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 La revue de web de Kat

Ecriture inclusive : non, l’Académie française ne décide pas seule du « bon usage » de la langue - Le Monde

Sat 28 Oct 2017 - 07:29

L’Académie française a adopté à l’unanimité de ses membres jeudi 26 octobre une déclaration très critique sur l’écriture inclusive. Cette « solennelle mise en garde » dénonce la « démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques » engendrée par cette graphie, qui « aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité », selon l’institution. Ce verdict des « Immortels » met-il pour autant un terme au débat ? Place-t-il de fait tout recours à l’écriture inclusive en dehors des bons usages de la langue ? Pas forcément.

Une institution consacrée au « perfectionnement » et au « rayonnement » des lettres

L’Académie française a été fondée en 1635 par Richelieu et a depuis traversé les âges. Selon la loi de programme pour la recherche de 2006, elle est une personne morale de droit public à statut particulier, placée sous la protection du président de la République. C’est également le cas de l’Institut de France, l’Académie des sciences, l’Académie des beaux-arts et l’Académie des sciences morales et politiques. La mission de toutes ces instances est, selon ce texte, de « contribuer à titre non lucratif au perfectionnement et au rayonnement des lettres, des sciences et des arts ».

Les 40 membres de l’Académie française se réunissent les jeudis après-midi et débattent des sujets prévus à l’ordre du jour, établi par le secrétaire perpétuel. Parmi les 34 membres de l’institution qui siègent actuellement (six fauteuils sont vacants pour cause de décès), on trouve des profils divers comme l’écrivain et chroniqueur Jean d’Ormesson, l’historienne Hélène Carrère d’Encausse (qui est également secrétaire perpétuelle de l’Académie), l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing ou le philosophe Michel Serres. En 2017, on ne compte que cinq membres de sexe féminin. En quatre siècles, il n’y a eu que huit femmes sur 729 académiciens. Certaines critiques estiment d’ailleurs que cet état de fait biaise quelque peu le regard de l’institution au sujet des questions de genre.

Une autorité avant tout morale

Selon ses statuts (article XXIV), la « principale fonction » de l’Académie française est de « travailler (…) à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ». A ce titre, elle rédige son propre dictionnaire, qui respecte le « bon usage de la langue » et indique des niveaux de langages ainsi que les emplois déconseillés et les constructions fautives. Si l’institution française tire une certaine légitimité de son histoire et du prestige de ses membres, elle ne fait pas figure d’autorité suprême et indiscutable de la langue française pour autant. Elle possède certes un droit de regard sur la publication au Journal officiel des termes et expressions nouveaux, comme le prévoit le décret de 1996 relatif à l’enrichissement de la langue française. Mais pour le reste, rien n’oblige à partager toutes ses positions, tout comme l’Académie des beaux-arts ne définit pas à elle seule ce qui serait « beau » ou non.

Des positions parfois contestées

Plusieurs exemples récents rappellent cet état de fait. Ainsi, l’Académie française s’oppose à la féminisation des fonctions et des titres lorsque ce serait contraire « aux règles ordinaires de dérivation ». Position qui s’est retrouvée au centre d’un débat houleux à l’Assemblée nationale en 2014. Le député UMP Julien Aubert, se fondant sur le verdict des académiciens, refusait d’appeler la socialiste Sandrine Mazetier « madame la présidente », préférant dire (contre la volonté de l’intéressée), « madame le président ». Se prévaloir de l’Académie française n’a pas empêché le député de se voir infliger une sanction financière.

La polémique autour de la prétendue « mort de l’accent circonflexe » en 2016 illustre également les contradictions de l’Académie en elle-même. A l’origine, on trouve des rectifications orthographiques proposées par le Conseil supérieur de la langue française et approuvées par l’Académie française en 1990. Parmi les possibilités, toutes facultatives, prévues dans ces dispositions, il y a le fait que l’accent circonflexe peut ne plus être employé sur les « i » et les « u » dans la plupart des cas. Le ministère de l’éducation nationale a rappelé en 2008 dans son bulletin officiel puis dans la réforme des programmes de 2015 l’existence de ces révisions facultatives, avant qu’elles ne soient appliquées par les éditeurs de manuels scolaires à la rentrée de 2016, suscitant alors une polémique… Jusqu’à la colère même de l’Académie française, qui n’y était pourtant pas hostile vingt-six ans plus tôt.

Au-delà de ces deux exemples, d’autres références de la langue française se sont fréquemment opposées à certaines positions des académiciens, depuis des décennies. Ce que souligne la quatorzième édition du Bon usage de Grevisse et Goosse : « Le Dictionnaire de l’Académie française (…) donne une certaine image de la langue soignée, et la caution de ce juge sévère suffit à rendre légitimes des tours que l’on avait critiqués. En revanche, ses mises en garde sont plus d’une fois discutables, parfois même oubliées par les académiciens aussitôt quitté le quai de Conti. »

langue écriture-inclusive
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/10/27/ecriture-inclusive-non-l-academie-francaise-ne-decide-pas-seule-du-bon-usage-de-la-langue_5206995_4355770.html

L'Académie française n'aime pas l'écriture inclusive. Mais alors pas du tout - Huffington Post

Thu 26 Oct 2017 - 21:17

"La langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd'hui comptable devant les générations futures."

FÉMINISME - Les immortels de l'Académie Française entrent en guerre contre l'écriture inclusive. Dans une déclaration relayée ce jeudi 26 octobre par Le Figaro, ils jugent "cette aberration" comme "un péril mortel". Rien que ça.

L'écriture inclusive est un mode d'écriture qui vise à féminiser la grammaire en plaçant à la fin des mots, quand c'est nécessaire, la terminaison du féminin entre des points. Ainsi, "les Immortels de l'Académie française" deviendrait "les Immortel.le.s de l'Académie française".

Elle est notamment recommandée par le Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes, qui écrivait en 2015 que "les représentations auxquelles les citoyen.ne.s sont constamment exposé.e.s renforcent les stéréotypes de sexe et les inégalités entre les femmes et les hommes".

Bravo aux @EditionsHatier qui donnent l'exemple pour une écriture inclusive et une éducation égalitaire #EgaCom : https://t.co/W5i6NV5wNS
— HCE (@HCEfh) 25 septembre 2017

Pour l'Académie française, ce mode d'écriture, dont les Immortels ne voient pas "l'objectif poursuivi", crée "une confusion qui confine à l'illisibilité". Les difficultés de lecture engendrées pénaliseraient donc à la fois l'apprentissage et la lecture, mais aussi "les promesses de la francophonie".

L'écriture inclusive avait été mise sur le devant de la scène par la médiatisation, en septembre 2017, du premier manuel scolaire à l'avoir adoptée. Intitulé "Questionner le Monde", le livre avait été salué par Hatier, son éditeur, ainsi que par le Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes, mais critiqué par d'autres, comme le chroniqueur Raphaël Enthoven qui craignait un "négationnisme vertueux".

Un mois plus tard, les Immortels, chargés selon leurs statuts de "donner des règles certaines à notre langue", se rangent à leur tour parmi les critiques:

"La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu'elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l'illisibilité. On voit mal quel est l'objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d'écriture, de lecture - visuelle ou à voix haute - et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l'Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu'elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c'est moins en gardienne de la norme qu'en garante de l'avenir qu'elle lance un cri d'alarme: devant cette aberration «inclusive», la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd'hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d'acquérir une langue, qu'en sera-t-il si l'usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s'empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d'autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète."

langue écriture-inclusive
http://www.huffingtonpost.fr/2017/10/26/lacademie-francaise-naime-pas-lecriture-inclusive-mais-alors-pas-du-tout_a_23257108/

Pour l'Académie, l'écriture inclusive est un «péril mortel» - Le Figaro

Thu 26 Oct 2017 - 20:39

Les Immortels, à l'unanimité, estiment que cette nouvelle pratique est un danger pour la langue française.

Les immortels de l'Académie française se sont fendus ce jeudi 26 octobre d'une déclaration au ton alarmiste condamnant vertement l'écriture inclusive. Ils vont même jusqu'à prédire un«péril mortel» pour l'avenir de la langue française. Pour rappel, cette graphie consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms, comme dans «mes ami·e·s», pour le rendre «visible». Le «point milieu», ce signe situé à mi-hauteur des lettres, peut être utilisé alternativement en composant un mot comme «lycéen·ne» comme suit: racine du mot + suffixe masculin + le point milieu + suffixe féminin.

Cette pratique défendue par certaines militantes féministes au prétexte que la langue française «invisibiliserait les femmes» a beaucoup fait parler d'elle ces dernières semaines alors qu'un manuel scolaire, destiné à des élèves de CE2, a été publié pour la première fois en écriture inclusive en mars 2017. On peut y lire que «grâce aux agriculteur.rice.s, aux artisan.e.s et aux commerçant.e.s, la Gaule était un pays riche». L'éditeur a expliqué avoir choisi d'appliquer les recommandations du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes datant de 2015.

Prenant acte de la diffusion de cette «écriture inclusive» qui «prétend s'imposer comme norme», l'Académie française élève à l'unanimité une solennelle mise en garde: «La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu'elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l'illisibilité. On voit mal quel est l'objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d'écriture, de lecture - visuelle ou à voix haute - et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l'Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu'elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c'est moins en gardienne de la norme qu'en garante de l'avenir qu'elle lance un cri d'alarme: devant cette aberration “inclusive”, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd'hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d'acquérir une langue, qu'en sera-t-il si l'usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s'empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d'autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.»
«Bégaiement cérébral»

Membre de l'Académie française, Michael Edwards, poète, philosophe et traducteur franco-britannique, avait confié début octobre au Figaro à quel point l'écriture inclusive abîmait, selon lui, la langue française. «C'est la chair même du français qui est ainsi rongée, et son esprit qui se trouve frappé d'une sorte de bégaiement cérébral», indiquait-il. Les académiciens avec qui il avait discuté du sujet étaient «scandalisés» mais ont décidé de prendre un peu de temps pour réagir officiellement.

