SÉRIE - “Fondation”, c’est pour le 24 septembre prochain. Apple TV+ a dévoilé ce lundi 28 juin la date de diffusion de la série de science-fiction par le biais d’un nouveau trailer, visible en tête d’article. Le programme est attendu depuis de nombreuses années, car dès 2007, il était envisagé par Sony qui en a ensuite vendu les droits à HBO, avant qu’il soit récupéré par Apple TV+.
Dirigé par David S. Goyer (“The Dark Knight: Le Chevalier noir”) et composé de dix épisodes, il est le projet le plus ambitieux de la plateforme de streaming.
Et pour cause, il est adapté de la saga littéraire culte d’Isaac Asimov, composée de sept romans parus entre 1953 et 1993. Une saga qui aurait notamment influencé George Lucas pour son univers “Star Wars”.
L’histoire se déroule 22.000 ans après l’ère moderne. La Terre est devenue inhabitable pour l’Homme qui a pris possession de 25 millions de planètes, formant ainsi un gigantesque Empire. Hari Seldon, un mathématicien capable de lire l’avenir grâce à la Psychohistoire (science qu’il a lui-même inventée), alerte sur l’effondrement imminent de l’Humanité et met au point le Plan Seldon, destiné à préserver son héritage.
Au regard des premières images, la série semble tenir la promesse d’un univers futuriste et épique aux décors époustouflants. Le casting est composé de Lee Pace (Frère Day), Jared Harris (Hari Seldon), Cassian Bilton (Frère Dawn), Laura Birn (Eto Demerzel) ou encore de Leah Harvey (Salvor Hardin). Entre autres
La nouvelle version de Windows pourrait bien rebuter beaucoup de propriétaires de PC. L'OS de Microsoft demande des caractéristiques techniques très exigeantes pour tourner proprement et risque de laisser plein d'ordinateurs de côté alors que la situation est déjà critique.
Depuis le 24 juin dernier, la confusion règne chez Microsoft. L’entreprise a profité de cette fin du mois de juin pour dévoiler la toute dernière version de son système d’exploitation : Windows 11. Mais plus que les nouveautés de cet OS, c’est surtout sa compatibilité qui fait parler d’elle depuis trois jours.
Très tôt, Microsoft a mis à disposition un outil pour vérifier si votre ordinateur était capable de faire tourner cette nouvelle version de Windows. Petit bémol, le logiciel indiquait dans un très grand nombre de cas que la machine ne serait pas capable d’installer le nouvel OS. Pendant un instant, il fut question de potentiels faux positifs ou d’outil buggé, mais il semblerait finalement que Windows 11 laisse bel et bien des tas de machines sur le carreau.
Durant le week-end qui a suivi la conférence, Microsoft n’a cessé de modifier les caractéristiques techniques minimales nécessaires pour profiter de Windows 11. Dans un premier temps, il était question d’une configuration « plancher » assez permissive qui autorisait l’installation de Windows 11 avec quelques sacrifices, et d’une configuration « recommandée » qui permettait de profiter de l’OS dans les meilleures conditions possible. Les puces TPM (on vous explique ce que c’est ici) et les processeurs variaient notamment selon le cahier des charges choisi.
Sauf que dans la soirée du vendredi 25 au samedi 26 juin 2021, ces différences ont été pratiquement toutes gommées. D’après Microsoft, pour faire tourner Windows 11 il faudra forcément une puce TPM 2.0 et un ordinateur équipé avec l’un des processeurs acceptés par Microsoft. Que vous ayez un matériel Intel, Qualcomm ou AMD, il y a de fortes chances pour que votre ordinateur ne soit pas éligible.
Pour faire simple, si votre processeur est antérieur à 2017, il vous sera impossible de profiter de Windows 11 avec les contraintes actuelles de Microsoft. Même certains appareils Surface pourtant directement commercialisés par Microsoft ne sont pas éligibles à la mise à jour. Une tactique incompréhensible, qui arrive en plus au pire moment possible.
Si votre ordinateur est marqué comme incompatible, alors la solution proposée par Microsoft est d’aller « acheter un nouveau PC Windows 10 qui répond aux exigences » ou de rester sous Windows 10. Cette incitation au renouvellement est assez malvenue pour plusieurs raisons.
Premièrement, exclure tout un tas de machines sorties il y a à peine quelques années risque de créer une montagne de déchets électroniques, à un moment où l’empreinte carbone de nos gadgets commence à devenir un sérieux problème. Sur le papier, de nombreux ordinateurs ont la puissance nécessaire pour faire tourner Windows 11, mais puisque leur processeur n’est pas approuvé par Microsoft, ils ne pourront pas profiter de la mise à jour. Résultat, ils risquent d’être mis de côté dans les prochaines années au profit d’une machine neuve, alors qu’ils avaient encore probablement de belles années à vivre. De ce point de vue là, Apple est bien plus responsable que Microsoft, puisque même certains ordinateurs sortis en 2013 auront le droit à la dernière mise à jour du système.
Et même si vous comptiez acheter une nouvelle machine, pas sûr que vous trouviez votre bonheur sur le marché actuel. L’industrie électronique est frappée par une pénurie de semi-conducteurs depuis de nombreux mois et cette dernière ne risque pas de prendre fin avant 2022 au moins. La production de cartes graphiques, de smartphones, de tablette et de PC est ralentie dans le monde entier à cause de l’effet conjugué de la course aux cryptomonnaies et des confinements mondiaux de 2020. Pour le dire simplement, ce n’est pas le bon moment pour acheter ou construire un nouvel ordinateur.
Malgré cette situation explosive, Microsoft semble pousser au vice en encourageant toutes celles et ceux qui ont un ordinateur vieux de 4 ans à remettre la main au portefeuille. Une décision d’autant plus incompréhensible que Windows 10 avait justement su séduire grâce à une barrière d’entrée technique assez basse. Espérons que l’entreprise change d’avis rapidement et assouplisse un peu ses règles, car autrement de très nombreuses machines vont rester sur Windows 10. Cela pourrait créer un casse-tête logiciel pour l’éditeur, qui risque de se retrouver dans quelques années dans une situation similaire à celle qu’il avait connue avec Windows XP.
Après Le Dîner d'Adam Smith, paru en 2012 et traduit en français en 2019, l'essayiste suédoise Katrine Marçal (C'est pas moi) vient de publier Mother of Invention: How Good Ideas Get Ignored in an Economy Built for Men, dans lequel elle explique comment certaines inventions ont tout simplement été mises au rebut parce qu'elles ne collaient pas avec notre monde trop souvent pensé par et pour les hommes.
Le site Jezebel s'attarde sur l'une des histoires racontées par l'autrice: celle de la valise à roulettes, officiellement lancée en 1972... mais qui aurait en fait pu l'être des décennies plus tôt. Marçal raconte en effet que dès les années 1940, les voyageuses régulières avaient pris l'habitude de placer sous leurs valises de petits gadgets permettant de faire rouler le bagage. Un gage de rapidité et d'indépendance.
Valise papillon
Seulement voilà: le monde des hommes avait visiblement décidé que ce gain de liberté n'augurait rien de bon. Katrine Marçal décrit par exemple le contenu d'une lettre envoyée par une femme britannique à son journal local en 1967. Celle-ci y raconte avoir été forcée par un chauffeur de bus à prendre un ticket supplémentaire pour sa valise à roulettes, au motif que tout objet sur roues devait être considéré comme une poussette...
La valise à roulettes rendait les femmes trop libres... et les hommes pas assez virils. Une fois démocratisée la commercialisation de ce genre d'article, Katrine Marçal explique qu'il a fallu une quinzaine d'années avant que les hommes commencent à en acquérir, pour eux-mêmes comme pour leurs épouses. Auparavant, ce genre de bagage était considéré comme insuffisamment masculin... et puisque l'idée qu'une femme puisse voyager seule semblait totalement aberrante, il y avait donc toujours un petit mari pour porter la valise de sa femme. Dans ce cas, pourquoi s'embêter avec des roulettes.
Le nombre de voyageuses indépendantes (auxquelles Lucie Azéma consacré un livre formidable) ayant fini par augmenter, la valise à roulettes s'est finalement démocratisée dans les années 1980, conclut Jezebel. Auparavant, des millions de voyageuses et de voyageurs auront eu le dos réduit en compote au nom des stéréotypes de genre.
Philips va rappeler certains de ses appareils d'aide respiratoire en raison d'un risque de dégradation et de toxicité d'un composant en mousse qui pourrait devenir cancérigène, a déclaré lundi le groupe néerlandais spécialisé dans les équipements médicaux et les produits de santé.
La mousse utilisée pour réduire le bruit des appareils peut, à mesure qu'elle se dégrade, se transformer en petites particules inhalées et irriter les voies respiratoires, a précisé le groupe en annonçant le rappel. Les gaz dégagés en cours de dégradation peuvent également être toxiques ou poser des risques de cancer.
Entre trois et quatre millions d'appareils de traitement de l'apnée du sommeil et de ventilateurs mécaniques seront visés, a déclaré Frans van Houten, le directeur général de Philips.
"Nous allons mettre toutes nos capacités au service du remplacement et de la réparation de ces unités", a déclaré le directeur général lors d'un appel téléphonique, ajoutant que le rappel prendrait probablement un an.
Cela "a pour conséquence que nous ne serons pas en mesure de servir de nouveaux clients, il y aura donc une pénurie sur le terrain", a-t-il averti.
Les personnes utilisant cette machine doivent cesser de l'utiliser
Le porte-parole du groupe, Steve Klink, a expliqué que le rappel porte à 80 % sur des appareils CPAP, qui aident les personnes souffrant d'apnée du sommeil. Les personnes utilisant cette machine doivent cesser de l'utiliser. Environ deux tiers de ces appareils sont vendus aux États-Unis.
Les 20 % restants concernent des respirateurs artificiels de maintien en vie. Les médecins en charge de patients sous respirateurs artificiels doivent d'abord estimer si le danger potentiel lié au composant l'emporte sur les autres risques, a recommandé la société.
"Philips a reçu des rapports faisant état d'un impact possible sur les patients en raison de la dégradation de la mousse", a déclaré l'entreprise dans un communiqué. "A ce jour, aucun décès n'a été signalé suite à ces problèmes".
Le porte-parole Steve Klink a précisé que le nombre de plaintes concernant les appareils représentaient 0,03 % du total de ceux vendus en 2020.
Philips a indiqué travailler avec les autorités sanitaires sur un remplacement fiable du composant défectueux, mais a prévenu qu'il devait d'abord recevoir une autorisation médicale et réglementaire.
