Le groupe chinois prévoit une sévère baisse de ses ventes de smartphones sur les marchés internationaux, ses plus fortes zones de croissance.
La mise sur liste noire de Huawei par le gouvernement américain depuis le mois de mai produit déjà ses effets sur les ventes de smartphones hors de Chine, notamment en Europe, zone de forte croissance (encore au premier trimestre) pour le fabricant.
Les analystes ont déjà tenté de chiffrer la baisse des ventes attendues malgré les nombreuses inconnues (maintien de Huawei en liste noire, préparation et mise en service de son propre OS...) mais l'agence Bloomberg indique que le groupe chinois lui-même s'attend à un recul massif de 40 à 60% sur ses ventes hors marché national.
En Chine, le groupe compte capturer plus de la moitié des parts de marché cette année pour tenter de limiter les pertes en dehors. En attendant, le sort de la série Honor 20, dont le premier modèle doit être lancé ce 21 juin, risque d'être vite scellé si le public ne suit pas.
De toute évidence, l'effet sera plus sévère qu'un léger ralentissement de l'activité prédit par le fondateur Ren Zhengfei, même si l'on attend toujours de savoir si le sort de Huawei aux Etats-Unis pourrait être allégé en cas d'accord commercial avec les autorités chinoises ces prochains mois et si l'OS mobile alternatif Hongmeng OS / Ark OS sera finalisé suffisamment vite pour prendre le relais d'Android et des services mobiles de Google.
Voilà ce qui s'appelle un mauvais timing : alors que les utilisateurs de smartphones de Huawei et Honor s'inquiètent de l'avenir de leur terminal depuis la révocation de la licence d'Android de la marque, des publicités sont désormais diffusées sur les smartphones au niveau de l'écran de verrouillage.
Huawei joue un jeu assez dangereux depuis quelques jours : la marque a récemment été placée sur la liste noire des entreprises avec lesquelles les sociétés américaines doivent stopper toute activité, ce qui entraine la révocation de la licence d'Android à la marque chinoise. Huawei planche depuis sur une solution de rechange, mais les utilisateurs des smartphones de la marque s'inquiètent naturellement de savoir ce qu'il en retournera passée la prolongation exceptionnelle de 3 mois accordée par les USA sur ce sujet précis.
Wtf. https://t.co/Fv4RzUmM1D ads on my lock screen. Anyone else with a Huawei getting this? pic.twitter.com/ILI6vs6wVD
— Ed Spencer (@efjspencer) 13 juin 2019
Et voilà que la marque diffuse des publicités pour Booking directement à distance sur l'écran de verrouillage des terminaux signés Huawei et Honor.
L'application Booking est installée par défaut sur les mobiles de la marque grâce à un accord noué entre les deux entités. Mais jamais jusqu'ici Huawei n'avait forcé l'affichage de publicité pour l'application.
@Huawei_Europe Why is there advertisement on my lock screen?! Have I signed up to this in some small print T&C somewhere? pic.twitter.com/w6zS9ysuwk
— RAYZ (@justicefingers) 12 juin 2019
Certains utilisateurs se sont ainsi retrouvés avec leur fond d'écran changé pour un encart publicitaire au niveau de leur écran de verrouillage.
Heureusement, il est possible d'éviter que cela ne se reproduise à l'avenir, il convient alors d'aller dans les paramètres du smartphone, de sélectionner Écran d'accueil et fond d'écran, Deverrouillage magazine, Souscriptions ou Abonnements et décocher la case "voyage".
Lourdement critiqué pour cet épisode, Huawei a indiqué que l'affichage de ces publicités était involontaire et relève d'une fausse manipulation... La marque a également confirmé que les fonds d'écran en question ont été retirés de ses serveurs.
SANTÉ - Le passage à la nouvelle formule de Levothyrox n’a pas provoqué de “problèmes de santé graves” en particulier pas plus d’hospitalisations, y compris chez ceux qui se sont tournés vers les alternatives à ce médicament pour la thyroïde, selon le rapport final d’un vaste étude sur plus de 2 millions de patients, publié jeudi 13 juin par l’Agence du médicament (ANSM).
Les résultats de cette étude de pharmaco-épidémiologie, annoncée en décembre 2018 par le ministère de la Santé, ont permis d’analyser le nombre de décès, d’hospitalisations et d’arrêts de travail d’au moins sept jours, ainsi que la consommation de médicaments entre avril et juin 2017 (à l’arrivée de la nouvelle formule) en les comparant à la période d’avril à juin 2016 pour les patients prenant l’ancienne formule.
L’analyse a fait suite à la vague de déclarations d’effets indésirables inexpliqués qui avait suivi l’introduction par le laboratoire Merck, au printemps 2017, de la nouvelle version du Levothyrox, modifiant certains de ses excipients et destinée à apporter davantage de stabilité au produit.
L’étude n’a pas mis en évidence d’augmentation de problèmes de santé graves (décès, hospitalisations, arrêts de travail...) ni de consommation de médicaments destinés à traiter des symptômes déclarés (antidouleurs, corticoïdes, antimigraineux, antivertigineux, antidiarrhéiques...) en lien avec le passage à la nouvelle formule du Levothyrox en France.
En revanche, elle montre “une nette augmentation” des consultations équivalant à 360.000 consultations supplémentaires pour l’ensemble de la population traitée en France (quelque trois millions, majoritairement des femmes).
À ces consultations, particulièrement de généralistes et d’endocrinologues, concentrées sur la période d’août à octobre 2017, s’ajoute une hausse relative de l’utilisation de certains médicaments comme les benzodiazépines (pris généralement pour dormir ou contre l’anxiété, ndlr).
Dans l’étude, le risque de décès ne différait pas statistiquement entre les deux groupes “6355 dans le groupe nouvelle formule (0,6%) et 6387 dans le groupe ancienne formule (0,6%)”.
Les résultats complémentaires confirment les résultats principaux qui ne sont pas en faveur d’une toxicité propre de la nouvelle formule du Levothyrox, relève le docteur Rosemary Dray-Spira, épidémiologiste, co-auteure du rapport réalisé avec l’Assurance maladie/Cnam.
Consommation d’un peu plus de médicaments
Des analyses complémentaires concernent le groupe de patients (18%) qui ont arrêté la nouvelle formule fin 2017 pour prendre un autre médicament. “Chez eux non plus il n’y a pas eu plus d’hospitalisation”, remarque Rosemary Dray-Spira. “Ils ont en revanche consommé un peu plus de médicaments, mais dans des proportions qui restent modestes”.
2% ont arrêté la nouvelle formule, avec un arrêt dans leurs remboursements d’un traitement par hormone thyroïdienne.
À partir d’octobre 2017, des alternatives (L-Thyroxin Henning, Thyrofix, Tcap) au Levothyrox, sont devenues disponibles.
Dans l’ensemble, la nouvelle formule a entraîné une nette augmentation (+31%) de la fréquence des dosages de TSH, qui contribue à surveiller et adapter le traitement.
Extrapolé aux trois millions de patients traités, le nombre de dosages supplémentaires en 2017 est de “l’ordre de 1.080.000”.
L’AFMT pas surprise
Philippe Sopena, conseiller médical de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), ne l’entend pas de cette oreille. Contacté par Franceinfo ce vendredi 14 juin, il estime que la parole des victimes est à nouveau minimisée. “En plus, ce sont des femmes, pas de chance! 85% de femmes, plus de 60 ans : typiquement le genre de personnes qui ne sont pas branchées sur internet, que l’on n’écoute pas. Cela faisait trente ans que l’on avait un médicament qui fonctionnait merveilleusement bien avec zéro plainte”, souligne-t-il.
Il estime par ailleurs que le changement de formule a été une “expérimentation grandeur nature”. Et qu’aujourd’hui, “nous sommes aujourd’hui à probablement un million de patients, sur trois millions qui la prenaient, qui ont abandonné la nouvelle formule. C’était des gens qui prenaient ce traitement depuis 30 ans, 15 ans, 5 ans… Ce n’était pas facile de trouver des alternatives. S’ils ont cherché à prendre autre chose, c’est qu’ils n’étaient pas bien.”
Alors que tout le monde évoque la bascule de Huawei vers Android AOSP, voilà qu'une rumeur évoque le choix d'Aurora, un OS russe méconnu en Europe.
Huawei doit trouver des solutions suite à son placement sur la liste noire des sociétés avec lesquelles les marques américaines doivent stopper leurs activités commerciales. La marque s'est vu retirer sa licence Android et doit ainsi opter pour un autre système à destination de ses smartphones.
Jusqu'ici, nous évoquions un "plan B" développé depuis près de 7 ans déjà autour d'Android AOSP (Open Source Project), soit une base Android nue sans les outils de Google.
Aurora OS
Mais une rumeur évoque désormais la possibilité pour Huawei de préférer Aurora, un OS russe. C'est le journal russe The Bell qui a lancé l'idée, évoquant le fait que Guo Ping, directeur de Huawei s'était récemment entretenu avec Konstantin Noskov, ministre des télécoms russe.
Si Aurora ne vous parle pas vraiment, il était autrefois connu sous le nom de Sailfish OS et est basé sur Linux. L'avantage d'Aurora, c'est sa capacité à lancer des applications Android et d'avoir également le soutien du gouvernement russe qui aide à son développement.