La virulence du communiqué de l'Académie a été peu goûtée, jeudi, par les féministes, comme la militante et «cheffe d'entreprise» Caroline De Haas: «On va tous mourir!», écrit-elle sur Twitter. «Et après, c'est nous qu'on traite d'hystériques...»

Cette condamnation sans appel des académiciens sera-t-elle entendue? Pas si sûr. Depuis 2015 et les recommandations du Haut Conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes, l'écriture inclusive, longtemps cantonnée aux associations féministes et aux partis d'extrême gauche, entre peu à peu dans les mœurs.

Plusieurs ministères, institutions, collectivités et universités se sont depuis mises à appliquer peu ou prou ces recommandations. Sur le site du ministère de l'Éducation nationale, il est ainsi désormais question de professeur·es. Le ministère de la Santé, quant à lui, évoque les chirurgien·ne·s-dentistes. Depuis 2016, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) s'est engagé très officiellement à écrire de façon inclusive: «Assemblée la plus paritaire de la République française, le CESE est convaincu que les stéréotypes, terreau du sexisme, sont profondément ancrés dans notre société et s'expriment dans le langage et la grammaire.» Le Cnam se définit désormais comme une école d'ingénieure·es «parce que nos formations sont ouvertes à toutes et tous».

Dans certains médias comme TV5Monde, dans des communications du CNRS, cette graphie a fait son apparition. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation, lui, n'approuve pas: «On doit revenir aux fondamentaux sur le vocabulaire et la grammaire, je trouve que ça ajoute une complexité qui n'est pas nécessaire.»

langue écriture-inclusive
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/10/26/01016-20171026ARTFIG00256-l-academie-francaise-met-en-garde-contre-le-peril-mortel-de-l-ecriture-inclusive.php

Langue française : massacre au politiquement correct ; L'université (enfin) sauvée par la sélection ? Brigitte Macron fait le ménage à l'Elysée ; Les jeux vidéo acquièrent leurs lettres culturelles de noblesse | Atlantico.fr

Thu 26 Oct 2017 - 19:26

Aïe, ma langue française

Grand dossier dans Le Point qui en fait sa couverture sur la langue française qui nous interpelle : "ceci n'est pas une interview mais un entretien, publié non pas dans une news magazine, encore moins dans un "mag (pan pour nous !),mais dans un hebdomadaire d'informations générales "écrit le journal en avant propos de son "entretien" avec Alain Borer, (auteur de "De quel amour blessée", Gallimard, (et qui enseigne à Los Angeles), qui déplore "notre soumission à l'anglais" et "alerte contre un Azincourt dans la langue" (Azincourt, célèbre bataille perdue par la France contre l'Angleterre pendant la Guerre de Cent Ans).

Sont raillées également "la positive attitude chère à Jean-Pierre Raffarin, le ParisRollers Marathon d'Anne Hidalgo. Le jugement de Borer est implacable : "ce qui se passe en langue pourrait se décrire en termes de mercatique (je n'ai pas dit "marketing"), car cela ressemble à la désindustrialisation : la fabrique de mots francophones est en panne. Jadis nous avons fourni 60% de son vocabulaire actuel. Désormais, non seulement nous importons, mais nous remplaçons des mots déjà existants. Nous nous soumettons". A cela il faut ajouter la bataille autour de l'écriture inclusive : "Il s'agit de déconstruire les inégalités hommes-femmes quitte à reconstruire le langage d'abord et c'est la partie la moins controversée de féminiser systématiquement les noms de profession . Ensuite il faut faire attention à la parité là où auparavant le masculin occultait le féminin. À l'oral cela donne par exemple "étudiants et étudiantes", qui sonne comme le discours d'un politique désireux de ne pas se couper de 50 % de son électorat mais elle écrit ça se corse avec l'usage des points milieu "étudiant-e-s". Cela vous paraît illisible ? Une ruse consiste à reformuler des noms différents en genre en "termes épicènes" (qui peuvent être employés au masculin et au féminin sens variation de forme... Remplacer "collaborateur" par "membre", " répondant" par "personne qui ont répondu". Elémentaire, non? A ce sabir vient s'ajouter "la poltronnerie toute virulence est effacée : "plus de place pour la réflexion spontanée, pour le raisonnement bâti au fur et à mesure d'une conversation ; non, les politiques soumis aux pressions des chaînes d'information en continu qui les interrogent dix fois par jour, préfèrent s'abriter derrière des réponses toutes faites, lisses et donc inoffensives, s'évitant ainsi bien des désagréments", comme celui de devoir se justifier à propos de "ceux qui foutent le bordel".

langue
http://www.atlantico.fr/rdv/revue-presse-hebdos/langue-francaise-massacre-au-politiquement-correct-universite-enfin-sauvee-selection-brigitte-macron-fait-menage-elysee-jeux-3205686.html/page/0/2

EN IMAGES. "Serpillière" ou "torchon" ? "Crayon à papier" ou "crayon gris" ? Cinq cartes du français de nos régions

Mon 23 Oct 2017 - 07:37

On connait l'éternel débat linguistique entre ceux qui parlent de "pain au chocolat" et ceux qui préfèrent déguster "une chocolatine". Mais c'est loin d'être le seul différend sémantique qui oppose les Français. Dans son ouvrage, Atlas du français de nos régions (Armand Colin), publié en octobre, le linguiste Mathieu Avanzi s'intéresse à toutes les petites différences géographiques en termes de langage, qu'il a synthétisé sous forme de cartes.

"Les cartes ont été générées à partir des résultats d’enquêtes dirigées par des linguistes des universités de Louvain-la-Neuve, Zurich, Genève, Strasbourg, Neuchâtel, Paris-Sorbonne et Bangor", explique l'auteur sur son site internet. Franceinfo vous propose de découvrir cinq d'entre elles.
"Crayon à papier" ou "crayon gris" ?

Vous devez faire un schéma à votre collègue et cherchez quelque chose pour griffonner. Lui demandez-vous un "crayon à papier" ou un "crayon gris" ? Tout dépend d'où vous vivez. Les Normands où les habitants de Nouvelle-Aquitaine parleront de "crayon à papier", tandis que ceux qui vivent en PACA ou dans le Finistère réclameront un "crayon gris". Les habitants de Troyes ou de Nancy préfèrent, quant à eux, les "crayons de papier", tandis que les Wallons et les Mosellans parlent simplement de "crayon".

langue
http://www.francetvinfo.fr/france/langues-regionale/en-images-serpilliere-ou-torchon-crayon-a-papier-ou-crayon-gris-cinq-cartes-du-francais-de-nos-regions_2432081.html?google_editors_picks=true

Ce que la Catalogne nous dit de la diversité culturelle et de la disruption politique

Mon 23 Oct 2017 - 07:17

Barcelona, plaza Espana. Visual hunt

Le cas de la Catalogne – et d’autres régions européennes aux revendications similaires (Écosse, Flandre, Padanie, Pays basque, Bavière…) – illustre les conséquences logiques et les bouleversements potentiels du « glocal » (combinatoire de global et de local, zappant le national). Les États-nations pouvaient se croire épargnés par la disruption provoquée par la mondialisation combinée au numérique transfrontière, mais le statu quo est désormais contesté. La Catalogne semble aux avant-postes d’autres disruptions à venir dans d’autres régions, au-delà de celles déjà en rupture de ban.

Ces phénomènes se trouvaient déjà en filigrane dans les discussions concernant le traité sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles,adopté en 2005, où les États réclamaient leur souveraineté… mais les régions aussi ! La Catalogne était alors à l’avant-garde de cette diplomatie régionale dont elle fait preuve dans la crise actuelle, en dénonçant la subalternité de certaines régions par rapport aux États dans la nouvelle colonialité globale. Elle a été la première à demander et obtenir le 16 septembre 2005 une extension des domaines de l’adressage Internet pour les régions et communautés linguistiques, le « .cat », ce qui n’a pas été sans hérisser Madrid.
Subalternité vs colonialité : modifier le statu quo

Dans le glocal, la subalternité des régions est désormais un outil de contestation face à une théorie de l’État-nation prénumérique. Pour le moment, face à une Espagne sciemment construite comme hégémonique et réduite à Madrid (pour ne pas s’aliéner les autres régions), la Catalogne met en scène des astuces dramatiques pour exacerber la violence du pouvoir central et mettre la communauté internationale de son côté ou en neutralité. Seule, elle n’a pas la possibilité de changer l’histoire, mais elle se sert de tous les interstices ouverts de manière créative, donc disruptive.

Et Mariano Rajoy se retrouve en père autoritaire à sommer Carles Puigdemont de se prononcer clairement… Rajoy, dont le grand-père a été un des rédacteurs du statut d’autonomie de la Galice en 1932. Pour Puigdemont, il s’agit aussi de créer des images fortes pour son projet d’affiliation à une histoire commune de l’Europe qui n’est pas obligé de passer par la case Madrid.

Les Catalans se vivent en position de subalternité à l’égard d’un Madrid qui se comporte en état colonial, drainant ses ressources vives vers le centre avec peu de contreparties et beaucoup de corruption (ce qu’ils vérifient en se voyant reléguer en quelques décennies de 1re région industrielle à la 3e). Ils ne veulent plus subir l’étiquette de minorité imposée par ce pouvoir colonial alors qu’ils ont connu leur propre forme de pouvoir, républicain de surcroît. Ils dénoncent la colonialité du pouvoir étatique, qui crée des barrières ethniques et des exploitations commerciales.
Barcelona, Montjuic. Visual Hunt
Un contre-récit, en demande de démocratie directe

Les Catalans proposent un contre-récit au récit étatique moderne, en se voyant déjà comme nation au sein de l’Europe. Au discours moderne qui a créé les termes d’ethnicité et de minorité, ils opposent un discours disruptif de solidarité et de démocratie directe, – discours que je qualifie de « cybériste » pour signifier la rupture avec des références prénumériques obsolètes. D’où l’enjeu autour du référendum, une des formes les plus participatives de démocratie.

Leurs références politiques ne sont d’ailleurs plus identifiables selon des axes polarisés extrême droite vs extrême gauche, conservateurs vs progressistes, élite vs peuple. Dans la disruption, ces catégories ne recouvrent plus la complexité des choix non-rationnels et non-linéaires (mais néanmoins légitimes) qui guident les individus et les collectifs.