Théologie, droit, médecine, sciences mathématiques et physiques, lettres : dans ces cinq domaines qui structurent l’université au début du XIXe siècle, les grades « conférés par les Facultés à la suite d’examens et d’actes publics […] seront au nombre de trois : le baccalauréat, la licence et le doctorat », indique le décret du 17 mars 1808 signé par Napoléon.
Ce texte pose les bases du baccalauréat moderne. Cependant, cet examen n’est pas une création ex nihilo et son intitulé existait déjà sous l’Ancien Régime. Dans quelle mesure la date de 1808 marque-t-elle un tournant dans l’histoire de l’éducation ? Quelles traces la période napoléonienne a-t-elle laissées dans l’enseignement secondaire tel que nous le connaissons ?
Du Moyen Âge jusqu’à la Révolution française, l’organisation universitaire a reposé fondamentalement sur quatre types de facultés : les « Facultés des Arts » dont le cycle d’études formait un tout en soi et un préalable à l’entrée dans les facultés spécialisées de « Théologie », de « Droit » ou de « Médecine ». Le baccalauréat antérieur à celui institué par Napoléon Ier était l’un des grades décernés par les Facultés des Arts.
Le décret du 17 mars 1808 emprunte à l’ancienne organisation des universités le tronçonnement en facultés. Il va exister de fait une différence de nature entre les facultés « professionnelles » (droit, médecine, et aussi théologie) et les deux autres facultés (lettres et sciences) qui n’eurent guère d’autre fonction officielle au XIXe siècle que celle de délivrer les grades. Ces deux facultés proviennent de la partition de l’ancienne Faculté des arts opérée par le décret de 1808.
Ce baccalauréat refondé fut bien, sur le fond et sur la forme, un examen effectif d’entrée à l’Université. L’article 22 du décret du 17 mars 1808 stipule que « pour être admis à subir l’examen du baccalauréat, il faudra être âgé au moins de seize ans et répondre sur tout ce qu’on enseigne dans les hautes classes des lycées ».
À l’origine, le jury d’examen du baccalauréat est donc composé quasi exclusivement d’universitaires. Cela découle logiquement du fait que le baccalauréat est le premier grade universitaire et un passeport d’entrée dans l’Université. Au tout début du baccalauréat, une circulaire du 5 avril 1810 prescrivait que les examens universitaires devaient commencer le 1er août.
Les aspirants au doctorat subissaient les premiers les épreuves. Puis venaient les aspirants au grade de la licence. Les candidats au baccalauréat étaient examinés les derniers. Les professeurs d’université ne pouvaient partir en vacances que lorsque tous les examens étaient terminés.
Cette refondation du baccalauréat par Napoléon Ier en 1808 n’est pas sans lien avec la fondation du « lycée » en 1802 par Napoléon Bonaparte alors premier consul (le premier des trois consuls qui dirigeaient le gouvernement). C’est aussi un triumvirat qui est placé à la tête du lycée nouvellement créé : un proviseur, un censeur, un procureur gérant (cette dernière appellation étant remplacée par celle d’économe en 1809).
Le cursus du lycée est complètement tendu vers le baccalauréat comme le marque le « compte à rebours » des intitulés des classes : de la sixième à la première (appelée aussi « classe de rhétorique ») puis la terminale, sans aucun examen intermédiaire.
Selon le décret du 17 mars 1808, les professeurs de lycée pour les « hautes classes » devaient être docteurs ; les professeurs des deux avant-dernières années, licenciés ; les professeurs des quatre premières années de lycée bacheliers.
Napoléon s’est personnellement prononcé pour que les études classiques prédominent, comme l’expliquait Louis Madelin dans La nation sous l’empereur son histoire du consultat et de l’Empire :
« Il faut que l’enseignement soit avant tout judicieux et classique […]. Avant tout, mettons la jeunesse au régime des saines et fortes lectures. Corneille, Bossuet, voilà les maîtres qu’il leur faut. Cela est grand, sublime, et en même temps régulier, paisible, subordonné […]. Il faut des conseillers d’État, des préfets, des officiers, des professeurs […]. Telles étaient les idées du maître. »
Trois inspecteurs généraux surveillent l’ensemble des lycées. Une grande partie de leurs élèves doivent être choisis à la discrétion du gouvernement « parmi les fils de militaires et de fonctionnaires qui ont bien servi ». Il s’agit avant tout de former les cadres administratifs et militaires.
On se doute que ce dispositif lycée/baccalauréat ne concerne pas du tout les filles. Certaines, rares et isolées, vont cependant passer le baccalauréat, non sans difficulté. La première bachelière est une institutrice vosgienne – Julie Daubié – qui obtient le baccalauréat à 37 ans, en 1861, après plusieurs vaines tentatives pour se présenter. Un deuxième baccalauréat est délivré à une femme en 1863 par la Sorbonne :
« C’était encore, en 1887, un phénomène extraordinaire pour une jeune fille que de se présenter à cet examen. Aux épreuves écrites, sur une centaine de candidats, on remarquait deux robes. Encore la seconde était-elle une soutane. Afin que la candidate ne fût pas mêlée à la foule, on lui avait réservé une place à part au bord de la propre table des examinateurs » (cité par Michèle Tournier, thèse de 3 °Cycle, 1972, L’accès des femmes aux études universitaires en France et en Allemagne).
Et pourtant la loi Camille Sée du 21 décembre 1880 avait créé un enseignement secondaire pour les jeunes filles, avec le soutien résolu de Jules Ferry. Mais les lycées de jeunes filles ne conduisaient nullement au baccalauréat : un « diplôme de fin d’études secondaires » était le seul aboutissement d’un cursus qui n’était nullement marqué par un compte à rebours de l’intitulé des classes. Et on pouvait passer un examen intermédiaire en « troisième année » de ce cursus.
Mais, à partir du début du XXe siècle (signe des temps et en particulier de la pression des demandes de certaines élèves), la « concurrence » s’en mêle et va dans le sens du changement. Le collège Sévigné, célèbre établissement privé laïque, institue en 1905 une préparation au baccalauréat, assortie d’un apprentissage accéléré du latin en deux ans. D’autres établissements suivent.
Finalement, l’administration de l’enseignement public doit admettre en 1908 que les établissements publics peuvent préparer les jeunes filles au baccalauréat.
En 1912, 430 candidates (sur 693) sont reçues à la première partie du baccalauréat ; 289 (sur 410) à la seconde partie. En février 1913, le Conseil supérieur de l’Instruction publique autorise officiellement les cours de latin à partir de la troisième année du cursus de l’enseignement secondaire féminin.
On passe cependant un autre cap quelques années après la Première Guerre mondiale, lorsque le décret du 25 mars 1924 signé par le ministre Léon Bérard prétend certes maintenir l’enseignement secondaire féminin avec sa spécificité instituée dans les années 1880, mais aménage très officiellement une préparation au « baccalauréat » présentée comme une section facultative (et alignée, elle, totalement sur le secondaire masculin).
Les classes de cette section facultative reçoivent les mêmes dénominations que celles du secondaire masculin ; ses programmes et ses horaires deviennent identiques par l’arrêté du 10 juillet 1925. Par contre, en fait, la section de préparation au « diplôme de fin d’études secondaires » est très vite marginalisée. Elle est même quasiment alignée sur l’autre par le décret du 15 mars 1928.
Que reste-t-il de tout cela en notre XXIe siècle ? Pas grand-chose. La dénomination des lycées et de leurs classes existe toujours, et leur quasi-triumvirat de direction aussi (à peu près). Mais les lycées sont devenus mixtes. Ils ont perdu leur premier cycle au profit des collèges. Le baccalauréat de lettres classiques est pratiquement marginalisé dans un enseignement secondaire qui s’est massifié. Et les universitaires ne font plus que présider les jurys de baccalauréat depuis longtemps.
Désactivation à distance des abonnements de transport, géolocalisation des citoyens et suppression de l’accès aux comptes bancaires : pour le quotidien Le Temps, les propositions avancées dans le rapport d’un groupe de sénateurs constitueraient une sérieuse violation des libertés des citoyens.
“En France, la tentation de créer une société sous surveillance” : voilà le titre d’un article du Temps. Le journal suisse s’intéresse au rapport présenté le 3 juin par trois sénateurs de droite, membres de la délégation à la prospective, et qui porte une série de recommandations pour faire face à une future crise majeure du même ordre que la crise sanitaire. Mais son contenu est “très surprenant”.
En l’espèce, les rapporteurs René-Paul Savary, Véronique Guillotin et Christine Lavarde veulent recourir de façon plus intensive aux outils numériques, avec notamment la mise en place d’une plateforme de crise offrant un panel d’outils aux autorités. Parmi ceux-ci, la possibilité de recouper les données disponibles sur diverses applications – de TousAntiCovid à celle de la SNCF en passant par Waze –, la désactivation des titres de transport ou des comptes bancaires des personnes violant une éventuelle quarantaine, ou encore l’utilisation d’outils de rappel à l’ordre comme l’envoi de SMS. Ce qui, comme l’observe le journal, “implique que les citoyens soient alors géolocalisés en permanence”.
“Les élus suggèrent de créer une véritable société de surveillance en cas de nouvelle crise majeure, en contrôlant de très près les agissements des citoyens et en restreignant sensiblement leurs libertés individuelles”, juge le quotidien suisse.
Le titre s’étonne également du fait que ce rapport soit passé relativement inaperçu. “Ce n’est ni une loi, ni même un projet de loi, tout juste un rapport. […] Mais parmi les plus grands médias français, seuls un site web et Public Sénat en ont parlé.” Le sujet pourrait en tout cas s’avérer brûlant : “Les complotistes vont adorer, les défenseurs des libertés individuelles beaucoup moins”, résume Le Temps.
Un mouvement qui fait souvent parler, et qui prend une ampleur phénoménale : la "cancel culture". Par exemple, la suppression de références historiques racistes dans les livres, des statues ou encore des noms de rues et même des noms d’oiseaux.
Exemple d’un nom qui pose problème : le gobe-mouche de Hammond. Ce petit oiseau doit son nom à William Alexander Hammond, un chirurgien du XIXe siècle. Ce dernier était convaincu que les Noirs étaient des êtres humains inférieurs. L’année dernière, un autre oiseau, le "Longpur de McCown", qui lui devait son nom au général confédéré John Porter McCown. Confédéré, donc pour le maintien de l’esclavage. L’oiseau est devenu Longpur à bec épais.
Ceux qui sont à l’origine de cette initiative ont établi une liste de 150 oiseaux à débaptiser. La société ornithologique américaine vient de mettre en place un comité : qui va réfléchir à la façon de nommer les oiseaux qui pourrait poser problème. Et devrait faire des recommandations début 2022.
