Huawei pourrait prochainement lancer son propre système d'exploitation pour répondre à la révocation de sa licence Android, et cela pourrait intervenir avec le lancement du Mate 30 au mois de septembre.
Dès la rentrée de septembre 2019, Huawei pourrait ainsi lancer son Mate 30 équipé du tout nouveau système alternatif à Android en développement depuis quelques années déjà.
Les tensions entre la Chine et les USA ont encouragé Huawei à développer un plan B depuis des années, et la marque a visiblement eu raison puisque, rappelons-le, il y a quelques semaines, Google était contraint de révoquer la licence Android de la marque chinoise. Cela implique que Huawei ne pourra plus sortir de smartphones sous Android à moins d'opter pour Android AOSP sans les services spécifiques de Google, une situation difficile à encaisser puisque les utilisateurs européens sont particulièrement attachés à ces services.
Selon Huawei Central, Huawei devrait ainsi lancer son propre OS au mois de septembre lors du lancement de son Mate 30. Richard Yu, PDG de Huawei, avait annoncé que le lancement de l'OS maison interviendrait en Chine au 4e trimestre de cette année, avant un déploiement mondial au premier trimestre 2020.
Le site évoque deux dates possibles pour ce lancement : le 10 et le 22 septembre prochain, reste à savoir si la situation avec Google sera arrangée d'ici là, quoi qu'il en soit, Huawei assure sa position et pourrait à son tour faire le choix de ne plus revenir en arrière.
On nous a accusés lors des longs débats sur la directive copyright, d’une part, de faire le jeu des GAFAM, d’autre part, de ne pas penser aux auteurs, aux autrices, aux journalistes, aux pigistes, à tous ces métiers de la création.
D’abord, il faut dire que tout n’est pas mauvais dans la directive copyright. Certains points sont positifs, par exemple ce qui relève de la protection du domaine public, trop souvent détourné.
Ensuite, ce sont surtout les articles 15 (ex 11), sur les liens vers les articles de presse, et 17 (ex 13), sur le partage de contenus, qui sont problématiques et auxquels beaucoup de personnes, d’associations de défense des libertés, et les Partis Pirates de toute l’Europe, se sont opposés.
Pour les défenseurs de ces articles, dont le discours a largement été repris par les médias, il s’agissait d’un combat binaire : d’un côté les créateurs et ayants-droit, de l’autre les géants d’Internet, où il fallait rééquilibrer où allait l’argent, le « partage de valeur ». Si on était contre les articles 15 et 17, on était forcément pour les GAFAM.
Or… ce n’est pas si simple. Sur Internet, contrairement à ce que disent les lobbyistes des ayantsdroit, il y a beaucoup d’autres personnes, des citoyens, des associations, des sites communautaires, des entreprises, qui vont souffrir des articles 15 et 17.
Donc, on peut être contre les articles 15 et 17 tout en n’étant pas non plus grand ami des GAFAM. Il y a même d’excellentes raisons de penser que les articles en question vont, en réalité, avantager les GAFAM. Mais c’est une autre histoire, nous ne la développerons pas ici.
Maintenant, parlons des créateurs. La directive copyright ne dit pas grand-chose pour les protéger. Elle est écrite pour appuyer les ayants-droit dans leurs négociations de licence auprès des géants d’Internet. Elle suppose ensuite que ce qui profite aux ayants-droit profitera forcément aux créateurs. On sait que ce n’est pas si simple. Des sociétés d’auteurs qui ont défendu la directive reconnaissent maintenant que son adoption et sa transposition ne leur apporteront rien s’ils ne défendent pas le droit des créateurs en tant que tels.
Nous le savons, il y a un certain nombre d’intermédiaires qui se gavent sur le dos des auteurs, des autrices, des pigistes ; et la directive ne va rien changer à cette situation. Certains articles (l’article 16 notamment) affaiblissent même la position des auteurs.
Avec le temps, et quoi qu’on pense de notre société actuelle, il est de plus en plus facile de faire de la création. C’est sur cela que les intermédiaires fonctionnent : transformer une ressource abondante en une raréfaction institutionnalisée. Transformer une manne en un investissement financier.
Alors oui, plus de création c’est offrir un choix plus large pour plus de spectateurs. Mais c’est croire, encore et toujours, que l’assiette culturelle va s’agrandir de manière magique. Alors qu’en fait la seule chose que cela va faire, c’est fragmenter un peu plus les ventes.
Et qui dit fragmentation dit, par personne, moins de revenu … et donc une précarisation rampante des … auteurs, autrices, pigistes… que les éditeurs ont sélectionnés.
Les mécaniques que certains politiques mettent en place pour le compte des intermédiaires ne servent pas à protéger les producteurs de contenu, les créatifs, comme ils le pensent, mais à sanctuariser la position des éditeurs.
Donc le Parti Pirate ne lutte pas contre les auteurs ! Au contraire, nous soutenons ardemment la créativité et nous voulons protéger les créateurs des multiples prédateurs auxquels ils sont confrontés. Ce que nous constatons, c’est que l’industrie culturelle, menée par les plus gros prédateurs de la créativité, est écoutée par les gouvernements et par un certain nombre de députés européens.
Voilà pourquoi le Parti Pirate s’est opposé aux articles 15 et 17 : ils profitent à quelques-uns, mais pas aux créateurs, ni aux citoyens.
Texte écrit par Cédric Levieux et Pierre Bessac
Le Parti pirate s'étoffe au Parlement européen. Quatre sièges reviennent au mouvement, grâce au bon score du mouvement en République Tchèque et en Allemagne.
Cela se confirme scrutin après scrutin : les élections européennes réussissent bien au Parti pirate. Dimanche 26 mai 2019, le mouvement est parvenu à récupérer 4 sièges sur les 751 qui étaient en jeu. Jamais la formation politique, née au milieu des années 2000 sur des problématiques liées au droit d’auteur et aux libertés numériques, n’avait connu un tel succès à l’échelon continental.
Malheureusement pour celles et ceux qui soutenaient le Parti pirate français, ce dernier n’y est pour rien dans cette réussite électorale. C’est en effet en Europe centrale que tout s’est joué. La liste tchèque du Parti pirate est parvenue à faire élire trois des siens (Marcel Kolaja, Markétka Gregorová et Mikuláš Peksa), tandis que son homologue allemande a sécurisé le quatrième siège pour Patrick Breyer.
Trois hommes et une femme, donc, succèdent à l’Allemande Julia Reda, qui achèvera son mandat de cinq ans à la fin du mois de juin. L’intéressée avait déjà fait savoir en 2018 qu’elle ne comptait pas briguer un deuxième mandat et pris la décision au printemps 2019 de se retirer de la vie politique à cause d’une affaire de harcèlement sexuel impliquant l’un de ses collaborateurs.
Déplacement du centre de gravité
L’élection de Julia Reda en 2014, s’est avérée être le marqueur visible d’un déplacement du centre de gravité du poids politique européen du Parti pirate vers le centre du continent. Avant cette élection, c’est un pays nordique, la Suède, qui avait permis au Parti pirate d’entrer dans l’hémicycle, grâce notamment au procès très médiatisé de The Pirate Bay, le plus célèbre des sites de liens BitTorrent.