Reste qu'à se rapprocher de la Russie, Huawei pourrait jouer un jeu dangereux et confirmer les accusations d'espionnage organisé au fil de ses dispositifs qui sont à l'origine de son bannissement des USA...
Lorsqu’il s’agit de lire ou de prendre des notes, papier et écran ne logent pas à la même enseigne. Lorsque nous lisons, si la longueur du texte ne dépasse pas une page ou, en d’autres termes, si le texte n’a pas besoin d’être déroulé à l’écran, il n’y a aucune différence de compréhension entre les deux supports.
Toutefois lorsque le texte dépasse les 500 mots, le recours aux outils de navigation entame la qualité de la compréhension.
Certaines études précisent toutefois que le papier et l’écran sont sur un pied d’égalité lorsqu’il s’agit d’évaluer la compréhension générale d’un texte, quelle que soit sa longueur, si on n’exige pas du lecteur de fournir un compte rendu détaillé ou nuancé. Cela est particulièrement vrai pour les adolescents confrontés à des textes longs et complexes.
Les avantages écologiques et pratiques de l’écran remportent de plus en plus de succès. De plus, ils ont beaucoup évolué au fil des ans, prenant progressivement l’allure d’une feuille de papier. Alors, comment expliquer l’avantage « cognitif » que semble conserver le support papier ?
Conceptualisation
Parmi les hypothèses avancées, voici celles qui sont les plus souvent invoquées. Sur papier, le texte est fixe. Cette fixité permet au lecteur de construire une représentation spatiale du texte qui sert de repères pour la mémoire. La répartition physique du texte sur le papier permet de naviguer à travers une cartographie de mots.
Subrepticement, l’écran se présente à l’utilisateur comme un outil doté d’une performance innée et rend le lecteur trop confiant face à ses capacités. Ainsi, la tâche lui semble facile, alors qu’inversement, le support papier est traditionnellement associé à un processus d’apprentissage plus ardu.
Qu’en est-il de la prise de notes ? Des expériences ont été menées pour y voir plus clair. Utiliser un portable permet d’enregistrer un plus grand nombre de mots que sur le papier.
La prise de notes sur portable s’apparente à une transcription ; alors que la prise de notes sur papier, plus courte, se concentre sur les concepts. Par conséquent, la prise de notes sur papier favoriserait le traitement des données.
Pour savoir à quoi s’en tenir, on a demandé à ceux qui ont pris des notes sur papier et à ceux qui ont pris des notes sur un portable de se soumettre à un examen trente minutes après la prise de notes.
S’agissant de données factuelles, ceux qui ont pris des notes sur un portable obtiennent une meilleure performance que ceux qui ont pris des notes sur papier. Par contre, lorsqu’il s’agit de mémoriser des données conceptuelles, ceux qui ont pris des notes sur papier surclassent de manière significative ceux qui ont pris des notes sur un portable.
Un nouveau test, réalisé cette fois-ci une semaine après, confirme cette tendance. Ceux qui ont pris des notes sur papier ont obtenu un meilleur résultat.
Il semblerait que la prise de notes sur papier facilite le traitement cognitif de l’information en sélectionnant les concepts les plus importants, en synthétisant et en transcrivant ces données dans leurs propres mots. La prise de notes sur papier favoriserait en quelque sorte la pensée critique.
La révocation de la licence Android de Huawei n'était pas véritablement une surprise pour la marque chinoise qui se préparait à une situation de ce genre depuis plusieurs années déjà.
Selon le South China Morning, Ren Zhengfei, le fondateur du groupe Huawei aurait déjà tenu une réunion à huis clos en 2012 visant à préparer sa société à remplacer l'écosystème Android. Cela ferait donc déjà 7 ans que Huawei anticipait la fin des accords avec Google et l'exploitation d'Android sur ses terminaux.
Huawei P30 Pro 08
En 2012, le spectre de la révocation de la licence d'Android inquiétait déjà la marque, qui a donc étudié la question tout en profitant du confort apporté par Android au fil des années jusqu'à maintenant. Cela fait donc 7 ans qu'une version alternative d'Android est en développement dans les bureaux de Huawei, qui aurait également fait de même avec Windows.
Pour ne pas trop s'éloigner des applications favorites des utilisateurs et pour plus de commodité, Huawei est resté focalisé sur la branche open source d'Android. Si la marque n'avait pas développé ce plan B au fil des années, il aurait été improbable de voir Huawei sortir son propre OS aussi rapidement .
D'ailleurs, la marque est plutôt réactive puisque selon ChinaDaily, Huawei aurait déjà produit plus d'un million de smartphones dotés de HongMeng OS.
Selon certaines rumeurs, Huawei aurait mis sa division PC en pause, le temps de trouver des alternatives à la fourniture de composants et logiciels américains.
L'inscription de Huawei sur la liste noire des entreprises avec lesquelles les entreprises américaines ne doivent plus avoir de partenariat commercial aurait entrainé la mise en suspend des activités de la marque dans le domaine des PC.
Si l'on parle beaucoup de la révocation de la licence Android de Huawei, la marque chinoise est également largement impactée dans ses activités au niveau des composants. Mais si Huawei développe et produit la majorité des puces intégrées à ses smartphones, il n'en est pas de même avec les PC, notamment la série MateBook qui voit donc sa production stoppée.
Actuellement, Huawei ne peut plus s'approvisionner en composants américains, notamment en processeurs... Mais Windows 10 est également concerné par l'embargo, ce qui pose un véritable problème pour l'assemblage et la commercialisation de PC. Huawei aurait ainsi demandé à ses fournisseurs de ne plus alimenter les usines d'assemblage de ses MateBooks. La marque aurait fait des stocks de composants dédiés aux smartphones, mais pas eu suffisamment de temps pour en faire de même pour ses PC.
Concernant Windows 10, Huawei travaillerait déjà depuis quelques années à une alternative qui pourrait sortir d'ici la fin de cette année. Richard Yu évoquait récemment la possible sortie d'un nouvel OS pour PC dès cet automne en Chine et dans le reste du monde en 2020. On ne sait toutefois pas pour l'instant si ce dernier sera une création originale ou un environnement basé sur Linux.
Huawei risquant de ne plus pouvoir proposer d'accès au Google Play Store et les applications mobiles étant le nerf de la guerre, le groupe semble chercher à inciter les développeurs à se tourner vers son propre portail AppGallery.
La révocation de la licence Android ne donne en principe plus la possibilité à Huawei de proposer les services mobiles de Google sur ses futurs smartphones, dont l'accès au portail Google Play Store et ses centaines de millions d'applications.
Dans l'hypothèse où cette situation serait amenée à durer, Huawei prépare un OS alternatif dans lequel il pourra toujours insérer ses propres services mobiles. Ce sont ces services que l'on trouve déjà sur les appareils mobiles du groupe chinois et qui font souvent doublon avec les services de Google.
Face au Google Play Store, Huawei peut ainsi opposer son propre portail de téléchargement AppGallery. Cependant, beaucoup moins bien doté que celui de Google, il faudra l'étoffer, l'histoire ayant montré le rôle essentiel des applications dans le succès d'un OS mobile.
Le site XDA Developers relate que des développeurs ont été approchés par email pour les inciter à proposer leurs logiciels sur le portail AppGallery. Dans son email de présentation, Huawei revendique 270 millions d'utilisateurs mensuels et une base de 350 millions de smartphones vendus ces deux dernières années, dont la moitié sur les marchés occidentaux.
Pour le groupe chinois, la difficulté ne sera pas tant de remplir son portail de nombreuses applications mais bien de disposer des applications qui comptent et sont réclamées par les utilisateurs, dans un perpétuel équilibre entre quantité et qualité.
En tant que numéro deux mondial, Huawei dispose en effet d'une solide base d'utilisateurs de ses smartphones mais il reste à voir si certains développeurs, notamment nord-américains, accepteront de prendre le risque d'être présents sur le portail du fabricant chinois.
A défaut, Huawei pourrait toujours mettre en avant d'autres portails de téléchargement d'applications Android. La plate-forme portugaise Aptoide bataille depuis plusieurs années pour gagner en visibilité et accuse régulièrement Google d'abus de position dominante dans la distribution d'applications mobiles.
La guerre commerciale s'est intensifiée depuis que Washington a augmenté début mai les droits de douane sur des produits chinois. Elle se double désormais d'une guerre technologique : l'administration Trump a interdit aux sociétés américaines de vendre des technologies à Huawei, numéro deux mondial des smartphones, mettant en péril l'approvisionnement crucial du Chinois en puces électroniques.
Face à Trump, médias officiels et responsables politiques chinois agitent désormais la menace d'une réduction des exportations de terres rares vers les Etats-Unis -- ce qui pourrait priver Washington d'une ressource cruciale pour la haute technologie. Car la Chine assure plus de 90% de la production mondiale de cet ensemble de 17 métaux, indispensables aux technologies de pointe et que l'on retrouve dans les smartphones, les écrans plasma, les véhicules électriques mais aussi dans l'armement.