Un mouvement qui va trop loin ?
Un des arguments est de dire que ces oiseaux connus des seuls spécialistes, ce n’est pas la même chose que des statues de personnages controversés en plein centre ville, des écoles qui portent le nom de personnages au passé douteux ou des noms d’équipe de football prononcé des dizaines de milliers de fois chaque jour comme les Redskins de Washington.
Lors d’une interview sur CNN en début de semaine, Barack Obama est revenu là-dessus. Il a estimé que ça allait trop loin. Et plus généralement, l’ancien président a estimé qu’on ne pouvait pas demander à tout le monde d’être toujours parfait dans ses propos, dans ses intentions. C’est important que Barack Obama s’exprime là-dessus, car on ne peut pas le soupçonner de ne pas lutter contre les discriminations, notamment raciales. Ce qu’il dit, c’est qu’il faut réfléchir jusqu’où aller.
Et c’est vrai que c’est compliqué parce déjà, on perçoit les choses différemment si on est noir, asiatique ou blanc, si on est un homme ou une femme. Mais bon, revoir tous les dessins animés, s’insurger que le prince charmant aurait donné un baiser non consenti à Blanche Neige. À minima, ça mérite débat.
La peur des opposants à la "cancel culture", c’est que l’on revoit toutes les créations culturelles. Un exemple puisqu’on a parlé de la série Friends avec son épisode exceptionnel. Le New York Post a listé cette semaine 8 raisons pour lesquelles la série peut être critiquée.
Premièrement un casting, très blanc… Qui plus est dans une ville aussi cosmopolite que New York. La série peut être taxée de grossophobie puisque c’est une blague récurrente: se moquer du poids de Monica quand elle était adolescente. Le traitement de l’homosexualité peut être vu comme caricatural. La misogynie d’un Joey, voire le comportement limite d’une Rachel qui drague l’un de ses subordonnés.
C’est complexe, aucune réponse à apporter. C’est bien que les questions soient posées, que des écoles ne portent plus le nom de personnes racistes. Ce qui inquiète Obama, c’est que ça se transforme en injonction, à être parfait en toutes choses et toute circonstances. C’est en tout cas parti pour être l’un des grands débats culturel de la décennie.
mercredi 9 juin 2021 par ROUBY Gilles
Les reconnaissances féodales relèvent du droit de la propriété sous l’Ancien régime. En effet, les terres se répartissaient en deux catégories :
Les tenanciers devaient également, à la demande de leur seigneur, lui rendre hommage par le biais de reconnaissances féodales passées devant notaire. Mais ces actes sont rares et motivés essentiellement par la vente, soit de la tenure par le tenancier, soit du fief par le seigneur. Les reconnaissances renferment parfois de nombreux liens de parenté, précieux pour les généalogistes . A défaut, elles mentionnent généralement la date de la précédente reconnaissance, souvent très ancienne, ainsi que le nom du ou des tenanciers de l’époque. Dans ce cas, le renseignement ne suffit pas à établir une filiation précise entre les tenanciers, mais il permet de constater le cas échéant le maintien de la tenure dans une même famille (transmission par testament ou donation).
Nouvelle version majeure pour le navigateur, qui débarque avec d’importantes nouveautés, même si plusieurs ne sont pas finalisées.
Vivaldi 4.0 introduit ainsi Vivaldi Mail, et avec lui Feed Reader et Calendar. Trois fonctions en bêta, mais pleinement fonctionnelles. Mail est en théorie compatible avec tous les types de comptes IMAP et POP3, et met en avant un tri automatique des courriers, avec reconnaissance des longs échanges à plusieurs, newsletters, emails professionnels, etc. Objetif, les catégoriser et les présenter comme tel, le traitement se faisant en local.
Il faut activer Mail depuis les paramètres généraux de Vivaldi pour qu’il soit ensuite disponible depuis la barre latérale. Le panneau s’ouvre alors pour montrer les comptes et dossiers à gauche, la liste des emails au centre et la zone de lecture à droite. Une disposition classique, qui peut être changée. Appuyer sur N ouvrira un onglet pour rédiger un nouveau courrier.
Vivaldi vante les qualités de son service, qui se veut universel, local et rapide. Les emails peuvent ainsi être marqués et apparaître dans plusieurs dossiers, on peut leur assigner des couleurs, les drapeaux et étiquettes sont synchronisés, les recherches peuvent être enregistrées, les emails peuvent être préparés à l’avance et envoyés plus tard (file d’attente), etc. Vivaldi fait également la différence entre emails non lus et non vus.
La base de Mail sert à afficher les éléments dans Feed Reader, le lecteur RSS maison. Il ne se contente d’ailleurs pas du RSS puisque l’on peut s’abonner à des chaînes YouTube (Vivaldi extrait la vidéo via une URL sans cookie) et des podcasts. Les flux sont reçus en ordre chronologique, Feed Reader ne faisant pas de tri et ne surveillant pas les habitudes.
Calendar suit les mêmes objectifs : compatibilité avec à peu près tous les comptes (dont CalDAV, Fastmail, Zimbra, iCloud…), visibilité des données dans toutes les vues, nombre de détails dépendant de la vue (minimale, complète, compacte), niveau de zoom, création d’évènements par simple clic, modification « inline », recherche et filtrage d’évènements, commande rapide de création d’évènements, etc.
Outre ces nouveautés en bêta, Vivaldi 4.0 en propose d’autres finalisées, notamment un service de traduction basé sur Lingvanex et hébergé sur les serveurs de Vivaldi, que l’éditeur promet donc sans la moindre surveillance (un cheval de bataille devenant aussi marqué que chez Apple). La fonction est aussi disponible sur Android.
Vivaldi devenant un vaste concentré de fonctions, un assistant simple de configuration fait son apparition. Avant les habituels importation des données, choix du thème et autres, l’utilisateur devra choisir le niveau de fonctionnalités : Essentielle, Classique ou Complète.
Essentielle ne comprend par exemple que la navigation, le blocage des publicités et traqueurs et le service de traduction. Classique ajoute les panneaux, la barre d’état et Avance/Retour rapide. La Complète ajoute tout le reste, dont Mail.
Les utilisateurs de la version actuelle peuvent vérifier dès à présent la disponibilité de la nouvelle version. Les personnes préférant récupérer l’installeur pourront le faire depuis le site officiel.
La Cnil donne un coup de pied dans la fourmilière : interrogée sur l'emploi d'outils collaboratifs américains, l'autorité administrative française estime qu'il faut s'en passer et opter pour des solutions françaises ou européennes.
Les outils Framasoft plutôt que la suite bureautique de Google Docs pour les élèves qui poursuivent leurs études après le Bac ? Si la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) ne va pas jusqu’à formuler une telle recommandation, le sens de son message est toutefois limpide : il est préférable de délaisser les outils américains pour l’enseignement supérieur et la recherche.
C’est en effet ce qui transparait dans une prise de parole datée du 27 mai 2021. La Cnil répondait alors aux sollicitations de la Conférence des grandes écoles et la Conférence des présidents d’université sur l’évolution du cadre juridique européen et ses effets que cela peut avoir sur les conditions stockage et de circulation des données qui sont produites, collectées et manipulées via ces outils de travail.
Cet appel de la Cnil ne vient pas de nulle part : il tient compte d’une réalité juridique avec l’invalidation du Privacy Shield par la Cour de justice de l’Union européenne, à l’été 2020. Or ce cadre, qui remplaçait le Safe Harbor, un mécanisme similaire qui a aussi été détruit, servait à encadrer le transfert des données des internautes en Europe vers les États-Unis, là où figurent de nombreux services en ligne.
La Cour a considéré qu’il n’existe en fait aucune garantie juridique pour des personnes non américaines pouvant être visées par les programmes de surveillance américains. Or, le Privacy Shield était censé être conforme aux standards européens. En clair, il y a un conflit manifeste entre le droit européen et le droit américain. Dès lors, la légalité de ces transferts est remise en question.
Considérant ce verdict majeur, véritable séisme juridique au niveau européen, mais aussi les documents qui lui ont été transmis, la Cnil relève que « dans certains cas, des transferts de données personnelles vers les États-Unis dans le cadre de l’utilisation des suites collaboratives pour l’éducation » surviennent, et cela pour beaucoup de monde : étudiants, chercheurs, enseignants, personnels administratifs.
Ce n’est pas tout : des informations encore plus critiques peuvent être en jeu, comme des données de santé (qui sont des données sensibles devant bénéficier d’un plus haut degré de protection ), des données particulières (relatives à des mineurs) et des données pouvant impliquer des enjeux stratégiques, dans les secteurs scientifique et économique (données de recherche).
« Il existe donc un risque d’accès par les autorités américaines aux données stockées »
Et dans le cas où les fournisseurs américains de ces outils prennent des mesures pour ne procéder à aucun transfert, de sorte de stocker et traiter les données en Europe ? Là aussi, il y a un problème : le Cloud Act. Ce texte autorise les juridictions à forcer les entreprises aux États-Unis de fournir les données sur leurs serveurs, dans le cadre d’une procédure, y compris les serveurs situés à l’étranger.
« Indépendamment de l’existence de transferts, les législations américaines s’appliquent aux données stockées par les sociétés états-uniennes en dehors de ce territoire. Il existe donc un risque d’accès par les autorités américaines aux données stockées », relève la Cnil. Dès lors, l’engagement de Microsoft en la matière doit être tempéré, même si la société a par le passé combattu ce genre de demande.
Enfin, si la Cnil admet qu’il faudrait déployer des mesures additionnelles pour poursuivre ces transferts même si le Privacy Shield est tombé, il s’avère que ces dispositions capables « d’assurer un niveau de protection adéquat » ne sont à ce jour pas identifiées. De plus, ajoute la Cnil, jouer la carte des dérogations n’est pas une réponse viable : elles doivent rester des dérogations, c’est-à-dire des exceptions.
Pour cette dernière remarque, la Cnil mentionne les observations du Comité européen de la protection des données, dont elle est membre, et qui raisonnait en citant soit le cas d’un fournisseur de services via le cloud soit le cas d’un sous-traitant qui « dans le cadre de leurs prestations, ont la nécessité d’accéder aux données en clair ou possèdent les clefs de chiffrement. »
Cette situation fait donc dire à la Cnil qu’il « est nécessaire que le risque d’un accès illégal par les autorités américaines à ces données soit écarté ». Mais parce qu’il n’est pas évident de basculer d’un claquement de doigts tout l’écosystème de l’enseignement supérieur et de la recherche, et parce qu’il existe encore une crise sanitaire à cause du coronavirus, la Cnil admet le besoin « d’une période transitoire. »
La Cnil se dit disponible pour « identifier des alternatives possibles ». Des pistes existent du côté des logiciels libres, à l’image de Framasoft ou LibreOffice. Il reste à déterminer quelles décisions seront prises à la suite de l’appel de la Cnil et, si l’offre est au niveau, car la commodité d’emploi, la disponibilité et l’éventail des fonctionnalités l’emportent parfois sur toute autre considération.
