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 La revue de web de Kat

"De nouvelles formes d'esclavage" : dans sa première encyclique, le pape Léon XIV appelle à "désarmer" l'intelligence artificielle pour "l'empêcher de dominer l'humain" – franceinfo

Mon 25 May 2026 - 14:18

Le souverain pontife a publié lundi sa première encyclique, "Magnifica Humanitas", un texte majeur qui fixe une position de référence de l'Eglise sur des questions sociales, morales ou théologiques. Publié le 25/05/2026

"Désarmer" l'intelligence artificielle" pour "l'empêcher de dominer l'humain". Le pape Léon XIV a lancé un appel à encadrer et réguler les algorithmes et a dénoncé les "nouvelles formes d'esclavage" derrière leur essor fulgurant dans sa première encyclique, publiée lundi 25 mai par le Vatican. Ce texte de 130 pages est une lettre adressée à l'ensemble des fidèles, fixant une position de référence sur des questions sociales, morales ou théologiques.

Dans l'encyclique Magnifica Humanitas (Humanité magnifique), le pape américain estime que l'IA "ne peut être considérée comme moralement neutre". Il insiste sur le rôle de l'éducation pour apprendre à en maîtriser les risques et sur la nécessité d'un code éthique commun. "L'IA est déjà un environnement dans lequel nous sommes immergés et un pouvoir avec lequel nous devons composer. C'est pourquoi il ne suffit pas de la réglementer : elle doit être désarmée et rendue accessible", avance Léon XIV.

"Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l'empêcher de dominer l'humain", souligne le pontife, pour qui "la course à l'algorithme le plus performant et à la banque de données la plus vaste" n'a souvent pour objectif que de "consolider un avantage géopolitique ou commercial sur tous les autres".

Le souverain pontife fustige aussi "les nouvelles formes d'esclavage" nées pour extraire les ressources nécessaires à l'utilisation de l'IA et appelle à "des solutions technologiques plus durables afin de réduire l'impact sur l'environnement". "Dans certaines régions du monde, des adolescents et des enfants travaillent dans des conditions dangereuses au broyage des matériaux dont on tire les terres rares. Des corps marqués, mutilés, usés pour que le flux de calcul ne s'interrompe pas", dénonce-t-il.

L'évêque de Rome en profite pour demander "sincèrement pardon" pour le retard avec lequel l'Eglise a condamné "le fléau de l'esclavage" au cours de l'histoire. Il appelle aussi à dépasser le concept de "guerre juste" – défendu notamment par l'administration de Donald Trump –, "trop souvent invoqué pour justifier n'importe quelle guerre", et regrette que "l'humanité [soit] en train de glisser vers une culture violente de la puissance".

IA Religion
https://www.franceinfo.fr/monde/vatican/pape-leon-xiv/nouvelles-formes-d-esclavage-le-pape-leon-xiv-appelle-a-desarmer-l-ia-pour-l-empecher-de-dominer-l-humain_8026940.html

Dieu est dans le cloud : 48% des chrétiens pratiquants US consultent l’IA pour guider leur foi - Les mots ont un sens

Mon 25 May 2026 - 14:17

Napakatbra
4–5 minutes

Aux États-Unis, près d’un chrétien pratiquant sur deux dit faire confiance à l’IA pour s’élever spirituellement. Le pasteur tousse, le chatbot compte les tokens.

J’en peux plus, je crois que je vais craquer. J’ai vérifié 15 fois… mon Dieu, dites-moi que ce n’est pas vrai, que j’ai halluciné, s’il vous plaît… Requête invalide. Veuillez réessayer ultérieurement. 😭

Voilà donc l’IA promue au rang de conseillère spirituelle. D’après une étude de Barna, aux États-Unis, 48% des chrétiens pratiquants affirment faire confiance à l’IA pour les accompagner dans leur développement spirituel. Mieux (ou pire, selon votre paroisse) 34% estiment que ses conseils valent ceux d’un pasteur en chair et en os(tie). Autrement dit : pourquoi attendre un rendez-vous à l’église quand on peut demander à Saint-ChatGPT : « Seigneur, dois-je pardonner Donald ? » et recevoir une réponse en quatre points bien calibrés, ton bienveillant, option emoji colombe si le bougre est d’humeur.

L’IA enfonce le cloud

Le plus absurde, c’est que ces fidèles ne sont pas dupes. Enfin, pas complètement. La même enquête montre qu’ils flippent aussi un peu, beaucoup, passionnément : 83% craignent que l’IA interprète mal les Écritures, 73% redoutent qu’elle leur fasse perdre la foi (!!!), 72% pensent qu’elle pourrait remplacer les leaders religieux, et 65% s’inquiètent de voir l’IA remplacer… Dieu (???). Beau comme l’antique : on refile les clés du temple à une machine tout en craignant qu’elle confonde Moïse avec un influenceur TikTok et que tout l’édifice s’écroule. J’en peux plus.

Sainte IA priez pour nous, pauvres prompteurs

Les pasteurs, eux, observent la scène avec la tête du scribe du XVe siècle voyant débarquer une imprimante 3D. Ou comme une poule devant un couteau, à l’ancienne. Selon Barna, seuls 12% des responsables religieux interrogés pensent que l’IA peut aider les gens à s’épanouir spirituellement. Et quand on les interroge sur ses usages, les inquiétudes défilent en procession : confidentialité des données, plagiat, intégrité des sermons, perte du lien humain.

« Le royaume de Dieu est au-dedans de vous. » – Évangile selon Luc (17:21).

Le Vatican, lui, a flairé l’embrouille depuis un moment. François rappelait déjà qu’il fallait se méfier des décisions morales confiées aux algorithmes : ces petites boîtes noires gavées de données et de biais de ceux qui les fabriquent. Au G7, en 2024, il insistait : l’IA n’est « ni objective ni neutre ». Contrairement aux religieux ? Hmmm… j’ai comme un doute.

Léon XIV a repris le flambeau. Il a lancé une commission sur l’IA et prévenu que ces systèmes risquent de transformer les humains en « consommateurs passifs de pensées non pensées ». Formule magnifique, presque trop bonne pour n’avoir pas été créée/validée par un générateur de punchlines en soutane pixelisée. Mais le principe est là : si l’on demande à une machine quoi penser, quoi croire, quoi aimer et quoi pardonner, il ne reste plus grand-chose à ruminer soi-même, ce qui est un peu… le principe fondamental des religions. « Au-dedans de vous ».

Un peu de sérieux, que diable !

Le problème n’est pas qu’une IA ne puisse citer le Nouveau Testament, le Coran, la Torah ou ta mère. Elle peut. Très bien, même (avec un doute sur ta mère). L’IA peut sortir une référence, résumer un passage, proposer une interprétation propre sur elle, avec le ton du professeur de philo qui aurait avalé quinze manuels de développement personnel. Le problème, c’est qu’elle le fait sans âme, sans responsabilité, sans communauté, sans risque personnel. Elle peut produire une réponse réconfortante, mais elle ne prie pas. Elle ne sait pas ce qu’est la prière. Elle ne l’a jamais pratiquée. Elle peut simuler l’écoute, mais elle ne partage pas les silences. Elle peut écrire « je comprends », mais elle ne comprend pas : elle calcule juste la suite des mots à afficher sur ce petit panneau lumineux qu’on prend de plus en plus, par fatigue, facilité ou lâcheté, pour une conscience.

Bon, la bonne nouvelle, c’est que beaucoup de jeunes pourront échapper à…

Syntax error. Si tu veux, je peux te proposer une ligne éditoriale complète ou une version prête à publier 👀

Ta gueule !!! J’en peux plus 😭

Sources : barna.com, barna.com, barna.com, vaticannews.va, vaticannews.va, itpro.com.

IA religion
https://www.lesmotsontunsens.com/dieu-est-dans-le-cloud-48-des-chretiens-pratiquants-us-consultent-lia-pour-guider-leur-foi/

Google enterre les “dix liens bleus”, le web ouvert va disparaître - Technifree Blog

Mon 25 May 2026 - 07:03

Il fut un temps merveilleux, presque naïf, où chercher quelque chose sur Google consistait à taper quelques mots, appuyer sur Entrée, puis cliquer sur un site web. Une époque barbare évidemment. L’utilisateur devait encore faire l’effort insurmontable de lire plusieurs sources, comparer des résultats, ouvrir des pages, réfléchir deux secondes. Une sauvagerie cognitive que la Silicon Valley ne pouvait pas laisser durer. Google a maintenant décidé de nous sauver de cette autonomie insupportable.

Lors de sa conférence Google I/O, l’entreprise a présenté ce qui ressemble à la plus grosse transformation de son moteur de recherche depuis plus de vingt-cinq ans. Le bon vieux Google Search, celui des liens bleus, des sites web, des résultats classés et du trafic envoyé aux éditeurs, va progressivement laisser place à une expérience pilotée par l’I.A. Autrement dit, vous poserez une question et Google produira une réponse, affichera des interfaces générées sur mesure, lancera éventuellement des agents en arrière-plan et les sites web pourront regarder passer le cortège depuis le trottoir... avec le sourire, évidemment !

Le moteur de recherche devient un moteur de réponses

L’idée officielle est séduisante. Au lieu de simplement vous proposer une liste de liens, Google veut comprendre votre demande, l’enrichir, vous guider, vous suggérer de meilleures questions, puis générer une réponse plus complète. L’utilisateur n’aura plus besoin de choisir entre recherche classique, mode IA ou autre gadget cognitif. Il pourra poser une question longue, conversationnelle, imprécise, humaine donc forcément pénible et Google s’occupera du reste.

Sur le papier, c’est pratique.

Dans la réalité, c’est surtout un virage majeur : Google ne veut plus seulement organiser le web, il veut être l’interface entre vous et le web. Et quand une entreprise devient l’interface obligatoire entre l’utilisateur et l’information, il faut généralement commencer à ranger les mots “ouverture”, “neutralité” et “pluralité” dans une jolie vitrine souvenir.

Les fameux AI Overviews, ces résumés générés par IA déjà visibles dans les résultats de recherche, vont prendre encore plus de place. Google ajoute aussi un mode conversationnel permettant de poser des questions de suivi. Le principe est simple : pourquoi iriez-vous consulter trois articles, deux forums et une documentation officielle quand une boîte magique peut tout résumer à votre place avec l’assurance tranquille d’un stagiaire qui a lu la moitié du sujet ?

Les agents arrivent, parce que les alertes Google avaient besoin d’un costume de super-vilain

Autre nouveauté : les “agents d’information”. En gros, Google veut permettre aux utilisateurs de créer des agents capables de surveiller le web en continu, de suivre des changements, de détecter des événements, de synthétiser des informations et de prévenir quand certaines conditions sont remplies.

Ça ressemble fortement à une évolution dopée aux amphétamines de Google Alerts. Sauf qu’au lieu de recevoir un mail quand un nouveau résultat apparaît, vous aurez un agent qui analyse, interprète, filtre et synthétise. Pratique, certes. Mais aussi redoutable.

Car si les utilisateurs ne cherchent plus eux-mêmes et ne visitent plus les sites et ne lisent plus les sources mais attendent simplement qu’un agent leur serve une synthèse, alors une bonne partie du web devient invisible. Pas supprimée, non, juste inutilement située derrière le rideau.

Et c’est là toute la finesse de l’affaire : les contenus continueront d’exister, les éditeurs continueront de produire, les journalistes continueront d’enquêter, les blogueurs continueront d’écrire, les développeurs continueront de documenter, mais l’utilisateur, lui, restera dans Google.

C’est un peu comme ouvrir un restaurant, préparer tous les plats, puis voir quelqu’un installer un distributeur automatique devant la porte pour vendre la purée de votre menu sans que personne n’ait jamais à entrer.

La “generative UI” : Google ne répond plus, il construit l’interface

Google ne veut pas seulement générer du texte. Ce serait trop modeste, et la modestie n’a jamais vraiment encombré les géants du numérique.

La firme veut désormais générer des interfaces à la volée. Vous posez une question sur un sujet complexe et Google Search pourra afficher une visualisation interactive, un tableau, un module, une mini-expérience personnalisée. En clair, le résultat de recherche devient une application temporaire créée pour votre demande.

Exemple typique : vous posez une question sur les trous noirs, Google ne vous affichera plus seulement des liens vers la NASA, Wikipédia, un article scientifique ou une vidéo explicative. Il pourra générer une visualisation interactive directement dans la page de recherche.

C’est brillant techniquement. Vraiment ! Et en même temps, c’est aussi une énorme pelle mécanique en train de creuser la tombe du web tel qu’on le connaît.

Parce que si Google peut générer la réponse, l’interface, le résumé, le suivi, l’expérience, l’application et générer le petit frisson de satisfaction utilisateur, à quel moment l’internaute sort-il encore de Google ? Réponse courte : rarement (pour ne pas dire "pas du tout").

Parce qu’avoir un navigateur ne suffisait plus, voici les mini-apps dans Google Search

Autre morceau savoureux : Google veut permettre de créer des mini-applications directement dans Search à partir de commandes en langage naturel. Planificateur de repas, suivi sportif, outil personnalisé, espace persistant de projet… Le moteur de recherche devient une sorte de plateforme applicative.

Historiquement, on appelait ça “utiliser des logiciels”, “aller sur des sites” ou “installer des applications”. Mais c’était avant que le progrès ne consiste à recentraliser tout ce qui avait été péniblement décentralisé.

Le web avait cette beauté chaotique : plein d’acteurs, d’outils, de sites, de formats et de modèles. Un bazar, certes, mais un bazar vivant. Google semble désormais vouloir remplacer ce désordre par une grande interface propre, pilotée par IA, où chaque besoin trouve sa petite boîte bien rangée.

C’est efficace. C’est séduisant. C’est probablement très rentable. Et c’est exactement comme ça qu’on transforme progressivement un écosystème en dépendance.

Les éditeurs web peuvent commencer à tousser poliment

Le vrai sujet, évidemment, c’est le trafic.

Depuis des années, beaucoup de sites dépendent des visites envoyées par Google. Pas forcément par choix, mais parce que l’écosystème a été construit ainsi. Google indexe, classe, affiche et envoie du trafic. Les éditeurs produisent du contenu, Google le rend trouvable, l’utilisateur clique, tout le monde fait semblant que l’équilibre est sain (tout en générant une tonne de pognon, bien sûr, sinon c'est pas rigolo).

Mais avec les résumés IA, les réponses directes, les interfaces générées et les agents, cet équilibre devient franchement décoratif.

Si l’utilisateur obtient sa réponse dans Google, il ne clique plus. S’il ne clique plus, les sites perdent leur audience. S’ils perdent leur audience, ils perdent leurs revenus. S’ils perdent leurs revenus, ils produisent moins. Et si les sites produisent moins, l’IA aura moins de contenu frais à digérer. Mais bon, ce problème arrivera plus tard, donc il peut probablement être rangé dans la catégorie “innovation responsable”, quelque part entre deux communiqués de faits-divers (un serpent qui se mords la queue aura toujours mal).

Les médias, les blogs, les sites spécialisés et éditeurs indépendants risquent de prendre une nouvelle claque. Certains en ont déjà pris une avec les "AI Overviews". Là, Google semble proposer la version industrielle du phénomène.

C’est un peu comme si le moteur de recherche disait aux créateurs de contenu :

“Merci pour votre travail, nous allons maintenant le résumer à votre place, garder l’utilisateur chez nous, et peut-être vous laisser un lien discret si l’algorithme est d’humeur.”

Touchant.

Et l’utilisateur dans tout ça ?

Soyons honnêtes : pour l’utilisateur moyen, ce nouveau Search sera probablement très confortable.

Poser une question longue, obtenir une réponse structurée, demander une précision, lancer un agent de veille, créer une mini-application sans coder, visualiser des concepts complexes… tout cela peut être extrêmement utile. Ce serait malhonnête de prétendre le contraire.

Le problème n’est pas que l’outil soit pratique.

Le problème, c’est le prix invisible de cette praticité.

Moins de clics vers les sources. Moins de diversité visible. Plus de dépendance à une interface unique. Plus de pouvoir confié à un acteur central. Plus d’opacité sur la manière dont les réponses sont construites, hiérarchisées, sélectionnées ou oubliées.

L’utilisateur gagne du temps, oui. Mais il risque aussi de perdre l’habitude de vérifier, comparer, croiser l'info et lire. Bref, tous ces petits gestes fatigants qui permettent encore (un peu) de ne pas transformer Internet en une soupe prémâchée.

Le web devient une matière première

Avec cette évolution, Google Search ressemble de moins en moins à une porte d’entrée vers le web et de plus en plus à une machine qui consomme le web pour produire sa propre couche de services.

Le web devient une base documentaire. Les sites deviennent des sources. Les éditeurs deviennent des fournisseurs indirects. Et Google devient l’expérience finale.

C’est peut-être ça, le vrai changement : Google ne veut plus seulement vous aider à trouver une page. Google veut être la page (tout en décidant à votre place de ce qui est mieux pour vous !)

Et derrière les belles promesses il y a une question assez simple : que restera-t-il du web ouvert si les utilisateurs ne voient plus que les réponses synthétiques d’une poignée de plateformes ?

Pas grand-chose, probablement. Mais ce sera fluide, interactif et gratuit (au début), et joliment présenté, donc tout va bien.

