisée dans la vie privée, mais… dans la publicité. Fondée en 2006 aux Etats-Unis, la société s’est fortement développée ces dix dernières années, et a ouvert des bureaux dans une dizaine de pays, dont la France. Les outils qu’elle propose sont utilisés sur « plus de 100 millions de [sites et applications] Web et mobiles », selon Quantcast. Jusqu’à l’an dernier, ses deux principaux produits étaient Quantcast Measure, un outil de suivi de la fréquentation, et Quantcast Advertise, une « place de marché » publicitaire qui collecte et utilise de très importants volumes de données sur les internautes ; son service Choice ne collecte, lui, que les données de consentement de l’utilisateur, qui ne sont pas utilisées à des fins publicitaires, explique l’entreprise sur son site.
Enquête du régulateur irlandais
En revanche, son outil publicitaire a été épinglé, il y a six mois, par l’ONG Privacy International, qui listait Quantcast parmi les sept entreprises « dont vous n’avez jamais entendu parler, mais à propos desquelles nous avons saisi les régulateurs ». « Le RGPD fixe des limites claires à l’utilisation des données personnelles, et pourtant les pratiques de ces entreprises ne respectent pas les standards fixés. Nos documents démontrent l’ampleur et le caractère systématique de ces violations des lois protégeant la vie privée », affirmait à l’époque l’association.
Dans le cas de Quantcast, le régulateur irlandais de la vie privée a jugé les éléments fournis par Privacy International suffisamment solides pour ouvrir une enquête formelle le 2 mai. « L’enquête devra établir si la compilation et l’analyse de données personnelles, en vue de la création de profils destinés à l’affichage de publicités ciblées, sont en conformité avec le RGPD », écrit le régulateur. « Le respect des principes établis par le RGPD sur la conservation des données et la transparence seront également examinés ». Quantcast avait à l’époque affirmé qu’elle « coopérera[it] totalement avec l’enquête ».
Damien Leloup
Dans une ordonnance rendue en 1669, Louis XIV ordonnaient que soient considérés et traités à l’égal des Français et déclarés bourgeois de Marseille les étrangers résidant à Marseille qui satisferaient aux conditions suivantes :
1) s’ils épousaient une Marseillaise ou une fille de la ville.
2) s’ils acquéraient un immeuble de 10000 livres et habitaient la ville depuis au moins trois ans.
3) s’ils acquéraient un immeuble de 5000 livres et habitaient la ville depuis au moins cinq ans.
4) s’ils avaient fait un commerce assidu et régulier depuis douze ans de façon ininterrompues.
5) s’ils avaient servi cinq ans sur mer.
Le tout, bien sûr, devait être vérifié et validé par les échevins et le lieutenant de l’amirauté.
D’après Le Petit Marseillais, n° 3, 25 mars 1868.Huawei était bien parti pour poursuivre son affolante ascension vers le leadership mondial dans les smartphones mais les coup d'arrêt imposé par les Etats-Unis va stopper net cette progression. Les observateurs tentent déjà d'évaluer les conséquences.
En forte progression depuis plusieurs trimestres et désormais quasiment numéro deux mondial du marché des smartphones, le groupe Huawei était en passe de s'installer durablement dans le trio de tête avec de solides arguments pour passer leader devant Samsung d'ici un an ou deux.
Mais c'était avant qu'un décret signé par Donald Trump ne bloque ses relations commerciales avec les entreprises nord-américaines et ne crée une énorme incertitude sur l'activité mobile (et plus généralement télécom) du fabricant chinois.
Au-delà des prédictions catastrophistes largement relayées, la situation est en fait plutôt en suspens et dépendante des discussions en cours.
Entre le report de 90 jours de l'effet du décret et les déclarations de Donald Trump lui-même qui ne ferme plus la porte à une négociation, la position très dure initialement annoncée pourrait évoluer au fil des semaines vers des compromis.
Toujours est-il que les observateurs tentent déjà d'évaluer les dégâts pour l'activité smartphones de Huawei en prédisant une chute de ses ventes allant de 4% à près de 25% cette année, en fonction du maintien ou non de Huawei en liste noire.
La fourchette est large et l'estimation elle-même représente un exercice hautement spéculatif tant les inconnues restent nombreuses dans cette équation. Si Huawei perdait l'accès aux services mobiles de Google au sein d'Android, certains analystes anticipent même une nouvelle chute des ventes de plus de 20% l'an prochain, malgré les possibilités d'alternatives mises en avant par le groupe chinois.
Ce dernier résisterait néanmoins au choc grâce à sa forte présence sur son marché national mais il lui faudrait plusieurs années pour se passer complètement des technologies occidentales, alors que certains composants et une partie de la propriété intellectuelle ne sont disponibles qu'aux Etats-Unis.
Le temps de trouver des parades à ces difficultés, Huawei pourrait "disparaître en tant qu'acteur mondial pendant quelque temps", estiment les analystes. Cela pourrait aussi avoir un impact sur le déploiement mondial de la 5G, le groupe chinois étant en tête avec une quarantaine de contrats signés.
