Le président américain a signalé, par l’intermédiaire de son secrétaire au Trésor, vouloir « échanger » les ressources naturelles de l’Ukraine (lithium, uranium, terres rares…) contre le maintien de l’assistance américaine dans l’attente de la conclusion d’un accord de paix. Trump considère également que l’exploitation des sols de l’Ukraine par des entreprises américaines permettrait de « rembourser » les États-Unis pour l’aide fournie depuis 2022.
L’Ukraine dispose de l’un des sols les plus riches d’Europe en minéraux, métaux et ressources naturelles. Selon le gouvernement ukrainien, le pays a les premières réserves européennes de lithium et d’uranium et détient 25 des 34 matières premières reconnues en 2023 comme « critiques » par l’Union européenne.
La valeur de ces ressources, dont seulement 15 % des gisements connus étaient exploités avant le lancement de l’invasion de 2022, est estimée par Kiev à 26 000 milliards de dollars.
Dans de nombreux documents élaborés par le ministère ukrainien de la Protection de l’environnement et des Ressources naturelles, les autorités de Kiev mettent en avant leurs ressources en graphite et lithium pour la production d’anodes et de cellules de batteries.
À elles seules, les ressources ukrainiennes dans ces deux minéraux permettraient de produire des matériaux de cathode et d’anode pour les batteries au lithium « avec une capacité totale de 1000 GW/h pour soutenir la fabrication d’environ 20 millions de véhicules électriques ».
Pour l’administration Trump, l’extraction de ces ressources cruciales pour la transition énergétique ainsi que la fabrication de composants utilisés dans les hautes technologies permettrait à la fois aux entreprises américaines de réaliser d’importants profits, mais également de réduire la dépendance des chaînes de production américaines vis-à-vis de Pékin.
La Chine concentre près de la moitié (44 millions de tonnes) des réserves mondiales de terres rares et dispose de plus des trois-quarts (77 %) des capacités mondiales de raffinage. Si le sol ukrainien contient une portion bien plus faible de ces réserves, son exploitation permettrait à Washington de diversifier considérablement ses approvisionnements.
L’extraction en Ukraine de ces ressources minières, qui constitue un processus très polluant (à toutes les étapes : traitement, séparation, concentration…), limiterait également les impacts environnementaux sur le sol américain.
Toutefois, selon plusieurs estimations, environ la moitié de la valeur des ressources de l’Ukraine est sous contrôle de l’armée russe — dont une partie importante depuis 2014 —, soit environ 12 500 milliards de dollars de minéraux, charbon, pétrole et gaz naturel.
La volonté apparente de Trump de vouloir conclure un accord rapide entre l’Ukraine et la Russie est principalement guidée par des intérêts privés, représentés notamment par l’ami de longue date du président américain, Ronald Lauder, qui s’est d’ores et déjà engagé à faire une offre pour un champ de lithium ukrainien. C’est également Lauder qui était à l’origine de l’idée du rachat du Groenland, également riche en ressources naturelles.