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 La revue de web de Kat

Contre la censure, les ados se rebiffent par la lecture - Courrier International

Sun 20 Feb 2022 - 14:10

Dans ce club de lecture de Pennsylvanie, des jeunes de 13 à 16 ans débattent de littérature interdite. Reportage.

“Napoléon exploite les moutons, c’est incroyable”, s’exclame Jordan Daughtry, 14 ans, son exemplaire du livre de George Orwell La Ferme des animaux à la main. Elle parle du cochon dictateur qui prend le contrôle d’une ferme anglaise avant de soumettre à sa volonté les autres animaux.

Dans cet ouvrage qui critique le régime stalinien, les moutons, qui représentent les masses facilement manipulables, sont des “idiots incultes”, ajoute-t-elle.

Sa sœur Kiara, 16 ans, poursuit : >“Ça m’a un peu rappelé toute cette histoire après l’élection de Joe Biden”, explique-t-elle en évoquant l’insurrection du 6 janvier, quand les partisans de Trump, enhardis par les mensonges du président sortant, ont assiégé le capitole. “Et toutes les bêtises qu’on a entendues.”

Le plaisir défendu des livres interdits

Les Daughtry discutent dans l’arrière-boutique de la librairie Firefly, un paradis de livres neufs et d’occasion de la petite ville de Kutztown, en Pennsylvanie. Les membres de ce club de lecture des livres interdits se retrouvent deux fois par mois pour lire et débattre d’ouvrages que les conservateurs de tout le pays cherchent à faire disparaître des bibliothèques scolaires.

Les membres du club, âgés de 13 à 16 ans, sont inquiets. L’année dernière, ce mouvement de censure a réussi à interdire des ouvrages sur les questions raciales et LGBTQ dans des bibliothèques au Texas, en Utah, en Virginie, dans le Wyoming et en Pennsylvanie.

Comme de nombreux jeunes aux États-Unis, les membres du club trouvent que la censure se fait plus pesante. En décembre, le district scolaire de Pennridge, à une quarantaine de kilomètres de chez eux, a fait retirer des bibliothèques des écoles élémentaires le livre Heather à deux mamans, un album jeunesse sur un couple lesbien.

L’année dernière, la commission scolaire du district de Central York, en Pennsylvanie, a publié une longue liste de livres interdits, en grande majorité des ouvrages dont les personnages ou les auteurs étaient des gens de couleur. Cette interdiction a été levée en septembre après des manifestations d’élèves.

“Ce sont les adultes qui décident”

“J’adore lire, alors c’est vraiment énervant de voir que des livres sont interdits, d’autant plus que ce sont des adultes qui décident et que personne de nous demande à nous, les ados, ce qu’on en pense”, lance Joselyn Diffenbaugh, 14 ans,

la fondatrice de ce club destiné à contrecarrer cette vague d’intolérance :

“C’est flippant de savoir que ceux qui pourraient avoir besoin de ces livres, pour mieux se comprendre par exemple, en sont privés.”

Fin janvier, le phénomène a pris des proportions inédites, avec l’interdiction de Maus, le roman graphique sur l’Holocauste d’Art Spiegelman, par la commission scolaire du comté de McMinn, dans le Tennessee.
À lire aussi Censure. Un district scolaire du Tennessee bannit le livre “Maus”, d’Art Spiegelman, sur l’Holocauste

Selon cette commission, ce récit, qui met en images ce qu’ont vécu les parents de l’auteur dans les camps de concentration nazis ainsi que le suicide de sa mère, contenait des propos “durs et grossiers”. Maus est désormais numéro un des ventes sur Amazon.

À la librairie Firefly, le club de lecture discute de La Ferme des animaux quand je les rejoins. Ce roman n’est pas visé par la récente vague de censure, mais il était interdit en URSS avant la chute de l’Union soviétique, et au Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale – le gouvernement britannique ne voulant pas froisser son allié soviétique. Il a ensuite été interdit en Floride car jugé “procommuniste”.

Égalité raciale et sexuelle

Leur prochain livre sera La haine qu’on donne, un roman pour ados sur le meurtre d’un jeune Noir désarmé par un policier blanc, qui a été retiré des rayonnages de nombreuses bibliothèques scolaires. Pour l’instant, les jeunes lecteurs se demandent pourquoi aucun animal n’a choisi de quitter la ferme de George Orwell.

Bridget Johnson, 13 ans, la plus jeune du groupe, n’a pas sa langue dans sa poche : >“Je constate souvent cela dans la vraie vie. Les gens ne se rendent pas compte, ils ne veulent pas prendre de risques, ils préfèrent ne rien changer.”

La manipulation, les mensonges et, comme le dit un membre du club, la “volonté d’enfumage” se retrouvent dans ce mouvement pour expurger les bibliothèques américaines. Un mouvement lancé par des groupes issus de la société civile, soi-disant des parents, qui envoient des pétitions aux établissements et aux élus pour interdire certains livres. En réalité, ces groupes sont liés et soutenus par des donateurs conservateurs influents.

La plupart des livres visés parlent de l’égalité raciale ou sexuelle, alors que certains républicains ont lancé une grande offensive contre l’enseignement de la théorie critique de la race à l’école, une discipline qui examine la façon dont le racisme ronge les institutions et la société américaine.

Toni Morrison, un symbole

Le roman Gender Queer, de Maia Kobabe, qui évoque les difficultés de faire son coming out et de découvrir son identité sexuelle, est l’un des livres les plus proscrits. Depuis sa publication en 2019, il a été banni des rayonnages d’au moins 11 États, dont le Texas, la Floride et la Pennsylvanie. Même chose pour Out of Darkness, l’histoire d’amour entre une Mexicaine-Américaine et un jeune garçon noir dans les années 1930 au Texas.

L’Œil le plus bleu, de Toni Morrison, un roman sur l’oppression raciale et sexuelle, a dû être retiré des bibliothèques scolaires en Floride et dans le Missouri.

Après une heure et demie de débats animés, la séance du club de Kutztown touche à sa fin. À la sortie de la librairie, Jesse Hastings, une grande jeune fille avec des grosses lunettes, tient dans la main un exemplaire de La haine qu’on donne. Tous les livres dont les jeunes débattent au club sont achetés et financés grâce à des dons.

Fermeture d’esprit

Jesse se dit choquée par l’ampleur de la censure et “surtout par le ridicule des raisons invoquées pour interdire ces livres. Beaucoup ont été interdits simplement parce qu’ils avaient pour personnages des Noirs ou des LGBTQ”, explique-t-elle :

“Pour les jeunes homosexuels ou les jeunes de couleur, il est vraiment important d’être représenté dans les livres, et si vous n’y avez pas accès, cela peut être grave.”

Outre l’impact sur les personnes qui auraient pu se trouver des affinités avec les auteurs interdits et sur la représentation de la diversité dans les livres, Jesse trouve qu’il y a un autre aspect encore plus grave : “C’est un énorme problème, car il y a déjà un grand manque de représentation des minorités dans les romans. Ils veulent interdire des livres qui parlent de politique et d’autres choses importantes”.

Et la jeune fille de conclure :

”Pour moi, le risque, c’est que de plus en plus de jeunes manquent d’ouverture d’esprit.”

Adam Gabbatt

Liberté-Expression lire
https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-contre-la-censure-les-ados-se-rebiffent-par-la-lecture

Le drapeau breton, le connaissez-vous vraiment? | Le HuffPost

Sun 20 Feb 2022 - 07:26

À Nantes, une association compte déployer le plus grand drapeau breton du monde ce dimanche 20 février. Une démonstration qui s'incrit dans une série d'actions pour demander un référendum sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

Par Claire Tervé

Gwenn ha Du -Photo Christophe Coat - EyeEm via Getty ImagesGwenn ha Du -Photo Christophe Coat - EyeEm via Getty Images

BRETAGNE - Un drapeau, mais bien plus. Ce dimanche 20 février à Nantes, une association nommée À la Bretonne! compte déployer un drapeau breton géant sur l’esplanade du miroir d’eau. Une action parmi d’autres pour imposer le dossier de la réunification bretonne dans l’agenda des candidats à l’élection présidentielle.

“Nous vous demandons de vous engager à enclencher, en tant que président de la République, le processus législatif qui permettra aux électeurs de Loire-Atlantique de voter en 2024 sur leur souhait, ou non, de rejoindre la Région Bretagne”, ont écrit vendredi 18 février dans une lettre ouverte plus de 200 élus de tous bords politiques, des centaines d’associations, plusieurs fédérations culturelles, ainsi que le réseau Produit en Bretagne (475 entreprises, 110 000 salariés). Emblème de cette Bretagne qu’ils espèrent, le drapeau Breton est devenu tout un symbole. À tel point que les internautes bretons se battent pour qu’il ait son propre emoji depuis plusieurs années.

Flottant fièrement au vent partout en France, lors d’événements, de manifestations ou de jours de fête, le drapeau breton est connu de tous, mais savez-vous vraiment ce qu’il représente? On vous en dit plus ici sur ce monument qui fait la fierté des Bretons, au même titre que le Kouign-amann.

Appelez-le le Gwenn ha du

Le drapeau breton a un nom: Gwenn ha du, qui signifie littéralement en breton “blanc et noir”, les couleurs historiques de la Bretagne. Il peut s’écrire avec ou sans tirets “Gwenn-ha-du”.

Le fruit de plusieurs inspirations

Le Gwenn ha du est un symbole récent: c’est Morvan Marchal, un architecte français actif dans le mouvement breton, soucieux de préserver et de développer la spécificité de la Bretagne, qui lui a donné vie en 1925. Il aurait eu plusieurs inspirations, qui varient selon les sources. D’après Bretagne.com, un site du Télégramme, ce sont les armoiries de la ville de Rennes qui comportent des bandes blanches et noires verticales accompagnées d’un semis d’hermines. Il aurait alors imaginé sur cette base un emblème moderne pour la Bretagne.

Pour d’autres encore, sa disposition s’inspire fortement de la bannière étoilée des États-Unis d’Amérique ou bien même du drapeau grec, comme le note 20 Minutes. L’idée étant de symboliser le besoin d’indépendance et de liberté.

Il aura fallu plus de 50 ans pour que ce drapeau s’impose définitivement et soit débarrassé de toute connotation politique et séparatiste, même si aujourd’hui, le Gwenn ha du n’a aucun statut officiel en Bretagne et en France.

De l’importance des bandes

Vous en avez forcément déjà vu un, mais avez-vous bien observé ce drapeau? Il est composé de neuf bandes horizontales noires et blanches d’égales largeurs, disposées alternativement et de mouchetures d’hermines noires sur fond blanc au canton (carré à l’angle d’un blason) supérieur gauche.

Les quatre bandes blanches représentent les quatre pays de la Basse-Bretagne : Bro-Leon (Léon), Bro-Gernev (Cornouaille), Bro-Wened (Vannetais) et Bro-Dreger (Trégor). Le territoire de la Basse-Bretagne occupe la partie sud et occidentale de la région bretonne, explique Geobreizh.bzh, le portail géographique et cartographique de Bretagne.

Les cinq bandes noires représentent quant à elle les cinq pays de Haute-Bretagne: Bro-Sant-Brieg (Saint-Brieuc), Bro-Zol (Dol), Bro-Sant-Maloù (Saint-Malo), Bro-Roazhon (Rennes) et Bro-Naoned (Nantes). Le territoire de la Haute-Bretagne s’étend à l’est de la région.

Hermine légendaire

Sur le canton blanc, les mouchetures d’hermine sont au nombre de 11, disposées en trois rangs, de haut en bas, quatre, trois, puis quatre. Pourquoi 11? Selon Geobreizh.bzh, il n’y a pas d’explication concrète à cela. Elles sont toutefois censées représenter le duché de Bretagne.

En revanche, le choix du symbole de l’hermine en lui-même n’a rien d’anodin. Ces sortes de pattes de mouches noires représentent en réalité la queue de l’hermine, le petit animal carnivore. Et l’hiver venu, sa queue est la seule partie de sa fourrure qui reste entièrement noire, explique le traducteur et spécialiste de la langue bretonne, Divi Kervella, dans son ouvrage Emblèmes et symboles des Bretons et des Celtes (éditions Coop Breizh, 2009).

L’hermine est un motif que l’on retrouve sur le drapeau du duché de Bretagne dès 1318. Elle symbolise la pureté et était autrefois exclusive au clergé.

Elle est également au centre d’une légende mettant en scène Anne de Bretagne, rappelle France 3 Régions. Cette dernière participait à une partie de chasse et fut subjuguée par le comportement d’une hermine qui préféra se laisser tuer par les chiens plutôt que de traverser une flaque de boue. Elle gracia l’hermine et en fit son emblème. La devise de la Bretagne provient également de cette légende: “Kentoc’h mervel eget bezan saotret” (“Plutôt la mort que la souillure”).

Vous pourrez y penser la prochaine fois que vous verrez le drapeau breton flotter au gré du vent.

Bretagne Gwenn-Ha-Du
https://www.huffingtonpost.fr/entry/le-drapeau-breton-le-connaissez-vous-vraiment_fr_620f8dc4e4b08ee35ee1191e

Marseille, une ville aux cent visages - Courrier International

Fri 11 Feb 2022 - 06:21

De passage à Marseille, ce journaliste de la BBC écrit une véritable ode à la ville de la Bonne Mère, dont il célèbre le caractère multiculturel et la diversité.