Il y a tout juste un mois, se tenait discrètement à Washington, une réunion organisée par le Benchmark Mineral Intelligence. Étaient conviés des entreprises minières, des autorités de régulation, des élus du Congrès et du Sénat et des industriels. À l’ordre du jour de cette réunion, un sujet des plus brûlants : l’approvisionnement en matières premières et notamment en terres et minerais rares. Parmi les industriels, Tesla, le premier fabricant américain de véhicules électriques lance un message d’alerte sur le risque de pénurie imminente de minerais pour fabriquer ses batteries et ses voitures.
Il convient de préciser que ces véhicules électriques de dernière génération utilisent deux fois plus de métaux rares qu’une voiture ordinaire à moteur thermique. Pour fabriquer les 130 millions de véhicules électriques programmés d’ici 2030, il faudra trouver trois millions de tonnes de cuivre, plus d’un million de tonnes de nickel et 260 000 tonnes de cobalt. Du côté des industriels du numérique, la situation n’est pas meilleure où les seuls assistants à domicile de Google et Amazon exigent des millions de tonnes de cuivre et autres métaux rares pour leur fabrication.
Autant de minéraux stratégiques, indispensables à tous les équipements électroniques. « Ces minéraux critiques sont souvent ignorés mais sans eux la vie moderne serait impossible », a déclaré Wilbur Ross, le secrétaire américain au Commerce, affirmant que le gouvernement fédéral « prend des mesures sans précédent pour s'assurer que les Etats-Unis ne seront pas coupés de ces matériaux vitaux ». Et le ministre de lister 35 éléments stratégiques dont l'uranium, le titane et les terres rares, pour lesquels les Etats-Unis sont particulièrement dépendants de l'étranger. Pour quatorze des minéraux listés, « les Etats-Unis n'ont aucune production nationale et dépendent complètement des importations », note le rapport du secrétariat d’État au Commerce.
Le problème, c’est que la plupart de ces minerais viennent de Chine. L’empire de Xi Jinping, en délicatesse avec Donald Trump, pour employer un euphémisme, produit l'essentiel des terres rares de la planète, un ensemble de 17 métaux indispensables aux technologies de pointe.
LIRE DANS UP : Terres et métaux rares : l’arme fatale de la Chine dans la guerre économique
Et dans le bras de fer commercial entre la Chine et les États-Unis, Pékin s'est plu à rappeler cette dépendance. Le 22 mai dernier, au moment où Trump alourdissait les sanctions contre le géant chinois Huawei, Xi Jinping est allé tranquillement visiter une usine de traitement de ces métaux stratégiques ; une manière subtile de laisser planer la menace de bloquer les exportations.
Une semaine plus tard, le message était encore plus clair. « Si quelqu'un veut utiliser des produits fabriqués à partir de nos exportations de terres rares pour freiner le développement de la Chine, alors je pense que (...) le peuple chinois sera mécontent », a mis en garde un responsable de la puissante agence de planification économique.
Mardi 4 juin, la menace s'est faite plus précise. La puissante agence de planification économique chinoise a tenu une réunion sur un possible « contrôle des exportations » de terres rares. « Selon les suggestions des spécialistes (...) nous devons renforcer les contrôles à l'exportation et établir un mécanisme de traçabilité et d'examen pour l'ensemble du processus d'exportation des terres rares », a indiqué la NDRC à l'issue de cette réunion.
Que se passerait-il si la Chine menait ses menaces à exécution ? Un précédent existe. Il remonte à 2010 quand, en représailles à un différend territorial, Pékin avait brutalement interrompu ses exportations de terres rares vers le Japon, mettant les entreprises de hautes technologies nippones en grandes difficultés.
Aussi Washington réfléchit à un plan d’action. L’administration Trump compte ainsi accélérer la recherche, le développement et le déploiement de méthodes de recyclage et de réutilisation de ces minéraux stratégiques, trouver des alternatives et aussi diversifier l'approvisionnement et améliorer les processus d'extraction, de séparation et de purification. De fait pour certains des minéraux concernés, les Etats-Unis disposent bien de la matière première mais pas du savoir-faire pour les rendre utilisables par l'industrie.
Washington compte aussi renforcer la coopération et améliorer le commerce international de ces minéraux avec ses alliés. On pense ainsi à la Corée du Sud qui produit 20 à 30 % de certaines des terres rares utilisées dans le monde.
Le plan stratégique prévoit également de faire un recensement précis des ressources naturelles disponibles dans le pays pour pouvoir les exploiter. Mais il compte aussi faire la nomenclature de sources d'approvisionnement moins traditionnelles, comme l'extraction à partir de l'eau de mer ou de déchets du charbon. Et comme elle l'a fait pour d'autres industries, l'administration veut déréguler pour accélérer les choses. Le gouvernement veut enfin s'assurer qu'il disposera de la main-d’œuvre qualifiée nécessaire pour mener à bien son projet et bâtir une base industrielle nationale solide. En aura-t-il le temps ?
La menace sur les terres rares ne concerne pas que les États-Unis. L’Europe aussi est extrêmement dépendante des importations étrangères et principalement chinoises. Le continent se met donc à explorer son potentiel minier. Signe encourageant, la découverte d’importantes ressources de lithium au Portugal et de tungstène en France, en Ariège. Des ressources dont l’extraction posera d’immenses questions environnementales. Signe des temps, lors du premier Conseil de défense écologique, qui s’est tenu à l’Élysée le 23 mai dernier, le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy a tracé les grandes lignes d’un projet de réforme du code minier qui devrait être mise en place d’ici la fin de l’année.
Technologie : Avec son climat favorable et ses infrastructures importantes, l'Islande attire toutes les convoitises. Notamment celles de la Chine, qui souhaite y installer des datacenters. Une "Route de la soie polaire" est en construction.
Par Charlie Osborne | Modifié le mercredi 05 juin 2019 à 16:33
La vérité dépasse bien souvent la fiction. Le directeur commercial du spécialiste des datacenters Etix Everywhere Borealis, l'islandais Arni Jensen, pourra en témoigner.
Il y a plusieurs mois, deux ressortissants chinois débarquent sur le tarmac de l'aéroport international de Keflavík, un des voies d'accès vers l'Islande par les airs. Tous deux prétendent être des employés de Huawei en visite dans le pays pour s'informer sur les datacenters locaux et prospecter en vue d'éventuels investissements sur l'île. Les deux hommes rencontrent Arni Jensen et concluent, après avoir passé la journée avec ce dernier, que la pays présente un intérêt certain pour son potentiel en terme de datacenters.
Neuf mois plus tard, sans aucunes nouvelles de ses interlocuteurs, Arni Jensen contacte Huawei pour découvrir que ses deux visiteurs ne figurent pas sur la liste des employés du constructeur chinois, pour lequel ils n'ont jamais travaillé. Au-delà du caractère insolite de cette histoire, dont le fin mot n'a jamais été connu, celle-ci en dit long sur l'importance stratégique prise par les champs de lave et les fjords de l'Islande dans l'industrie de la donnée.
L'Islande, avec son climat propice aux tempêtes de neige, ses heures de clarté qui oscillent entre 24 heures de lumière ou d'obscurité selon la période de l'année, et une population d'environ 450 000 habitants, ne semble pourtant pas nécessairement s'imposer comme un pays où les intérêts commerciaux, qu'ils viennent de Chine ou d'ailleurs, pourraient naturellement prospérer.
Ce pays peu peu peuplé, situé entre les États-Unis et l'Europe, a récemment connu un regain de popularité dans le tourisme, en partie grâce à des accords lancés par des compagnies aériennes qui tentent d'assurer le commerce avec ceux dont la destination finale est les États-Unis.
Cependant, c'est la capacité et l'utilisation d'énergie renouvelable du pays qui ont vu les perspectives de l'Islande en tant qu'hôte des centres de données augmenter - ainsi que son avenir économique potentiellement positif après un effondrement désastreux du système bancaire en 2008. Les opérateurs de centres de données, dont Etix Everywhere Borealis et Verne Global, ont accès à des sources d'énergie renouvelables fournies par des centrales géothermiques et hydroélectriques, ainsi qu'à un approvisionnement en énergie éolienne qui augmente lentement.
Un climat qui fait des jaloux
Mais ce qui rend surtout l'Islande unique, c'est la stabilité de son climat qui s'établit en moyenne à quatre degré Celsius. Un climat favorable à l'industrie des centres de données, qui a connu dans le pays une croissance de plus de 100 % au cours des trois dernières années, contre 10 % au niveau mondial. Une grande partie de cette croissance peut être attribuée à de faibles coûts d'exploitation par rapport aux pays où les températures sont plus chaudes pendant l'année.
Le climat unique de l'Islande contribue en effet à une réduction de puissance estimée à 33% afin de garder un centre de données moyen au frais toute l'année. Ajoutez-y une abondance d'énergie durable et bon marché et vous comprendrez ce qui fait de cette île un véritable eldorado pour le secteur des centres de données et les entreprises souhaitant stocker ou traiter des données.
En outre, l'Islande est maintenant reliée aux États-Unis et à l'Europe par un réseau de câbles sous-marins à fibre optique à faible latence et à large bande passante, et le développement d'un nouveau câble vers le Royaume-Uni est également envisagé dans un futur proche. De quoi aiguisez les appétits des puissances étrangères. Au premier rang desquelles la Chine, qui semble avoir un intérêt économique soutenu dans ce que l'Islande a à offrir et a adopté une approche de l'investissement que Jensen juge "brutalement pragmatique".