Selon une déclaration du président américain, l'embargo contre le constructeur chinois servirait de monnaie d'échange pour des accord économiques.
Depuis le début de la semaine, les mauvaises nouvelles s'enchaînent sans discontinuer pour Huawei. Au point de s'interroger sur l'avenir même du géant chinois. Pour rappel, on apprenait le week-end dernier que Huawei avait été placé sur un liste noire par le gouvernement américain, suite à un décret promulgué par Donald Trump, qui accusait plus ou moins ouvertement le constructeur d'espionnage pour le compte de l'Etat chinois. Frappé par un embargo à effet immédiat, Huawei s'est vu ainsi interdit d'utiliser des produits technologiques américains, ce qui l'a privé de la licence Android et des multiples services de Google, mais aussi des puces d'Intel, de Qualcomm et de Broadcom (voir actualité). Microsoft a rejoint le mouvement, en retirant à Huawei le droit d'intégrer Windows 10 et ses autres logiciels dans ses ordinateurs.
Et d'autres entreprises, pourtant non-américaines, ont suivi. L'Allemand Infineon, mais aussi les Japonais Toshiba et Panasonic, ont rompu leurs relations commerciales avec le constructeur chinois, le privant de précieux composants électroniques, en particulier de mémoire. Pire, la société britannique ARM a coupé tous les ponts avec Huawei, l'empêchant d'utilisation son architecture pour réaliser ses propres processeurs (voir actualité). Un coup de grâce, qui pourrait empêcher le géant chinois de mettre en place sa solution de secours, en utilisant un système d'exploitation maison pour remplacer Android, et ses propres puces Kirin pour équiper ses mobiles.
Cet amoncellement de problèmes a bien évidemment un impact sur les millions d'utilisateurs de produits Huawei à travers le monde. Certes, le gouvernement américain a bien accordé un sursis de trois mois permettant notamment au constructeur chinois d'utiliser et de mettre à jour les produits et services Google jusqu'au 19 août. Mais, malgré les promesses de Huawei et le soutien de l'Etat chinois, la suite est encore très flou. Et de nombreux clients commencent à lâcher la marque. Certains opérateurs de téléphonie comme Vodaphone retirent les modèles Huawei de leur catalogue. Et de nombreuses boutiques Philippines et à aux Singapour refusent désormais de rependre les mobiles de la marque. Seul industriel à soutenir encore Huawei : TSMC, le fabricant de circuits intégrés, qui a promis de continuer à produire des puces pour les constructeur chinois. Un soutien bienvenu, mais qui ne suffira sans doute pas.
Bref, si les mauvaises nouvelles continuent de se succéder à ce rythme, l'affaire pourrait bien signer l'arrêt de mort de Huawei. A moins que les Américains ne changent d'avis. Car il est fort probable que cet embargo ne soit finalement qu'une manœuvre tactique destinée à peser sur les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Et ce que certains observateurs soupçonnaient semble se révéler vrai. Lors d'une réunion à la Maison Blanche hier, Donald Trump a en effet laissé entendre que les mesures de rétorsion contre Huawei pourraient tout simplement sauter si un accord favorables aux Etats-Unis était trouvé, prouvant ainsi que les deux dossiers sont intimement liés. De là à penser que toute et affaire n'est qu'un gigantesque coup de bluff dont le président américain a le secret, il n'y a qu'un pas. Mais quelle que soit son issue, cette affaire risque de laisser des traces profondes dans les relations entre industriels. Suite au prochain épisode.
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo affirme que Ren Zhengfei, fondateur du groupe Huawei, ment lors qu'il affirme que le groupe chinois n'est pas lié directement aux autorités de son pays.
Face aux critiques concernant la sécurité de ses produits, qu'il s'agisse de smartphones ou d'équipements télécom, le groupe Huawei affirme depuis toujours que l'entreprise n'est pas pilotée par le gouvernement chinois et que sa structure appartient à ses salariés.
Le socle de cette affirmation avait été remis en question par une étude relevant qu'un opaque syndicat y détient un important pouvoir de décision et que ce dernier est relié au gouvernement chinois.
Il s'agissait aussi sans doute d'un prélude pour justifier la campagne de lobbying anti-Huawei en Europe à propos de la 5G et la plainte pour fraude et vol de technologie.
Son fondateur, Ren Zhengfei (par ailleurs ancien cadre de l'Armée populaire chinoise), avait encore affirmé l'indépendance de son entreprise vis à vis du pouvoir chinois ces derniers mois lorsque les Etats-Unis se sont montrés plus menaçants vis à vis de Huawei.
Maintenant que le décret mettant l'entreprise chinoise sur liste noire est signé et a des conséquences directes sur les relations commerciales entre Huawei et les entreprises nord-américaines mais aussi d'autres groupes internationaux, les masques et les préventions tombent.
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a accusé Ren Zhengfei de mensonge à propos de la prétendue indépendance de Huawei vis à vis du pouvoir chinois : "L'entreprise est étroitement liée non seulement au pouvoir chinois mais aussi au parti communiste chinois", a-t-il affirmé à CNBC.