La basilique Notre-Dame-de-la-Garde, le 24 octobre 2018, à Marseille.  PHOTO / AFP / GERARD JULIENLa basilique Notre-Dame-de-la-Garde, le 24 octobre 2018, à Marseille. PHOTO / AFP / GERARD JULIEN

Nostalgique de la France qu’il avait découverte en Erasmus il y a vingt ans, ce journaliste anglais de la BBC, établi en Asie, décide de découvrir la seconde ville du pays, attiré par “son caractère branché et les trois cents jours d’ensoleillement annuel”. Il connaît la réputation de la cité phocéenne, “un cas à part en France”.

C’est une métropole qui cultive sa différence par rapport au reste du pays, sa population étant composée de vagues de migrants arrivés sur plus de deux millénaires et demi d’histoire, ce qui en fait non seulement la plus vieille ville de France, mais aussi la plus multiculturelle.”

Il connaît aussi son histoire. Port stratégique pour les Grecs, qui y introduisent les olives, si chères à la cuisine provençale, elle subit les invasions wisigothes et arabes puis devient l’une des portes de l’empire colonial français. Autant d’étapes qui ont considérablement enrichi la ville. “Tout est arrivé depuis la mer à Marseille : les peuples, les produits, la culture et la contrebande.”

Sous la protection de Notre-Dame-de-la-Garde

Le journaliste perçoit cet héritage hétéroclite en traversant les rues. Sur le cours Belsunce, “des senteurs de cuisines arabe et turque flottent dans l’air”, tandis que “les vendeurs à la sauvette proposent des gravures sur bois africaines, des foulards de couleurs vives et des maillots de l’Olympique de Marseille”.

“J’ai commencé à comprendre pourquoi on appelle Marseille ‘la ville aux 100 quartiers’”, poursuit-il. Si la marque maghrébine s’y ressent particulièrement, l’auteur retrouve aussi des influences chinoises, maliennes, ivoiriennes, vietnamiennes, corses et arméniennes qui imprègnent la musique, les vêtements ou encore la cuisine. Le tout sous la protection de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde, “le point le plus élevé de la ville, qui resplendit comme un phare sacré en pleine mer”.

Complexité culturelle

Aujourd’hui, poursuit la BBC, Marseille est concurrencée par Lyon et Aix-en-Provence, qui correspondent plus à une vision “parisienne” de la France. Son image est flétrie par ses détracteurs qui y voient “une cité du vice” – idée véhiculée par les nombreux films sur sa violence et sa mafia, très souvent fantasmées. La nomination de Marseille comme capitale européenne de la culture, en 2013, a permis d’atténuer cette vision, en promouvant la culture méditerranéenne et en incitant la mairie à rendre le quartier du Vieux-Port plus attrayant.

Conquis par l’“esprit bon enfant” (en français dans le texte) de la ville de la Bonne Mère, le journaliste se réjouit de sa vraie “francité”. Et de surenchérir :

Cette ville prouve à quel point la France est un pays plus divers et d’une plus grande complexité culturelle que les Français eux-mêmes ne sont souvent prêts à l’admettre.”

Marseille
https://www.courrierinternational.com/article/vu-du-royaume-uni-marseille-une-ville-aux-cent-visages

Votre police web a-t-elle un impact sur le SEO ? | Agence 90

Wed 9 Feb 2022 - 18:53

Ce n’est pas forcément la question la plus soulevée dans la sphère SEO, mais nous voulions déterminer dans cet article si le choix de telle ou telle police web pouvait avoir un impact sur votre SEO.

Peut-être vous-êtes-vous déjà demandés si l’utilisation d’une police web personnalisée ou une Google Font, avait une incidence négative comme positive votre visibilité organique. Pour lever le voile sur ce sujet, nous avons décidé de nous replonger dans les déclarations passées de notre ami John Mueller, Webmaster Trends Analyst chez Google.

En d’autres mots, il s’agit de savoir si Google prenait en compte le choix de la police web pour juger de la qualité de votre contenu, par exemple si une police personnalisée conduisait Google à considérer le contenu comme moins pertinent que des qu’un même contenu utilisant d’autres types de web fonts.

Ce que dit Google

Cette question avait été posée à John Mueller en 2017 lors de la vidéo Webmaster Office Hours ci-dessous.

Le cadre de chez Google affirme que le choix de la police d’écriture n’a pas d’impact sur votre référencement. Du moment que Google peut explorer la page et voir le contenu, l’analyse fonctionnera normalement.

La seule situation où John indique que cela pourrait être un peu délicat est si vous utilisez des images au lieu de texte sur une page. Ok, Google fait de l’OCR (Optical Character Recognition : processus de convertir une image en texte) sur les images, mais cela reste un procédé nouveau qui n’est pas pleinement sollicité pour l’indexation des pages web (cela exige beaucoup trop de ressources).

Impact sur le temps de chargement

Le même sujet a été abordé sur Twitter en 2020. Toujours auprès de John Mueller. Cette fois-ci, la question initiale était de savoir si le choix de sa police avait un impact sur les performances de vitesse du site, puis de savoir s’il y avait des polices recommandées par Google.

Les réponses de John Mueller :

1 - Tous les éléments qui composent une page web, comme la police, ont un impact sur la vitesse de chargement.
2 - Le choix de la police n’a pas d’importance pour le SEO.

Ces deux réponses sont contradictoires puisque le temps de chargement est considéré comme un facteur de ranking SEO. Ainsi, si votre police web impacte le temps de chargement, elle influence indirectement votre SEO.

Bon ok, ce n’est pas nouveau que la police impacte le temps de chargement, c’était d’ailleurs un point majeur soulevé dans notre article sur l’optimisation de votre vitesse de site sous WordPress.

Par conséquent, si vous utilisez une police personnalisée parce que vous voulez mettre en avant votre branding, faites attention à ce que cette dernière n’impacte pas trop vos performances. Surtout avec l’introduction des Core Web Vitals en tant que facteurs de positionnement SEO.

Impact sur l’expérience utilisateur

Évidemment, si vous optez pour des polices web personnalisées totalement illisibles, cela aura un réel impact sur la compréhension qu’auront les visiteurs du contenu de votre site. Veuillez donc à ne pas trop en faire et à trouver l’équilibre entre branding et expérience de navigation.

Mais améliorer l’expérience utilisateur signifie aussi que chaque milliseconde compte. De ce fait, il existe de nombreuses façons d’améliorer la vitesse, comme l’optimisation des images et des polices de caractères web.

Commençons par une note positive : il est facile d’adopter une belle typographie gratuitement pour votre site comme vous pouvez en trouver dans les magazines papier. Des sociétés comme Fontawesome, Google et Adobe proposent énormément de polices gratuites qui vous permettront de construire votre site selon votre image. Cependant, un grand nombre auront impact drastique sur la vitesse de vos pages… pouvant vous faire perdre de précieuses secondes et chuter votre score sur PageSpeed Insights.

Voyons donc ensemble comment ces satanés polices web peuvent autant impacter votre temps de chargement en se focalisant sur les polices Google.

Le problème des polices Google

Les Google Fonts peuvent représenter plusieurs problèmes pour vos performances de site. Mais pas que…

Combien de requêtes HTTP les polices effectuent-elles ?

Lorsque votre site est en train de charger sur un navigateur, vous avez peut-être remarqué des messages dans la barre d’état tels que « connecting to fonts.gstatic.com » ou « waiting for fonts.googleapis.com ». Il s’agit du navigateur qui télécharge la police sur laquelle votre site repose à partir de serveurs qui hébergent ces polices.

Pour analyser ce processus de plus près, il suffit de se rendre sur des sites de mesure de vitesse de page tels que GTmetrix ou Pingdom et de tester votre URL. Il y a de fortes chances que vous soyez surpris par le nombre de requêtes que votre site nécessite pour télécharger des fichiers de polices. Mais… attendez deux p’tites secondes… ces polices ne sont-elles pas transférées à partir d’un Google Cloud super méga rapide ?!!

Existe-t-il un CDN pour les polices ?

Oui, les polices web sont fournies par le CDN de Google. Google a optimisé et continue d’optimiser ces fichiers pour un transfert plus rapide. Néanmoins, il s’agit de demandes supplémentaires de données supplémentaires dont la plupart des sites et blogs peuvent se passer. Les néo webmasters commencent souvent avec un hébergement mutualisé chez OVH, et souvent avec un ensemble de plugins redondants qui alourdissent les performances globales de leur site. Dans la plupart des cas, les fichiers de polices web ne font que s’ajouter à la masse.

Quel est le poids des polices web ?

La taille typique d’un fichier de police est de 35-50ko. Cependant, selon la façon dont votre site est développé, il peut nécessiter plusieurs fichiers de polices ou parfois, même un seul fichier de police peut atteindre un poids de quelques mégaoctets. Cela s’explique par le fait qu’un site peut utiliser plus d’une langue, nécessiter plusieurs formats de fichiers ou devoir être disponible en mode hors ligne. Parfois, les thèmes et les plugins qui utilisent les Google Web Fonts font plusieurs demandes pour la même ressource. Pire encore, votre site peut obliger un visiteur à télécharger des éléments qui ne sont jamais utilisés. La plupart du temps, les visiteurs de votre site peuvent se passer de tout cela.

Du coup, une question légitime que l’on pourrait se poser serait de savoir si la mise en cache avait un impact ? Un navigateur ne va-t-il pas stocker ces polices pour une utilisation ultérieure ? La réponse courte : pas tout.

Quid de la mise en cache des polices Google ?

La mise en cache du navigateur ne permet d’accélérer que les visites répétées, et non les premières visites. Pour les visiteurs réguliers, le webmaster du site a le pouvoir de définir la durée pendant laquelle le navigateur doit mettre en cache une ressource localement. Vous pouvez fixer une date d’expiration lointaine (d’un mois ou plus) pour les ressources statiques telles que les images, etc… mais pas pour tout ! En effet, pour les ressources fournies par des tiers, comme Facebook ou Google, le propriétaire du site n’a aucun contrôle. Leur date d’expiration est fixée par les sites qui les fournissent.

Alors que les fichiers de polices de base peuvent avoir une date d’expiration lointaine, les ressources de style liées aux polices ont une date d’expiration de seulement 24h00 en général. Ainsi, lorsqu’un fichier de police a été modifié et qu’un abonné email clique sur le lien d’une newsletter pour lire votre dernier article, ce visiteur fidèle devra télécharger à nouveau toute la police web requise. Inutile de dire que si votre abonné dispose d’une connexion internet pourrie, vous ne l’aidez pas.

Alors, pourquoi ne pas simplement fournir les polices à partir de votre site et de contrôler l’expiration du cache du navigateur ?

Peut-on charger les polices Google en local ?

Les polices web étant OpenSource, vous pouvez les héberger localement sur votre site, réduire le nombre de requêtes HTTP et contrôler l’expiration du cache. Il existe des plugins gratuits pour vous aider à y parvenir. Toutefois, Google déconseille cette pratique. Cela m’amène à poser la question suivante : pourquoi Google adopterait-il une pratique aussi gourmande en termes de ressources, puis déconseillerait dans le même temps une solution permettant de consommer moins et d’optimiser les performances ?

La raison officielle invoquée par la firme de Mountain View est qu’il héberge et fournit les polices afin que vous ayez les plus récentes et les plus optimisées à disposition pour votre site web. Cependant, la vérité se cache peut-être ailleurs…

Les polices Google portent-elles atteinte à la vie privée ?

Quelques pays, comme la Chine, bloquent l’accès à aux serveurs Google, ce qui signifie que les sites utilisant les Google Fonts n’auront pas la même apparence partout dans le monde. De nombreuses autres personnes ont fait part de leurs inquiétudes quant à la confidentialité des données liées aux polices Google, en particulier dans le sillage de la mise en œuvre de la politique européenne RGPD. En effet, en fournissant la police de votre site, Google a un accès direct à ses entrailles. Pour vous faire une idée, jetez un œil à la quantité gargantuesque de données collectées par Google à travers ses polices en consultant les statistiques du site Google Font Analytics.

Les Google Fonts seront-elles toujours gratuites ?

Les polices web représentent un pilier essentiel pour le secteur des éditeurs. La capture à grande échelle des données d’utilisation de ses polices peut potentiellement aider Google à créer un modèle freemium classant les polices gratuites et premium afin de convaincre les navigateurs (tels que Firefox, Safari ou Internet Explorer) d’inclure certaines de ces polices en tant qu’option native dans leurs futures versions. Autre possibilité, l’API Google Fonts pourrait suivre le chemin de l’API de Google Maps, qui exige désormais des propriétaires de sites qu’ils fournissent des informations de carte bancaire pour pouvoir l’utiliser.

css Google google-fonts SEO
https://www.agence90.fr/police-seo/

Google Font : récupérer le fichier de la police en local - Le Hollandais Volant

Wed 9 Feb 2022 - 18:02

Google propose Google Fonts : des polices d’écritures à utiliser pour votre site web, dans le CSS.

Seulement ils sont bien malin : le code CSS prêt-à-utiliser que vous devez mettre dans votre code contient le lien du fichier de la police d’écriture qui se trouve sur leur serveur. Voilà la marche à suivre pour récupérer manuellement le fichier et le placer en local, chez vous.