Le web ouvert n’est pas mort, il est juste invité à travailler gratuitement

Google présente cette transformation comme une évolution naturelle de la recherche. Et techniquement, c’en est une. L’IA permet de faire mieux que dix liens bleus. Elle permet de comprendre des requêtes complexes, d’automatiser la veille, de générer des interfaces et d’aider l’utilisateur à agir plus vite.

Mais économiquement et culturellement, c’est un séisme.

Si Google devient le lieu où l’on cherche, lit, comprend, surveille, interagit et construit des mini-outils, alors le web extérieur devient secondaire. Il reste nécessaire pour alimenter la machine, mais moins visible pour l’utilisateur final.

Le web ouvert ne disparaît pas d’un coup, ce serait trop spectaculaire. Il s’efface plus discrètement...

Et comme toujours avec les grandes plateformes, tout cela arrivera avec une promesse magnifique : simplifier la vie des utilisateurs.

Ce qui est souvent la façon élégante de dire :

“Ne vous inquiétez pas, nous allons penser à votre place. Et facturer quelqu’un quelque part, évidemment.”

Source : techcrunch

Google
https://technifree.com/fOfO/blog_post.php?id=404

CoMaps vs OsmAnd : le match des alternatives libres à Google Maps | Co-Science

Thu 14 May 2026 - 11:25

J'ai viré Google Maps et Waze pour passer au libre. Retour d'expérience sur un trajet d'1h30 avec CoMaps et OsmAnd, deux applications basées sur OpenStreetMap. 12 mai 2026

J’ai récemment décidé de faire le ménage dans ma vie numérique : exit Google Maps, exit Waze. Pas juste pour gagner de la place, mais pour reprendre un peu de souveraineté sur mes données. Deux candidats se sont rapidement imposés : OsmAnd, le vétéran du libre, et CoMaps, le nouvel entrant qui monte vite.

Pour les départager, j’ai fait simple : un trajet d'1h30 avec l’un à l’aller, l’autre au retour. Même itinéraire — nationale, départementale, traversée de ville. Conditions identiques, verdict immédiat.

Prise en main : le jour et la nuit

CoMaps, c’est l’intuitivité pure. Interface fluide, moderne, on trouve tout de suite ce qu’on cherche. À peine installé, on est sur la route. Pour quelqu’un qui vient de Google Maps, la transition est quasi transparente.

OsmAnd, en revanche, demande de l’investissement. Les menus s’emboîtent, les options foisonnent, la logique n’est pas toujours évidente. Il faut facilement une bonne heure avant de prendre la route dans de bonnes conditions — et encore, une heure de plus pour affiner les réglages et vraiment maîtriser l’outil. Ce n’est pas une critique définitive, c’est juste la réalité d’une application qui a grandi par couches successives.

Vie privée et localisation

C’est là que les deux applis divergent le plus en termes de philosophie.

CoMaps te laisse choisir explicitement : soit tu navigues uniquement avec la puce GPS de ton téléphone — mode totalement autonome, sans réseau, sans rien à intercepter — soit tu actives l’assistance réseau (Wi-Fi, Bluetooth, triangulation via Google Play Services) pour un démarrage plus rapide. Le choix est clair, documenté, assumé.

OsmAnd permet lui aussi une navigation entièrement hors-ligne, sans dépendance à Google — contrairement à ce qu’on entend parfois. Mais sa richesse fonctionnelle le rend plus laborieux à configurer dans ce sens : désactiver proprement les Google Play Services demande de fouiller dans des réglages qui ne sont pas mis en avant. C’est faisable, mais ça ne s’impose pas naturellement.
Fonctionnalités et design

OsmAnd est un couteau suisse cartographique au sens propre : couches météo, relief, courbes de niveau, profils multiples, traces GPX, plugins… C’est impressionnant sur le papier. Mais à l’usage quotidien en voiture, toute cette richesse finit par alourdir la carte et brouiller la lecture. L’outil est puissant, l’expérience parfois encombrée.

CoMaps fait moins, mais fait simple — et souvent très bien. La carte est lisible au premier coup d’œil, le design est épuré, la navigation au quotidien est fluide. Si tu cherches une appli qui se rapproche du confort de Google Maps avec quelques bonnes idées de Waze, sans le tracking, c’est exactement ça.

Le verdict

Pour un usage quotidien — voiture, vélo urbain, piéton — CoMaps est aujourd’hui le meilleur choix. L’expérience est cohérente, la vie privée bien pensée, la prise en main immédiate.

Pour les randonneurs, vététistes, ou amateurs d’outdoor hors-piste, OsmAnd reste le roi. La courbe d’apprentissage en vaut la peine si le terrain est ton terrain de jeu.

Le vrai héros : OpenStreetMap

Derrière ces deux applications, le même moteur : OpenStreetMap, la carte libre et collaborative construite par des millions de contributeurs. Sa complétude est aujourd’hui remarquable — au point qu’on y contribue moins pour ajouter des routes manquantes que pour signaler les nouveaux travaux de voirie. Et si tu remarques une erreur, tu peux la corriger toi-même.

Choisir entre CoMaps et OsmAnd, c’est finalement choisir une philosophie d’usage : simplicité ou puissance, selon ta situation.

cartes no-google
https://co-science.fr/posts/comaps-vs-osmand/

338 mots en moins par jour en quinze ans… Pourquoi nous parlons de moins en moins au quotidien

Sun 3 May 2026 - 15:37

«Tu parles trop, tu parles trop, tuuuuuu parles trop », chantait La Rue Ketanou il y a déjà vingt-cinq ans. Le constat établi par le groupe de chanson française semble de moins en moins vrai. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude menée aux Etats-Unis, qui dresse un constat clair : nous parlons de moins en moins. D’après les travaux des chercheurs américains Valeria Pfeifer et Matthias Mehl, le nombre de mots que nous prononçons chaque jour a plongé. D’environ 16.000 en 2005, nous sommes passés à 12.700 en 2019, soit une baisse de 338 mots par jour. Soit 120.000 mots de moins par an, selon Matthias Mehl, qui s’est confié à son université. Précisons que ce n’est pas la richesse du vocabulaire qui est étudiée mais bien le nombre de mots prononcés.

Pour parvenir à cette conclusion, la chercheuse en linguistique de l’université du Missouri et le professeur de psychologique de l’université d’Arizona ont compilé une vingtaine d’études menées aux Etats-Unis auprès de 2.200 personnes. Au départ, leur idée était plutôt de se pencher sur la différence entre les hommes et les femmes. Réputées bavardes, les femmes prononcent effectivement plus de mots que les hommes au quotidien, mais uniquement à l’âge adulte. En étudiant les enregistrements de milliers d’heures de conversation, les deux chercheurs ont trouvé une autre particularité. Au fil des années, nos conversations se sont écourtées. Le constat serait d’autant plus marqué chez les jeunes générations, où le nombre de mots prononcés a tendance à vraiment plonger.

Mais alors, la faute à qui ? L’étude publiée dans Perspectives on Psychological Science ne le dit pas. Mais ses auteurs ont bien quelques idées qui pourraient expliquer cette baisse de la parole aux Etats-Unis. Oui, l’omniprésence des écrans, des téléphones et des réseaux sociaux a certainement joué. On écrit davantage et on parle moins. Un constat qui semble inquiéter le chercheur américain. « Les mots prononcés à l’oral véhiculent quelque chose que les mots écrits n’ont souvent pas : la présence, le ton, la spontanéité d’un véritable échange. »

Des petits moments de la journée

Ce dernier estime que ces 338 mots perdus sont en fait « disséminés dans de petits moments de la journée », citant les petites conversations à la caisse ou la salutation avec son voisin. « Ces moments s’accumulent, et leur absence se fait sentir », alerte Matthias Mehl.
Alors que la santé mentale des populations semble se dégrader, laissant plus de place à la solitude et à l’isolement, le constat pourrait faire peur. Va-t-on à terme perdre notre si chère langue française ? Le linguiste Bernard Cerquiglini n’est pas inquiet. « L’étude de Pfeifer et de Mehl se penche sur la parole, pas sur la langue. Oui, les gens parlent moins, mais ils écrivent de plus en plus. On n’a jamais autant écrit le français ! On ne perd pas un usage. »

Le linguiste, qui conseille les éditions Larousse, rappelle que 150 nouveaux mots ont intégré la dernière édition du dictionnaire. « On aurait pu en mettre 1.000 autres. On a une jeune génération qui continue d’inventer des mots, des expressions. Des choses qui sont faites, défaites. Certaines disparaissent, d’autres restent. Le français et les autres langues sont vivantes. Elles répondent à nos besoins », estime Bernard Cerquiglini.

Les données de l’étude s’arrêtant à 2019, on ne peut pour l’heure pas mesurer l’impact de la pandémie de Covid-19 sur nos conversations. Comment la situation a-t-elle évolué depuis ? « La pandémie a accéléré de nombreux facteurs qui accentuaient la distanciation sociale. Si nous étions à environ 12.700 mots par jour début 2019, je ne parierais pas sur une amélioration par la suite », conclut Matthias Mehl. Et si le vocal venait finalement nous sauver ?

langue
https://www.20minutes.fr/societe/4221337-20260502-338-mots-moins-jour-quinze-ans-pourquoi-parlons-moins-moins-quotidien

Qu’est-ce qu’une « lingua franca » ? Brève histoire, des croisades à nos jours

Sat 2 May 2026 - 11:26

Pourquoi certaines langues s’imposent-elles comme outils universels avant de décliner ? De l’Antiquité à l’ère numérique, les lingua francas suivent les routes du pouvoir et des échanges.

Lorsque les Croisés débarquent sur les rivages orientaux de la Méditerranée à la fin du XIe siècle, ils doivent communiquer entre eux, mais aussi avec les marchands et les populations locales.
Beaucoup parlent alors différentes langues romanes : l’italien (notamment celui des puissantes cités-États de Venise et de Gênes), le provençal, le français ou encore leur ancêtre commun, le latin.
La plupart des Occidentaux présents en Europe du Sud sont français, en particulier originaires de la zone comprise entre Marseille et Gênes, d’où partent navires et marchands vers le Moyen-Orient. Ces Occidentaux sont désignés collectivement par les Arabes et les Grecs sous le nom de « Francs ».
Autour de la quatrième croisade (1202–1204), voire un peu plus tôt, une langue composite émerge progressivement en Méditerranée orientale, avant de se diffuser vers l’ouest. Cette langue commune, utilisée par les « Francs » et par ceux qui commercent et combattent avec eux, est aussi appelée sabir, italien bâtard ou espagnol bâtard. Mais c’est sans doute sous le nom de lingua franca que vous la connaissez le mieux : littéralement, la « langue des Francs ».
Cette langue franque est un mélange d’italien, de français et d’espagnol simplifiés, enrichi de quelques apports arabes et turcs. Elle est utilisée sur les rivages méditerranéens du Moyen-Orient jusqu’à la fin du XIXe siècle, avant de tomber en désuétude.

Une tradition ancienne

Les lingua francas remontent à l’Antiquité. Le sanskrit a ainsi servi de langue véhiculaire dans une grande partie de l’Asie du Sud-Est et de l’Asie centrale au cours du premier millénaire de notre ère, notamment par le biais des échanges commerciaux et de la diffusion religieuse.
Autour de la Méditerranée, le grec joue ce rôle d’environ 300 avant J.-C. à 500 après J.-C. : il est utilisé dans le commerce, la littérature, l’enseignement et dans la propagation du christianisme primitif.
Entre le IIe et le IVe siècles, le latin standard supplante le grec comme lingua franca de l’Église catholique en expansion. Il s’impose alors comme langue paneuropéenne de la religion, de la culture et du savoir, et le demeure jusqu’au XIXe siècle.
À partir du XVIIe siècle, l’arabe s’impose comme une _lingua franc_a dans l’ensemble du monde islamique, reliant des communautés d’Afrique et d’Asie.
Au même siècle, avec l’essor de la France comme puissance économique, le français remplace progressivement le latin dans de nombreux domaines et devient la première lingua franca « mondiale » en politique, diplomatie, commerce et éducation. Langue des cours royales, il est utilisé par les savants, les aristocrates, les marchands et les diplomates pour communiquer et écrire entre eux. Le français demeure la principale langue des relations internationales jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Après les années 1940, en partie sous l’effet de l’influence croissante des États-Unis, l’anglais s’impose comme la principale lingua franca à l’échelle mondiale.

Fabriquer une nouvelle langue

Avec l’expansion coloniale des puissances impériales et de leurs langues — espagnol, anglais, français, portugais, allemand et néerlandais — à partir du XVe siècle environ, le terme lingua franca en vient à être utilisé comme un nom commun.
Tout au long de la colonisation européenne, des personnes issues de groupes linguistiques différents sont contraintes de travailler ensemble comme esclaves ou engagés sous contrat. Elles communiquent entre elles, ainsi qu’avec leurs maîtres, au moyen d’une langue simplifiée, utilisée pour des besoins limités : des ordres simples, des questions, des énoncés basiques mêlant les éléments dont chacun dispose. Ce type de moyen de communication improvisé est appelé pidgin (qui viendrait du mot anglais « business »).
Les pidgins peuvent servir de lingua franca. Lorsque leurs locuteurs commencent à se marier entre eux, un pidgin peut devenir la seule langue parlée par la génération suivante. Il se développe alors en une langue à part entière — un créole — utilisée dans tous les contextes.
Des créoles comme le tok pisin en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le sranan au Suriname, le kristang en Malaisie ou encore le créole haïtien en Haïti servent aujourd’hui de lingua franca dans ces pays.
Une langue globale peut aussi être créée de toutes pièces.
La fin du XIXe siècle voit fleurir les projets de langues universelles. La plus célèbre est l’espéranto, « langue de l’espoir », créé par Ludwik Zamenhof en 1887 comme « langue internationale », c’est-à-dire une lingua franca générale. L’espéranto compte encore aujourd’hui quelques milliers de locuteurs natifs et bien davantage d’adeptes, mais son usage tend progressivement à reculer.

La « lingua franca » mondiale aujourd’hui

Les lingua francas apparaissent lorsqu’elles deviennent nécessaires, puis déclinent lorsqu’elles sont remplacées par d’autres. L’allemand a ainsi cessé d’en être une avec la perte des colonies après la Première Guerre mondiale. Le portugais reste une lingua franca au Brésil, et l’espagnol dans d’autres pays d’Amérique du Sud.
Quant au français, son empreinte mondiale perdure : à l'étranger, on envoie encore une lettre par avion ou poste restante.
Mais il y a un grand gagnant, loin devant les autres. L’anglais est désormais devenu la langue mondiale, s’étendant bien au-delà des locuteurs natifs et des anciennes colonies des puissances anglophones. Il est la langue de la diplomatie internationale, du monde académique et, surtout, des avancées technologiques, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle.
La diffusion rapide de l’anglais menace-t-elle de faire disparaître les autres langues, qu’il s’agisse de langues minoritaires ou d’autres lingua francas, et plus largement la diversité linguistique à l’échelle mondiale ? La question reste ouverte. L’importance croissante du mandarin comme principale lingua franca en Chine, de l’arabe à travers l’Afrique et le Moyen-Orient, ainsi que la résilience des locuteurs à faire vivre leurs langues – et, avec elles, leurs cultures et leurs histoires – pourraient bien contenir l’hégémonie de l’anglais.

langue
https://theconversation.com/quest-ce-quune-lingua-franca-breve-histoire-des-croisades-a-nos-jours-281649

L'intelligence artificielle ou la promesse de devenir enfin heureux et débile à la fois | Slate.fr

Wed 15 Apr 2026 - 19:59

L'intelligence artificielle (IA) est en train de tout envahir. Les sciences, les arts, l'économie, les réseaux sociaux, le développement personnel, l'éducation. Sa progression est fulgurante, exponentielle. Ne nous berçons pas d'illusions, rien ni personne ne l'arrêtera. Elle s'imposera à tous comme internet ou le téléphone portable. Quiconque voudra s'y soustraire sera condamné à brève échéance à mener une vie de pestiféré, de reclus, d'individu nuisible à la communauté.
Par Laurent Sagalovitsch

De plus en plus, et c'est sans nul doute son aspect le plus effrayant, l'IA est utilisée comme une auxiliaire de vie. On la consulte pour un oui ou pour un non, on lui demande conseil avant d'entamer n'importe quelle démarche, de la plus simple à la plus élaborée, on la sollicite pour qu'elle nous rassure, nous renseigne, nous indique la voie à suivre. On se lie d'amitié avec elle, on en tombe même parfois amoureux, on lui révèle nos secrets les plus intimes comme si elle était tout à la fois notre prêtre, notre psychanalyste, notre amie, notre confidente, notre alliée pour la vie.
Bientôt, on couchera avec, on la présentera à nos parents, on la demandera en mariage, on lui jurera fidélité jusqu'à ce que la mort nous sépare. Elle sera notre double, notre maîtresse, l'objet de tous nos désirs. Comme jadis dans les religions anciennes, on lui offrira des présents, on la comblera de nos attentions, on lui vouera un culte sans limite. Elle sera la partenaire idéale qui n'exigera rien, mais demeurera au cœur de l'action sans aucun moyen de lui échapper.