Et quand Ren Zhengfei affirme, pour rassurer, qu'il ne partagera jamais les données des utilisateurs, Mike Pompeo réplique : "c'est juste faux. Dire qu'ils ne travaillent pas avec le gouvernement chinois est une déclaration fausse. Ce leur est imposé par la législation chinoise. Le CEO de Huawei, sur ce point au moins, ne dit pas au peuple américain la vérité, pas plus qu'au reste du monde".
Et d'indiquer que le blocage des relations commerciales ne fait que commencer et que d'autres entreprises y viendront. L'argument est aussi politique, avec l'accusation de l'utilisation de moyens fournis par des entreprises high-tech chinoises pour opprimer certaines minorités en Chine, ce qui pourrait amener le fabricant de caméras de surveillance Hikvision sur la fameuse liste noire.
Pendant que la campagne américaine de dénigrement de Huawei se poursuit, la réponse standard de ce dernier sur sa neutralité et l'absence de contrôle direct du pouvoir chinois risque donc de ne plus suffire.
Les conséquences du décret signé par Donald Trump contre Huawei continuent de se déployer. Les groupes japonais Panasonic et Toshiba suspendent leurs livraisons au fabricant chinois et à ses filiales.
Dans le prolongement du décret signé par Donald Trump faisant passer Huawei en liste noire, les désaffections se multiplient, et pas seulement venant des entreprises nord-américaines.
Toshiba logoAprès le coup dur venant de ARM, ce sont les groupes japonais qui commencent à interrompre leurs relations commerciales avec le géant chinois. Le groupe Panasonic a suspendu sa collaboration avec Huawei et ses dizaines de filiales et c'est aussi le cas de Toshiba, rapporte le Nikkei.
Ce dernier étant un gros fournisseur de composants mémoire, c'est une nouvelle difficulté qui se présente face au fabricant de smartphones et d'équipements télécom.
Il s'agit toutefois ici aussi d'une suspension des relations le temps d'y voir plus clair. Elles pourraient reprendre s'il apparaît que les activités en question sont hors du périmètre du décret américain ou si le cadre de la sanction touchant Huawei est assoupli.
Ces coups de frein auront sans doute des conséquences sur les bilans financiers mais Toshiba estime pour le moment qu'elles resteront limitées.
Après Google, plusieurs entreprises ont coupé les ponts avec Huawei, dont le britannique ARM qui conçoit l'architecture des processeurs de ses smartphones.
Washington estime que Huawei est à la solde de Pékin et menace sa sécurité nationale
Benjamin Hue - Journaliste RTL publié le 23/05/2019 à 15:28
Le placement de Huawei sur la liste noire des sociétés suspectes auxquelles il est interdit de vendre des technologies par l’administration de Donald Trump provoque un effet domino mondial. Après le gel des échanges commerciaux avec Google, qui privera les smartphones du géant chinois du système Android qui équipe la grande majorité des téléphones dans le monde, plusieurs entreprises sont sur le point de prendre leurs distances avec la firme de Shenzhen pour se conformer au droit américain.
L’annonce la plus spectaculaire vient de l’entreprise britannique ARM qui a indiqué mercredi qu’elle allait stopper tous les contrats et les supports en cours pour se mettre en règle avec les dernières régulations mises en place par le gouvernement américain.
Propriété du japonais Softbank, ARM est un partenaire incontournable pour les fabricants de smartphones. C’est lui qui conçoit l’architecture des processeurs développés par Apple (A12), Samsung (Exynos) et Huawei (Kirin) mais aussi par Qualcomm (Snapdragon). La société britannique utilise pour cela des technologies brevetées aux États-Unis et est donc soumise aux mêmes restrictions que les entreprises américaines.
Envoyer un mail, regarder un film en streaming ou faire une recherche sur Google semblent être des activités anodines. Pourtant, tous ces gestes ont un impact sur la planète. Environ 4% de émissions de gaz à effet de serre sont liées à l'activité numérique. Cette pollution a même dépassé celle provoquée par le transport aérien.
Ainsi, en appuyant sur le bouton "rechercher" de Google, vous émettez l'équivalent de 5 à 7 grammes de CO2, soit l'énergie nécessaire pour faire fonctionner les machines qui envoient, transportent et stockent les informations.
D'après l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), 47% des émissions de gaz à effet de serre générées par le numérique sont dues aux équipements des consommateurs, comme les ordinateurs ou les smartphones. Quelques conseils pour réduire votre empreinte carbone liée au numérique.
L'ADEME estime que "faire durer nos équipements numériques constitue le geste le plus efficace pour diminuer leurs impacts". Les Français changent souvent de téléphone portable ou d'ordinateur alors que l'ancien fonctionne encore, en raison d'un phénomène de mode ou d'une offre promotionnelle.