L’accent circonflexe, vous savez, c'est ce petit chapeau qui coiffe certaines voyelles. Son nom lui vient du latin "circumflexus", fléchi autour, car il est courbé autour de la lettre qu’il accompagne. Mais à quoi sert cet accent qui se prononce comme un accent grave à tel point qu’il nous arrive d’hésiter entre les deux ?
Lisa Kamen Lisa Kamen publié le 29/05/2021 à 06:12
Faisons d'abord un petit retour aux sources : cet accent est d’abord un signe étymologique. Il a progressivement remplacé une autre lettre, en général un s. C’est un imprimeur tourangeau, un certain Christophe Plantin, qui a systématisé l'usage de l'accent circonflexe en remplacement d’une autre lettre qui tendait à disparaître : teste est devenu tête, asinus, âne et hostel, hôtel, etc...
L’étymologie nous est souvent d’une grande aide pour orthographier les mots, on le sait. Et si l’on hésite entre les différents accents possibles sur le e, on peut toujours convoquer les racines latines. La pêche, le fait de pêcher dans l’eau, nous vient du latin piscis (poisson en latin), mot dans lequel on a bien un s, disparu au fil du temps.
La pêche qui nous désaltère si bien est issue des mots persicum mala (le fruit de Perse) ; là encore il y avait un s. Mais quand je dis "je pèche" car j’ai commis un péché, une faute, ça vient de peccare dans lequel il n'y a pas de s. Pas de circonflexe dans la version actuelle donc, mais des accents graves ou aigus suivant la conjugaison.
Le s n’a pas toujours complètement disparu de la famille. L’adjectif relatif au nom Pâques est l’adjectif pascal. Dans la famille de fenêtre, il reste défenestrer. A l’hôpital, on se fait hospitaliser. Un sentier peut-être forestier et quand quelque chose a bon goût, on ressent un plaisir gustatif. On retrouve également parfois ce bon vieux s dans les langues étrangères : château se dit castle en anglais, la fête, fiesta en espagnol...
Tous les verbes prennent un accent circonflexe :
– aux 1re et 2e personnes du pluriel du passé simple :
Nous mangeâmes, vous mangeâtes
Nous finîmes, vous finîtes
Nous prîmes, vous prîtes
– à la 3e personne du singulier de l’imparfait du subjonctif :
Qu’il mangeât. Qu’il sortît. Qu’il tînt
Attention: ceci est vrai pour tous les verbes, exception faite du verbe haïr car la présence du tréma remplace celle de l’accent circonflexe: nous haïmes, vous haïtes. Qu’il haït
L'accent circonflexe permet également de distinguer des homonymes. Un dû est quelque chose qu’on me doit : accent circonflexe pour ne pas le confondre avec l’article contracté du. Sûr, dans le sens de certain, prend lui aussi un accent qui évite la confusion avec la préposition sur… Il y a aussi jeûne / jeune, mûr / mur, crû / cru… Enfin, il sert parfois à indiquer une voyelle longue comme dans les mots grâce, âme ou les adjectifs dépréciatifs en "âtre" : idolâtre, saumâtre, verdâtre...
"On avait raison, c'est un grand pas": les malades du Lévothyrox saluent un rapport d'expertise embarrassant pour le laboratoire Merck
Publié le 26 mai 2021 à 17h01 Par Christophe CIRONE
C'est une étape importante dans un long combat judiciaire. A Marseille, la juge d'instruction qui mène l'enquête pénale autour du Lévothyrox vient d'adresser aux plaignants un rapport d'expertise de 130 pages. Les détracteurs du laboratoire Merck y voient la confirmation de ce qu'ils dénoncent depuis quatre ans. Le géant pharmaceutique réfute ces critiques.
Mise en danger d'autrui, blessures involontaires, et même homicide involontaire. Tels sont les faits visés par l'instruction ouverte en 2017. Grosse fatigue, insomnies, perte de poids, de cheveux... Plusieurs milliers de malades de la thyroïde dénonçaient d'importants effets secondaires, imputés au changement de formule du Lévothyrox. Dans le collimateur : le géant allemand Merck, mais aussi l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).
"Nous avions sollicité cette expertise", explique Me Jean-Denis Flori. Cet avocat au barreau de Nice représente l'association APLF, près de 200 plaignants et plusieurs collectifs, dont bon nombre sont azuréens. Pour Me Flori, l'expertise "démontre clairement que l'ancienne et la nouvelle formule du Lévothyrox ne sont pas le même médicament. Et que les deux ne sont pas interchangeables."
Parmi les points critiques : le remplacement du lactose par du Mannitol et de l'acide citrique.
"L'expertise contredit les conclusions de Merck, constate Me Flori. Ce n'est pas plus efficace, ni plus stable. Pire : ça n'agit pas de la même manière dans le corps humain !"
L'expertise conteste en outre le choix de la "bioéquivalence moyenne" pour comparer les deux formules. Pour Me Flori, "le protocole n'était pas adapté". Il demande à la juge l'audition des parties concernées. Audition qui pourrait déboucher sur une mise en examen.
Dans le scandale du Levothyrox, les associations de plaignants bataillent en ordre dispersé.
Me Anne-Catherine Colin-Chauley, avocate au barreau d'Ajaccio, et présidente de l'association Alerte Thyroïde à Mougins (qui dit représenter 1.500 plaignantes), critique aussi le protocole Merck. "Les analyses ont été menées sur trois jours, sur 200 personnes qui n'avaient pas de problème de thyroïde. Or il y a bien des problèmes physico-chimiques chez différentes personnes. On n'est pas tous constitués pareil..." L'ANSM, quant à elle, se serait "montrée un peu trop laxiste" à ses yeux.
Contacté, le laboratoire incriminé réfute toutes ces critiques. "Merck réitère toute sa confiance dans la nouvelle formule du Lévothyrox, aujourd’hui prise quotidiennement par près de deux millions et demi de patients en France et grâce à laquelle ils maintiennent leur équilibre thyroïdien", indique son service communication.
Merck regrette la diffusion de "quelques extraits du rapport" aux médias, dont Nice-Matin. Ce rapport, le laboratoire n'y a pas accès en l'état. Merck "déplore que l’instruction soit une fois de plus instrumentalisée par certains pour proférer, sur la base de données parcellaires, de nouvelles accusations qui sont autant d’accumulations de contre-vérités assénées au fil des années."
Quoi qu'il en soit, les détracteurs du laboratoire jubilent. "On avait raison. C'est un grand pas, un espoir pour les malades. Enfin, on va les entendre !", salue la Niçoise Paqueta Bonillo, victime et secrétaire générale de l'APLF. "Il n'y a pas d'effet placebo, comme on a voulu le prétendre. Ce n'était pas "dans notre tête". Le moindre changement perturbe tout le système stéroïdien du corps. Et non, le Lévothyrox ancienne formule n'est pas interchangeable."
Depuis quelques années, les baies sauvages ont un goût étrange, rapportent des personnes âgées autochtones de l’Arctique canadien. Durant les décennies de vie de celles-ci, la saveur des aliments tirés de la nature s’est modifiée, selon les recherches du scientifique Alain Cuerrier, professeur associé au Département de sciences biologiques de l’Institut de recherche en biologie végétale, à Montréal.
"Chez les Inuit, les impacts des changements climatiques sont clairs, ils sont actuels, ça se passe présentement", souligne le chercheur.
Entre autres, la saveur du caribou, des phoques et des poissons n’est plus la même, disent les Inuit.
Au cœur du problème : le réchauffement climatique, qui vient déséquilibrer des écosystèmes fragiles, tels que ceux de la toundra arctique. Les plantes et les animaux qui y vivent se sont en effet adaptés aux conditions de cet environnement, mais si celles-ci changent, certains aspects des plantes changeront en conséquence.
"Si tu as des chaleurs intenses et pas de pluie, ça brûle les fruits sur la toundra, explique Alain Cuerrier. Pour des plantes habituées à être dans un certain froid, ça peut jouer un rôle sur la physiologie de la plante. Pour les Autochtones, ça se traduit par un goût plus insipide, plus sec."
Pour une personne n’ayant jamais mangé les fruits d’autrefois, le goût des baies d'aujourd'hui paraît sucré et doux. Cette augmentation du taux de sucre dans ces petits fruits est pourtant une conséquence directe du réchauffement climatique.
"Pour nous, les baies sont meilleures, mais les personnes âgées ne retrouvent plus le goût de leur enfance", fait valoir M. Cuerrier. De plus, la modification de la physionomie de ces fruits pourrait entraîner une baisse de leurs qualités médicinales.
Ces changements, en apparence anodins, sont pourtant d’une importance capitale pour les premiers peuples. "L’identité des Inuit est liée à l’alimentation, à la toundra, aux animaux, à leur langue... Tout ça définit un lien culturel avec un endroit", explique le chercheur.
Une jeune Inuk du Labrador m’a dit : "J’ai déjà perdu ma langue. Si je n’ai plus la nourriture qui me définit, je suis qui, moi?"
Alain Cuerrier, ethnobiologiste
"Ça fragilise ton lien identitaire. C’est énorme pour les Inuit, dit Alain Cuerrier. Ils voient déjà qu’il y a des plantes qui arrivent dans le nord du Québec, des nouveaux insectes... Ils me parlent d’animaux, comme l’ours noir, qui se rend là où il n’y a pas d’arbres maintenant."
M. Cuerrier n’est pas le seul chercheur à s’intéresser aux effets des changements climatiques sur nos aliments.
Au Japon, une étude sur le goût des pommes, qui s’est étirée sur plus de 40 ans et qui a été publiée dans la revue Nature(Nouvelle fenêtre), a conclu que la texture et la saveur des fruits étaient influencées par la température de l’air ambiant, les pommes devenant plus sucrées et moins fermes avec les années, à mesure que la Terre se réchauffe.
Il n’y a pas que la température qui change la qualité des fruits et légumes : la concentration de CO2 dans l’air joue elle aussi un rôle important sur des traits comme la teneur nutritionnelle et le goût, selon cet article paru en janvier dans le Journal of Innovation Economics & Management(Nouvelle fenêtre).