Je vais faire l’exemple avec une police d’écriture au hasard.

Rendez-vous sur google.com/fonts. Choisissez la police que vous voulez, puis cliquez sur « quick-use » :

download font step 1
Descendez un peu en bas dans la page et récupérez le lien vers le fichier CSS :

download font step 2
Ouvrez ce lien dans votre navigateur.
Vous pouvez déjà copier tout le code dans votre CSS. Il suffit juste de récupérer le lien vers le fichier de la police (fichier .woff).

download font step 3
Téléchargez le fichier .woff et enregistrez le dans votre projet.

download font step 4
Il ne reste alors plus qu’à changer le lien de la police dans le code CSS, pour qu’il utilise le fichier .woff local et pas via le site de Google.

Voilà, c’est tout.

L’avantage d’avoir le fichier de la police chez soi :
Pas de traçage possible par Google
Votre site reste indépendant : si Google ferme son service (il le fera un jour) votre CSS fonctionnera quand même.

Désavantages :
Le fichier de la police sera téléchargé depuis votre site, donc consommera votre bande passante.
Si un autre site web quelque part utilise la même police, le navigateur le téléchargera deux fois, alors qu’il ne le fait qu’une seule fois si les deux utilisent le service de Google.

Cette astuce s’inscrit dans ma politique d’un site 100% indépendant sur le plan technique. Il n’y a aucun fichier (image, script…) utilisé dans mes pages qui soit hébergé ailleurs que chez moi.

css fonts google
https://lehollandaisvolant.net/?d=2013/07/10/16/01/06-google-font-recuperer-le-fichier-de-la-police-en-local

Le destin fabuleux de Désirée Clary - Passion Provence

Sun 30 Jan 2022 - 15:41

Le premier Clary connu est Jacques Clary, fils d'Antoine Clary et de Marguerite Canolle, qui épousa le 24 novembre 1690, en la paroisse Saint-Martin de Marseille, Catherine Barosse, fille d'Angelin Barosse, jardinier, et de Jeanne Pelissière. Un fils de Jacques, Joseph Clary (1693-1748) épousa à Marseille le 21 novembre 1724 Françoise-Agnès Amaurric, fille d'un chapelier, qui lui apporta une dot de 15 000 livres, dont 1 500 en robes et meubles et 13 500 en louis d'or. De ce mariage, naquit à Marseille, paroisse Saint-Ferréol, le 24 janvier 1725, François Clary. Historiens, journalistes et cinéastes ont contribué à répandre à son sujet les légendes les plus absurdes, faisant de lui un marchand de soieries, de savon. En réalité, après des débuts fort modestes dans la boutique de son père, il devint armateur, assureur maritime, puis négociant. Il envoyait aux "échelles" du Levant, du blé, des tissus et en ramenait du café-moka, des épices et des matières colorantes. Par un travail acharné, il put doter chacune de ses filles de 50 000 livres et sa fortune fut évaluée à sa mort à un million de livres, mais c'était en 1794 et une partie de ses créances fut réglée en assignats dépréciés.

François Clary avait épousé, en secondes noces, le 24 juin 1759, en la paroisse Saint-Ferréol Françoise Rose Somis, fille d'un ingénieur en chef du port de Marseille soeur du général et baron d'Empire Justinien-Victor Somis. François et Rose eurent plusieurs enfants. A la Révolution, compromis dans le mouvement fédéraliste de 1793, François vit son fils Etienne et son gendre Antoine d'Anthoine, époux de sa fille Marie-Rose et futur maire de Marseille, jetés en prison. Un autre de ses fils se suicida pour ne pas être arrêté. Lui-même, très abattu, mourut sans connaître la destinée royale qui sera réservée à ses deux filles, Marie Julie et Eugénie Désirée.

Marie Julie née à Marseille le 26 décembre 1771, devint reine de Naples de 1806 à 1808 puis d'Espagne de 1808 à 1813, après avoir épousé Joseph Bonaparte, frère de Napoléon à Cuges (les-Pins) le 1er août 1794. Femme forte de la famille, elle refusa de suivre son mari aux Etats-Unis, elle parcourut l'Europe avant de mourir à Florence le 7 avril 1845. Elle y est enterrée.

Cependant, c'est incontestablement le destin de Désirée, qui a marqué les imaginations. Bernardine Eugénie Désirée Clary est née à Marseille le 8 novembre 1777. Elle est d'abord courtisée par Joseph Bonaparte en 1794, qui reporte finalement son dévolu sur Marie Julie, la soeur de Désirée. Pendant ce temps, Désirée s'est fiancée officiellement avec le frère de Joseph, Napoléon Bonaparte, le 21 avril 1795. Mais le général Bonaparte est rappelé à Paris. Après avoir rencontré Joséphine de Beauharnais, le 15 octobre 1795, par le biais de son ami Paul Barras, Bonaparte renonce à ce projet de mariage.

Désirée épouse le 17 août 1798 à Sceaux le général Jean-Baptiste Bernadotte. Lorsque son époux est placé par Napoléon sur le trône de Suède le 21 août 1810, Désirée s'installe à Stockholm avec son fils Oscar né le 4 juillet 1799 (16 messidor an VII) à Paris. Au bout d'un mois, elle retourne s'installer seule à Paris. Elle ne revient en Suède que pour assister le 19 juin 1823 au mariage d'Oscar avec la princesse Joséphine de Leuchtenberg, fille d'Eugène de Beauharnais, Duc de Leuchtenberg, et petite-fille de l'Impératrice Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon.

Désirée fut par la suite, couronnée reine de Suède et de Norvège. Son mari, Jean-Baptiste, l'était depuis la mort du roi Charles XIII le 5 février 1818, sous le nom de Charles XIV Jean (Carl XIV Johan). Désirée devint reine sous le nom de Desideria. Elle ne quittera plus son royaume désormais, mais se tenant toutefois, à l'écart des obligations des souverains et en entretenant une correspondance abondante avec sa famille.

A la mort de son époux le 8 mars 1844, son fils accède au trône sous le nom d'Oscar Ier. Désirée (Desideria) meurt le 17 décembre 1860 à Stockholm à l'âge de 83 ans. Elle est inhumée dans la crypte située sous la chapelle Bernadotte de l'église de Riddarholmen à Stockholm.

Sa mère, Françoise Rose Somis, peut prétendre, au même titre que la reine Victoria, au surnom de Grand-mère de l'Europe. En effet, ses descendants se trouvent aujourd'hui sur les trônes de Suède, de Norvège, du Danemark, de Belgique et du Luxembourg.

Sources : L'almanach de la Provence - Collection Jacques Marseille - Pays et Terres de France, Wikipédia - l'encyclopédie libre et le site d'Histoire de la Fondation Napoléon.

Désirée-Clary Napoléon
http://www.passionprovence.org/archives/2022/01/30/39277665.html

Ces « villes et villages où il fait bon vivre » : faux classement scientifique et vraie opération commerciale - La Montagne

Sun 30 Jan 2022 - 10:52

Votre ville ou village brille dans le classement des « Villes ou villages où il fait bon vivre » en France ? Ou pas du tout ? Dans les deux cas, rien d'important. Surtout s'il ne vous vient pas l'idée de payer le « label ».

Habiter dans un endroit où « il fait bon vivre » n'est-il pas la douce espérance de chacun ? Et donc une info « concernante » dans le langage des communicants. Ainsi, des « études » et « classements » des communes « où il fait bon vivre », se diffusent régulièrement dans la presse. Et certains en ont fait profession.

On peut s'intéresser au tout dernier publié, le 11 avril dans le Journal du Dimanche. Celui-ci est un « palmarès établi par l'association Villes et villages où il fait bon vivre » indique le média. Quelle est cette association loi 1901, c'est-à-dire une structure dont l'objet doit être à un but non lucratif ?

Une « association loi 1901 »

Son site internet n'est pas très disert sur sa vie associative et son nombre d'adhérents, mais indique que l'association est « présidée par Thierry Saussez, créateur du Printemps de l’optimisme ». Les mentions légales précisent que le siège social de l'association est situé au 7, rue Laurin à Rueil-Malmaison et que le directeur de la publication du site est Alexandre Saussez. Soit le fils de Thierry Saussez (lien vers son autobiographie). Thierry Saussez est un spécialiste de la communication politique, surnommé par le milieu professionnel « le Jacques Séguéla de droite », et l'ancien responsable du système d'information du gouvernement (SIG) sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Méthodologie, limites et biais

Ces présentations faites, comment est établi le « classement des Villes et villages où il fait bon vivre » ?

Un bon point sur la transparence d'abord, tous les éléments pour analyser la situation sont contenus dans les documents mis à disposition sur le google drive de l'association.

L'association explique qu'il est « construit sur les priorités des Français, de nouveau consultés par un sondage exclusif OpinionWay ». Ce « Sondage OpinionWay pour Le Printemps de l’Optimisme » (mention légale) est un sondage auto-administré en ligne, c'est-à-dire rempli de façon autonome par les personnes interrogées, sans assistance d'un enquêteur. Il mentionne l'interrogation « d’un échantillon de 1.010 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus » Les répondants étaient payés (incentives légalement parlant) ou « pouvaient faire don à une association ».

La société OpinionWay crédite son sondage de « marges d'incertitude de 1,5 à 3 points au plus ».

Ce sondage classe les 8 critères qui étaient proposés (plusieurs réponses possibles en même temps, mais dans cette liste limitée) dans cet ordre d'importante : la qualité de vie ; la sécurité ; le commerce ; les transports ; la santé ; l'éducation ; la solidarité ; les sports et loisirs.

S'il est indiqué que ces huit critères majeurs et leur classement « pondèrent » les notes ensuite basées sur 183 types de données venues de l'Insee et d'organismes publics, la formule de calcul précise de cette « pondération » n'est pas explicitée.

En revanche, la prime aux plus faibles kilométrages est très explicite. Pour tous les critères d'accès à des infrastructures, services ou loisirs, la note de chaque commune dépend directement d'une tranche de distance : 100 points, soit le maximum, si l'équipement est dans la ville ; 0 s'il se situe à plus de 15 km, 30 km ou 60 km (équipements plus rares, comme les aéroports).

Joli biais de raisonnement donc de résultats ? On peut le penser en observant que le « classement » distingue 45 villages de Moselle et aucun en Creuse. Ou encore que toutes les zones montagneuses de France semblent – à l'exception des belles d'en bas comme Annecy – ne pas être des lieux « où il fait bon vivre ».

On notera d'ailleurs que les associations d'élus ruraux, lorsqu'elles se penchent sur les questions de leurs équipements, raisonnent non en kilomètres, mais en temps de parcours pour les habitants.

Ces incohérences pourraient simplement faire sourire et sont, c'est vrai, l'apanage de toute tentative de classement de milliers de communes sur N facteurs. Mais d'autres éléments dans la démarche sont curieux.

Un paiement dû à une société commerciale

L'association – jusqu'ici on parle encore d'elle – promet aux mieux notés d'intégrer « un cercle fermé de territoires distingués sur les 34.837 communes de France métropolitaine, qui, grâce à leur excellence dans les thématiques importantes aux Français, sont éligibles pour exploiter le label des villes et villages où il fait bon vivre. » Rien que ça ! Et comment « exploiter » un tel honneur ? Très simplement en payant une cotisation, via le mandat et le RIB fourni. À l'association « Villes et villages où il fait bon vivre » ? Non. À la société Taléus, « spécialiste » des systèmes d'informations, des bureaux informatiques virtuels et propriété d'Alexandre Saussez. Ceci dit, le chèque du petit village ne sera pas perdu, l'adresse de ladite société privée étant le 7, rue Laurin à Rueil-Malmaison.

Pour en savoir plus sur le Printemps de l'optimisme et ses actions, il est aussi possible de parcourir son site internet, dont la communication a été confiée à une autre société « experte ». L'agence AS-Tek, domiciliée au 7, rue Laurin à Rueil-Malmaison, et qui appartient à... Alexandre Saussez.

Vous souhaitez comparer ? Ces données sont gratuites

Simple citoyen, entrepreneurs, collectivités, vous souhaitez utiliser les statistiques pour analyser votre territoire, ses forces et faiblesses, et vous comparez à d'autres territoires comparables ? En vertu des lois sur la transparence, tous les organismes de l'État et, une foule d'autres acteurs publics, donnent librement et gratuitement accès à leurs données. Parmi les plus faciles à utiliser, le comparateur de territoire des statistiques locales de l'Insee et la plateforme de ressources data.gouv.fr.

Julien Bigay

arnaque classement villes
https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/ces-villes-et-villages-ou-il-fait-bon-vivre-faux-classement-scientifique-et-vraie-operation-commerciale_13939799/

Le nom de l’Amérique vient-il d’Amerigo Vespucci ?

Sat 22 Jan 2022 - 10:55

Nous avons généralement appris à l’école que l’Amérique avait reçu son nom à la Renaissance, en hommage au navigateur florentin Amerigo Vespucci. Il est ainsi communément admis qu’un groupe d’érudits de Saint-Dié-des-Vosges, gravitant dans l’entourage du duc René II de Lorraine, aurait décidé en 1507 de forger le mot « America ». Ces savants humanistes, guidés par le chanoine Vautrin Lud, seraient partis du postulat que Vespucci avait été le premier à prendre conscience que les terres ouvertes à la connaissance des Européens à la fin du XVe siècle n’étaient pas une partie inconnue de l’Asie, mais un « Nouveau Monde ». Il convenait dès lors de nommer ces terres nouvelles.