Pour l'organisation, utiliser une tablette ou un ordinateur pendant quatre ans au lieu de deux améliore de 50% son bilan environnemental. Elle conseille également de donner ou vendre ses appareils inutilisés pour leur donner une deuxième vie, et de privilégier l'achat de matériel d'occasion ou reconditionné.
Lorsque vous n'utilisez pas votre ordinateur ou votre console de jeu pendant une longue période, par exemple des vacances, éteignez-les et débranchez-les. Des appareils branchés, même éteints, continuent de consommer.
De tous les appareils numériques, la box internet est celui qui utilise le plus d'énergie : elle consomme six fois plus qu'un téléviseur. L'ADEME recommande d'éteindre sa box au lieu de la mettre en veille. Cela permettrait d'économiser 30 euros d'électricité par an.
Le stockage des mails est responsable d'une "pollution dormante" : un message conservé dans une boîte courrier fait tourner des serveurs de Gmail, Yahoo ou encore Outlook en permanence. Gardez donc seulement ce qui est nécessaire.
Il est recommandé de supprimer tous vos spams et d'installer un logiciel anti-spam, mais aussi vous désabonner des newsletters qui encombrent les messageries.
Une recherche sur Google ou Yahoo consomme elle aussi de l'énergie. Elle fait appel à plusieurs "data centers", centres de traitement des données, qui abritent des serveurs et de systèmes de stockage. Lors d'une requête, les data centers sont sollicités à plusieurs reprises : pour accéder à la page d'accueil du moteur de recherche, pour voir les résultats trouvés et enfin pour accéder au site sélectionné.
Mieux vaut donc taper directement l'adresse du site lorsqu'on la connaît, créer des favoris pour les plus consultés et d'utiliser des mots-clés précis pour tomber sur le bon résultat du premier coup.
Les États-Unis calment le jeu avec Huawei. Quelques jours après la mise sur liste rouge du géant chinois de la téléphonie par le Département du commerce américain, l'administration de Donald Trump est finalement revenue sur une partie des interdictions imposées au géant chinois des télécoms, lundi 20 mai. Le secrétaire au Commerce a accordé une exception au régime de sanctions d'une période de 90 jours afin de laisser le temps à la firme de Shenzhen et à ses partenaires commerciaux de s'adapter. Google pourra par exemple continuer de fournir des mises à jour de son système d'exploitation Android aux détenteurs de smartphones Huawei jusqu'au 19 août.
Ce geste vise à atténuer l'impact immédiat du gel des relations commerciales de Huawei avec ses fournisseurs américains. "Cette licence générale temporaire donne au [secteur] le temps de s’organiser autrement et au ministère [du commerce] la possibilité de déterminer les mesures appropriées à long terme pour les entreprises de télécommunication américaines et étrangères qui se servent aujourd’hui des équipements d’Huawei pour certains services essentiels", a fait savoir le secrétaire au commerce, Wilbur Ross.
Huawei est également en discussion avec Google pour trouver une solution au gel de ses liens commerciaux avec le géant américain. "Google est une bonne entreprise et une entreprise hautement responsable. Google et Huawei sont en discussion pour chercher une réponse", a déclaré le fondateur du groupe chinois, Ren Zhengfei, dans un entretien à des médias chinois. Le dirigeant a par ailleurs jugé que "le personnel politique américain, par ses façons de faire, montre qu'il sous-estime notre force", assurant que "la 5G de Huawei ne sera absolument pas affectée" par ces mesures.
Même avec les 90 jours de battement retardant l'effet du décret Trump, Huawei risque de rencontrer des problèmes d'approvisionnement en composants pour ses futurs smartphones. Le groupe chinois fait cependant des stocks depuis plusieurs mois.
La signature du décret plaçant le groupe Huawei sur liste noire et bloquant une bonne partie de ses relations commerciales avec les entreprises high-tech US au nom de l'urgence nationale a créé un choc dans l'industrie mobile et annonce des inflexions de stratégie de grande ampleur.
L'effet du décret a été repoussé de 90 jours pour laisser à Huawei la possibilité de maintenir son activité actuelle et ne pas pénaliser les clients et utilisateurs de ses équipements et smartphones mais la question se pose de la disponibilité des composants pour ses prochaines générations de smartphones, ordinateurs et autres produits électroniques.
La mise en application du décret n'est pas une totale surprise. Dès fin 2018, Donald Trump évoquait son intention de recourir à cette arme puissante dans la guerre économique opposant les Etats-Unis à la Chine.
Le groupe Huawei a donc pris les devants et commencé à partir de ce moment à stocker des composants pour faire face à un éventuel barrage des accès aux approvisionnements.
Selon le site Digitimes, La firme chinoise peut tenir avec les réserves accumulées depuis fin 2018 jusqu'à la fin de l'année. Les sources d'approvisionnement taiwanaises ont d'ailleurs été priées de livrer en avance leurs composants durant le premier trimestre 2019.
Mais cela ne résoudra pas tous les problèmes. Le fondeur taiwanais TSMC, qui souffre déjà du tassement des ventes de smartphones, s'attend désormais à une chute des commandes venant de HiSilicon / Huawei si le décret américain est appliqué à la lettre ces prochains trimestres.