De nationalité suédoise, Christian Engström avait été élu dès 2009 avant d’être rejoint par sa compatriote Amelia Andersdotter deux ans plus tard, du fait de la ratification du traité de Lisbonne accordant un siège supplémentaire à Stockholm. Un sacré coup politique, que le Parti pirate local n’a toutefois pas réussi à reproduire cinq ans plus tard ni lors du scrutin survenu cette année.
Pour peser au Parlement européen, les quatre parlementaires du Parti pirate n’auront pas le choix : il leur faudra rejoindre l’une des grandes alliances politiques de l’hémicycle. C’est ce qu’a fait Julia Reda en s’alliant au Groupe des Verts/Alliance libre européenne, qui compte actuellement 52 sièges, jusqu’à en devenir vice-présidente. Une stratégie qui, selon elle, a été décisive.
« J’ai été l’une des eurodéputées les plus influentes de mon groupe politique. J’ai travaillé sur de nombreux textes de loi, je les ai amendés. Par exemple la fin du géoblocage pour le commerce en ligne, la réglementation sur la portabilité, la directive Copyright ou encore le nouveau code des communications électroniques », a-t-elle déclaré à France Culture, au moment de faire son bilan.
« Je me suis investie sur une dizaine de projets au cours de ces quatre dernières années ». Certes, tous les combats que la parlementaire a menés n’ont pas tous été couronnés de succès. Sur la directive européenne sur le droit d’auteur par exemple, le texte a fini par entrer en vigueur malgré la forte implication de l’eurodéputée pour lui faire barrage et, à défaut, en arrondir les angles.
« Les pirates sont le parti de la révolution numérique », écrivait-elle début 2014, avant de se faire élire. « Éduqués sur Internet, nous y faisons l’expérience de valeurs, qui imprègnent notre projet de société. Nous voulons une Europe qui sera sans frontière et nous rapprochera et non d’un Internet confiné ». À Patrick Breyer, Markétka Gregorová, Marcel Kolaja et Mikuláš Peksa de porter désormais ce flambeau.
De manière occasionnelle, intermittente ou continue, les acouphènes sont bien gênants voire handicapants pour les personnes atteintes de ce dysfonctionnement auditif. Selon un sondage Ifop réalisé en début d'année 2018, il y aurait, en France, 14 à 17 millions d'individus souffrant d'acouphènes dont 2 à 4 millions de manière permanente. Les jeunes sont particulièrement touchés : 56 % des 15-17 ans et 49 % des 18-24 ans disent en avoir déjà ressenti. La résonance de l'acouphène est très variable, tant en intensité qu'en fréquence.
À l'écoute des acouphènes
Rappelons que l'association JNA, dont les objectifs sont la prévention et la diffusion d'informations dans le domaine de l'audition, organise tous les deux ans - le deuxième jeudi du mois de mars - la « Journée nationale de l'audition » (prochain rendez-vous en 2020).
Ce dossier vous propose un tour d'horizon des symptômes, des causes et des traitements possibles des acouphènes et de leur prévention.
Retrouvez aussi une sélection d'articles publiés sur Futura autour de l'audition, de l'oreille et du bruit :
Les troubles de l'audition
Comment le son arrive-t-il jusqu’à notre cerveau ?
À la découverte de l'oreille
Musique trop forte : les jeunes intoxiqués au bruit
Le bruit et ses effets sur la santéUn essaim de 3.345 petits séismes, détectés entre 2017 et 2018, a secoué la région de Maple Creek, dans le parc national de Yellowstone, au sein duquel dort le célèbre supervolcan éponyme. Il s'avère qu'une bonne partie d'entre eux sont des répliques d'un tremblement de terre de magnitude 7,2 meurtrier, survenu soixante ans plus tôt, le 17 août 1959, d'après une étude. Pour des séismes très violents, il arrive en effet que des répliques frappent plusieurs années après. Maple Creek se trouve en-dehors de la caldeira de Yellowstone et ces secousses ne devraient pas accroître les risques d'éruption, selon le premier auteur de l'étude Guanning Pang, de l'université de l'Utah.
Les essaims sismiques sont monnaie courante à Yellowstone. Trois évènements notables de ce type, provenant du magma bougeant sous la surface, ont eu lieu entre 1985 et 2010. Le quatrième en date, celui de 2017-2018, se distingue par un nombre plus élevé de séismes, dont l'origine de certains a pu être reliée au tremblement de terre de 1959, notamment parce qu'ils s'alignent sur la même faille. Par contraste, l'alignement d'un second groupe de séismes, appartenant au même essaim mais localisé plus au sud de ceux identifiés comme des répliques, est décalé de 30° par rapport à cette faille.
Le placement de Huawei en liste noire par les Etats-Unis impose déjà des changements de stratégie, entre réduction des commandes de smartphones et report de l'objectif ultime de devenir numéro un mondial à court terme.
MaJ 19:00 : la réponse officielle de Huawei à la rumeur de baisse de production de ses smartphones : "Huawei conteste ces affirmations. Nos niveaux de production à l’échelle mondiale sont normaux, sans aucun ajustement notable."---
Avec une forte croissance de ses ventes depuis plusieurs années, le groupe Huawei était en route pour devenir numéro un mondial devant Samsung vers 2020, après l'occupation depuis peu du deuxième rang mondial, devant Apple.
C'était sans doute avec son placement par les Etats-Unis en liste noire, ce qui bloque ses relations commerciales et coopérations avec les entreprises high-tech US et au-delà.
Le groupe chinois ne compte pas se laisser impressionner mais cette nouvelle situation, qui risque de lui retirer l'accès à un certain nombre de ressources (services GMS de Google au sein d'Android, coopération avec ARM, propriété intellectuelle diverse...) oblige à revoir en profondeur sa stratégie.
Selon les médias asiatiques, Huawei a commencé à réduire ses commandes de smartphones auprès des grands assembleurs comme Foxconn, même s'il n'est pas précisé s'il s'agit d'une mesure temporaire ou de long terme.
La firme chinoise a fait de larges stocks de composants ces derniers mois et est censée pouvoir tenir jusqu'à la fin de l'année mais l'incertitude demeure sur la durée de sa mise à l'écart.
Par ailleurs, l'objectif de devenir numéro un mondial dès 2020 devra sans doute être modulé à la lumière de ces événements. Le président de la marque Honor, Zhao Ming, a souligné qu'il était trop tôt pour dire si le but pourra encore être atteint mais le contexte vient de se compliquer singulièrement.
'action des bloqueurs publicitaires pourrait prochainement être beaucoup plus limitée sur Google Chrome.
(CCM) — Pour fonctionner sur le navigateur de Google, les bloqueurs publicitaires comme AdBlock utilisent une plateforme nommée Manifest - qui fait elle-même appel à l'API Webrequest - pour filtrer les contenus. Actuellement dans sa seconde version, Manifest est en train d'être redéveloppée par les équipes de Google et sa troisième version risque fort de porter un coup fatal à Adblock et consorts.