De fait, considérer la disruption catalane à l’aune du simple nationalisme, c’est nier sa dimension transnationaliste, avec le risque d’y appliquer des remèdes et solutions prénumériques, ce qui ira irrémédiablement plus loin que le clash symbolique…

Les Catalans peuvent s’appuyer sur leurs communautés de la diaspora, les casals, Catalans de l’extérieur. Elles sont ailleurs dans le monde mais reliées au pays par les réseaux transfrontières d’Internet pour comparer leur situation à celle partagée par d’autres cultures subalternisées, ce qui les conforte dans leur différence et leur diversité culturelle à l’égard de Madrid.
Une culture catalane locale et globale à la fois

Le bouillonnement culturel de la région catalane pousse ses habitants à imaginer, inventer, oser et à façonner la région à leur image, avec un regard porté sur le local autant que sur le global. La Catalogne, à travers Barcelone notamment mais pas seulement, s’est depuis longtemps constituée comme une région utilisant la créativité et la diversité culturelle comme levier de développement urbain et de rayonnement économique. Et ce, même avant le mouvement « Barcelona Posat Guapa » (« Barcelone, fais-toi belle ») de 1985.

Des artistes célèbres comme Antoni Gaudi ou Salvadro Dali, ou encore, plus récemment des chanteurs comme Luis Llach avec sa chanson « L’Estaca » (le pieu) en 1976 illustrent cette excentricité ludique et disruptive, loin de la capitale officielle. Cet excentrisme du coup donne de la force à l’authenticité du local, ce qui amène au décrochage à l’égard du national, puis éventuellement à la disruption.
Les quatre T de la Catalogne

Ce bouillonnement disruptif relève du même phénomène que celui des villes et régions créatives dans le monde, autour des trois T de Richard Florida (Routledge, 2014) auquel je rajoute le T de transnationalisme : technologie, talent et tolérance.

En Catalogne, ces quatre T indicateurs sont fortement présents. Le T de technologie se manifeste dans les hubs d’innovation high-tech, le numérique permettant à la région de s’installer dans les industries créatives du XXIe siècle (du design à la gastronomie). Il permet aussi de s’exprimer et de s’organiser et crée de la proximité à distance avec la diaspora.

Le T de talent tient dans sa capacité à créer une atmosphère où les arts de toutes sortes sont un élément de rayonnement socio-économique, qui attire la classe créative, en demande de bien-être culturel et friande d’infrastructures culturelles et sportives pour se maintenir créative.

Le T de tolérance concerne la capacité d’accueil de nouvelles formes de pensée et de différents groupes à l’identité ethnique, sexuelle ou sociale marquée, dont les migrants, les homosexuels et d’autres éléments d’une bohème geek internationale. Nombre d’entre eux sont bi-culturels et bi-lingues, les Catalans en premier (l’édition catalane tend à publier des ouvrages en français et en anglais en plus du catalan et du castillan).
Une disruption qui pointe vers d’autres en cours

Telle est la disruption catalane, quand on la pense hors de la boite. Elle est à suivre au même titre que la montée des réseaux de villes qui s’autonomisent des états comme le C40 des villes monde pour faire face au dérèglement climatique ou du réseau des régions d’Europe pour la culture.

Elle est une manifestation des recherches de réactivité face à des urgences, qu’elles soient numériques ou climatiques, les dérèglements glocaux imposant des solutions rapides, adaptées à des territoires dont l’aune n’est plus perçue comme relevant de l’Etat-nation moderne.

Mais toutes les disruptions ne sont pas égales entre elles. Certaines sont mieux dotées pour ne pas juste subir l’histoire tout en luttant pour elle. D’autres inégalités et déséquilibres vont se créer qui demandent accompagnement et vigilance. En politique, il va falloir aussi se montrer créatif, sinon les démocraties prénumériques vont rappeler aux mauvais souvenirs de bien des peuples leurs racines colonialisantes et subalternalisantes.

Il faut plus que jamais penser la trans-européanité et revoir le pacte de l’Union Européenne en faisant de la place à la diplomatie régionale en lien à la diplomatie transnationale. La demande catalane d’une médiation internationale bienveillante, sans violence, relève de cette démarche. Les Etats-nation européens qui se rallient à Madrid par peur de leurs propres régions et par respect de l’ordre prénumérique feraient mieux d’y repenser à deux fois car ils se coupent de forces créatives importantes et d’une réelle capacité de ré-enchanter l’Union Européenne.
The Conversation

Divina Frau-Meigs est membre de l'Association Internationale des Etudes et Recherches en Information-Communication (AIERI), à statut d'observateur de la société civile à l'UNESCO. A ce titre, elle a participé aux débats concernant le traité sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles à l'UNESCO entre 2001 et 2005.

Catalogne langue région
http://theconversation.com/ce-que-la-catalogne-nous-dit-de-la-diversite-culturelle-et-de-la-disruption-politique-86115

Ecriture inclusive : le langage suivra l'évolution de la société, pas l'inverse - Challenges.fr

Fri 20 Oct 2017 - 10:16

C’est avec l’usage que la langue s’adapte. Le jour où les postes de préfets, chercheurs, ingénieurs et autres métiers seront occupés par autant de femmes que d’hommes, le langage suivra.
Le langage a-t-il besoin d’un manuel pour évoluer?

C’est avec l’usage que la langue s’adapte. Le jour où les postes de préfets, chercheurs, ingénieurs et autres métiers seront occupés par autant de femmes que d’hommes, le langage suivra.
ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

"Grâce aux agriculteur.rice.s, aux artisan.e.s et aux commerçant.e.s, la Gaule était un pays riche". L’on pourrait croire à une nouvelle expérience d’écriture créative de l’OuLiPo où le "e", disparu sous la plume de Georges Pérec, ferait cette fois une grande apparition. Mais il s’agit plus prosaïquement d’un extrait en écriture inclusive du nouveau manuel scolaire édité par Hatier que les enseignants pourront désormais choisir pour leurs classes de CE2. Un manuel se voulant, comme l’explique son éditeur, "le reflet de la société et de ses évolutions". Mais le langage a-t-il besoin d’un manuel pour évoluer?
Le langage ne se décrète pas

Il est évident que l’égalité entre les femmes et les hommes doit être une priorité. Il est tout aussi évident que la langue française ne doit pas être figée pour être préservée et qu’une langue dite vivante doit justement s’adapter. Mais ce n’est pas en glissant de force des "e" minuscules entre deux points que l’on fera évoluer les usages. Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes en apporte, sans le vouloir, la démonstration : c’est en constatant l’inapplication de la première circulaire relative à la féminisation des noms de métier que le Premier ministre a réitéré cette obligation en 1998. Vingt ans plus tard, entend-on davantage de femmes se dire "sapeuse-pompières" ou "doctoresses"?

Laissons les mots se transformer à leur rythme. C’est avec l’usage que la langue s’adapte et se transforme. "Ma doctrine est que ce sont les usagers qui décident", confiait récemment le linguiste Alain Rey dans un entretien pour Le 1. Prenons le mot "sénatrice". Dans sa version féminine, ce mot ne figure pas dans le Larousse. Il est pour autant facile de constater que cela ne l’a pas empêché de s’imposer dans le langage courant. Que l’usage précède le langage! Rien n’empêche les auteurs, "autrices" et les plumes en tous genres favorables à l’écriture inclusive de s’en saisir. Tout plaide en faveur d’une féminisation de certaines professions. Le jour où les professions de préfets, chercheurs, ingénieurs et autres activités seront occupées par autant de femmes que d’hommes, le langage suivra.
L’écriture inclusive pour les robots?

Selon étude menée par l’Université de Princeton sur un algorithme utilisé dans toutes sortes d’applications, l’intelligence artificielle associerait majoritairement les mots évoquant la gente féminine (fille, soeur, mère, etc.) aux notions de famille, enfants, foyer et aux arts. A l’inverse, l’algorithme rapprocherait automatiquement les hommes des notions de travail, carrière et les associe aux matières scientifiques et technologiques.

L’algorithme - né d’un concepteur subjectif - serait-il sexiste? Ou n’est-il que le reflet numérique de nos comportements individuels? Dans les deux cas, le big data alimente le risque de voir les comportements majoritaires devenir une norme. Et nous courrons aussi collectivement le risque de nous emprisonner dans nos propres conformismes. Faudra-t-il alors enseigner l’écriture inclusive aux robots? Commençons d’abord par intéresser les petites filles aux robots.

féminisme langue
https://www.challenges.fr/politique/ecriture-inclusive-le-langage-suivra-l-evolution-de-la-societe-pas-l-inverse_507614?google_editors_picks=true

Google Photos reconnait vos animaux

Tue 17 Oct 2017 - 20:02

Grâce à son IA de reconnaissance faciale, Google Photos peut maintenant reconnaître vos chiens ou chats parmi vos clichés

(CCM) — Voilà une excellente nouvelle pour toutes les personnes ayant un animal de compagnie ! Si vous avez une boule de poil à la maison, il y a de très fortes chance pour qu'une bonne partie de votre répertoire photo lui soit consacrée et Google l'a bien compris ! Car l'application Google Photos peut désormais reconnaître votre chien ou votre chat de la même façon qu'elle reconnait une personne.

Cette nouvelle fonctionnalité va regrouper toutes les photos de l'animal dans un seul et même dossier, comme Google Photos le fait déjà pour les personnes revenant le plus souvent dans vos clichés. Il est également possible d'attribuer un nom, ce qui fait que lorsque vous taperez le nom de votre chien ou votre chat - disons Félix et Brutus - dans Google Photos, l'application les retrouvera automatiquement. Google a de plus activé la recherche par noms de races de chiens et de chats, et même par émoji ! Mieux encore, l'Assistant Google sera capable de créer un petit film reprenant les photos de votre animal.