Cela pourrait aussi avoir des répercussions sur les ventes d'iPhone en Chine, en représailles aux vexations de Trump, alors que TSMC produit aussi les SoC Apple Ax des appareils mobiles d'Apple.
Frappé d'un embargo américain, le constructeur chinois dispose d'un répit de 90 jours pour mettre à jour ses produits. Et préparer la suite.
Comme nous l'expliquions hier (voir actualité), le gouvernement de Donald Trump a placé Huawei sur une liste noire. Interdit de s'approvisionner en produits technologiques américains, le constructeur chinois ne plus acheter de composants électroniques chez des fournisseurs comme Intel, Qualcomm ou Broadcom, ni même, et c'est plus grave encore, intégrer les logiciels et les services de Google à ses produits. Une situation qui a semé la panique chez les nombreux utilisateurs de smartphones et de tablettes signées Huawei - ou Honor, sa filiale – qui craignent d'être privés d'applications et, surtout, de mises à jour.
Après avoir rassuré les possesseurs d'appareils en circulation, en leur garantissant l'accès aux services d'Android, comme l'a confirmé Google (voir actualité), Huawei a réagi en promettant avoir d'autres solutions en réserve, à la fois pour le logiciel et le matériel. "S'il y a un embargo sur l'approvisionnement, nous avons une solution de secours", a déclaré Ren Zhengfei, le fondateur de Huawei, à la presse chinoise. On sait en effet que l'industriel a depuis longtemps dans ses cartons n projet de système d'exploitation maison et qu'il peut s'appuyer sur sa filiale HiSilicon pour lui fournir des composants sur mesure.
Mais alors que le géant se prépare au pire, on apprenait aujourd'hui par voie officielle que le département du Commerce américain avait décidé de lui accorder un sursis de 30 jours. Un délai pendant lequel Huawei pourra encore se fournir chez des sociétés américaines afin d'entretenir son parc d'appareils et, surtout, ses équipements réseau, très utilisés dans le monde et en particulier aux Etats-Unis. Bien entendu, cette période de grâce à des fins de maintenance garantit aux utilisateurs de produits Huawei et Honor l'accès aux mises à jour d'Android et des autres services de Google jusqu'au 19 août prochain. Mais, même si cette dérogation est en principe reconductible, rien n'est dit sur l'avenir. Et il y a fort à parier pour que la situation continue d'évoluer à un rythme frénétique.
Ce qui semble clair aux yeux des observateurs les plus avertis, c'est que cette affaire est intimement liée aux négociations commerciales que les Etats-Unis mènent actuellement avec la Chine. Pour certains esprits critiques, il ne s'agirait que d'un moyen pour Donald Trump de faire pression sur les autorités chinoises. Et ce sursis surprise accordé après la sanction ne serait qu'une monnaie d'échange pour inviter le gouvernement de Pékin à faire des concessions.
Quoi qu'il en soit, la décision américaine est lourde de conséquences pour le monde entier, notamment en Europe et en France –on compte près de 4 millions d'appareils Huawei et Honor en circulation dans l'Hexagone. Car si le blocage perdure au delà du sursis, il est possible que des consommateurs abandonnent la marque chinoise pour des concurrents qui ne seront pas pénalisés, afin de suivre l'évolution technologique et continuer à utiliser leurs services habituels. Soutenu par son pays, le géant chinois, quoique pénalisé, semble confiant, assurant même que cet embargo ne l'empêchera pas de déployer la 5G, un secteur où il reste en avance nette sur les autres acteurs. En attendant un dénouement, le bannissement de Huawei pourrait faire, au moins temporairement, les affaires de Samsung et d'Apple, tous deux malmenés l'an dernier par les ventes colossales du groupe chinois. Souhaitons toutefois que cette histoire ne soit finalement qu'une menace destinée à peser dans les négociations.
uite à l'embargo américain, de nombreux utilisateurs de produits Huawei et Honor s'inquiètent de la disparition d'Android et des applis Google.
L'annonce fait grand bruit depuis sa publication (voir actualité). Placé sur la liste noire des Etats-Unis, Huawei ne pourra plus se fournir chez des éditeurs et des constructeurs américains. Et comme Google a déjà rompu son contrat, le géant chinois ne pourra plus intégrer Android ainsi que les applis Google sur ses prochains produits. De quoi créer la paniquer chez les possesseurs actuels de smartphones ou de tablettes Huawei – ou Honor, sa filiale –, qui craignent à juste titre de ne plus pouvoir utiliser le système d'exploitation mobile ainsi que les incontournables applications Google livrées en standard, comme Gmail, Google Maps, Google Assistant ou encore Docs, sans oublier l'indispensable Play Store, la boutique d'applis.
Huawei s'est voulu rassurant dans un communiqué officiel. "Huawei a largement contribué au développement et à la croissance d’Android dans le monde entier. Nous sommes l’un des partenaires clé d’Android et nous avons travaillé en étroite collaboration avec sa plateforme open source afin de développer un écosystème bénéficiant à la fois aux utilisateurs et au secteur.