On y apprend que les températures plus élevées et le taux de gaz carboniques dans l’atmosphère ont des conséquences positives sur certains traits des fruits, comme leur taux de sucre et la présence accrue d’antioxydants, mais influence négativement la quantité de protéines et de minéraux présents dans plusieurs plantes nourricières, comme les tubercules.
En Chine et en Inde, le précieux thé est en train de perdre de sa valeur(Nouvelle fenêtre), puisque sa qualité est minée par des pluies plus abondantes. La dilution des composés aromatiques, causée par la présence plus abondante d’eau dans la plante, est le principal facteur de cette réduction de la qualité, mais des infestations d’insectes nuisibles plus fréquentes et des températures à la hausse entraînent des saisons plus difficiles pour l’exploitation des théiers.
En général, les cultivars des plantes maraîchères qui sont traditionnellement cultivées sur un territoire ou dont le goût définit ce qu’on appelle le "terroir" seront appelés à disparaître ou à évoluer, selon les scientifiques. Il ne s’agit donc pas de voir la tomate disparaître, mais bien les caractéristiques précises d’un cultivar, qui ne pourra plus pousser près de chez nous à cause d’un climat radicalement différent à celui auquel il est habitué, comme on l’apprend dans ce reportage de L’épicerie(Nouvelle fenêtre).
Tout cela fait dire à Alain Cuerrier que l’agriculture telle qu’on la connaît aujourd’hui doit commencer à s’adapter. "Il y a un mouvement au Nigéria, notamment, où on a décidé d’abandonner la course à la productivité pour adopter des plantes rustiques, qui ont de moins grands besoins en eau, suggère-t-il en exemple. Il va falloir se dire : il va y en avoir moins, mais au moins il y a quelque chose qui va pousser."
Propos recueillis par Ariane Labrèche.
In the coming weeks, some Android users in the US on Chrome Canary may see an experimental Follow feature designed to help people get the latest content from sites they follow. Our goal for this feature is to allow people to follow the websites they care about, from the large publishers to the small neighborhood blogs, by tapping a Follow button in Chrome. When websites publish content, users can see updates from sites they have followed in a new Following section on the New Tab page:
Ces pécores sont en train de réinventer le flux RSS et les marques-pages dynamiques qui existaient dans Firefox déjà en 2005 (et que Mozilla a fini par virer dans les dernières versions pour faire comme Chrome).
Ça fait DIX ANS que Google tape sur le RSS pour le tuer à petit feu (en fermant Google Reader, supprimant les flux RSS de G+, cachant ceux sur Youtube, retirant leur détection de Chrome, et récemment bridant Feedburner…) c’était donc pour faire leur propre truc ?
Ne rêvez pas : c’est pas du XML/RSS qu’ils vont utiliser pour ça, mais probablement un truc basé sur AMP signé avec une clé API que les webmasters devront acheter, ou un autre système fermé du genre, qu’il faudra mettre sur son site, et que Chrome détectera s’il le veut bien (le tout filtré par par une pseudo-IA puritaine qui filtrera tout ce qui sort du copyreich, de la bienséance, et de bienpensance)
Chromium — à dissocier de Chrome — c’est peut-être open-source, libre avec des petites fleurs et tout, mais ça appartient à Google. Faudrait peut-être pas l’oublier : ce qui se trouve dans Chromium, c’est avant tout fait par et pour Google.
On présente souvent OpenStreetMap comme « le Wikipédia des cartes ». Cette heureuse métaphore englobe plusieurs composantes complémentaires de ce bien commun numérique :
– une base de données cartographiques, composée de données informatiques stockées sur des serveurs. Ces données sont librement modifiables et utilisables : ce sont des données ouvertes (open data).
– une communauté, qui enrichit la base de données. C’est un ensemble hétéroclite d’humains et d’organisations qui co-créé la base de données, sans coordination apparente. Son fonctionnement est décentralisé (crowdsourcing).
– des outils techniques sont développés pour permettre le fonctionnement du projet. Ce sont très souvent des logiciels libres (open source).
Pourtant, restreindre le projet à ces trois axiomes principaux que sont l’open data, le crowdsourcing et l’open source revient à occulter qu’OpenStreetMap s’inscrit dans un mouvement progressiste bien plus vaste.
OpenStreetMap s’inscrit dans un projet politique de réappropriation du Monde et de libération de l’information
Durant ma période d’adolescent libertaire, j’avais affiché sur les murs de ma chambre la déclaration d’indépendance du cyberespace et un poster de Matrix. Inspiré par Lawrence Lessig et son incantatoire « Code is law », je n’aspirais alors qu’à prendre part à la révolution !
Le projet Mozilla représentait pour moi le Graal. Cette communauté mondiale avait accompli ce qui paraissait alors comme impossible : casser en quelques années seulement le monopole d’Internet Explorer avec son révolutionnaire Firefox.
Mon implication bénévole m’avait alors permis de décrocher un stage chez Mozilla Europe, où j’avais l’occasion de collaborer avec mon idole de toujours, Tristan Nitot.
Avec Matrix, la pop culture s’approprie le geek qui devient cool. Il en avait bien besoin.
Cette grande période d’euphorie libertaire numérique nous ouvrait en grand les portes d’Internet. Notre génération allait écrire l’Histoire avec un grand H. Une horde de hackers allait libérer le Monde grâce à la puissance du logiciel libre.
15 ans plus tard, la douche est froide pour grand nombre d’entre nous. Les GAFA nous ont très largement confisqué l’horizon de liberté promis par Internet et l’ont asservi à des visées mercantiles. Que ce soit en Chine, en Russie ou encore dans les pays occidentaux, le pouvoir politique a multiplié les lois pour encadrer toujours plus drastiquement Internet.
L’Internet libre et ouvert, qui semblait s’imposer pour un temps, a été peu à peu marginalisé par les plateformes. La grande majorité des plateformes cadenasse notre consommation, nos applications mobiles, nos relations sociales. Sous couvert de simplicité, l’utilisateur se retrouve cantonné à son rôle de consommateur, enfermé dans une cage dorée.
Néanmoins, de grandes victoires ont été et continuent d’être gagnées. Wikipédia et OpenStreetMap, entre autres, incarnent l’utopie concrète et prouvent chaque jour que le meilleur est toujours possible, si tant est que l’on se donne les moyens de le construire collectivement.
OpenStreetMap est le fer de lance d’un mouvement politique dont l’objectif est l’émancipation par la totale transparence de la description physique du Monde. Autrement dit, c’est un projet cartographique libre ou, plus précisément, son évolution numérique, c’est à dire une base de données cartographiques libre, ouverte et collaborative. En ce sens, OSM s’inscrit dans la tradition des Lumières de manière résolument libertaire.
OpenStreetMap est le fer de lance d’un mouvement politique dont l’objectif est l’émancipation par la totale transparence de la description physique du Monde
Or d’une manière en apparence paradoxale, il se trouve que le mouvement est également très libéral. En exploiter les données pour des raisons commerciales n’est pas seulement explicitement autorisé, c’est bien une pratique encouragée. Si l’on rajoute à cela que ces données sont gratuites à utiliser, OSM se positionne résolument comme pro-business.
La profonde modernité – certains diront l’innovation – se trouve bien être la synthèse de ces deux penchants apparemment irréconciliables.
La modernité d’OpenStreetMap ne viendrait-elle pas de sa singulière capacité à unir libertarisme et libéralisme, tout cela au sein d’une plateforme numérique ?
Comme toute autre force politique, le mouvement est protéiforme. C’est d’autant plus vrai qu’il est par définition distribué, extrêmement décentralisé. Sa gouvernance partagée, son fonctionnement méritocratique, ses codes et sa culture sont par de nombreux aspects comparables à Wikipédia.
Le mouvement fait face à des adversaires objectifs, dont le principal reste Google Maps. La multinationale combine en effet plusieurs redoutables facteurs de succès. On peut citer l’intarissable cashflow de sa maison-mère Alphabet, ou encore l’efficacité et la simplicité d’utilisation de l’application Google Maps. Sa botte secrète reste tout de même le fait que cette application mobile soit pré-installée sur la majorité des smartphones vendus dans le commerces (73% des terminaux vendus dans le Monde en 2020), ce qui constitue, à mon humble avis, un cas d’école d’abus de position dominante.
Sûr de sa position stratégique, Google n’a jamais daigné s’engager dans l’open data. L’open data est pourtant une main tendue permanente à la collaboration. L’opposition avec Google et les grands acteurs de la cartographie propriétaire n’est donc pas condamnée à rester figée.
Du côté des partenaires, le mouvement peut compter sur le triple soutien des écosystèmes du logiciel libre, de l’open data, mais aussi d’un panel grandissant des autres adversaires de Google, à commencer par leurs concurrents. Facebook, Microsoft et Apple investissent d’importantes ressources dans OSM depuis des années, en sponsorisant nos événements, en mettant à disposition leurs imageries aériennes (qui cracherait sur la possibilité d’exploiter les photos satellite de Microsoft ?) ou encore en débauchant les acteurs clés de la communauté pour mener à bien leurs programmes cartographiques internes (comme par exemple le projet Map with AI de Facebook).
Enfin, un actuel renouveau de la notion de souveraineté numérique, entraînant les collectivités publiques et tout leur écosystème dans leur sillage, fait également de plus en plus pencher la bascule en faveur d’OSM.
Même si peu de personnes le réalisent au-delà des initiés, les cartes OpenStreetMap sont omniprésentes dans nos vies. Elles sont utilisées dans nos applis mobiles, dans nos journaux, sur les plans affichés sur nos abribus …
Il est maintenant extrêmement répandu de trouver des cartes basées sur OpenStreetMap.
Utilisé par le monde du business autant que par les administrations, OSM est la base technique d’un nombre grandissant de projets numériques.
En France, l’establishment a tout d’abord dénigré OpenStreetMap, critiquant avant tout son ouverture, perçue comme excessive voir radicale, avant de reconnaître les effets bénéfiques de ce qui fait également sa plus grande force. Le parallèle est troublant avec l’évolution du statut de Wikipédia, passant de paria à référence incontournable en moins de dix ans.
L’ouverture radicale des données est concomitamment la plus grande force et la plus grande faiblesse d’OpenStreetMap
L’écosystème dans sa globalité est progressivement passé d’une posture de dénigrement d’OSM à celle d’intérêt frileux, puis d’investissement conséquent ; on perçoit maintenant depuis quelques années OpenStreetMap comme un acteur central dans la production de données géographiques de qualité.
Le positionnement de l’Institut Géographique National (IGN) est à ce titre éloquent. D’abord réticent à l’idée d’ouverture, l’organisme a opéré sa révolution copernicienne en publiant en open data une large partie de ses données en janvier 2021. Voilà maintenant que le prestigieux institut cherche à raccrocher les wagons en lançant une tardive mais bienvenue consultation publique sur les géo-communs. Conscient du besoin d’une redéfinition de la notion de service public, son directeur Sébastien Soriano, fraîchement arrivé, est à la recherche d’un nouveau positionnement dans un écosystème totalement chamboulé.