Allégorie du voyage d'Amerigo Vespucci vers les Amériques, Estampe, 1589. Musée du Nouveau Monde, La Rochelle Allégorie du voyage d'Amerigo Vespucci vers les Amériques, Estampe, 1589. Musée du Nouveau Monde, La Rochelle

Cette explication fait généralement consensus (tout en suscitant de nombreuses indignations) depuis la mort de Vespucci lui-même, alors que ce dernier n’a sans doute jamais eu conscience que son prénom avait été donné à une partie des terres nouvelles qu’il avait explorées à plusieurs reprises au tournant du XVIᵉ siècle.

Un mot qui fait débat

Pourtant, depuis le dernier tiers du XIXe siècle, certains auteurs ont cherché à prouver que la filiation supposée entre le prénom de Vespucci et la dénomination du Nouveau Monde n’était qu’une grossière confusion. Usant d’arguments très variés, et surtout de motivations diverses, ils ont redoublé d’efforts pour faire admettre à la communauté historienne internationale, mais aussi au grand public que le nom de l’Amérique avait une tout autre provenance que celle qui était le plus communément admise.

C’est en particulier au début des années 1890, dans le contexte particulier du quatrième centenaire du premier voyage de Christophe Colomb (1892-93) et de l’approche de l’Exposition universelle de Chicago (ou World Columbian Exposition), que la polémique autour de l’origine du nom de l’Amérique connaît un certain essor.

On note une effervescence intellectuelle autour du mot « Amérique ». Certaines théories sont échafaudées pour tenter de prouver que ce mot n’est pas d’origine européenne, mais qu’il aurait au contraire une provenance indigène. C’est en particulier Jules Marcou, un Jurassien résidant à Cambridge (Massachusetts), qui se fait pendant deux décennies le héraut de cette théorie, à travers ses ouvrages et ses articles.

Brillant géologue, ami intime de Louis Pasteur avec qui il a partagé les bancs du lycée, il est parti aux États-Unis en 1848, s’est marié avec la fille d’un riche américain en 1850, le mettant ainsi à l’abri des contingences matérielles et lui permettant de se consacrer exclusivement à ses recherches. Il est connu pour s’être fait beaucoup d’ennemis et avoir émis des théories très controversées dans de nombreux domaines.

Carte géologique des États-Unis et des possessions britanniques de l’Amérique du Nord, d’après Jules Marcou. Gallica-BnFCarte géologique des États-Unis et des possessions britanniques de l’Amérique du Nord, d’après Jules Marcou. Gallica-BnF

Sur la question spécifique du nom de l’Amérique, il cherche à prouver que ce nom proviendrait d’une chaîne de montagnes appelée Amerrique ou Amerriques, située entre le lac Nicaragua et la mer des Antilles. La région serait habitée par une tribu d’Indiens nommée Amerriques. En langue Maya, ce nom signifierait « le pays du vent », « le pays où le vent souffle toujours ». Ayant entendu ce nom lors de l’une de ses explorations, Vespucci (qui se serait prénommé en réalité Alberico), aurait alors choisi de modifier son prénom en hommage à ces contrées sauvages.

Ces remises en cause ont été fort discutées lors de la huitième session du Congrès des Américanistes en octobre 1890 à Paris. Les conclusions en furent sans appel, réfutant totalement les conclusions de Marcou et d’autres chercheurs. Ainsi, le géographe Lucien Gallois, spécialiste de la cartographie de la Renaissance et disciple de Paul Vidal de la Blache, considère que la théorie de Jules Marcou manque de solidité et ne peut être acceptée en l’état.

Un enjeu identitaire

Il faut dire que, pour les savants et politiques de l’ancien et du nouveau monde, l’enjeu est alors de taille. Il s’agit de savoir si l’Amérique a un nom de baptême d’origine européenne ou indigène. Si les théories de Marcou ont été réfutées assez facilement en raison de leur manque de solidité et du manque de preuves pour les étayer, cette polémique a montré qu’il existait alors un enjeu identitaire fort autour de la captation de ce nom. En effet, dans les années 1890, les États-Unis ont achevé de panser les plaies de la guerre de Sécession et sont en passe de devenir une grande puissance.

Déjà devenus la première puissance industrielle du monde, ils sont au seuil de devenir également un empire. La doctrine Monroe, élaborée en 1823, connaît alors une nouvelle lecture nationaliste, que l’on résume parfois par l’expression « l’Amérique aux Américains ». Les États-Unis ont, depuis leur indépendance, progressivement capté à leur profit le nom qui devrait normalement échoir au continent dans son ensemble, America.

Or, la question de savoir si ce nom est un toponyme originaire du Nouveau Monde ou bien s’il est un avatar dérivé du nom d’un obscur Florentin, considéré qui plus est comme un imposteur par des générations d’auteurs, est tout à fait centrale dans la construction de l’identité nationale états-unienne.

Théories en cascade

C’est pourquoi des médias américains et européens se font régulièrement l’écho, tout au long du XXe siècle, de nouvelles théories essayant de renouveler l’approche du sujet. Ainsi, en 1908, l’antiquaire de Bristol Alfred Hudd publie un article dans lequel il affirme que le nom de l’Amérique proviendrait en fait de Richard Ap Meyrick, sheriff de cette ville du sud-ouest de l’Angleterre au début du XVIe siècle et qui avait contribué financièrement aux voyages de Jean et Sébastien Cabot. Pour le remercier, ces derniers auraient décidé de donner son patronyme à l’étendue continentale sur laquelle ils avaient accosté. Cette théorie, qu’aucune étude historique sérieuse n’est venue valider, a pourtant été largement relayée depuis lors, en particulier au Royaume-Uni où l’idée que le nom de l’Amérique ait pu être originaire de Bristol s’avère séduisante.

En octobre 2019, c’est le Guardian qui publie dans son courrier des lecteurs une autre explication. Selon Colin Moffat, c’est bien Colomb qui est à l’origine du nom America. Au cours de son voyage en Islande en 1477-1478, il aurait entendu parler d’une terre nommée « Markland ». Pour convaincre les Rois Catholiques de financer son expédition, il leur aurait parlé de cette terre pleine de promesses en hispanisant son nom : ajoutant le préfixe A, puis remplaçant « land » par « -ia », « Markland » serait devenu « Amarkia », puis « America ». Peu de temps après cette explication aussi alternative qu’iconoclaste, le Guardian n’a pas tardé à publier un nouvel article contestant les propos de M. Moffat et redonnant à Vespucci la place qui est la sienne dans le panthéon des figures de l’ère des découvertes européennes.

Une telle polémique, qui pourrait prêter à sourire, montre que la question des origines du nom de l’Amérique demeure une histoire vivante et discutée, même si les arguments avancés par ceux qui rejettent la version la plus couramment admise sont rarement étayés par des preuves convaincantes. Depuis les travaux de Jules Marcou à la fin du XIXe siècle, et quelles que soient les motivations qui sous-tendent ces contestations, personne n’a jamais pu apporter la preuve irréfutable que Saint-Dié-des-Vosges ne pouvait pas réellement prétendre au statut de « marraine de l’Amérique », pour avoir abrité les travaux ayant abouti au « baptême » du Nouveau Monde en 1507.

America
https://theconversation.com/le-nom-de-lamerique-vient-il-damerigo-vespucci-174281

Le port du masque ne peut être imposé en extérieur qu’à certaines conditions - Conseil d'État

Mon 17 Jan 2022 - 11:37

Saisi en urgence par un particulier, le Conseil d’État précise que les préfets ne peuvent imposer le port du masque en extérieur qu’à certaines conditions : il doit être limité aux lieux et aux heures de forte circulation de population quand la distanciation physique n’est pas possible, et uniquement si la situation épidémiologique locale le justifie. Mais le préfet peut délimiter des zones suffisamment larges pour que la règle soit compréhensible et son application cohérente.

Un particulier a saisi le juge des référés du Conseil d’État pour qu’il ordonne la suspension de la décision par laquelle le Premier ministre a donné instruction aux préfets de mettre en œuvre l’obligation de port du masque en extérieur. Le juge des référés du Conseil d’État, statuant en formation collégiale, relève d’abord que la possibilité de mettre en œuvre cette obligation est prévue par le décret du 1er juin 2021.

Le juge des référés du Conseil d’État précise toutefois dans quelles conditions le masque peut être légalement imposé en extérieur. Tout d’abord, il faut que la situation épidémiologique locale le justifie. Ensuite, le port du masque doit être limité aux lieux et aux heures de forte circulation de population ne permettant pas d’assurer la distanciation physique, ainsi qu’aux lieux où les personnes sont amenées à se regrouper (tels que les marchés, les rassemblements sur la voie publique ou les centres-villes commerçants). Les périodes horaires doivent aussi être appropriées aux risques identifiés. En effet, bien que le risque de contamination au covid-19 soit plus faible en plein air, il n’est pas manifestement exclu par les recommandations scientifiques qu’une contamination se produise en extérieur lorsqu’il existe une forte concentration de personnes.

Cependant le préfet peut délimiter des zones d’obligation de port du masque suffisamment larges pour que sa mise en œuvre soit compréhensible et cohérente.

Le juge des référés du Conseil d’État rappelle que le Premier ministre devra tenir compte des éventuelles évolutions des connaissances scientifiques pour adapter si besoin ses instructions aux préfets, voire de mettre fin à cette obligation si l’utilité du port du masque n’était plus établie.

Compte tenu de ces éléments, le juge des référés du Conseil d’État rejette la demande de suspension de la décision du Premier ministre.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

[Décision de justice]

Le port du masque ne peut être imposé en extérieur qu’à certaines conditions

Saisi en urgence par un particulier, le Conseil d’État précise que les préfets ne peuvent imposer le port du masque en extérieur qu’à certaines conditions : il doit être limité aux lieux et aux heures de forte circulation de population quand la distanciation physique n’est pas possible, et uniquement si la situation épidémiologique locale le justifie. Mais le préfet peut délimiter des zones suffisamment larges pour que la règle soit compréhensible et son application cohérente.
Un particulier a saisi le juge des référés du Conseil d’État pour qu’il ordonne la suspension de la décision par laquelle le Premier ministre a donné instruction aux préfets de mettre en œuvre l’obligation de port du masque en extérieur. Le juge des référés du Conseil d’État, statuant en formation collégiale, relève d’abord que la possibilité de mettre en œuvre cette obligation est prévue par le décret du 1er juin 2021.
Le juge des référés du Conseil d’État précise toutefois dans quelles conditions le masque peut être légalement imposé en extérieur. Tout d’abord, il faut que la situation épidémiologique locale le justifie. Ensuite, le port du masque doit être limité aux lieux et aux heures de forte circulation de population ne permettant pas d’assurer la distanciation physique, ainsi qu’aux lieux où les personnes sont amenées à se regrouper (tels que les marchés, les rassemblements sur la voie publique ou les centres-villes commerçants). Les périodes horaires doivent aussi être appropriées aux risques identifiés. En effet, bien que le risque de contamination au covid-19 soit plus faible en plein air, il n’est pas manifestement exclu par les recommandations scientifiques qu’une contamination se produise en extérieur lorsqu’il existe une forte concentration de personnes.
Cependant le préfet peut délimiter des zones d’obligation de port du masque suffisamment larges pour que sa mise en œuvre soit compréhensible et cohérente.
Le juge des référés du Conseil d’État rappelle que le Premier ministre devra tenir compte des éventuelles évolutions des connaissances scientifiques pour adapter si besoin ses instructions aux préfets, voire de mettre fin à cette obligation si l’utilité du port du masque n’était plus établie.
Compte tenu de ces éléments, le juge des référés du Conseil d’État rejette la demande de suspension de la décision du Premier ministre.
Décision n° 460002 du 11 janvier 2022

Conseil-d'État Covid masque
https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/le-port-du-masque-ne-peut-etre-impose-en-exterieur-qu-a-certaines-conditions

Grève des profs… en 1229 ! – Actuel Moyen Âge

Sun 16 Jan 2022 - 11:23

Aujourd’hui, les enseignants – mais aussi les AED, les AVS, les AESH, les CPE, dont on ne parle pas assez – font grève pour dénoncer la manière dont leur ministre, Jean-Michel Blanquer, les traite depuis presque cinq ans. La gestion catastrophique du COVID n’est que l’apogée dans une destruction planifiée de l’école publique, qui, à coups de mensonges et de mépris, épuise les personnels et accroît les inégalités entre élèves. Pour l’occasion, on republie cet article écrit en juin 2019, à l’occasion d’une autre grève (contre le même ministre).

« Un énorme abus d’autorité »

Nous sommes en 1229, à Paris. Dans cette ville, alors la plus peuplée d’Occident, une nouvelle institution tente de trouver sa place : l’université. Apparue au milieu du XIIe siècle, elle a été officiellement reconnue par le roi en 1200 et par le pape en 1215. Spécialisée dans la théologie, discipline reine du cursus scolaire à l’époque, elle attire tellement d’étudiants, venus de tous les coins de la chrétienté occidentale, que le quartier qui l’entoure finira par être appelé le quartier latin. Ces étudiants sont souvent très turbulents, d’où de nombreux heurts, parfois très violents, avec la police.