Car pour la prochaine version de sa plateforme, Google a l'intention de remplacer l'API Webrequest par l'API declarativeNetrequest. Dis comme cela, on ne voit pas quel est le souci, mais cette seconde API est en fait beaucoup plus restrictive. Par exemple, au lieu que les bloqueurs filtrent eux-même le réseau, ils devront fournir une liste de filtres à Chrome
pour analyse. Comme on peut s'en douter, les éditeurs de bloqueurs publicitaires sont remontés et accusent Google de vouloir tuer leurs extensions.
Ce à quoi la firme de Moutain View rétorque que Manifest v3 aura des avantages, comme pouvoir ajouter des règles pendant et après l'installation d'une extension. En l'occurrence la limite est pour le moment fixée à 30 000 règles à l'installation puis 5000 par la suite. Or pour fonctionner, plusieurs bloqueurs utilisent la même liste de règles de filtrages appelée Easylist. Elle contient 76 000 règles différentes pour bloquer l'affichage de certains contenus. Facile de voir où se situe le problème.
Même si on comprends les motivations de Google, et que Chrome sera plus vigilant avec l'affichage publicitaires, cela risque fortement d'énerver les utilisateurs qui utilisent des bloqueurs
Face aux mesures prises par les USA contre Huawei, le gouvernement chinois pourrait freiner les exportations de terres rares vers les Etats-Unis, rapporte la presse chinoise.
A la suite du décret signé par Donald Trump mi-mai, les relations commerciales et coopérations de bon nombre d'entreprises nord-américaines mais aussi, par ricochet, de groupes internationaux, sont mises en pause lorsqu'elles concernent le groupe chinois Huawei.
Cela entraîne diverses conséquences (retrait de la licence Android, interruption des relations avec ARM et les consortiums porteurs des grands standards de communication...) qui risquent de porter un coup à l'essor de Huawei dans les smartphones, alors qu'il est sur le point de s'emparer durablement de la deuxième place mondiale, devant Apple.
Huawei a déjà répliqué en attaquant les décisions du gouvernement US, considérées comme vexatoires et non fondées, tout en préparant des alternatives à ce qui lui est retiré.
De son côté, le gouvernement chinois dispose aussi de leviers de pression dans le contexte plus général de la guerre commerciale qui se joue avec les Etats-Unis. L'un de ceux-ci concerne l'approvisionnement en terres rares indispensables pour la production de composants électroniques.
La Chine étant le plus gros producteur de terres rares au monde, elle peut jouer de cette position de force comme d'une arme économique. Selon la presse officielle chinoise, les autorités envisageraient une limitation des exportations vers les Etats-Unis, ce qui pourrait avoir des répercussions sur l'industrie high-tech, à défaut de disposer d'approvisionnements alternatifs suffisants.
Indication de son importance, cette ressource ne fait pas l'objet de droits de douane aux Etats-Unis. La menace n'est pas prise à la légère, au point de voir émerger des initiatives pour lancer ou relancer des exploitations ailleurs, mais il serait difficile de compenser une raréfaction de l'approvisionnement venu de Chine, au moins à court terme.
Xavier Niel, le fondateur de Free, promet un retour prochain à des offres claires aux tarifs agressifs, y compris pour la 5G.
Au début du mois (voir actualité), Iliad présentait aux investisseurs son bilan pour 2018, reconnaissant avoir fait plusieurs erreurs lourdes lors de cette année noire, marquée par l'arrivée ratée de la Freebox Delta et par la perte massive d'abonnés. Après ce mea culpa, l'opérateur avait présenté un nouveau plan stratégique visant à redresser la barre pour retrouver une place de premier plan d'ici à 2024. Admettant avoir fait preuve d'insouciance et même d'arrogance, Xavier Niel, le fondateur emblématique de Free et d'Iliad, s'est d'ailleurs engagé à renouer avec les valeurs historiques de sa marque pour regagner la confiance de ses clients.
Quelques jours plus tard, à l'occasion d'une convention avec des freenautes, Xavier Niel a confirmé cet engagement en donnant quelques détails supplémentaires, l'idée étant de revenir à ce qui a fait la force de Free à ses débuts, à savoir, des offres, claires, tout compris, à tarif contenu, avec toujours plus pour le même prix. Ainsi, Free va simplifier son offre, à la fois sur le fixe (Internet) et le mobile, en supprimant notamment certaines formules.
De fait, sur la téléphonie, Free Mobile s'est longtemps contenté de deux forfaits : le fameux 2 euros - et même gratuit pour les abonnés Freebox - et l'illimité à 20 euros par mis - 16 pour les abonnés Freebox. Mais depuis l'an dernier, l'opérateur a ajouté une formule intermédiaire à 9 euros par mois pendant un an. Un forfait peu intéressant dans la mesure où ce tarif n'est valable qu'un an. Et surtout, peu lisible, car il évolue sans cesse de promotion temporaire en promotion temporaire.
Pour Xavier Niel, "il y a un forfait de trop aujourd'hui". Un constat qui fait craindre à certains la disparition pure et simple de la formule à 2 euros, qui, malgré ses limites - SMS et MMS illimités mais seulement 2 h d'appels et à peine 50 Mo de données - suffit à beaucoup d'utilisateurs, notamment à ceux qui ont surtout besoin d'être joints et qui n'utilisent les données Internet que de façon occasionnelles. Rien n'a été annoncé officiellement à ce sujet, mais il serait fâcheux et peut-être contre-productif que Free abandonne cette offre populaire au lieu de la faire évoluer en ajoutant de la durée d'appels et, surtout, de la donnée, quitte à augmenter raisonnablement son tarif. Faut-il rappeler que Bouygues Télécom a recruté beaucoup d'abonnés à l'automne dernier avec une formule appels illimités et 20 Go de données à 5 euros par mois "à vie" ? Même si quelques acteurs jugent ce modèle économiquement non viable, il semble correspondre à un besoin réel d'une catégorie d'utilisateurs dont Free pourrait - et devrait - s'inspirer...
L'offre fixe devrait elle aussi faire l'objet d'un grand nettoyage. Il faut reconnaître qu'entre la Crystal, la Mini 4K, la Revolution, la One, les Delta et ses diverses options, l'offre s'est nettement complexifiée, au point d'engendrer une certaine perplexité, même chez les freenautes les plus avertis. Là encore, aucune annonce officielle pour le moment, mais Xavier Niel a promis du nouveau pour bientôt. Wait and see, donc.
Le créateur de Free a par ailleurs promis de ne plus oublier les anciens abonnés, qui étaient souvent moins bien traités que les nouveaux clients, et même de récompenser leur fidélité. Là encore, sans donner de détail sur la façon de montrer cette reconnaissance à l'égard de ceux qui ont bien souvent servi à évangéliser la marque. En revanche, dans un registre pratique, on sait déjà que les factures vont être simplifiées, pour gagner en lisibilité.