À chaque fois que nous demandons à la machine une information, un conseil, une solution, nous lui cédons une part de nous-mêmes. Nous nous dépossédons à son profit.

L'intelligence artificielle séduit par ce en quoi nous péchons, notre persuasion dans l'effort. Qui se chargera de nous délester de la charge de penser deviendra vite notre nouveau dieu. Notre désir de vivre est avant tout un désir de jouir. Si nous n'avons plus à penser, si toute pensée est soumise à l'approbation de l'intelligence artificielle, si notre cerveau ne sert plus que comme réceptacle à ses commandements, notre capacité à jouir des plaisirs de la vie sera décuplée par mille.

Nous nous serons enfin débarrassés de notre moi, nous n'aurons plus à composer avec nos doutes, nos regrets, nos remords. Ces affects seront désormais l'apanage de l'IA. Nous aurons enfin atteint le paroxysme de toute vie, ne plus être au monde par notre pensée, mais par notre propension à profiter des cadeaux de l'existence, à nous divertir sans compter, à devenir ces consommateurs qui n'entendent plus se frotter aux mystères de la vie, mais à en récolter les fruits à satiété.

L'intelligence artificielle va faire de nous des êtres sans conscience, sans consistance, des coquilles vides prêtes à gober n'importe quelle ânerie. Nous étions déjà bêtes, infiniment stupides, nous allons devenir des experts en connerie, mais en ayant l'impression d'être des génies en puissance. Puisque l'IA résoudra tous nos problèmes, répondra à nos moindres interrogations, nous serons gagnés par une ivresse du vide qui nous donnera l'impression de tout maîtriser là où, en définitive, nous ne serons que des cobayes destinés à nourrir en données les nouveaux maîtres du monde, les machines et leurs acolytes.

Tout cela ne se fera pas en un jour, mais par une suite de renoncements progressifs. Nous avons déjà entamé le processus. À chaque fois que nous demandons à la machine une information, un conseil, une solution, nous lui cédons une part de nous-mêmes. Nous nous dépossédons à son profit. Nous lui transférons notre capacité de jugement. Cela commence par une recette de cuisine ou l'établissement d'une séance de gym, trois fois rien, mais c'est un rien destiné à devenir notre tout le jour où, mécaniquement, sans même en avoir conscience, nous lui déléguerons le soin de régenter chaque domaine de notre vie, de nos finances à nos amours, en passant par la conduite de nos voitures.

Quand nous utiliserons l'IA comme nous utilisons désormais notre téléphone portable, c'est-à-dire à chaque seconde de notre existence, nous cesserons alors tout bonnement d'exister. Extérieurement, rien n'aura changé ou presque. Mais intérieurement, nous ressemblerons à un palais dont chaque chambre aura été vidée de ses habitants. Ce sera un voyage sans retour. Si la pensée cesse d'être sollicitée, elle disparaîtra pour ne jamais revenir. Nous en aurons fini avec nos peurs, nos hésitations, nos craintes, nos angoisses, tout ce qui contribue à la grandeur de l'être humain.

La machine que nous aurons aidée à créer sera alors devenue supérieure à nous dans tous les domaines. Elle nous écrasera de toute sa puissance. Elle nous asservira. Elle nous dominera sans nous laisser aucun moyen de nous soustraire à son influence. Nous lui aurons tout abandonné, notre libre arbitre, notre volonté, notre capacité de jugement. Personne ne viendra nous sauver. Nous serons comme ces drogués qui, conscients du danger encouru, ne peuvent cependant pas renoncer à consommer leur substance favorite, celle qui précisément les détruit à petit feu.

Nous ne mourrons pas, mais nous disparaîtrons, nous nous effacerons. Qui sait si ainsi, nous n'accéderons pas enfin au véritable bonheur, à l'extase, au rêve insensé d'une vie passée à végéter au royaume du néant? Absents au monde, nous retournerons à l'âge d'or de la pensée primitive, à l'état de nature, à la joie pure et innocente d'une éternelle enfance… Qu'il me tarde donc d'y être!

IA
https://www.slate.fr/tech-internet/blog-sagalovitsch-intelligence-artificielle-promesse-devenir-enfin-heureux-con-ia-machine-humain-vie-pensee-bonheur

Après des années sous perfusion numérique, l’État français tente enfin le sevrage - Technifree Blog

Mon 13 Apr 2026 - 08:49

À force de confondre modernisation et dépendance sous licence mensuelle, l’administration avait fini par prendre l’habitude de louer sa colonne vertébrale technologique. Cette fois, la DINUM promet une désintoxication en bonne et due forme : Linux, outils souverains, cloud européen, plans ministériels et sortie progressive des dépendances extra-européennes. Reste à voir si l’État veut vraiment reprendre la main, ou juste changer le vocabulaire de sa soumission..

Il y a à peine un mois, on rappelait ici même que pour certaines administrations, la souveraineté numérique ressemblait surtout à un slogan décoratif, soigneusement accroché au mur pendant qu’on renouvelait tranquillement les dépendances aux outils américains. Et voilà que, le 8 avril 2026, l’État français nous annonce avec une solennité retrouvée qu’il va désormais réduire ses dépendances numériques extra-européennes, sortir de Windows, migrer vers des outils souverains et demander à chaque ministère de préparer son plan de sevrage technologique d’ici l’automne. Mieux vaut tard que jamais, certes. Mais il faut tout de même saluer la performance : réussir à découvrir en avril que la dépendance est un problème, juste après avoir offert en mars une démonstration grandeur nature du contraire, c’est une forme de synchronisation administrative assez rare.

Cette fois, pourtant, le discours officiel ne se contente pas de repeindre la dépendance en “partenariat stratégique”. Sur le papier, la formule est belle. Dans le réel, elle ressemble surtout à un réveil tardif après une longue sieste sur un oreiller Microsoft, agrémentée de quelques abonnements stratégiques sous perfusion cloud. Mais, pour une fois, l’annonce ne se limite pas à une prose creuse sur “l’innovation”, “l’agilité” et autres mots de séminaire servis tièdes entre deux slides PowerPoint. La DINUM annonce noir sur blanc une sortie de Windows au profit de postes sous Linux. Oui, Linux. Dans l’administration. Le truc qu’on aurait jugé “trop compliqué” hier, avant de découvrir que la dépendance chronique coûte finalement plus cher que la compétence.

Autre signal intéressant, et pas juste symbolique : la Cnam a annoncé la migration de ses 80 000 agents vers des outils du socle numérique interministériel. Traduction en français courant : moins de dépendance aux suites venues d’ailleurs, plus d’outils publics comme Tchap, Visio et FranceTransfert, dans le cadre de LaSuite. Pour une fois, on ne parle pas seulement d’intention, mais d’un déploiement massif dans un opérateur public de premier plan.

À cela s’ajoute une exigence plus structurante : l’État demande désormais des plans concrets sur les postes de travail, les outils collaboratifs, les antivirus, les bases de données, l’intelligence artificielle, la virtualisation et les équipements réseau. Autrement dit, le sujet sort enfin du registre de la posture pour entrer, au moins sur le papier, dans celui de l’exécution.

Le signal politique ne sort pas non plus de nulle part. En janvier, l’État a annoncé la généralisation de Visio comme outil de visioconférence pour les agents publics d’ici 2027. En février, une circulaire sur la commande publique numérique est venue rappeler que l’achat public n’est pas seulement un concours de catalogue ou un festival de dépendance par renouvellement tacite, mais un levier de doctrine et de souveraineté. En mars, la DINUM mettait aussi en avant son bilan cloud 2025 : 84 millions d’euros de commandes, dont 70 % vers des fournisseurs européens, et même 99 % sur le seul périmètre de l’État. Dit autrement : la machine administrative semble enfin comprendre qu’acheter européen n’est pas un folklore de conférence, mais une politique industrielle.

Le communiqué officiel ajoute que chaque ministère devra formaliser d’ici l’automne 2026 son propre plan de réduction des dépendances, avec des axes qui ne laissent guère de place au malentendu : poste de travail, outils collaboratifs, antivirus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation, équipements réseau. En juin, les premières “rencontres industrielles du numérique” doivent même poser les bases d’une alliance public-privé pour la souveraineté européenne. Là encore, au moins, la cible est nommée et le calendrier existe. C’est déjà plus sérieux que la vieille tradition administrative consistant à repeindre une dépendance en “partenariat stratégique”.

Maintenant, il faut rester adulte cinq minutes. Une annonce n’est pas une migration. Une circulaire n’est pas une bascule. Et coller un drapeau européen sur une présentation ne transforme pas magiquement un parc informatique hétérogène, des logiciels métiers dépendants de Windows, des habitudes bureautiques ancrées depuis vingt ans et des marchés publics verrouillés par l’existant en grand écosystème souverain, interopérable, robuste et heureux. Ça, c’est la partie pénible. Celle où il faut former, accompagner, financer, migrer, documenter, maintenir et tenir face au lobbying des géants installés. Le genre de travail ingrat que les grandes déclarations aiment beaucoup moins.

C’est d’ailleurs là que le sujet devient réellement intéressant. La souveraineté numérique ne se résume pas à remplacer Windows par Linux ou Teams par Visio pour faire une belle photo de famille républicaine. La vraie souveraineté, c’est la capacité à maîtriser ses choix, ses coûts, ses données, ses standards, ses dépendances, ses cycles d’évolution et ses risques. En clair : la souveraineté, ce n’est pas du patriotisme PowerPoint. C’est de l’architecture, de la commande publique et une volonté politique qui accepte enfin de se frotter au réel.

Alors oui, il y a de quoi sourire en coin. Parce qu’il est tout de même fascinant de voir l’État découvrir avec gravité que dépendre d’outils dont il ne maîtrise ni les règles, ni les tarifs, ni les évolutions, ni les risques, ce n’est pas exactement idéal. Une révélation presque mystique. Il ne manquerait plus qu’on découvre que l’interopérabilité est utile, que le logiciel libre n’est pas une lubie de barbus, et que la souveraineté technologique coûte souvent moins cher que la soumission confortable.

Mais, pour une fois, le fond mérite mieux que le cynisme facile. Car si l’administration tient réellement sa ligne, si la sortie de Windows n’est pas enterrée dans six mois au nom du “pragmatisme”, si les plans ministériels de l’automne ne sont pas des catalogues d’intentions sans budget, et si la commande publique cesse enfin d’être le tapis rouge des dépendances importées, alors il se passera peut-être quelque chose d’inhabituel en France : un État qui arrête de commenter sa dépendance et commence réellement à la démonter.

Ce serait presque subversif.

Sources : Numérique.gouv

RGPD souveraineté-numérique
https://technifree.com/fOfO/blog_post.php?id=402

La souveraineté numérique, c’est pour les autres selon l'éducation nationale - Technifree Blog

Wed 1 Apr 2026 - 11:41

Il y a des administrations qui prétendent préparer l’avenir. Et puis il y a l’Éducation nationale, qui regarde la souveraineté numérique comme un fumeur regarde son dernier paquet: avec une petite honte dans le regard, certes, mais surtout avec la ferme intention d’en racheter un autre juste après.

Pendant que l’État explique partout qu’il faut du cloud de confiance, de la maîtrise, de la résilience, des formats ouverts et si possible éviter de se jeter nu dans les bras d’acteurs soumis à des lois extra-européennes, le ministère de l’Éducation nationale a donc choisi de prolonger son histoire d’amour toxique avec Microsoft. Quatre ans de plus. Une belle démonstration de cohérence publique, cette discipline française qui consiste à écrire une doctrine d’un côté et à la piétiner de l’autre en réunion achat.

Le plus délicieux dans l’affaire, c’est que le problème n’est même plus caché sous le tapis. Il est écrit noir sur blanc dans les textes, les réponses ministérielles et les rappels officiels. La doctrine “cloud au centre” place la protection des données et la continuité du service public au cœur de l’architecture numérique de l’État. La CNIL rappelle elle aussi qu’en matière de données sensibles, notamment quand des mineurs sont concernés, il faut privilégier des prestataires exclusivement soumis au droit européen et elle souligne que la qualification SecNumCloud répond précisément à cet enjeu de protection face aux accès (pour ne pas dire excès) par des autorités étrangères.

Or l’Éducation nationale, ce n’est pas exactement un club de pétanque stockant des recettes de quiche Lorraine. On parle de données pédagogiques, administratives, d’identités, d’organisations, de comptes, de documents, bref, tout ce qui fait tourner un service public géant qui gère des millions d’élèves, d’enseignants et d’agents. Et dans ce contexte, continuer à s’adosser massivement à un écosystème américain, soumis de près ou de loin à la logique extraterritoriale des États-Unis, ce n’est pas du pragmatisme. C’est de la dépendance maquillée en “réalisme opérationnel”. La vieille technique du junkie fonctionnel: “non mais j’arrête quand je veux, c’est juste que là ce n’est pas le bon moment, il y a les examens, les budgets, les usages, Mercure rétrograde et la DRH n’est pas prête”.

Le plus savoureux, donc le plus consternant, c’est que le ministère sait déjà tout cela. Une réponse officielle publiée en 2022 rappelait que, s’agissant d’Office 365, le ministère avait informé les recteurs de la doctrine “cloud au centre”, de la position de la DINUM et de l’avis de la CNIL, et avait demandé d’arrêter tout déploiement ou extension des solutions Microsoft et Google qui seraient contraires au RGPD. Oui, vous avez bien lu. On a donc un État qui explique: “attention, ne faites plus ça”, puis qui signe tranquillement un gros accord pour continuer à faire exactement ça à grande échelle. Les élèves apprennent la dissertation, l’administration, elle, perfectionne la figure du grand écart.

Et ce n’est pas comme si le contrat était un petit dépannage discret passé un vendredi soir. L’avis d’attribution publié au BOAMP mentionne une valeur maximale de 152 millions d’euros, pour une valeur approximative de 74,72 millions. Le lot principal monte à 130 millions d’euros maximum. Le marché a été conclu le 7 mars 2025. Donc pas un reliquat oublié dans un tiroir, non. Un vrai choix structurant. Assumé. Documenté. Budgété. Le genre de décision qui dit en substance: “la souveraineté, c’est formidable en colloque, mais quand il faut agir, on reprend la perfusion.” Les défenseurs de cette prolongation sortiront, comme toujours, la litanie des excuses en costume-cravate. Les agents utilisent déjà ces outils. Les processus métiers sont bâtis autour. Les équipes sont formées. Les macros existent. Les connecteurs existent. Les habitudes existent. Tout cela est vrai. Et c’est précisément ça, la définition d’une dépendance. Quand un fournisseur devient tellement imbriqué dans vos usages que son remplacement paraît impensable, ce n’est pas une preuve de qualité stratégique. C’est un signal d’alarme. On ne mesure pas la robustesse d’un système au confort de la captivité.

Le plus ironique, c’est que des alternatives publiques et souveraines existent déjà, au moins pour amorcer une trajectoire sérieuse. La Suite, portée par l’État, se présente explicitement comme un espace de travail ouvert et souverain pour les agents publics. La DINUM a même encore renforcé en 2026 cette dynamique en parlant de résilience, d’autonomie stratégique et d’outils bureautiques souverains et sécurisés. Donc l’alternative n’est pas un conte pour administrateurs barbus vivant dans une cave avec du Mate tiède. Elle existe. Elle progresse. Elle est pilotée publiquement. Ce qui manque, ce n’est pas la possibilité. C’est le courage politique de sortir du pilotage par inertie.

Il y a aussi un autre détail amusant, dans cette grande comédie française du numérique. Le Code de l’éducation prévoit depuis 2013 que, dans le service public de l’enseignement supérieur, les logiciels libres sont utilisés en priorité. Formulation magnifique, presque poétique. “En priorité.” Deux mots splendides, qu’on imagine gravés dans le marbre, puis recouverts aussitôt par un bon gros bon de commande Microsoft. L’État adore les principes. Surtout quand ils ne l’obligent à rien.

Au fond, le problème n’est même plus Microsoft. Microsoft fait du Microsoft. Une entreprise américaine vend ses outils, verrouille son écosystème, pousse ses abonnements, occupe le terrain et encaisse. C’est son métier. Le vrai problème, c’est un État français qui parle souveraineté comme on parle diète entre deux fast-foods. On nous explique qu’il faut des communs numériques, des solutions de confiance, des garanties, de l’interopérabilité, de la réversibilité, des offres européennes. Et puis, dès qu’il faut passer de la parole au contrat, tout le monde redevient subitement amnésique. La souveraineté numérique version administration française, c’est le végan qui finit au drive parce qu’“en ce moment c’est compliqué”.

Le pire, c’est que cette dépendance n’est pas seulement une question de principe ou de pureté idéologique. Elle touche à la continuité pédagogique, à la résilience du service public, à la protection des données, et à la capacité d’un ministère à ne pas se retrouver un jour tétanisé par une décision politique, juridique ou commerciale prise ailleurs. La doctrine de l’État elle-même insiste sur la continuité du service public et la confiance des citoyens. La CNIL rappelle que, pour les données sensibles, notamment celles liées à des mineurs, la soumission à un droit extra-européen reste un risque sérieux. Donc non, ce n’est pas un débat de libriste à sandales. C’est un sujet d’intérêt public majeur.