En mars 1229, suite à une soirée trop arrosée, plusieurs étudiants saccagent une taverne. En répression, les gardes de Paris tuent plusieurs étudiants. Or, ceux-ci sont des clercs, car l’université est une institution religieuse, et traditionnellement les clercs ne peuvent être jugés et punis que par l’Eglise (c’est ce qu’on appelle le privilège du for ecclésiastique).

Les maîtres de l’université de Paris prennent très au sérieux cette agression : permettre aux gens d’armes laïcs de s’en prendre aux étudiants clercs, c’est menacer la place et l’autonomie de l’université. Comme le note le chroniqueur anglais Matthieu Paris, il s’agit d’un « énorme abus d’autorité ». Aussi les maîtres décident-ils de recourir à une pratique nouvelle : la grève.

Tous en grève

Le lendemain de l’exécution de plusieurs étudiants, les professeurs arrêtent de faire cours. Tous. D’un seul coup. Une délégation de maîtres va trouver la reine et régente Blanche de Castille et demande justice : mais elle refuse. Vingt-et-un maîtres, élus par leurs pairs, signent alors une déclaration : ils expliquent qu’ils vont arrêter les cours et quitter la ville pendant les six prochaines années, en punition.

Surtout, ils rappellent qu’ils feront en sorte d’interdire que d’autres enseignent à Paris pendant ce temps-là, « ni en privé ni en public ». Le but n’est pas d’être remplacé mais bien de paralyser l’activité de l’université parisienne. Face à ce beau coup de force, on ignore par contre si Blanche de Castille a parlé de « prise d’otages »…

Finalement, la grève ne dure que deux ans. Le pape Grégoire IX, lui-même passé par l’université de Paris, s’emploie à réconcilier les maîtres et le pouvoir royal. En 1231, dans la bulle Parens Scientiarum, il confirme l’autonomie de l’université et, surtout, reconnaît que la grève est une pratique légale. Les maîtres ont le droit de suspendre leurs cours et de « disperser » leurs élèves dès qu’ils sont confrontés à un ensemble de menaces que la bulle détaille avec soin. Pendant plusieurs siècles, la grève reste une arme puissante, capable de faire céder le pouvoir royal et de le forcer à respecter les privilèges universitaires.

Le poids de la grève

Il faut dire que la grève a un énorme impact. Elle envoie d’abord un message symbolique, car le pouvoir royal s’enorgueillit du prestige de l’université parisienne. Matthieu Paris écrit que « Paris demeura privée des clercs qui faisaient sa gloire ». Et c’est d’autant plus terrible que cela profite à des rivaux de la royauté française : le roi d’Angleterre ou le comte de Toulouse se frottent les mains et font tout pour attirer les étudiants et les professeurs dans leurs universités à eux.

En outre, les conséquences économiques sont évidentes. Des milliers d’étudiants quittent la ville, pour retourner chez eux ou pour rejoindre une autre université : Reims, Toulouse, ou la toute nouvelle Oxford. Or ces étudiants jouent un rôle essentiel dans l’économie urbaine : ils consomment, se logent, font tourner tavernes, libraires et bordels. Il s’agit donc d’une perte sèche pour la ville. Et on peut imaginer que pendant deux ans, la reine a dû recevoir des demandes de la part des artisans urbains réclamant le retour de ces si profitables clients…

Comme aujourd’hui, la grève pose un défi de communication. Aujourd’hui, les profs en grève, à défaut d’être présentés sur les médias installés, investissent les réseaux sociaux pour alerter sur la façon dont le bac a été corrigé autour du hashtag #ChaosBlanquer. A l’époque, on trouve d’autres formats pour expliquer les raisons de la grève. Eudes de Châteauroux, maître en théologie, s’adresse ainsi à la population parisienne dans un sermon extrêmement violent. Selon lui, le pouvoir royal a trahi l’université en massacrant des étudiants : bien plus, il s’en prend à l’Église elle-même. Il s’agit d’arguments puissants, à même d’attiser les émotions populaires pour que la foule soutienne la cause des grévistes. On ne sait pas vraiment cependant si cela a fonctionné ou non : comme souvent, on ignore la réaction des auditeurs face à ce beau discours, chef d’œuvre de la rhétorique prédicatoire de l’époque. Aujourd’hui, les profs tentent également de mobiliser la population, en employant des mots aussi forts que « justice », « égalité de traitement », « consignes illégales » : l’absence quasi-totale de réaction des principaux médias est, par contraste, assez inquiétante.

Évidemment, cette grève médiévale n’a guère à voir avec la grève des profs d’aujourd’hui. Les profs du secondaire ne sont pas les maîtres de l’université médiévale : ils sont à la fois beaucoup plus nombreux et beaucoup plus divers (sociologiquement, politiquement, etc.), comme le sont les élèves contemporains par rapport aux étudiants du XIIIe siècle. La grève contemporaine n’est même pas réellement l’héritière de la grève médiévale des universitaires, plutôt de celles des ouvriers du XIXe siècle. Cependant, même si les enjeux comme les modalités sont bien différents, on relève un certain nombre de points communs. Dans les deux cas, il s’agit bien de s’opposer au pouvoir politique, au nom d’une certaine vision de l’institution éducative : l’université autonome, d’un côté ; l’école publique visant la réussite de tous, de l’autre. Dans les deux cas, l’enjeu est également le rapport à l’Etat : la grève est une façon de refuser la soumission aveugle, pour rappeler que l’avis des professeurs, premiers spécialistes de l’éducation, doit être pris en compte.

La grève de 1229 réussit, après un long bras de fer. Celle de 2019 échoue, face à la violence du pouvoir, tant réelle que symbolique. Les maîtres médiévaux pouvaient, en dernier recours, quitter la ville. Faudra-t-il un exil généralisé de tous les profs de France pour que l’on réalise l’état dans lequel se trouve actuellement l’éducation nationale… ?

Pour en savoir plus

  • Jacques Verger, L’Essor des universités au XIIIe siècle, Paris, Éditions du Cerf, 1997.
  • Serge Lusignan, La Construction d’une identité universitaire en France (XIIIe -XVe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, 1999.
  • Sophie Cassagnes-Brouquet, La Violence des étudiants au Moyen Âge, Rennes, OuestFrance, 2012.
  • Antoine Destemberg, L’Honneur des universitaires au Moyen Âge, Paris, PUF, 2015.
enseignement grève Moyen-Age
https://actuelmoyenage.wordpress.com/2022/01/13/greve-des-profs-en-1229/

Les nouvelles perles de la «novlangue» pédagogiste

Sat 15 Jan 2022 - 15:08

Les nouveaux programmes scolaires, censés entrer en vigueur en 2016, font la part belle à un jargon «pédagogiste» ravivé. Un paradoxe alors qu'ils sont présentés par le Conseil supérieur des programmes comme «plus simples et plus lisibles».

Se déplacer (…) dans un milieu aquatique profond standardisé. (Page 22, cycle 4)

Le «milieu aquatique profond» est tout simplement… une piscine. Ce type de jargon foisonne dans les programmes d'éducation physique et sportive (EPS), une des disciplines scolaires les plus récentes (1981). Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

«Créer de la vitesse» et «traverser l'eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête». (Page 22, cycle 4)

Toujours en EPS, discipline friande de termes pédants, «créer de la vitesse» signifie «courir», tandis que «traverser l'eau en équilibre horizontal» signifie nager. Et comment appelle-t-on un plongeon?

«Produire des messages à l'oral et à l'écrit» en histoire-géographie. (Page 5 du cycle 4)

Le collégien à la sauce 2016 n'aura plus besoin de rédiger un devoir ou de répondre verbalement à une question de son professeur. Il se contentera de «produire des messages» écrits ou oraux. En «montrant un raisonnementconstruit».Tout de même…

«Aller de soi et de l'ici vers l'autre et l'ailleurs». (Page 17, cycle 4)

La «visée générale» des programmes de «langues étrangères et régionales» est d'«aller de soi et de l'ici vers l'autre et l'ailleurs». Cette visée se veut poétique mais semble un rien prétentieuse. Il est possible que beaucoup se perdent en chemin.

L'éducation aux médias est mise en œuvre, et organisée de façon spiralaire. (Page 53, cycle 4)

Selon Sylvie Queval, philosophe de l'éducation, la notion de pédagogie «spiralaire», inventée en 1960, a «vite rencontré un large écho chez les pédagogues, qui trouvent dans la métaphore de la spirale une façon juste d'exprimer qu'apprendre est un processus continu qui suppose une reprise constante de ce qui est déjà acquis». À en perdre l'équilibre.

langue novlangue
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/04/16/01016-20150416ARTFIG00421-les-nouvelles-perles-de-la-novlangue-pedagogiste.php

Pourquoi le ciel est bleu ? - Couleur-Science

Thu 13 Jan 2022 - 22:09

C’est une question classique, que je n’avais pas encore traitée ici. C’est en faisant un autre article sur un autre sujet que je m’en suis rendu compte, et c’est donc l’occasion de l’écrire.

Ciel bleu image de Artem PechenkinCiel bleu image de Artem Pechenkin

Le bleu n’est pas la couleur de l’air

Déjà, non, le ciel n’est pas bleu à cause d’un pigment. L’univers et le ciel nocturne, sont essentiellement noirs à cause de l’absence de lumière. Là où il n’y a pas d’étoiles pour émettre de la lumière, il n’y a pas de lumière (visible en tout cas) et c’est donc noir.

Le bleu n’est pas non plus la couleur intrinsèque de l’air : l’air, et le dioxygène gazeux, sont transparents.
Le dioxygène liquide est en revanche légèrement bleuté, et l’ozone — ou trioxygène — liquide est lui d’un bleu foncé intense, mais leurs versions gazeuses ne sont pas colorées.

L’origine de la couleur bleue du ciel n’est donc pas pigmentaire (l’atmosphère n’est pas bleue « par nature »), mais d’origine entièrement physique.

Une couleur d’origine physique

À l’instar des plumes de paon, des bijoux à cristaux liquides, ou encore la couleur de l’or, la couleur bleutée du ciel est d’origine physique.

Dans ces exemples, les différentes longueurs d’ondes, ou couleurs, de la lumière du soleil ne sont pas absorbées et filtrées comme c’est le cas avec un pigment coloré. Elles sont annulées ou amplifiées par interférence, déviées ou partiellement réfléchies.

Dans le cas du ciel, les couleurs formant la lumière blanche sont déviées. On dit aussi diffusées. En l’occurrence, il s’agit de la diffusion de Rayleigh.

Cette diffusion se fait quand l’atome se trouve sur la trajectoire d’un rayon lumineux. L’onde, qui n’est autre qu’une oscillation périodique du champ électrique et magnétique local, provoque une oscillation des nuages d’électrons des atomes qu’elle rencontre.
En somme : les atomes sur la trajectoire de l’onde sont mis en vibration. Les atomes, pour se désexciter, vont rayonner une onde dans toutes les directions :

Principe de la diffusion de RayleighPrincipe de la diffusion de Rayleigh

Avec la diffusion de Rayleigh, l’onde émise a la même longueur d’onde que l’onde incidente (la diffusion est élastique). La couleur ne change donc pas, seule la direction de l’onde est modifiée ; et comme elle va d’une seule direction à plusieurs, on dit qu’elle est diffusée.

Toutes les longueurs d’onde sont diffusées, mais pour la diffusion de Rayleigh, l’effet est d’autant plus prononcé que la longueur d’onde est courte.

Il s’agit d’une action de la matière sur la lumière, et c’est ceci qui permet d’agir sur des couleurs précises même sans qu’il n’y ait des pigments en jeu.

La diffusion de Rayleigh

La diffusion de Rayleigh a lieu dans le ciel et ce phénomène dépend de la longueur d’onde. Si la lumière incidente est blanche, et donc composée de toutes les longueurs d’onde, les courtes longueurs d’onde (violet, bleu…) vont être nettement plus diffusées que les grandes longueurs d’onde (rouge, jaune…).

Depuis le sol, ce qu’on observe est donc :

de la lumière rouge, jaune, orange qui provient directement de la source lumineuse (le soleil)
de la lumière bleue, violette, qui provient de partout, vu que l’atmosphère la diffuse un peu partout.

La diffusion de Rayleigh rendant le ciel bleuLa diffusion de Rayleigh diffuse les courtes longueurs d’onde beaucoup plus que les grandes longueurs d’onde

Si vous voulez une petite analogie, considérez une forêt avec des arbres, des arbustes et des brindilles. Ce sont les atomes. Considérez également des boulets de canon, des ballons de football et des balles de ping-pong.

Si vous envoyez un boulet de canon dans la forêt, ce dernier ira essentiellement tout droit : traversant les brindilles, les arbustes et même les arbres. Ils ne sont pas déviés, pas diffusés.
Les ballons de football, quant à eux, sont déviés par les arbres mais arrivent à repousser les petits arbustes et les brindilles sans changer de direction. Au final, ils ne sont que peu déviés.
Les balles de ping-pong, en revanche, sont tellement légères qu’elles sont déviées par les moindres brindilles et rebondissent dessus et finissent envoyées partout en rebondissant dans toutes les directions.