Une des caractéristiques frappante reste qu’une partie de la communauté ne considère pas OpenStreetMap comme un objet politique.
Cette frange plutôt minoritaire considère la base de donnée comme étant simplement « le meilleur outil » pour parvenir à ses propres fins. Ce peut être par exemple la création d’une carte de randonnée ou de cyclisme mais aussi une multitude de besoins métier spécifiques. Dans de nombreuses situations, OSM est une solution qui fonctionne, tout simplement.
Si l’on rajoute à cela la gratuité d’utilisation des données, on peut comprendre pourquoi la plateforme séduit autant d’acteurs dont la recherche d’efficacité est le critère premier.
OSM est une solution qui fonctionne, tout simplement
Selon une étude menée en 2016 par l’université de Bordeaux-Montaigne et le CNRS, les raisons de contribution à OSM sont avant tout pratiques. Spontanément, les contributeurs citent en effet la gratuité et la qualité des données, la facilité de réutilisation ou encore la simplicité de mise à jour, et cela plus que la conviction de soutenir un projet politique.
On voit donc se rejouer trente ans plus tard l’opposition philosophique opposant les tenants du logiciel libre, idéalistes et ceux de l’open source, utilitaristes.
Pourtant, force est de constater que ces débats théoriques ne sont pas si clivants qu’ils n’y paraissent. L’étude précédemment citée précise d’ailleurs que pour 70% des répondants « l’engagement militant trouve sa place dans une pratique de loisirs ».
Et vous, quel contributeur êtes-vous ? Plutôt idéaliste ou utilitariste ?
La sécurité est renforcée au moment de valider le paiement, notamment pour les achats dans le montant est supérieur à 30 euros.
TECHNO - Faire du shopping sur internet devrait devenir plus sûr: de nouvelles normes de sécurité pour les paiements en ligne entrent en vigueur à partir de ce samedi 15 mai et vont progressivement être adoptées par les commerçants.
Les émetteurs de cartes bancaires, banques, opérateurs de paiement, commerçants en ligne, etc. sont désormais tenus de déployer un dispositif dit “d’authentification forte” du client lors de paiements électroniques ou d’opérations bancaires sensibles.
Cela consiste à demander lors d’un paiement en ligne la validation par le client de deux critères de sécurité: l’usage d’un seul code reçu par SMS ne sera plus jugé suffisant et devra être progressivement renforcé au moyen de nouvelles solutions.
À compter de samedi, “l’authentification forte est demandée par les banques françaises, en concertation avec l’écosystème des paiements, pour les achats en ligne”, a indiqué la Fédération bancaire française dans un communiqué.
Reconnaissance biométrique ou mot de passe
Concrètement, au moment de payer sur internet, le client recevra sur un téléphone préalablement identifié une notification l’invitant à s’authentifier, soit au moyen de la saisie d’un code personnel, soit par prise d’empreinte biométrique pour les mobiles équipés (empreinte digitale, reconnaissance faciale ou reconnaissance d’iris).
“Pour les clients qui n’auraient pas de smartphone, les banques proposent des solutions alternatives comme l’utilisation d’un SMS à usage unique couplé à un mot de passe connu par le client, ou encore l’utilisation d’un dispositif physique dédié”, souligne la fédération bancaire.
Ce nouveau dispositif est prévu par la directive européenne dite “DSP2” visant à renforcer le niveau de sécurité des opérations de paiement sur internet en Europe, pour limiter les risques de fraude. Il survient dans le contexte particulier de la crise du Covid-19, qui s’est traduite par une explosion du commerce en ligne.
Or “le taux de fraude est vingt fois plus élevé en e-commerce (0,16% des montants) que dans les commerces de proximité”, relève auprès de l’AFP Jean-Michel Chanavas, délégué général de Mercatel, une association professionnelle spécialiste des questions liées au paiement. “Les commerçants sont tout à fait d’accord pour réduire le niveau de fraude”, mais “l’enjeu était d’arriver à ce que les outils soient là”, ajoute-t-il, se disant notamment vigilant quant aux “achats sur mobiles, où les taux d’échecs sont plus importants et où il reste encore des problèmes à résoudre”.
Mise en œuvre progressive
“Tout ne va pas passer d’un extrême à l’autre”, souligne pour sa part la fédération du e-commerce Fevad, rappelant que ces nouvelles normes de sécurité sont mises en œuvre par étapes depuis plusieurs mois. “On a beaucoup travaillé avec la Banque de France, avec les différents acteurs, les sites (internet). Tout le monde a fait en sorte que ce soit prêt.”
L’authentification forte concernait déjà les montants supérieurs à 500 euros depuis le 15 février, à 250 euros depuis le 15 mars et les transactions au-delà de 100 euros depuis le 15 avril. Certains marchands ont aussi pris de l’avance et basculé l’ensemble de leurs transactions: au total, plus de “80% des montants font d’ores et déjà l’objet d’une authentification forte”, assure Jean-Michel Chanavas.
Pour les autres, “les établissements bancaires, à partir du 15 mai, mettront en œuvre progressivement cette mesure d’authentification forte sur une durée de quatre semaines, afin de laisser un temps d’adaptation aux commerçants”, précise la fédération bancaire.
Ainsi, progressivement à partir de samedi, et définitivement après les quatre semaines d’adaptation, les banques pourront décliner toute transaction non conforme.
Les commerçants en ligne pourront cependant demander sous certaines conditions une exemption d’authentification forte. Par exemple sur les transactions de moins de 30 euros ou jugées peu risquées, comme des paiements réguliers pour des abonnements ou adressés à un bénéficiaire pré-autorisé par le consommateur dans son application bancaire.
Le jeudi 6 mai, une cinquantaine de bateaux français se sont brièvement rassemblés devant Saint-Hélier, capitale de l'île anglo-normande de Jersey dont le statut particulier n'en fait pas moins une possession de la Grande-Bretagne. Certes il s'agissait de bateaux de pêche venus protester contre les conditions imposées par Londres restreignant leur liberté de pêcher dans les eaux anglaises, mais quand même. Là-dessus, Boris Johnson, le Premier ministre britannique, a envoyé illico deux bâtiments de la Royal Navy pour «surveiller la situation».
Le fait que le même jour ait eu lieu des élections locales en Grande-Bretagne n'y était sans doute pas pour rien dans ce geste viril et guerrier, mais bon, d'un autre côté, la ministre française de la Mer, Annick Girardin, n'avait-elle pas laissé entendre que les Français pourraient très bien couper le courant aux Anglais de Jersey?
Sachant que 95% de l'électricité de l'île est fournie par la France, ce n'est pas follement élégant. D'un autre côté, ce sont les Anglais qui ont tiré les premiers en quittant l'Union européenne, comme si nous, les Français, n'étions plus fréquentables...
Au lendemain de la polémique sur la meilleure manière de commémorer (ou pas) la mort de Napoléon, la vieille histoire européenne ne cesse de refuser de mourir. Ce nouveau conflit, ou plutôt ce différend, est d'ordre commercial et restera cantonné à la sphère diplomatique. Il n'empêche, si Waterloo reste un très vieux souvenir, le symbole est là: on a même vu un homme en costume d'époque tirer un coup de mousquet en direction des bateaux de pêche français depuis l'île de Jersey. Comme au bon vieux temps.
Une histoire de conflits
Les relations entre la France et l'Angleterre ont toujours été houleuses. Comme le sait tout écolier britannique (et comme l'ignorent environ tous les écoliers français), en 1066 le duc normand Guillaume le Bâtard envahit l'Angleterre à l'aide de ses barons et instaure une nouvelle dynastie. À partir de ce moment fondateur, France et Angleterre vont être liées par l'histoire et par la langue (phénomène qui se poursuit encore aujourd'hui, à une autre échelle). Les Anglais aiment à dire que cette invasion fut la dernière (il y en avait eu d'autres avant, notamment par les Romains, les Saxons et les Vikings. Ensuite, il n'y a eu que des tentatives, avec une parenthèse pendant la Seconde Guerre mondiale lorsque l'Allemagne nazie a envahi les îles anglo-normandes).
En revanche, les échauffourées, voire les guerres ouvertes et leurs cortèges de violences meurtrières, n'ont pas cessé jusqu'au XIXe siècle et l'exil sur l'île de Sainte-Hélène de l'empereur Napoléon (encore lui!) par ces traîtres d'Anglais. Au XIIe siècle, il y a eu Aliénor d'Aquitaine, d'abord mariée au roi de France, Louis VII, puis au futur roi d'Angleterre, Henry II, alors que les deux royaumes sont en guerre, amputant la France d'un bon tiers de son territoire au profit de ceux qui sont désormais les ennemis héréditaires. Il y a la fameuse guerre de Cent Ans qui n'en était pas une, mais plusieurs. Qui dura d'ailleurs un peu plus de cent ans, et dont l'apogée historique cristallisant la haine des Français envers les perfides Anglais fut le martyre de Jeanne d'Arc, brûlée vive en 1431 (dont il convient de préciser qu'elle fut vendue aux Anglais par un Français, puis jugée par un évêque français lui aussi, mais on ne va pas s'arrêter à des détails) et dont une certaine classe politique française n'arrive toujours pas à se remettre six siècles plus tard.
L'histoire moderne fut jalonnée de conflits entre les deux nations, rivales en Europe continentale mais aussi dans le cadre de la guerre d'indépendance américaine, à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les Français accoururent aider les colons américains désireux de se détacher de la nation mère et de voler de leurs propres ailes. Humiliés au terme de la Guerre de Sept Ans qui marqua la prédominance anglaise sur les territoires nouvellement conquis en Amérique et en Inde, les Français se retrouvèrent face à un voisin qui en prenait un peu trop à son aise sur la carte du monde à leur goût et prirent un malin plaisir à s'associer aux Américains pour prendre leur revanche.
Vinrent enfin la Révolution française, les guerres napoléonniennes et une vingtaine d'années de conflit entre les deux pays. Après Jeanne d'Arc, Napoléon deviendra la seconde victime martyre des Anglais dans le cadre d'un récit national réinventé autour d'une France victorieuse et mythique, le temps de (re)laisser passer quelques monarques sur le retour. «Sur l'amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n'en sais rien, mais je suis convaincue qu'ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre», a déclaré Jeanne d'Arc à son procès. Pour Dieu on ne sait toujours pas, mais pour ce qui est des Français, quiconque a été élevé au sein de la culture hexagonale sait à quel point, faute de leur tirer dessus, il est de bon ton de mépriser gentiment, de regarder de haut voire de détester cordialement les voisins d'en face. Héritage culturel de toutes ces années de guerre?