Huawei continuera à fournir des mises à jour de sécurité et des services après-vente à tous les smartphones et tablettes des marques Huawei et Honor qui existent, y compris ceux déjà vendus ou en stock dans le monde.
Nous continuerons à construire un écosystème logiciel sûr et durable, afin de fournir la meilleure expérience possible aux utilisateurs du monde entier."
En clair, les possesseurs actuels de produits Huawei ou Honor pourront continuer d'utiliser leurs appareils normalement, en profitant des mises à jour de sécurité d'Android. Ce que Google a officiellement confirmé dans un tweet, en précisant que "les services tels que Google Play et Google Play Protect continueront de fonctionner sur les terminaux existants". Pas d'inquiétude à avoir donc pour le présent.
En revanche, comme le souligne très justement The Verge, rien n'est garanti pour l'avenir. Et si l'on peut présumer que les prochains modèles signés Huawei ou Honor n'embarqueront aucun logiciel Google, il est également probable que les modèles actuels ne puissent pas bénéficier des futures versions d'Android – notamment la version 10 (Q) –, comme cela étant pourtant prévu, et qu'ils restent bloqués à Android 9 (Pie). Il faut espérer que les relations entre Google et Huawei, et, plus globalement, entre les les États-Unis et la Chine, se débloque rapidement pour que la situation évolue. Affaire à suivre donc.
Face au choc créé par l'annonce de l'interruption de certaines activités entre Google et Huawei, le groupe chinois apporte quelques précisions sur les mises à jour de ses smartphones.
La guerre économique entre les Etats-Unis et la Chine a pris une nouvelle tournure à la suite du décret présidentiel américain mettant Huawei en liste noire et l'empêchant de maintenir des activités avec des entreprises US.
Les conséquences sont déjà concrètes avec l'interruption des livraisons de composants électroniques conçus par des groupes high-tech nord-américains et le blocage de certaines activités avec Google, ce qui va conduire ce dernier à ne plus proposer ses services mobiles sur Android.
Cela ne signe pas la fin de la plate-forme mobile chez Huawei mais cette situation va poser beaucoup de question pour les possesseurs, actuels et à venir, de smartphones Huawei.
Le groupe chinois commence à apporter des éléments de réponse en indiquant que rien ne devrait changer pour les utilisateurs actuels concernant les mises à jour et correctifs de sécurité d'Android.
Pour les smartphones Huawei mais aussi Honor déjà commercialisés, les services mobiles de Google resteront assurés, au moment à court terme. Ce sera aussi le cas pour les équipements télécoms achetés par les opérateurs US régionaux, afin de ne pas créer de rupture d'activité.
C'est plutôt pour les prochaines générations de smartphones que la question se pose et, pour le moment, Huawei n'y apporte pas de réponse.
Les smartphones des deux marques commercialisés en Chine exploitent déjà Android sans les services de Google et ont des applications alternatives, mais l'absence des services officiels de Google, à commencer par le portail Google Play, va sans doute constituer une vraie difficulté pour les activités commerciales des deux marques hors de Chine, et c'est en Europe, marché hautement stratégique pour le groupe chinois, que les conséquences risquent d'être les plus visibles.
Après le décret anti-Huawei, Google est contraint de limiter grandement sa collaboration avec le constructeur chinois.
Par Grégory Rozières
TECHNO - C’est un énorme coup dur pour Huawei. Google est en train de suspendre sa collaboration avec l’entreprise, a-t-on appris de plusieurs sources ce lundi 20 mai. Or, les smartphones de Huawei fonctionnent tous avec Android, le système d’exploitation de Google.
C’est donc un véritable tremblement de terre pour le constructeur, accusé par Donald Trump d’être à la solde du gouvernement chinois. La décision de Google fait suite à la publication, le 16 mai, d’un décret plaçant Huawei (et d’autres sociétés chinoises) dans la liste des entreprises représentant un risque pour la sécurité nationale.
Mais qu’est-ce que cette rupture entre Google et Huawei veut dire pour les utilisateurs de ces smartphones? Car s’ils ne sont pas vendus aux Etats-Unis, les (très performants) téléphones de Huawei sont partout en Europe et en France: c’est l’une des trois plus grandes firmes, avec Samsung et Apple. Et c’est également l’un des meilleurs constructeurs de smartphones, selon les tests du HuffPost.
Contacté par Le HuffPost, un porte-parole de Google précise que la société “respecte le décret et examine les implications”. Quant aux utilisateurs actuels, la société se veut rassurante: “Pour les utilisateurs de nos services, Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants”.
Qu’est-ce que cela veut dire, concrètement? Des sources internes nous précisent que Google doit, légalement, arrêter tout transfert de technologies (physiques comme logicielles) avec Huawei, sauf si celles-ci sont publiques et libres.