La clé de cette stratégie ? La propriété et contrôle de l'infrastructure. "Ils pensent à très long terme, et ils comprennent ce qu'être doté d'une population supérieure à un milliard d'habitants peut conférer en terme de puissance", explique le dirigeant. "La plupart des économies sont basées sur le commerce, la leur est basée sur l'infrastructure. Il est donc logique pour eux d'aller en dehors de la Chine", fait-il également valoir.
Voilà pourquoi la Chine investit massivement dans les centres de données islandais et d'autres entreprises depuis les sept dernières années. En 2017, le "Financial Times" a ainsi rapporté que la Chine avait investi plus de 20 milliards de dollars dans les ports d'outre-mer, y compris ceux liés aux routes maritimes entre la Chine et l'Europe, dont deux ports en Islande. L'Institut de recherche polaire de Chine a entre autres financé un centre dans le pays pour étudier les aurores boréales, et vous pouvez trouver des chercheurs chinois au Conseil de l'Arctique, travaillant dans les pays nordiques avec d'autres ressortissants au nom de la recherche scientifique.
C'est d'ailleurs au sein de ce même Conseil de l'Arctique que le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a mentionné la participation de la Chine comme une " préoccupation ", étant donné l'empreinte accrue du pays dans le Conseil et son bilan environnemental passé. Mais la participation de la Chine a cette institution n'est qu'une facette d'une approche plus large des pays du Nord, comme le suggère David Auerswald pour le site spécialisé War On the Rocks. "D'une part, la Chine s'efforce de participer aux groupes de travail du Conseil de l'Arctique et à la recherche scientifique arctique. D'autre part, elle semble avoir un comportement prédateur pour se procurer un avantage unilatéral", explique en effet ce dernier.
La Chine a présenté sa politique de l'Arctique en 2018. Celui-ci qualifie l'Empire du Milieu d'"État proche de l'Arctique" et affirme que l'intérêt du pays pour la région s'étend à l'analyse du changement climatique, à l'environnement, à la recherche scientifique, à l'utilisation des routes maritimes, à l'exploration et l'exploitation des ressources, à la sécurité et à la gouvernance mondiale. Bien qu'il n'y ait pas de mention spécifique des données, la circulation de l'information sous-tend bon nombre de nos industries aujourd'hui. La politique chinoise stipule ainsi que "l'utilisation des routes maritimes et l'exploration et la mise en valeur des ressources de l'Arctique peuvent avoir un impact énorme sur la stratégie énergétique et le développement économique de la Chine, qui est un important pays commerçant et consommateur d'énergie dans le monde".
"Le capital, la technologie, le marché, les connaissances et l'expérience de la Chine devraient jouer un rôle majeur dans l'expansion du réseau de routes maritimes dans l'Arctique et faciliter le progrès économique et social des États côtiers le long de ces routes. La Chine a des intérêts communs avec les États de l'Arctique et un avenir commun avec le reste du monde dans l'Arctique", précise également la feuille de route de Pékin.
Selon le site américain USNI, le pays suit la "Route polaire de la soie" dans sa quête de contrôle des infrastructures à travers l'Ouest. Le rapport estime que les investissements chinois représentent 6 % du PIB en Islande et 12 % du PIB au Groenland. En d'autres termes, investir dans des pays qui pourraient stimuler l'économie au nom de la croissance, avoir des intérêts commerciaux dans les centres de données, les câbles de communication et les centres de transport, et cela pourrait faire de la Chine une superpuissance économique colossale à long terme, non seulement au niveau national, mais dans le monde entier. Le soutien financier du pays ne doit pas être sous-estimé.
Toutefois, les investisseurs chinois potentiels n'ont pas tous eu la vie facile, affirme Arni Jensen, citant les différences culturelles entre les Chinois et les Islandais. Lorsqu'il s'agit de l'accaparement des terres, par exemple, les Chinois échouent souvent. Les routes commerciales, les câbles, la recherche, l'énergie et les nouvelles possibilités d'affaires contribuent tous à l'ensemble des raisons pour lesquelles la Chine s'intéresse à la région arctique. Cependant, la création d'une "route de la soie" en Finlande, impliquant Pékin et les autorités finlandaises désireuses de construire un nouveau câble transatlantique, soulève également des questions quant aux intentions de la Chine.
La Blockchain, un nouvel atout dans la manche de l'Islande
Les câbles maritimes sont capables de fournir des transferts de données à faible latence, une exigence clé pour les institutions financières et de nombreuses entreprises d'aujourd'hui. On estime que 97 % des communications mondiales et 10 billions de dollars en transactions financières quotidiennes sont transmis par câble plutôt que par satellite, et comme Etix Everywhere Borealis continue d'élargir son portefeuille de centres de données - le dernier ajout étant un centre de données à Blönduós - la popularité croissante de la technologie de la Blockchain, facilitée par les centres de données, est aussi intéressante.
Cette technologie, également connue sous le nom de technologie du grand livre distribué, a été présentée non seulement comme un moyen de faciliter le commerce de cryptomonnaies, mais aussi comme une future épine dorsale potentielle pour les échanges de devises traditionnels et fiat.
L'avantage de la Blockchain réside dans le stockage des enregistrements de transactions et leur immuabilité, et si les systèmes financiers traditionnels s'éloignent de Swift pour s'installer dans des chaînes de blocage, les câbles à faible latence, les centres de données et l'hébergement dans des endroits accessibles depuis les Etats-Unis et l'Europe sont des perspectives intéressantes et seront nécessaires pour supporter le poids des futures banques et institutions financières.
La Chine le reconnaît probablement aussi et pourrait jouer un rôle à long terme dès maintenant pour participer au contrôle de l'infrastructure informatique dont les banques auront besoin à l'avenir en investissant dans des pays comme l'Islande aujourd'hui. La Chine a une vision à long terme et il est peu probable qu'elle soit découragée dans sa quête d'une suprématie économique accrue. "Ils ont beaucoup de raisons de maintenir leur croissance économique et ils comprennent l'infrastructure ", fait ainsi valoir Arni Jensen. "Le propriétaire de l'infrastructure, à la fin de la journée, gagne."
Source : "Does China's route to infrastructure control run through Iceland's data centers?"
La science-fiction a une trajectoire des plus étonnantes dans l’histoire de l’art. C’est sûrement ce qui fait qu’il n’est pas simple, pour le néophyte, de se plonger dans cet univers, en essayant de partir à la découverte d’autre chose que les « blockbusters » !
Le genre est né sous la forme de fables philosophiques avec, par exemple, l’Utopia de Thomas More. Elle a été popularisée par un Jules Verne, au moment de la révolution industrielle. Dénigrée suite à sa traversée de l’Atlantique où on l’a vue dans les pages de mauvais papier des « pulp fictions », elle renaît de ses cendres à la fin de la Seconde Guerre mondiale, portée par des auteurs tels qu’Isaac Asimov.
Dans les années 20, la science-fiction acquiert ses premières lettres de noblesse avec des œuvres telles que la pièce de théâtre R.U.R de Karel Capek, inventeur (avec son frère Josef) du mot robot, dérivé de robota, la corvée en tchèque (en ancien slave, rob signifie esclave) ou avec le film Métropolis de Fritz Lang, malgré les polémiques sur les orientations politiques de sa scénariste et compagne de l’époque, Théa von Harbou, qui fut membre du NSDAP. On peut aussi rappeler le « coup médiatique » d’Orson Welles en 1938, quand il adapta à la radio le roman de H.G. Wells et provoqua des scènes de panique chez ses auditeurs qui, pour certains, crurent que la fiction était réalité !
Aujourd’hui, genre littéraire, cinématographique ou de bande dessinée à part entière, la science-fiction a su coloniser les jeux vidéo sous toutes leurs formes. La science-fiction, au travers de la créativité et la rigueur conceptuelle que s’imposent toute une armée d’auteurs qui ne sont plus majoritairement anglophones (la Chine, par exemple, compte des talents tels que Liu Cixin), est devenue un genre majeur qui ne cesse d’étonner aussi bien les passionnés que ses détracteurs.
Science-fiction et prospective
Pour mémoire, la science-fiction a longtemps été considérée comme un sous-genre, avec une forte connotation péjorative, sûrement due au fait qu’à son arrivée en France le nom « science-fiction » a été compris comme un genre dans lequel la science était fictionnelle alors que pour les Américains, inventeurs du terme, il signifie : fictions dans lesquelles interviennent les sciences.
La science-fiction a aussi longtemps été affaire de connaisseurs (avec une notion quasi initiatique), affaire d’experts, de fans, d’aficionados… Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. D’autant moins que, le corpus d’œuvres fournissant un fond d’étude des plus consistants et en perpétuelle évolution, la science-fiction est désormais lue et relue telle une source d’éclairages pour les temps à venir. Cette démarche peut prendre la forme d’un « rétro-futurisme » qui cherche à comprendre comment ces récits racontent les fantasmes qu’une époque projette sur son propre avenir tout en étant, au travers de chaque proposition qu’est une œuvre, une tentative de l’auteur d’anticiper une branche de l’avenir.