Continuant sur sa lancée, Xavier Niel a évoqué le futur passage à la 5G. Souhaitant que les enchères des fréquences n'atteignent pas des sommes démesurées, comme cela a été le cas en Italie - ce à quoi le Gouvernement s'est engagé, pour ne pas pénaliser les investissements -, il a assuré que l'infrastructure de Free était déjà prête pour accueillir les équipements nécessaires à la nouvelle norme, ce qui devrait faciliter et accélérer son déploiement après son lancement officiel. Surtout, il a promis que Free se positionnerait comme pour la 4G, avec une offre tout compris sans augmentation de tarif.
Une promesse alléchante, d'autant que certains concurrents pourraient justement profiter de l'arrivée de la 5G pour revoir leurs prix à la hausse, histoire d'amortir un peu leur investissement. Si cela se confirme, Free retrouverait effectivement son aura des débuts, en arguant d'un rapport services-prix sans équivalent sur le marché. Attendons toutefois d'en savoir plus sur le ménage annoncé pour voir si l'opérateur transformée ses promesses en réalité.
C'est un véritable coup dur pour Huawei. Le constructeur chinois de smartphones ne pourra plus utiliser le système Android pour ses mobiles, après que Google a annnoncé avoir choisi de lui retirer la licence d'exploitation.
Concrètement, Huawei et sa filiale Honor ne pourront plus utiliser le système d'exploitation de Google d'ici à la mi-août. Un système présent sur presque 80 % des smartphones en France. Le constructeur chinois, devenu numéro 2 mondial des ventes en volume, est au cœur de la tourmente aux Etats-Unis, où le président américain Donald Trump a pris des mesures à son encontre.
Google a ainsi pris cette décision pour faire suite aux exigences de l'exécutif américain. Un choix qui vient bouleverser le secteur de la téléphonie et qui aura des répercussions sur les mobiles Huawei et Honor dans le reste du monde.
Pas d'inquiétude à avoir, si vous possédez un mobile Huawei ou Honor actuel. Ceux-ci resteront compatibles avec le système Android. Surtout, ils continueront de bénéficier de l'accès au Google Play Store (pour télécharger les applications compatibles), et profiteront aussi de Google Play Protect (afin d'en préserver la sécurité).
Toutefois, cette compatibilité ne serait que temporaire et ne concernerait que les mobiles utilisant la version P d'Android. Ainsi, Android Q, qui sera la prochaine mise à jour majeure des smartphones fonctionnant sous cet OS, pourrait ne pas être compatible, affirme l'agence Reuters. De même, pour les versions ultérieures d'Android.
Si Huawei devrait lancer de nombreux recours juridiques afin de récupérer l'usage de la licence Android, le constructeur chinois pourrait aussi développer sa propre version de ce système. En effet, Android reste d'abord un logiciel open-source, c'est-à-dire libre de droit dès lors que l'on utilise pas les services développés par Google pour l'optimiser. Ainsi, Google Maps, Play Store, Play Protect, Gmail, Chrome... ne seraient pas préinstallés sur les mobiles lors de leur achat.
Huawei pourrait ainsi utiliser une version dite AOSP, pour Android Open Source Project. Une version qui est en réalité déjà utilisée sur le territoire chinois, où de nombreuses applications Google sont interdites. Huawei pourrait donc appliquer le même schéma pour les autres pays. Selon le site américain Engadget, le président de Huawei, Richard Yu, aurait déjà démandé à ses équipes de faire le nécessaire pour déployer cet OS maison d'ici à cet automne.
Alors que Google est le premier groupe américain a avoir suivi les directives de Donald Trump, rien ne dit que Facebook, Twitter, Amazon, Snapchat ou encore Instagram ne suivent pas cette démarche. D'autant que sur le plan des fournisseurs de composants électroniques Qualcomm et Intel ont déjà annoncé qu'ils coupaient leurs relations contractuelles avec le constructeur chinois. Dernier en date, Microsoft a également décider de suspendre la vente des PC Huawei, sous licence Windows 10, de son store en ligne, en outre, la division PC du chinois pourrait ne plus pouvoir utiliser le célèbre système d'exploitation américain. La guerre déclarée par Donald Trump pourrait donc devenir un cas très épineux pour Huawei.
Parallèlement à cette affaire, Huawei a fait valoir sa position auprès des médias. Le géant chinois a ainsi publier un communiqué : «Huawei a largement contribué au développement et à la croissance d’Android dans le monde entier. Nous sommes l’un des partenaires clé d’Android et nous avons travaillé en étroite collaboration avec sa plate-forme open source afin de développer un écosystème bénéficiant à la fois aux utilisateurs et au secteur. Huawei continuera à fournir des mises à jour de sécurité et des services après-vente à tous les smartphones et tablettes des marques Huawei et Honor qui existent, y compris ceux déjà vendus ou en stock dans le monde. Nous continuerons à construire un écosystème logiciel sûr et durable, afin de fournir la meilleure expérience possible aux utilisateurs du monde entier», précise le constructeur.
Enfin, la décision prise par Donald Trump de blacklister Huawei inquiète également sur le plan de la communauté internationale. En France, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a précisé, sur France Info, que le gouvernement n'allait pas viser le géant chinois des télécoms. «Nous n'allons pas cibler une compagnie ou une autre. Il y a aujourd'hui beaucoup d'opérateurs qui travaillent sur la 4G avec Huawei. Notre position est différente des Américains sur ce sujet», a-t-il précisé.
C'est sur deux phénomènes qu'entend bien surfer la plateforme Airbnb : l'essor des tests ADN et le succès du tourisme patrimonial, pour lancer, (aux Etats-Unis uniquement) une nouvelle offre en partenariat avec le vendeur de kits ancestraux 23andme. Ainsi, un client de 23andme après avoir reçu ses rapports d'ascendance décrivant les origines géographiques de ses ancêtres, pourra se voir suggérer des maisons et expériences Airbnb dans les pays d'où viennent ses ancêtres.
Le géant du logement de loisir pourra par exemple suggérer à un Américain aux origines sud-italiennes un studio dans les Pouilles comme base pour explorer son histoire familiale. Ou bien, une personne d'origine mexicaine pourra trouver un stage à Mexico afin d'apprendre les anciennes techniques de teinture naturelle dans le cadre de ses vacances patrimoniales.
Airbnb propose désormais de pages dédiées correspondant aux populations génétiques de 23andMe, de sorte que les voyageurs qui se rendent sur le site d’Airbnb puissent facilement planifier un voyage patrimonial "authentique" de bout en bout. Le but étant de "vous aider à vous connecter aux cultures locales et à créer un sentiment d’appartenance partout dans le monde".
Et apparemment, cela correspond à une envie très largement partagée : selon un sondage initié par Airbnb, 57% des répondants à l'enquête aux États-Unis renonceraient à l'alcool pendant un an pour un voyage gratuit dans le patrimoine et 55% des personnes interrogées en Inde renoncent au dessert pendant un an en échange d'un voyage gratuit dans un lieu de leur ascendance !