Huawei pourrait donc continuer à utiliser le système d’exploitation Android dans le futur... ou plus spécialement sa version “open source”. Gigantesque problème pour Huawei: cette version d’Android n’intègre pas les applications made in Google. Pas de Gmail, pas de Chrome ou Youtube. Mais surtout, et c’est là le nœud de l’affaire, pas de Google Play. Cet équivalent de l’Apple Store est la pierre angulaire de l’écosystème Android, c’est par cette application que l’utilisateur a accès à des millions d’applications très facilement, d’Uber à Fortnite en passant par celle du HuffPost.
Ces applications peuvent être téléchargées sur d’autres magasins d’applications. Huawei travaille d’ailleurs sur le sien. Mais le Google Play est aujourd’hui la seule vraie porte d’entrée, avec l’Apple Store, à la majorité des applications smartphones.
Mais si vous avez déjà acheté un smartphone Huawei, n’ayez pas d’inquiétude. Le compte Twitter d’Android a précisé que “les services comme Google Play et les services de sécurité comme Google Play Protect continueront de fonctionner sur vos produits Huawei existants”.
For Huawei users' questions regarding our steps to comply w/ the recent US government actions: We assure you while we are complying with all US gov't requirements, services like Google Play & security from Google Play Protect will keep functioning on your existing Huawei device.
— Android (@Android) May 20, 2019
De même, nous précise une source interne, les mises à jour d’applications sur Google Play seront toujours autorisées, car elles ne requièrent pas d’interactions entre Huawei et Google.
Concernant les mises à jour globales d’Android (qui permettent d’accéder à de nouvelles fonctionnalités, mais corrigent également des bugs et des failles de sécurité), il faudra d’abord qu’elles soient disponibles sur la version open source d’Android, puis que Huawei les mette à jour via leurs propres services. Reste à voir si cela ralentira les mises à jour.
Pour l’instant, impossible de savoir jusqu’à quand les smartphones à venir seront toujours autorisés à utiliser le magasin d’applications de Google. Justement, le Honor 20, de la marque filiale de Huawei, doit être dévoilé fin mai.
De son côté, l’entreprise chinoise a précisé: “Huawei continuera d’apporter les mises à jour de sécurité et d’assurer les services d’après-vente à tous les smartphones et tablettes déjà vendus et tous ceux disponibles sur le marché à travers le monde. Nous continuerons de construire un écosystème logiciel sécurisé et durable afin d’apporter la meilleure expérience à tous les utilisateurs dans le monde”.
Dans la foulée du décret présidentiel de Trump, Huawei ne peut plus aussi facilement faire affaire avec des entreprises américaines. Et cela commence avec le retrait de sa licence Android par Google.
En signant le décret mettant les équipementiers chinois à l'écart au nom de l'"urgence nationale", le président des USA Donald Trump s'assure que ces derniers ne seront pas présents au coeur des réseaux de télécommunication 5G mais cela conduit aussi à impacter les relations de Huawei (et sa marque Honor) avec les entreprises US qui lui fournissent des composants et des services.
Android 9 Pie logo
L'une des conséquences immédiates, révélée par l'agence Reuters, est que Google a révoqué la licence Android de Huawei et de Honor !
Si les services mobiles, comme le portail Google Play, Gmail ou Youtube, continueront de fonctionner sur les smartphones existants, le fabricant pourrait ne plus pouvoir les proposer sur de futurs appareils mobiles.
Il n'aurait alors d'autre choix que de se tourner vers la version open source AOSP (Android Open Source Projet) avec une limitation dans les possibilités naturellement offertes par Android mais aussi une mise à disposition des correctifs de sécurité seulement quand ces derniers sont disponibles sur AOSP.
Les fournisseurs de composants stoppent les approvisionnements
Mais ce ne sont pas les seules conséquences puisque les fournisseurs de composants américains mais aussi européens sont en train de revoir leurs accords d'approvisionnement de puces pour Huawei et Honor.
Intel, Qualcomm, Broadcom aux Etats-Unis mais aussi Infineon et STMicroelectronics en Europe ont commencé à suspendre les livraisons de composants, vers le groupe chinois.
Des discussions sont en cours pour décider dans quelle mesure ces restrictions, qui fragilisent aussi les acteurs concernés, seront appliquées. Reuters rapporte déjà que les fabricants de semiconducteurs européens connaissent déjà un coup de froid boursier consécutif à ces annonces.
Et la question des observateurs du marché après l'annonce du décret présidentiel prend d'autant plus d'acuité : comment Huawei réussira à organiser son approvisionnement sans accès aux grands fournisseurs occidentaux ? Le problème ne devrait pas être sensible immédiatement, dans la mesure où le fabricant a fait des stocks face à la montée des menaces pesant sur lui mais il faudra bien trouver des solutions.
Une existence est-elle possible hors Android ?
La rumeur d'un OS mobile alternatif préparé par Huawei en cas de perte de son accès à Android, évoquée depuis plusieurs années, pourrait éventuellement constituer une issue de secours de court terme mais la perte de la licence Android risque de porter un coup d'arrêt au succès de Huawei, sur les marchés internationaux au moins.