L'ennemi sous le feu des moqueries
Avant toute chose, il convient de se moquer de leur gastronomie: sauce à la menthe et mixtures bizarres à base de levure, huîtres cuites et sandwichs aux concombres, tout un panorama de plats que les Français adorent détester et dont l'opinion se résume par cette saillie, rapportée par Roselyne Bachelot, selon laquelle l'ancien président Jacques Chirac aurait dit, au moment de passer à table avec Tony Blair: «Ah, la cuisine anglaise, au début on croit que c'est de la merde et ensuite on regrette que ça n'en soit pas.»
Aujourd'hui, il suffit de taper «bouffe anglaise» sur Twitter pour se retrouver face à un déferlement de clichés plus ou moins amusants mais qui se résument en un consensus quasiment absolu: la nourriture anglaise, c'est dégueulasse.
Curieusement, le sobriquet que l'on aime le plus attribuer à nos voisins d'en face, c'est «rosbif», qui date d'un temps où les Français avaient plutôt tendance à faire bouillir leur viande, contrairement aux Anglais qui la faisaient rôtir...
Et puis ils roulent à gauche, les Anglais, c'est-à-dire du mauvais côté de la route. Ou pour être plus précis, ils ont continué à rouler à gauche lorsqu'au XVIIIe siècle, les deux tiers des pays du monde se mettaient à conduire du côté droit. Ils ont une reine, cet anachronisme ambulant, à laquelle ils vouent un culte incompréhensible, alors que nous, fiers républicains, avons décollé notre roi voici plus de deux siècles (à ce jeu-là, les Anglais nous avaient devancés puisqu'ils ont décapité le leur en 1649. Mais à la hache, ce qui manque singulièrement de raffinement). Enfin il y a plus grave: ils ne sont pas très catholiques. Au moment de la Réforme, l'Angleterre devint protestante alors que la France resta très attachée au Pape. C'est peut-être un détail pour vous, mais à l'époque, ça voulait dire beaucoup.
Enfin on ne compte plus les petites blagues entre voisins, basées sur des stéréotypes, que l'on peut faire remonter, au moins, aux rivalités du XVIIIe siècle. À un officier britannique qui lui avait jeté à la figure: «Vous, Français, vous vous battez pour l'argent. Tandis que nous, Anglais, nous nous battons pour l'honneur!», le fameux Surcouf, corsaire français du tournant du XIXe siècle, aurait répondu: «Chacun se bat pour ce qui lui manque», mot d'esprit qui a traversé les siècles. Le fameux flegme britannique en prend également régulièrement pour son grade, avec des blagues du style: «Deux vieux Anglais jouent au golf. Sur la route voisine passe un cortège d'enterrement. Le premier Anglais arrête de jouer, enlève sa casquette, tandis que passe le cortège funèbre.
– Ah!, dit l'autre, quel civisme! Je n'aurais jamais imaginé qu'un joueur comme vous se découvrirait sur le passage d'un enterrement!
– C'est-à-dire que nous avons tout de même été mariés pendant quarante ans.»
(Je n'ai pas dit que c'était des blagues drôles).
En dépit des guerres et des quolibets adressés d'un pays à l'autre, voici maintenant presque mille ans que les deux pays n'ont de cesse de s'inspirer, de s'influencer, de se jalouser mais aussi de tenter de s'entendre. Avec l'avènement de l'anglais moderne, dont une bonne part fait des emprunts au français, les échanges linguistiques n'ont cessé d'enrichir les deux idiomes. Si aujourd'hui moult puristes se plaignent des emprunts à celle que l'on nomme encore la langue de Shakespeare, cela fait déjà un bon moment que les mots traversent la Manche, dans un sens comme dans l'autre. (Le mot redingote par exemple, débarqué en France à la fin du XVIIIe siècle, est la déformation du mot riding coat, ainsi décrit dans le Mercure de France de 1726: «Depuis l'année passée les hommes portent beaucoup de redingotes; c'est une espèce de grand surtout boutonné par devant avec un collet et des ouvertures par derrière et aux cotés, dont l'origine vient d'Angleterre.»)
La fin du XVIIIe siècle vit d'ailleurs apparaître une mode qualifiée d'«anglomanie», qui cohabita avec une ambiance pourtant surchauffée entre les deux pays d'un point de vue militaire. «C'est aujourd'hui un ton parmi la jeunesse de copier l'Anglais dans son habillement. Le fils d'un financier, un jeune homme dit de famille, le garçon marchand prennent l'habit long, étroit, le chapeau sur la tête, les gros bas, la cravate bouffante, les gants, les cheveux courts et la badine. Cependant aucun d'eux n'a vu l'Angleterre et n'entend un mot d'anglais», s'esclaffe Louis-Sébastien Mercier, auteur du Tableau de Paris, publié en 1783.
Historiquement, la grande réconciliation se fit bien sûr pendant les guerres mondiales, et notamment la Seconde, au cours de laquelle on est bien obligé d'admettre que sans l'Angleterre, nous aurions eu grand mal à nous débarrasser de la botte allemande. France libre, résistance, organisation du débarquement: certes, «Si les Ricains n'avaient pas été là, nous serions tous en Germanie», mais c'est aussi à la Grande-Bretagne que nous avons dû notre salut. L'amitié franco-anglaise a depuis été consolidée par les échanges (souvent très) linguistiques entre jeunes Français et Anglais.
Suivent l'intégration européenne, la musique des Beatles et, naturellement, le tunnel sous la Manche (que certains voudraient reboucher) qui a mis ce pays si raillé à quelques heures de la capitale française (et qui a pendant des années eu comme terminus anglais la gare de Waterloo, parce que nous n'avons pas le monopole du cynisme...)
Quelle relation insolite que celle que nous entretenons avec un pays dont il reste encore possible de railler les habitants sur tous les tons sans que cela ne soit considéré comme problématique. Les «angliches», «la perfide Albion», les «Rosbifs», la bouffe dégueulasse, les dents en avant, la météo merdique: de quel autre peuple pourrions-nous nous moquer aussi impunément sans passer pour des racistes crasses?
Affublez n'importe quel autre peuple d'un sobriquet ou généralisez sur la gastronomie de tout autre pays, et socialement vous êtes bons pour le pilori. Même des mots comme «rital» ou «espingouins» ne passent plus. Les «boches», c'est bien fini. Mais les «angliches»? Pas pareil! Ce qui tend à prouver que ce genre de raillerie procède de l'autodérision, la seule qui soit admise lorsqu'on fait usage de termes raciaux. De là à déduire que nous appartenons tous à la même famille, que nous nous identifions les uns aux autres et que c'est peut-être la raison pour laquelle nous aimons tant nous faire mutuellement la nique, il n'y a qu'un pas. Cette hostilité séculaire qui s'est transformée en moquerie permanente ne serait-elle pas tout simplement une forme d'amour?
Le temps de la violence est terminé et il nous faut maintenant gérer des relations humaines et diplomatiques.
Car les relations entre la France et l'Angleterre ressemblent étrangement à une histoire de famille étalée sur un millénaire, une généalogie compliquée et brouillonne où cousins, frères et sœurs se fâchent parfois mortellement pour mieux finir par se retrouver au repas de famille, et où personne, jamais, ne rate une occasion de se casser du sugar sur le dos. «Revoici le temps des canonnières», déplorait Pierre Haski au lendemain de la démonstration de force anglaise dans les eaux anglo-normandes. En effet, les relations sont temporairement à couteaux tirés entre les deux pays, mais plus personne ne croit que la situation puisse dégénérer en conflit militaire.
Malgré le Brexit et la sortie tonitruante et mal organisée de l'Angleterre, telle une ado à peine majeure qui se barre en claquant la porte, malgré les représailles dont la France brandit la menace («ah tu n'as pas besoin de nous? Je te coupe le courant on va voir si tu fais encore ta maline»), au fond le temps de la violence est terminé et il nous faut maintenant gérer des relations humaines et diplomatiques qui, comme dans toutes les familles, prennent une ampleur démesurée sur le moment mais finissent diluées dans les retrouvailles et l'obligation de continuer à avancer ensemble. Parce qu'au fond, la famille, c'est sacré.
If victory eludes us in the row over fishing rights around Jersey, the prospect of Macron at No 10 has much to recommend it
Ed Cumming - Sun 9 May 2021 09.30
If this week has demonstrated anything, it’s that war with France is one of few policies to still enjoy true cross-party support. Brexiters are happy because they crave armed conflict with the uppity frogs above all else. Remainers are happy because they always said Brexiters craved armed conflict with the uppity frogs, and they crave being proved right in a losing cause.
Other than being paid by the government not to work, it’s hard to think of another idea in recent years that everyone has rallied around with such enthusiasm. In fraught times, we ought to be grateful for these fleeting bursts of unity.
I’m as excited for the conflict as the next man, unless he lives on the Isle of Wight, but I’m afraid those in command may not have thought through the implications. Because there will only be one winner: France. For all the surrender-monkey talk, the history couldn’t be clearer. When we have beaten France, in the Napoleonic or seven years wars, we have done so with German help. Every time we try to go it alone, we have to scurry home, stubby little bulldog tails between our legs: hundred years war, war of 1778, the Norman Conquest. I’m not sure Mrs Merkel is itching for a scrap.
There will be some early grounds for hope. Led by Dominic Raab in full kit and shin pads, the SAS will parachute in and seize our ancestral booze warehouses across the Channel. The burghers of Calais will be force-fed les burgers Anglais they were so rude about in the 90s.
It won’t last. In time, the Foreign Legion will be marching down Oxford Street, while their generals loot Mr Bean DVDs and Oasis albums from the smoking wreckage of HMV. Rowan Atkinson will eventually be flushed out of his bunker, Saddam-style, and forced to perform Bean skits for 20 hours a day. The Queen will be exiled to Balmoral in the newly independent vassal state of Scotland, replaced by the puppet transition leader, Arsène Wenger. Stepping into his new quarters on Downing Street, Mr Macron will shake his head sadly at the depraved extravagance that led to such wallpaper, the last gasps of a venal and corrupt administration.
Coming from a family of 1066 blow-ins, I’m conflicted. Am I pleased we’ll lose the war with France? It’s hard to say. As is their custom, our new leaders will strip every open space of all grass and replace it with that weird pink gravel they’re so obsessed with. Eton will keep its name but fulfil a new role as the Ecole Technocratique Nationale.