Pour rappel, 23andme ne commercialise pas ses tests en France. Faire tester son ADN est illégal en France et tout client s'expose à une amende de 3750 euros, même si cette interdiction est peu respectée et que la législation pourrait évoluer prochainement. Et sur le sujet de l'ADN, sélectionner une destination touristique parce que 1 ou 2% de nos gènes nous montrent qu'on y a des origines a finalement assez peu de sens... A ce rythme, on peut visiter la terre entière en partant de la grande faille de l'Afrique de l'Ouest et remonter par le Proche-Orient, puis l'Europe !
La Pologne a officiellement contesté la directive controversée sur le droit d’auteur récemment approuvée par l’Union européenne, selon Reuters, affirmant que cette législation entraînerait une censure non souhaitée. Le pays a déposé sa plainte devant la Cour de justice de l'Union européenne.
Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Konrad Szymanski, a déclaré que « le système pourrait aboutir à l'adoption de réglementations analogues à la censure préventive, interdite non seulement par la constitution polonaise, mais également par les traités européens ». Les députés polonais ont majoritairement rejeté la mesure (deux abstentions, huit pour, 33 contre, six non-votants et deux manquants) lors du vote.
Le Conseil de l'Union européenne a officiellement approuvé la directive en avril et celle-ci entrera en vigueur le 7 juin 2019. Suite à cette action, les États membres de l'UE auront jusqu'au 7 juin 2021 pour élaborer leurs propres lois afin de la mettre en œuvre. La législation est conçue pour mettre à jour la loi sur le droit d'auteur et contient un certain nombre de clauses controversées, telles que l'article 11, appelé "taxe sur les liens", qui permettra aux éditeurs de charger des plateformes telles que Google d'afficher des informations d'actualité, et l'article 13, qui tient pour responsables les plateformes où le contenu qui enfreint le droit d'auteur serait publié.
Les propriétaires de telles plateformes telles que Facebook, Google, YouTube, Wikipedia et d’autres craignent que la directive ne nuise à la façon dont les utilisateurs s’en servent (avant cette directive, les plateformes de contenu n’étaient pas tenues pour responsables du contenu qu’elles hébergent, à condition de s’efforcer de supprimer tout contenu signalé et reconnu comme enfreignant le droit d'auteur, notamment de la musique ou des films piratés). Les sites devraient désormais s’assurer de manière proactive que le contenu protégé par le droit d’auteur ne parvient pas à être diffusé sur leurs plateformes.
Les conséquences de l'article 13
Ray Corrigan, maître de conférences à la faculté des sciences de l'ingénierie et mathématiques de l'Université Ouverte du Royaume-Uni, a fait valoir que l'article 13 vise à instaurer le filtrage automatique des contenus mis en ligne, puisque ce sont des algorithmes qui devraient juger quel contenu a le droit d'apparaître sur Internet.
Cela pourrait être intéressant si ça pouvait fonctionner comme annoncé, c'est-à-dire bloquer tout ce qui est en violation des droits d'auteur sur Internet et ne laisser passer que le contenu légal. « En particulier, ce serait intéressant pour les décideurs, qui ignorent souvent les technologies et qui sont souvent sous la pression de faire quelque chose à propos de l'énorme ampleur de la violation du droit d'auteur sur Internet », estime Ray Corrigan. Mais « le problème est qu'il n'y a pas de technologie magique qui puisse faire la différence entre contenu contrevenant au droit d'auteur et le contenu non-contrevenant sauf au niveau le plus basique », ajoute-t-il.
Les amateurs pensent que le machine learning pourrait résoudre ce problème, « mais l'utilisation de filtres capables de détecter des nuances subtiles de réutilisation [d'un contenu] n'est pas une de ces choses » dans lesquelles le machine learning est assez efficace, trouve-t-il. Par conséquent, des contenus comme la parodie vont se retrouver facilement bloqués.
L’approche du parlement est irréaliste dans de nombreux cas, selon la PDG de YouTube
En octobre dernier, Susan Wojcicki, la PDG de YouTube est monté au créneau pour appeler les créateurs de vidéos à protester contre l'article 13 de la directive Copyright qui, selon elle, menace des milliers d'emplois. Elle a, en effet, mis en garde les réalisateurs de vidéos contre la directive et les a exhorté à protester vivement contre la réglementation : s’appesantissant tout particulièrement sur l’article 13, elle explique aux réalisateurs de vidéos dans un billet de blog que « cette législation menace à la fois leur gagne-pain et leur capacité à partager leur voix avec le monde ». « L'article 13 menace des centaines de milliers d'emplois, de créateurs européens, d'entreprises, d'artistes et tous leurs employés. La proposition forcera les plateformes, comme YouTube, à donner la priorité au contenu d’un petit nombre de grandes entreprises. Le fardeau de la preuve du droit d'auteur sera trop lourd pour la plupart des créateurs indépendants », disait-elle.
En novembre, elle est revenue à la charge, affirmant qu'il est impossible pour une plateforme comme YouTube de respecter les réglementations suggérées. Elle déclare que YouTube n'a pas les capacités techniques ou financières pour appliquer le type de restriction du droit d'auteur que l'Union européenne recherche. « L'approche du parlement est irréaliste dans de nombreux cas, car les titulaires de droits d'auteur ne sont souvent pas d'accord sur qui détient quels droits. Si les propriétaires ne peuvent s'entendre, il est impossible d'espérer que les plateformes ouvertes hébergeant ce contenu prennent les bonnes décisions en matière de droits », a-t-elle annoncé.
Pour s'expliquer, elle a pris l'exemple de « Despacito », la vidéo la plus regardée sur YouTube. « Cette vidéo contient plusieurs droits d'auteur, allant de l'enregistrement sonore aux droits de publication. Bien que YouTube ait passé des accords avec plusieurs entités en vue de la licence et du paiement de la vidéo, certains détenteurs de droits restent inconnus. Cette incertitude signifie que nous pourrions devoir bloquer de telles vidéos pour éviter toute responsabilité au titre de l'article 13. Multipliez ce risque par la taille de YouTube, où plus de 400 heures de vidéo sont téléchargées chaque minute et le passif potentiel pourrait être si important qu'aucune entreprise pourrait prendre un tel risque financier », dit-elle.
Depuis son lancement en octobre 2007, YouTube a investi plus de 100 millions de dollars dans son système d’identification du contenu. Wojcicki le considère toujours comme le meilleur moyen de détecter les violations du droit d’auteur et de veiller à ce que les titulaires de droits d’auteur soient payés lorsque leur contenu est utilisé. Elle pense aussi que le Content ID est la solution pour gérer les droits à l'échelle mondiale. YouTube a « déjà pris des mesures pour lutter contre la violation du droit d'auteur en développant une technologie, telle que notre programme Content ID, afin d'aider les titulaires de droits à gérer leurs droits d'auteur et à gagner de l'argent automatiquement. Plus de 98 % des droits d'auteur sur YouTube sont gérés via Content ID. À ce jour, nous avons utilisé le système pour verser aux titulaires de droits plus de 2,5 milliards d'euros pour l'utilisation de leur contenu par des tiers. Nous pensons que Content ID constitue la meilleure solution pour gérer les droits à l'échelle mondiale », a-t-elle déclaré.