Le groupe dispose tout de même déjà de services alternatifs (qu'on accuse souvent de doublonner les services de Google dans les tests de smartphones) qui pourront prendre le relais de ceux qui deviendront inaccessibles. La domination mondiale d'Android est toutefois tellement massive qu'il faudra sans doute au fabricant chinois un temps d'adaptation à cette nouvelle donne.
Si le marché télécom chinois sait déjà se passer d'Android, au moins dans une certaine mesure, l'absence des services de la plate-forme mobile de Google / Alphabet risque d'être plus difficile à faire accepter sur les marchés internationaux. La forte expansion de Huawei ces dernières années pourrait trouver là un coup d'arrêt.
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Suite à une décision du gouvernement Trump, Huawei ne pourra plus acheter de produits américains. Un coup très dur pour le géant chinois, et pour ses clients.
C'est un coup de tonnerre qui frappe le monde la high-tech aujourd'hui. Selon des informations publiées par Reuters et Blooberg, Huawei ne pourra plus se fournir chez Google, Intel, Qualcomm, Broadcom, Micron Technology et Western Digital. Placé sur une liste noire par le président Donald Trump, le constructeur chinois n'a plus le droit d'acheter des technologies américaines sans un accord du gouvernement. Une décision brutale qui marque une nouvelle étape dans la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, et qui fait suite aux accusions d'espionnage dont Huawei fait l'objet depuis plusieurs mois. Et qui risque de pénaliser très rapidement les clients du géant chinois dans le monde entier...
Concrètement, Google aurait déjà coupé les ponts avec Huawei, en bloquant notamment l'accès à toutes les fonctions liées à Android. Selon Reuters, le constructeur chinois n'aurait plus accès aux mises à jour d'Android et ne pourrait plus intégrer en standard les applis et les services Google (Gmail, Google Maps, Chrome, etc.), en particulier le Play Store, dans ses prochains smartphones et tablettes. Un véritable coup de massue qui priverait Huawei de tout l'écosystème Android.
Dans le même temps, et toujours suite aux ordres de l'administration Trump, plusieurs constructeurs de semiconducteurs et de composants électroniques comme Intel, Qualcomm, Broadcom, Micron Technology et Western Digital n'ont plus le droit de fournir des produits à Huawei. Le fabricant chinois ne pourrait ainsi plus intégrer de modem Qualcomm dans ses smartphones ni de processeurs Intel dans ses ordinateurs et ses serveurs. Là encore, c'est un coup dur pour Huawei, qui se voit privé de composants indispensables. D'autant que des fournisseurs européens pourraient suivre, dans la lignée de l'Allemand Infineon qui a décidé de plus vendre de mémoire au géant chinois, comme le révèle Nikkei.
Accusé depuis des mois d'espionnage pour le compte du gouvernement chinois (voir actualité), Huawei se retrouve au coeur de la tourmente. Et d'une féroce guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Il faut reconnaître que Huawei occupe une position stratégique aujourd'hui dans le domaine de la high-tech. Car si le géant chinois occupe la deuxième place mondiale des constructeurs de smartphones, il est aussi, et surtout, en première ligne pour la 5G. Une position qui inquiète les Américains, car, outre les accusations sur la présence supposée de portes dérobées dans les équipements de télécommunications installés dans le monde entier, la position dominante de Huawei dans l'univers de la 5G pourrait poser des problèmes d'indépendance et de sécurité dans la mesure où cette technologie va se déployer dans toutes les applications du quotidien, de la télévision mobile à la voiture autonome en passant évidemment par tous les services Internet.
Face à ces décisions de blocage, Huawei se retrouve aujourd'hui dans une situation inédite et délicate. Si le contrat avec Google est effectivement rompu, il faudra que le géant chinois mette en place très rapidement des solutions de secours. Il pourrait notamment utiliser son système d'exploitation maison, qui serait en développement depuis des années, sur une base open source d'Android. Mais il lui faudrait aussi mettre en place une alternative au Play Store pour diffuser des applis, et bâtir une nouvel écosystème, ce qui n'est pas gagné. Idem du côté des composants. Le constructeur chinois dispose déjà de sa propre filiale spécialisée, HiSilicon, qui fabrique notamment des processeurs multifonctions pour ses produits mobiles : des SoC qui n'ont rien à envier en termes de performances aux modèles signés Apple ou Qualcomm. Mais quid du reste, et en particulier des puces pour PC ?
Surtout, les décisions américaines pourraient avoir des conséquences concrètes à très court terme sur les clients de Huawei, nouveaux comme anciens. Car, mondialisation oblige, le constructeur chinois vend ses produits sur toute la planète, y compris en Europe et en France, où il occupe aujourd'hui une place enviable. Si Huawei n'a plus accès aux applis et aux services de Google, il en ira de même pour de très nombreux utilisateurs, qui pourraient se voir ainsi privés de mises à jour.
Nul doute que le constructeur et le gouvernement chinois vont rapidement réagir pour trouver des solutions et riposter au blocage américain qui risque de faire vaciller tout un pan de l'économie. Les prochaines heures seront mouvementées...