No longer able to define themselves in patriotic opposition to their French counterparts, our holiday towns will be deserted, with disastrous effects on house prices. Marmite and baked bean factories will be blown up. Rather than a Byzantine dance of conspiracy and interviews, the next series of Line of Duty will be six hours of horny students being beaten up by cops. Now Daft Punk have disbanded, there will be nobody to headline Glastonbury. Coffee will become undrinkable and, strangely, so will tea.
It won’t all be bad. France is sometimes described as a paradise populated by people who think they’re living in hell, which is to say the opposite of Surrey. There will be advantages: cooked breakfast will be banned, replaced by room-temperature breakfast, and lunch will be compulsory. Pret a Manger will be seized by the state, briefly renamed Ready to Eat and then razed to the ground to encourage the others. Tinned confit duck will no longer have to be smuggled back in the boots of family cars but instead will be made available in every newsagent.
There will be wine everywhere, except McDonald’s, where there will be beer. The price of Greggs sausage rolls will be capped by the state. It will cost money to drive on motorways but they will all be incredible.
Rather than chiding our politicians for extramarital shenanigans, we will be forced to admire them, and instead berate any who make the error of marrying their lovers. It will be impossible to get a job but also impossible to be sacked. Everyone will work less but, inexplicably, be more productive. Everyone will retire at 62, except train drivers who will retire at 52. All parents will have access to cheap childcare. We’ll have a national anthem with a discernible tune.
When we lose the war with France, England will be the winner.
Règles de féminisation dans les actes administratifs du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports et les pratiques d'enseignement
NOR : MENB2114203C
Circulaire du 5-5-2021
MENJS
Texte adressé aux recteurs et rectrices d'académie ; aux directeurs et directrices de l'administration centrale ; aux personnels du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports
« Au moment où la lutte contre les discriminations sexistes implique des combats portant notamment sur les violences conjugales, les disparités salariales et les phénomènes de harcèlement, l'écriture inclusive, si elle semble participer de ce mouvement, est non seulement contre-productive pour cette cause même, mais nuisible à la pratique et à l'intelligibilité de la langue française.
Une langue procède d'une combinaison séculaire de l'histoire et de la pratique, ce que Lévi-Strauss et Dumézil définissaient comme "un équilibre subtil né de l'usage". En prônant une réforme immédiate et totalisante de la graphie, les promoteurs de l'écriture inclusive violentent les rythmes d'évolution du langage selon une injonction brutale, arbitraire et non concertée, qui méconnaît l'écologie du verbe. »
Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie française et Marc Lambron, directeur en exercice de l'Académie française, le 5 mai 2021.
L'égalité entre les filles et les garçons, prélude de l'égalité entre les femmes et les hommes, doit être construite, promue et garantie par l'École de la République. Constitutive d'une réelle égalité des chances, elle est en effet indissociable de la promesse républicaine d'émancipation de chaque individu. L'action de l'École dans ce domaine s'inscrit dans un vaste plan d'action qui comprend notamment la formation de l'ensemble des personnels, la transmission d'une culture de l'égalité, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et une politique d'orientation en faveur d'une plus grande mixité des filières et métiers. Elle passe aussi par la promotion et l'usage de la féminisation de certains termes, notamment les fonctions, dans le respect des règles grammaticales. L'apprentissage et la maîtrise de la langue française, au cœur des missions de l'École, contribuent en effet à lutter contre les stéréotypes et garantissent l'égalité des chances de tous les élèves.
Ces objectifs ne doivent pas être pénalisés par le recours à l'écriture dite « inclusive » dont la complexité et l'instabilité constituent autant d'obstacles à l'acquisition de la langue comme de la lecture. Ces écueils artificiels sont d'autant plus inopportuns lorsqu'ils viennent entraver les efforts des élèves présentant des troubles d'apprentissage accueillis dans le cadre du service public de l'École inclusive.
Notre langue est un trésor précieux que nous avons vocation à faire partager à tous nos élèves, dans sa beauté et sa fluidité, sans querelle et sans instrumentalisation.
Dans les actes et les usages administratifs, en vue de participer à la lutte contre les stéréotypes de genre, les dispositions de la circulaire du Premier ministre du 21 novembre 2017 relative aux règles de féminisation et de rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française s'appliquent. Ainsi, l'intitulé des fonctions tenues par une femme doit être systématiquement féminisé suivant les règles énoncées par le guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions élaboré par le Centre national de la recherche scientifique et l'Institut national de la langue française, intitulé Femme, j'écris ton nom... Il est également demandé de recourir à des formulations telles que « le candidat ou la candidate » afin de ne pas marquer de préférence de genre, ou à des formules telles que « les inspecteurs et les inspectrices de l'éducation nationale » pour rappeler la place des femmes dans toutes les fonctions.
Dans le cadre de l'enseignement, la conformité aux règles grammaticales et syntaxiques est de rigueur. Deux conséquences en découlent.
En premier lieu, il convient de proscrire le recours à l'écriture dite « inclusive », qui utilise notamment le point médian pour faire apparaître simultanément les formes féminines et masculines d'un mot employé au masculin lorsque celui-ci est utilisé dans un sens générique. L'adoption de certaines règles relevant de l'écriture inclusive modifie en effet le respect des règles d'accords usuels attendues dans le cadre des programmes d'enseignement. En outre, cette écriture, qui se traduit par la fragmentation des mots et des accords, constitue un obstacle à la lecture et à la compréhension de l'écrit. L'impossibilité de transcrire à l'oral les textes recourant à ce type de graphie gêne la lecture à voix haute comme la prononciation, et par conséquent les apprentissages, notamment des plus jeunes. Enfin, contrairement à ce que pourrait suggérer l'adjectif « inclusive », une telle écriture constitue un obstacle pour l'accès à la langue d'enfants confrontés à certains handicaps ou troubles des apprentissages.
En second lieu, l'usage de la féminisation des métiers et des fonctions doit être recherché. De même, le choix des exemples ou des énoncés en situation d'enseignement doit respecter l'égalité entre les filles et les garçons, tant par la féminisation des termes que par la lutte contre les représentations stéréotypées.
Je vous remercie de veiller au respect de ces règles communes, qui participent de la promotion et de la garantie de l'égalité entre les filles et les garçons dans comme en dehors de l'espace scolaire, mais aussi des enjeux fondamentaux de transmission de notre langue.
Le ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports,
Jean-Michel Blanquer
l est bientôt l'heure de choisir. Les utilisateurs de WhatsApp ont jusqu'au 15 mai pour valider les nouvelles conditions d'utilisation de la plateforme, sans quoi ils ne pourront plus utiliser la messagerie comme ils le font aujourd'hui après cette échéance.
L'entreprise américaine a commencé à notifier les usagers du service ces derniers jours sur leur smartphone. "Les conditions d'utilisation entreront en vigueur le 15 mai 2021. Veuillez accepter ces conditions d'utilisation pour continuer à utiliser WhatsApp après cette date", indique un message qui s'affiche à l'ouverture de l'application.
Cette nouvelle politique devait initialement entrer en vigueur le 8 février dernier mais Facebook l'avait reportée de plusieurs mois en raison des troubles suscités par l'annonce de ces changements chez les utilisateurs de WhatsApp. Une partie d'entre eux avait notamment décidé de migrer vers des applications plus respectueuses de la vie privée comme Signal en réaction.
Que changent ces nouvelles conditions ?
Même si Facebook s'en défend, la nouvelle politique de confidentialité de WhatsApp implique un partage de données plus important avec la maison-mère de l'application, Facebook.
À lire aussi
Facebook
États-Unis : banni de Facebook, Donald Trump lance un nouveau site web
"Avec cette mise à jour, nous vous fournissons plus d'informations dans nos conditions d'utilisation et notre politique de confidentialité, y compris sur la façon dont vous pouvez discuter avec les entreprises si vous le souhaitez", explique l'entreprise dans sa notification aux utilisateurs, dans un message volontairement flou.
WhatsApp a commencé à prévenir ses utilisateurs français qu'ils n'ont plus que quelques jours pour valider sa nouvelle politique pour continuer à disposer de toutes les fonctions de la messagerie.https://t.co/Oh9sXztyhS pic.twitter.com/5JXU1jjiV6
— Benjamin Hue (@benjaminhue) May 6, 2021
En réalité, Facebook souhaite monétiser le service acquis en 2014 en offrant davantage de possibilités aux entreprises d'entrer en relation avec les utilisateurs. L'idée est de faire de la messagerie un outil de communication central pour gérer les relations entre les marques et les consommateurs, à la manière d'un service après-vente, un usage déjà expérimenté à grande échelle en Inde.
Jusqu'à présent, WhatsApp laissait la possibilité à ses 2 milliards d'utilisateurs de décider de transmettre ou non les données collectées par l'application à Facebook et ses différentes entités. La plateforme rend désormais ce partage obligatoire pour permettre aux entreprises utilisant des comptes WhatsApp Business de dialoguer plus facilement avec leurs clients.
Quelles sont les données concernées ?
Les données concernées par ces traitements sont des informations de profil, comme le nom, prénom, et le numéro de téléphone, l'adresse IP et les données relatives aux transactions réalisées via la messagerie. Mais pas les conversations, qui restent chiffrées de bout en bout, ni l'historique des appels ou leur localisation, comme le rappelle justement Facebook : "La mise à jour n'a pas d'impact sur la confidentialité des messages".
Ces nouvelles règles ne permettent pas non plus à Facebook d'utiliser les données issues de WhatsApp pour proposer de la publicité ciblée car la réglementation l'interdit en Europe. Mais à l'avenir, un utilisateur pourrait tout à fait trouver une publicité pour un produit sur Facebook, l'acheter sur Instagram puis contacter ensuite le service après-vente sur WhatsApp sans quitter l'écosystème de Facebook.
Et si je refuse ces conditions ?
Si vous souhaitez continuer d'utiliser l'application comme aujourd'hui après le 15 mai, il n'y aura pas d'autre choix que d'accepter la nouvelle politique de WhatsApp. En cas de refus, WhatsApp ne supprimera pas immédiatement votre compte. Mais celui-ci fonctionnera selon un mode restreint, les principales fonctionnalités ne seront plus accessibles.
"Vous n’aurez qu’un accès limité aux fonctionnalités de WhatsApp jusqu’à ce que vous les acceptiez. Pendant une courte période, vous pourrez recevoir des appels et des notifications, mais vous ne pourrez pas lire ou envoyer de messages depuis l’application", indique l'entreprise. Il sera toujours possible de retrouver l'intégralité des outils de WhatsApp en validant les nouvelles conditions a posteriori. En revanche, les comptes supprimés ne pourront pas être restaurés.