Les européens pourraient-ils être coupés de certaines vidéos sur YouTube ?
Pour elle, les conséquences de l'article 13 vont même au-delà des pertes financières. « Les résidents de l'UE risquent d'être coupés de vidéos qui, au cours du mois dernier, ont été visionnés plus de 90 milliards de fois. Ces vidéos proviennent du monde entier, y compris de plus de 35 millions de chaînes de l’UE, et comprennent des cours de langue, des tutoriels scientifiques et des vidéos de musique », dit-elle. Toutefois, elle se réjouit à l'idée de travailler avec les décideurs et les plateformes pour développer une solution au sein de l'article 13 qui protège les titulaires de droits tout en permettant à l'économie créative de prospérer. « Cela pourrait inclure des accords de licence plus complets, une collaboration avec les détenteurs de droits pour identifier qui possède quoi et une technologie intelligente de gestion des droits, similaire à Content ID », propose-t-elle.
Elle conclut en disant que « les plateformes qui respectent ces règles et s'efforcent d'aider les détenteurs de droits à identifier leur contenu ne doivent pas être tenues pour responsables de chaque élément de contenu téléchargé par un utilisateur ». Elle avait exhorté les décideurs politiques à trouver une solution qui protège à la fois les titulaires de droits et les créateurs.
Susan Wojcicki n'était pas la seule à protester contre l'article 13 de la directive. La fondation Mozilla a estimé que le filtrage automatique de contenu et les dispositions relatives aux droits d’auteur figurant à l’article 13 sont impraticables pour les sociétés de logiciels open source, dont elle fait partie, et l’écosystème open source en général. Le filtrage automatique concerne en effet toutes les formes de contenu protégé par le droit d'auteur, y compris les logiciels. Le coût et le risque juridique associés à ces nouvelles règles vont donc pousser les petits développeurs de logiciels open source hors de l’Europe et menacer les plateformes de partage de code dont ils dépendent pour innover.
Source : Reuters, annonce sur Twitter
Un an après l’entrée en vigueur du règlement européen RGPD sur la vie privée, de très nombreux sites ont recours à un service de cette société, pourtant peu connue pour recueillir votre consentement.
Par Damien Leloup Publié le 25 mai 2019 à 14h00
C’est un sigle qui a pris beaucoup d’importance il y a un an, le 25 mai 2018, lorsque le règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) est entré en vigueur. CMP, pour Consent Management Platform (« plate-forme de gestion du consentement »). Comme Monsieur Jourdain la prose, quasiment tous les internautes en utilisent quotidiennement sans le savoir : ce sont les services qui affichent les messages désormais bien connus vous demandant d’accepter que vos données soient utilisées pour, selon les cas, « vous proposer une expérience personnalisée », « analyser le trafic », ou « personnaliser les publicités ».
Notre enquête : Que s’est-il passé en un an de RGPD, la loi censée protéger vos données ?
Si la quasi-totalité des sites Web se sont mis à afficher des messages de ce type il y a un an, c’est parce que le RGPD a fortement renforcé la manière dont les sites Internet doivent recueillir le consentement de leurs visiteurs, avant de pouvoir enregistrer ou utiliser des données sur leur navigation. Tous les sites commerciaux « pistent » leurs visiteurs, au mieux pour savoir quelles pages sont les plus visitées, au pire pour suivre de manière très détaillée la navigation des internautes et afficher des publicités ciblées. Le RGPD impose, dans tous les pays européens, de recueillir le consentement des internautes avant de commencer à les pister.
Or, même si la mise en place du RGPD était prévue depuis des années, de très nombreuses entreprises ont été prises de court par son entrée en vigueur ; d’autres ne disposaient pas des outils ou des compétences techniques pour gérer ce « recueil du consentement ». De très nombreux sites ont donc préféré avoir recours à une solution « clés en main », proposée par des sociétés comme Quantcast, qui offrait aux éditeurs de site, avec Quantcast Choice, un outil gratuit, simple d’utilisation et conforme à la réglementation. Les sites américains, souvent pris de court, ont massivement opté pour ces solutions toutes prêtes.
Fenêtre très reconnaissable
Et l’outil de Quantcast a été un succès : installé selon l’entreprise sur plus de 26 000 sites, il devance largement ses concurrents, et l’entreprise a annoncé cette semaine la sortie d’une version « premium » payante. Sa fenêtre très reconnaissable, avec son bouton en général bleu, et parfois son menu permettant de sélectionner les données dont la collecte est autorisée (au choix de l’administrateur du site), accueille les visiteurs sur de très nombreuses pages Web.
Sauf que Quantcast, comme la plupart de ses concurrents dans ce domaine, n’est pas une entreprise spécialisée dans la vie privée, mais… dans la publicité. Fondée en 2006 aux Etats-Unis, la société s’est fortement développée ces dix dernières années, et a ouvert des bureaux dans une dizaine de pays, dont la France. Les outils qu’elle propose sont utilisés sur « plus de 100 millions de [sites et applications] Web et mobiles », selon Quantcast. Jusqu’à l’an dernier, ses deux principaux produits étaient Quantcast Measure, un outil de suivi de la fréquentation, et Quantcast Advertise, une « place de marché » publicitaire qui collecte et utilise de très importants volumes de données sur les internautes ; son service Choice ne collecte, lui, que les données de consentement de l’utilisateur, qui ne sont pas utilisées à des fins publicitaires, explique l’entreprise sur son site.
Enquête du régulateur irlandais
En revanche, son outil publicitaire a été épinglé, il y a six mois, par l’ONG Privacy International, qui listait Quantcast parmi les sept entreprises « dont vous n’avez jamais entendu parler, mais à propos desquelles nous avons saisi les régulateurs ». « Le RGPD fixe des limites claires à l’utilisation des données personnelles, et pourtant les pratiques de ces entreprises ne respectent pas les standards fixés. Nos documents démontrent l’ampleur et le caractère systématique de ces violations des lois protégeant la vie privée », affirmait à l’époque l’association.
Dans le cas de Quantcast, le régulateur irlandais de la vie privée a jugé les éléments fournis par Privacy International suffisamment solides pour ouvrir une enquête formelle le 2 mai. « L’enquête devra établir si la compilation et l’analyse de données personnelles, en vue de la création de profils destinés à l’affichage de publicités ciblées, sont en conformité avec le RGPD », écrit le régulateur. « Le respect des principes établis par le RGPD sur la conservation des données et la transparence seront également examinés ». Quantcast avait à l’époque affirmé qu’elle « coopérera[it] totalement avec l’enquête ».
Damien Leloup
Dans une ordonnance rendue en 1669, Louis XIV ordonnaient que soient considérés et traités à l’égal des Français et déclarés bourgeois de Marseille les étrangers résidant à Marseille qui satisferaient aux conditions suivantes :
1) s’ils épousaient une Marseillaise ou une fille de la ville.
2) s’ils acquéraient un immeuble de 10000 livres et habitaient la ville depuis au moins trois ans.
3) s’ils acquéraient un immeuble de 5000 livres et habitaient la ville depuis au moins cinq ans.