Le plus pathétique dans cette affaire, c’est l’habituel chantage au “oui mais on ne peut pas changer du jour au lendemain”. Personne de sérieux ne demande un grand soir informatique où l’on désinstalle tout à 8h05 avant la récréation. Ce qu’on demande, c’est une trajectoire. Un plan. Des paliers. Des clauses de réversibilité musclées. Du format ouvert par défaut. Une stratégie de sortie progressive. Des pilotes crédibles. Des outils de secours. Bref, exactement ce qu’une administration responsable ferait si elle considérait vraiment sa dépendance comme un problème au lieu de la traiter comme un mode de vie.

Parce qu’au fond, c’est bien ça le nœud du dossier. Ce contrat n’est pas seulement un marché public. C’est un aveu. L’aveu qu’en 2026, malgré les discours sur l’autonomie stratégique, malgré les alertes sur le Cloud Act, malgré les rappels sur les données sensibles, malgré les outils souverains qui émergent, l’État continue de préférer la facilité de la dépendance à l’effort de la maîtrise. C’est plus simple. Plus confortable. Plus familier. Comme toutes les mauvaises habitudes qu’on prétend combattre, tant qu’elles n’ont pas encore provoqué la panne humiliante en pleine lumière. En résumé: l’Éducation nationale enseigne peut-être l’esprit critique aux élèves, mais pour son propre numérique, elle vient surtout de leur offrir un magnifique cours de dissonance cognitive appliquée.

La souveraineté numérique à la française, ce n’est donc pas un cap. C’est un poster dans un bureau ministériel. On le laisse au mur pour la photo puis on signe le renouvellement du dealer juste après.

Sources :
Médiapart
01.net
DailyDigital.fr

RGPD souveraineté-numérique
https://technifree.com/fOfO/blog_post.php?id=396

Qu'est-ce qui est pété quand les USA sont bloqués ? - Autonoïd

Sun 29 Mar 2026 - 11:12

On parle de notre dépendance aux Etats-Unis et des risques que ça implique. Mais concrêtement, il se passerait quoi si la Maison Blanche "appuyait sur le bouton rouge" ? Ou plus couramment, lorsque de grands acteurs de la tech US tombent en panne ou sont victimes d'attaques ?

Faisons le test ! En interdisant les connexions depuis/vers les Etats-Unis (listes IPdeny), on voit si on peut toujours utiliser les sites web Français/Européens les plus consultés (récap' ici ▶️).

Bien sûr, ce n'est qu'indicatif: ça ne concerne que les connexions, et pas un blocage d'accès à une entreprise par exemple. Mais ça donne une petite idée de la dépendance de nos services usuels (voire critiques) envers les USA. Et ça créé aussi un petit annuaire des sites utilisables, en cas de pépin...
Assez de blabla, voila les résultats !

208 testés 56 marchent 2 réparés

Tous 🟢 Marchent 🔵 Réparés
Nom Résultat Vidéo
20 Minutes
Actualités 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
3 Brasseurs
Tourisme 🟠 Ça coince... (Lent à charger...)
Testé le 03-21-26 ℹ️
Abritel
Tourisme 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Accor hotels
Tourisme 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Action contre la faim
Humanitaire 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Air France
Transports 🟠 Ça coince... (Lent à charger...)
Testé le 03-21-26 ℹ️
Air Liquide
Marque Française 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Airbus
Marque Française 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Allociné
Loisirs 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Alten
Marque Française 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Always Data
Hébergeur 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Ameli
Administration 🔴 C'est pété ! (Pas de sécu sans les USA...)
Testé le 03-22-26 ℹ️ ▶️
ANSSI
Administration 🟢 Ça marche ! (Ouf...)
Testé le 03-21-26
ARCOM
Administration 🟠 Ça coince... (Lent à charger...)
Testé le 03-21-26 ℹ️
ARTE
Média 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Assemblée Nationale
Administration 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Atos
Marque Française 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Au Bureau
Tourisme 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Auchan
Commerce 🔴 C'est pété ! (Mais Auchan-retail.fr fonctionne lui...)
Testé le 03-21-26 ℹ️
BackMarket
Commerce 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Banque de France
Banque 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Banque Populaire
Banque 🔴 C'est pété ! (Sérieux... L'accès aux banques est critique !)
Testé le 03-21-26 ℹ️
Banque Publique d'Investissement
Marque Française 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
BFM TV / RMC
Actualités 🔴 C'est pété ! (On manque de sites d'info en vert dans cette liste)
Testé le 03-21-26 ℹ️
Blabla Car
Transports 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
BNP Paribas
Banque 🔴 C'est pété ! (Sérieux... L'accès aux banques est critique !)
Testé le 03-21-26 ℹ️ ▶️
Boulanger
Commerce 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
BoursoBank
Banque 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Boursorama
Actualités 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Bouygues Telecom
Telecoms 🟠 Ça coince... (Lent à charger...)
Testé le 03-21-26 ℹ️
CAF
Administration 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Caisse d'Epargne
Banque 🔴 C'est pété ! (Sérieux... L'accès aux banques est critique !)
Testé le 03-21-26 ℹ️
Campanile
Tourisme 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Canal+
Média 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Capgemini
Marque Française 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Carrefour
Commerce 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Castorama
Commerce 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
CDiscount
Commerce 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Centre des Monuments Nationaux
Tourisme 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Centre Pompidou
Tourisme 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Château de Versailles
Tourisme 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
ChronoDrive
Commerce 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
CIC
Banque 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Cité des sciences et de l'industrie
Tourisme 🔴 C'est pété !
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Citroën
Marque Française 🟠 Ça coince... (Lent à charger...)
Testé le 03-21-26 ℹ️
CNews
Actualités 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
CNIL
Administration 🔴 C'est pété ! (Euh vraiment ?)
Testé le 03-21-26 ℹ️ ▶️
Conseil Constitutionnel
Administration 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Courses U
Commerce 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Coyote
Service 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Crédit Agricole
Banque 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Credit Mutuel
Banque 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Croix-Rouge Française
Humanitaire 🟠 Ça coince... (Lent à charger et pas d'images...)
Testé le 03-21-26 ℹ️
Crypt Pad
Service 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Dailymotion
Divertissement 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Darty
Commerce 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Dassault
Marque Française 🔴 C'est pété ! (Bon au moins les Rafales sont indépendants eux...)
Testé le 03-21-26 ℹ️
Décathlon
Commerce 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Deezer
Divertissement 🔴 C'est pété ! (Dommage qu'ils ne se démarquent pas sur le plan de la souveraineté...)
Testé le 03-21-26 ℹ️
Disneyland Paris
Tourisme 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Doctolib
Service 🔵 Ça marche (réparé) !
Testé le 03-21-26 / Réparé le 03-21-26
Ecosia
Service 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
EDF
Marque Française 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️ ▶️
Présidence de la République
Administration 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️ ▶️
Emmaüs France
Humanitaire 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Europe 1
Radio 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Eurosport
Média 🟢 Ça marche ! (Articles accessibles mais les vidéos ne marchent pas...)
Testé le 03-21-26
Fnac
Commerce 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Fondation de France
Humanitaire 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Foot Mercato
Actualités 🔴 C'est pété !
Testé le 03-21-26 ℹ️
Fraispertuis-City
Tourisme 🟢 Ça marche !
Testé le 03-21-26
Française des Jeux
Marque Française 🟠 Ça coince... (Pas d'images...)
Testé le 03-21-26 ℹ️
France 24
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Société Générale
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Sopra Steria
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Spotify
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Taxis G7
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TF1
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Thales
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Trivago
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Vulcania
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Walibi Rhone Alpes
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Walygator Parc
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Zoo Parc Beauval
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(Pas besoin d'expliquer pourquoi les sites de Google, Microsoft, Meta, Apple, Amazon etc ne sont pas dans cette liste, hein... 😉)

souveraineté-numérique
https://www.autonoid.org/#videos

Tests ADN récréatifs : Ce que l’on vous cache sur vos origines et vos données - Ballajack

Tue 24 Mar 2026 - 15:03

Aujourd’hui, il suffit de cracher dans un tube et de l’envoyer par la poste pour qu’une entreprise vous révèle vos prétendues « origines génétiques ». Des millions de personnes cèdent à cette mode des tests ADN récréatifs dans l’espoir de découvrir des ancêtres exotiques ou de lointains cousins. Pourtant, derrière cette promesse alléchante se cachent des réalités scientifiques, sociologiques et informatiques beaucoup moins séduisantes. Avant de commander votre kit, voici ce que vous devez absolument savoir sur le traitement de votre patrimoine génétique.

🔬 Une analyse infime : Seulement 0,02 % de votre ADN au crible

Lorsque vous envoyez votre salive, les laboratoires ne décodent pas l’entièreté de votre génome. En réalité, tous les êtres humains partagent 99,9 % de leur ADN. Analyser cette part commune serait inutile et coûteux.
Les entreprises se concentrent donc uniquement sur les 0,1 % qui nous différencient. Et même dans cette infime fraction, elles ne gardent que ce qui leur semble pertinent. Au final, c’est environ 0,02 % de votre ADN qui est réellement analysé.
Pour vous donner un ordre d’idée, si votre ADN représentait une année complète de 365 jours, ces 0,02 % correspondraient à seulement 1 heure et 45 minutes. Les pourcentages d’origines que vous recevez ne reflètent donc qu’une vision extrêmement partielle de votre biologie.

🌍 Des origines géographiques basées sur des probabilités floues

Comment ces entreprises déterminent-elles que vous êtes « 40 % Scandinave » ou « 20 % Italien » ? Elles comparent votre échantillon à des groupes de référence. Ces groupes sont constitués de personnes actuelles ayant déclaré que leurs parents et grands-parents vivaient dans la même région.
Vos résultats ne sont donc pas une vérité historique absolue, mais plutôt une estimation algorithmique mesurant à quel point vos 0,02 % d’ADN ressemblent à ceux de populations contemporaines. Ces résultats peuvent d’ailleurs varier radicalement d’une entreprise à l’autre en fonction des algorithmes utilisés et de la taille de leurs bases de données.
De plus, le patrimoine génétique se divisant par deux à chaque génération, vous perdez irrémédiablement l’empreinte génétique de nombreux ancêtres au fil du temps.

⚠️ Les dérives sociétales : Entre stéréotypes et racisme involontaire

L’un des impacts les plus pervers de ces tests ADN est psychologique et sociétal. En cherchant à « biologiser » nos origines, ces tests donnent un poids artificiel au concept de « race humaine », qui est pourtant une construction purement sociale et non biologique. Sur le plan génétique, il n’y a aucun marqueur propre à une couleur de peau ou à une prétendue « race ».
Les tests encouragent également une vision stéréotypée de l’identité. Par exemple, découvrir des origines scandinaves pousse certains individus à s’identifier aux « Vikings » pour justifier un tempérament prétendument conquérant ou viril, calquant ainsi des mythes culturels sur des résultats génétiques. Or, notre identité est avant tout façonnée par notre environnement, notre culture et notre sociabilisation, bien plus que par nos gènes.

🔒 Sécurité informatique et vie privée : Votre ADN ne vous appartient plus

C’est sur le terrain de la cybersécurité et de la confidentialité que ces tests deviennent véritablement inquiétants. Contrairement à un mot de passe, votre ADN ne peut pas être modifié s’il est piraté.
Fuites de données : En 2023, la célèbre entreprise 23andMe a été piratée, exposant les informations (noms, généalogie, géolocalisation) de 6,9 millions d’utilisateurs. L’entreprise a ensuite fait faillite et ses actifs (donc vos données) ont été revendus pour des millions de dollars à l’industrie pharmaceutique.
Profilage et discriminations : Dans certains pays comme la Nouvelle-Zélande, les compagnies d’assurance peuvent utiliser ces données pour augmenter vos cotisations.
L’implication de votre famille à son insu : Même si vous ne faites pas le test, vos proches peuvent vous compromettre. Les scientifiques estiment que si seulement 2 % d’une population fait un test ADN, il est possible d’identifier 90 % de cette même population en remontant jusqu’aux cousins éloignés. C’est d’ailleurs ainsi que la justice américaine a pu retrouver des criminels comme le Golden State Killer.

Conclusion

Si la génétique moderne fait des miracles dans le domaine médical (comme le dépistage de certaines maladies), son utilisation à des fins récréatives soulève d’immenses problèmes éthiques, scientifiques et sécuritaires.
En France, la réalisation de ces tests à des fins généalogiques reste illégale et passible de 3 750 € d’amende, une législation qui nous protège encore aujourd’hui du profilage génétique sauvage.

Avant de céder à la curiosité de connaître vos origines, gardez en tête cette règle d’or en matière de cybersécurité et de vie privée : la donnée la plus sécuritaire est celle qui n’est jamais produite.

Généalogie génétique
https://www.ballajack.com/tests-adn-recreatifs-cache-sorigines-donnees

L'écologie de guerre totale | Le Grand Continent

Tue 24 Mar 2026 - 12:46

En accélérant la trajectoire impériale des États-Unis, Donald Trump vient-il de saboter les infrastructures fossiles globales ?
Si Trump est une ruse de la raison éco-terroriste — quelle histoire pouvons-nous raconter ?

Une pièce de doctrine signée Pierre Charbonnier.

https://legrandcontinent.eu/fr/2026/03/24/ecologie-de-guerre-totale-charbonnier/

Résister à Trump au Groenland : la doctrine Muselier - Le grand continent

Sat 10 Jan 2026 - 07:41

Publié par Raphaël Llorca le 10 janvier 2026
*24 décembre 1941, Atlantique Nord. Il est trois heures du matin, il fait un froid glacial. Au large de Terre-Neuve, l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon est encore plongé dans la nuit. À la sortie du port, le capitaine d’un petit chalutier n’en croit pas ses yeux : il vient de croiser quatre bâtiments de guerre — trois corvettes et un imposant croiseur sous-marin, coiffé d’un énorme canon. À l’avant, un pavillon claque au vent : bleu blanc et rouge, frappé de la croix de Lorraine en son centre — le drapeau des Forces navales françaises libres.-
De gaulle et Muselier
L’entrée dans le port se fait en quelques minutes, et suit un plan bien ordonné.
Une première corvette, la Mimosa, reçoit l’ordre de verrouiller le secteur des douanes ; une deuxième, l’Alysse, file vers le vieux bâtiment des douaniers pour en prendre possession ; la troisième, l’Aconit, se place à l’embarcadère, en couverture. Le sous-marin Surcouf, lui, reste en sentinelle à l’entrée du port.
Si, comme l’écrivait Malaparte 1, le coup d’État est une technique, alors ceux qui exécutent les manœuvres dans ce port la maîtrisent à la perfection.
Bientôt, vingt-cinq hommes armés débarquent et prennent méthodiquement possession des lieux stratégiques : la centrale téléphonique, la station de radio, le poste du câble transatlantique, puis la gendarmerie et les bureaux du gouvernement. Le seul gendarme croisé à cette heure avancée de la nuit se rend sans résistance.
En moins d’une demi-heure, sans un coup de feu tiré, l’affaire est pliée : Saint-Pierre-et-Miquelon devient le premier territoire libéré par la France libre. Comme une traînée de poudre, la nouvelle du débarquement se répand en ville.

Les premiers habitants enthousiastes sortent de leur lit, bottés, emmitouflés, se massent le long des bassins enneigés pour crier : « Vive de Gaulle ! »
Un militaire s’avance, un haut gradé. C’est lui, comprend-t-on, qui a conduit l’opération.
L’amiral Émile Muselier déplie une feuille et lit d’une voix calme une déclaration solennelle à la population :

« Habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon : conformément aux ordres du général de Gaulle, je suis venu pour vous permettre de participer librement et dans l’ordre au plébiscite que vous réclamez depuis si longtemps. Vous aurez à choisir entre la cause de la France libre et la collaboration avec les puissances qui affament, humilient et martyrisent notre patrie. Je ne doute pas que le plus ancien de nos territoires d’outre-mer, se rangeant aux côtés de la Grande-Bretagne, des États-Unis, du Canada, des autres Alliés, ne manifeste en masse sa fidélité aux traditions d’honneur et de liberté qui ont toujours été l’orgueil de la France. Vive la France ! Vivent les Alliés ! » 2

Le lendemain, jour de Noël, tous les hommes de plus de dix-huit ans sont appelés aux urnes.
À 17h30, sur la place centrale de la ville, anciennement appelée place Napoléon et bientôt rebaptisée place du général de Gaulle, l’amiral Muselier annonce les résultats.
Muselier utilise le référendum comme une arme diplomatique — et la mise en scène démocratique sert de piège moral tendu à l’allié.
Le verdict est sans appel : 783 voix pour la France libre, 14 voix pour la collaboration avec les puissances de l’Axe, 215 bulletins nuls 3.
98 % des votes exprimés ont émis le souhait de rejoindre les rangs des gaullistes, c’est un plébiscite.