En supposant que la forêt soit en pente, quelqu’un situé en bas pourra voir précisément d’où viennent les boulets de canon en regardant leur trajectoire. Les boulets n’étant pas déviés, leur trajectoire rectiligne prend obligatoirement naissance à leur source, le canon.
Les balles de ping-pong proviennent, vues d’en bas, de tous les côtés. Il sera très difficile de remonter à leur source simplement en regardant où elles tombent !

Dans le cas du ciel, c’est un peu pareil : le bleu est diffusé partout dans le ciel et chaque molécule de l’air nous en envoie un peu : le ciel nous apparaît donc clairement bleu.

Les couleurs de longueur d’onde plus grandes, moins déviées, ne proviennent-elles que de la source : c’est pour ça que le soleil nous apparaît jaune orangé.

Quelques questions que cela soulève

De ce qui précède, quelques questions peuvent être posées.

Pourquoi le ciel n’est pas violet ?

Si la diffusion de Rayleigh diffuse d’autant plus que les longueurs d’onde sont petites, le violet devrait être encore plus diffusé que le bleu. Pourquoi le ciel n’est donc pas violet ?

Dans les faits, le violet est dévié, et bien plus encore que le bleu. L’astuce ici c’est que, bien que le violet fasse effectivement partie du spectre solaire, notre étoile émet nettement moins de violet que de bleu.

Ces très courtes longueurs d’onde ne sont pas très présentes dans la lumière Soleil. D’ailleurs, le pic dans le spectre, c’est-à-dire la longueur d’onde la plus émise dans le spectre solaire, est le vert. Il y a donc plus de vert que de bleu, que de violet, et même de rouge ou d’orange. On ne le voit cependant pas, car le mélange que l’on perçoit est globalement blanc, ou jaune, au niveau du sol.

Si le soleil était beaucoup plus chaud au point d’émettre davantage de violet que de bleu, le ciel serait bleu violacé.

D’ailleurs, les ultraviolets, dont la longueur d’onde est encore plus courte, sont tellement diffusés que les images des caméras UV sont naturellement floues à cause de ça, même pour un paysage pas trop éloigné.

Le soleil est-il jaune ou blanc ?

La lumière que le Soleil émet est blanche. On le voit très bien sur les photos prises depuis l’espace, sans les effets filtrants de l’atmosphère.

Vu du sol, le bleu est diffusé et ce qui nous provient directement du Soleil est donc du blanc, moins le bleu, donc globalement du rouge, du jaune, et du vert, ce qui fait bien du jaune.

Quid du coucher du Soleil ?

Quand le Soleil est couchant (ou levant), il se situe proche de l’horizon. La couche d’air que la lumière traverse est alors bien plus épaisse que si le soleil est à son point de culmination dans le ciel.

Dans ces conditions, même la faible déviation des longueurs d’onde que sont le vert, le jaune, le rouge finit par se voir. Le vert et le jaune sont également diffusés partout (le ciel semble plus turquoise) et seul le rouge et l’orange proviennent encore directement du Soleil dans le ciel : le Soleil couchant est alors rouge.

Soleil couchant

Sous certaines conditions, quand le ciel est particulièrement pollué (pollen, poussière, pollution, eau…), ou si l’horizon est très dégagé et loin, le rouge commence également à être diffusé de façon notable. Le ciel est dès lors entièrement rougeoyant.

Le coucher du Soleil peut par ailleurs être sujet au phénomène du rayon vert, lié à la diffusion de Rayleigh et à la diffraction, voyez mon article dédié.

Conclusion

Pour conclure, le ciel est bleu, car l’atmosphère diffuse le bleu de la lumière solaire nettement plus que les autres couleurs. Le bleu est donc comme étalé dans tout le ciel, alors que le vert, le jaune ou le rouge ne le sont pas (ou alors beaucoup moins).
Vu du sol, la lumière bleue nous arrive de partout, de tout le ciel, et le jaune/rouge nous provient seulement de l’endroit où apparaît le Soleil. Le ciel nous apparaît donc bleu et le Soleil davantage jaune que blanc.

Cette forme de diffusion, appelée diffusée de Rayleigh provient de l’interaction des rayons lumineux avec les molécules de l’air, qui absorbent la lumière, vibrent, puis la renvoient dans tous les sens.

Le ciel n’est pas le seul endroit où l’on rencontre cette forme de diffusion. L’aérogel, une mousse solide très légère, ou certaines pierres fines comme les opales présentent également une couleur bleutée caractéristique à cause de cela.

bleu couleur
https://couleur-science.eu/?d=0417f3--pourquoi-le-ciel-est-bleu

L’utilisation de Google Analytics viole le droit européen, selon l’autorité autrichienne de protection des données – EURACTIV.fr

Thu 13 Jan 2022 - 22:05

L’utilisation de Google Analytics viole le droit européen, juge l’autorité autrichienne de protection des données. L’autorité autrichienne de protection des données a décidé que l’utilisation de Google Analytics violait le règlement général sur la protection des données (RGPD). D’autres États membres de l’UE pourraient lui emboîter le pas, car les régulateurs coopèrent étroitement au sein d’une cellule spéciale du Comité européen de la protection des données.

La décision est fondée sur un certain nombre de plaintes déposées par l’ONG autrichienne noyb à la suite de l’arrêt «  Schrems II  » de la Cour de justice de l’Union européenne. La CJUE a jugé que l’accord de transfert de données entre les États-Unis et l’Union européenne, le «  Privacy Shield  », n’était pas conforme à la législation européenne sur la protection des données et a annulé l’accord en 2020, ce qui a rendu illégaux la plupart des transferts de données vers les États-Unis.

Toutefois, Google a partiellement ignoré cette décision. Au cours de la procédure, le géant de la technologie a admis que «  toutes les données collectées par Google Analytics […] sont hébergées (c’est-à-dire stockées et traitées ultérieurement) aux États-Unis  », ce qui inclut les utilisateurs européens.

Comme de nombreuses entreprises de l’UE utilisent Google Analytics, beaucoup ont transmis leurs données à Google, permettant ainsi que leurs données soient traitées aux États-Unis.

L’autorité autrichienne de protection des données vient de décider que ce comportement constitue une violation de la législation européenne.

«  Au lieu d’adapter les services pour qu’ils soient conformes au RGPD, les entreprises américaines ont essayé d’ajouter simplement un texte à leurs politiques de confidentialité et d’ignorer la Cour de justice. De nombreuses entreprises de l’UE ont suivi le mouvement au lieu de se tourner vers des options légales  », a déclaré Max Schrems, président honoraire de noyb, dans un communiqué.

«  Cela fait maintenant un an et demi que la Cour de justice l’a confirmé une deuxième fois, il est donc plus que temps que la loi soit également appliquée  », a ajouté M. Schrems.

La décision des autorités autrichiennes n’est que la première des 101 plaintes que noyb a déposées dans presque tous les pays de l’UE. L’ONG s’attend à ce que «  des décisions similaires tombent progressivement dans la plupart des États membres de l’UE  », a déclaré M. Schrems.

Mardi, le contrôleur européen de la protection des données a déjà rendu une décision similaire, soulignant que l’utilisation de Google Analytics par le Parlement européen violait le RGPD.

(Oliver Noyan | EURACTIV Allemagne)

Google Google-Analytics RGPD
https://www.euractiv.fr/section/lactu-en-capitales/news/lutilisation-de-google-analytics-viole-le-droit-europeen-selon-lautorite-autrichienne-de-protection-des-donnees/

Une boîte noire obligatoire dans les voitures neuves à partir de mai 2022

Tue 11 Jan 2022 - 08:33

A partir de mai 2022, les voitures neuves devront être équipées d'une boîte noire enregistrant les paramètres de conduite. Les données collectées seront anonymes mais pourront servir à la police en cas d'accident.

"Big Brother is watching your car !" Non, il ne s'agit pas de la suite automobile de 1984 de Georges Orwell mais bien d'une nouvelle loi européenne visant à rendre obligatoire de nombreux équipements sur les voitures neuves dès mai 2022 (mai 2024 pour les véhicules neufs homologués avant juillet 2022.). Parmi eux, la tant décriée boîte noire, autrement dit un enregistreur de données capable de récolter les paramètres de conduite.

Voté en 2019 par les élus européens et le Conseil européen des ministres, ce règlement précise que le boîtier enregistrera par tranches de cinq secondes, avant et après un accident, de nombreuses données telles que la vitesse, l'accélération, le freinage, l'angle du volant, le port de la ceinture, la force de la collision ou encore les coordonnées GPS de l'accident. En revanche, contrairement aux boîtes noires installées dans les avions, les conversations dans l'habitacle ne seront pas enregistrées et les données resteront anonymes.
Un éthylomètre antidémarrage

Pour éviter le piratage, l'enregistreur sera positionné à un endroit inaccessible pour le propriétaire et il sera impossible de le désactiver. D'autres équipements seront également rendus obligatoires comme un détecteur de somnolence ou un limiteur de vitesse intelligent capable de lire les panneaux.

Enfin, les voitures devront pouvoir faciliter l'installation d'un éthylomètre antidémarrage ainsi qu'un système de surveillance de la pression des pneumatiques. Bref, autant de nouvelles technologies qui risquent de faire grimper encore plus la facture.

auto surveillance
https://www.turbo.fr/actualite-automobile/une-boite-noire-obligatoire-dans-les-voitures-neuves-partir-de-mai-2022-178941

La justice algorithmique s’installe en France

Tue 11 Jan 2022 - 08:32

Le Conseil d'État vient de valider le système informatique d’aide à la décision, DataJust, permettant aux tribunaux d’établir les indemnisations auxquelles ont droit les victimes de préjudices corporels. Les associations de défense des libertés fondamentales dénoncent l'utilisation des données personnelles sans le consentement préalable des justiciables.

L’objectif du programme DataJust est d’apporter une assistance aux magistrats pour évaluer, par exemple, les montants des indemnisations auxquelles peuvent prétendre les victimes d’agression physique ou d’accident de la route. Le lancement de cette expérimentation qui a été annoncée par décret le 27 mars 2020, « vise à développer un algorithme, chargé d’extraire de manière automatique et d’exploiter les données contenues dans les décisions de justice portant sur l’indemnisation des préjudices corporels » précisait alors le ministère de la Justice sur son site.

Pour « s’entraîner » ce système qui est basé sur des programmes d’intelligence artificielle puise dans un fichier contenant des milliers de données sensibles. Parmi celles ci, les noms, prénoms des victimes ainsi que des informations liées à de potentielles blessures, des expertises médicales, mais aussi leur situation professionnelle ou financière. Si la plupart de ces informations ont été rendues anonymes, certains éléments d’identification comme la date de naissance ou encore les éventuels liens de parenté entre les victimes et leurs proches figurent en clair dans la base de données.

Les associations de défense des libertés fondamentales mobilisées

Cette méthode de traitement informatique contreviendrait au RGPD, le dispositif européen de protection des données personnelles et à la loi Informatique et libertés, selon plusieurs avocats. Même constat du côté des associations. « L’État s’affranchit avec cette expérimentation de justice algorithmique, des lois qui protègent les données personnelles et la vie privée », estime Bastien Le Querrec, juriste et membre du groupe contentieux à la Quadrature du Net, l’association de défense des libertés fondamentales dans les environnements numériques.

« Cette méthodologie qui consiste à apposer une étiquette d’expérimentation pour s’autoriser à aller piocher encore plus d’informations à caractère personnel, nous dérange. À chaque fois, on décrète que c’est expérimental, ne vous inquiétez pas, nous allons vérifier si le résultat proposé par l’algorithme est proportionné, alors qu’en réalité on joue à l’apprenti sorcier. Cette croyance qu’un algorithme peut prendre de meilleures décisions qu’un être humain se généralise, nous l’observons dans le secteur de la police, maintenant celui de la justice, en matière de contrôle social dans les systèmes de la Caisse d’allocations familiales… nous constatons que ces algorithmes s’immiscent de plus en plus dans la vie quotidienne des citoyennes et des citoyens et c’est vraiment un choix de société. À la Quadrature du Net, nous essayons de lutter contre les biais qu’engendrent ces programmes automatiques, parce que la technologie parfois peut amener à des dérives, comme c’est le cas aujourd’hui avec le dispositif DataJust », regrette Bastien Le Querrec.

L’algorithme DataJust validé par la plus haute juridiction

Le Conseil d'État saisi par la Quadrature du Net indique dans ses conclusions que ce projet étant d’intérêt public, alors le consentement des personnes figurants dans le fichier n’est pas nécessaire pour procéder au traitement de leurs données personnelles. Le dispositif DataJust dont l’efficacité n’a pas encore été dévoilé devrait être opérationnel fin mars 2022, prévoit le ministère de la Justice.

IA justice robot
https://www.rfi.fr/fr/technologies/20220106-la-justice-algorithmique-s-installe-en-france

Thousands of websites taken offline in Brexit domain name change – POLITICO

Tue 11 Jan 2022 - 08:26

Around 48,000 internet domain names belonging to U.K. citizens and organizations — including pro-Brexit site Leave.eu — have been indefinitely taken offline from Monday, following the revocation of their .eu domain names by the agency in charge of registrations.