Ainsi, nombre de textes de science-fiction sont relus, aujourd’hui, en leur prêtant une valeur quasi prophétique (peut-être à tort…). On peut penser à 1984 de George Orwell, Minority Report de Philip K. Dick ou bien encore à la Servante Écarlate de Margaret Atwood, trois œuvres qui sont retombées sous les feux de l’actualité à l’occasion de l’élection du président Donal Trump, en 2016.
La science-fiction donne surtout de la consistance à une discipline dont on parle de plus en plus fréquemment : la prospective. Elle consiste à projeter dans des avenirs spéculatifs une problématique contemporaine en assujettissant la construction de ces écosystèmes hypothétiques à des postulats ancrés dans la réalité. Arrivé dans ces avenirs, on peut s’attarder à une observation des diverses conséquences issues de ces constructions arbitraires, dans une forme d’expérience de pensée (démarche qui a fait ses preuves dans l’histoire des sciences : Albert Einstein a utilisé cette démarche à de nombreuses reprises). Les postulats de départ peuvent être des faits scientifiques, économiques, sociaux, comportementaux… la prospective devient alors une aide à la décision, au sein des organisations.
Pour la petite histoire, Robert Heinlein, célèbre auteur de SF américain a été conseiller de Ronald Reagan, du temps de la « guerre des étoiles », le projet américain de défense anti-missile (Strategic Defense Initiative). Aujourd’hui, nombre d’entreprises intègrent cette approche de la complexité dans leurs démarches stratégiques. Mais elle peut être autre chose qu’une discipline experte : la prospective devient alors une posture intellectuelle qui oblige à sortir des ornières du présent : une démarche accessible à tout un chacun.
Une tentative de mise en image
Alors, afin de nourrir son imaginaire et sa réflexion, on peut se plonger dans les œuvres de science-fiction produites au cours des siècles (même si la majorité des œuvres de SF ont moins de 100 ans) et ressentir un léger étourdissement ! Car dans l’univers SF, il y a nombre de planètes. On peut ainsi distinguer l’anticipation de l’heroic fantasy, le space opera de la dystopie, le voyage dans le temps des uchronies, en y ajoutant les sous-genres nés des esprits fertiles des auteurs de science-fiction. Autant le dire : il n’est pas simple de s’y retrouver !
Arborescence simplifiée des thèmes de la science-fiction. Olivier Parent/Wikipédia, Author provided
Cette image représente une arborescence simplifiée des thèmes de la science-fiction. Il s’agit d’une démarche qui consiste à organiser le long d’une dizaine de branches d’arbre des œuvres issues de toutes les formes d’expression qui ont « adopté » la science-fiction : romans, films, séries télé, théâtre, bande dessinée, comics et manga et, pour finir, jeux vidéo (bien que cette forme d’expression demande encore un travail plus approfondi).
Cette démarche est sûrement vaine car une telle arborescence ne pourra jamais recenser toutes les œuvres produites – elle est aussi présomptueuse car elle cherche à organiser chronologiquement ces œuvres les unes par rapport aux autres.
Enfin, elle est aussi la projection de la culture de son auteur initial, qui n’est qu’humain. Trois postulats de travail qui, à n’en pas douter, feront des mécontents. Cependant, cette arborescence est aussi un travail collectif : depuis plus de deux ans qu’elle existe, elle a été mise à disposition des internautes et elle s’est nourrie de suggestions en provenance des réseaux sociaux. En deux ans, elle a vu tripler le nombre d’œuvres qu’elle cherche à répertorier, sans pour autant tendre vers la moindre exhaustivité.
Il ne reste alors qu’à se laisser aller à la sérendipité, à parcourir les branches de cet arbre pour y découvrir des œuvres étonnantes. C’est l’occasion de regarder le monde à la lumière de ces univers qui, repoussant les limites du réel, lèvent le voile sur les avenirs que chaque humain construit au travers de ses actes, de ses choix quotidiens.
Alors, bons voyages !
L’Arborescence est accessible sous licence libre sans modification des mentions. À télécharger en PDF ici.
Faute d'accès à l'Android de Google, Huawei prépare son propre OS mobile alternatif. Ce serait finalement Oak OS et il serait prêt pour un lancement après l'été.
Google (à son regret) ne peut en principe plus proposer ses services mobiles au sein d'Android au groupe Huawei, désormais placé en liste noire des entreprises honnies des Etats-Unis.
La firme chinoise avait en réserve une ébauche d'OS mobile alternatif qu'elle gardait en prévision d'une telle éventualité (ou d'un désaccord avec Google / Alphabet) et dont le développement s'est doute accéléré ces derniers mois sous l'effet de l'intensification des menaces.
De source asiatique, cet OS mobile alternatif se nommerait finalement Oak OS (et non Ark OS ?) à l'international et HongMeng OS en Chine et il serait finalisé dès l'automne.
android
Pour le moment, Huawei bénéficie de 90 jours de répit, ce qui lui laisse jusqu'au 19 août pour s'organiser...ou espérer qu'un accord sera trouvé d'ici là entre les Etats-Unis et la Chine dans la guerre commerciale qui les oppose.
Ce système alternatif est sans doute un fork d'Android et pourra accueillir ses applications mais sans pouvoir passer par le Google Play Store pour les télécharger. Huawei dispose déjà d'un certain nombre de services développés en interne et proposés sur ses smartphones, beaucoup faisant jusqu'à présent doublon avec ceux de Google.
Risquer de perdre le numéro deux mondial des ventes de smartphones pour la diffusion de sa plate-forme mobile Android n'est pas forcément du goût de Google mais il faut ici jongler entre les argumentaires pour affirmer qu'un OS mobile alternatif pourrait être pire pour la sécurité nationale que le maintien d'Android sur les smartphones Huawei...
Que ce soit pour identifier la maison de l'un de nos ancêtres, la tombe de l'un d'entre eux ou encore le monument aux morts sur lequel son nom est inscrit, nous sommes dépendant de la géolocalisation. Et pourtant celle à notre disposition n'est pas adaptée à la généalogie.
En effet si nous cherchons où se situe la maison de l'un de nos ancêtres, il va nous falloir passer des documents d'archives à des plans., comprendre d'après les plans anciens où se situe le lieu et ensuite le problème de la géolocalisation pour le partage commence. Devons nous utiliser une adresse moderne (qui peut ne pas correspondre, on sait par exemple que les transformations de Paris sous le Second Empire ont changé les noms des rues et détruit des immeubles. Dans ce cas comment une adresse moderne (Boulevard Saint-Germain) pourrait-elle rendre compte d'une maison sise dans la partie méridionale de la Rue du Jardinet. Une adresse GPS permet de contourner le problème mais sa mémorisation est pour le moins difficile (48.851887, 2.341296)
De même si nous cherchons une tombe au père Lachaise, l'adresse de l'entrée n'est pas suffisante, et il nous faut procéder de renseignements complémentaires (numéro de division et d'allée) pour avoir une direction approximative de là où trouver la tombe recherchée.
Enfin, si on cherche les plaques commémoratives dans l'église des Quinze-Vingts, il faut faire le tour de l'église et de ses chapelles pour les trouver. Et pour transmettre l'information, il faudra donner un descriptif (sur le mur, à droite en entrant, après le 2e pilier)
Il y a peut-être une solution globale à tous ces problèmes de géolocalisation, la société anglaise What3Words a découpé le monde en 57.000 milliards de petits carrés identifiables chacun par trois mots. Ces trois mots sont accessibles dans 27 langues et décrivent un carré de 3m par 3m.
empereur.dévaler.negation serait une adresse de l'ancienne rue du Jardinet
enfin.entendre.piquant désigne une tombe unique au Père Lachaise, je me plait à croire que c'est celle d'un orthophoniste.
repolir.nuage.épurer serait celle des plaques commémoratives
Pour l'instant What3world importe les cartes Mapbox, Google Maps, Esri Maps, OpenstreetMap, et TomTom mais j'espère que toutes les ressources anciennes de cartographie seront adaptées prochainement. Une appli smartphone ainsi que les commandes vocales des Mercedes et Ford permettent d’utiliser cet outil en mobilité.
Alors près à identifier vos lieux généalogiques avec trois mots ?
À quoi bon en effet se lever le matin si c’est pour se mettre la pression? Au “miracle morning”, préférons la splendeur de l’aube.
Rémy Oudghiri
Sociologue et directeur général de Sociovision (groupe Ifop)
Depuis 2015, un nombre croissant de nos contemporains vivent au rythme du “Miracle Morning”. Ce “miracle du matin” désigne une méthode inventée par l’Américain Hal Elrod pour nous aider à “réussir notre vie”. A priori, cette méthode paraît simple: avançons notre réveil d’une heure ou deux et le tour est joué. “Il suffit de changer notre façon de nous réveiller pour transformer n’importe quel pan de notre vie”, écrit-il. Se réveiller aux aurores, mais pour quoi faire ? Être actif, répond Hal Elrod: faire du yoga, pratiquer un sport, méditer, lire, tenir un journal, etc.