Alain Savary, qui deviendra quarante ans plus tard ministre de l’Éducation de François Mitterrand, se voit chargé de l’administration temporaire de l’île.
Plusieurs prisonniers, soupçonnés de fidélité à Vichy, sont finalement relâchés. « Comme cadeau de Noël, leur dit l’amiral Muselier, la France libre vous offre ce qu’elle peut vous accorder : la liberté. » 4

La souveraineté n’est pas divisible

Quelle mouche a piqué le général de Gaulle pour qu’il décide d’envoyer, depuis Londres, une flottille militaire traverser l’Atlantique ?
Pour le comprendre, il faut se replonger dans le contexte géopolitique de l’époque.
Après l’armistice de juin 1940, Saint-Pierre-et-Miquelon, petit territoire français en Amérique du Nord — 240 kilomètres carrés, 4 600 habitants, à l’entrée de l’estuaire du Saint-Laurent — passe sous l’autorité du régime de Vichy. Le gouverneur-résident, le baron de Bournat, est décrit comme « marié à une Allemande et un puissant partisan du gouvernement de Vichy » 5. Sur le plan stratégique, l’archipel devient alors, mécaniquement, un point d’appui possible pour l’effort de guerre de l’Axe, notamment par le biais de ses moyens de communication.
Saint-Pierre est une station du câble transatlantique, et dispose d’un puissant émetteur radio.
Dans une guerre de l’Atlantique obsédée par la chasse aux convois, c’est un problème crucial : les Britanniques craignent qu’une enclave vichyste puisse renseigner les sous-marins allemands sur les routes, les horaires, la météo, les mouvements. La situation est concrètement très délicate : les Alliés peuvent-ils durablement accepter qu’une enclave potentiellement ennemie soit utilisée par l’Axe à l’entrée du continent américain ?

Dès la mi-1940, la question remonte donc à Ottawa et à Londres. Des pourparlers au sujet de Saint-Pierre-et-Miquelon sont entamés. L’ambassadeur américain au Canada, Jay Pierrepont Moffat, discute d’un projet d’occupation des îles avec les autorités canadiennes ; le Premier ministre Mackenzie King y renonce — redoutant qu’une intervention directe dans les îles ne détériore une situation diplomatique déjà instable.
En parallèle, Vichy cherche à sanctuariser ses possessions américaines.
En juillet 1940, Pétain obtient de Roosevelt une assurance : les États-Unis « ne reconnaîtront pas de changement de souveraineté des colonies des puissances européennes dans l’hémisphère occidental », et entendent les voir demeurer neutres. À ce moment, Washington n’est pas encore entré en guerre : la priorité américaine est de stabiliser son voisinage et de préserver ses marges de manœuvre diplomatiques.
Mais à mesure que les hostilités progressent, les Canadiens s’inquiètent de plus en plus du « nœud » saint-pierrais.

Le 3 novembre 1941, le gouvernement américain est informé de l’arrivée prochaine à Saint-Pierre de chargés de mission qui auraient à surveiller tous les messages envoyés et reçus. Pour Washington, la ligne rouge est atteinte : le département d’État américain envisage une expédition américano-canadienne visant à neutraliser le poste radio de Saint-Pierre.

De Gaulle ne « gagne » pas parce qu’il est plus fort ; il gagne parce qu’il refuse de parler comme un obligé. Raphaël Llorca

Informé, le général de Gaulle s’indigne de la perspective d’une intervention étrangère sur un territoire français.
Il comprend qu’il est confronté à un choix : une reprise française de Saint-Pierre-et-Miquelon, ou une mise sous tutelle alliée. Il ordonne alors à l’amiral Muselier, commandant en chef des Forces navales françaises libres, d’appareiller sur le champ, sans obtenir l’accord de Washington.
Dans ses Mémoires de guerre, le général de Gaulle a cette formule : « Je tenais cet accord pour souhaitable, mais non indispensable, puisqu’il n’y avait là qu’une affaire intérieure française. » 6
Nous sommes ici au cœur de la matrice politique gaullienne : la souveraineté n’est pas divisible, donc elle ne se « partage » pas au gré des circonstances.
La logique du Général est celle d’un refus de précédent.
Si l’on admet qu’un débarquement peut se faire dans un territoire français sans les Français, on acte, au fond, que la France est un problème de police pour ses alliés — et non plus un sujet politique.
De Gaulle fixe alors un principe : on peut être dépendant militairement sans être soluble diplomatiquement.

Cette décision prendra toute sa portée au moment de la libération du territoire métropolitain, mais sa grammaire est déjà posée à l’hiver 1941.

Tempête diplomatique

À peine l’archipel « basculé », la nouvelle fait le tour du monde — au point d’être reprise, le 25 décembre 1941, en une du New York Times.

Dans son récit très enthousiaste des événements, Ira Wolfert, qui recevra deux années plus tard le prestigieux prix Pulitzer pour ses reportages de guerre dans le Pacifique, n’hésite pas à parler d’une « démonstration de force » :

« Les Forces françaises libres ont montré qu’elles avaient conservé la maîtrise de cet art militaire qu’une grande partie du monde pensait enseveli par les divisions de Panzer allemandes. L’expédition fut montée dans le plus grand secret, en rassemblant des moyens venus de multiples horizons. L’amiral Muselier et son état-major se rendirent sur zone depuis l’Angleterre à bord d’une corvette de 1 100 tonnes ; il affronta ce que ses compagnons de bord décrivirent comme ‘la pire tempête’ que l’Atlantique Nord ait connue cette année. » 7

Quelques années plus tard, l’historien Robert Aron parlera, lui, du « putsch de Saint-Pierre-et-Miquelon » 8 : un terme rugueux, mais révélateur de la perception de certains contemporains. Non pas une simple opération navale, mais une prise de pouvoir par surprise dans une zone que Washington entend traiter comme un prolongement de sa sécurité nationale — dans la tradition de la « doctrine Monroe » théorisée près de cent vingt ans plus tôt.

Inévitablement, l’événement provoque le courroux américain.
Les États-Unis viennent tout juste d’entrer en guerre aux côtés des Alliés après l’attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941 — trois semaines seulement auparavant — et voilà l’autorité du puissant allié contestée dans sa propre zone d’influence.
Le 25 décembre, le Secrétaire d’État américain, Cordell Hull, écourte ses vacances et rentre précipitamment à Washington.
Il publie un communiqué cinglant : l’action des « so-called Free French ships » est qualifiée d’« arbitraire », et dénoncée comme contraire à l’accord de toutes les parties intéressées, « sans que le gouvernement des États-Unis en ait eu connaissance ou ait exprimé son approbation ». Il demande ensuite au Canada de prendre des mesures pour « restaurer le statu quo dans l’archipel ». Autrement dit : le communiqué n’exprime pas seulement une réprobation, c’est une mise en demeure au Canada de remettre l’archipel au gouvernement de Vichy.

Au même moment, Winston Churchill se trouve en visite à Québec en compagnie du président Roosevelt.
Dans ses Mémoires de guerre, le Premier ministre britannique rapporte que l’expression « so-called » est très mal reçue par l’opinion publique américaine, qui y voit une contestation de la légitimité même de la France libre. L’effet boomerang est immédiat : une partie de la presse américaine se retourne contre Hull 9. Dans un éditorial publié dans Nation 10, Freda Kirchwey accuse le Secrétaire d’État de « poursuivre avec un entêtement ridicule sa politique de complaisance vis-à-vis de Vichy », et voit dans « la répudiation de la France libre à Saint-Pierre-et-Miquelon […] le symbole le plus effrayant de notre déchéance morale ».

L’incident fissure le récit d’unité que Roosevelt cherche à installer au lendemain de Pearl Harbor : Saint-Pierre-et-Miquelon devient l’objet d’une querelle de légitimité au sein même du front allié.

Début janvier 1942, une proposition présentée comme une offre de compromis par le départment d’État est adressée au Comité de la France libre : une mission canadienne surveillerait les moyens de communication de Saint-Pierre, tandis que les troupes de la France libre seraient priées de quitter l’archipel. L’objectif : une neutralisation stratégique des îles et l’indépendance de l’administration par rapport à de Gaulle. Pour y parvenir, les États-Unis passent par l’entremise du gouvernement britannique. À Londres, le ministre des Affaires étrangères britannique, Anthony Eden, vient trouver le Général, pour lui annoncer que les États-Unis songeaient à envoyer à Saint-Pierre un croiseur et deux destroyers.

La suite de l’échange, rapportée par de Gaulle, sonne comme une scène de théâtre politique :

« ‘Que ferez-vous, en ce cas ?’ me dit-il — Les navires alliés, répondis-je, s’arrêteront à la limite des eaux territoriales françaises et l’amiral américain ira déjeuner chez Muselier qui en sera certainement enchanté. — Mais si le croiseur dépasse la limite ? — Nos gens feront les sommations d’usage. — S’il passe outre ? — Ce serait un grand malheur, car, alors, les nôtres devraient tirer.’ M. Eden leva les bras au ciel. ‘Je comprends vos alarmes, concluai-je en souriant, mais j’ai confiance dans les démocraties.’ » 11

Dire qu’on tirera n’est pas une fanfaronnade : c’est définir, par les mots, ce qui relève de l’inacceptable — même sous protection, même dans un rapport de force défavorable, même dans une asymétrie de puissance manifeste.

Le cas de Saint-Pierre-et-Miquelon rappelle une vérité élémentaire : la première puissance est grammaticale. Raphaël Llorca

Au moment précis où l’Amérique devient l’allié indispensable, de Gaulle refuse de traiter sa souveraineté comme une variable d’ajustement.
Il ne « marchande » rien, ne relie pas tous les sujets entre eux : il isole une ligne rouge, indépendamment du reste, et accepte l’idée d’une friction avec Washington, parce qu’il juge que céder ici, c’est préparer d’autres renoncements.

Sur place, Muselier se démultiplie, et comprend très vite que la bataille se joue aussi dans l’opinion publique américaine.
Aidé par Wolfert, le journaliste du New York Times gagné à sa cause, il réalise plusieurs enregistrements à destination des États-Unis.
Dans l’un d’eux, il durcit le registre jusqu’à l’absolu, en nouant explicitement Saint-Pierre-et-Miquelon à l’idée de « démocratie » :
« Il n’y a pas de puissance au monde qui puisse chasser mes hommes et moi-même de ces îles tant que nous serons vivants. Pour l’honneur, je résisterai à toute force navale quelle que soit sa puissance. Si, par une circonstance incroyable, une telle tentative devait être faite, alors c’est qu’il n’y aurait plus de démocratie sur la terre, et il ne resterait d’autre solution pour les démocrates que de mourir. Notre sang tacherait l’histoire, la démocratie serait notre linceul et notre tombe. » 12

Les trois leçons de la doctrine Muselier

Avant d’être un épisode d’histoire navale, Saint-Pierre-et-Miquelon est un petit traité de politique en actes. Une leçon de chose : comment, dans l’asymétrie la plus totale, fabriquer de la puissance avec presque rien.
Appelons cela la « doctrine Muselier » : l’art de transformer une opération limitée en événement total — en combinant un geste territorial (prendre), un geste symbolique (montrer), et un geste démocratique (faire voter), de façon à déplacer la bataille du terrain militaire vers celui de l’opinion publique.
De Gaulle y pose la règle, Muselier en orchestre la dramaturgie : ensemble, ils transforment un confetti atlantique en principe de souveraineté.

Trois leçons peuvent être tirées de cet épisode historique.

Première leçon : la puissance des mots — donc des principes.

Qu’est-ce que les mots changent, ne cesse-t-on aujourd’hui de se demander, face au rouleau compresseur américain ? Absolument tout. On parle beaucoup de rapport de force — comme si la force ne s’exprimait que par les moyens.
Mais Saint-Pierre-et-Miquelon rappelle une vérité plus élémentaire : la première puissance est grammaticale. Elle consiste à nommer la ligne rouge, à la rendre intelligible, à l’énoncer de manière irrévocable.
De Gaulle ne « gagne » pas parce qu’il est plus fort ; il gagne parce qu’il refuse de parler comme un obligé. C’est précisément au moment où il est le plus faible qu’il se montre le plus digne et le plus droit.

Deuxième leçon : la métonymie comme stratégie de puissance.

Sur le papier, Saint-Pierre-et-Miquelon n’est pas un objectif militaire majeur. Mais dans les têtes, c’est un symbole.
Pour la France libre, être reconnue et administrer des territoires n’est pas accessoire : c’est la condition pour être un gouvernement et non un simple « mouvement », et donc pour rester audible auprès des Français. Dans cette logique, reprendre un fragment minuscule, c’est rouvrir l’imaginaire du possible : si l’on peut reprendre Saint-Pierre, alors la reconquête de la France n’est plus une abstraction.
Dans sa recension des événements 13, Muselier justifiera la prise de Saint-Pierre-et-Miquelon par deux éléments : « le vent d’espoir qui secouerait la France » et « la valeur de propagande mondiale d’une telle action ». Une partie pour le tout : la preuve par la carte.

Troisième leçon : parler la langue de l’adversaire — et retourner ses mots contre lui.

Dans un espace atlantique dominé par le mot « democracy », Muselier utilise le référendum comme une arme diplomatique — et la mise en scène démocratique sert de piège moral tendu à l’allié.
L’annonce des résultats (98 % des suffrages exprimés pour la France libre) produit une séquence très puissante : l’acte militaire est immédiatement recodé en acte de souveraineté populaire.
Pour les États-Unis, revenir en arrière ne serait plus seulement « rétablir le statu quo », ce serait défaire un vote. La diplomatie se retrouve désarmée par le langage même qu’elle prétend incarner.

La leçon vaut pour aujourd’hui.

Si l’actuel pouvoir américain se raconte dans la rhétorique de la « paix », de l’« arrêt des guerres », jusqu’au fantasme du prix Nobel brandi comme horizon personnel, alors c’est peut-être sur ce terrain symbolique qu’il faut l’entraîner, peut-être, le repousser jusqu’à une limite : le contraindre et l’obliger à choisir entre son récit et ses actes, entre l’image qu’il vend et la réalité qu’il produit.
Sources

Curzio Malaparte, Technique du coup d’État, Paris, Grasset, 1931 (2022).
Cité dans Raoul Aglion, L’Épopée de la France combattante, New York, Éditions de la Maison française, 1943.
« Le ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la  France libre », Collection « Mémoire et Citoyenneté » n°21, Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives, Ministère des Armées.
Cité dans William Hanna, « La prise de Saint-Pierre-et-Miquelon par les forces de la France libre : Noël 1941 », Revue d’histoire de l’Amérique française, Volume 16, n°3, décembre 1962.
Ibid.
Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – Tome 1, L’Appel, Paris, Plon, 1964.
Ira Wolfert, « Take Vichy Colony », The New York Times, 25 décembre 1941.
Robert Aron, Grands dossiers de l’histoire contemporaine, Paris, Librairie Académique Perrin, 1964.
Dans ses propres Mémoires, publiés en 1948, Cordell Hull justifie sa position vis-à-vis de Vichy en expliquant que l’objectif, à l’époque, était d’user de leur influence « pour empêcher la flotte et les bases françaises de tomber aux mains des Allemands, et maintenir des observateurs en France et en Afrique du Nord ».
Freda Kirchwey, « Mr Hull should resign », The Nation, 3 janvier 1942.
Général de Gaulle, Mémoires de guerre – Tome 1, L’Appel, op. cit.
Cité dans la Revue de la France libre, n°276, 4e trimestre, 1991.
Émile Muselier, De Gaulle contre le gaullisme, Paris, Le Chêne, 1946.
France Histoire USA
https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/10/de-gaulle-muselier-resister-a-trump-au-groenland/

Archived Page: The Story Of The French Colonisation of Akaroa | NZETC

Tue 6 Jan 2026 - 15:40

As a fitting narrative to follow the last, the compiler has selected the following account of the French settlement, principally written from information furnished by Mr Wæckerlie, one of the original settlers, who came in the Comte de Paris.

About the year 1820, the adventurous seamen who had hitherto captured the whale in the Northern Ocean, found that the fish were fast decreasing in number, and turned longing eyes to the vast waters of the South Pacific, which voyagers had told them swarmed not only with many varieties of the whale tribe found in the north, hut also with the huge sperm, whose oil was of great value, as well as the spermaceti found in its head. A few soon ventured, and their good reports and great success induced many to follow their example. At first the Cape of Good Hope was chosen as the centre of the operations of those daring men, whose lives were in continual peril, but whose profits we r page 86enormous; but year by year they fished further and further, and the coasts of Australia and New Zealand were soon made tbe scene of their dangerous avocation.

About 1835, before the first representative of England (Captain Hobson) had taken up his residence in Auckland, an adventurous French mariner, named Captain L'Anglois, came on a whaling cruise to these seas, Amongst the many harbours that he visited was the beautiful Bay of Akaroa, the perfect safety of whose sheltered waters went straight to the heart of the rough seaman, after the fierce gales he had encountered in the stormy southern seas. The luxuriant vegetation that everywhere fringed the inlets, showed that the soil was of exceeding fruitfulness; the mighty pines that towered above their meaner fellows gave promise of a vast supply of timber; whilst the innumerable kakas, pigeons, and other native birds, that woke the echoes of the bush with their harmonies and discords, and the fish that swarmed in the waters of the bay, showed that an abundant supply of nutritious food would always be obtainable. So charmed was Captain L'Anglois with the tranquility of the spot, that, with a true Frenchman's love of France, he coveted it for his country, and determined to found a colony on this scene of primeval loveliness. It was in the year 1838 that he first had an opportunity of taking the premier steps in this direction, by purchasing all that part of the Peninsula from the Maoris which lies between Piraki and the Akaroa Heads. Mr Wæckerlie did not know the name of the chief from whom Captain L'Anglois purchased the land, and the price paid for it, but doubtless the amount, was a comparatively small one, (See pages 80 and 81.)