Si cette fonctionnalité peut paraître plutôt triviale (sauf bien sûr pour ceux qui adorent prendre des photos de leur chien), il faut quand même se rendre compte que l'IA de Google est désormais capable de distinguer un chien précis parmi d'autres... Ce qu'un être humain n'est pas forcément capable de faire. Sur son blog (lien en anglais), Google indique que cette nouvelle fonction est distribué dans la plupart des pays dès aujourd'hui, sur Android comme sur iOS.

photos
http://www.commentcamarche.net/news/5870498-google-photos-reconnait-vos-animaux

Finalement, Jean-Michel Blanquer est contre l'écriture inclusive dans les manuels scolaires

Mon 16 Oct 2017 - 16:05

Je trouve que ça ajoute une complexité qui n'est pas nécessaire", plaide le ministre de l'Education.
16/10/2017 13:19 CEST | Actualisé il y a 2 heures

Geoffroy Clavel
Chef du service politique du HuffPost

Philippe Wojazer / Reuters
Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer.

EDUCATON - Il n'y aura pas de manuels scolaires pour tous et toutes. Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, s'est déclaré lundi contre l'emploi de l'écriture dite "inclusive" à l'école, estimant que cette méthode de promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes créait "des polémiques inutiles".

Interrogé sur BFMTV et RMC sur l'opportunité d'utiliser cette écriture dans les manuels scolaires, au moment où le gouvernement en fait la promotion à destination des TPE et des PME, le ministre a jugé que ce n'était "pas une bonne idée". "On doit revenir aux fondamentaux sur le vocabulaire et la grammaire, je trouve que ça ajoute une complexité qui n'est pas nécessaire", a-t-il estimé en redoutant que cela finisse par nuire à une "bonne" cause, l'égalité des sexes.

"Je me considère comme féministe", a-t-il précisé. "Mais je ne pense pas que ce soit le juste combat", a-t-il indiqué en désignant l'écriture inclusive comme "une façon d'abîmer notre langue".

Pour Jean-Michel Blanquer, l'écriture inclusive "ajoute une complexité qui n'est pas nécessaire" pic.twitter.com/YGDGowSr2R
— BFMTV (@BFMTV) 16 octobre 2017

L'écriture inclusive est un outil destiné à lutter contre les stéréotypes liés aux sexes et les inégalités entre les femmes et les hommes. Son caractère le plus visible est l'accord des noms et des adjectifs au féminin et au masculin lorsque c'est possible. L'emploi du point est encouragé pour mettre sur le même plan hommes et femmes lorsque c'est nécessaire. Exemple: "les électeur.trice.s votent".

Un manuel sur la sellette?

Jusqu'ici, le ministre avait plutôt affiché sa prudence vis à vis de cet outil pédagogique, encouragé par le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes. Interrogé sur le sujet fin septembre, Jean-Michel Blanquer avait jugé "questionnable" l'utilisation de cette écriture dans des manuels : "que cette liberté soit offerte dans la vie démocratique courante, ça me paraît compréhensible. A l'école je suis plus réservé (...) quand je vois les difficultés qu'on a à bien consolider la lecture" chez les élèves.

Jean-Michel Blanquer ne s'est en revanche pas prononcé sur l'éventuelle interdiction d'un manuel scolaire de CE2 ("Découvrir le monde" paru aux éditions Hatier à la rentrée) qui utilise pour la première fois cette écriture inclusive. Le député LR Julien Aubert, qui avait réclamé son interdiction à l'école pour ne pas "transformer, sous couvert d'apprentissage à l'égalité, notre langue à des fins idéologiques", est du coup revenu à la charge.

#Blanquer se prononce sur #BFM c/ l'écriture inclusive, suite à notre lettre commune. Nous attendons qu'il retire le manuel scolaire pilote!
— Julien Aubert (@JulienAubert84) 16 octobre 2017

En 2015, le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes avait publié un guide incitant les pouvoirs publics à adopter une communication "sans stéréotypes de sexe". Plusieurs ministères, institutions, collectivités et universités se sont depuis engagés à appliquer ces recommandations.

inclusive langue
http://www.huffingtonpost.fr/2017/10/16/finalement-jean-michel-blanquer-est-contre-lecriture-inclusive-dans-les-manuels-scolaires_a_23244490/

Et si Google était un service public ?

Mon 16 Oct 2017 - 08:07

La Commission européenne et plusieurs gouvernements européens, dont le gouvernement français, se sont mis en tête de faire payer des impôts à Google.

On ne peut qu’approuver l’idée selon laquelle les multinationales – toutes spécialités confondues – devraient payer des impôts comme toutes les autres entreprises. On peut même se demander ce qui se serait passé si elles avaient payé leur part d’impôts depuis trente ou quarante ans.

Privés de leur remarquable capacité à faire de l'optimisation fiscale en toute légalité, elles n’auraient sans doute pas pu croître et prospérer autant qu’elles l’ont fait. Peut-être même n’auraient-elles pas pu remplacer les entreprises plus petites et plus locales par des monopoles et des oligopoles mondiaux. C’est que l’internationalisation coûte cher et présente des risques considérables.

Il n’est pas douteux que l’optimisation fiscale a largement compensé les coûts et les risques de l’ expansion des grandes entreprises au-delà de leur pays d’origine. On peut aussi prédire que, taxés autant que les petites entreprises, plusieurs de ces mammouths pourraient s’effondrer sous le poids financier de leurs coûts de coordination interne.

Il est donc légitime, utile, et urgent, de taxer les multinationales. Mais pourquoi s’acharner particulièrement sur Google ?
Service gratuit vs services publics payants

Je n’ai aucune action de cette entreprise et je n’ai strictement aucun intérêt à la défendre, mais j’en suis un utilisateur quotidien et satisfait. Dix à vingt fois par jour, je fais une recherche sur Google. Ça ne me coûte strictement rien et c’est pour moi un service d’une qualité et d’une utilité sans bornes. Google ne paie pas assez d’impôts, certes, mais quel service public !

Avoir une télévision chez soi coûte au contribuable chaque année une partie de ses impôts. L’accès à des statistiques de l’Insee est payant, comme le sont aussi les publications scientifiques des chercheurs du CNRS pour qui n’est pas membre statutaire d’un organisme de recherche public. Faire un tour dans un musée public ou visiter un château appartenant à l’État coûte au moins aussi cher qu’une place de cinéma, sans parler d’une représentation dans un théâtre public, dans une salle de concert ou dans un opéra.

Bref, pour le simple citoyen, tous ces services publics d'État sont payants, et (on y pense moins), présentent un coût caché pour ceux qui ne les utilisent pas, mais qui paient des impôts pour les entretenir.

Google, YouTube, Wikipédia, The Conversation donnent un accès gratuit à une masse énorme d’informations, disparate certes, mais souvent de bonne qualité.

Il me paraît utile de comparer cette merveilleuse accessibilité avec les restrictions dont font l’objet, par exemple, les vidéos conservées par le service public de l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Des services publics d’État à accès limités

Une remarquable émission d’Apostrophe enregistrée sur le service public de la télévision française le 21 décembre 1979 montre Bernard Pivot interrogeant Fernand Braudel et Pierre Bourdieu. Cette émission serait d’un grand intérêt pour tous les étudiants en sciences sociales. Or, il faut payer 2,99 euros pour la voir dans son intégralité. Quid de la culture accessible à tous ?

Une recherche sur le site Cairn Info est payante s’il on n’est pas membre d’un temple officiel du savoir. Pourquoi cette tarification, qui limite l’usage de ces sources – la recherche- déjà largement financées par la collectivité et qui devraient être accessibles à tous les étudiants ?

Comparé à ces services publics d'État à accès limités, Google est tout simplement une improbable et divine merveille. C’est un chef d’œuvre d’accès à l’information, à la culture, à l’art. La qualité de service est remarquable et le rapport accessibilité/qualité/prix est excellent.
Google : liberté et égalité ?

Est-il bien raisonnable que l’État s’en mêle ? Ne s’est-il pas montré incapable de rendre des services aussi innovants, universels et bon marché ? Google est une parfaite illustration des deux premiers termes de la devise de notre république, Liberté et Égalité. En effet, c’est un service qui assure la promotion de la liberté (on peut y chercher tout ce qu’on veut) et de l’égalité (toute personne connectée, pauvre ou riche peut y accéder tant qu’elle veut, sans rien payer).

Si Google se trouve bientôt lourdement imposé en Europe, on peut craindre que par voie de conséquence, ses indispensables services deviennent payants. Qu’aura alors gagné le simple citoyen ?

La même remarque vaut pour le GPS, cet outil merveilleux et qui ne nous coûte pas grand-chose, sauf une petite perte d’amour propre parce qu’il illustre la supériorité technologique américaine.

Rien ne nous interdit d’être la prochaine nation à rendre de tels services à l’humanité tout entière. Mais faut-il taxer ceux qui l’on fait jusqu’ici, pour notre plus grand bien, et sans nous faire payer la facture ?

Google est une exception. Ce n’est pas une entreprise comme les autres, c’est notre meilleur service public. Si vous en doutez, demandez-vous quel chemin vous avez suivi la dernière fois que vous êtes allés sur Internet pour payer vos impôts ?

Google
http://theconversation.com/et-si-google-etait-un-service-public-85215

Animals Fleeing From Yellowstone Supervolcano?

Sat 14 Oct 2017 - 12:15
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https://youtu.be/ij7ZHa1GqPQ

Quand le supervolcan de Yellowstone se réveillera (vidéo) - notre-planete.info

Sat 14 Oct 2017 - 12:10

Le supervolcan du Yellowstone National Park, capable d'engendrer un cataclysme, tremble et se déforme, causant une modification de la topologie du terrain de manière spectaculaire, selon un rapport du National Geographic. S'agit-il de signes précurseurs d'une éruption catastrophique ou d'un simple "ronflement" cyclique ?

Le point chaud de Yellowstone a produit plusieurs groupes de cratères volcaniques imbriqués, appelés caldeiras, au cours des 16 derniers millions d'années. Et, au cours des deux derniers millions d'années, trois éruptions majeures se sont produites :

La première, dénommée Heise, a eu lieu il y a 2,1 millions d'années : l'éruption a émis tellement de magma que la chambre magmatique s'est effondrée créant une dépression, la caldeira avec des dimensions impressionnantes : 80 km de long, 65 km de large et des centaines de mètres de profondeur.
La deuxième éruption, Picabo, s'est produite il y a 1,3 millions d'années ;
et la troisième il y a 631 000 ans. C'est cette dernière qui a formée la caldeira actuelle de Yellowstone qui s'étend sur 40 à 60 km[1].