Si nous parvenons à installer ces activités dans la durée et à en faire des routines, nous aurons gagné selon Hal Elrod, car les résultats ne mettront pas longtemps avant de se manifester. Nous nous sentirons en meilleure forme, nous serons “armés d’une énergie plus grande” et nous nous trouverons dans les meilleures conditions pour entreprendre et mettre en œuvre tous nos projets. Humainement, nous allons nous améliorer de façon considérable. Hal Elrod l’a expérimenté sur lui-même et cela a marché. Pourquoi pas nous?
C’est avec stupeur que les matinaux authentiques comme moi ont découvert ces nouvelles recettes. Je me lève chaque jour à cinq heures, mais l’idée de transformer les premières heures du jour en séance de développement personnel ne m’a jamais effleuré. L’aube a toujours représenté pour moi un grand moment de liberté. Or voilà que tout change avec le “Miracle Morning”. La pression que d’autres recommandent de s’infliger en plein jour, Hal Elrod nous la prescrit dès potron-minet. Hal Elrod est coach en développement personnel. Son métier consiste à faire de ses lecteurs des individus bien dans leur vie et dans leurs baskets. Des “winners” précise-t-il. Pour le devenir, mieux vaut commencer sa journée le plus tôt possible afin de maximiser ses chances d’atteindre des résultats positifs. Il me semble qu’Hal Elrod, en annexant l’aube à ses projets de performance individuelle, a occulté ce qui fait depuis toujours la magie de l’aube. À quoi bon en effet se lever le matin si c’est pour se mettre la pression?
Ma vision du matin est bien différente. À l’aube, on ne cherche pas à devenir quelqu’un. On ne cherche ni à réussir professionnellement, ni à être meilleur socialement. À l’aube, on cherche justement à échapper à notre personnage social et aux rôles qu’on nous impose le reste du jour. Aux premières heures du jour, ce n’est pas réussir qui est important. Comme Giono l’écrivait, “on a dû te dire qu’il fallait réussir dans la vie; moi je te dis qu’il faut vivre, c’est la plus grande réussite du monde.”.
Vivre l’aube. Je préfère voir le matin comme une invitation à la splendeur plutôt que comme une méthode pour améliorer ses performances. Car, à l’aube, tout est fait pour vivre une expérience inoubliable, celle de la renaissance du monde. Borges l’a écrit dans un poème: ”À l’aube tout se produit pour la première fois, mais de façon éternelle”.
Il faut profiter du matin pour explorer le monde de l’aube. Errer dans les rues en se laissant guider par sa lumière. Prendre le temps d’admirer les tableaux éphémères que le soleil esquisse dans le ciel. Résonner avec ce murmure toujours nouveau, à la fois éternel et éphémère, porté par les oiseaux. Attendre l’heure bleue, cet instant mystérieux où la nature est totalement silencieuse. Bref, aux “to-do-lists” du matin, je préfère le vagabondage et l’improvisation. Aux objectifs et aux programmes, je préfère les errances sans but. Et s’il faut avoir un maître, je suis le disciple de Thoreau, l’auteur de Walden ou la vie dans les bois, qui se levait chaque matin pour se baigner dans l’aube. Il soutenait que “tous les événements inoubliables adviennent au matin et dans une atmosphère matinale. La poésie, les arts, les plus belles et les plus dignes de passer à la postérité parmi les actions des hommes commencent à cette heure.” Tout est dit: l’aube est le royaume de la beauté.
Restituer au matin cette beauté, c’est s’opposer à cette pression au bien-être qui règne dans nos sociétés depuis plusieurs décennies. Dans leur dernier essai, Edgar Cabans et Eva Illouz qualifient nos sociétés d’“happycratiques” car l’injonction au bonheur y est permanente et stigmatise ceux qui ne sont pas heureux. À force d’être ciblés par les programmes de bien-être et de développement personnel, nous croulons sous les injonctions contradictoires. Le bien-être est devenu une recherche de l’exploit dont les résultats peuvent être mesurés et suivis sur une appli. La volonté de transformer le matin en séance de développement personnel fait partie de ce mouvement général de quantification du bonheur. De là l’urgence de replacer au cœur de nos vies, non le culte de la performance, mais l’attention aux beautés fragiles du monde. Au “miracle morning”, préférons la splendeur de l’aube.
Bien avant les voitures et les centrales à charbon, les Romains ont massivement brûlé du bois et décimé des forêts pour se nourrir et entretenir leur mode de vie. Des activités qui ont significativement modifié le climat de l'époque, preuve que l'Homme était déjà un gros pollueur il y a 2.000 ans.
Plus personne aujourd'hui ne remet en cause l'implication des activités humaines dans le réchauffement climatique. La concentration de l’atmosphère en CO2 a atteint un record de 407 parties par million (ppm) en 2018, contre 280 ppm avant la révolution industrielle, sans compter les particules fines émises par les voitures et les centrales à charbon.
L'Homme n'a cependant pas attendu les avions ni le pétrole pour polluer l'atmosphère. Une nouvelle étude de l’ETZ Zürich montre que les Romains ont eux aussi contribué au changement climatique à travers leurs activités. Plusieurs articles avaient déjà pointé du doigt les nombreux dégâts causés par l’Homme, notamment via la déforestation pour dégager des terres, récolter du bois de construction, ou faciliter les déplacements.
Les Romains brûlaient également du charbon et du bois pour fabriquer du fer, cuire des poteries, se chauffer et cuisiner mais également pour la crémation des corps. Selon les différentes estimations, un habitant brûlait ainsi entre 1,5 et 5 kg de bois chaque jour à l'époque. Mais, entre l’augmentation de l’albédo et les émissions d'aérosols conduisant plutôt à un refroidissement, et la réduction de la capacité des sols à capturer le CO2 favorisant le réchauffement, l'impact sur le climat n'avait pas été clairement établi.
Pour leur étude, les chercheurs suisses se sont appuyés sur un ensemble d'analyses visant à estimer les émissions d'aérosols issus des incendies et le changement d'affectation des sols pour le premier siècle après J.-C, lorsque l’empire romain était à son apogée. Ils ont ensuite appliqué un modèle de simulation climatique pour estimer les conséquences sur le climat. D'après leurs calculs, la déforestation aurait entraîné un léger réchauffement de 0,15 °C tandis que les aérosols issus de incendies auraient à l'inverse refroidi le climat de 0,17 °C à 0,46 °C. Une différence qui peut sembler minime mais qui est en fait considérable si l'on attribue cet effet uniquement aux activités humaines.
Les estimations climatiques montrent pourtant une période anormalement chaude entre 250 et 400 après J.-C (appelée « optimum climatique romain »), attribuée en grande partie à des phénomènes naturels : activité du soleil, modifications des courants océaniques et faible activité volcanique. Un réchauffement qui aurait été atténué par la pollution anthropique des Romains, estiment les chercheurs. Les fumées des incendies auraient en revanche provoqué une énorme pollution dans les villes et affecté le régime des précipitations.
À cet optimum climatique a succédé le « Petit Âge glaciaire », une longue vague de froid qui s'est étendue de 536 à 660 après J.-C et qui aurait entraîné des décennies d'étés plus froids, parfois jusqu'à 4 °C inférieurs par rapport à la température normale selon les travaux de Ulf Büntgen et de ses collèges publiés dans la revue Nature Geoscience.
Ce refroidissement constitue l'une des nombreuses explications à la chute de l’Empire romain. Dans son ouvrage Comment l'Empire romain s'est effondré, Kyle Harper, professeur d'histoire à l'université d'Oklahoma, explique ainsi comment les changements climatiques et les dégâts causés à l'environnement (forêt coupées et incendiées, construction de routes...) ont favorisé la propagation des épidémies et entraîné des crises alimentaires. Une leçon à retenir pour notre société moderne ?
Laisser Huawei installer une variante d'Android serait plus dangereux que de le laisser accéder à Android, tente de faire comprendre Google à l'administration Trump.
Huawei placé en liste noire par les Etats-Unis ne peut en principe plus faire commerce avec les entreprises high-tech US, ce qui commence avec une révocation de la licence Android pour ses smartphones et l'interruption de l'accès aux services GMS de Google, dont le portail Google Play.
Le groupe chinois peut toujours s'appuyer sur une variante d'Android et y intégrer des services alternatifs mais cela serait finalement plus dommageable pour la sécurité des Etats-Unis que de le laisser continuer d'utiliser Android.
C'est le point de vue que tente de faire passer Google auprès du gouvernement des Etats-Unis, selon une information du Financial Times reprise par le site The Verge.
En substance, en n'ayant plus accès à certains services comme Google Play Protect qui vérifie l'intégrité des applications mobiles installées et la présence de menaces éventuelles et en proposant des portails de téléchargement moins sécurisés que le Google Play Store, les smartphones Huawei seront moins sécurisés et pourront plus facilement être susceptibles d'être piratés, par la Chine ou par d'autres Etats, même avec un chiffrement des communications.
Pousser Huawei à développer un OS mobile alternatif ( Ark OS ?) revient à perdre le contrôle de ce qui pourrait être fait et à fragiliser les couches de sécurité appliquées sur les smartphones Android pour éviter des diffusions de masse de malwares.