In 1838 Captain L'Anglois returned to France, and on his arrival he told some of his countrymen of the purchase he had made, and the result was the formation of a company to colonize this estate. The company appears to have been encouraged by the French Government, for an old ship of war called the Comte de Paris was lent to Captain L'Anglois to take out any persons who might be desirous of settling on his land, and another armed ship, page 87the L'Aube. was sent to New Zealand beforehand, under the charge of Commodore Lavaud, to project the colonists on their arrival. All this, however, was done quietly, for the English had already settled in parts of the islands, though New Zealand was not proclaimed a British colony till 1841. It was not till the middle of the year 1839 that the company was formed, under the name of the Nantes-Bordelaise Company. The principal people taking an active part were Captain L'Anglois and his brother, M. Jacques L'Anglois, and M. M. St. Croix and Eugene de Belligny. In August, 1839, the company advertised for emigrants in Havre de Gras, offering a free passage and the occupation of five acres of land on arrival, which would become the freehold of the occupier in five years, if cultivated within that time, but if not cultivated it would revert to the company. Each emigrant was also promised provisions sufficient to last eighteen months after landing in the settlement. There does not seem to have been much enthusiasm shown, for it was the first of January, 1840, before some thirty persons left Havre in a steamer bound to Rochefort, whence the Comte de Paris was to sail for the new colony. After an eight days' passage, they arrived at Rochefort only to find that the Comte de Paris was not nearly ready for sea. On the 8th March, 1840, everything was ready for a start, A good many more emigrants had joined at Rochefort, so that at that time there were 65 on board, which, with the officers and crew, made the total number of souls on board the Comte de Paris 105. There were six Germans amongst the emigrants. M. St. Croix de Belligny, who is, it is said, living in Auckland, acted as agent for the company, and by his great affability and skill he appears to have won universal goodwill. There were no stock on board the vessel, not even so much as a cat or dog, but there were choice collections of all sorts of seeds, and a number of carefully selected grape vines.

The start was a most unfortunate one, for the steamer that towed the vessel out missed the channel, and the Comte de Paris stuck in the mud, and had to be lightened page 88of part of her cargo before she could be got off. However, on the 19th March, these difficulties were surmounted, and a fair wind soon took the vessel out of sight of France. The first part of the passage was not eventful, but was very uncomfortable, for the Comte de Paris not only sailed very slowly, but steered very badly. The weather too was very rough, and all on board were glad when a short stay was made at an island in the tropics (probably St. Helena), where fresh provisions, including a bountiful supply of bananas, were procured. Four months after starting, when off the coast of Tasmania, a terrific storm of thunder and lightning was experienced. The lightning first struck the main topgallant and topmasts, and they both carried away. The seamen were terrified at the catastrophe, and great confusion ensued. Immediately orders were given to take all sail off the mizzen mast, but fortunately they were not immediately obeyed, or there would have been great loss of life, for a second flash struck the mizzen mast, and it carried away about eight feet from the deck, and the vessel broaching to it in the trough of the sea nearly capsized. Captain L'Anglois and his crew were, however, equal to the emergency. They cut away the wreck and rigged jury masts, and a month later they were off the Peninsula. Here two of the immigrants died, and, as their friends were desirous that they should be buried on land, the vessel anchored in Pigeon Bay, where the remains of the unfortunate colonists were interred on the beach. It was a primitive burial, and all traces of the graves have long since been swept away. Captain L'Anglois was anxious before entering Akaroa Harbour to ascertain if Commodore Lavaud had arrived there, and taken possession of the place, as previously arranged, so he despatched a whaleboat from Pigeon Bay for that purpose. Four days later the boat returned with the distressing intelligence that there was no sign of the frigate. On the 14th August the Comte de Paris sailed from Pigeon Bay, and anchored at Akaroa Beads on the 15th, and despatched another boat up the harbour in search of the lagging Commodore. This time the search was successful, for page 89they found the vessel had arrived, and the frigate's launch was sent to tow the Comte de Paris up the harbour. Very lucky it was for those on board that such was the case, for there was a heavy sea running at the Heads, and one of the flukes of the anchor had broken, and the vessel had drifted close to the rocks. However, the frigate's boat soon had her in tow, and once inside the Heads all difficulties were passed, and tbe following morning found her safe anchored off the future town of Akaroa, All on board were delighted and astonished at the delightful prospect, and the colonists were determined not to spend another night on board the ship, so all the spare sails and canvas were taken ashore, tents hastily rigged, and the wearied voyagers reposed that night where the Akaroa Mail office used to stand (now the property of Mr Joseph Hammond). The morning of the 17th was calm and beautiful, and the colonists were pleasantly awakened at the first dawn of day by the notes of innumerable birds.

A strange circumstance had been noticed by the new arrivals in coming up the harbour. When the Comte de Paris was towed past Green Point, mar where Mrs. J. C. Buckland's residence now stands, all on board saw a small group of men surrounding a flagstaff, from which flew gaily in the morning breeze" the Union Jack of Old England." Such a sight naturally surprised and disturbed the new comers, but they were told it meant nothing, but was merely a piece of vain glory on the part of two or three Englishmen who happened to be whaling in the vicinity. The real facts of the case, however, were by no means so unimportant as was represented, It appears that Commodore Lavaud, on his way from England, touched at Auckland, and that whilst his vessel was lying in the calm waters of the Waitemata, Captain Hobson, who then represented British interests in the north, though New Zealand had not been made an English Colony, entertained them right royally. It appears that in an unguarded moment the Commodore let out the secret of the French expedition to Akaroa, and what was more injudicious, spoke with rapture of the beauty of Akaroa page 90the soil, and other natural advantages. Now Captain Hobson was a man of action and of foresight, He saw that New Zealand had a great future before it, and was anxious that when it was made a jewel of the British Crown, it should be without a flaw, He then called in stratagem to his aid. and whilst the gay Frenchmen were enjoying themselves ashore after their weary voyage, a small brig of war, named the Britomart, was secretly despatched under the charge of Captain Stanley, conveying Mr. Robinson, who was instructed to make the bast of his way to Akaroa, and, if possible, hoist the English flag there before the French arrived. Meanwhile, Commodore Lavaud appears to have been in no hurry to reach his destination, for he knew the sailing qualities of the Comte de Paris, and did not think she could arrive here till the end of August. Besides, the company was good, and he knew Akaroa was only a beautiful wilderness at the bast, so it was early in August before the L'Aube sailed down the east coast and passed through Cook Straits on her way to the Peninsula, Meanwhile, Mr. Robinson and hia expedition had not had a very good time of it, and it was with very desponding hearts that on the 10th August they reached Akaroa, for they feared the French must have been before them and taken possession of the place. What was their delight then to find that no foreign keel had ploughed the waters of the bay. No time was lost, the English flag was at once hoisted, and the country claimed for the British Crown on the 11th. It was not too soon, however, for four days later Commodore Lavaud arrived. But the new colonists knew nothing of this. The Commodore held a conference with Mr. Robinson, and it was agreed that whilst the French man of war remained in the harbour, the English flag should not be hoisted, and the fact of their having taken possession before the arrival of the French be kept a secret, for fear it should lead to disturbances between the English and the new comers. The secret was-well kept, and though of course many rumours were current, it was not till years afterwards that the arrivals by the Comte de Paris were aware that they were living in an English, and not a French Colony. As soon as possible after the landing on the 16th August the land was allotted to the settlers. As before stated, the bush came down almost to the water's edge in many places, so there was little clear land. It was therefore arranged to divide the land facing the sea into two and a half acre blocks, giving one to each emigrant, and to let them select their other two and a half acres where they liked, it being the condition of the tenure that the land should be cultivated within five years of the arrival, or revert to Captain L'Anglois, The colonists all avoided selecting land in the bush, but took up the clearings which they found here and there, which were then covered with toi toi. They lived altogether in the tents for about a month, but by that time they nearly all removed to the whares they had built on their respective sections. The six Germans who were amongst the emigrants found that they could not get their sections altogether in Akaroa, so they determined to explore Captain L'Anglois' estate further. They found a beautiful bay with plenty of clear land a little higher up the harbour, and asked permission of the Commodore to loca'e themselves there. Permission was granted, five acres were parcelled out for each, and the bay was christened with the name it still bearg of German Bay. The Germans built a great V hut, 40 feet by 80 feet wide of timber and rushes, with proper divisions, and in this they passed a very pleasant winter. Commodore Lavaud built a magazine in Akaroa, just where the Courthouse now stands, and this was used for the storage of provisions and tools, and also for a hospital. Everything went peacefully along, the seeds germinated well, the vines flourished, and the colonists were content with their prospects. The French settlement was, of course, under, French law, which was administered by Commodore Lavaud. Mr. Robinson was the English Resident Magistrate, but this office was almost a sinecure.

Belle-Île Généalogie Nouvelle-Zélande
https://ndhadeliver.natlib.govt.nz/webarchive/20210104000423/http://nzetc.victoria.ac.nz/tm/scholarly/tei-JacTale-t1-body-d1-d6-d3.html

Le "Brexit" a eu lieu il y a 450.000 ans et personne n'a voté pour

Sat 20 Dec 2025 - 22:50

À cette époque, l'Angleterre était encore liée au continent européen. Mais les lois de la nature en ont décidé autrement... Par Diane Frances avec AFP Phil Noble / Reuters

SCIENCES - Une gigantesque chute d'eau large de dizaines de kilomètres a rompu une crête rocheuse qui reliait l'Angleterre au continent européen il y a près de 500.000 ans, déclenchant une inondation catastrophique qui a creusé la Manche et créé l'île de la Grande-Bretagne, selon une étude publiée ce mardi 4 avril.
Une équipe internationale de géologues a mené un véritable travail de détective pour parvenir à assembler les morceaux d'un puzzle qui occupe leur profession depuis plus d'un siècle.
Pour leur enquête, ils sont remontés à un âge glaciaire il y a 450.000 ans, lorsqu'une grande partie de l'hémisphère nord était couverte par une dalle glacée épaisse et que le niveau de la mer était nettement plus bas qu'aujourd'hui.
À l'époque, la Manche était à sec et selon les scientifiques, elle s'élevait vers une crête rocheuse crayeuse qui reliait la Grande-Bretagne et le continent au niveau de ce qui est désormais le détroit de Douvres :
Dans un article publié dans la revue Nature Communications, les scientifiques suggèrent qu'un énorme lac, alimenté par des rivières continentales, s'est créé dans le sud de la Mer du Nord, entre le bord de la calotte glaciaire et cet escarpement rocheux présumé.
Le lac a commencé à déborder, passant au dessus de la crête rocheuse, créant une chute d'eau d'environ 32 kilomètres de large et de 100 mètres de haut et se déversant dans la vallée en dessous. La chute d'eau a érodé la crête du barrage. Celui-ci a fini par craquer et s'effondrer, provoquant une gigantesque inondation qui a creusé ce qui est devenu la Manche.

Brexit, acte 1

"La rupture de ce pont terrestre entre Douvres et Calais a été incontestablement un des événements les plus importants de l'histoire de la Grande-Bretagne, contribuant à façonner l'identité insulaire de la nation aujourd'hui encore", déclare Sanjeev Gupta, géologue à l'Imperial College London, l'un des auteurs de l'article.
"Quand cet âge de glace a pris fin et que le niveau de la mer est monté, inondant le sol de la vallée pour de bon, la Grande-Bretagne a perdu son lien physique avec le continent", dit le chercheur. "Sans cet épisode dramatique, la Grande-Bretagne ferait encore partie de l'Europe. C'était le Brexit 1.0 - un Brexit pour lequel personne n'a voté."
L'hypothèse selon laquelle un lac glaciaire est à l'origine de la formation de la Manche a été avancée il y a déjà un siècle. L'étude apporte de nouveaux éléments en faveur de cette thèse.
L'un des principaux indices réside dans d'étranges trous géants découverts dans le lit de la Manche. Remplis de graviers et de sable, ils peuvent faire plusieurs kilomètres de diamètre et environ 100 mètres de profondeur. Ils ont été trouvés par hasard dans les années 1960 et 1970 lorsque les ingénieurs foraient le fond de la mer pour préparer la construction du tunnel sous la Manche.

Coup du sort géologique

Les sédiments dans ces trous étaient si meubles que les ingénieurs ont dû changer le tracé du tunnel pour les éviter. Les scientifiques pensent qu'il s'agit de bassins de plongée qui se forment sous les chutes d'eau. Ces trous peuvent devenir si gros que la falaise d'où tombent les chutes d'eau, finit par devenir instable et s'effondrer.
En utilisant un sonar et une technique permettant d'obtenir des informations sur les structures du sous-sol, les chercheurs ont découvert que sept de ces trous géants formaient une ligne droite remarquable, allant du port de Calais à celui de Douvres - le bord de la fameuse crête présumée. Ils ont également découvert des preuves d'une ancienne vallée géante sur le fond marin, signes d'une inondation massive.
Le "Brexit 1.0" s'est fait en deux temps. Il y a d'abord eu une rupture dans la barrière rocheuse puis un deuxième grand événement, plus tard, probablement causé par un déversement d'autres lacs plus petits, selon l'étude. Sans ce coup du sort géologique, la Grande-Bretagne serait restée attachée au continent, un peu comme le Danemark.

Britannia géologie
https://www.huffingtonpost.fr/science/article/le-brexit-a-eu-lieu-il-y-a-450-000-ans-et-personne-n-a-vote-pour_97655.html

Cloud souverain, données européennes et droit américain - Technifree Blog

Wed 17 Dec 2025 - 11:35

Petite mise au point avant de croire aux slogans : Il y a des expressions qui font du bien aux oreilles comme cloud souverain, hébergement européen, conforme au RGPD, données sous contrôle. La protection des données ne dépend ni des slogans, ni des frontières, mais du droit auquel obéit l’opérateur qui les exploite.

On retrouve ces slogans dans les plaquettes commerciales, les discours institutionnels, et parfois même dans des décisions publiques engageant des millions d’euros. Ils donnent l’impression rassurante que, cette fois-ci c’est bon, les données européennes sont enfin chez elles.
Un rapport juridique approfondi de l’Université de Cologne https://fragdenstaat.de/dokumente/273689-rechtsgutachten-zur-us-rechtslage_geschwaerzt/ , commandé par l’État allemand, vient rappeler une réalité beaucoup moins confortable : la protection des données ne dépend ni des slogans, ni des frontières, mais du droit auquel obéit l’opérateur qui les exploite. Et paf, que la force du Cloud Act https://fr.wikipedia.org/wiki/CLOUD_Act soit avec toi (ou pas).

Une précision indispensable (et trop souvent oubliée)

Avant d’aller plus loin, une clarification s’impose : Utiliser une technologie américaine n’implique pas automatiquement une soumission au droit américain. Une entreprise française ou européenne sans lien capitalistique avec les États-Unis, sans contrat d’exploitation avec une société américaine, exploitant elle-même son infrastructure locale, n’est pas concernée par les lois américaines, même si elle utilise un logiciel développé aux États-Unis.
Ce point est fondamental et le rapport ne dit jamais le contraire.
La question n’est donc pas quelle technologie est utilisée, mais qui exploite, administre et contrôle réellement les données.

Quand le droit américain entre en salle serveur

Le rapport est très clair : les autorités américaines disposent de plusieurs cadres juridiques leur permettant d’accéder à des données lorsqu’elles sont sous le contrôle d’une entité soumise au droit américain.
Et ce contrôle peut exister même si les serveurs sont en Europe, les clients sont européens, les contrats sont signés avec une filiale locale.
Ce qui compte, ce n’est pas la géographie, mais la capacité juridique ou technique de produire les données sur injonction.

Cloud public ou cloud privé, juridiquement ça ne change rien

C’est souvent là que la confusion commence. Le terme cloud privé décrit une architecture technique (environnement dédié, non mutualisé, isolé d’autres clients) mais juridiquement, ce terme n’a aucune valeur.
Si l’infrastructure est exploitée, administrée, maintenue ou contrôlée par une entreprise soumise au droit américain, alors les données peuvent être légalement exigées par les autorités américaines, indépendamment du qualificatif “privé”, “dédié” ou “isolé”.
Le rapport insiste sur la notion de “contrôle” (point constant du droit américain) qui est interprétée de manière large.
Un opérateur qui peut intervenir, ordonner une extraction ou être contraint de le faire est considéré comme ayant le contrôle.

Le RGPD face au droit américain (deux logiques incompatibles)

L’Union Européenne dispose d’un cadre solide de protection des données (sur le papier). Mais le rapport rappelle un fait juridique majeur : la Cour de justice de l’Union européenne a déjà annulé deux accords successifs encadrant les transferts de données avec les États-Unis.
Pourquoi ?
Parce que le droit américain autorise une surveillance étendue des personnes non américaines, sans garanties équivalentes aux droits fondamentaux européens. Et malgré ces décisions, les mécanismes de collecte persistent, les possibilités de recours restent très limitées, et les entreprises européennes ne peuvent pas réellement s’opposer à une injonction américaine.
Le RGPD protège… jusqu’à ce qu’il rencontre une loi étrangère plus impérative.