4) s’ils avaient fait un commerce assidu et régulier depuis douze ans de façon ininterrompues.
5) s’ils avaient servi cinq ans sur mer.
Le tout, bien sûr, devait être vérifié et validé par les échevins et le lieutenant de l’amirauté.
D’après Le Petit Marseillais, n° 3, 25 mars 1868.Huawei était bien parti pour poursuivre son affolante ascension vers le leadership mondial dans les smartphones mais les coup d'arrêt imposé par les Etats-Unis va stopper net cette progression. Les observateurs tentent déjà d'évaluer les conséquences.
En forte progression depuis plusieurs trimestres et désormais quasiment numéro deux mondial du marché des smartphones, le groupe Huawei était en passe de s'installer durablement dans le trio de tête avec de solides arguments pour passer leader devant Samsung d'ici un an ou deux.
Mais c'était avant qu'un décret signé par Donald Trump ne bloque ses relations commerciales avec les entreprises nord-américaines et ne crée une énorme incertitude sur l'activité mobile (et plus généralement télécom) du fabricant chinois.
Au-delà des prédictions catastrophistes largement relayées, la situation est en fait plutôt en suspens et dépendante des discussions en cours.
Entre le report de 90 jours de l'effet du décret et les déclarations de Donald Trump lui-même qui ne ferme plus la porte à une négociation, la position très dure initialement annoncée pourrait évoluer au fil des semaines vers des compromis.
Toujours est-il que les observateurs tentent déjà d'évaluer les dégâts pour l'activité smartphones de Huawei en prédisant une chute de ses ventes allant de 4% à près de 25% cette année, en fonction du maintien ou non de Huawei en liste noire.
La fourchette est large et l'estimation elle-même représente un exercice hautement spéculatif tant les inconnues restent nombreuses dans cette équation. Si Huawei perdait l'accès aux services mobiles de Google au sein d'Android, certains analystes anticipent même une nouvelle chute des ventes de plus de 20% l'an prochain, malgré les possibilités d'alternatives mises en avant par le groupe chinois.
Ce dernier résisterait néanmoins au choc grâce à sa forte présence sur son marché national mais il lui faudrait plusieurs années pour se passer complètement des technologies occidentales, alors que certains composants et une partie de la propriété intellectuelle ne sont disponibles qu'aux Etats-Unis.
Le temps de trouver des parades à ces difficultés, Huawei pourrait "disparaître en tant qu'acteur mondial pendant quelque temps", estiment les analystes. Cela pourrait aussi avoir un impact sur le déploiement mondial de la 5G, le groupe chinois étant en tête avec une quarantaine de contrats signés.
Selon une déclaration du président américain, l'embargo contre le constructeur chinois servirait de monnaie d'échange pour des accord économiques.
Depuis le début de la semaine, les mauvaises nouvelles s'enchaînent sans discontinuer pour Huawei. Au point de s'interroger sur l'avenir même du géant chinois. Pour rappel, on apprenait le week-end dernier que Huawei avait été placé sur un liste noire par le gouvernement américain, suite à un décret promulgué par Donald Trump, qui accusait plus ou moins ouvertement le constructeur d'espionnage pour le compte de l'Etat chinois. Frappé par un embargo à effet immédiat, Huawei s'est vu ainsi interdit d'utiliser des produits technologiques américains, ce qui l'a privé de la licence Android et des multiples services de Google, mais aussi des puces d'Intel, de Qualcomm et de Broadcom (voir actualité). Microsoft a rejoint le mouvement, en retirant à Huawei le droit d'intégrer Windows 10 et ses autres logiciels dans ses ordinateurs.
Et d'autres entreprises, pourtant non-américaines, ont suivi. L'Allemand Infineon, mais aussi les Japonais Toshiba et Panasonic, ont rompu leurs relations commerciales avec le constructeur chinois, le privant de précieux composants électroniques, en particulier de mémoire. Pire, la société britannique ARM a coupé tous les ponts avec Huawei, l'empêchant d'utilisation son architecture pour réaliser ses propres processeurs (voir actualité). Un coup de grâce, qui pourrait empêcher le géant chinois de mettre en place sa solution de secours, en utilisant un système d'exploitation maison pour remplacer Android, et ses propres puces Kirin pour équiper ses mobiles.
Cet amoncellement de problèmes a bien évidemment un impact sur les millions d'utilisateurs de produits Huawei à travers le monde. Certes, le gouvernement américain a bien accordé un sursis de trois mois permettant notamment au constructeur chinois d'utiliser et de mettre à jour les produits et services Google jusqu'au 19 août. Mais, malgré les promesses de Huawei et le soutien de l'Etat chinois, la suite est encore très flou. Et de nombreux clients commencent à lâcher la marque. Certains opérateurs de téléphonie comme Vodaphone retirent les modèles Huawei de leur catalogue. Et de nombreuses boutiques Philippines et à aux Singapour refusent désormais de rependre les mobiles de la marque. Seul industriel à soutenir encore Huawei : TSMC, le fabricant de circuits intégrés, qui a promis de continuer à produire des puces pour les constructeur chinois. Un soutien bienvenu, mais qui ne suffira sans doute pas.
Bref, si les mauvaises nouvelles continuent de se succéder à ce rythme, l'affaire pourrait bien signer l'arrêt de mort de Huawei. A moins que les Américains ne changent d'avis. Car il est fort probable que cet embargo ne soit finalement qu'une manœuvre tactique destinée à peser sur les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Et ce que certains observateurs soupçonnaient semble se révéler vrai. Lors d'une réunion à la Maison Blanche hier, Donald Trump a en effet laissé entendre que les mesures de rétorsion contre Huawei pourraient tout simplement sauter si un accord favorables aux Etats-Unis était trouvé, prouvant ainsi que les deux dossiers sont intimement liés. De là à penser que toute et affaire n'est qu'un gigantesque coup de bluff dont le président américain a le secret, il n'y a qu'un pas. Mais quelle que soit son issue, cette affaire risque de laisser des traces profondes dans les relations entre industriels. Suite au prochain épisode.
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo affirme que Ren Zhengfei, fondateur du groupe Huawei, ment lors qu'il affirme que le groupe chinois n'est pas lié directement aux autorités de son pays.
Face aux critiques concernant la sécurité de ses produits, qu'il s'agisse de smartphones ou d'équipements télécom, le groupe Huawei affirme depuis toujours que l'entreprise n'est pas pilotée par le gouvernement chinois et que sa structure appartient à ses salariés.
Le socle de cette affirmation avait été remis en question par une étude relevant qu'un opaque syndicat y détient un important pouvoir de décision et que ce dernier est relié au gouvernement chinois.
Il s'agissait aussi sans doute d'un prélude pour justifier la campagne de lobbying anti-Huawei en Europe à propos de la 5G et la plainte pour fraude et vol de technologie.
Son fondateur, Ren Zhengfei (par ailleurs ancien cadre de l'Armée populaire chinoise), avait encore affirmé l'indépendance de son entreprise vis à vis du pouvoir chinois ces derniers mois lorsque les Etats-Unis se sont montrés plus menaçants vis à vis de Huawei.