The move marks the final step in an ongoing process since the U.K. withdrew from the EU on January 31, 2020.

U.K.-based owners of .eu domains were told that they needed to prove eligibility for an EU domain; otherwise, they would risk suspension, meaning their domains would be unable to support website-hosting or email functionality.

To register a .eu domain, individuals must be either citizens or residents of the bloc, and organizations should be established within the EU.

More than 80,000 websites had been hit with a "suspended" status, following the end of the Brexit transition period on December 31, 2020. By July of last year, those that failed to prove eligibility were placed into a "withdrawn" status until Monday, when their .eu domains were revoked indefinitely.

“Over the past 12 months our staff has been working tirelessly to support the holders of these domain names and follow up on the numerous requests to reinstate a domain name into the registered status as soon as the eligibility criteria were met,” an EURid spokesman said on Monday.

Those in possession of European Union residency or citizenship will be able to immediately re-register the .eu domains revoked as of Monday.

A spokesperson from EURid, the EU’s domain registry manager, said that the 48,000 domain names would “become available for general registration on a first come, first serve[d] basis” in batches throughout Monday.
Leave.eu could be back in EU hands

One case that caught the headlines last year was the domain Leave.eu — registered to the organization of the same name, which had been spearheaded by former Brexiteer MEP Nigel Farage and bankrolled by erstwhile UKIP funder Arron Banks.

Ahead of the Brexit withdrawal date, the organization migrated its registrant address to a location in Waterford, Ireland, in an attempt to prove eligibility for a .eu domain.

However, following an investigation by EURid, the domain was issued with a "withdrawn" status, because the domain holder failed to respond to data verification requests, EURid said on Monday.

As of Monday, the Leave.eu domain name will become available for re-registration by an EU citizen or resident.

Brexit domaine
https://www.politico.eu/article/thousand-website-taken-offline-brexit-domain-name-change/

En Espagne, l’autonomie énergétique progresse à pas de géant

Tue 11 Jan 2022 - 07:54

L’autoconsommation en électricité solaire se développe à grande vitesse en Espagne. Les cinq entreprises qui contrôlent le marché de l’électricité ont longtemps cherché à freiner ce mouvement. Elles changent de stratégie et tentent maintenant d’en prendre le contrôle.

« Si tu ne peux le combattre, embrasse ton ennemi. C’est un peu la réaction des grandes sociétés électriques en Espagne », ironise Laura Feijóo, responsable énergie citoyenne chez Ecooo. En plein cœur de Madrid, cette petite « entreprise à but non lucratif » installe des panneaux solaires sur les toits pour que les habitants produisent et consomment leur propre énergie. Elle vit des années fastes depuis 2018. Depuis la suppression de « l’impôt sur le soleil », qu’on disait instauré par et pour les grandes sociétés de production d’électricité — qui règnent en maître sur ce juteux marché — afin d’empêcher le développement de l’autoconsommation d’énergie, les temps ont changé. La pratique est en plein essor et le gouvernement doit bientôt adopter un plan pour renforcer cette dynamique. Mais les « grandes électriques » n’ont pas dit leur dernier mot.

« En 2017, nous n’avions qu’une centaine de bâtiments en autoconsommation, après douze ans d’existence, se souvient Héctor Pastor, assis devant son poste de travail dans le quartier général d’Ecooo. Aujourd’hui, nous en avons près de 500. La demande a explosé après le confinement. » En 2014, 22 mégawatts (MW) de capacités de production solaire avaient été installés en autoconsommation dans tout le pays. En 2021, le chiffre a atteint 714 MW juste pour les sept premiers mois de l’année.

Sur son écran, Héctor fait défiler des graphiques comparant la consommation totale des bâtiments équipés par Ecooo à l’électricité que produisent leurs panneaux solaires respectifs. Ces derniers couvrent 30 à 50 % des besoins en moyenne. Les plaques photovoltaïques ne peuvent combler la totalité de ces besoins, notamment quand le soleil ne brille pas. Le réseau conventionnel prend alors le relais. À l’inverse, aux heures où l’astre du jour donne plus d’énergie que le bâtiment n’en consomme, l’électricité excédentaire est versée dans le réseau général, et l’usager qui l’a produite est rétribué pour cela.

« Un jour, il n’y aura pas un toit sans panneau solaire »

Outre ses bienfaits environnementaux, ce système entraîne une baisse substantielle de la facture. Il est déjà très demandé pour les propriétés individuelles. Et Ecooo passe désormais aux choses sérieuses : les immeubles. Près des deux tiers des Espagnols vivent en appartement. « Un jour, il n’y aura pas un toit sans panneau solaire dessus », répète Laura Feijóo, comme un mantra. Son rêve ? Voir émerger de petits réseaux de producteurs-consommateurs, locaux et décentralisés, dont le but ne soit pas de faire de l’argent, mais simplement d’approvisionner ses usagers. L’entreprise à but non lucratif équipe ses clients de panneaux solaires prêts à fonctionner, et tente de faire prendre conscience aux citoyens du potentiel de transformation sociale que représente l’autoconsommation.

Il y a des raisons d’espérer. Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, la coalition réunissant le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et la formation de gauche radicale Podemos s’est employée à lever les obstacles à cette pratique. Aujourd’hui, le gouvernement s’apprête à adopter une « feuille de route de l’autoconsommation », avec trente-sept mesures pour encourager son développement. Adossées au plan de relance économique post-Covid, elles mobiliseront environ 1,5 milliard d’euros sur cet objectif, selon le ministère de la Transition écologique.

La feuille de route compte « mettre le citoyen au centre du système énergétique » et permettre plus « d’indépendance au consommateur face au secteur énergétique traditionnel », comme le demande l’Union européenne. Le document insiste aussi sur le rôle clé des réseaux informels de citoyens, et surtout des « communautés d’énergies renouvelables », autonomes, contrôlées par leurs adhérents et dont « la finalité sera de fournir des bénéfices environnementaux, économiques ou sociaux pour leurs membres [...] au lieu de [générer] des gains financiers ».

L’émergence de petits réseaux décentralisés pourrait aussi renverser la table sur un marché détenu à 65 % par trois acteurs en 2019 : Endesa (32 %), Iberdrola (24 %) et Naturgy (9 %). En tout, cinq entreprises contrôlent près des trois quarts de la production, distribution et commercialisation d’électricité en Espagne. Elles sont réunies dans l’association Aelēc, pour défendre leurs intérêts, avant que Naturgy ne déserte cette année.

Le gouvernement table sur l’installation de 9 à 14 gigawatts (GW) de capacités de production en autoconsommation d’ici 2030. Cela représente au moins un quart des 39 GW de l’ensemble des capacités de production solaire que l’Espagne compte installer pour cette date, soit entre 5,6 et 8,7 % de la production électrique totale à la fin de la décennie. L’actuel gouvernement projette d’atteindre 100 % d’énergie renouvelable en 2050, soit trois fois plus qu’en 2030, et le soleil est sa meilleure option. Autant dire que l’autoconsommation devrait bientôt peser très lourd.

Un puissant lobbying

« Les grandes électriques ne vont pas laisser n’importe qui se mettre dans ce business. Elles essaieront de capter une quantité très importante de ces petites installations en donnant certaines garanties à leurs clients », anticipe Eduardo Collado. Ancien cadre d’Endesa, ex-directeur des opérations de l’Union espagnole du photovoltaïque et ancien président de l’Association de l’industrie photovoltaïque, il est professeur du master en énergies renouvelables de l’université internationale de Valence. « Ces entreprises ne veulent pas perdre de parts de marché. Aujourd’hui, elles sont toutes en faveur des énergies renouvelables. Ce n’était pas le cas il y a quelques années. »

« L’autoconsommation ne s’est pas développée comme elle aurait pu en Espagne, en grande partie en raison d’obstacles notamment politiques, impulsés par des grandes électriques », affirme Juan López de Uralde, député de Podemos et président de la commission parlementaire Transition écologique.

En 2015, un décret royal avait établi une série de règles rendant l’autoconsommation individuelle compliquée et l’autoconsommation collective presque impossible. La mesure la plus décriée demandait à tout usager qui versait de l’énergie dans le réseau de payer une taxe, baptisée « impôt sur le soleil » dans le langage courant. Mais le gouvernement annonçait déjà l’entrée en vigueur de cette norme depuis deux ans, ce qui avait largement refroidi les candidats à l’installation de plaques solaires, un investissement long à amortir.

« La première fois qu’on a entendu parler de “l’impôt sur le soleil”, c’était dans un document qu’Iberdrola devait présenter à ses actionnaires, avec un nom très redondant. Le même concept, avec le même nom, se retrouve dans le décret royal », raconte Laura Feijóo pour expliquer le soupçon, largement partagé, selon lequel cette norme vient des électriques. Selon Juan López de Uralde, ces entreprises exercent un puissant lobbying au Parlement : « De hauts cadres politiques du Congrès des députés vont souvent travailler dans les conseils d’administration des grandes électriques à la fin de leur carrière. En Espagne, nous avons un long historique, qui inclut deux anciens présidents : Felipe González (PSOE, pour Naturgy) et José María Aznar (PP, pour Endesa). »

Une OPA sur l’autoconsommation

Depuis, les temps ont changé. « Le passage à l’autoconsommation est inévitable, nous allons donc parier dessus, être aux côtés de nos clients pour trouver les meilleures solutions, les meilleurs équipements, les meilleurs installateurs aux meilleurs tarifs... leur offrir une solution complète pour qu’ils le fassent avec nous, et qu’ils se connectent au réseau à travers nous », explique dans un grand titre de presse économique Alejandro Sánchez, responsable produits solaires chez Endesa, dans un podcast sponsorisé par l’entreprise. Assurance tous risques gratuite pendant dix ans, panneaux solaires garantis jusqu’à douze ans. Même les subventions publiques sont un argument de vente : « Jusqu’à 40 % d’économie sur l’installation [en sollicitant la subvention] », assure le site web de l’entreprise. Le tout est assorti d’une offre maison pour relier le client au réseau, avec la promesse d’économiser jusque 40 % aux heures où le soleil ne brille plus.

« Les grandes électriques jouent avec un avantage : elles contrôlent le réseau et la commercialisation, et mettent tous les obstacles possibles à l’entrée de nouveaux acteurs », dénonce María Prado, responsable des campagnes énergie citoyenne de Greenpeace Espagne. Malgré leur changement d’attitude publique, le club des cinq influencerait toujours le législateur pour réduire la portée de ses réformes. « Nos intérêts et les leurs sont très distincts. Avec la démocratisation de l’énergie, les gens s’impliquent, ils comprennent les enjeux et peuvent participer aux décisions de politiques énergétiques, faire des économies, gagner en efficience, être plus solidaires avec la planète. L’oligopole va parier sur le contraire : plus de consommation, et l’opacité pour garder le contrôle. »

énergie-solaire
https://reporterre.net/En-Espagne-l-autonomie-energetique-progresse-a-pas-de-geant

Les îles Anglo-Normandes, ces morceaux de France «ramassés par l'Angleterre» - Slate

Mon 10 Jan 2022 - 12:17

La géographie les rattache à la Normandie mais l'histoire les relie à la reine. Cette discrète présence anglaise en Normandie fut longtemps paisible. Du moins, jusqu'au Brexit...

Vue aérienne de l'île de Guernesey-EmmaLeP via Flickr Vue aérienne de l'île de Guernesey-EmmaLeP via Flickr

Des pêcheurs français qui bloquent un port de Jersey; les navires de guerre britanniques qui patrouillent pour réaffirmer leur bon droit dans ces eaux; des menaces françaises de couper l'alimentation électrique des îles Anglo-Normandes. Pas de doute, le Brexit a électrisé la Manche et ce pacifique archipel devient un peu l'équivalent de Gibraltar pour l'Espagne: une pomme de discorde diplomatique. Les îles en soit ne soulèvent aucun différend. Ce sont ses eaux territoriales poissonneuses qui exacerbent les tensions entre les pêcheurs français et cet archipel de la Manche avec lequel la France voisinait jusque-là paisiblement.

Elizabeth II, «duc» de Normandie

Ces îles sont un vestige des origines normandes de la monarchie anglaise. Les bailliages de Jersey et Guernesey possèdent chacun leur gouvernement et reconnaissent la reine comme souveraine. Elizabeth II n'est pas seulement reine de quinze États et présidente du Commonwealth, elle porte également le titre de «duc» de Normandie. «C'est peu connu car elle n'en fait pas étalage pour des raisons diplomatiques évidentes», constate l'historien Christophe Maneuvrier, enseignant-chercheur à l'université de Caen.

Cet héritage remonte à Guillaume le Conquérant qui traversa la Manche en 1066 pour ajouter la couronne d'Angleterre à son titre de duc de Normandie. Normandie et Angleterre partagèrent un siècle et demi de destin commun. Jusqu'en 1204, lorsque le roi de France Philippe Auguste incorpora l'ancienne province viking à son domaine royal. Toute la Normandie fut occupée. Toute? Non! Un archipel au large du Cotentin demeura encore et toujours rattaché à son duc, c'est-à-dire au roi d'Angleterre.