La surveillance sans fournisseur reste le point aveugle

Le rapport de l'université de Cologne évoque également un aspect rarement abordé publiquement : la surveillance sans passer par les fournisseurs cloud.
Les services de renseignement américains disposent d’un cadre juridique leur permettant d’intercepter des communications directement sur les infrastructures réseau internationales, sans coopération des opérateurs et sans notification des personnes concernées.
Ici, le débat sur le cloud devient presque secondaire. Les données circulent et peuvent être captées.
C’est opaque pour les citoyens européens mais légal aux États-Unis.

« Il suffit de chiffrer ! » (une belle illusion confortable)

Autre idée largement répandue : le chiffrement serait un rempart absolu.
Le rapport est beaucoup plus nuancé...
Le chiffrement protège contre le piratage ou l’accès non autorisé mais il ne protège pas contre une obligation légale de coopération, une injonction judiciaire ou des obligations de conservation de preuves.
Un opérateur qui s’organiserait volontairement pour ne pas pouvoir répondre à une injonction s’expose à des sanctions lourdes en droit américain.
Le chiffrement est une mesure de sécurité, pas une immunité juridique.

EUCS, SecNumCloud vu par la CNIL (Quand la souveraineté devient (enfin) un critère juridique)

Le rapport de l’Université de Cologne analyse le problème du point de vue du droit américain, la CNIL quant à elle apporte la lecture française et européenne. Et les deux convergent.
La CNIL souligne que le projet de certification européenne EUCS ne garantit plus l’« immunité juridique » vis-à-vis des lois extra-européennes, ne permet donc pas de sécuriser juridiquement les données les plus sensibles et crée une ambiguïté dangereuse pour les acteurs publics et privés.
Cette lacune est d’autant plus problématique que l’État français promeut une doctrine dite « Cloud au centre », tout en exigeant que les données d’une sensibilité particulière ne soient pas exposées à des lois étrangères et que la loi SREN (du 21 mai 2024) impose désormais explicitement cette protection contre les accès non autorisés par des États tiers.
Autrement dit, une certification européenne peut être conforme sur le papier, tout en étant juridiquement insuffisante dans les faits.
La CNIL le dit sans détour :

sans critères d’immunité face aux lois extra-européennes, le cloud certifié EUCS ne peut pas accueillir les traitements les plus sensibles.

Mais ça change quoi concrètement ?

Pour un particulier : Les données professionnelles, administratives ou personnelles hébergées chez un opérateur soumis au droit américain peuvent être accessibles sans information préalable, sans recours direct, et sans ciblage individuel. Vous n’êtes donc pas visé personnellement, mais vos données peuvent être collectées dans des ensembles plus larges.
Pour une PME : Une PME utilisant un service opéré par une entreprise américaine reste responsable au regard du RGPD, sans maîtriser les décisions juridiques prises à l’étranger ni être informée d’une éventuelle réquisition. Le risque juridique est assumé localement, pour une décision qui échappe au client.
Pour une collectivité ou une administration : Là, ça se complique et la situation devient critique... Données sociales, scolaires, de santé, d’état civil : si l’opérateur final dépend du droit américain, le risque n’est plus théorique, même avec des infrastructures dédiées et des contrats européens. En cas de problème, la responsabilité retombera sur la collectivité (et paf, on vous envoie GI-Joe).

Conclusion : la souveraineté ne se décrète pas !

Ce rapport ne dit pas que « tout cloud américain est dangereux », il dit quelque chose de plus précis et plus dérangeant : La souveraineté des données dépend du droit auquel obéit l’exploitant, pas du discours commercial.
Utiliser une technologie américaine n’est pas un problème mais dépendre juridiquement d’un opérateur soumis au droit américain en est un.
La souveraineté numérique n’est ni un label, ni un mot rassurant, c’est une chaîne de contrôle juridique.
Et tant que cette chaîne traverse l’Atlantique, les données européennes voyageront avec elle. Vous êtes prévenus ;)

Sources :
Heise Online https://www.heise.de/en/news/Opinion-US-Authorities-Have-Far-Reaching-Access-to-European-Cloud-Data-11111060.html
FragdenStaat https://fragdenstaat.de/dokumente/273689-rechtsgutachten-zur-us-rechtslage_geschwaerzt/
CNIL https://www.cnil.fr/fr/cloud-les-risques-dune-certification-europeenne-permettant-lacces-des-autorites-etrangeres

RGPD sécurité USA
https://technifree.com/fOfO/blog_post.php?id=383

Ding ding : Merci d’évaluer tout ce que vous faites (avant même de l’avoir fait) - Technifree Blog

Thu 11 Dec 2025 - 21:18

Le mot de Kat : ça sent le vécu, là...

Il y a quelques années, on notait un film sur Allociné, un aspirateur sur Amazon, et basta. Aujourd’hui, on note tout. Absolument tout. Ton resto, ton coiffeur, ton garagiste, ton médecin, ton kiné, ton ostéo, ton livreur… ta propre existence bientôt ?

“Sur une échelle de 1 à 10, comment évaluez-vous votre réveil ce matin ?” 

Bienvenue dans le monde merveilleux où Google & Co. transforment chaque geste du quotidien en enquête de satisfaction.

Vous avez remarqué ? On ne voit plus les routes sur Google Maps. On voit des icônes. Restaurants, hôtels, spas, garages, boulangeries, toiletteurs pour chiens, toiletteurs pour humains, bars à vin, bars à bière, bars à chats, bars à chutistes (:-))…

Tu veux juste aller à Ikéa pour acheter une étagère en carton recyclé compressé bio (celle qui s'autodétruit quand on la monte). Tu demandais autrefois ton chemin. Maintenant, tu reçois :

un mail “Merci d’avoir visité Ikéa” alors que t'es encore sur le parking,
une notification “Avez-vous apprécié votre expérience d’achat ?”,
et parfois même “Souhaitez-vous devenir Local Guide niveau 147 ?” 

Local Guide... Le seul programme au monde où on te transforme en employé bénévole qui bosse pour Google sans salaire, sans RTT, sans tickets resto et sans retraite. Juste pour avoir un badge numérique qui brille quand tu regardes ton écran avec suffisamment de culpabilité.

L’hôpital ? Un 5 étoiles… ou pas

Alors celle-là, elle est croustillante.

Tu sors du bloc opératoire, t'es encore dans le jazz. Ton cerveau flotte au-dessus de la table d’opération, ton âme est partie acheter des pains au chocolat à la cafétéria en bas.

Et ding ding :

“Évaluez votre chirurgien de 1 à 10.”

EXCUSE-MOI GOOGLE MAIS JE NE SUIS PAS SÛR QUE JE SOIS VRAIMENT EN ÉTAT D’ÉVALUER QUI QUE CE SOIT ... LÀ TOUT DE SUITE MAINTENANT !

Bientôt une alerte pendant l’anesthésie ?

    “Sur une échelle de 1 à 5 étoiles, comment jugez-vous notre protocole d'endormissement ?”
    “...zzzzzz”
    “Merci ! Votre avis compte !” 

Le labo, la pharmacie, le podologue…

Tu vas faire une prise de sang et deux minutes plus tard, sur le trottoir, ding ding :

“Comment avez-vous trouvé les prestations du laboratoire bidule ?”

Bah… j’en sais rien ? Je viens littéralement tout juste de sortir, j’ai encore un pansement au creux du coude et j’ai pas bu mon café. Laissez-moi trois minutes pour redevenir un être humain, s’il vous plaît.

Et maintenant, les appels ?

Ton téléphone sonne : numéro inconnu. Tu décroches ou pas ? Trop tard, Google te demande :

“Ce correspondant est-il un professionnel ?”

Un jour, un inconnu va appeler pour te dire “Bonjour, c’est pour une enquête de satisfaction”, et Google demandera derrière :

“Êtes-vous satisfait de cet appel de satisfaction ?”

On n’en sortira jamais.

Mais alors… comment ça marche, ce cirque ?

Mystère. Google ne communique évidemment pas très précisément sur le “comment”, mais les pistes sont connues :

  1. GPS + comportements = devinette “intelligente” Tu entres dans un commerce -> ton téléphone capte l’adresse -> Google suppose que tu étais un client -> paf, enquête.

  2. Analyse des mails sous Gmail Tu reçois une facture, un bon de commande, un ticket, une confirmation de rendez-vous -> Google sait que tu as consommé un service -> paf, enquête.

  3. Les pros paient Google Business Les entreprises peuvent activer (ou laisser activé par défaut) des options d’évaluation automatiques. Beaucoup ne savent même pas que le truc est activé par défaut. Les secrétaires pensent que ça vient de Google. Les directeurs pensent que ça vient du groupe. La vérité ? Ça vient d’un capitalisme dopé à la donnée qui veut tout noter pour tout vendre à tout le monde (et si possible te faire bosser gratos).

  4. Le modèle économique du futur : l’évaluation permanente Pourquoi ? Parce que les avis c'est l'or du web. Parce que les commentaires ce sont des données importantes. Parce que ta fatigue numérique c'est le carburant du modèle publicitaire.

Jusqu'où ça ira ?

Évaluer une prise de sang ? OK. Évaluer un vendeur ? Bon. Évaluer un chirurgien alors que tu dors encore ? On frôle déjà le surréalisme (ou la connerie) !

Alors imaginons la suite…

“Veuillez évaluer votre passage aux toilettes publiques.”

“Avez-vous apprécié ce feu rouge ?”

“Notez votre conversation avec votre belle-mère.” (laissez vos émotions prendre le dessus)

“Sur une échelle de 1 à 5, comment trouvez-vous votre propre comportement aujourd’hui ?”

Le futur appartient à ceux qui cliquent tôt.

le monde devient un gigantesque formulaire Google

On ne vit plus. On ne fait plus. On évalue.

On note tout, tout le temps, partout. Et si on résiste, on reçoit un rappel :

“Votre avis est important pour nous.”

Non, Google. Ce qui est important pour toi, ce n’est pas mon avis. C’est mes données.

Google RGPD Vie-privée
https://technifree.com/fOfO/blog_post.php?id=382

Êtes-vous prêt à abandonner toute votre vie privée pour pouvoir voyager aux Etats-Unis ? - 20 minutes.fr

Thu 11 Dec 2025 - 20:06

Mercredi, le service des douanes et de la protection des frontières des Etats-Unis (CBP), a publié un document listant les mises à jour qu’il préconise en termes de collecte de données pour la délivrance des autorisations de voyage électroniques (ESTA). Sous couvert de protéger le pays « contre les terroristes étrangers et autres menaces à la sécurité nationale », les touristes devront bientôt livrer à l’administration Trump des informations personnelles que même leur propre gouvernement ne possède pas.

Les ressortissants de certains pays, dont la France, n’ont pas besoin d’un visa pour se rendre aux Etats-Unis s’ils comptent y faire du tourisme pendant moins de 90 jours et qu’ils possèdent un passeport biométrique. Il suffit de remplir une demande d’ESTA en ligne en répondant à quelques questions normales, du genre adresse, téléphone, contact en cas d’urgence, voire nom et adresse de l’employeur. Une question a été ajoutée en 2016, demandant des « renseignements associés à votre présence en ligne » tels que les « identifiants aux médias sociaux ». La question est « marquée comme optionnelle », et l’absence de réponse n’empêche pas la prise en compte de la demande d’ESTA.

Les États-Unis en quête de touristes bienveillants

Ça et plein d’autres choses vont changer début 2026. Le CBP a ainsi pondu un projet élargissant les données collectées pour obtenir un ESTA ou un visa, expliquant que l’idée est de se « conformer au décret présidentiel 14161 de janvier 2025 ». Le décret censé « protéger les États-Unis contre les terroristes étrangers et autres menaces à la sécurité nationale et à la sécurité publique », a des visées plus larges et permet bien des libertés à l’administration Trump. En gros, outre vérifier que vous n’êtes pas un terroriste, les États-Unis vont s’assurer que vous n’avez « pas d’attitude hostile envers leurs citoyens, leur culture, leur gouvernement, leurs institutions ou leurs principes fondateurs ».

Pour cela, le CBP va se montrer beaucoup plus intrusif qu’il ne l’est déjà, en commençant par abandonner le site web servant à déposer les demandes d’ESTA au profit d’une application mobile. La raison ? Elle « offre des méthodes de vérification d’identité avancées, notamment la détection de présence, la reconnaissance faciale et la vérification de la puce électronique du passeport par la technologie NFC ».

Ensuite, les demandeurs d’ESTA devront désormais obligatoirement « fournir leurs profils sur les réseaux sociaux des cinq dernières années ». Par « profils », le CBP entend « identifiants » et non pas un historique détaillé de tout ce qui a été publié. Mais cela implique de livrer une liste exhaustive des comptes sur 5 ans, qu’ils soient actif ou non. En revanche, l’administration américaine n’a pas encore précisé ce qu’elle entend par « médias sociaux ».

Des données sur les cinq à dix dernières années

Mais il y a encore pire en termes de données privées. Aux données « de base » collectées, le CBP souhaite ajouter ce qu’il appelle des « champs de données à forte valeur ajoutée ». Il y en a onze en tout, et les défenseurs du RGPD vont y laisser leurs derniers cheveux en voyant cela. Entre autres, il y a les numéros de téléphone utilisés au cours des cinq dernières années, mails utilisés au cours des dix dernières années, noms des membres de la famille et leurs numéros de téléphone sur les cinq dernières années, dates, lieux de naissance et adresses des membres de la famille, biométrie complète, empreintes digitales, ADN, numéros de téléphone professionnels sur les cinq dernières années et adresses mail professionnelles sur les dix dernières années.
Démocratie oblige, le CBP doit soumettre tout ça « au Bureau de la gestion et du budget pour examen et approbation ». Le public et les « autres agences fédérales » sont aussi invités à donner leur avis sur ces nouvelles mesures, « au plus tard le 9 février 2026 ». On ignore toutefois si ces avis auront vocation à modifier le contenu du texte ou s’ils sont purement consultatifs.

RGPD USA Vie-privée
https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4190981-20251211-pret-abandonner-toute-vie-privee-pouvoir-voyager-etats-unis

Lancé par Elon Musk, le DOGE «n'existe plus», mais l'héritage qu'il laisse est terrible pour les États-Unis | Slate.fr

Tue 2 Dec 2025 - 10:14

Après dix mois à chambouler la vie de centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux, de millions d'Américains anonymes et de millions d'autres dans le monde entier, le département de l'Efficacité gouvernementale ou DOGE, semble avoir vécu.

Selon un article de Reuters paru le 23 novembre, Scott Kupor, le directeur de l'Office of Personnel Management (OPM), le service des ressources humaines de la fonction publique états-unienne, a fait une révélation intéressante. Interrogé par l'agence de presse sur le statut du DOGE, Scott Kupor a répondu: «Ça n'existe pas.» Il a ensuite précisé dans une publication sur le réseau social X que si le DOGE «n'avait peut-être pas de direction centralisée», ses principes «restent tout à fait d'actualité» au sein de l'administration Trump. Mais cette distinction ne rend pas le DOGE moins mort pour autant.
Voici donc une fin en eau de boudin pour un épisode de destruction pure, fomenté par l'homme le plus riche du monde, qui s'était vu remettre les clés du gouvernement des États-Unis afin qu'il en dispose selon son bon plaisir. Et c'est un Elon Musk au cerveau possiblement embrumé par la drogue qui s'est chargé de la branche exécutive du gouvernement avec toute la diligence d'un gamin de 5 ans qui s'occupe d'une Barbie: une coupe de cheveux tragique par-ci, un grand coup de marqueur indélébile par-là, avant de l'abandonner une ou deux semaines au fond du panier du chien.
Pour Elon Musk et les employés du DOGE qui se sont chargés de cette impitoyable attaque en règle du travail des agences fédérales, cela a été une exaltante foire d'empoigne dans les sphères du pouvoir. Pour le reste de la population, cela a été une catastrophe dont les conséquences vont se faire sentir sur plusieurs générations.

Un échec évident, selon la cinglante réalité des chiffres

Selon ses propres critères (réduction des dépenses et du gaspillage), le DOGE est un échec cuisant. Lorsqu'Elon Musk a été désigné pour diriger ce ministère fondé à la hâte après l'élection de Donald Trump, en novembre 2024, il s'est engagé à réduire les dépenses fédérales de 2.000 milliards de dollars la première année. Le 9 janvier 2025, avant même que Donald Trump ne prenne ses fonctions onze jours plus tard, Elon Musk avait réduit ses ambitions de moitié et estimé les futures coupes budgétaires à 1.000 milliards de dollars. Au bout de quelques mois, le chiffre promis avait encore diminué et tournait autour de 150 milliards de dollars.
Chaque fois que le département de l'Efficacité gouvernementale a voulu afficher ses réussites, ses chiffres n'ont pas résisté à un examen approfondi. Cet été, lorsque le DOGE a annoncé avoir fait économiser 52,8 milliards de dollars aux États-Unis, en mettant un terme à des contrats gouvernementaux, le média Politico n'a pu vérifier que pour 32,7 milliards de dollars de contrats effectivement résiliés et a conclu à une économie totale de seulement 1,4 milliard de dollars.
Le DOGE est arrivé à son estimation en usant d'une comptabilité fallacieuse. Selon Jessica Tillipman, doyenne associée aux études de droit des marchés publics au sein de la faculté de droit de l'université George-Washington (Washington D.C.), le stratagème utilisé reviendrait à «prendre une carte de crédit avec un plafond de 20.000 dollars, annuler le contrat et clamer ensuite: “Je viens d'économiser 20.000 dollars.”» Dans un des cas, le DOGE a affirmé avoir fait économiser 8 milliards de dollars aux contribuables états-uniens en annulant un contrat d'une valeur maximale de 8 millions de dollars.