Depuis, environ 30 petites éruptions, y compris une datée d'il y a seulement 70 000 ans, ont rempli la caldeira de lave et de cendres, et ont construit le paysage relativement plat que nous connaissons aujourd'hui.
Yellowstone : le plus grand réservoir de magma au monde

Le volcan du Yellowstone se caractérise par une imposante chambre magmatique souterraine dont les évaluations ne cessent d'en augmenter la taille. D'après les premières estimations, elle faisait faire plus de 70 kilomètres de large pour une hauteur de plus de 10 kilomètres.
Sur le même sujet :

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Toutefois, selon une étude rendue publique fin octobre 2013, les dimensions de la gigantesque chambre magmatique pourraient avoir été sous-estimées. En effet, Robert Smith de l'université de l'Utah a indiqué que la chambre magmatique résidant sous le parc de Yellowstone mesurerait 90 km de long pour 20 km de large. Par ailleurs, elle se situerait entre 2 km et 15 km de profondeur sous la caldeira, selon les endroits.

Une nouvelle étude publiée en avril 2015 par des chercheurs de l'Université de l'Utah révèle la présence d'une autre réservoir colossal sous cette première chambre. Constitué d'eau chaude et de roche partiellement en fusion, ce réservoir 4,4 fois plus volumineux que la chambre magmatique serait situé entre 19 et 45 km sous la surface. Sa capacité est telle qu'elle pourrait combler 11,2 fois le Grand Canyon, contre 2,5 fois pour la première chambre magmatique, estime le chercheur Jamie Farrell, co-auteur de l'étude publiée dans la revue Science. Cela en fait, jusqu'à preuve du contraire, la plus grande chambre magmatique connue sur Terre.

"Pour la première fois, nous avons imagé le système de plomberie volcanique continue sous Yellowstone", explique le premier auteur Hsin-Hua Huang, également chercheur en géologie et géophysique. "Cela inclut la chambre magmatique supérieure que nous avons vu précédemment, plus un réservoir de magma dans la croûte inférieure qui n'avait jamais été représenté avant et qui relie la chambre supérieure au point chaud de Yellowstone."

Cependant, contrairement à une idée reçue, la chambre magmatique et le réservoir de magma ne sont pas remplis de lave en fusion. Il s'agit davantage de roche chaude, principalement solide et spongieuse, avec des poches de roche en fusion qui représenteraient respectivement 9 % et 2 % du volume des chambres supérieures et inférieures.

University of Utah seismologists discover magma reservoir under Yellowstone (with scale in kilometers) from The University of Utah on Vimeo.

Cette nouvelle représentation du système volcanique de Yellowstone n'augmente pas le risque proche d'une éruption : "Le danger réel reste le même, mais maintenant nous avons une bien meilleure compréhension du système magmatique complet," explique le co-auteur Robert Bob Smith, un expert de longue date dans le volcanisme de Yellowstone de l'Université d'Utah, professeur émérite en géologie et en géophysique.
Les pressions du magma déforment le sol de Yellowtone

Alors que l'épaisseur de la croûte terrestre est d'environ 30 km, à Yellowstone elle n'est que de 7 à 10 kilomètres. Ce qui fait que la pression exercée par la chambre magmatique se traduit par des déformations en surface. A partir de 2004, les scientifiques ont vu le sol au-dessus de la caldeira s'élever de 7 centimètres par an. Bien que ce taux ait ralenti entre 2007 et 2010 à un centimètre par an ou moins, depuis le début de ce gonflement, le sol s'est soulevé de plus de 25 centimètres à plusieurs endroits.

« Il s'agit d'une élévation extraordinaire, car il couvre une grande surface et les taux sont très élevés », a déclaré Bob Smith. Les scientifiques pensent qu'un réservoir de magma gonfle, 7 à 10 kilomètres sous la surface de la terre, ce qui entraîne ce soulèvement. Heureusement, l'élévation ne semble pas annoncer une catastrophe imminente, a déclaré Bob Smith : « Au début nous pensions à une éruption ».

« Mais une fois que nous avons vu que le magma était à une profondeur de dix kilomètres, nous n'avons pas été si préoccupés. S'il se situait à une profondeur de deux ou trois kilomètres, là, nous aurions été beaucoup plus vigilants ». Les études offrent de précieux indices sur ce qui se passe dans la tuyauterie souterraine du volcan, ce qui pourrait éventuellement aider les scientifiques à prédire quand aura lieu la prochaine éruption volcanique à Yellowstone.
Les respirations insondables de Yellowstone

Smith et ses collègues de US Geological Survey (USGS) et de l'observatoire du volcan de Yellowstone ont cartographié les soubresauts de la caldeira à l'aide d'outils tels que les systèmes de positionnement GPS et d'interférométrie radar (InSAR), qui mesurent la déformation du sol. La déformation du sol suggère que le magma est en mouvement vers la surface, signe précurseur d'une éruption. Les flancs du mont St-Helene, par exemple, ont gonflé de façon spectaculaire dans les mois précédents l'explosion de 1980. Ce fut également le cas avant l'éruption plus modeste de l'Eyjafjallajökull en avril 2010 : son flanc avait enflé de plus de 15 centimètres environ, étant donné que le magma avait coulé dans les chambres étroites sous la montagne.

Mais il existe aussi de nombreux contre-exemples, y compris dans le cas du supervolcan de Yellowstone, où le sol enfle sans que cela soit suivi par une éruption. Selon la théorie actuelle, le réservoir magmatique de Yellowstone est alimenté par un panache de roches chaudes provenant du manteau terrestre. Lorsque la quantité de magma qui afflue dans la chambre augmente, le réservoir se gonfle comme un poumon et la surface s'élève. Lors du soulèvement des dernières années, les modèles indiquent que le réservoir s'est rempli d'environ 1 million de mètres cube de magma par an. Lorsque cet afflux ralentit, en théorie, le magma se déplace horizontalement pour se solidifier en refroidissant, ce qui fait redescendre le niveau de la surface terrestre.

"Sur la base de preuves géologiques, Yellowstone a probablement vu un cycle continu d'élévation puis de régression au cours des 15 000 dernières années, et ce cycle continuera probablement", a déclaré Bob Smith. Les enquêtes montrent, par exemple, que la caldeira a augmenté d'environ 18 centimètres entre 1976 et 1984 avant de redescendre d'environ 14 centimètres au cours de la décennie suivante. Il ajoute "ces caldeiras ont tendance à monter et descendre, mais de temps en temps, elles créent des explosions hydrothermales, des tremblements de terre, ou des éruptions volcaniques".

Les chercheurs estiment que 10 à 30% du magma présent sous Yellowstone est à l'état liquide, c'est donc encore insuffisant pour déclencher une éruption majeure (il en faudrait au moins 50%). Mais des poches de magma en fusion dans la chambre pourraient quand même causer des éruptions plusieurs fois plus fortes que celle de 1980 au Mont St Helens (Etat de Washington), prévient Jacob Lowenstern, qui dirige l'Observatoire de Yellowstone pour le compte de l'USGS de Menlo Park, en Californie.
De la difficulté de prévoir une éruption de Yellowstone

Prévoir l'imminence d'une éruption volcanique reste extrêmement difficile, en partie parce que de nombreuses données font encore défaut dans le cas de Yellowstone. De plus, les enregistrements en continu de l'activité de Yellowstone ne sont disponibles que depuis les années 1970, ce qui est insignifiant à l'échelle des temps géologiques et ne permet donc pas de tirer de conclusions sur les observations effectuées.

De toute évidence, il y a encore du magma sous Yellowstone souligne Dan Dzurisin, un expert de Yellowstone. Ceci se manifeste par l'activité hydrothermale continue juste sous la surface : geysers (il y en a plus de 500), sources d'eau chaude (plus de 10 000), boues chaudes, fumerolles qui constituent une attraction pour de nombreux touristes. Ce large système hydrothermal pourrait aussi jouer un rôle dans les déformations du sol, mais il est difficile de savoir dans quelle mesure.

Quelque 3000 tremblements de terre secouent chaque année Yellowstone[2]. Par exemple, entre le 26 décembre 2008 et le 8 janvier 2009, environ 900 séismes se sont produits dans une zone localisée autour du lac Yellowstone. Cette concentration de secousses pourrait avoir relâché la pression du magma dans le réservoir en permettant aux fluides de s'échapper ralentissant du coup l'élévation du sol, comme l'indique Smith de l'Université de l'Utah.

Ces séismes devraient fournir de précieux indices sur les relations entre la chambre magmatique et les déformations du sol.

Au final, l'histoire géologique de Yellowstone et les causes des déformations enregistrées sont devenues de plus en plus complexes avec l'évolution des techniques disponibles pour les étudier.
Vers un prochain réveil du supervolcan Yellowstone ?
Regain d'activité en 2014

Fin 2013, la gigantesque caldeira montrait des signes de réveil : activité sismique, accentuation des déformations du sol... Ainsi, Yellowstone a connu le 30 mars 2014 un séisme de magnitude 4,7 à seulement 6 km au nord-est du Norris Geyser Basin. Il s'agit du plus puissant tremblement de terre depuis le début des années 1980 dans le parc.

Pourtant, l'agence géologique américaine (USGS) se veut rassurante : ces tremblements de terre ne sont pas anormaux et ont déjà été constatés par le passé.
2017 : vague intense de séismes

Les vulcanologues de l'Université de l'Utah qui suivent le supervolcan ont enregistré un regain d'activité du 12 au 19 juin 2017 avec une série de 464 séismes (la plupart de magnitude 0 à 2) dont un de magnitude 4,5 le 15 juin. "L'épicentre du choc a été localisé dans le Parc National de Yellowstone, à 12 km au nord-nord-est de la ville de West Yellowstone, Montana" ont indiqué, dans un communiqué, les scientifiques.
Cette vague de séisme est la plus importante depuis 5 ans, mais reste inférieure aux séries enregistrées en 2002, 2004, 2008 et 2010.