Maintenant que le décret mettant l'entreprise chinoise sur liste noire est signé et a des conséquences directes sur les relations commerciales entre Huawei et les entreprises nord-américaines mais aussi d'autres groupes internationaux, les masques et les préventions tombent.
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a accusé Ren Zhengfei de mensonge à propos de la prétendue indépendance de Huawei vis à vis du pouvoir chinois : "L'entreprise est étroitement liée non seulement au pouvoir chinois mais aussi au parti communiste chinois", a-t-il affirmé à CNBC.
Et quand Ren Zhengfei affirme, pour rassurer, qu'il ne partagera jamais les données des utilisateurs, Mike Pompeo réplique : "c'est juste faux. Dire qu'ils ne travaillent pas avec le gouvernement chinois est une déclaration fausse. Ce leur est imposé par la législation chinoise. Le CEO de Huawei, sur ce point au moins, ne dit pas au peuple américain la vérité, pas plus qu'au reste du monde".
Et d'indiquer que le blocage des relations commerciales ne fait que commencer et que d'autres entreprises y viendront. L'argument est aussi politique, avec l'accusation de l'utilisation de moyens fournis par des entreprises high-tech chinoises pour opprimer certaines minorités en Chine, ce qui pourrait amener le fabricant de caméras de surveillance Hikvision sur la fameuse liste noire.
Pendant que la campagne américaine de dénigrement de Huawei se poursuit, la réponse standard de ce dernier sur sa neutralité et l'absence de contrôle direct du pouvoir chinois risque donc de ne plus suffire.
Les conséquences du décret signé par Donald Trump contre Huawei continuent de se déployer. Les groupes japonais Panasonic et Toshiba suspendent leurs livraisons au fabricant chinois et à ses filiales.
Dans le prolongement du décret signé par Donald Trump faisant passer Huawei en liste noire, les désaffections se multiplient, et pas seulement venant des entreprises nord-américaines.
Toshiba logoAprès le coup dur venant de ARM, ce sont les groupes japonais qui commencent à interrompre leurs relations commerciales avec le géant chinois. Le groupe Panasonic a suspendu sa collaboration avec Huawei et ses dizaines de filiales et c'est aussi le cas de Toshiba, rapporte le Nikkei.
Ce dernier étant un gros fournisseur de composants mémoire, c'est une nouvelle difficulté qui se présente face au fabricant de smartphones et d'équipements télécom.
Il s'agit toutefois ici aussi d'une suspension des relations le temps d'y voir plus clair. Elles pourraient reprendre s'il apparaît que les activités en question sont hors du périmètre du décret américain ou si le cadre de la sanction touchant Huawei est assoupli.
Ces coups de frein auront sans doute des conséquences sur les bilans financiers mais Toshiba estime pour le moment qu'elles resteront limitées.
Après Google, plusieurs entreprises ont coupé les ponts avec Huawei, dont le britannique ARM qui conçoit l'architecture des processeurs de ses smartphones.
Washington estime que Huawei est à la solde de Pékin et menace sa sécurité nationale
Benjamin Hue - Journaliste RTL publié le 23/05/2019 à 15:28
Le placement de Huawei sur la liste noire des sociétés suspectes auxquelles il est interdit de vendre des technologies par l’administration de Donald Trump provoque un effet domino mondial. Après le gel des échanges commerciaux avec Google, qui privera les smartphones du géant chinois du système Android qui équipe la grande majorité des téléphones dans le monde, plusieurs entreprises sont sur le point de prendre leurs distances avec la firme de Shenzhen pour se conformer au droit américain.
L’annonce la plus spectaculaire vient de l’entreprise britannique ARM qui a indiqué mercredi qu’elle allait stopper tous les contrats et les supports en cours pour se mettre en règle avec les dernières régulations mises en place par le gouvernement américain.
Propriété du japonais Softbank, ARM est un partenaire incontournable pour les fabricants de smartphones. C’est lui qui conçoit l’architecture des processeurs développés par Apple (A12), Samsung (Exynos) et Huawei (Kirin) mais aussi par Qualcomm (Snapdragon). La société britannique utilise pour cela des technologies brevetées aux États-Unis et est donc soumise aux mêmes restrictions que les entreprises américaines.
Envoyer un mail, regarder un film en streaming ou faire une recherche sur Google semblent être des activités anodines. Pourtant, tous ces gestes ont un impact sur la planète. Environ 4% de émissions de gaz à effet de serre sont liées à l'activité numérique. Cette pollution a même dépassé celle provoquée par le transport aérien.
Ainsi, en appuyant sur le bouton "rechercher" de Google, vous émettez l'équivalent de 5 à 7 grammes de CO2, soit l'énergie nécessaire pour faire fonctionner les machines qui envoient, transportent et stockent les informations.
D'après l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), 47% des émissions de gaz à effet de serre générées par le numérique sont dues aux équipements des consommateurs, comme les ordinateurs ou les smartphones. Quelques conseils pour réduire votre empreinte carbone liée au numérique.
L'ADEME estime que "faire durer nos équipements numériques constitue le geste le plus efficace pour diminuer leurs impacts". Les Français changent souvent de téléphone portable ou d'ordinateur alors que l'ancien fonctionne encore, en raison d'un phénomène de mode ou d'une offre promotionnelle.
Pour l'organisation, utiliser une tablette ou un ordinateur pendant quatre ans au lieu de deux améliore de 50% son bilan environnemental. Elle conseille également de donner ou vendre ses appareils inutilisés pour leur donner une deuxième vie, et de privilégier l'achat de matériel d'occasion ou reconditionné.
Lorsque vous n'utilisez pas votre ordinateur ou votre console de jeu pendant une longue période, par exemple des vacances, éteignez-les et débranchez-les. Des appareils branchés, même éteints, continuent de consommer.
De tous les appareils numériques, la box internet est celui qui utilise le plus d'énergie : elle consomme six fois plus qu'un téléviseur. L'ADEME recommande d'éteindre sa box au lieu de la mettre en veille. Cela permettrait d'économiser 30 euros d'électricité par an.
Le stockage des mails est responsable d'une "pollution dormante" : un message conservé dans une boîte courrier fait tourner des serveurs de Gmail, Yahoo ou encore Outlook en permanence. Gardez donc seulement ce qui est nécessaire.
Il est recommandé de supprimer tous vos spams et d'installer un logiciel anti-spam, mais aussi vous désabonner des newsletters qui encombrent les messageries.
Une recherche sur Google ou Yahoo consomme elle aussi de l'énergie. Elle fait appel à plusieurs "data centers", centres de traitement des données, qui abritent des serveurs et de systèmes de stockage. Lors d'une requête, les data centers sont sollicités à plusieurs reprises : pour accéder à la page d'accueil du moteur de recherche, pour voir les résultats trouvés et enfin pour accéder au site sélectionné.
Mieux vaut donc taper directement l'adresse du site lorsqu'on la connaît, créer des favoris pour les plus consultés et d'utiliser des mots-clés précis pour tomber sur le bon résultat du premier coup.