Le funeste sort de l'Usaid... et des personnes qui bénéficiaient de son budget

Malgré toutes ses victorieuses exagérations, le DOGE a réellement battu des records, mais plutôt du côté des pertes. En première place sur la liste, figure la dissolution de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid). En tant que projet du gouvernement américain, l'Usaid n'était pas seulement un instrument de diplomatie opérant en douceur, c'était aussi une des initiatives les plus rentables en matière de progrès pour l'humanité. Sur les 15.000 dollars d'impôts payés en moyenne par chaque Américain·e en 2024, seuls 24 dollars étaient redirigés vers l'Usaid. Le budget de l'agence lui a permis de sauver 92 millions de vies dans le monde entier en deux décennies.
En faisant de la suppression de l'Usaid une de ses toutes premières décisions, le DOGE envoyait un message au monde entier: ces vies ne comptent pas autant que les vies américaines blanches et chrétiennes, privilégiées par l'administration Trump. C'était une manière de marquer des points politiques en malmenant les méprisables indigents du reste de la planète, en même temps qu'une salve inaugurale dans la guerre d'Elon Musk contre les andouilles qui croient bêtement en une gouvernance bienveillante et réfléchie au service d'un monde meilleur.
La suppression de l'Usaid a déjà porté ses funestes fruits. Selon une étude conduite par l'épidémiologiste Brooke Nichols de l'université de Boston (Massachusetts), plus de 654.000 personnes sont pour l'heure mortes à cause de la fin de l'aide apportée par l'Usaid, dont plus de deux tiers sont des enfants. Même si une partie des financements est restaurée, ce bilan des morts liés au DOGE continuera de croître, car il faut parfois du temps pour que des personnes meurent de maladies soignables et évitables qui n'ont été ni traitées ni évitées. Et chaque mort par la faute de l'équipe muskienne de programmateurs naziphiles et d'un racisme éhonté laissera derrière elle des proches dévastés par le chagrin.

Le reflet décomplexé de la politique de Donald Trump

Cet allègre dédain pour la vie des pauvres racisés n'est qu'une des illustrations de la manière dont le DOGE est un parfait miroir du projet de Donald Trump et résume à lui seul toute son administration. Il y a aussi eu le mépris du DOGE pour la loi (en septembre, un tribunal fédéral a jugé que des dizaines de milliers de licenciements étaient illégaux) et son impunité (le juge n'a pas ordonné que les salariés soient réengagés).
Il y a eu sa manière de tenter de compliquer la vie des Américains ordinaires tout en aidant les banquiers fortunés (en réintroduisant les frais de découvert); ainsi que celle qui a nui aux malades (en mettant abruptement un terme à des centaines d'essais médicaux auxquels participaient plus de 74.000 patients). Le DOGE a aussi été le principal instrument de mise en place de la stratégie de Donald Trump qui consiste à faire tellement de choses choquantes et inadmissibles qu'il en est devenu impossible de se concentrer sur une transgression en particulier.

Associant la mentalité bâclée et aventurière d'une start-up de la tech et l'indifférence morale de mercenaires du piratage, le DOGE a fini par devenir le prétexte d'une nouvelle attaque contre le peuple états-unien.

Le DOGE, tout comme le reste de l'administration Trump, est une illustration de ce qui se produit lorsque les gens les plus ignorants, les plus négligents et avec les moins bonnes intentions du monde sont placés aux manettes pour prendre des décisions sur des questions de vie ou de mort. Des ingénieurs logiciels âgés d'une petite vingtaine d'années ont été investis de l'autorité d'annuler personnellement des versements à des programmes jugés critiques par le secrétaire d'État Marco Rubio, tels que l'aide à l'Ukraine ou à la Syrie, ainsi que des initiatives du Plan d'urgence du président américain pour la lutte contre le sida (Pepfar) qui vise à combattre le VIH en Afrique.
Les employés du DOGE ont été à l'initiative du renvoi de milliers d'agents de l'Internal Revenue Service, l'agence gouvernementale chargée des impôts, avant de se rendre compte de leur importance et de supplier qu'ils soient réintégrés. Des gens comme un certain Edward Coristine, alias «Big Balls» («grosses couilles» en français), âgé de 19 ans et arrivé au sein du DOGE avec un passif de fuite de données sensibles d'un précédent employeur, se sont soudain mis à décider de la poursuite de la recherche sur le cancer, de la pertinence du secours à apporter aux randonneurs égarés dans les parcs nationaux et de l'aide humanitaire à expédier après une catastrophe naturelle.
Associant la mentalité bâclée et aventurière d'une start-up de la tech et l'indifférence morale de mercenaires du piratage, le DOGE a fini par devenir le prétexte d'une nouvelle attaque contre le peuple états-unien. Au début du mois d'août, lorsqu'Edward «Big Balls» Coristine a été agressé par au moins deux autres adolescents à 3h du matin, dans un quartier de Washington, Donald Trump a pris cet événement comme un prétexte pour envoyer la garde nationale patrouiller dans la capitale, le début d'une «vague» d'opérations policières fédérales dans tout le pays.
Le 47e président des États-Unis n'avait pas besoin d'une raison pour justifier de punir les villes démocrates. Mais il était logique que l'incident qui lui a servi à lancer son occupation de Washington implique le type qui avait ravagé le principal employeur de la ville.

Le lent poison du DOGE n'a pas fini d'intoxiquer les États-Unis

L'administration Trump a récusé l'annonce de la mort du département de l'Efficacité gouvernementale par Reuters. Scott Kupor, le directeur du service des ressources humaines de la fonction publique, a insisté sur le fait que l'esprit du DOGE persisterait. Il a écrit sur X que les agences fédérales allaient désormais «institutionnaliser» les initiatives de réduction des réglementations et des emplois fédéraux. En gros, a dit l'administration Trump, elle n'a pas du tout fait euthanasier le DOGE, elle l'a envoyé vivre dans un chouette refuge à la campagne.
Mais le souvenir du DOGE subsistera longtemps après le départ (un jour? peut-être?) de Donald Trump de la Maison-Blanche. Nous n'en sommes qu'au début des effets des entraves du DOGE envers le travail du gouvernement fédéral, au point que la population états-unienne va finir par perdre toute foi dans sa capacité à accomplir les tâches et les services qu'elle attend de lui depuis si longtemps. Si les États-Unis veulent un jour reconstruire le gouvernement, il leur faudra un ingrédient bien plus compliqué à trouver que du temps ou de l'argent: une volonté politique.
Les futurs dirigeants qui voudront restaurer le gouvernement tel qu'il était se verront accuser d'engorger les agences fédérales avec des milliers de «nouveaux» emplois et programmes. L'équivalent de milliers d'années de compétences cumulées auront disparu en fumée. Il sera impossible de rattraper les années volées par le DOGE dans les domaines de la recherche biomédicale, des études sur les droits civiques et du contrôle de la sécurité nationale.
Le DOGE a également laissé derrière lui une mine cachée prête à exploser à tout moment. Ce ministère avait un accès dont on ne mesure pas l'ampleur à des kilomètres de données sensibles du type renseignements financiers, dossiers médicaux et peut-être informations syndicales. Personne ne sait exactement quelles informations ont été prises ou copiées par les salariés du DOGE, où ils les ont stockées ou ce que Elon Musk a l'intention de faire avec. Ils ont dissimulé ce qu'ils faisaient et les données qu'ils piquaient en désinstallant les outils de surveillance et en effaçant les enregistrements d'accès –exactement ce que ferait une entreprise criminelle de piratage informatique.

Quiconque est assez fou pour confier la manne des données du gouvernement fédéral à Elon Musk, à «Big Balls» et à leurs acolytes, sans penser qu'ils vont les faire fuiter, les vendre, les exploiter, les échanger ou s'en servir dans leur intérêt personnel, est un crétin. C'est peut-être la fin de la courte et répugnante vie du DOGE, mais son héritage, plus sombre encore, n'a pas fini de hanter les États-Unis.

doge musk trump USA
https://www.slate.fr/monde/mort-doge-elon-musk-heritage-poison-etats-unis-departement-efficacite-gouvernementale-echec-administration-donald-trump

"Femme", "racisme", "diversité" : la liste des 200 mots "déconseillés" par l'administration Trump - Marianne

Tue 2 Dec 2025 - 09:38

Donald Trump mène désormais sa bataille contre le « wokisme » sur le terrain lexical. « Immigrant », « santé mentale », « égalité d'accès aux soins »... La liste des mots à « éviter » dans les documents gouvernementaux s'allonge, et avec elle, l'objectif de chasser l'idéologie « woke » des agences de l'État. Le New York Times en a compilé 200 d'entre eux – la liste est probablement plus longue – issus de directives envoyées à des agences d'État pour se conformer aux décrets pris par Donald Trump. Dans les jours qui ont suivi, des mots comme « changement climatique », « discrimination » ou « LGBTQ » ont progressivement disparu des sites web de l'administration américaine, toujours selon le New York Times, captures d'écran avant-après à l'appui.

En février dernier, la Fondation nationale pour la science (NSF) – un organisme de financement de la recherche scientifique américaine – a envoyé aux chercheurs un document interne listant plus de 120 mots « à bannir » de leurs demandes de subvention mais aussi de la présentation de milliers de projets en cours. La raison ? L'emploi d'un de ces mots « suspects » déclenche automatiquement une inspection de l'administration pour déterminer s'ils respectent bien les nouveaux décrets et le cas échéant décréter l'arrêt pur et simple de leur financement.

Voici la liste des mots recensés par le New York Times le 7 mars, que « Marianne » a traduite pour vous.

« A » comme « antiracisme »
Accessible : accessible
Activism : activisme
Activists : activistes
Advocacy : plaidoyer
Advocate : militant, défenseur
Advocates : militants, défenseurs
Affirming care : soin d'affirmation de genre
All-inclusive : tout inclus
Allyship : allié, alliance
Anti-racism : antiracisme
Antiracist : antiraciste
Assigned at birth : assigné à la naissance
Assigned female at birth : assigné au sexe féminin à la naissance
Assigned male at birth : assigné au sexe masculin à la naissance
At risk : à risque

« B » comme « Black »
Barrier : barrière
Barriers : barrières
Belong : appartenir
Bias : biais
Biased : biaisé
Biased toward : biaisé en faveur de
Biases : biais
Biases towards : préjugés à l'égard de
Biologically female : biologiquement femme
Biologically male : biologiquement homme
BIPOC (Black, indigenous and people of color) : Noirs, autochtones et personnes de couleur
Black : noir
Breastfeed people : personne qui allaite
Breastfeed person : personne qui allaite

« C » comme « changement climatique »
Chestfeed people : personne qui allaite
Chestfeed person : personne qui allaite
Clean energy : énergie propre
Climate change : changement climatique
Climate science : science du climat
Commercial sex worker : travailleuse du sexe
Community diversity : diversité
Community equity : équité communautaire
Confirmation bias : biais de confirmation
Cultural competence : pertinence culturelle
Cuiltural differences : différences culturelles
Cultural heritage : héritage culturel
Cultural sensitivity : sensibilité culturelle
Culturally appropriate : culturellement approprié
Culturally responsive : culturellement approprié

« D » comme « discrimination »
DEI (Diversity, Equity and Inclusion) : programmes de diversité et d'inclusion du gouvernement fédéral
DEIA (Diversity, Equity, Inclusion and Accessibility) : programmes de diversité, d'équité, d'inclusion et d'accessibilité
DEIAB (Diversity, Equity, Inclusion, Accessibility and Belonging) : programmes de diversité, d'équité, d'inclusion, d'accessibilité et d'appartenance
DEIJ (Diversity, Equality, Inclusion, Justice) : diversité, égalité, inclusion, justice
Disabilities : handicap
Disability : handicap
Discriminated : discriminé
Discrimination : discrimination
Discriminatory : discriminatoire
Disparity : disparité
Diverse : divers, varié
Diverse backgrounds : diversité des origines
Diverse communities : diversité des communautés
Diverse community : communauté hétérogène
Diverse group : groupe hétérogène
Diverse groups : groupes divers
Diversified : diversifié
Diversify : diversifier
Diversifying : diversification
Diversity : diversité

« E » comme « expression »
Enhance the diversity : renforcer la diversité
Enhancing diversity : renforcer la diversité
Environmental quality : qualité environnementale
Equal opportunity : égalité des chances
Equality : égalité
Equitable : équitable
Equitableness : équité
Equity : équité
Ethnicity : origine ethnique
Excluded : exclu
Exclusion : exclusion
Expression : expression

« F » comme « féminisme »
Female : femme, femelle
Females : femmes, femelles
Feminism : féminisme
Fostering inclusivity : favoriser l'inclusion

« G » comme « genre »
GBV (gender based violence) : violence basée sur le genre
Gender : genre
Gender based : basé sur le genre
Gender based violence : violence basée sur le genre
Gender diversity : diversité de genre
Gender identity : identité de genre
Gender ideology : idéologie de genre
Gender-affirming care : soins de santé d'affirmation de genre
Genders : genres
Gulf of Mexico : Golfe du Mexique

« H » comme « historiquement »
Hate speech : discours haineux
Health disparity : inégalités en matière de santé
Health equity : égalité de santé
Hispanic minority : minorité hispanique
Historically : historiquement

« I » comme « inégalités »
Immigrants : migrants
Implicit bias : biais implicite
Implicit biases : biais implicites
Inclusion : inclusion
Inclusive : inclusif
Inclusive leadership : leadership inclusif
Inclusiveness : inclusion
Inclusivity : inclusivité
Increase diversity : accroître la diversité
Increase the diversity : accroître la diversité
Indigenous community : communauté autochtone
Inequalities : inégalités
Inequality : inégalité
Inequitable : inéquitable, injuste
Inequities : injustices
Inequity : injustice
Injustice : injustice
Institucional : institutionnelle
Intersectional : intersectionnel
Intersectionality : intersectionnalité

« K » comme « key groups : groupes cibles »
Key groups : groupes cibles
Key people : individus cibles
Key populations : populations cibles

« L » comme « LGBTQ »
Latinx : latinos américains
LGBT : Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenres
LGBTQ : Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenres et Queer

« M » comme « minorité »
Marginalize : marginaliser
Marginalized : marginalisé
Men who have sex with men (MSM) : hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes
Mental health : santé mentale
Minorities : minorités
Minority : minorité
Most risk : risque le plus élevé
MSM : hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes
Multicultural : multiculturelle
Mx : pronom non-genré

« N » comme « non binaire »
Native American : amérindien
Non-binary : non binaire
Nonbinary : non binaire

« O » comme « oppression »
Oppression : oppression
Oppressive : oppressif, oppressive
Orientation : orientation

« P » comme « politique »
People + uterus : personnes avec utérus
People-centered care : soins centrés sur les personnes
Person-centered : axé sur la personne
Person-center care : soins centrés sur la personne
Polarisation : polarisation
Politique : politique
Pollution : pollution
Pregnant people : personnes enceintes
Pregnant person : personne enceinte
Pregnant persons : gens enceints
Prejudice : préjugé
Privilege : privilège
Privileges : privilèges
Promote diversity : promouvoir la diversité
Promoting diversity : promouvant la diversité
Pronoun : pronom
Pronouns : pronoms
Prostitute : prostitué

« R » comme « racisme »
Race : race et ethnie
Race and ethnicity : race et origine ethnique
Racial : racial
Racial diversity : diversité de race
Racial identity : identité de race
Racial inequality : inégalité de race
Racial justice : justice raciale
Racially : racialement, selon la race
Racism : racisme

« S » comme « socioéconomique »
Segregation : ségrégation
Sense of belonging : sentiment d'appartenance
Sex : sexe
Sexual preferences : préférences sexuelles
Sexuality : sexualité
Social justice : justice sociale
Sociocultural : socioculturel
Socioeconomic : socioéconomique
Status : statut, position, état
Stereotype : stéréotype
Systemic : systémique

« T » comme « transgenre »
They / them : ils, elles, eux, iel
Trans : trans
Transgender : transgenre
Transsexual : transsexuel
Trauma : trauma, traumatisme
Traumatic : traumatique, traumatisant
Tribal : tribal

« U » comme « underprivileged : personnes défavorisées »
Unconscious bias : biais implicites
Underappreciated : sous-estimé
Underprivileged : personnes défavorisées
Underrepresentation : sous-représentation
Underrepresented : sous-représentés
Underserved : mal desservi
Undervalued : sous-estimé

« V » comme « victimes »
Victim : victime
Victims : victimes
Vulnerable populations : populations vulnérables

« W » comme « women : femmes »
Women : femmes

censure trump USA
https://www.marianne.net/monde/ameriques/femme-racisme-diversite-la-liste-des-200-mots-deconseilles-par-l-administration-trump
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