Le réseau de GPS de Yellowstone permet d'enregistrer les déformations du sol et donc les variations de pression dans les profondeurs de la Terre.

déformation sol YellowstoneDéformations du sol à Yellowstone depuis 2004. Premier graphique : déplacement horizontal nord/sud. Deuxième graphique : déplacement horizontal est/ouest. Troisième graphique : déplacement vertical du sol. Station NRWY (YellowstoneContin Network)
© USGS

L'USGS souligne qu'entre 1996 et 2003, le Norris Geyser Basin avait connu une élévation de 12 cm, avant de dégonfler en 2004. Les situations de 2014 et de 2017 ne sont donc pas particulièrement alarmantes.
Doit-on s'inquiéter des animaux qui fuient Yellowstone ?

Des vidéos montrent des bisons qui semblent fuir le parc national de Yellowstone :

Contrairement aux rumeurs catastrophistes, cela ne signifie pas que ces animaux tentent d'échapper à un danger imminent mais qu'ils sont tout simplement à la recherche de nourriture, il s'agit donc d'une migration saisonnière classique comme l'explique Al Nash, chef des relations publiques pour le parc national de Yellowstone.

Pour l'instant, nous assistons donc simplement au ronflement du supervolcan... Et c'est plutôt rassurant.
Une éruption peu probable à court terme

Selon Ilya Bindeman, professeur en sciences géologiques à l'Université de l'Oregon (USA), une éruption majeure à Yellowstone devrait effectivement se produire... Mais plutôt dans 1 à 2 millions d'années. En effet, "nos recherches sur les modèles d'un tel volcanisme dans deux anciennes caldeiras complètes dans le sillage de Yellowstone suggèrent que le supervolcan est dans une phase d'endormissement plutôt que sur un cycle de montée en puissance" dit-il.

Si il ne s'agit pas d'une certitude, mais seulement d'une extrapolation à partir des témoins des éruptions passées, la prochaine éruption majeure de Yellowstone devrait donc se produire dans 1 à 2 millions d'années, dans l'Etat du Montana.

Selon Robert B. Smith, le risque que le supervolcan Yellowstone entre en éruption est, chaque année, de 1 sur 730 000[3], ce qui reste faible : "Malgré les annonces alarmistes de conséquences catastrophiques d'une éruption du supervolcan, nous affirmons qu'elle est impossible, l'épicentre du volcan s'étant déplacé sous l'épaisse lithosphère nord-américaine. Cela veut dire que pour se réveiller, le volcan aura besoin de beaucoup plus de chaleur et d'énergie que quand il se trouvait sous la couche mince et poreuse du plateau de la Snake River".

Toutefois, dans une interview accordée au New York Times le 10 octobre 2017, Hannah Shamloo, géologue à l'université d'État de l'Arizona indique que ses travaux sur les minéraux issus de cendres fossilisées de la dernière éruption du supervolcan sont surprenants. Les changements radicaux de température et de composition se sont manifestés en quelques décennies alors que les géologues pensaient qu'il fallait plusieurs milliers d'années. Ce qui signifie qu'une éruption pourrait survenir beaucoup plus rapidement que l'on ne le croit. "C'est incroyable à quel point très peu de temps suffit à un système volcanique endormi pour être au bord de l'éruption", a déclaré Hannah Shamloo.
Les conséquences cataclysmiques d'une éruption de Yellowstone

Une éruption à Yellowstone serait une catastrophe majeure, inconnue de la civilisation moderne.

Selon Bindeman, une telle éruption détruirait tout sur un rayon de plusieurs centaines de kilomètres. Mais ce n'est pas tout : les Etats-Unis et le Canada seraient recouverts de plusieurs centimètres de cendres qui détruiraient toute végétation jusqu'à 1 600 km du cratère. Deux tiers des États-Unis et un tiers du Canada deviendraient inhabitables. Les émanations toxiques du volcan rendraient l'air irrespirable... Un tel événement causerait des dégâts gigantesques, équivalant à environ 1 000 fois celle du mont Saint Helens (Washington - USA) en 1980. En effet, l'explosion du mont St. Helens avait engendré l'émission d'un kilomètre cube de matière dans l'air, l' éruption du mont Pinatubo aux Philippines en 1991, dix kilomètres cubes. Or, la dernière éruption de Yellowstone il y a 630 000 ans, a rejeté 1 000 kilomètres cubes de matériaux !

Enfin, du dioxyde de soufre serait libéré en grande quantité, ce qui entraînerait un refroidissement du climat planétaire pendant au moins une décennie et une altération de la couche d'ozone.
Notes

Ces éruptions ont été respectivement 2 500, 280 et 1 000 fois plus puissantes que celle du mont St-Helens de 1980.
Les secousses sismiques sur Yellowtone peuvent être suivies en direct sur la page dédiée de l'Université d'Utah. Une autre page archive toutes les secousses enregistrées sur Yellowstone.
A titre de comparaison, c'est la chance que nous avons de gagner (seulement) 6 000 euro à l'Euro million.

Sources

Yellowstone Has Bulged as Magma Pocket Swells - National Geographic
Planetary disasters: It could happen one night - Nature 493, 154–156 (10 Janvier 2013) doi:10.1038/493154a
Will the Yellowstone supervolcano erupt in our lifetime? - NSF
Yellowstone Volcano Observatory - USGS
Questions About Supervolcanoes - USGS

Auteur

Christophe Magdelaine Christophe Magdelaine / notre-planete.info
Droits de reproduction

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America volcan
https://www.notre-planete.info/actualites/2688-eruption_supervolcan_Yellowstone

Sans le latin, la messe nous emmerde - Libération

Thu 12 Oct 2017 - 23:26

Hommage aux profs que j’ai eus : vieux manuels, vieilles méthodes, bienveillance. Les humanités sont la voie d’accès à notre humanité.

Quand j’étais petit, je voulais être enseignant. Mes instituteurs et mes professeurs me fascinaient par leur science : leur haute stature m’en imposait, à raison. Ils étaient des personnages sacrés, les héritiers, dans un monde en délicatesse avec les religions révélées, des clercs, ou leurs équivalents. Sans le savoir, je réactivais la Trinité des fonctions sociales bien mise en évidence par les historiens et les anthropologues : ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui produisent - les laboratores, les travailleurs-laboureurs, ceux qui produisent la matière indispensable à la subsistance physique en travaillant (laborare) la terre. Mes parents appartenaient à cette troisième catégorie. Dans une société largement déruralisée depuis les années 60, les laboureurs étaient devenus les travailleurs des secteurs secondaire et tertiaire. Les professeurs, eux, ceux des écoles, des collèges et des lycées, étaient les successeurs des oratores, ceux qui prient, ceux dont le métier est d’être en relation avec une transcendance, celle de Dieu jadis, celle de la science aujourd’hui. Je rêvais de les rejoindre, et d’être un clerc - dont j’arbore fièrement la tonsure, la toge et, me dit-on, l’embonpoint…

J’ai eu la chance d’être scolarisé dans des établissements moyens, voire médiocres, inconnus des palmarès, des classements, pas spécialement courtisés par les bourgeoisies en quête de reproduction sociale, voire soigneusement évités d’icelles. Dans ces établissements, des instituteurs et des professeurs à l’ancienne. Vieux manuels, vieilles méthodes, grande bienveillance, et total investissement pour les élèves. En 5e, notre professeure de lettres, Mme Chauvin, nous faisait lire des extraits de Proust et des poèmes courtois. Elle nous faisait aussi explorer des listes de vocabulaire : chaque semaine, vingt ou quarante mots au programme ! Tous au CDI, le Centre de document et d’information, dans le Larousse ou le Robert et en avant la définition, étymologie comprise : pergélisol, analogie, métaphore, rhétorique… Tout y passait. Affreuse réactionnaire ?

Cette enseignante admirable me semblait plutôt très à gauche. Elle nous faisait comprendre, à grands coups d’anecdotes vécues, que la langue était un marqueur social : employez les bons mots, avec la bonne syntaxe, vous serez respectés. Mieux, elle nous montrait que la langue est le lieu du déploiement de la pensée, donc de la liberté. La langue, c’était aussi le théâtre : elle passait ses mercredis après-midi à nous faire jouer, écrire, répéter. Je sais que Mme Balkany a eu la Légion d’honneur, mais j’ignore si Mme Chauvin l’a obtenue. Elle ne l’a sans doute jamais demandée. En 3e, elle remettait ça : à chaques vacances, un Flaubert ou un Zola à lire, et un dossier de vingt pages à rendre. Le travail de la langue s’accompagnait de l’apprentissage de l’histoire de la littérature, et du travail en profondeur des textes. Ah oui, en 3e, on a lu et étudié Phèdre aussi. La découverte de Racine a été un trésor pour la vie. Son travail était appuyé par celui de Mme Bonnin, professeure de latin. Mme Bonnin nous motivait en nous donnant des points supplémentaires pour toute version ou tout exercice de grammaire que nous ferions en plus. Excellente méthode. Je lui dois de parler et d’écrire le français, qui est du latin simplifié, à peu près correctement.

Je suis de ceux qui ont voté François Hollande en 2012, en prenant au sérieux les déclarations du PS : en dix ans d’opposition, ils avaient fait un travail considérable, leur première année au pouvoir était prête jusqu’au décret d’application. La réforme fiscale allait être mise en œuvre, et l’Education nationale, après la dévastation des années Sarkozy, allait être réparée. Sur les deux fronts, le quinquennat passé fut un échec. Je suis de ceux qui ont pleuré de rage en voyant le latin conspué, les classes bilangues entamées, et la réforme des rythmes scolaires mise en œuvre au grand désarroi des collectivités locales. La justice sociale, brandie par la gauche au pouvoir, était bafouée : les grands lycées de centre-ville n’étaient pas fous au point de sacrifier leur latin et leurs langues. Quant aux grands établissements privés, certains font du latin, et de la grammaire dès l’école primaire, et ils ont raison.