Google a bien sûr aussi tout intérêt à ce que Huawei continue d'utiliser Android et les services mobiles sur ses dizaines de millions de smartphones écoulés chaque année mais c'est ici l'aspect sécurité qui est mis en balance, avec un arbitrage à faire entre le maintien d'Android permettant de garder un oeil sur ce qui se trame ou bien l'inconnu d'un système alternatif difficilement sondable.
acebook va désormais interdire à Huawei d'installer ses applications dans ses smartphones.
(CCM) — Nouvel épisode dans le feuilleton du bras de fer entre le gouvernement des Etats-Unis et le géant des smartphones chinois Huawei : cette fois-ci, Facebook vient s'en mêler et c'est une grosse déconvenue pour l'entreprise chinoise. En effet, l'entreprise californienne a annoncé à l'agence de presse Reuters (lien en anglais) qu'elle n'autorisera plus l'installation de ses différentes applications sur les smartphones Huawei.
Pour être clair, cette décision concerne les applications préinstallées sur les smartphones de Huawei. A compter du 7 juin, les appareils sortis d'usine - les nouveaux comme ceux toujours commercialisés - ne pourront plus embarquer Facebook, Instagram et WhatsApp. Un vrai coup dur pour Huawei, mais pour l'utilisateur cela ne change pas grand chose"pour le moment".
Si vous avez un téléphone Huawei, vous pouvez continuer à utiliser vos applications préférées et toujours les télécharger via le Play Store... Et c'est bien là que le bât blesse, puisqu'on ne sait pas encore vraiment ce qu'il va se passer pour les applications issues du Google Play Store au delà des 90 jours laissés par le gouvernement US à Huawei pour trouver une solution de repli... Si Huawei part finalement sur son propre système d'exploitation basé sur Android, celui-ci ne pourra cependant pas embarquer Facebook, Instagram et WhatsApp. Ce qui risque de fortement limiter son intérêt.
Toute cette histoire n'est pas une surprise puisque Facebook, entreprise américaine, doit suivre les directives imposées par le gouvernement de Donald Trump. Mais il y a un rebondissement que l'on avait pas du tout vu venir. Huawei s'est en effet découvert un bien étonnant allié dans son combat : Google ! En effet, selon le Financial Times (lien en anglais), la firme de Mountain View fait du lobby pour Huawei auprès du gouvernement américain en jouant la carte de la sécurité.
Pour Google, la création d'un OS Android alternatif pourrait rendre les appareils Huawei plus susceptibles d'être piratés, notamment par la Chine. Et pour le patron d'ARM, qui a aussi rompu ses contacts avec Huawei, la décision du gouvernement Trump pénaliserait surtout les entreprises américaines...
Google et ARM feront ils entendre raison à Trump ? Vous le saurez peut-être dans le prochain épisode !
À l’heure d’Internet, des réseaux sociaux et de l’accessibilité de tout pour tous en un simple « clic », il devient légitime – quoiqu’un peu effrayant pour un intellectuel – de se demander à quoi peut bien servir, de nos jours, la culture générale. Qu’est donc devenue cette notion, jadis si centrale dans l’éducation, dans la formation des jeunes esprits ? « L’homme sans culture est un arbre sans fruit », disait poétiquement Rivarol. « La culture, ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de la nature », déclarait philosophiquement Malraux. Mais plus récemment, cela s’est un peu gâté. Entre le constat fataliste de Bernard Pivot affirmant que « Commercialement, la culture est pénalisante » ou, plus provoquant, un ancien chef d’État (en fonction au moment des faits) dénonçant « Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents d’un concours d’attaché d’administration sur la Princesse de Clèves », le moins que l’on puisse dire, c’est que la culture générale est chahutée...
Alors cette fameuse « culture générale », que devons-nous en penser ? Est-elle toujours un bastion que certains qualifieraient d’élitiste et que l’on chercherait (ou pas) à conquérir ? Ou, au contraire, se serait-elle dissoute dans un populisme rampant ? Ou encore, aurait-elle muté vers de nouvelles formes moins lettrées et plus adaptées à un environnement devenu, au quotidien, plus pragmatique ?
Qu’est-ce que la culture générale ?
La culture générale devrait pouvoir, globalement, se définir comme un ensemble de connaissances culturelles, sans domaine de spécialisation précis. Mais, en France, cette définition n’est pas tout à fait exacte. En réalité, la culture n’est « générale » que par le nom qu’elle porte, tant des pans de connaissances entiers ne sont pas – ou peu – reconnus par cette expression qui se veut pourtant explicitement englobante. En effet, l’univers du savoir qu’elle recouvre se limite souvent quasi exclusivement à des domaines dits « littéraires », à savoir la philosophie, la littérature, l’histoire, les arts et la religion et concerne peu les domaines scientifiques, qu’il s’agisse de sciences dites « exactes » ou naturelles, mais aussi de savoirs techniques, ou plus éloignés encore, d’autres domaines telles l’économie ou la santé.
Et à cette discrimination des « types » de savoirs, on peut également ajouter une autre restriction importante : celle du degré de « consensus intellectuel » accordé – ou non – aux références et qui font que celles-ci appartiennent – ou non – à la fameuse Culture générale, et ce, à un moment donné et pour une population géographiquement circonscrite. Par exemple, reconnaître les premières mesures de la Sarabande d’ Haendel, savoir déclamer la « Tirade des nez » de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand ou encore connaître, dans l’ordre, les Présidents de la IIIe république française, tout cela fait partie sans nul doute possible de la liste. En revanche, reconnaître une chanson de l’Astre de l’Orient, Oum Kalthoum, reproduire le schéma d’un moteur à quatre temps ou encore énumérer la liste des scores de l’Équipe de France de football à la Coupe de monde 2018, en fait-il partie ? Rien n’est moins sûr…
Quelle finalité pour la culture générale ?
Si l’on considère qu’il s’agit d’une simple accumulation, depuis la prime enfance, de données diverses et variées sans autre but que celui d’additionner des références pour avoir les « codes » bien-pensants d’un milieu élitiste, c’est, en grande partie, désavouer son but originel. En effet, si l’on reprend l’idéal de « l’honnête homme », tel qu’il a été défini au XVIIe siècle, la notion de « culture générale » s’entendait plutôt comme un « premier pas » dans une logique de dépassement de soi. C’est l’équilibre qu’incarne l’aimable, le tempéré et cultivé Philinthe dans Le Misanthrope de Molière : ni inculte (horreur !), ni pédant (horreur aussi !).
Certes, dans un premier temps, se cultiver consistait à acquérir de multiples savoirs, mais surtout, dans l’objectif de les confronter. Et ainsi permettre à l’homme cultivé de passer au-delà de sa notion de nature pour atteindre une nouvelle dimension de son être. Aujourd’hui, cette notion est fortement battue en brèche, bafouée, déviée de ses buts initiaux, voire combattue. Au mieux, on apprend des « bouts » de culture, que l’on replace si nécessaire (examens, soirées jeux entre amis). Au pire, on se détourne de la « culture générale » pour revendiquer uniquement une culture identitaire.
Devant la dérive contemporaine du rapport à la culture non comme moyen mais comme finalité, comment ne pas approuver les réticences de plus en plus nombreuses des prestigieux établissements d’enseignement supérieur et autres concours d’État vis-à-vis de l’exigence de culture générale au moment des épreuves d’entrée ? Que dire des rapports du concours de l’ENA qui, avec un peu plus d’insistance chaque année, déplore le manque de culture et surtout d’originalité des candidats ? Ce qui était censé faire la différence entre les élèves fait désormais leur ressemblance : mêmes références, mêmes citations, même chemin unique de pensée… Régurgité à partir de fiches toutes préparées par thème, sans la moindre once de pensée individuelle mais avec tous les passages obligés de… culture générale ! Cela pose donc directement la question du conformisme. Et, par ailleurs, comment imaginer et manager une société toujours en mouvement avec des références… toujours à l’arrêt ? Et non seulement à l’arrêt, mais bien également représentatives du mode de pensée de la classe dirigeante.
C’est ainsi que, dès 2013, l’IEP de Paris – dit Sciences Po – a « résolu le problème » de la culture générale, en choisissant purement et simplement de supprimer l’épreuve de la dissertation de culture G de son concours d’entrée, jugeant celle-ci discriminatoire, en s’appuyant sur le raisonnement, maintes fois prouvé depuis qu’elle était, en grande partie, le fait d’un héritage culturel. D’autres grandes écoles ont suivi la même voie : IEP de province, ENS Lyon, etc.
Vers une culture générale populaire ?
Et pourtant, les Français aiment la culture générale. Ils le disent. Ils le revendiquent parfois. Plaisir personnel, plaisir d’échanger, mais aussi marqueur d’un milieu et donc du « groupe de référence » auquel nous nous identifions, la culture générale connaît, depuis quelques années déjà – mais toujours avec le même succès – un tournant populaire notamment via la télévision et les nombreuses émissions de quiz ouvent même en prime time : citons seulement « Le grand quiz des animateurs » (TF1) « Tout le monde joue – avec… l’Histoire/la France/le Brevet » (France 2). Et, plus récemment, la nouvelle série de ce que l’on pourrait appeler des magazines divertissants, « La fabuleuse histoire de… » proposée là aussi en soirée, avec un grand succès.