Par la suite, la France tenta bien, à plusieurs reprises, de débarquer sur ces îles Anglo-Normandes. Las, les expéditions se fracassaient sur la protection naturelle que confère son insularité. Des récifs et des bas-fonds dans la Manche, une mer que Victor Hugo qualifiera d'«insoumise», où il faut se défier des «coups de théâtre de l'océan». «Si vous n'êtes pas un ancien pilote et un vieil habitué», gare à vous, «c'est fini, le navire se disloque et sombre», avertissait l'écrivain alors exilé sur ces îles, dans Les travailleurs de la mer.

Un archipel longtemps peu stratégique

Côté français, arracher ces îles normandes au roi d'Angleterre ne tourna guère à l'obsession. Aux XIVe et XVe siècle, il y eut bien quelques incursions françaises au cours de la guerre de Cent Ans, mais rien de très durable. Jersey et Guernesey ne possédaient aucune richesse susceptible d'attiser les convoitises. «Et l'enjeu stratégique des îles était quasi nul puisque les grandes routes maritimes passaient plus au nord», analyse Christophe Maneuvrier. Même Napoléon, le grand ennemi de l'Angleterre, ne fut pas tenté de faire main basse sur elles.

«Il n'y avait pas d'intérêt à envoyer une grande armée pour envahir trois cailloux, d'autant que sa marine était mal en point après Trafalgar», ajoute l'historien. Les seuls à avoir récemment conquis l'archipel de la Manche furent les Allemands en 1940. Ils prévenaient ainsi un débarquement allié vers le Cotentin, mais leur objectif n'était pas que militaire.

Symboliquement aussi, ils envahissaient un archipel lié à une Angleterre résistant farouchement à Hitler. L'occupation fut d'ailleurs éprouvante et s'éternisa bien au-delà du Débarquement en Normandie puisque sa libération n'aboutit qu'après la capitulation allemande du 8 mai 1945. Entretemps, les troupes de Sa Majesté n'avaient rien tenté pour les récupérer. Prouvant une nouvelle fois leur faible intérêt stratégique.

«Les milieux populaires ont parlé français jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.» Christophe Maneuvrier, historien

L'archipel n'a pivoté vers les îles britanniques que récemment. Longtemps tournées vers le continent, les îles ont attiré sur leur sol les huguenots, indésirables en France après la révocation de l'édit de Nantes (1685), et des prêtres réfractaires fuyant la Révolution. Quand Victor Hugo y a séjourné, il fut marqué par la proximité culturelle de ces îles avec la France. Dans Les Travailleurs de la mer, il écrit «les îles de la Manche sont des morceaux de France tombés dans la mer et ramassés par l'Angleterre». Il remarque que «les fleurs de lys abondent» et qu'«en fait de mode, Guernesey copie Paris». L'écrivain note aussi que «l'archipel normand parle français, avec quelques variantes […] Paroisse se prononce paresse». Hugo respecte ce «patois», «une vraie langue, point méprisable du tout». Il popularise un normandisme qu'il découvre sur place: la pieuvre. Le succès du mot fut tel qu'il s'est partiellement substitué au poulpe du français standard.

La société insulaire que découvrit Hugo était bilingue, avec des journaux anglais qui cohabitaient avec la presse en français. «Les élites partaient étudier en Angleterre mais les milieux populaires ont parlé français jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, rappelle Christophe Maneuvrier. Aujourd'hui, ce français y est presque moribond… Même s'ils n'aimeraient pas que je dise cela!» En effet, si les Anglo-Normands ont basculé en anglais, ils restent profondément attachés à leur identité normande. À leurs bailliages, à leur droit coutumier et à leur toponymie française. Pareil pour les patronymes: un francophone ne sera pas dépaysé par un ministre en chef à Jersey dénommé John Le Fondré ou un ministre à Guernesey qui se nomme Jonathan Le Tocq.

Des dizaines d'années de rapprochement

Longtemps négligé, presque oublié par les conquérants français, l'archipel est aujourd'hui riche et stratégique dans le jeu diplomatique. Cela fait belle lurette que Jersey, Guernesey, Sark, Herm ou Aurigny ne sont plus revendiqués par Paris mais la Normandie continentale tente de se rapprocher de ces îles, qui sont anglophones mais dont les habitants se considèrent comme Normands.

«Le bailli vient très fréquemment à Caen, le président de la région Normandie se rend aussi dans les îles, souligne Christophe Maneuvrier. Il y a une convention universitaire entre l'État de Jersey et l'université de Normandie à Caen pour accueillir des étudiants. Le Brexit qui nous est tombé dessus vient donc à rebours de dizaines d'années de rapprochement!» Et la crise sanitaire, qui a raréfié depuis près de deux ans les communications maritimes avec le continent, n'a rien arrangé…

anglo-normandes Normandie
http://www.slate.fr/story/221355/iles-anglo-normandes-anglaises-jersey-guernesey-reine-angleterre-diplomatie

État civil et généalogie - Quelques repères historiques - Blog de Geneafinder

Sat 8 Jan 2022 - 17:43

Ancien Régime

Août 1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts
Cette ordonnance royale, décrétée par François Ier, impose aux prêtres de tenir des registres des baptêmes dans toutes les paroisses du royaume. Elle fait aussi du français la langue officielle en France.

Mai 1579 : Ordonnance de Blois
Désormais, les mariages et les sépultures doivent eux aussi être inscrits dans les registres paroissiaux par les prêtres. Cette même ordonnance instaure l’obligation de consentement des parents des mariés et la célébration du mariage devant quatre témoins.

Avril 1667 : Ordonnance de Saint Germain en Laye
Cette ordonnance promulguée par Louis XIV exige la tenue des registres paroissiaux en double en cas de destruction d’un dossier. Chaque copie doit être déposée aux greffes des sénéchaussées. Elle implique également que les parrains et marraines doivent signer les actes de baptême, que les mariés et leurs témoins doivent signer leur acte de mariage et que les parents ou amis du défunt doivent signer les actes de sépulture.

Avril 1736 : Ordonnance du Chancelier d’Aguesseau
Celle-ci prescrit l'obligation de la tenue de deux registres originaux identiques et non plus d’une simple copie comme en 1667.

Après la Révolution

Septembre 1792 : Institution de l’état civil laïc et obligatoire

Selon l’article 7 du titre II de la Constitution du 3 septembre 1791 : « Le pouvoir législatif établira pour tous les habitants, sans distinction, le mode par lequel les naissances, les mariages et les décès seront constatés ; et il désignera les officiers publics qui en recevront et conserveront les actes ». Les registres de BMS (baptême, mariage et sépulture) sont donc remplacés par les registres de NMD (naissance, mariage et décès). Les mairies sont également tenues de rédiger des tables décennales.

Mars 1877 : Circulaire de Jules Simon
Suite à la destruction totale de l’état civl parisien en 1871, la circulaire de Jules Simon, adressée à tous les préfets, permet la création du livret de famille sur tout le territoire français. Distribué gratuitement aux époux lors de la célébration du mariage, y seront recensés tous les actes de naissance et décès de la famille nucléaire.

De 1804 jusqu’à 1985 : Ajout progressif de mentions marginales
Les mentions marginales sont des notes ajoutées à côté de l’acte de naissance, de mariage ou de décès d’une personne. Celles sur l’acte de naissance concernent depuis 1804 la reconnaissance d’un enfant naturel, le mariage depuis 1897, le décès depuis 1945, entre autres ; sur l’acte de mariage le divorce depuis 1886 (entre autres également) ; et sur l’acte de décès, la mention « mort pour la France » depuis 1915 ou « mort en déportation » depuis 1985.

Généalogie état-civil
https://geneafinder.com/blog?id=13:284

Les origines de la généalogie -Blog de Geneafinder

Sat 8 Jan 2022 - 17:37

Alors que plus de 7 Français sur 10 disent s’intéresser à leurs racines et que beaucoup essaient de remonter jusqu’aux origines de leur arbre généalogique, vous êtes-vous déjà demandé quelles étaient les origines de la généalogie .
Le Larousse définit la généalogie comme la « science qui a pour objets la recherche de l’origine et l’étude de la composition des familles ». Cela a-t-il toujours été le cas ?

La généalogie pour légitimer les religions et les peuples

Parce que la généalogie est une des sciences les plus anciennes et présente dans de nombreuses cultures, son origine est indissociable des religions et des premiers Dieux.

L’œuvre « La Théogonie » du poète grec Hésiode, qui livre un récit sur l’origine des dieux, est pour certains considérée comme l’une des œuvres fondatrices de la généalogie. Au même titre que l’Iliade et l’Odyssée qui rapportent les liens de parenté des familles de dieux et humains mortels et qui fondent la mythologie grecque.

Aussi, Confucius, né le 28 septembre 551 av. J.-C., sera le point de départ d’une généalogie descendante comptant plus de 80 générations et 2 millions de personnes. Cet arbre est aujourd’hui reconnu comme le plus grand arbre généalogique du monde.

Plus tard, c’est la Bible qui dans le Livre de la Genèse tend à prouver le lien de parenté entre les élus de Dieux et Adam. On y retrouve également une liste des descendants de Noé avec la Table des peuples ainsi que la parenté entre Jésus et le roi David au sein de l’arbre de Jessé, une œuvre reconnue comme étant l’une des premières représentations d’arbre généalogique avec des branches et un tronc.

On retrouve ce principe de liste de parentés dans de nombreuses civilisations, comme chez les Vikings, les Égyptiens (avec la liste d’Abydos - une gravure comptant les 76 rois prédécesseurs de Séthi Ier), les Romains (qui gardaient des traces des filiations dans chaque clans familiaux) ou encore les Arabes qui cherchaient à établir un lien avec le prophète Mahomet.

L’idée principale de ces généalogies résidait surtout dans l’objectif de légitimer une religion, un divin, un chef, voire même un peuple.

Au Moyen Âge, l’Église chrétienne répand un nouveau genre de généalogie, la généalogie hagiographique, ou le récit des vies des saints. Ainsi, les clercs rapprochaient les saints des rois pour assurer leur influence. A cette époque, l’Arbre de Jessé est toujours utilisé pour représenter les relations familiales. L’étude des liens de famille est d’autant plus importante que le droit canon chrétien interdit le mariage entre personnes du même sang, ainsi sont nés les premiers registres de baptêmes, mariages (et des dispenses de consanguinité) et sépultures.

La généalogie pour les nobles

Pendant de longues années la généalogie était surtout utile pour garantir aux nobles une « noblesse de sang » et ainsi leur droit à bénéficier de privilèges. Alors que les titres de noblesse étaient vérifiés lors des réformations de la noblesse, ils se devaient de démontrer les titres de leurs ancêtres sur plusieurs générations pour échapper à l’amende. En 1595 sera d’ailleurs créée la charge de Généalogiste des ordres du roi qui regroupe des experts chargés d’authentifier les généalogies nobles. Autre intérêt à justifier d’une lignée noble : la transmission héréditaire des titres et des privilèges fiscaux. Cet intérêt vaudra par ailleurs à la généalogie d’être qualifiée de « science occupée de flatter les vanités et de conserver un ordre social périmé, héritage haïssable des siècles d’obscurantisme » par les encyclopédistes du siècle des Lumières.

A cette même époque, Pierre d’Hozier, un marseillais d’origine, devient juge d’armes de France - comprenez - commis royal chargé de certifier la noblesse. Comme un titre de noblesse d’ailleurs, il transmettra ce rôle à ses descendants. Généalogiste français, il est considéré comme l’un de ceux qui ont fait de la généalogie une science. Il a, de par sa charge et entre autres, rédigé la Généalogie des principales familles de France (en 150 volumes !).

Mais à la Révolution française le ton change et la généalogie est un peu plus discréditée puisque sont donnés des titres de noblesse à quiconque pouvant les acheter. Cette science tombe plus ou moins dans l’oubli tandis qu’en parallèle les registres d’Etat civil sont de plus en plus rigoureux et accessibles. Il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour que la généalogie soit de nouveau pratiquée, mais par les populations les plus bourgeoises, toujours.

La généalogie individuelle et locale

Désormais et depuis la moitié du XXe siècle la généalogie est un loisir qui se démocratise, une passion pour beaucoup même. On la pratique pour le plaisir de l’enquête, pour l’Histoire, pour mieux (se) comprendre ou encore pour les nombreuses découvertes qu’il y a à faire. Que l’on soit un généalogiste enquêteur, un généalogiste collectionneur, un généalogiste amateur ou professionnel, la quête de ses racines familiales et remplir son arbre généalogique sont aujourd’hui des activités accessibles à tous.

Notez que la religion est toujours présente dans la généalogie de nos jours. C’est par exemple le cas pour les Mormons (Family Search) qui baptisent leurs morts et qui ont, de ce fait, entamé depuis quelques dizaines d’années la numérisation et la compilation des archives mondiales. Des archives disponibles pour beaucoup en ligne.

Aujourd’hui les ressources à notre disposition sont nombreuses et accessibles sur Internet, ce qui facilite grandement les recherches des généalogistes. Les associations de généalogie y jouent un rôle important puisqu’elles mettent à disposition des registres (indexés souvent) et d’autres revues sur l’histoire locale - de quoi avancer un peu plus dans la découverte du quotidien de nos ancêtres.

Et vous, pourquoi vous intéressez-vous à la généalogie ?

Généalogie histoire
https://geneafinder.com/blog?id=13:282
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