Je ne connais pas M. Blanquer. Je n’aime pas ce qu’il dit sur l’autonomie des établissements. Mais je souscris à tout ce qu’il dit sur la langue, le latin (n’oublions pas le grec), les fondamentaux, la lecture. Les humanités sont la voie d’accès à notre humanité, tout simplement. Ma fille aînée est rentrée en maternelle. Je m’incline devant ses professeurs, devant les animateurs de la garderie, devant leur générosité et leur amour pour ces enfants. Ma gratitude à leur égard est infinie. Je suis heureux qu’elle entre dans une école qui l’exercera à la grammaire, aux mathématiques, qui lui permettra d’habiter sa langue en lui faisant faire du latin. Pour que vive la République, vive son école, ses savoirs, ses maîtres et maîtresses.

langue latin
http://www.liberation.fr/debats/2017/10/11/sans-le-latin-la-messe-nous-emmerde_1602445

Explorons le monde des services de Contributopia

Tue 10 Oct 2017 - 12:43

L’aventure Contributopia a pour but de poursuivre et d’approfondir le travail entamé lors de la campagne « Dégooglisons Internet ». Pour la première année de cette campagne, nous comptons donc continuer à ouvrir des services web alternatifs… mais en nous y prenant un poil différemment.

Faire avec vous, pour faire mieux

Hors de question de reprendre le rythme effréné des années de campagne « Dégooglisons Internet » où nous avons sorti près de 10 services par an (vous pouvez vérifier, on a compté !). Durant cette première année de Contributopia, nous voulons prendre le temps dans l’élaboration et l’évolution de quatre services majeurs :

Framasite (et Framawiki), création de sites & pages web, blogs, wiki ;
Framameet, une alternative à MeetUp pour organiser des rencontres de groupes ;
Framapetitions, pour faire entendre ses opinions (alternative aux problèmes posés par Change.org) ;
Framatube, parce que YouTube est devenu incontournable, et qu’il faut trouver comment faire autrement.

Cliquez pour découvrir le monde des services de Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Prendre le temps pour mettre en ligne ces services nous permettra de mieux nous impliquer. Sauf exceptions (Framadate, Framaestro, etc.), Framasoft ne développe pas les logiciels libres qui permettent d’ouvrir les services répertoriés par Dégooglisons Internet. La plupart du temps, nous y contribuons (développement de fonctionnalités, documentation, bidouilles esthétiques, traductions, etc.) puis nous les hébergeons, les tenons à jour et nous facilitons leur adoption.

Cette fois-ci, nous voulons investir encore plus de temps professionnel, et donc de l’argent qui provient de vos dons, dans la création et l’évolution de ces projets. Nous pourrons ainsi contribuer à une réflexion plus poussée autour d’outils numériques qui sont franchement sensibles. Nous pourrons aussi et surtout prendre le temps d’être à votre écoute, de vous exposer les points d’étapes et de vous impliquer dans l’évolution de ces logiciels… S’ils sont faits pour vous, autant les faire avec vous, non ?
Quatre services Contributopistes !

Entrons dans le vif du sujet, avec les quatre services sur lesquels nous vous proposons de contribuer cette année…
Framasite, créer des sites web aisément

Framasite, illustré par David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Première action de cette Contributopia, Framasite est d’ores et déjà ouvert : il suffit d’aller sur Frama.site pour contribuer à la phase de test ! Vous pouvez donc vous y créer un compte afin de produire un (ou plusieurs !) sites internet, pages web, blog, et même des wiki (ces fameux outils pour partager des connaissances de manière collaborative).

Nous reviendrons dessus en détail cette semaine sur le Framablog, mais l’idée est simple : offrir à la fois un espace d’hébergement et des outils pour faciliter l’expression de chacun·e sur la toile. Nous nous engageons à un hébergement éthique : vos contenus publiés sur Framasite vous appartiennent et les données des personnes qui les visiteront ne seront ni épiées, ni transmises, ni monétisées (c’est dans nos conditions d’utilisation !)

Basé sur les logiciels libres Dokuwiki (pour les wiki) et Grav (pour les sites, pages web, blogs…) nous savons qu’à ce jour, Framasite n’atteint pas encore son but : permettre de créer un site web aisément, même quand on ne s’y connaît pas trop. C’est normal, il est en phase de test.

Durant les semaines qui arrivent, nous allons travailler à sa simplification, tout en produisant des tutoriels selon des exemples précis (CV en ligne, blog, etc.). Ensuite, nous souhaitons faciliter le choix des noms de domaine (l’adresse web de votre Framasite). Enfin, fort·e·s des retours et suggestions que vous nous ferez, un⋅e stagiaire nous aidera à contribuer au logiciel Grav afin qu’il soit encore plus facile et pratique d’utilisation.
Framameet, se regrouper sans se faire pister

Framameet, illustré par David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Aujourd’hui, les personnes souhaitant se rencontrer de visu autour de ce qui les rassemble utilisent soit des produits Facebook (les groupes, les pages et les événements), soit MeetUp, dont la création de groupes est devenue payante. Cela signifie, au choix : forcer les gens à être sur Facebook et lui donner encore plus d’informations personnelles et collectives, ou confier à MeetUp toutes les données des personnes intéressées par une activité de groupe.

Il existe des projets dans le logiciel libre qui souhaitent se poser en alternative à MeetUp, mais nous n’en avons pas (encore) vu qui offrent toutes les fonctionnalités attendues et qui sont d’ores et déjà utilisables par le grand public. Qu’à cela ne tienne, c’est une grande devise libriste : « juste fais-le ! » Nous verrons donc qui veut nous suivre dans cette aventure pour créer ensemble une alternative libre à MeetUp qui n’exploite ni les données ni les vies numériques des personnes souhaitant se regrouper.

Framapetitions, s’exprimer en toute confiance

Framapetitions, illustré par David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Ah ça fait un moment qu’on en rêve, de celui-là, hein ? Déjà pendant l’été 2016, nous traduisions l’article inquiétant d’une journaliste italienne, Stephania Maurizi, sur l’exploitation financière des signataires de pétitions faites sur Change.org. Nos opinions sur le monde qui nous entoure (qui sont donc, littéralement, politiques) représentent des données sensibles. Elles valent mieux qu’une exploitation financière ou qu’un code obscur dont on ignore ce qu’il fait, non ?

Lorsque nous avons créé le service de formulaires en ligne Framaforms, nous savions qu’en bidouillant et retravaillant ce code, nous pourrions proposer un service Framapetitions, une alternative à Avaaz ou Change.org. Sauf que la différence entre un formulaire en ligne et une pétition, c’est que cette dernière peut être rejointe par des millions de personnes !

Ayant vu sur plus d’un an comment les serveurs de Framaforms tenaient la charge que représentent vos questionnaires et leurs réponses, nous sommes désormais assez confiant·e·s pour nous lancer dans la production de Framapetitions… mais nous aurons grand besoin de votre aide pour tester massivement ce service ensemble avant de le publier !
Framatube, briser l’hégémonie de YouTube

Framatube, illustré par David Revoy – Licence : CC-By 4.0

C’est un gros morceau : comment faire pour que YouTube ne soit plus aussi incontournable ? Ce réseau social de vidéos bénéficie de toute la puissance de Google… et autant vous dire qu’il en faut, des sous, des fibres et des serveurs, pour centraliser des milliards de vidéos dont certaines sont vues par des milliers (millions ?) de personnes en même temps.

Et si la solution c’était de faire autrement… ? De faire non pas un énième hébergement alternatif (un « Framatube » centralisateur) mais une fédération d’hébergements vidéos, où chacun peut communiquer avec les autres ? Mastodon (une alternative à Twitter libre et fédérée) nous a montré qu’un réseau fédéré peut permettre à chaque hébergeur de choisir ses propres règles du jeu (modération, monétisation, conditions générales) tout en offrant aux utilisateur·trice·s un accès à l’ensemble du réseau.

Peertube est un logiciel libre en cours de développement, qui permet de faire la même chose pour l’hébergement de vidéos. Et il offre un gros plus : la diffusion vidéo en pair à pair. Il fait en sorte que le navigateur web de chaque spectateur·trice d’une vidéo la partage avec les autres personnes qui sont en train de la regarder, soulageant ainsi et le réseau et les serveurs qui hébergent ces vidéos.

Nous prenons le pari de financer le salaire du développeur de ce logiciel, qui jusqu’à présent menait le projet sur son temps libre, afin qu’il parvienne à une version qu’on puisse déployer à grande échelle. C’est un pari fort car nous pensons sincèrement que, une fois cette brique logicielle construite, Peetube peut révolutionner notre monde numérique, et que d’autres pourront construire par dessus.

Ainsi, Framatube ne sera pas un endroit où déposer des vidéos, mais bien le petit maillon d’une grande chaîne que nous espérons composée d’artistes, associations, collectifs, organisations et médias qui hébergeront et diffuseront leurs vidéos.
Faire mieux que dégoogliser, oui, mais ensemble !

Alors oui : « seulement » quatre services en une année, nous vous avions habitué·e·s à plus. Mais, nous espérons que vous l’aurez compris, le but de cette année n’est pas de répondre à une urgence qui pousse vers la quantité de services, mais bien à une exigence de penser ensemble des services différemment. Sans compter qu’en parallèle, nous devons prendre le temps de poser les fondations qui nous permettront de consacrer les années suivantes à l’essaimage, puis à l’éducation populaire.

Cette année est aussi une année de transition, pour nous comme pour tou·te·s celles et ceux d’entre vous qui choisiront de nous suivre dans cette aventure. Cette transition veut tendre vers la contribution. Nous devons trouver ensemble comment commencer à ouvrir les espaces nous permettant de collaborer sur les actions présentes et à venir.

Contribuons ensemble vers cette Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Quitte à avoir moins d’annonces-surprises fracassantes sur le Framablog, nous essaierons de vous tenir informé·e·s des points d’étapes de chaque projet. Cela pourra se passer ici, mais aussi sur nos réseaux sociaux (Diaspora*, Mastodon, Twitter et même Facebook -_- !) ainsi que via notre lettre d’information, afin que vous ayez l’opportunité de prendre part à cette aventure.