Dernier argument de cette popularisation : le choix inattendu de Sylvie Tellier, présidente du comité Miss France, de mettre en place, en 2013, un test de culture générale pour les candidates. Certaines des questions peuvent, certes, prêter à sourire : « Qu’a-t-on célébré en France le 11 novembre dernier ? », « Quel est l’accent du deuxième “e” sur le mot fenetre ? », « À quel animal l’adjectif hippique se rapporte-t-il ? », mais le besoin de reconnaissance, exprimé par cette nouvelle « épreuve » qui apparaît si décalée par rapport à son objet initial montre toujours ce besoin si naturel d’entrer dans une histoire commune.
Ainsi, en 2019, que ce soit en famille, entre amis, à l’école ou dans le monde du travail, la culture générale apparaît toujours et plus que jamais comme un pont essentiel contre les ravages de l’hyperspécialisation. Que ce soit en médecine ou en éducation, ces tendances sont aujourd’hui à la fois très présentes dans la réalité et très contestées dans ce qu’elles promettent pour le futur. Car si elles offrent, à l’instant X, une solution efficace, elles ne permettent pas d’embrasser une vision d’ensemble, ni d’entremêler des connaissances qui n’ont a priori pas de lien entre elles, ce qui fait pourtant tout le sel de la personnalité et le terreau de la créativité.
En puisant ses racines dans des domaines multiples – qui gagneraient certainement à être élargis à des formes de connaissances nouvelles – la culture générale permet d’envisager une approche systémique, c’est-à-dire au-delà de son propre univers, seule façon pour tenter de comprendre, humainement, un monde devenu extrêmement complexe et technique.
Comme nous l’avons vu dans « Généalogie Italie, sources », le concile de Trente prévoyait l’institution de registres dits « Status animarum », ou « états des âmes ». La tenue de ces registres a été institutionnalisée par les autorités religieuses catholiques en 1614.

A partir de cette date, chaque curé avait obligation de dresser, en vue des visites pascales et de l’administration de l’eucharistie annuelle, la liste de ses paroissiens. Les registres, rédigés la plupart du temps en latin, étaient organisés par maisonnée et chaque « feu » catholique était recensé.
Pour chaque foyer, le curé dressait la liste de ses membres en commençant toujours par le chef de famille. La rédaction des listes n’a jamais été normalisée, mais généralement le curé notait pour chaque personne (familier, serviteur ou autre cohabitant):
Le Prénom et le nom
Le lien de parenté avec le chef de famille
L’âge
La profession (souvent)
Suivaient des acronymes indiquant l’administration de l’eucharistie en occasion de la visite pascale et l’état de la personne par rapport aux sacrements.
Il faut dire que l’âge déclaré était souvent approximatif et que la date de naissance n’était quasiment jamais indiquée. Celle-ci a commencé a être indiquée au cours du XIXème siècle.
Les enfants n’ayant pas encore atteint l’âge de se communier n’étaient pas toujours recensés.
Selon le soin que le curé mettait en cet exercice, nous pouvons trouver plus ou moins d’informations sur nos aînés (adresse de domicile, serviteurs etc) mais souvent pour les registres plus anciens, les informations sont très sommaires.
Il s’agit donc de documents qui nous donneront énormément de travail, mais aussi beaucoup de satisfaction. Nous pourrons ainsi reconstituer non seulement l’évolution d’une même famille d’année en année, mais aussi celle d’une entière communauté. Nous pourrons recenser les métiers exercés dans un même quartier, l’éventuelle présence de citoyens étrangers, l’impact des épidémies ou des guerres….En somme, il est claire que ces documents nous permettront de reconstituer non seulement l’histoire de notre famille, mais aussi celle d’une communauté plus large.
Ces registres sont conservés auprès des archives diocésaines ou paroissiales.
Face à l’expansion des Gafam, le logiciel libre est une approche essentielle pour repenser la technologie au bénéfice des citoyens. Logiciel libre : il faut mettre la technologie au service des villes et des citoyens.
Le 4, 5, 6 juin, la Ville de Paris, MossLabs et OW2 accueillent un forum pour discuter de l’avenir de la collaboration entre les villes en matière de logiciels libres. Pionnière en la matière depuis 2002, la Ville de Paris met en place une politique de logiciel libre, désormais regroupée sous l’égide de la plateforme Lutèce, développée spécifiquement pour les administrations municipales. Gratuite pour les villes, celles-ci ont accès à des centaines d’applications, qu’elles peuvent mettre à disposition de leurs agents et des citoyens.
Villes, Etats, entreprises, associations… Toutes ces entités sont aujourd’hui confrontées à l’importance de créer des services numériques de qualité, répondant à de nouveaux besoins, respectant les données personnelles des utilisateurs, et à un coût pouvant être supporté, notamment pour la puissance publique. Une équation souvent difficile à mettre en œuvre !
Solutions
Pourtant les solutions existent et parmi elles : le logiciel libre ou l’open source qui prévoient la diffusion libre du code source du logiciel avec la possibilité de l’étudier, le modifier et d’en redistribuer les modifications. Cette conception du développement logiciel est aujourd’hui utilisée massivement par tous les grands acteurs du numérique qui peuvent réutiliser de très nombreuses briques proposées notamment par les grandes fondations telles qu’Apache, Linux Foundation, Eclipse ou OW2.
Ce qui existe depuis longtemps pour les logiciels système ou d’infrastructure commence à voir le jour pour les applications verticales et notamment pour les services publics.
Pour les villes, c’est tout d’abord un gain économique important. Plutôt que de redévelopper, à l’échelle de territoires parfois très petits, des nouvelles solutions technologiques à partir de zéro, le logiciel libre permet aux collectivités de réutiliser des logiciels créés par d’autres, afin d’acquérir des services numériques à moindre coût. Comme l’explique la campagne Public Money Public Code, en dehors de l’aspect financier, il est aussi logique, que les logiciels financés par l’impôt soient publiés sous licence libre. «S’il s’agit d’argent public, le code devrait être également public» et la plateforme le restera après sa création.
Le logiciel libre permet également l’amélioration des outils qui sont au service du bien commun. Grâce à des communautés de codeurs et aux partenariats entre acteurs publics, les logiciels sont améliorés, au fur et à mesure des innovations technologiques, et adaptés aux nouveaux besoins des citoyens. A Paris, sont développés plusieurs projets de ce type, comme le chabot PaLyNi mutualisé avec les villes de Lyon et Nice sur le traitement des déchets, la rédaction de marchés publics partagé aujourd’hui avec l’Etat ou encore les espaces numériques de travail pour les collèges et lycées utilisés par d’autres départements ou régions françaises.
Transparence
Cambridge Analytica, mise à mal de la neutralité du net, utilisation des données personnelles par les entreprises… les dernières années ont été marquées par un climat de méfiance généralisé de la part des citoyens face à des monopoles dont l’extension exponentielle semble hors de contrôle. Grâce au logiciel libre, les villes ne sont plus otages : elles possèdent les moyens de reprendre la main sur leurs services numériques, sans être obligées de passer par des opérateurs privés, qui contrôlent les données et sont susceptibles d’augmenter leurs prix en fonction de l’évolution du marché. Elles peuvent aussi plus facilement confier ces missions à des entrepreneurs locaux.
Mais la question du logiciel libre, c’est aussi celle de la transparence. A Paris, le code des outils de participation citoyenne (budget participatif, plateforme de consultation publique, rendez-vous des élus avec les lobbyistes) est également public. Car ces plateformes et ces informations relèvent du bien commun. Utiliser l’open source, c’est donner le pouvoir aux citoyens de vérifier qu’elles sont bien neutres et transparentes. C’est aussi leur permettre de proposer des améliorations en fonction de leurs besoins et de leurs usages.
Souveraineté et indépendance numérique
Est-ce que c’est bien sécurisé ? Il faut comprendre l’inquiétude des territoires face à cette approche technologique, qui existe depuis bien longtemps mais qui n’a pas toujours été assez utilisé. Si la communauté de développeurs est suffisamment importante, l’open source offre de meilleures garanties de sécurité qu’un code fermé mais beaucoup moins relu. Au niveau technique mais aussi à d’autres niveaux : pas de risque de faillite d’un prestataire, de fuite des données ou de surfacturation !
Face à l’expansion exponentielle des Gafam, à la faiblesse des entreprises européennes sur les grands services numériques et à des législations étatiques peu protectrices, le logiciel libre est une approche essentielle pour repenser la technologie au bénéfice des citoyens et au service du contrôle démocratique qu’ils doivent exercer.
C’est pourquoi, même si des initiatives passionnantes existent déjà à travers le monde, nous lançons aujourd’hui un appel aux villes du monde entier pour créer une communauté du logiciel libre au niveau international et relever ensemble les grands défis auxquels sont confrontées les villes du monde. Tandis que les enjeux liés au numérique se complexifient, les villes doivent s’engager ensemble dans la bonne direction : celle de la souveraineté et de l’indépendance numérique, celle de l’open data et du logiciel libre.
Emmanuel Grégoire Premier adjoint à la maire de Paris , Jean-Christophe Becquet président de l’association April , François Elie président de l’association Adullact , Jacob Green fondateur de MossLabs.io , Jean-Baptiste Kempf Président de VideoLAN , Cédric Thomas Directeur Général du consortium OW2.