Le maintien des projets existants et la naissance des actions à venir restent financés par les dons. Plus de deux mille personnes nous permettent de travailler. Nous tenons à vous remercier de cet engagement nécessaire à nos côtés, et de ce soutien qui fait chaud au cœur.

Vous désirez embarquer avec nous dans ce voyage en Contributopia ?

Ça tombe bien : la voie est libre !
Pour aller plus loin

Découvrir Contributopia
    Le monde des services (2017-2018)
    La planète de l’essaimage (2018-2019)
    Les territoires de l’éducation populaire (2019-2020)
Site de David Revoy, illustrateur de la campagne
    Le soutenir sur Patreon, Tipeee ou Liberapay
Frama.site, première action de Contributopia, en phase de test !
Soutenir Framasoft
framasoft libre
https://framablog.org/2017/10/10/explorons-le-monde-des-services-de-contributopia/

Les cafés piratés par les free-lances

Sat 7 Oct 2017 - 19:23

Au café du commerce, les conversations de comptoir n’ont plus la cote, progressivement étouffées par une colonie de travailleurs planqués derrière leur MacBook.

LE MONDE | 06.10.2017 à 15h15 | Par Nicolas Santolaria
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Aller boire un café dans un bar en journée vous expose potentiellement à ce spectacle laborieux : face à vous, des rangées de MacBook éclairent de leur lumière bleutée les nuques inclinées vers les écrans, laissant parfois apparaître dans un clair-obscur de manga les courbes moelleuses d’un muffin. Mutique, chacun est concentré sur son ouvrage, d’où sortira un bout de dialogue pour une série à la mode, un slogan publicitaire pour une crème de jour, des lignes de code pour une application mobile. Le silence est parfois si pesant que vous vous demandez si vous n’avez pas été téléporté par erreur dans le tympan de Beethoven.
« Oh, tu vas la mettre en veilleuse, Jean-Jacques Bourdin, y en a qui bossent, là ! »

L’effet contaminant de cette routine productive a transformé en profondeur le climat des bars, au point de dévitaliser ces foyers de vie sociale jadis dévolus à une forme de joyeuse cacophonie démocratique. Est-ce bien en ce lieu que l’on pouvait, il y a peu encore, débattre en braillant du problème des tomates qui « n’ont plus de goût », des radars qui « nous piquent notre pognon » et des enfants « qui ne disent pas bonjour » ? Là où elles faisaient de vous un polémiste de comptoir reconnu, vos vociférations risquent aujourd’hui de recevoir un écho bien moins enthousiaste, du genre : « Oh, tu vas la mettre en veilleuse, Jean-Jacques Bourdin, y en a qui bossent, là ! »

Il faut vous rendre à l’évidence, le zinc où vous aviez vos habitudes n’est plus que marginalement dévolu à la convivialité depuis qu’il a été envahi par les moofers, chatoyant acronyme anglo-saxon signifiant mobile out of the office workers. Ces free-lances nomadisés dont le rêve ultime est de réussir à s’asseoir à côté d’une prise de courant n’ont que peu de chose à voir avec la tradition existentialiste du travail dans les cafés, dont Sartre fut un ardent promoteur. Là où le philosophe se nourrissait de l’ambiance du lieu pour épaissir l’argumentaire de L’Etre et le Néant, le moofer a au contraire tendance à s’en abstraire par la magie ubiquitaire de la connexion Internet. Il est donc là sans y être, tel un figurant néantisé investi a minima dans la théâtralité du lieu.

Piratage des lieux de vie

Dans son ouvrage Microcapitalisme. Vers un nouveau pacte social (PUF, 216 pages, 14 €), François-Xavier Oliveau montre que l’entreprise, en tant qu’héritière des modes de production centralisés du XIXe siècle, est aujourd’hui concurrencée par ces unités unicellulaires aux coûts fixes réduits, qui ont méthodiquement opéré un piratage des lieux de vie.

Lire aussi : Aux Etats-Unis, des cafés débranchent le Wi-Fi pour que les clients se parlent

Ayant saisi l’ampleur de la menace, certains cafetiers coupent désormais le Wi-Fi ou interdisent les ordinateurs portables pour tenter de préserver une forme de chaleur humaine indispensable à la bonne tenue de la biodiversité sociale. Pour limiter les effets de cette mutation, peut-être faudra-t-il, d’ici quelques années, réintroduire artificiellement de volubiles piliers de comptoir dans ce qui était jusqu’alors leur habitat naturel. Là où elle était une évidence accueillante, la phénoménologie bruyante du café du commerce est désormais un combat à mener.

life société
http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2017/10/06/les-cafes-pirates-par-les-free-lances_5197299_4497916.html

Interopérabilité et obsolescence programmée - Marie Duponchelle - RMLL2017

Fri 29 Sep 2017 - 20:30
obsolescence-programmée
https://www.april.org/interoperabilite-et-obsolescence-programmee-marie-duponchelle-rmll2017

Le logiciel libre est-il un Commun ?

Fri 29 Sep 2017 - 13:07
communs libre logiciel-libre
https://framablog.org/2017/09/29/le-logiciel-libre-est-il-un-commun/

How I learned English - Le Hollandais Volant

Thu 28 Sep 2017 - 16:19
langue
https://lehollandaisvolant.net/?d=2012/06/12/16/51/23-how-i-learned-english

5 aliments bons pour votre mémoire (et pour prévenir la maladie d'Alzheimer) - LCI

Fri 22 Sep 2017 - 22:55

ALZHEIMER - En attendant le médicament miracle, voici 5 aliments dont les bénéfices pour lutter contre la maladie ont été prouvés scientifiquement.
21 sept 17:41MATTHIEU DELACHARLERY

Jusqu'à maintenant, aucun traitement efficace n’a été découvert pour soigner la maladie d’Alzheimer, une pathologie qui touche pas moins de 900.000 personnes en France. Elle se caractérise par une accumulation de protéines au au niveau des cellules nerveuses et des dépôts de plaques amyloïdes dans certaines zones du cerveau, entraînant une dégénérescence des neurones.

Pour l'heure, les médicaments délivrés permettent uniquement de ralentir la dégénérescence. En attendant l'arrivée d'un médicament miracle, voici cinq aliments aux effets positifs pour lutter contre la maladie
Voir aussi
5 idées reçues sur la maladie d’Alzheimer

Du chocolat noir (et un petit verre de rouge)

A en croire les conclusions d'une récente étude menée par des chercheurs du centre médical de l'Université de Georgetown à Washington (États-Unis) suggère qu'un composé naturellement présent dans le chocolat noir et le vin rouge, pourrait être en mesure de ralentir la progression d'Alzheimer, notamment pour prévenir la perte de mémoire. Son nom ? Le resvératrol, que l'on trouve également dans le raison rouge et certaines baies. Même si d'autres travaux doivent encore confirmer cette découverte.

Mangez des épinards tous les jours

Quand Popeye mangeait des épinards pour ses biscotos, il faisait surtout du bien à sa mémoire. Si les épinards ne sont pas franchement plus riches en fer que la salade, une étude menée par des chercheurs de l'Université Rush de Chicago (États-Unis) a en revanche montré que manger tous les jours une portion d'épinards (ou type de feuilles provenant d'un légume vert) a pour effet de renforcer la santé mentale des personnes âgées en améliorant les capacités cognitives. De quoi vous aider à protéger votre cerveau contre la maladie. La raison ? La vitamine K, un nutriment naturel. Des travaux antérieurs ont déjà montré que le folate et le bêta-carotène dopent nos capacités cognitives.

Optez pour un bon café le matin

C'est bien connu : "Grand-mère sait faire un bon café". On sait maintenant pour quoi. Dans une étude parue en 2014, des chercheurs de l'Inserm ont démontré les effets bénéfiques d'une consommation modérée de café en prévention de la maladie d'Alzheimer. Une alternative naturelle qui permet de traiter de deux types de légions spécifiques à la pathologie. Leurs travaux de recherche, parus dans la revue Neurobiology of Aging , ont été menés sur des souris, mais ils renforcent une nouvelle fois l'idée d'un effet protecteur de la caféine sur certaines pathologies cérébrales, notamment la maladie d'Alzheimer

Buvez du jus de cassis

Le jus issu de ces petites baies noires ( et non pas de l'extrait) aurait pour effet d'améliorer l'acuité, la vigilance et aussi l'humeur chez les jeunes adultes dès la première heure suivant l'absorption. C'est en tout cas la conclusion d'une étude dont les résultats ont été en juillet dernier. Eu cause, Les anthocyanes, des pigments naturels contenus dans le cassis, ainsi que dans de nombreuses autres baies. Les analyses sanguines réalisées sur les cobayes ont montré une augmentation de la concentration en monoamines-oxydases. Or on sait que ces neurostransmetteurs (neuradrénaline, dopamine, sérotonine) sont non seulement impliqués dans la régulation de l'humeur, mais aussi dans le développement de certaines maladies neurodégénératives, comme Parkinson.

Privilégiez le poisson

Une équipe de chercheurs de l'Université de Californie à Los Angeles (États-Unis) a découvert qu'un apport en oméga-3 et en vitamine D a permettrait de stimuler le système immunitaire afin qu'ils détruisent les protéines bêta-amyloïdes, responsables de la dégénérescence des neurones. La principale source en vitamine D pour l’organisme est le soleil. La peau au contact de ses rayons produit de la vitamine D. Mais on peut aussi en trouver dans les poissons gras (maquereau, thon, saumon…), le jaune d’œuf et même dans les abats. Les oméga-3, eux, sont présents en quantité dans les poissons gras ainsi que dans les huiles de lin ou de chanvre.

alzheimer
http://www.lci.fr/sante/5-aliments-bons-pour-votre-memoire-et-pour-prevenir-la-maladie-d-alzheimer-1531474.html

Quimper. Les boîtes à livres redonnent de la vie aux quartiers. Info - Quimper.maville.com

Thu 21 Sep 2017 - 10:47
boîte-à-lire
http://www.quimper.maville.com/actu/actudet.php?idCla=52689&idDoc=3284164&abo=3192823&serv=34
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